Matthieu 3/1-12 La colère de Dieu dimanche 8 décémbre 2019

Posté par jeanbesset le 27 novembre 2019

Prédication de Jean-Baptiste

1 En ce temps-là parut Jean-Baptiste, il prêchait dans le désert de Judée. 2 Il disait : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. 3 C’est lui dont le prophète Ésaïe a dit : C’est la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur Rendez droits ses sentiers.

4 Jean avait un vêtement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. 5 Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de toute la région du Jourdain, venaient à lui, 6 et ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain en confessant leurs péchés.

7 Comme il voyait venir au baptême beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens, il leur dit : Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? 8 Produisez donc du fruit digne de la repentance ; 9 et n’imaginez pas pouvoir dire : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. 10 Déjà la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. 1 1Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la repentance, mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne mérite pas de porter ses sandales. Lui vous baptisera d’Esprit Saint et de feu. 1 2Il a son van à la main, il nettoiera son aire, il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint pas.

Voir aussi Esaïe 11/1-10,

« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers » 

Jean Baptiste

Prenant le relais de la voix d’Esaïe, Jean Baptiste crie à son tour. Cela sonne comme une longue complainte qui d’écho en écho traverse toute l’Ecriture pour clamer la colère de Dieu sur son peuple rebelle. C’est un peuple à la nuque raide, il est lent à comprendre et à croire, il est incapable de se repentir. Combien de prédicateurs avant moi n’ont-ils pas voulu prendre à leur tour le relais de ce cri pour remettre en état de marche, des églises assoupies, des paroisses confortablement installées dans leurs habitudes et provoquer en elle un sursaut de réveil ? 

Tels Jean Baptiste, combien de prédicateurs  se sentent-ils pas mandatés par Dieu pour semoncer son peuple et ramener ses brebis au bercail ? De tous temps, des grands prédicateurs se sont permis à leur manière de fulminer contre l’apathie du peuple des croyants qui consomment du religieux au lieu de vivre la précarité de la foi! 

Oserais-je aujourd’hui leur emboîter le pas et les imiter en usant des prérogatives que tant d’autres avant moi se sont octroyées? Ce serait d’abord discourtois de ma part et d’autre part se serait contraire, me semble-t-il à l’Evangile lui-même. C’est ce que je vais tenter d’expliquer. Pourtant ces sermons que l’on qualifie de musclés ne sont pas sans efficacité, en particulier celui de Jean Baptiste. L’Evangile du jour nous montre les foules se précipitant dans le désert pour se faire tancer par lui.  Aujourd’hui encore, c’est ce style que certains prédicateurs utilisent pour promettre des catastrophes aux infidèles. Ils font salle comble Mais si de telles prédications font le succès des sectes elles ne sauraient faire le succès des églises car l’Evangile n’y trouve pas son compte. Il est fait de douceur et d’amour et non d’invectives et d’admonestations. 

Alors me direz-vous, pourquoi Jean Baptiste a-t-il pu se le permettre et pourquoi est-ce que je conteste ce droit aux   prédicateurs d’aujourd’hui?  Pour une seule et bonne raison, c’est qu’à partir de Jésus, la révélation de Dieu s’est inscrite dans un autre registre. Il a proposé un autre mode de relation à Dieu.  On est passé de la Loi à la Grâce. Avec Jean Baptiste s’achève l’ultime tentative d’un prédicateur pour amener les hommes à la foi en annonçant la colère du Dieu tout puissant offensé par le péché des hommes. 

Pourtant, depuis quelques temps ce discours semble avoir repris. Non pas chez les gens d’Eglise, mais chez  des hommes qui se réclament de la science. Ils utilisent le discours des prophètes  de malheur  en s’appuyant sur le  langage de la science ils tiennent le haut du pavé et nous annoncent des catastrophes dont nous porterions la responsabilité. Ces prophètes n’argumentent pas à partir de messages divins. Ils s’appuient sur le constat que l’activité humaine est devenue hostile à la nature, et à force de la dégrader elle finira par la détruire et détruire l’humanité. Ils font partie de ceux qu’on appelle les collapsologues

Les théologiens s’en mêlent  à leur tour et changent le vocabulaire pour dire la même chose. Ils appellent création, ce que les savants appellent nature et ainsi mettent Dieu dans le coup de leurs nouvelles préoccupations. Ils  laissent entendre que Dieu n’interviendra pas pour sauver sa création maltraitée par les hommes. Plane alors sur nos têtes la menace d’un retour à la colère de Dieu.

Le thème de la colère de Dieu allumée contre le péché humain serait-il en train de revenir ?  L’enseignement de Jésus  remettant  en cause  le bienfondé  de la colère de Jean Baptiste  serait-il à réviser?  Jésus renverse la situation et propose une autre forme de relation entre Dieu et les hommes.  Il suggère  un autre défi. Puisque les hommes se refusent à changer leur comportement. Puisque la colère de Dieu semble vaine, le changement n’est plus à chercher chez l’homme qui s’y refuse, mais c’est le mode de relation à Dieu qui doit changer. Dieu accepte de rejoindre les hommes dans leurs soucis, il accepte même de passer par la mort pour les rejoindre. Il demande à ceux qui croient en lui  de l’imiter dans son comportement avec les autres. C’est l’altruisme, autrement dit l’amour qui devient la clé de cette nouvelle attitude. Ce n’est pas que Dieu ait changé, il reste le même, mais il propose aux hommes de le rejoindre par un autre chemin celui de sa relation avec le prochain. Les prophètes avaient bien essayé, jadis de dire ces choses, mais ils n’avaient pas été écoutés. Il faudra toute la persuasion, la foi et le talent de Jésus pour que les choses changent vraiment avec l’aide du Saint Esprit en plus. 

Une dernière fois, Jean Baptiste a fait retentir la voix de la colère de Dieu. Il tonne contre tout ce qui fait entrave à sa majesté, il fustige les clercs, il admoneste les pécheurs, et les invite à  changer d’attitude. Jésus quant à lui va nous proposer de porter un autre regard sur Dieu. A partir de son enseignement  les choses vont se mettre à changer très vite. Il ne lui faudra que 3 petites années pour que tout ce qui était pressenti et annoncé par les prophètes avant lui prenne corps. Il s’agissait de comprendre que notre relation à Dieu devait changer et qu’elle dépendait totalement  de notre relation avec nos semblables.  

Une conversion était nécessaire. Il s’agissait d’ailleurs d’une double conversion : conversion de Dieu, nous l’avons laissé entendre,  et conversion des hommes. La conversion de Dieu consistait à ne plus se présenter dans sa majesté comme le maître de tout et le créateur de tout. Dieu renonçait à sa toute-puissance extérieure et attendait désormais, que l’homme le reconnaisse sous un autre aspect. Dieu se présentait alors sous les traits de celui qui est compatissant et qui ne veut être reconnu que par la manifestation de son amour. Quant à l’homme, sa conversion consistait désormais à ne plus redouter la colère de Dieu et à ne plus chercher les actes visibles de sa toute puissance, mais à le reconnaître dans les actes d’amour qui relient  les hommes entre eux. 

L’amour deviendra alors le lieu de la rencontre entre Dieu et l’homme. C’est en le partageant qu’ils se reconnaîtront l’un et l’autre. Par amour, Dieu introduit l’homme dans sa souveraineté et dans son éternité et par amour, l’homme renonce à tout ce qui l’attache à la vanité, à  l’outrecuidance, à l’orgueil mal placé. Telle est la ligne de conduite qui est donnée par Jésus de la part de Dieu pour que les choses aillent mieux 

C’est ce qui se passe depuis 2 000 ans. Dieu a cessé de manifester sa colère légitime et a entrepris de renoncer aux signes apparents de sa divinité. Le feu tombant du ciel sur les infidèles, promis par les prophètes pour détruire l’humanité,  est devenu le feu de l’Esprit; qui descend en chaque homme, le pénètre jusqu’au fond des entrailles et allume en lui le désir de s’unir à son Dieu dans un acte d’amour éternel. L’homme achève alors son parcours sur terre en une osmose d’amour avec son Dieu.

Il ne faut pas confondre colère de Dieu et déséquilibre de  la nature. Dieu n’en est pas la cause et il ne punirait pas ainsi l’humanité de son insouciance. Le message de Dieu reste le même. Il nous demande de collaborer avec lui par le partage de  ce que nous avons en le mettant au service des autres et en agissant de telle sorte que leur sort ne soit pas lésé par nos actions. Les textes bibliques nous apprennent seulement que Dieu n’est pas l’auteur de projets destructeurs pour la planète. Il n’agit que par les moyens selon lesquels l’amour partagé permet aux choses d’aller mieux. 

Ainsi se prépare Noël. Le divin se fait humain. Dieu renonce à lui-même et à sa divinité et devient homme. En Jésus il entre totalement dans l’abandon de soi en manifestant l’amour sans limite qu’il éprouve pour chaque humain. Défilent alors devant lui, tous ces humains pour lesquels ils manifeste tout spécialement son amour : prostituées, enfants, vieillards, scribes, pharisiens soldats, publicains, juifs, samaritains, païens, riches, pauvres, infirmes et même défunts et pécheurs de tout acabit. Tous  se retrouvent dans une même relation d’amour, dans une égalité de sentiment. Le péché cesse d’être un élément de rupture entre Dieu et l’homme. 

Pour accomplir alors son parcours d’humanité, Dieu accepte que la mort y joue un rôle. Il la prive de sa faculté de terroriser les hommes. Elle cesse d’être le contrepouvoir de Dieu qu’elle prétend être. Mais elle est anéantie par Dieu  qui la  vainc par la résurrection. Dieu rencontre alors l’humanité dans son ultime destin. Elle se trouve elle-même transformée par le divin qui la visite. Le néant n’y résiste pas, et le néant devient éternité. C’est alors que l’homme peut se dire sauvé. Il est sauvé quand il se met à croire que la présence de Dieu qui  l’entraine dans son éternité relève de l’ordre du possible. 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Luc 20/27-38 La résurrection dimanche 10 novembe 2019

Posté par jeanbesset le 1 novembre 2019

Luc 20/27-38

27 Quelques-uns des sadducéens, qui disent qu’il n’y a pas de résurrection, s’approchèrent et posèrent à Jésus cette question:
28 «Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit: Si un homme marié meurt sans avoir d’enfants, son frère épousera la veuve et donnera une descendance à son frère.
29 Or, il y avait sept frères. Le premier s’est marié et est mort sans enfants. 30 Le deuxième [a épousé la veuve et est mort sans enfants],
31 puis le troisième l’a épousée; il en est allé de même pour les sept: ils sont morts sans laisser d’enfants. 32 Enfin, la femme est morte aussi.
33 A la résurrection, duquel d’entre eux sera-t-elle donc la femme? En effet, les sept l’ont eue pour épouse.» 34 Jésus leur répondit: «Les hommes et les femmes de ce monde se marient,
35 mais celles et ceux qui seront jugés dignes de prendre part au monde à venir et à la résurrection ne se marieront pas.
36 Ils ne pourront pas non plus mourir, car ils seront semblables aux anges, et ils seront enfants de Dieu en tant qu’enfants de la résurrection.
37 Que les morts ressuscitent, c’est ce que Moïse a indiqué, dans l’épisode du buisson, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob.
38 Or Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants, car tous sont vivants pour lui.»

vie 2

Ce texte sur la recherche de la vie  éternelle nous renvoie à nos propres préoccupations. Nous sommes  impatients d’avoir une réponse à la question posée qui concerne la vie éternelle et la résurrection. Elles se tiennent au centre  de notre foi car nous nous sentons réellement concernés par le mystère de la vie. En effet, nous sommes des êtres de désir et nous aimerions nous approprier les clés de la vie, aussi bien  celle que nous menons  dans ce monde ci  que celle que nous espérons dans l’autre.  Notre désir principal est de mener une vie le plus agréable possible dans ce monde, et nous voulons profiter de tout ce qui est susceptible de la rendre enviable. Pour y parvenir nous voulons user de tout ce qui est à notre disposition.  Pour cela nous disposons de notre intelligence, de nos talents et de notre ascendant sur les autres car nous percevons les autres comme des êtres  dont nous pouvons tirer profit pour qu’ils servent à embellir notre vie. En fait nous  cherchons à utiliser leur capital de vie pour enrichir le nôtre. Il en est ainsi depuis l’origine du monde. C’est notre relation à  l’autre qui est en fait l’élément essentiel qui nous permet de d’exister. Nous cherchons à créer une relation de dépendance  avec lui  et à tirer le meilleur profit de sa présence dans notre vie et nous voudrions en établir le bien fondé.

Dès les origines de l’humanité, les sociétés primitives ont inventé l’esclavage qui créait des relations de dépendance de certains hommes par rapport aux autres. Ainsi une catégorie d’humains pouvait sans vergogne utiliser les talents des  autres pour enrichir sa propre vie en profitant de celle des autres. On devenait esclave par naissance ou par le hasard de circonstance. On a  justifié cette situation, pour se donner bonne conscience en mettant Dieu ou les dieux dans le coup. On affirmait alors que c’était par décision divine que les uns aient pris de l’ascendant sur  les autres, soit parce que c’était comme cela que le dieu ou les dieux avaient voulu que cela soit car c’était la règle qui faisait loi dans la nature où les plus forts  dominaient les plus faibles. On disait aussi que les ancêtres  des uns avaient commis une faute par rapport aux autres et qu’une décision divine avait, par souci de justice, rendu les uns dépendant des autres. On a pu ainsi justifier les choses dans les saintes écritures  en disant que les pères avaient mangé des raisins verts et les enfants en avaient eu les dents agacées. Toute différence de situation trouvait ainsi sa justification devant Dieu et les hommes ont fini par adhérer à ces histoires que  l’on considéra comme fondées historiquement. On justifia  ainsi l’apartheid   en racontant la mésaventure de Cham qui avait dévoilé la nudité de son père et dont les descendants furent condamnés par Dieu à être esclaves de leurs  frères. Il nous a été rapporté qu’un jour on demanda à Jésus quelle faute avait pu commettre les parents d’un aveugle pour qu’il soit dans cette situation. Ainsi Dieu était considéré comme le juge suprême qui décidait du sort des individus par rapport à leur manière de gérer leur vie.

La Bible fourmille d’anecdotes qui justifient la domination des uns sur les autres. Nous constatons  curieusement que, même  dans les Ecritures ce sont les humains en situation  favorable  qui ont tendance à justifier les  situations qui les favorise. Nous avons un curieux  penchant à vouloir mêler Dieu à ce type d’histoire pour établir le bienfondé d’une situation  qui favorise les uns au détriment des autres. On se sert alors de Dieu pour justifier des inégalités qui du fait qu’elles peuvent bibliquement se justifier ont de ce fait force de loi. Mais la Bible nous donne aussi des clés de lecture pour nous aider à contester ce genre d’affirmation.  C’est à nous de savoir  lire les textes  pour  discerner les choses afin de  saisir la vérité du message divin.

Ces quelques réflexions nous plongent directement dans le texte de l’Evangile de ce jour et nous amènent à nous demander comment Dieu gère les  questions que nous nous posons sur la vie ? Ce texte va nous aider à comprendre comment nous avons parfois l’audace de manipuler Dieu pour lui faire dire ce qu’il n’a pas  dit et justifier ainsi des apriori qui nous arrangent peut-être, mais qui sont hors de la vérité. Il ne faut pas être fin clerc pour comprendre que la question posée à Jésus sur la vie éternelle par des gens qui n’y croient pas comporte un piège. La question sous-jacente posée ici par les Sadducéens comporte une fausse question que nous  formulerons ainsi : « Nous ne croyons pas à la résurrection, mais au cas où elle existerait, qu’en serait-il de la vie après la mort » ? Car c’était là leur vrai souci. Ils  ne voulaient pas en parler ouvertement à Jésus pour ne pas perdre la face. Mais ils espéraient une réponse qui leur donne à espérer. Si la réponse de Jésus nous éclaire, elle n’ éclairait pas forcément ceux qui l’interrogeaient , puisqu’ils ne croyaient pas à une autre vie. Pour Jésus, la vie, quelle qu’en soit la forme, présente ou future, appartient à Dieu mais c’est dans  l’authenticité de la foi qu’elle trouve sa vérité.

Si Dieu est maître de la vie, ma vie ne peut s’épanouir qu’en lui, non seulement ma propre vie, mais aussi celle des autres, non seulement celle des humains, mais aussi celle des animaux et des plantes. Tout ce qui vit a sa réalité en Dieu. Mais qu’en est-il de notre vie future à chacun de nous ? Pour répondre à cette question il  est bon de se demander  quelle peut être le sentiment de Dieu à notre égard quand nous  avons malmené notre prochain ou abusé sauvagement de lui ? Comment se tenir devant Dieu quand nous avons pris conscience que nous n’en avons pas fait assez pour notre prochain pour que sa vie s’épanouisse ? Comment  se comporter devant Dieu quand nous savons que sa création a été altérée de notre fait ? Toutes ces questions nous habitent. Non seulement nous les confessons à Dieu mais nous nous interrogeons aussi sur son attitude à lui, vis-à-vis de nous et vis-à-vis du futur. Va-t-il réparer nos erreurs ou va-t-il nous suggérer une autre solution ?

Si Dieu est porteur de vie il ne peut ni punir ni sanctionner les humains qui ont porté atteinte à toutes les formes de vie, sans quoi il porterait lui-même atteinte à la vie qui est en eux et dont il est protecteur. Il ne peut donc ni sanctionner ni punir. Une seule réponse est alors possible, elle consiste à utiliser vis-à-vis de Dieu et de tout ce qui vit cette potentialité de survie qui est en nous  et qui se nomme amour. En le pratiquant sans limite, nous ouvrons alors notre vie au pardon et  à l’espérance qui sont seuls  porteurs d’avenir.

Mais l’espérance doit vivre elle-aussi et pour vivre elle a besoin d’être nourrie. Dieu a laissé dans la Bible de quoi nourrir notre espérance. Elle le sera par le témoignage de tous ceux qui nous ont précédés sur terre et qui ont fait confiance à Dieu pour diriger leur existence. Bien avant nous, ils ont mis leur confiance en Dieu et les événements qui ont marqué leur vie ont été retenus en exemple pour éclairer la nôtre. Tous racontent comment en leur temps ils ont su répondre  à Dieu par l’amour qui portait leur espérance. Ces histoires sont parvenues jusqu’à nous à travers le sang  et les larmes de ces hommes et de ces femmes qui  étaient souvent en situation de détresse, et dont la foi les a mis sur le chemin de l’espérance  si bien qu’elle doit devenir la norme pour nous. L’espérance ne les a jamais quittés et leur a permis d’affronter les épreuves du moment et nous sommes invités à les imiter.

Jésus lui aussi s’est avancé sur le chemin de la vie et c’est la mort qui est venue à sa rencontre. Elle s’est revêtue de ses attraits les plus horribles pour le faire douter, mais au dernier moment la vie s‘est emparée de son dernier souffle pour qu’il puisse  s’abandonner  à Dieu et nous avons retenu de ces moments terribles que c’est la vie qui a eu le dernier mot. C’est la résurrection qui l’a emporté pour s’imposer comme la règle qui oriente nos vies. C’est par l’exemple de sa propre vie qu’il a pu répondre aux sadducéens qui doutaient de la vie en Dieu et ne pouvaient imaginer de suite au-delà de la mort, comme si la mort pouvait tuer la vie et Dieu par conséquent.

Comme les Sadducéens, nous ne savons pas ce qu’il en est exactement de l’autre vie, mais nous savons que la vie a capacité de triompher de la mort et peut  subsister en Dieu dans une réalité en laquelle nous croyons mais dont nous ne connaissons pas les mots pur les dire.

 .magic book with a landscape

Dans ce monde en souffrance, notre espérance nous tourne vers un Dieu qui est vie et sans qui la vie n’aurait aucune réalité. Cette certitude devrait nous suffire pour habiller notre foi en Dieu. Il nous donne d’espérer que la vie est toujours en nous quand apparemment elle semble nous avoir abandonnés. Cela ne se démontre pas c’est une question de foi en Dieu dont la réalité appartient à tous les temps.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Luc 19/1-10 Zachée Dimanche 3 novembra 2019

Posté par jeanbesset le 28 octobre 2019

Zachée

1Jésus entra dans Jéricho et traversa la ville. 2 Alors un homme du nom de Zachée qui était chef des péagers et qui était riche 3 cherchait à voir qui était Jésus ; mais il ne le pouvait pas, à cause de la foule, car il était de petite taille. 4 Il courut en avant et monta sur un sycomore pour le voir, parce qu’il devait passer par là. 5 Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux et lui dit : Zachée, hâte-toi de descendre ; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. 6 Zachée se hâta de descendre et le reçut avec joie. 7 A cette vue, tous murmuraient et disaient : Il est allé loger chez un homme pécheur. 8 Mais Zachée, debout devant le Seigneur, lui dit : Voici, Seigneur : Je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. 9 Jésus lui dit : Aujourd’hui le salut est venu pour cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham. 10 Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. 

Zachée 2

L’homme est un être secret dont on a de la peine à percer les mystères de l’âme. Il n’est pas sûr lui-même de connaître les causes profondes de ses comportements. Il n’est pas besoin d’épiloguer longuement sur tout cela, nous savons fort bien que nous sommes habités par des motivations dont nous ne savons pas l’origine! Les spécialistes en la matière continuent inlassablement à en chercher les causes.  

Il est probable que notre relation à Dieu joue un rôle dans ce qui motive nos comportements. L’histoire biblique nous montre que le même homme peut chercher Dieu tout en se cachant de lui. C’est ce que semble nous montrer le récit d’Adam et Eve qui se cachent de Dieu dans le jardin des Ecritures tout en restant à portée de sa voix, comme s’ils voulaient que malgré tout Dieu les trouve quand même. Ce fait n’est pas exceptionnel, il fait partie des expériences que nous faisons très souvent sans en prendre conscience. 

Nous  retrouvons dans l’attitude de Zachée cet aspect secret et mystérieux du comportement humain. Nous commencerons par nous interroger sur la raison qui le pousse à courir au devant de la foule pour monter sur un arbre. Il court sans doute pour ne pas être vu par ceux qui le précèdent. Il veut voir Jésus sans être vu. Le terme voir est utilisé par deux fois, c’est dire la force de son désir. Inconsciemment il joue au  jeu de cache-cache avec Jésus. La foule y prend aussi sa part. 

Il ne veut pas être vu de la foule, c’est pourquoi il la devance en courant pour monter dans son arbre afin de n’être vu par personne. S’il avait été vu par quelqu’un, le texte n’aurait pas manqué de le dire car la scène qui nous amène à imaginer ce petit homme se hissant sur les branches basses de l’arbre a quelque chose de cocasse qu’on n’aurait pas pu laisser passer. Il suffit de laisser le champs libre à notre esprit pour imaginer ce petit homme qui ne doit pas être tout jeune et qui à cause de sa fonction de notable a peut être de l’embonpoint. Nous le voyons en train de s’agripper aux branches du sycomore dont la particularité est d’avoir des branches proches du sol, gêné par sa tunique dans la quelle il se prend les pieds tout en perdant ses babouches. Non, il avait bien conscience de l’aspect comique de sa situation, c’est pourquoi il ne voulait pas être vu. 

Mais s’il est à califourchon sur les branches basses de l’arbre, tout le monde peut le remarquer, et Jésus en particulier. C’est là la règle du jeu de cache-cache : se cacher pour être vu. On se dissimule à l’autre, en sachant que l’on sera finalement vu, sans quoi le jeu n’aurait pas d’intérêt. 

Il  ne veut pas être vu par la foule, parce qu’il est péager, percepteur des impôts. Il n’était pas aimé par ses concitoyens qui le considéraient comme un traître qui s’était enrichi en pactisant avec l’ennemi. Les péagers, étaient des juifs qui achetaient leur charge aux romains. Ils leur avançaient la somme qui leur était nécessaire pour leur administration, c’était une très grosse somme. Ensuite ils se faisaient rembourser en prélevant sur leurs concitoyens le montant de ce qu’ils avaient avancé à l’occupant. Bien entendu, ils se prélevaient bien davantage que ce qu’ils avaient mis à leur disposition. Il est précisé ici, qu’il était le percepteur en chef. C’est dire qu’il était particulièrement riche et qu’il était particulièrement mal considéré. Cela explique en partie qu’il voulait se cacher de la foule. 

S ‘il n’était pas monté dans son arbre, il aurait eu du mal à voir Jésus parce que la foule était trop compacte pour qu’il puisse l’approcher et en plus, il était de petite taille, nous est-il dit. Mais à mon avis c’est un faux argument, tant il est vrai que l’on plaide souvent le faux pour cacher le vrai. S’il a su contourner la foule pour monter discrètement dans le sycomore, il aurait pu facilement la contourner pour arriver à proximité de Jésus en faisant état de sa personnalité de notable. Rien ne l’empêchait de s’approcher de Jésus, de bousculer ceux qui lui auraient barré le chemin et de se jeter à ses pieds, de baiser le pan de sa robe, et de lui dire qu’il est un misérable pêcheur et qu’il se repent de tout le mal qu’il a fait. 

Mais  telle n’était pas son intention, c’est ce que nous verrons dans les propos qu’il échangera plus tard avec Jésus. Son intention était bien de voir Jésus sans être vu par lui. C’est en tout cas ce qu’il a voulu faire, en se dissimulant dans les branchages. Quant à l’argument de sa petite taille, il n’est évoqué que pour mieux cacher la vérité, comme ce fut le cas pour Adam qui avait l’habitude d’être vu nu par Dieu et qui tout à coup a pris ce prétexte pour se cacher de lui.  

Nous  sommes souvent ainsi en face de Dieu. Notre âme est partagée entre le désir qui nous pousse vers lui, et la crainte de perdre notre liberté si nous nous approchons trop près de lui, comme si Dieu pouvait mettre notre liberté en danger ! Nous aimerions pouvoir vivre en amitié avec Dieu, tout en étant libre de dire le contraire. Voilà le mystère dans lequel nous évoluons trop souvent. N’y a-t-il pas au fond de nous une crainte révérencieuse de Dieu qui établirait des distances entre lui et nous comme ce fut le cas pour Adam qui ne savait pas que son geste de désobéissance allait le rendre libre face à Dieu alors que jusqu’alors il lui était aliéné? En nous laissant approcher encore plus près par Dieu n’est-ce pas vers la liberté que nous allons et non vers une aliénation ?

Qu’est ce qui produit cette crainte de Dieu ? Je ne sais ! La théologie protestante de la grâce évacue un peu trop vite ce sentiment en affirmant un peu  que Dieu pardonne tout et nous délivre de tout. En disant cela nous faisons abstraction de cette crainte, que nous n’arrivons pas à formuler vraiment et qui nous met mal à l’aise quand la proximité de Dieu est trop forte. Et pourtant cette crainte est bien réelle. 

Zachée avait trouvé la bonne solution ! Il savait qu’il allait être repéré par Jésus. Il le désirait secrètement sans doute, mais sa position élevée dans l’arbre lui permettait de garder les distances. Mais Jésus ne s’encombre pas de ces arguments. Il va au-delà du souhait secret de Zachée. Plus moyen de se cacher, Jésus s’invite chez lui.  Zachée peut alors se tenir en vérité devant Jésus ! Plus de crainte, plus de dissimulation. 

Zachée ne fait pas une confession de ses péchés comme on aurait pu s’y attendre. Était-ce nécessaire ? Devant Jésus, Zachée se découvre comme il est : un homme bon et généreux, et cela suffit à l’un comme à l’autre. En dépit de ce que pensent les hommes qui en font un homme impur et un ennemi du genre humain, devant Jésus, Zachée apparaît comme un être bien différent. Il porte bien son nom, qui signifie curieusement « le juste ». Il devient pur. Peu lui importe que la synagogue et les gens de son peuple l’aient rejeté. Il s’assume comme il est devant Jésus et Jésus ne le contraint nullement de changer en quoi que ce soit. 

Il  voulait voir Jésus sans vouloir le rencontrer. Il avait peur qu’il lui demande de changer, de tout abandonner pour le suivre comme il l’avait dit au jeune riche quelques temps au paravent. Mais sa vie avait déjà changé, car son souci pour autrui était déjà devenu prioritaire dans son comportement. C’est la priorité qu’il donne à l’autre qui est exemplaire, si bien que sa fortune n’est aucunement un handicap à une relation heureuse et intime avec Dieu. 

Comme  Zachée, beaucoup de gens sont sensibles à l’appel de Dieu, mais ne veulent pas qu’on les remarque. Ils ont peur qu’on leur impose des changements dans leurs comportements, ils n’ont pas envie de rejoindre une église dont ils ne veulent pas partager les choix de société. En fait ce n’est pas de Dieu qu’ils ont peur, mais de l’image que les hommes en donnent. 

Cette simple remarque nous plonge dans un abîme de réflexion, car elle nous amène à constater que si Jésus promet le salut à Zachée et le traite de Fils d’Abraham, il ne l’invite pas à le suivre ni à rejoindre la synagogue que lui-même fréquente. Tout cela n’empêche pas Jésus de demeurer chez lui et de partager son quotidien. Pour que cela puisse se produire, il faut que Zachée descende vers Jésus du haut de l’arbre dans lequel il se cache. Zachée ne reçoit aucune consigne particulière de la part de Jésus. Zachée est assez averti dans la foi pour savoir ce qu’il doit faire sans qu’on le lui dise. C’est ainsi que nous devons être devant Dieu : des hommes et des femmes suffisamment responsables pour comprendre sans qu’on nous le leur dise, quel est le sens de notre vie pour aller de l’avant. 

Prière : 

Zachée

Quand les ombres s’étirent vers le soir,

alors que la chaleur des mois d’été fait place à la fraîcheur de l’automne qui vient, tout semble se rétrécir autour de nous, et la nature se prépare à un long sommeil réparateur. 

Nous te louons alors pour la beauté du soir,

quand tout se replie dans un écrin de lumière,

et que la campagne s’enveloppe d’un manteau aux couleurs changeantes. 

Dans ce repli apparent des forces de vie, nous te louons de participer à ce vaste mouvement où la nature s’endort et où toute vie se fait intérieure. 

Tu nous invites à t’accueillir dans notre intimité. Tu déposes au plus profond de nous les forces de vie qui nourrissent notre foi et tu nous fais vibrer dans nos secrets intérieurs, de l’éternité où tu nous entraînes. 

Que ce culte tout entier soit notre réponse enthousiaste à tant de bonté.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Exode 17/8-13 La présence de Dieu en nous dimanche 20 octobre 2019

Posté par jeanbesset le 3 octobre 2019


Alors Moïse dit à Josué: Choisis-nous des hommes, sors, et combats Amalek; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main.
Josué fit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amalek. Et Moïse, Aaron et Hur montèrent au sommet de la colline.
Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort; et lorsqu’il baissait sa main, Amalek était le plus fort.
Les mains de Moïse étant fatiguées, ils prirent une pierre qu’ils placèrent sous lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hur soutenaient ses mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre; et ses mains restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil.
Et Josué vainquit Amalek et son peuple, au tranchant de l’épée.

Moïse

 

A l’image de celle du peuple Hébreux,  la route du croyant n’est pas tracée à l’avance, au travers du désert qui est sa vie. Le désert réserve des embûches à quiconque entreprend de le traverser et la présence de Dieu devient pour lui source de sérénité. Mais comment  s’assurer de l’efficacité de cette aide, comment entendre la voix de ce Dieu qui, croyons nous, nous conduira fidèlement jusqu’au terme de notre vie ? Cette symbolique du désert qui  figure notre vie se retrouve dans de nombreux passages de la Bible. C’est dans le désert que les Hébreux ont trouvé la voie qui mène à Dieu. Jésus lui-même ne commencera  son ministère qu’après être sorti victorieux des pièges qui se dressèrent devant lui au désert et qui traceront en grande partie le visage du  Dieu qu’il tentera de nous faire connaître. C’est ce même Dieu dont nous cherchons sans cesse le profil pour construire avec lui notre vie en vérité.

Dieu ne se révèle pas à nous comme une évidence si bien que nous nous posons de nombreuses  questions à son sujet. Il ne s’impose pas à nous mais il nous provoque comme pourrait le faire le vent dans le désert qui peut souffler en bourrasques et construire des dunes de sables qui se dresseraient sur notre route. Il peut  aussi  nous caresser le visage comme ce souffle tiède qui  nous donne des sensations agréables ou qui assèche  les oueds et laisse les marcheurs assoiffés. Il peut aussi provoquer des pluies qui transforment en torrent ces mêmes oueds  dont les eaux emportent tout sur leur passage. Si Dieu se laisse percevoir  dans toutes ces manifestations du désert, il n’en est pas l’auteur. Il se tient cependant tout proche pour nous faciliter la tâche. Mais comment  agit-il ?

Cette question amène notre  esprit à suspendre parfois le cours de sa réflexion pour se demander si Dieu  ne vient pas habiter notre désert comme une puissance agissante qui nous prendrait en charge pour  guider nos pas. Nous nous demandons  aussi s’il n’y a pas un moyen de  discerner  sa trace comme le font les oies sauvages qui savent repérer les courants ascendants  qui les emportent sans encombre vers la destination de leurs migrations. N’y aurait-il pas pour les humains  des secours invisibles qui les prendraient en charge comme cela se produit pour les grands oiseaux migrateurs et derrière lesquels on pourrait percevoir une emprise généreuse de Dieu qui les guiderait. Dieu  agirait alors  en nous par des truchements invisibles mais efficaces ?

Si les oiseaux sont mentalement équipés pour lire leur route dans les étoiles, s’ils savent se laisser porter par les courants ascendants, il n’en est pas de même pour la relation de l’homme avec Dieu, car cette relation ne fonctionne pas  comme des automatismes bien réglés. Il ne vous a sans doute pas échappé que dans ce petit récit la seule intervention de Dieu est de dire à Moïse de consigner par écrit la relation de cette aventure car c’est à partir d’aventures vécues par les hommes qui nous ont précédés que Dieu nous permet de repérer comment il agissait en n’agissant pas vraiment et comment il se rendait présent sans qu’on le remarque. C’était sa façon de mettre de l’énergie dans la vie des hommes  qu’il fallait repérer. Il leur laissait percevoir l’espérance qui se dégageait de chaque situation et dans laquelle il manifestait sa présence

Dans le désert où nous sommes, nous savons qu’il y a des dangers cachés  dans les dunes. Ces dangers peuvent prendre des apparences humaines et tromper notre vigilance tel d’Amalec. (1) Dieu en est bien conscient. Pourquoi fallait-il se méfier d’Amalec ? Rien ne nous le dit vraiment.  Il se tiendra dans le désert, toujours prêt à bondir comme un chacal. Mais Dieu se tenait en éveil.  Il ne reste pas insensible au danger qui nous guette. Ici  Moïse mobilise  ses forces et on armée contre lui. Mais si Moïse veille, Dieu ne semble pas agir.   Face au péril Moïse se tient le bâton à la main. C’est ce bâton  qui sépara la mer en deux. C’est ce bâton qui impressionna le pharaon  qui refusait d’ouvrir  les portes du désert à ce peuple avide de liberté. C’est ce même bâton qui leur produisit de l’eau.

Mais Moïse est fatigué, le bâton n’exerce aucune magie, le miracle ne se produit pas et personne ne parle de Dieu. Certes, Moïse assis sur son rocher tient fermement le bâton levé en l’air pour que le peuple le voit en combattant et participe de loin à sa prière qui ne peut avoir lieu que si Aaron et Hour y participent à leur tour en le soutenant. On peut penser que Dieu exauce  cette prière collective en diffusant une forme d’énergie qui les stimule  quand  tous ensemble ils participent à cette forme de prière, les uns en combattant et les autres en levant les mains. C’est en réponse à la faiblesse et à la foi de Moïse que cette force  venue d’en haut se fait communicative. Apparemment Dieu ne fait rien, c’est le peuple lui-même qui agit par la foi et gagne le combat. Le bâton levé agit comme un étendard qui communique à ceux qui combattent cette force étrange qui émane de  Dieu.  Pour le moment Dieu reste invisible, il n’exerce aucun action personnelle  il n’existe que par l’énergie que manifeste les combattants.

Nous découvrons alors comme un début de réponse à la question que nous posions en commençant pour savoir comment il était possible de percevoir la présence de Dieu. Il n’est présent que dans la vaillance dont font état les soldats de Josué. Ceux qui nous ont transmis ce texte ont bien compris l’importance qu’il avait pour témoigner de Dieu, c’est pourquoi ils lui ont rapporté que Dieu demanda à Moïse de  conserver par écrit la relation de cet épisode, tant ce témoignage leur semblait nécessaire. Ainsi ce texte devient la norme pour parler de la relation entre Dieu et les hommes. En devenant un texte écrit, sur l’ordre de Dieu, ce récit  devient comparable au texte de la Loi qui sera bientôt écrite pour servir de code de la foi auprès des croyants.

Désormais, toutes les initiatives  des hommes à la recherche  de la vérité sur Dieu et sur eux-mêmes seront menées à la manière de ce qui est dit dans ce passage. C’est ainsi que Dieu accompagne chacune et chacun de nous sur le chemin qu’ils doivent suivre. Mais si chacun fait confiance à Dieu pour éclairer sa route, il doit aussi comprendre que  c’est dans  l’espérance qu’il puise en Dieu que réside sa force. Dieu suscitera en lui l’énergie nécessaire pourvu qu’il se place lui-même dans sa main pour devenir lui-même l’instrument de l’énergie qu’il lui donne.

Nous avons bien compris que  cette histoire trouvera sa conclusion dans l’enseignement  que Jésus nous donne dans son Evangile. C’est lui qui désormais vient habiter l’espérance dont Jésus se fait le témoin. Cette espérance est alors pourvoyeuse d’énergie et de vitalité.

(1)Son peuple était un lointain cousin des Hébreux, Jacob était son ancêtre,  mais rien n’y fait, il se classait désormais dans les rangs des ennemis traditionnels.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Luc 17/11-19 les dix lépreux, dimanche 13 octobre 2019

Posté par jeanbesset le 28 septembre 2019

11 Au cours de son voyage vers Jérusalem, Jésus passait entre la Samarie et la Galilée. 12 Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre et se tenaient à distance. Ils élevèrent la voix et dirent : 13 Jésus, Maître, aie pitié de nous ! 14 En les voyant, il leur dit : Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et, pendant qu’ils y allaient, il arriva qu’ils furent purifiés. 15 L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas et glorifia Dieu à haute voix. 16 Il tomba face contre terre aux pieds de Jésus et lui rendit grâces. C’était un Samaritain. 17Jésus prit la parole et dit : Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? [Mais] les neuf autres, où sont-ils ? 18 Ne s’est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu ? 19Puis il lui dit : Lève-toi, va ; ta foi t’a sauvé. 

Les dix lépreux

Que de malheureux sur les routes du monde ! Des lépreux, des affamés, des déplacés, des malades de toutes sortes ! Quand, il arrive qu’on réussisse à répondre à la détresse de certains et à améliorer leur sort peu enviable, c’est alors que l’on considère comme normal  que les défavorisés, qui retrouvent le même sort que les autres, remercient, ceux qui les ont secourus. Tout se passe comme si ceux qui sont du bon côté devaient  être félicités  à cause  du  privilège qui leur a permis de remédier à l’injustice faite à ceux qui étaient du mauvais côté . C’est ce que ne font pas les neuf lépreux et c’est ce qui nous choque. 

A la lecture de ce passage, nous constatons aussi que la société crée des clivages parmi les hommes. Même les plus pauvres peuvent trouver encore plus pauvre qu’eux, cependant quand on est arrivé au niveau le plus bas, les clivages disparaissent. L’histoire nous montre que ces dix rejetés de la société cheminent ensemble, sans aucune distinction de classe ni d’origine. Pourtant s’ils n’avaient pas été dans cette situation de détresse , l’un d’eux aurait  sans doute été rejeté par les 9 autres, car il aurait été considéré de rang inférieur en tant que Samaritain. 

Mais au point de déchéance où ils étaient, ils étaient   revenus à égalité. Ils étaient condamnés à survivre dans un ghetto infâme, au risque d’être tués par les bien portants s’ils en sortaient. Pourtant ils en sont sortis, et audace suprême, ils interpellent Jésus. Même au plus profond de la déchéance, ils ont gardé une lueur d’espérance. C’est cette espérance  qui leur a donné le droit  d’interpeler Jésus et qui les a maintenus dans le monde des humains. car l’être humain est avant tout un être de désir et quand son désir disparaît, il cesse d’être humain.  Nous allons voir aussi que désir et salut font cause commune.  

On ne sait comment la renommée de Jésus est parvenue jusqu’à eux.  Ils ont bravé les interdits pour le rencontrer. Les voilà donc à portée de voix du maître au risque de leur vie, c’est dire leur désir de guérison. La petite graine de l’espérance n’est pas morte en eux. Ils tentent le tout pour le tout en espérant encore que la puissance qui émane de Jésus peut les sauver. Cette espérance qui les a poussés à agir est incontrôlée et irréfléchie. C’est une pulsion de vie, apparentée à la foi qui les anime déjà.  

Pourtant, si c’est Dieu qui agit en Jésus, pourquoi ne les a-t-il pas déjà guéris ? Et si Jésus, au nom de Dieu peut quelque chose pour eux, pourquoi ne descend-il pas dans le ghetto des lépreux pour tous les libérer ? Voilà encore une fois Dieu mis en accusation face au problème du mal auquel il n’apporte pas de réponse. 

Quoi  qu’il en soit Jésus réagit comme s’ils étaient déjà guéris tous les dix, alors qu’il ne s’est encore rien produit. Il les envoie aux prêtres qui seuls sont habilités à constater leur état de guérison. Ce n’est qu’après, que la guérison se produira. Alors qu’ils faisaient la démarche, auprès de Jésus,  ils étaient toujours malades et  ils étaient encore unis dans le même destin. 

Mais  à peine la lèpre les a-t-elle quittés qu’ils se séparent. Le Samaritain guéri exprime sa reconnaissance et pas les autres. Que se passe-t-il en eux pour que la différence sociale réapparaisse? En fait, nous avons là une remarque désabusée de l’Evangéliste qui exprime par ce détail que l’homme  dans son état normal à tendance  à s’opposer à ses semblables  et que rien ne peut nous séparer du péché qui est toujours prompte à se manifester. Ainsi un sur dix a su s’opposer à la pression du monde. Mais ce n’est qu’une démarche désabusée qui ne change rien à la suite.

Nous constatons que Dieu n’est pas inactif face à une création encore inachevée. Il continue à agir  afin d’améliorer les choses. Tout se passe comme si il poursuivait son œuvre  de création  entreprise dès les origines, si bien que les dysfonctionnements de la nature restent encore apparents. 

Il est clair que pour Jésus cette situation est anormale et doit être corrigée, c’est pourquoi Jésus s’adresse aux dix lépreux comme si, , ils étaient déjà guéris, comme si la guérison était de l’ordre du normal. Là où les choses se compliquent, c’est que l’un d’entre eux revient pour rendre grâce à Jésus.  

Les autres qui ont été guéris  se comportent  comme si le retour à la normale n’impliquait aucun  comportement particulier de leur part, comme si c’était un du. Pourtant, ils ont  sans doute eu  un élan de reconnaissance quand ils ont quitté l’univers des lépreux .  Ils ont considérés que leur bon état de santé était de l’ordre du normal?  En ce sens ils avaient raison. 

 Dans l’évolution du monde en vue d’un un mieux être pour tous, le projet de Dieu réside dans le fait qu’il confie à des hommes compétents   la charge de travailler à la guérison des défavorisés. Leur guérison est alors le produit de deux facteurs conjugués. La compétence du praticien et le désir. C’est quand les deux sont conjugués qu’il y a espoir de guérison. Ici le praticien est Jésus et l’espoir de guérison des lépreux se manifeste par leur démarche vers les prêtres. 

 Mais les hommes compétents n’agissent pas toujours en fonction du désir de Dieu. Ils n’ont pas forcément conscience que c’est Dieu qui les envoie. Or Dieu s’appuie sur la compétence des hommes pour répondre à la demande de ceux qui sont dans le besoin et le manque de bonne volonté des gens compétents le rend impuissant.  

Dans  l’histoire des lépreux, les 9 qui sont soulagés, considèrent qu’ils sont revenus dans l’ordre normal des choses et n’ont pas le désir d’aller plus loin. Ils n’ont plus qu’un désir, celui d’un retour à la normale.  Ils sont soulagés! Qu’espérer de plus ? Leur histoire s’arrête là. 

 Pourtant un des dix reste insatisfait. Étant entré en lui-même, il discerne le doigt de Dieu dans l’événement qui l’a ramené à la santé. Il n’est pas évident de voir le doigt de Dieu ! Dieu se rend visible à ceux qui savent descendre en eux-mêmes et qui savent écouter sa voix. Elle leur révèle que leur situation nouvelle ne prend de sens que s’ils entrent dans le projet de Dieu  pour participer à l’évolution du monde.  

les lépreux

Dieu  pour se manifester a besoin que les hommes le reconnaissent. C’est ainsi qu’il agit sur le monde et prévoit son évolution harmonieuse. Il projette des solutions pour remédier aux soubresauts de la nature en mouvement,. Ces projets ne se réalisent que lorsque les hommes compétents reconnaissent que c’est Dieu qui leur désigne les causes auxquelles ils doivent s’atteler et mettre leurs compétences à leur service. C’est alors que le désir s’installe en eux et qu’ils deviennent utiles dans  son plan pour le monde. 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Luc 17/5-10 vous êtes des serviteurs inutiles – dimanche 6 octobre 2019

Posté par jeanbesset le 25 septembre 2019

5 Les apôtres dirent au Seigneur: «Augmente notre foi.» 6 Le Seigneur dit: «Si vous aviez de la foi comme une graine de moutarde, vous diriez à ce mûrier: ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous obéirait.

7 »Si l’un de vous a un esclave qui laboure ou garde les troupeaux, lui dira-t-il, à son retour des champs: ‘Viens tout de suite te mettre à table’?
8 Ne lui dira-t-il pas au contraire: ‘Prépare-moi à souper, ajuste ta tenue pour me servir jusqu’à ce que j’aie mangé et bu; après cela, toi, tu mangeras et tu boiras’?
9 A-t-il de la reconnaissance envers cet esclave parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné? [Je ne pense pas.]
10 Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites: ‘Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire.’»

création

 

Savez-vous ce qui s’est passé quand  Dieu  a créé le monde et qu’il y a mis l’homme ? A peine a-t-on ouvert la Bible en se posant la question que la Bible elle-même ne nous donne pas le temps de réfléchir. Elle nous raconte  qu’à peine créé, l’homme s’est mis à douter de Dieu, il s’est chicané avec sa femme et ses enfants se sont mis à se quereller, si bien que l’un d’entre eux a perdu la vie ?  Mais cette question reste latente. Quel était le projet de Dieu, même s’il a dérapé ? Au fil des chapitres les prophètes reviennent sur le problème et ils en font état dans leurs propos. Ils imaginent un univers sans violence auquel même la nature se soumettrait. L’ours et la vache mangeraient ensemble de l’herbe et les serpents seraient inoffensifs au point que les petites enfants pourraient jouer avec eux.

Bien évidemment le lecteur ne tient pas compte de ces visions idylliques où Dieu semblerait contester sa propre création en proposant des projets contre nature qu’il n’aurait pas créés ainsi. L’ours est omnivore et il ne serait pas dans sa nature de ne manger que de l’herbe sans mourir. Le serpent quant à lui doit  se servir de son venin pour neutraliser ses proies pour pouvoir manger si bien que l’enfant ne pourrait être en sureté en présence des serpents. Bien évidemment, ceux qui veulent argumenter vont opposer couleuvres et  vipères, mais ces arguments ne mèneront pas loin. La nature créée par Dieu ne peut évoluer en harmonie sans  qu’il y ait interférence entre les divers éléments et que les herbivores soient mangés par les carnivores. En fait le vrai problème reste celui du rôle de l’homme au sein de la création, c’est lui qui devrait la maintenir en harmonie, et c’est l’équilibre qui devrait en être la règle, si bien que le monde idéal, voulu par Dieu devrait être un monde sans problème.

L’histoire d’Adam et Eve ainsi que  le récit de Caïn et Abel,  visent à montrer que dès que l’homme fait son apparition sur terre, il s’ingénie à mettre le monde en déséquilibre, à en perturber l’harmonie  et à se mettre en opposition avec Dieu en ignorant la règle fondamentale de la bonne marche des choses. Selon l’Ecriture cette bonne marche des choses  transparait dans la maxime  qui se voudrait universelle, selon laquelle « tu  dois aimer ton prochain comme toi-même », pour que tout se passe bien. C’est à cause de ce manquement que le monde dysfonctionne  depuis toujours, même si ce n’est pas cela que’ Saint Augustin appelait le péché originel qui était  l’offense à Dieu, pourtant, il semblerait plus exact que ce soit le manquement à l‘harmonie de la planète qui soit cause du dérèglement général.

Toutes ces considérations ne nous ont que temporairement écartés des propos de Jésus. Sans doute Jésus  n’ignorait-il pas tout ce que nous avons évoqué.  Il savait tout cela quand il proposa à  ses interlocuteurs cette parabole qui nous provoque ce matin. Il n’y culpabilise personne mais se contente de faire un constat qui relève de l’évidence. Il  entre dans une logique d’équilibre et de justice.  C’est là où il rejoint  tous ceux qui parlent de  dysfonctionnement de la planète, mais propose une autre approche.

Quand on aborde ce problème, il est d’usage de culpabiliser ceux qui sont la cause de la  situation qu’ils dénoncent. Dès l’origine du Christianisme, les théologiens ont très vite inscrit l’histoire des hommes dans une situation de faute en parlant du péché originel. Cette ambiance de la faute primitive nous met mal à l’aise et fausse notre raisonnement.  C’est ce à quoi nous assistons en ce moment dans  les controverses sur  les causes du déséquilibre climatique. A qui la faute disent les plus jeunes avec bonne conscience, oubliant que depuis toujours les hommes ont toujours agi en profitant pour eux-mêmes de la situation si bien que ceux qui  culpabilisent  les génération passées en les accusant de  de négligence ou d’indifférence, continuent à partager la faute collective en voyageant en avion, en utilisant des portables consommateurs de métaux rares dont l’usage réduit en esclavage les ouvriers qui les exploitent.  Il serait surprenant que ceux qui accusent les autres de négligence, soient eux-mêmes exempts  de faute  à des degrés plus ou moins différents. Nous y reviendrons.

Jésus en utilisant  ici des propos  choquants qui nous mettent mal à l’aise  ne culpabilise personne car tel n’est pas son but. Il dit simplement qu’il serait logique que celui qui ne se fatigue pas en accomplissant des travaux pénibles fasse au moins le repas pour ceux qui ont trimé au gros soleil. Il imagine que la juste distribution des tâches devrait être la base de la société. Ne serait-ce pas ainsi que Dieu aurait conçu la création ? Jésus  fait juste une suggestion car il sait  que ça ne marchera pas, même si c’est inscrit dans le projet créateur de Dieu. Sans vouloir faire un cours d’histoire, rappelons que les hommes ont déjà essayé de mettre en pratique de telles propositions, et si ça a marché dans  des petites sociétés  réduites, retirées à l’écart du monde,  ça n’a pas duré. Quand des états ont essayé d’appliquer ces mêmes principes, ils ont cru devoir s’opposer à Dieu et se sont constitués en dictatures injustes.

Jésus a donc eu raison d’envisager sa proposition comme une hypothèse irréalisable. Pourtant sa proposition relevait du bon droit et de la stricte justice, mais ça ne marche pas dans un monde dominé par l’homme. Quant à imaginer un monde  dominé par Dieu, on l’a déjà fait, c’est toujours des hommes qui y ont pris le dessus et jamais le  Dieu d’amour et du partage. C’est  dans ces travers  que sont tombées l’inquisition ou la société Genevoise de Calvin. Mais on ne discute pas  avec Jésus quand il essaye de nous faire comprendre des choses sur Dieu. Selon lui, il relèverait bien de la volonté de Dieu que les tâches entre les humains soient équitablement partagées et qu’il n’y ait plus de privilégiés pour profiter de la sueur des autres sans se mettre eux-mêmes à la tâche.

Si nous prenons en compte  tout cela et que nous contestons la société injuste dans laquelle nous évoluons, si nous décidons  de militer de toutes les façons possibles pour une société plus juste et si en faisant cela nous pensons avoir bien mérité de Dieu, c’est alors une parole déstabilisante que Jésus nous adresse : « Vous  êtes des serviteurs inutiles !» Cela veut tout simplement dire que l’efficacité et la bonne volonté que nous croyons offrir à Dieu pour défendre les causes nobles ne seraient que des éléments normaux de notre comportement. Il semblerait que cela fasse partie des attitudes normales requise par Dieu. Les actions  que nous classerions volontiers comme des  comportements louables ne sont que des applications  banales du projet créateur de Dieu pour lequel Dieu s’efforce de nous mettre en mouvement pour que nous en fassions plus encore.

creation

Ainsi, si nous-mêmes et nos Eglises nous engageons dans  des projets humanitaires, si nous militons avec elles pour les droits de l’homme, si nous participons à l’amélioration de la création, nous ne faisons que ce que nous devons faire, car Dieu nous a missionné pour cela. Si nous nous prenons pour des héros parce que nous agissons pour la sauvegarde de la planète, nous restons des serviteurs inutiles car nos actions  restent apparemment insuffisantes. Tout cela devrait nous entraîner à toujours nous dépasser au service de Dieu sans en espérer de compensation.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Luc 16/19-31 : crois-tu en Dieu? dimanche 29 septembre 2019

Posté par jeanbesset le 21 septembre 2019

Evangile selon Luc – chapitre 16 versets 19 à 31

 


19 Or il y avait un homme riche qui se vêtait de pourpre et de fin lin, et qui faisait joyeuse chère, chaque jour, splendidement.

20 Et il y avait un pauvre, nommé Lazare, couché à sa porte, tout couvert d’ulcères,

21 et qui désirait de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; mais les chiens aussi venaient lécher ses ulcères.

22 Et il arriva que le pauvre mourut, et qu’il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Et le riche aussi mourut, et fut enseveli.

23 Et, en hadès, levant ses yeux, comme il était dans les tourments, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.

24 Et s’écriant, il dit : Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme.

25 Mais Abraham dit : [Mon] enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux ; et maintenant lui est consolé ici, et toi tu es tourmenté.

26 Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous ; en sorte que ceux qui veulent passer d’ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui [veulent passer] de là ne traversent pas non plus vers nous.

27 Et il dit : Je te prie donc, père, de l’envoyer dans la maison de mon père,

28 car j’ai cinq frères, en sorte qu’il les adjure ; de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de tourment.

29 Mais Abraham lui dit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent.

30 Mais il dit : Non, père Abraham ; mais si quelqu’un va des morts vers eux, ils se repentiront.

31 Et il lui dit : s’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas persuadés non plus si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts.

 enfer

 

 C’est ici l’histoire d’un mendiant affalé à la porte d’un notable et dont personne ne se soucie. C’est aussi l’histoire d’un notable qui après une existence d’insouciance meurt dans l’indifférence de tous et se trouve inaccessible à la miséricorde de ceux qui l’ont devancé dans le monde de l’au de-delà. Nous  sommes, nous aussi, comme ces deux hommes, dans un monde où la miséricorde fait défaut et où Dieu est le grand absent. La question qui se pose est  celle de savoir si même il y a un  Dieu.  Après ce récit peut-on te demander si tu crois en Dieu? Et si tu réponds oui, le Dieu auquel tu crois est-il celui qui est ici absent de  l’existence de Lazare ou absent du monde de l’au-delà où le riche souffre. En effet,  on n’a perçu sa présence ni dans le souci quotidien de Lazare sur terre ni dans la demande de salut du riche en enfer.

Une partie de ce  sermon sera écrite à la première personne, c’est inhabituel ! Mais en donnant une forme personnelle à mon intervention, j’aurais aussi l’audace de penser  que je parle aussi en votre nom, ou en tout cas au nom de beaucoup. En fait qu’est ce qui résonne en moi quand je dis : « je crois en Dieu » ? Pour dire cela, il faut que je me sente concerné, il faut qu’il se soit produit en moi quelque chose de suffisamment significatif pour que je puisse me sentir mis en cause d’une manière personnelle par l’existence de Dieu. Il me semble qu’à la place du « je crois, » il serait plus opportun de dire : « j’espère ».  En effet, si j’espère en Dieu, j’ouvre la porte à toute une série de possibles sans vraiment en favoriser un. Je rejoins parmi  d’autres la logique de Voltaire  selon qui, toute horloge doit avoir un horloger. Je réalise aussi que je ne suis pas seul sur terre à m’interroger de la sorte et que dans la longue liste d’expériences des croyants qui se sont posé les mêmes questions, certains sont susceptibles de m’éclairer.

Si je me penche sur moi-même et que je réfléchis aux différentes époques de ma vie, je réalise que Dieu a plusieurs fois changé de visage. A l’époque de mon enfance, le Dieu  dont on m’a parlé était tout puissant, père et confident de Jésus Christ, capable de miracle et à qui l’entièreté du monde était soumise. Par la force des choses, je croyais en lui.  Puis, le doute venant habiter mon esprit, Dieu a perdu toutes  ses qualités au point de se réduire à un questionnement constant : « Où est-il ?  Existe-t-il ? A-t-il un ascendant sur moi ? » Toutes ces questions recevaient des réponses aléatoires suivant le moment. Mais son ombre n’a jamais cessé  de m’habiter et il a gardé une présence dans mon esprit. Il s’est alors fait questionnement. Est-il l’inspirateur de Jésus Christ ? Est-il présent de la même façon dans les autres religions ? Alors que signifie vraiment pour moi « croire en lui ? »

A l’Eglise on m’a dit que Dieu parlait aux hommes. En fait, à l’Eglise je n’entends que  la voix des pasteurs qui racontent leurs propres expériences sur Dieu  dans des  sermons plus ou moins ennuyeux. Le cas échéant, ils font de la philosophie. Mais jamais, c’est le son de la voix d’un Dieu quel qu’il soit que j’entends.   Si  je me réfugie en moi-même et que j’écoute ce qui s’y passe, je ne perçois que le murmure que produisent mes propres réflexions, mais ce n’est que moi-même qui parle en moi et je n’aurais pas l’outrecuidance de confondre sa voix avec la mienne. Je  réalise alors que j’ai besoin de Dieu sans vraiment savoir comment j’ai besoin de lui. Aurais-je alors la faiblesse d’inventer sa présence pour me rassurer, si bien que si je crois en lui, c’est à ma propre invention que je croirais.  Je n’ai rien exprimé d’original, j’ai seulement fait l’inventaire des choses qui se passent en moi, quand  on me dit « crois-tu en Dieu ? »  Mais cette réflexion ne me lâche pas, elle se fait parfois discrète mais vient me hanter au moment où je ne m’y attends pas. Il est donc évident que je vais poursuive mon investigation au sujet de Dieu.

Je réalise que ça m’agace quand on essaye de me dire Dieu. C’est ce qui se passe quand on récite la confession de foi au cours du culte. Sans doute suis-je le produit cartésien de cette société qui est la nôtre. Je n’aime pas qu’on me dise ce que je dois croire et comment je dois croire. Si l’expérience des autres est susceptible de m’éclairer, elle n’est pas normative. Je ne sais donc pas si je crois en Dieu, mais je sais que cette question est lancinante et qu’elle me pousse à cheminer continuellement  en compagnie de  cette idée  de « croire en  Dieu » qui occupe des phases plus ou moins significatives dans les divers moments de ma vie.

Je me tourne alors vers Jésus, cet infatigable témoin de Dieu, et je me demande si l’un  des buts de son enseignement  n’était pas de nous amener à ce point de notre réflexion ou nous réalisons que Dieu est insaisissable pour un esprit humain rationnel. On découvre que l’on n’a pas vraiment de nom à lui donner. On rejoint alors la tradition biblique où il est dit que son nom est imprononçable. Il nous faut toujours repartir de là si on veut avancer dans cette recherche de Dieu. Il nous est alors dit que l’homme est  fait à son image. C’est cette image de chercheur qu’il nous est donné de saisir  quand nous cherchons Dieu. Nous cherchons Dieu, car c’est lui qui nous cherche. Ceux qui vivent cette même expérience  se trouvent alors engagés dans cette recherche lancinante de Dieu qui les conduit à se chercher eux-mêmes. Nous sommes alors renvoyé vers un ailleurs où est Dieu, où nous nous retrouvons nous-mêmes  et où en compagnie de Dieu nous ne sommes plus seuls. En poursuivant ma réflexion, je constate que je suis insensiblement passé du « je » au « nous ». Ne serait-ce pas à cause du fait que Dieu ne peut prendre de réalité que si celle-ci elle est partagée avec les autres ?

En revenant à cette parabole que Jésus a volontairement marquée de l’absence de Dieu, on ne peut pas ne pas se poser la question sur le pourquoi de cette absence. Peut-être y est-il quand même, mais où se cache-t-il ? Il est clair qu’il n’a pas sa place dans le monde de la mort, or le monde de la mort occupe tout ce texte. Il n’y a aucune vie dans la maison à la porte de la quelle se tient Lazare qui par sa passivité n’aspire pas à vivre. Le riche n’a même pas de nom car il n’a pas d’existence. Replié sur lui-même et sur sa propre satisfaction, il n’a pas de vie dans le monde des vivants. Lazare n’a pas davantage de vie dans l’au-delà, sa présence passive  dans le sein d’Abraham ne le  change pas de l’existence qu’il menait avant.  Dieu est absent de ce texte, car il n’y a pas d’aspiration à vivre.

Le visage de Dieu se précise cependant. On ne peut le trouver que si on devient soi-même chercheur de vie, non pas pour soi, mais pour tout autre qui est appelé à la partager.  L’espérance apparaît dans ce passage quand le riche  éprouve de l’intérêt  pour Lazare. Le texte dit qu’il est trop tard. Telle est la réponse d’Abraham !  Mais est-il vraiment trop tard  pour Dieu? Dans les paraboles rapportées par Jésus, la réponse  à la question qu’elles posent est rarement dans le texte, elle nous pousse à la trouver au-delà du texte si nous nous donnons la peine d’y projeter notre réflexion. Au-delà du texte, n’est-ce pas le lieu où est Dieu. Notre recherche de Dieu se prolonge alors au-delà de ce texte. Elle trouve peut-être sa réponse dans le fait qu’une espérance se met à naître  dans le moment  ou  les deux hommes s’étant regardés le riche peut se mettre  à espérer. C’est en tout cas sur ce  terrain que l’on peut trouver Dieu.

 Aujourd’hui, l’avenir du monde et de  cette planète n’a de sens que si notre recherche de Dieu nous entraîne à regarder les autres hommes et à produire de la vie et de la vie en abondance. Je crois alors à ce Dieu qui donne à la vie avec lui la dimension de l’espérance.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Luc 16/1-13 Dieu et l’argent – dimanche 22 septembre 2019

Posté par jeanbesset le 14 septembre 2019

 

Parabole de l’intendant infidèle

16 Jésus dit aussi à ses disciples: «Un homme riche avait un intendant. On vint lui rapporter qu’il gaspillait ses biens.
2 Il l’appela et lui dit: ‘Qu’est-ce que j’entends dire à ton sujet? Rends compte de ta gestion, car tu ne pourras plus gérer mes biens.’
3 L’intendant se dit en lui-même: ‘Que vais-je faire, puisque mon maître m’enlève la gestion de ses biens? Travailler la terre? Je n’en ai pas la force. Mendier? J’en ai honte.
4 Je sais ce que je ferai pour qu’il y ait des gens qui m’accueillent chez eux quand je serai renvoyé de mon emploi.’
5 Il fit venir chacun des débiteurs de son maître et dit au premier: ‘Combien dois-tu à mon maître?’ 6 Je dois 100 tonneaux d’huile d’olive’, répondit-il. Il lui dit: ‘Voici ton reçu, assieds-toi vite et écris 50.’
7 Il dit ensuite à un autre: ‘Et toi, combien dois-tu?’ ‘Je dois 100 mesures de blé’, répondit-il. Et il lui dit: ‘Voici ton reçu, écris 80.’
8 Le maître fit l’éloge de l’intendant malhonnête à cause de l’habileté dont il avait fait preuve. En effet, les enfants de ce monde sont plus habiles vis-à-vis de leur génération que ne le sont les enfants de la lumière.
9 »Et moi, je vous dis: Faites-vous des amis avec les richesses injustes, afin qu’ils vous accueillent dans les habitations éternelles lorsqu’elles viendront à vous manquer.
10 Celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est malhonnête dans les petites choses l’est aussi dans les grandes.
11 Si donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui vous confiera les biens véritables?
12 Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous?
13 Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres, car ou il détestera le premier et aimera le second, ou il s’attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent.»

 argent 2

Nous voilà plongés dans une affaire  de finances pas nettes. C’est l’histoire d’un magouilleur en eau trouble qui entraîne dans ses combines des gens dont il pourra se servir en cas de nécessité si le besoin s’en fait sentir. Dans son aventure, et c’est là une des clés de l’énigme. Il il n’a pas encore réalisé qui se cache derrière le maître  qu’il est en train de gruger et qu’il tente de tromper encore davantage pour sortir du mauvais pas où sa nature perverse l’a entraîné.  Cependant rien n’échappe à son maître, c’est ce que nous allons voir et celui-ci, contrairement aux apparences n’agit ni comme un grand naïf ni comme un être vulnérable.  

Si Jésus lui prête  des propos qui l’entraînent à féliciter son intendant malhonnête pour son art de se sortir d’affaire, il n’est dit nulle part qu’il l’approuve. Il y a des mystères dans tout cela dont il faudra soulever le voile. En fait ce qui doit être  bien clair ici, c’est que chacun de nous doit se reconnaître dans ce gérant indélicat.  Le personnage malhonnête ici,  c’est moi, c’est toi. N’allez pas croire que Jésus va couvrir ici toutes nos manigances frauduleuses et nos doubles comptabilités douteuses sous prétexte que l’argent relèverait de la responsabilité de Mammon et non de la sienne. Ce serait se fourvoyer dans une théologie dualiste  trop facile.

N’oublions pas que Jésus se situe dans un monde où tout appartient à Dieu et qu’il en a fait de chacun de nous des gestionnaires. Il nous entraîne dans cette réalité dont nous n’avons pas toujours conscience.  Cette parabole nous parle donc d’un monde dont Dieu est le maître et il nous demande de nous reconnaître nous-mêmes dans le portrait de cet intendant qui s’attribue des avantages frauduleux en les empruntant à son maître. Quel que soit notre fonction dans ce monde  nous  empruntons à Dieu tout ce que nous prétendons nous appartenir. Tout ce que nous utilisons à notre profit, c’est à Dieu que nous le prenons. Voilà l’univers de cette parabole.

Quand l’intendant se fait des amis en truquant les  comptes de son maître, il  fait des générosités avec les biens de celui-ci. Tout se passe comme si c’était le maître lui-même qui lui acquérait des amis avec son propre argent. Nous sommes  placés dans la même situation que celui qui croit s’approprier les faveurs de Dieu en faisant des bonnes œuvres, comme s’il ignorait que les générosités qu’il fait, il les fait avec  ce qui appartient à Dieu.  Quand nous faisons les généreux, c’est avec les biens de Dieu que nous le faisons, c’est comme si c’était Dieu lui-même qui nous utilisait pour le faire. Nous comprenons alors le jugement porté par le maître de la parabole qui trouve judicieuse l’attitude de l’intendant qui croit détourner de l’argent de son maître, alors que c’est  en réalité le maître qui est son pourvoyeur en amitié et qui assume la responsabilité de ce qui a été fait avec ses biens ? 

C’est à cause de cela que l’intendant  court un gros risque car il encourt la colère de son maître et c’est pour  s’en épargner les conséquences qu’il a entrepris toute cette machination.  De même chacun de nous encourt la colère de Dieu pour laisser se faire les injustices dont nous sommes témoins dans ce monde sans utiliser les biens  que Dieu met à notre disposition pour le faire. C’est cette colère que nous risquons de subir,  non pas pour avoir fait ce que nous aurions dû faire avec ce que Dieu a mis à notre disposition, mais pour ne l’avoir pas fait.  C’est en cela que réside notre salut.

Regardons alors, comment cela se passe dans la parabole. Le maître ici ne se met pas en colère. S’il relève l’intendant de ses fonctions, il lui laisse du temps pour présenter ses comptes et l’intendant en profite  pour le duper en se faisant malhonnêtement des amis  pour s’en sortir. Mais par la force des choses et par le biais de la duperie, c’est son maître qui lui procure ses amis, et qui malgré lui, lui offre cette porte de sortie.  En écoutant les propos de son maître, il n’a plus qu’à reconnaître que  son maître qui assume ce qu’il a fait n’est pas un naïf qui s’est fait avoir mais qu’il  est d’une bonté inimaginable et qu’il le sauve en lui procurant l’amitié dont il avait besoin.

En laissant se faire les choses et en reconnaissant les avantages que l’intendant reçoit de  cette situation nouvelle, il lui offre une solution  qui devrait susciter sa reconnaissance. L’intendant n’a plus qu’à se jeter à ses pieds avec reconnaissance ! Le fera-t-il ? Les paraboles laissent souvent la réponse en suspens en nous offrant la liberté de réagir selon la manière dont notre foi naissante nous pousse à le faire. Tel est le Dieu auquel nous avons à  faire.  Il nous laisse utiliser ses biens en nous laissant croire  que ce sont les nôtres, il nous laisse croire, pour un temps de réflexion, ou de maturation de notre foi,  que  nous gagnons des mérites en utilisant ce qui lui appartient. Il n’attend plus qu’une chose, et il nous laisse libres de le faire,  c’est que nous comprenions les générosités qui sont les siennes en nous laissant du temps pour comprendre. Ainsi nous pouvons grandir dans la foi  grâce à nos fausses bonnes actions dont il est à l’origine malgré nous. Il attend patiemment notre conversation qui sera l’expression de notre amour pour lui.

Jésus a profité d’une affaire d’argent sale pour que nous comprenions quel type de relation nous devons cultiver avec Dieu. Dans cette parabole, il est souligné que l’attitude du maître est conditionnée par les liens d’amitié qui sont créés entre  l’intendant et ceux dont il  fait ses complices en duplicité. Même si tout cela est lié à une magouille compromettante dans laquelle il entraîne les débiteurs de son maître, c’est le lien d’amitié qu’il faut retenir. Certes tout le monde y trouve son compte et la morale n’est pas sauve. Mais même des chemins tortueux peuvent mener à Dieu. Dieu ne se soucie pas du fait que des moyens peu acceptables ont amené certains hommes à lui. Dans  tous les cas c’est au cœur que frappent les éléments déclenchant qui à partir des bonnes relations provoquées par les hommes mènent à Dieu. L’homme que je suis ou que vous êtes est pécheurs, ses sentiments sont flous et ses projets ne sont pas toujours nets, malgré tout Dieu ne dédaigne pas ces instruments médiocres que nous sommes pour gagner à lui ceux que nous côtoyons.

Quand on aborde cette parabole on cherche la leçon de morale qu’elle dissimule. Il n’y en a pas.  Ce monde où on espère voir Dieu à l’action est un monde de magouilleurs et on réalise que  Dieu ne répugne pas à utiliser nos magouilles pour que le monde trouve la direction où il le conduit.

Il ne faut pas chercher dans cette parabole, une règle qui aiderait les banquiers à gérer sainement le monde de la finance, à moins qu’ils ne  réalisent que tout est à Dieu et que rien ne leur appartient, pas même leurs bénéfices et leurs dividendes. Il n’y a pas d’argent propre ou d’argent sale puisque tout appartient à Dieu et que la seule manière de le gérer et de l’utiliser pour aller  dans le sens de l’harmonie du monde. C’est ainsi  que la vie de tous sera possible sur cette terre et que tout homme pourra devenir grâce aux biens que l’on ne possède pas vraiment, l’ami de tous les hommes.

argent sale

Quant à cet argent que notre société continue à appeler de l’argent sale, il n’y a qu’un seul moyen de le blanchir c’est de s’en faire des amis en le libérant  des lieux secrets où il se trouve pour qu’il contribue à créer des amitiés entre les hommes et que Dieu puisse  regarder l’humanité s’épanouir.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Luc 15/1-32 Parabole des deux frères – dimanche 15 septembre 2019

Posté par jeanbesset le 10 septembre 2019

 

Paraboles de la brebis et de la pièce perdues

1 Tous les péagers et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour l’entendre.
2 Les Pharisiens et les scribes murmuraient et disaient : Celui-ci accueille des pécheurs et mange avec eux.
3 Mais il leur dit cette parabole
4 Quel homme d’entre vous, s’il a cent brebis et qu’il en perde une, ne laisse les 99 autres dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la trouve
5 Lorsqu’il l’a trouvée, il la met avec joie sur ses épaules.
6 et, de retour à la maison, il appelle chez lui ses amis et ses voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis qui était perdue.
7 De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentance.
8 Ou quelle femme, si elle a dix drachmes et qu’elle perde une drachme, n’allume une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin, jusqu’à ce qu’elle la trouve
9 Lorsqu’elle l’a trouvée, elle appelle chez elle ses amies et ses voisines et dit : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue.
10 De même, je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.

Parabole du fils perdu et de son frère

11 Il dit encore : Un homme avait deux fils.
12 Le plus jeune dit à son père : Mon père, donne-moi la part de la fortune qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien.
13 Peu de jours après, le plus jeune fils rassembla tout ce qu’il avait et partit pour un pays lointain où il dissipa sa fortune en vivant dans la débauche.
14 Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à manquer (de tout).
15 Il se lia avec un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs faire paître les pourceaux.
16 Il aurait bien désiré se rassasier des caroubes que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait.
17 Rentré en lui-même, il se dit : Combien d’employés chez mon père ont du pain en abondance, et moi ici, je péris à cause de la famine.
18 Je me lèverai, j’irai vers mon père et lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi
19 je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes employés.
20 Il se leva et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut touché de compassion, il courut se jeter à son cou et l’embrassa.
21 Le fils lui dit : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
22 Mais le père dit à ses serviteurs : Apportez vite la plus belle robe et mettez-la lui ; mettez-lui une bague au doigt, et des sandales pour ses pieds.
23 Amenez le veau gras, et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous
24 car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir.
25 Or, le fils aîné était dans les champs. Lorsqu’il revint et s’approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses.
26 Il appela un des serviteurs et s’informa de ce qui se passait.
27 Ce dernier lui dit : Ton frère est de retour, et parce qu’il lui a été rendu en bonne santé, ton père a tué le veau gras.
28 Il se mit en colère et ne voulut pas entrer. Son père sortit pour l’y inviter.
29 Alors il répondit à son père : Voici : il y a tant d’années que je te sers, jamais je n’ai désobéi à tes ordres, et à moi jamais tu n’as donné un chevreau pour me réjouir avec mes amis.
30 Mais quand ton fils que voilà est arrivé, celui qui a dévoré ton bien avec des prostituées, pour lui tu as tué le veau gras
31 Toi, mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi
32 mais il fallait bien se réjouir et s’égayer, car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.

 terre 2

Parabole des  deux frères :

Pour nous l’avenir consiste à  aller  de l’avant  vers une aventure  que l’on espère favorisée par notre bonne étoile. Nous avons pour bagage l’héritage que la vie nous a donné, et aussi tous les acquis que notre éducation nous a permis d’obtenir. Notre but est de réussir notre carrière  mieux que son père si possible. Tel est le destin qui s’ouvre devant chaque individu. Qu’il réussisse ou qu’il échoue dans ses projets, il essaye au mieux d’accomplir sa vie.

 C’est cela,  la philosophie de la vie, universellement partagée, mais ce n’est pas cela qui nous est raconté ici.  Ici, nous avons  l’histoire d’un jeune homme qui croit que l’audace et l’ambition lui permettront de mettre  les faveurs du destin de son côté sans s’en donner la peine. Tout lui est dû d’avance dans ce monde où tout lui semble être déjà acquis.

A vue humaine, il part perdant. Son maître mot, c’est la jouissance. Parti perdant, il ne saurait revenir gagnant, mais il n’a nullement l’intention de revenir vers un passé qu’il rejette apriori. Curieuse façon de penser disons-nous.  Mais c’est la nôtre aussi ! Nous allons voir que c’est la manière d’agir de beaucoup de gens  qui vivent  dans ce  monde où nous sommes. Ils  avancent à l’aveugle, au mépris des réalités du monde qui les entoure. Ils usent des  êtres et des choses comme si elles constituaient une réserve  inépuisable de profits.

Jésus raconte cette histoire, comme s’il avait senti venir à l’avance le dérapage de notre société moderne qui continue à ne pas voir le décalage qu’il y a entre la réalité dans laquelle elle est et ses ambitions. Elle continue à croire que l’on peut profiter de tout et que l’on peut avancer sur le chemin de la vie  sans se soucier des autres et des choses. Sans doute, tous les habitants de la planète  n’ont pas fait ce pari, mais il ressort cependant, que c’est le constat alarmant qui est fait sur la situation de notre monde et qu’il ne doit laisser personne indifférent. Nous recevons ces propos non pas comme une leçon de morale qui serait adressée à ceux qui égoïstement méprisent Dieu et les autres et qui se croient  dispensés d’agir en fonction de leur prochain, mais comme une allégorie qui concerne l’évolution de notre société et qui nous amène à constater  l’état d’échec dans lequel nous nous situons actuellement.

Il s’est produit ce qui était apparemment prévisible. L’insouciance avec laquelle les hommes ont usée de la planète, n’a pas prévu que  notre mode de fonctionnement entrainerait un dérèglement général. Nous nous servirons donc de cette parabole comme d’un fil conducteur pour aider ceux qui veulent réfléchir à la situation et qui culpabilisent les générations passées en les accusant d’égoïsme, d’insouciance et de surdité mentale.

Nous commencerons à réfléchir à cette parabole en la prenant à l’envers. Nous nous sentirons d’abord  interpelés par le frère ainé.  Il n’aurait sans doute pas fait ce qu’a fait son cadet et il se sert  de son bon droit pour  faire peser sur lui une amère critique. Il se croit plus sage et plus intelligent que lui et croit sa critique frappée au coin du bon sens. Il pense que son frère a bien mérité ce qui lui arrive et ne comprend pas pourquoi il devrait en assumer les conséquences. Par son attitude de blocage, il jette le désarroi dans le projet de vie familiale que le Père essaye de mettre en place. Il refuse toute attitude de collaboration avec lui et rend les possibilités de vie avenir improbables.

Le plus jeune quant à lui  n’a pas besoin qu’on lui donne de leçon de morale pour comprendre le drame dans lequel il s’est fourvoyé. Il comprend vite qu’aucune solution n’est vraiment possible sans la bonne volonté bienveillante des autres. Le retour à la case départ demande une transformation totale de son comportement appuyé sur  la collaboration de ses semblables. Il doit troquer ses positions de possédant contre celle de serviteur.

S’il change son regard sur la réalité des choses, peut-être cela ne sera-t-il pas trop tard ? Pour son ainé, il n’y a plus d’issue pour le plus jeune, puisqu’il a tout gâché, il n’a plus sa place dans l’entreprise familiale. Ce n’est donc pas celui qui s’est mal conduit qui aggrave les choses, c’est celui qui n’a rien fait. Ne serait-il pas le collapsologue de service qui se cantonne dans une attitude d’accusateur, plutôt que dans celle de celui qui cherche par tous les moyens comment cela pourrait aller mieux.

C’est alors que le Père intervient, on l’a un peu laissé de côté, comme souvent on laisse de côté ceux qui, peut-être, apportent les bonnes solutions aux problèmes. Son souci est de constater que tel qu’il est engagé, l’avenir n’est pas possible. Les deux fractions rivales doivent renoncer à ce qui les opposent si on veut avancer vers un avenir possible : le fils ainé avec l’arrogance de celui qui croit avoir raison et le cadet avec  sa demande d’espérance possible. Face à  cette double demande, il faut que quelque chose de nouveau se produise.

C’est sur un air de fête que se profile la solution, c’est ainsi que le Père essaye de la mettre en œuvre.  Mais si le frère en détresse, quelle que soit la cause de sa situation espère quelque chose pour vivre, il faut que l’ainé entre dans la danse et modifie à son tour son attitude.

Dans tout cela le Père ne reste pas inactif en face des deux fils qui eux ne font rien. L’un espère, le second boude. Le père ne  cesse de faire  des vas et viens. Il court vers l’un et sort même du domaine pour convaincre l’autre. Il cherche des arguments pour que la mort ne s’empare pas du plus faible du moment, car il est impératif qu’il vive et l’autre ne peut rester les bras ballants en tentant de conserver ses privilèges que la situation est en train de lui reprendre.

Evidemment, en appliquant cette parabole à notre situation actuelle, nous réalisons que les  choses ne sont pas vraiment comparables car les victimes du dérèglement écologique  ne sont pas forcément coupables, comme l’est le fils cadet du récit, mais vous remarquerez qu’il n’est tenu ici aucun compte de la culpabilité de qui que ce soit. Ce qui est important c’est que celui qui est en danger ne le soit plus, la responsabilité des uns et des autres est une autre question et n’est pas abordée par le père qui préconise que la vie l’emporte sur toute autre solution. Ce qui est important c’est de rejoindre le père et d’agir activement pour débloquer la situation.

On comprend ici que la parabole propose de voir dans l’action du  Père une image de Dieu. Il n’est pas un Dieu qui agirait miraculeusement pour remettre les choses en ordre.  Le Dieu qu’on identifie ici au Père, c’est celui qui pousse les uns  et les autres  à se comporter  de telle sorte que  ce soit la vie qui reprenne le dessus. La responsabilité des uns et des autres ne jouent aucun rôle car tous, quelle que soit leur situation doivent changer leur comportement afin que l’harmonie s’installe là où le chaos cherche à s’imposer à ceux qui ne veulent pas modifier leurs comportement à l’image de l’ainé qui joue ici le rôle principale.

 terre 3

 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Luc 14/25-33: Le Dieu de Jésus Christ – Dimanche 8 septembre 2019

Posté par jeanbesset le 7 septembre 2019

Texte de 2010 revue et corrigé 

De grandes foules faisaient route avec lui. Il se retourna et leur dit :26 Si quelqu’un vient à moi et ne déteste pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. 27 Et quiconque ne porte pas sa croix pour venir à ma suite ne peut être mon disciple. 

28 En effet, lequel d’entre vous, s’il veut construire une tour, ne s’assied pas d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, 29 de peur qu’après avoir posé les fondations, il ne soit pas capable d’achever, et que tous ceux qui le verront ne se moquent et ne disent : 30 « Cet homme a commencé à construire, et il n’a pas été capable d’achever.»

31 Ou bien quel roi, s’il part en guerre contre un autre roi, ne s’assied pas d’abord pour se demander s’il peut, avec dix mille hommes, affronter celui qui vient au-devant de lui avec vingt mille ? 32 Sinon, tandis que l’autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander les conditions de paix. 33Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. 

Jésus 1 Lire la suite… »

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

123456...66
 

AEP Gresivaudan 4ieme 2007-08 |
Une Paroisse virtuelle en F... |
VIENS ECOUTE ET VOIS |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | A TOI DE VOIR ...
| la pagina di San Paolo Apos...
| De Heilige Koran ... makkel...