La trinité

Jean  5/24-29 : En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et qui croit en celui qui m’a envoyé  a la vie éternelle, il ne vient  ne  pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie                                     

                                                                                                                                    

 Est-il possible  de dire d’une manière plus concise la relation entre Dieu et Jésus que  ce simple verset. Dieu et Jésus sont reliés par un lien étroit qui est la parole. Celui qui accorde un intérêt à cette relation entre directement dans une dimension de vie éternelle avec Dieu. Depuis l’origine de l’Eglise on a essayé de formuler des théories  expliquant la relation qu’il y a entre Dieu et Jésus. C’est ainsi qu’on en est arrivé à formuler le dogme trinitaire. C’est d’ailleurs à cause de la formulation de ce dogme que les églises se sont divisées et qu’elles le restent encore aujourd’hui  par suite de la querelle  dite du « filioque ».  Les Eglises d’Orient et celles d’Occident ne se sont, jamais mis d’accord sur le mode de procession du Saint Esprit. Si Jésus avait su que nous rendrions les choses aussi compliquées, il s’y serait sans doute pris autrement. Pour ce qui le concerne, il n’a jamais essayé de formuler un dogme quelconque, et le dogme trinitaire  a été formulé bien après son passage sur terre. Jésus a simplement essayé de dire comment nous devons nous situer par rapport à lui et par rapport à Dieu. L’élément important pour lui, c’est la Parole à laquelle le seul saint Esprit donne  valeur de Parole de Dieu.   

L’affirmation qui domine dans le texte que nous est ici proposé, c’est que malgré nos efforts, nous ne pouvons pas entrer par nous-mêmes dans le mystère de Dieu. Seule l’action  de Jésus peut nous le permettre. Ainsi sont avertis tous les chercheurs de Dieu. On ne peut pas atteindre Dieu par la seule sagesse humaine. On ne le rencontre pas dans les phénomènes grandioses de la nature, comme se plaisent à le dire les poètes. On ne peut pas prouver son existence par les arguties de la  philosophie. Il n’est pas démontrable par les calculs mathématiques les plus subtiles. Dieu est ailleurs, il est tout autre. D’une seule phrase Jésus gomme l’importance de la théologie naturelle selon laquelle Dieu serait visible dans la nature grâce à ses oeuvres  qui seraient tellement  évidentes qu’il faudrait être stupide ou ignorant pour ne pas les voir. Hommage donc est rendu ici par Jésus aux gens simples qui se confient en la « seule parole ».  L’accès de Dieu est irrémédiablement fermé pour ceux qui croient y arriver par la pratique de la sagesse humaine ou la philosophie.   

La sagesse humaine est un leurre, parce qu’elle nous laisse croire que par notre raisonnement, par notre réflexion ou tout simplement par notre manière d’observer les choses, nous arriverons à la connaissance de Dieu. Le Dieu que nous risquons alors de rencontrer en procédant ainsi ne serait qu’une projection de nous-même sur une création de notre imagination que nous prétendrions être Dieu. Ce ne serait en fait qu’une idole construite par notre pensée et qui ne mériterait pas davantage d’intérêt que les idoles faites de main d’homme. Jésus nous met ainsi en garde contre la prétention que nous pourrions avoir à appréhender la connaissance de Dieu par nous-même.   

Mais n’allons pas trop vite en besogne.  Il ne faudrait pas , sous prétexte de suivre Jésus à la lettre ,  méconnaître les limites de l’histoire. La révélation existait avant Jésus, le Judaïsme avait avant lui développé une relation très élaborée avec Dieu. Abraham, Moïse et les autres nous ont fait connaître le Père sans que Jésus  leur  ait dicté la voie à suivre. Ils ne connaissaient bien évidemment pas Jésus de la manière dont nous le connaissons, mais ils ne s’étaient pas pour autant laissés séduire par le courant des philosophies ambiantes, ils ne s’étaient pas laissé séduire par une théologie naturelles magnifiant les beautés de la nature. Ils avaient reçu à leur corps défendant un message de Dieu qui avait déterminé leur choix. Ces messages n’étaient pas évident et aucun génie humain n’aurait pu le leur suggérer. Ils savaient que c’était bien Dieu qui leur avait parlé.   

Aucun homme, aussi sage soit-il  ne peut concevoir la réalité du Dieu des Ecritures que si Dieu se révèle lui-même à sa connaissance. Il a donc fallu que Dieu intervienne d’une manière ou d’une autre pour qu’Abraham comprenne qu’il fallait qu’il renonce à son statut de riche nomade, poussant ses troupeaux tout au long du Croissant fertile, pour en savoir plus sur Dieu et sur lui-même.  Cette intuition intime qui lui révéla Dieu  a été assimilée par l’Ecriture à la voix de Dieu lui-même. C’est de la même façon que  Moïse, prince d’Egypte a entendu cette même voix  qui lui révellait, contrairement à toute sagesse humaine, que la vraie sagesse  passait par l’affranchissement d’une poignée d’esclaves? Là encore  la Parole avait fait son œuvre.

  L’esprit de Dieu qui planait sur le monde avait déjà soufflé sur les patriarches avant de s’incarner en Jésus et de s’identifier à lui. C’est tout cela qui fit dire à Jésus,  dans ce même évangile : » avant que le monde soit, je fus, » L’Esprit qui inspira toute l’Ecriture, est le même Esprit qui anima Jésus.  Depuis l’origine des temps, l’Esprit de Dieu ne nous laisse aucun répit. Il oppose continuellement la « sagesse divine  » à la « sagesse humaine. »  La sagesse humaine est faite  de logique et de réflexion, elle ne part pas à l’aventure, et elle vérifie le bien fondé de toute pensée. Elle s’appuie sur l’expérience, sur l’habitude et sur la répétition des événements au cours des âges. En opposition, la « sagesse divine » est faite de spontanéité, elle récuse l’expérience, elle conteste l’habitude, elle privilégie l’humble, le petit, le rejeté. La sagesse divine s’apparente à la folie. Elle agit en nous comme une voix qui vient d’ailleurs. Elle refuse un monde programmé à l’avance, elles ne promets pas les béatitudes éternelles aux conformistes qui restent sagement dans le rang et elle ne considère pas comme perdu le criminel sans repentir. 

  Jésus a donc raison de se présenter lui-même comme le fils de cette sagesse éternelle  qui de tout âge a contesté la sagesse humaine. C’est au nom de la « sagesse humaine » contestant « la sagesse divine »  que les prophètes ont été envoyés au martyr ainsi que les confesseurs après eux. Jésus s’est présenté aux hommes comme  la voix par laquelle s’exprimait cette sagesse. C’est elle qui nous pousse à espérer contre toute espérance,  c’est elle qui nous pousse à prier pour la paix quand ceux qui nous dirigent nous poussent à  faire la guerre, c’est elle qui inscrit la vie éternelle à la fin de notre existence alors que la sagesse humaine ne prévoit  que la mort. 

  N’allons cependant pas croire que Dieu se complet dans l’irrationnel, qu’il cautionne ce qui n’a pas de sens et qu’il favorise ce qui est bizarre.  Réagir ainsi, serait faire preuve de méconnaissance divine.  Dieu ne prouve pas son existence par le bizarre, il prouve son  existence par l’amour qui fait résonner en l’homme comme le son d’une voix  qui l’appelle à considérer les autres d’un regard particulier. Dieu, en  introduisant la notion d’amour du prochain  dans la pensée des hommes invite  le monde à penser autrement.  En effet, la notion d’amour du prochain implique  d’abord qu’on s’intéresse aux autres avant de s’intéresser à soi-même. 

  C’est là pour Jésus  l’essentiel de ce qu’il a reçu de Dieu. La « parole de Dieu » telle qu’il nous la transmet et telle que le Saint esprit la révèle en nous ne fait que mettre en œuvre l’action de l’amour au service de l’humanité.  Selon lui la pratique de l’amour conduit chaque croyant en plein ciel dans la présence de Dieu. C’est pourquoi Jésus a osé affronter la mort pour détourner sur lui toutes les craintes qu’elle peut susciter chez les hommes  et leur ouvrir ainsi le ciel sans condition.. 

  C’est volontairement qu’il choisit cette issue pour attester que l’amour parfait se manifeste dans l’abandon de soi au profit de l’autre. Tout cela n’aboutit pas à la mort, comme le comprendrait la « sagesse humaine » mais à la vie que Dieu réserve à ceux qui croient. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ne sont pas pour autant rejetés car  la voix de Dieu  qui résonne en  eu et qu’il contestent, saura bien se faire entendre. Et si ce n’est pas dans ce monde ce sera  dans l’autre ! Réflexion faite on découvrira qu’il est impossible de ne pas croire, et quand on prétend le contraire c’est que l’on confond doute et foi, si bien qu’il est vraiment difficile d’échapper au salut! Mais cela est le sujet d’un autre sermon ! 

2 Réponses à “La trinité”

  1. ACG dit :

    Paix au serviteur,
    pas de reproche sur le contenu, rien que ces 3 repentirs…

    - Verset 24 uniquement; pas 24-29.

    - Jn 5,24: «_… il ne vient pas en jugement, …_», supprimer le 2nd «_ne_»

    - Paragraphe 8 : «_N’allons cependant pas croire que Dieu se complaise…_»
    ( sémantiquement et grammaticalement subjonctif )

    Beau courage !
    À bientôt.
    ACG

  2. Dupre dit :

    Merci Pasteur. Que Dieu continue à vous bénir.

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