Luc 19:28-44 – les Rameaux – dimanche 24 mars 2013

Posté par jeanbesset le 6 mars 2013

Luc 19:28-44 - les Rameaux - dimanche 24 mars 2013 dans sermon rameaux-william-hole28 Après avoir ainsi parlé, il partit en avant et monta vers Jérusalem.

29 Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux de ses disciples, 30 en disant : Allez au village qui est en face ; quand vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est jamais assis ; détachez-le et amenez-le. 31 Si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? », vous lui direz : « Le Seigneur en a besoin. »
32 Ceux qui avaient été envoyés s’en allèrent et trouvèrent les choses comme il leur avait dit. 33 Comme ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : Pourquoi détachez-vous l’ânon ? 34 Ils répondirent : Le Seigneur en a besoin. 35 Et ils l’amenèrent à Jésus ; puis ils jetèrent leurs vêtements sur l’ânon et firent monter Jésus. 36 A mesure qu’il avançait, les gens étendaient leurs vêtements sur le chemin.
37 Il approchait déjà de la descente du mont des Oliviers lorsque toute la multitude des disciples, tout joyeux, se mirent à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus. 
38 Ils disaient :
Béni soit celui qui vient,
le roi, au nom du Seigneur !
Paix dans le ciel
et gloire dans les lieux très hauts !
39 Quelques pharisiens, du milieu de la foule, lui dirent : Maître, rabroue tes disciples ! 40 Il répondit : Je vous le dis, si eux se taisent, ce sont les pierres qui crieront !
Jésus pleure sur Jérusalem
41 Quand, approchant, il vit la ville, il pleura sur elle 42 en disant : Si toi aussi tu avais su, en ce jour, comment trouver la paix ! Mais maintenant cela t’est caché. 43 Car des jours viendront sur toi où tes ennemis t’entoureront de palissades, t’encercleront et te presseront de toutes parts ; 44ils t’écraseront, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps de l’intervention divine.
rameeaux-william-hole-214x300 dans sermonNotre réflexion quotidienne sur l’état de la planète passe par des élans d’enthousiasme et des moments de doute au sujet de l’action de Dieu dans le monde des humains. C’est cette atmosphère aujourd’hui que nous restitue l’Evangile de Luc en abordant le récit des Rameaux. Nous y croisons des gens pleins d’enthousiasme qui  se dépouillent de leurs vêtements qu’ils jettent sur un ânon et qui nous  invitent à participer  à leur  jubilation. Dans le même temps nous croisons les regards de Jésus dont les pleurs coulent sur les joues alors qu’il envisage un avenir sombre pour Jérusalem. Le Seigneur pleure sur la ville en voie de perdition dont il annonce  la fin catastrophique alors que les gens qui l’entourent manifestent leur bonheur d’entrer dans une ère de paix. L’Evangéliste nous fait passer sans transition de l’enthousiasme au désespoir,  et du désespoir à  la résilience.

La plume de Marc en multipliant les contrastes campe assez bien ce qui se vit dans la pensée de nos contemporains  qui cherchent les signes de la présence de Dieu dans les discordances de notre temps. Jésus vient vers eux en  promoteur d’une ère de paix comme le nouveau roi tant attendu, mais il annonce  en même temps que la ville sainte où il fait son entrée est promise à la destruction et ne se relèvera pas de ses plaies. La promesse de paix annoncée ne se réalisera que si les hommes, à l’inverse des gens de Jérusalem accueillent correctement leur Dieu qui les visite.

Car Dieu, à n’en pas douter visite les hommes, et ceux-ci  ne savent pas vraiment accueillir leur divin visiteur. Leur intérêt les pousse dans une autre direction. Ils accordent leur attention à ceux qui savent les séduire. Ce sont le plus souvent, les hommes de pouvoir qui les attirent et les fascinent. On les croit dépositaires de capacités, d’intuition, de sciences et de compétences qui sont seules porteuses de vérités pour l’avenir du monde. Les habitants de Jérusalem ont toujours cru qu’ils bénéficiaient des faveurs de Dieu.  L’auteur de l’Evangile se remémore-t-il, au moment où il écrit, l’histoire toute proche de la chute de Jérusalem à laquelle il fit peut être allusion dans son récit  ou  rapporte-t-il une intuition prophétique de Jésus  concernant la ville ? Nous n’entrerons pas ici dans le débat.

Quand les armées romaines défièrent les forces juives qui s’opposaient à elles, elles  eurent affaire à une résistance farouche. Les juifs se croyaient protégés par leur bon droit et les faveurs de Dieu. Leurs premières victoires les confortèrent dans cette impression. L’histoire a démontré le contraire et c’est la pire des catastrophes qui s’en suivit. Ce fut l’anéantissement total. Nul n’avait compris de quelle manière  il fallait accueillir Dieu pour avoir la force de faire face.

Mais la force que donne le Seigneur ne s’appuie pas sur la force des armes, ni sur la sagesse humaine, ni sur le bon droit, ni sur la légitimité dont Dieu serait le garant. Quand Dieu nous visite, ce n’est pas en tant que chef tout puissant des armées célestes. La vérité sur Dieu relève d’une autre dimension.

C’est l’attitude de Jésus lors de son entrée à Jérusalem qui nous éclaire. Il s’avance sans arme, un petit âne dérisoire  pour monture, sous les acclamations  de quelques amis dont les louanges s’adressent à un roi dont le pouvoir est céleste et non pas temporel. Il se livre à un simulacre de conquête  de la ville sainte que nous jugeons, il faut bien le dire, comme dérisoires et sans avenir.

La présence de L’ânon contribue à rendre la situation irréaliste. Les autres évangiles  ont senti la difficulté de rendre les choses vraisemblables à partir d’une telle monture. Ils se sont appuyés sur les prophéties Habacuc qui fait allusion à une ânesse et son ânon pour raconter un tel événement. Ils  juchent alors  Jésus sur l’ânesse. Les choses apparaissent ainsi plus raisonnables, mais à la différence des autres évangiles Luc veut insister sur le dérisoire de la situation.

Mais il n’y a pas que l’ânon qui soit dérisoire, à y réfléchir un peu, l’Evangile aussi  n’est  pas très crédible pour les masses auxquelles il s’adressait.  Quand Jésus nous demande de partager notre nécessaire avec celui qui n’a plus rien est-ce vraisemblable ? Quand il nous propose d’aimer nos ennemis, et  de prier pour ceux qui nous persécutent, cela rallie-t-il vraiment notre adhésion ?  Quand il propose l’ânon comme monture il reste dans l’irrationnel.
ane-2-300x283
Mais c’est de cet ânon-là, que Jésus a besoin, c’est  avec cette  monture inutilisable qu’il prétend affirmer son autorité. Jésus montre ainsi de quelle nature sont ceux dont il a besoin pour affirmer son règne de paix. Il a besoin de ceux qui apparemment n’ont pas d’autorité ni de compétence pour le faire. Il ne réclame pas pour autant des débiles et des demeurés, des gens son intelligence, incapables de se frayer un chemin dans le monde. Il a seulement besoin de ceux qui croient à la vérité de ses promesses et à sa volonté de changer le monde en profondeur.  Il cherche des gens capables de lui faire confiance et qui espèrent en autre chose que dans la force et l’esprit de domination pour faire triompher le bon droit. L’autorité dont Dieu a besoin quand il nous visite est donc ailleurs que là où les hommes l’espèrent
.

Mieux , Luc, le narrateur va en rajouter une couche. Il insiste sur le fait que les gens qui accompagnent Jésus se dépouillent eux-mêmes de leurs vêtements pour que Jésus s’asseye dessus ou pour que le petit âne les piétine. Il signifie ainsi que ceux qui veulent participer à la royauté de Jésus doivent eux-aussi se dépouiller de tout ce qui leur appartient et qu’ils ne doivent faire confiance qu’à la foi que Jésus a déposée en eux. Si Luc ne mentionne pas les palmes que les gens agitent dans  les  autres évangiles, c’est que les palmes servent à honorer celui pour qui on les agite, Jésus ne réclame  pas cet honneur,  il ne demande que le don de soi.

Voila un royaume bien difficile à construire, et il semblerait bien que Jésus nous invite à le suivre dans une perspective d’échec. Il en est conscient, la morosité s’empare de son propos car la route qui mène à la paix semble encore barrée par l’incompréhension des hommes. Elle passe certainement par la mort du Seigneur sur la croix. Personne n’en doute, mais elle passe aussi par l’anéantissement de toute velléité à vouloir construire le Royaume de Dieu avec desane1-198x300 valeurs humaines. Il récuse  la prétention  des hommes à vouloir faire avancer les choses par leurs propres forces et leur propre génie.

Faut-il alors renoncer à une telle entreprise ? Loin de là, mais elle ne peut aboutir que  si elle s’appuie sur le petit nombre de gens assez utopiques pour croire que Dieu n’ a pas  besoin  de leurs compétences humaines pour construire ce Royaume que Jésus propose. Cependant Dieu n’envisage pas de faire aboutir son projet tout seul. Il a besoin de tous ceux  qui se mettent en capacité de recevoir le souffle de l’esprit et qui offrent leurs disponibilités et  la modestie de leurs moyens pour entraîner le monde à leur suite dans une ère nouvelle.

Dieu a l’audace de croire que ce petit nombre est suffisant pour que les choses changent. L’Eglise qui reçoit ce message dans la confiance est appelée à quitter ses ambitions de  régenter le monde en lui imposant sa théologie et sa morale. Elle s’ouvrira alors à la sérénité que lui offre sa confiance retrouvée dans une marche joyeuse vers un monde nouveau. Dans la quête de Dieu que mènent beaucoup d’hommes aujourd’hui, c’est dans cette voie qu’ils trouveront sans doute le chemin du salut.
img118-300x135

Publié dans sermon | 1 Commentaire »

Jean 8:1-11 La femme adultère – dimanche 17 mars 2013

Posté par jeanbesset le 27 février 2013

Jean 8:1-11 La femme adultère - dimanche  17 mars 2013 dans sermon femme-11Jésus se rendit au mont des Oliviers. 2 Mais dès le matin, il retourna au temple, et tout le peuple vint à lui. S’étant assis, il les instruisait.
3 Alors les scribes et les pharisiens amènent une femme surprise en adultère, la placent au milieu 4et lui disent : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. 5 Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi, donc, que dis-tu ? 6 Ils disaient cela pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur la terre. 7 Comme ils continuaient à l’interroger, il se redressa et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre ! 8 De nouveau il se baissa et se mit à écrire sur la terre. 9 Quand ils entendirent cela, ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés. Et il resta seul avec la femme qui était là, au milieu. 10 Alors Jésus se redressa et lui dit : Eh bien, femme, où sont-ils passés ? Personne ne t’a donc condamnée ? 11Elle répondit : Personne, Seigneur. Jésus dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus.]

Assis dans la poussière regardant ses doigts qui tracent des signes dans le sable, Jésus écrit.  Nul ne sait ce qu’il écrit. Une femme  a été traînée devant lui par ses accusateurs  qui la prétendent   adultère et complotent sa mort. Fixant ses mains qui tracent des lettres, il détourne son regard de celui des scribes et des pharisiens qui en accusant la femme se drapent pieusement dans les articles d’une loi qu’ils ont rendue mensongère. Dieu lui-même est ici bafoué par l’hypocrisie de ceux qui se réclament de lui comme le Dieu de leurs pères. Jésus quant à lui, n’est-il pas en train d’écrire  une page de l’Evangilefemme-2 adultère dans sermon ? Nous essayerons de répondre à la question, mais le défit est quasiment impossible.

.

Jésus est accroupi sur le sol, au même niveau que cette femme jetée devant lui. C’est un piège  tendu contre lui pour l’accuser lui aussi à son tour. Il écrit de son doigt sur le sol et fixe d’un regard impénétrable les signes qu’il est en train de tracer. Tous deux, l’un face à l’autre font figure d’accusés. La première pour avoir soi-disant transgressé la loi à cause d’un adultère supposé, lui à cause des paroles qu’il n’a pas encore prononcées mais qui ne manqueront pas de  se retourner contre lui quand il les prononcera. C’est pourquoi il se tait.

La femme est au milieu, est-il dit ? Elle est au milieu de cet espace qui la sépare de ses accusateurs  qui se sont constitués en tribunal improvisé et de Jésus qui ne dit toujours rien. Quel rôle va-t-il jouer, celui du juge ou de l’avocat ? Les accusateurs qui aimeraient  le prendre en défaut lui confient pourtant le rôle  de juge suprême puisqu’ils lui proposent d’avoir un avis différent de celui de Moïse dont seule la loi fait autorité. Le piège s’est ainsi refermé car il est impensable de dire autrement  que Moïse.

Mais la loi de Moïse, parlons-en. Ici tout est biaisé. La Loi ne dit pas exactement ce qu’ils lui font dire. La Loi dit que l’homme et la femme pris en état d’adultère doivent être tués tous les deux. Mais l’homme où est-il ? S’il n’y a pas d’homme, il n’y a pas de flagrant délit. Il n’y a pas de plaignant non plus. Ce devrait être le rôle du mari. Il n’y a pas de mari. Ce faux procès n’a dont pas de raison d’être. Pas de délit caractérisé, pas d’accusateur. Jésus a donc assez d’éléments ici pour jouer le rôle de l’avocat qu’il ne joue pas. Il ne tombe pas dans le piège qui consisterait à entrer dans un débat rabbinique. Il tournerait  sans nul doute à son avantage, il noierait le poisson et sauverait la femme, sans la réhabiliter car elle serait acquittée par défaut. Jésus vise ailleurs, il vise  un enjeu théologique qui concerne le péché. Le péché en général et non pas le péché dont il est question ici. Dans ce cas-là, nous sommes tous concernés. Jésus continue à écrire sur le sol.
.
Jadis, Dieu lui-même n’avait-il pas écrit sur  les Tables de la Loi  avec son  doigt ? Jésus ne faisait-il pas de-même ? N’était-il pas en train d’écrire une nouvelle loi ou une interprétation de cette Loi ? Les Tables de la Loi avaient été brisées par Moïse qui les avait jetées à terre  cause du  péché de son peuple. Jésus écrivant à terre ne  reprend-il pas la Loi  à l’endroit-même  où elle avait été détruite ?  Le texte écrit, par Jésus aura pourtant le même sort.  Il sera effacé d’un coup de vent et les pas des hommes qui le fouleront  le rendront illisible. Jadis, une deuxième édition des tables avait été réalisée et enfermée dans l’arche sainte, mais elle n’avait pas la perfection de la première. Elle était appelée à une nouvelle écriture quand les hommes seraient capables de la comprendre. Ce temps était-il arrivé ? Quant au texte écrit par Jésus, sur lequel il s’est penché par deux fois, nul ne pourra jamais le lire à terre, mais ne  se trouvera-t-il  pas gravé dans notre cœur au lendemain de la résurrection ?

La femme est donc placée au milieu du cercle par ses accusateurs face à Jésus. Elle n’est même plus une femme, elle est l’incarnation du péché qu’elle est sensée avoir commis, elle est le péché. Elle a perdu tout ce qu’elle avait d’humain, elle reste l’enjeu d’un débat subtil dans lequel Jésus n’est pas encore intervenu. Elle ne risque même pas la mort car à l’époque on appliquait plus la Loi dans toute sa rigueur. Elle risque le déshonneur et l’infamie.

.

Si Jésus ne lui parle pas, s’il ne plaide pas en sa faveur, c’est qu’il ne veut pas entrer  dans un jeu pervers et morbide qui consisterait à vouloir la défendre, comme si malgré tout elle était coupable. Il lui fait la grâce de ne pas intervenir pour ne pas l’enfermer dans un péché qu’elle n’a peut-être pas commis. Il ne veut en rien entrer dans cette controverse que soutiennent les pharisiens selon laquelle la Loi  divine envoyait les coupables à la mort, comme si Dieu lui-même voulait leur  mort.

Puisqu’il est fait ici état du péché,  que ce soit le péché d’adultère dont cette femme est accusée, ou toute autre forme de péché, c’est sur ce terrain-là que Jésus ramène le propos. Jésus alors se redresse et sans doute les regarde bien en face car tous sont concernés.  Puisque selon leur interprétation de la Loi, le péché mène à la mort et qu’il n’y a aucune place pour le pardon et la vie, il faut donc que la mort soit donnée par une main sans péché.femmeadultere.poussin-2 Femme

Si tous ont péché, ils portent en eux leur propre mort. Il faut donc que celui qui n’a pas de mort en lui décide de la mort des autres. Ces deux choses sont incompatibles car il est impossible d’être impliqué dans la vie  et de porter en même temps la mort. Tel est Dieu. Il est vie, il est pourvoyeur de vie, il n’y a pas de trace de mort en lui, comment pourrai-il la donner ?
Tel est l’enseignement de Jésus sur Dieu. Pour lui, la Loi de Dieu ne peut pas conduire à la mort. Si elle révèle les fautes et toutes les formes que peut prendre le  péché, elle porte  aussi en elle les possibilités de repentance et de pardon qui mènent à la vie. C’est ce que nous révèlera l’apôtre Paul quand il montrera que Jésus, par son enseignement et son action dépasse toujours la mort pour offrir à tous une possibilité de vie.

Tous, se sentant  accusés par eux-mêmes, car tous étaient porteurs de péchés,  s’en vont l’un après l’autre en commençant par les plus vieux. Cet événement est rapporté de telle sorte que le lecteur qui a un peu de culture biblique, et c’est le cas des scribes et des pharisiens, se souvient du récit de Suzanne et des vieillards, dans l’apocryphe du prophète  Daniel.

L’histoire est sensée se passer pendant ou après l’exil à Babylone. Suzanne épouse d’un riche dignitaire de la communauté juive  fut surprise par  2  vieillards lubriques, qui étaient juges pour la communauté juive. Ils tentèrent  en vain de la séduire. Outragés par son refus ils la trainèrent devant le tribunal l’accusant d’avoir commis un adultère avec un beau jeune homme qui se serait sauvé à leur approche. Au moment où le tribunal allait la condamner à mort, Daniel intervint. Il demanda que l’on interroge séparément les deux vieillards sur l’emplacement exact  du lieu du délit. Naturellement ils se contredirent, Suzanne fut sauvée et les deux vieillards exécutés.

Sans doute les accusateurs de la femme instruits par cette histoire se retirèrent pour ne pas tomber dans le piège que Jésus avait retourné contre eux. Jésus alors s’adressa à la femme en l’appelant « femme », comme il l’avait fait pour sa propre mère dans l’événement de Cana. La femme ainsi réhabilitée par Jésus est promise à une nouvelle forme de vie où le péché n’entraînera plus la mort et   où Dieu sera porteur de vie pour tous les coupables qui se tourneront vers lui.

Quand Jésus lui dit de ne plus pécher, ce n’est pas de l’adultère dont il parle, car le procès n’ayant pas eu lieu on ne sait pas si l’accusation pouvait tenir encore, il la met en garde contre toute forme de péché. Il conduit à la mort quand il est géré par les hommes, mais il s’ouvre toujours à la vie quand on le confie à Dieu. Tout regard que l’on porte vers Dieu porte en lui un signe de repentance qui s’accompagne toujours d’une forme de pardon,  si bien que  tout péché, quel qu’il soit,  appelle le pardon de Dieu qui est l’expression de son amour pour tous les hommes  et  les conduit vers la vie. 

Une dernière question reste cependant sans réponse. Il s’agit de savoir ce que Jésus avait écrit. L’affaire est classée,  les gens sont passés et ont effacé les mots écrits, mais on peut dire à coup sûr  que ces mots sont  maintenant écrits dans notre cœur comme une nouvelle Loi issue de l’amour de Dieu.  Ce texte écrit  par Jésus devait  porter  l’empreinte du mot  «  vie », car le Dieu qui sauve dans la Bible n’est-il est pas appelé « le vivant », celui qui donne la vie ?

Publié dans sermon | Pas de Commentaire »

Luc 15:11-32 – la parabole du fils perdu et retrouvé – dimanche 10 mars 2013

Posté par jeanbesset le 15 février 2013

Luc 15:11-32 - la parabole du fils perdu et retrouvé - dimanche 10 mars 2013 dans sermon bortole-esteban-2-184x300.

Luc 15 :11-32:  La parabole du fils perdu et retrouvé Dimanche  10 mars 2013

 11 Il dit encore : Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune dit à son père : « Père, donne-moi la part de fortune qui doit me revenir. » Le père partagea son bien entre eux. 13 Peu de jours après, le plus jeune fils convertit en argent tout ce qu’il avait et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en vivant dans la débauche. 14 Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à manquer de tout. 15 Il se mit au service d’un des citoyens de ce pays, qui l’envoya dans ses champs pour y faire paître les cochons. 16 Il aurait bien désiré se rassasier des caroubes que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait. 17 Rentré en lui-même, il se dit : « Combien d’employés, chez mon père, ont du pain de reste, alors que moi, ici, je meurs de faim ? 18 Je vais partir, j’irai chez mon père et je lui dirai : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi ; 19 je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes employés.”  » 20 Il partit pour rentrer chez son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa.21 Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. » 22 Mais le père dit à ses esclaves : « Apportez vite la plus belle robe et mettez-la-lui ; mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. 23 Amenez le veau engraissé et abattez-le. Mangeons, faisons la fête, 24 car mon fils que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! » Et ils commencèrent à faire la fête.

25 Or le fils aîné était aux champs. Lorsqu’il revint et s’approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses. 26 Il appela un des serviteurs pour lui demander ce qui se passait. 27Ce dernier lui dit : « Ton frère est de retour, et parce qu’il lui a été rendu en bonne santé, ton père a abattu le veau engraissé. » 28 Mais il se mit en colère ; il ne voulait pas entrer. Son père sortit le supplier. 29 Alors il répondit à son père : « Il y a tant d’années que je travaille pour toi comme un esclave, jamais je n’ai désobéi à tes commandements, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis ! 30 Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a dévoré ton bien avec des prostituées, pour lui tu as abattu le veau engraissé ! » 31 Le père lui dit : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ; 32 mais il fallait bien faire la fête et se réjouir, car ton frère que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! »  

 bartolome_esteban_murillo._le_retour_du_fils_prodigue._1670-74._the_national_gallery_of_art_washington_usa._jpeg-2-300x270 dans sermon

Est-il possible de reconnaître Dieu dans l’image de ce Père dont la bonté cache son incapacité à gérer ses fils dont le mauvais comportement nous apparaît être le résultat d’une éducation déficiente. On ne peut pas dire que l’amour dont il les a aimés soit partagé  puisque le fils cadet va conserver de lui l’image d’un père faible que l’on peut manipuler. Le fils ainé, quant à lui a retenu de son père l’image d’un homme qui veut tout contrôler et qui ne laisse aucune liberté à son enfant c’est pourquoi il  n’ose pas s’assumer de peur de l’offenser.

En fait, le principe éducatif de ce père semble être simpliste et fonctionne de la même façon pour ses deux fils. Il considère que tant que ses fils résident sous son toit, c’est lui qui décide de tout car lui seul sait ce qui est bon pour eux. C’est ainsi qu’il prétend les aimer. Si ses enfants décident de le quitter, il ne s’y oppose pas et il leur donne les moyens  de subsister sans lui. C’est ce qui se passe pour le fils cadet. Il sait cependant qu’il reviendra car il est trop dépendant de lui.

 .

Ne voit-on pas dans ce portrait l’esquisse de l’image de Dieu que diffusent nos églises. Dieu y est présenté comme  celui qui sait ce qui est bon pour chacun et il agit pour le bonheur de tous. Si on prend la liberté d’aller voir ailleurs, cette éventualité a été prévue. La liturgie du baptême des enfants ne dit-elle pas que « si un jour il venait à s’écarter de l’église, sa place y restera toujours marquée. »

Le fils cadet est à peine parti que son Père se met à attendre son retour, comme il est dit de  celui qui se sépare de l’église, tant il est vrai qu’on ne peut pas être mieux que dans la maison du Père. Cette attitude aimante de Dieu qui n’intervient pas et qui patiemment attend le retour du prodigue nous convient bien, et on l’a souvent enseignée mais est-elle la bonne ?  Les deux fils ont-ils eu la liberté de faire d’autre choix que celui qu’ils ont fait ? Le deuxième qui part, a-t-il la liberté de ne pas revenir, et celui qui reste a-t-il la liberté de faire autre chose que de rester ?

bartolome_esteban_murillo._the_prodigal_son_receiving_his_portion_of_inheritance._1660s._oil_on_canvas._national_gallery_of_ireland_dublin_ireland.jpeg4-300x232Face au Père qui écrase ses fils par sa bonté possessive, les fils ont fait des choix différents qui en fait sont les mêmes. Le cadet  trop à l’étroit dans cette demeure où l’amour trop pesant l’étouffe n’a qu’une idée, celle de partir, de fuguer, d’accomplir  son Œdipe, mais il n’en a pas les moyens. Comment peut-il jouir d’une liberté si facilement  acquise, alors qu’on ne lui en a pas donné les moyens. On ne lui a rien appris à faire, il n’a aucun talent à développer. Il ne sait rien faire et il a beaucoup trop d’argent à sa disposition. Ce qui devait arriver arriva. L’échec était prévu,  car le Père ne lui a pas donné les moyens de vraiment tenter sa chance. Sans formation et avec trop d’argent il ne pouvait faire autre chose que ce qu’il a fait et il a couru à sa  perte.

L’autre fils n’a pas le même caractère, il ne va pas faire les mêmes choix, mais comme  pour son frère il court à sa perte car il n’a aucun moyen de s’émanciper et de donner un autre sens à sa vie que celui prévu par le Père. Il a retenu de son éducation que son Père savait mieux que personne ce qu’il fallait faire et qu’il avait déjà les réponses aux questions qu’il pourrait se poser. Il lui est impossible  de s’écarter cette ligne de conduite.

L’un et l’autre montrent par leurs réactions qu’ils n’étaient pas heureux avec ce père trop sûr de lui pour faire le bonheur de ses enfants.

Vouloir reconnaître Dieu dans l’image stéréotypée  de ce vieux monsieur veuf qui  n’a qu’une seule peur, celle de perdre ses enfants  et qui finalement les perd  est impossible. Ce n’est en tout cas pas la bonne méthode pour aborder la parabole, car le Dieu que Jésus a voulu nous présenter comme son père n’est pas figé dans un personnage passif. Le père souhaité par Jésus aurait accompagné son fils  cadet dans ses errances lointaines, comme il le fit pour   Abraham, Jonas ou Paul de Tarse au lieu de lui donner tout cet d’argent dont il ne pouvait  faire qu’un mauvais usage.

Il serait allé  depuis longtemps au-devant de son fils ainé en pleine déprime pour lui apprendre à surmonter ses frustrations. Il l’aurait même poussé dehors pour surmonter ses complexes et devenir responsable.  Le Dieu de Jésus Christ ne  décide pas  de ce qui est bon pour chacun de nous, mais il ouvre les portes, il accompagne, il se met en mouvement, il ouvre des perspectives de vie chargées d’espérance  et il court  l’aventure avec nous car il ne nous donne pas tout, mais il nous aide à acquérir ce dont nous avons besoin.

Au risque de choquer ceux qui comprennent cette parabole comme  l’histoire du Père admirable font l’erreur de penser que l’image de  ce père correspond à celle de Dieu telle que Jésus nous la propose. En fait le Père lui-même va  changer à mesure que l’histoire se déroule.  C’est au moment où le Père qui attend son cadet  et  va vers lui,  qu’il se met à ressembler bartolome_esteban_murillo._the_departure_of_the_prodigal_son._1660s._national_gallery_dublin_ireland.jpeg-300x230vraiment  Dieu. Il renonce à sa dignité, il sort de sa réserve et se met à courir, même s’il en perd ses babouches. Il ne tergiverse plus pour savoir ce qu’il doit faire pour l’accueillir, il laisse parler son cœur. Il n’écoute pas le repentir, il ne veut rien savoir de ses errances il est tout amour et il abandonne tout pour retrouver son fils. Tel est Dieu.

.

Occupé à aimer le fils cadet, il n’oublie pas l’ainé. Il sort de la maison et se comporte avec lui de la même façon qu’il l’a fait  pour le plus jeune. Il va à sa rencontre et se met à l’aimer comme il ne l’avait jamais fait auparavant. Il se penche sur sa souffrance  et tente  de l’ouvrir à l’avenir. Le Père d’avant ne courait pas à la rencontre de ses fils parce qu’il savait ce qui  était bien pour eux. Après les événements qui ont été racontés, il renonce à lui-même pour leur exprimer son amour au risque d’être mal reçu.

Avec ce changement d’attitude du Père s’opère en nous une autre vision de Dieu.  Nous sommes passés, sans nous en rendre compte, du Dieu d’Israël au Dieu de Jésus Christ.  Au  début du récit,  nous avons  reconnu le Dieu de Moïse qui savait la bonne route à suivre. On l’avait enfermé dans la Loi,  puis  on l’a enfermé dans le Temple et ses rites. Ce Dieu était celui dont la seule présence suffisait à combler ses adorateurs, croyait-on. C’est aussi celui que nous rencontrons le plus souvent dans nos églises. Mais à mesure que l’histoire se déroule et que le comportement du Père change, c’est le visage de Dieu qui se transforme. Il se met à ressembler  à celui  que Jésus appelle son Père et qu’il nous propose comme Père.

 Il sort de lui-même et  court le risque de s’adapter à nous  au point d’être rejeté  par certains. Comme le fils ainé figé sur le pas de la porte beaucoup  hésitent  à partager l’amour du Père pour son frère. C’est pourtant  en le  faisant qu’il montera qu’il a tout compris et c’est à agir comme  cela que Dieu  nous invite. Le fils ainé le fera-t-il ? Le ferons-nous ? C’est sur ce point précis que se pose la question de notre foi.

Le Dieu que nous découvrons à la fin de cette parabole est un Dieu qui vient vers les hommes qui leur prodigue son amour au point de les laisser libres de le refuser. Jadis le fils cadet avait cru que pour être libre, il fallait qu’il s’écarte de son Père, bartolome_esteban_murillo._the_return_of_the_prodigal_son._1660s._oil_on_canvas._national_gallery_of_ireland_dublin_ireland.jpeg-300x230maintenant à la porte du jardin le fils ainé ne pourra être libre que s’il entre avec le Père pour partager la vie de son frère. Ce n’est pas gagné, mais Dieu ne peut rien faire de plus  parce qu’il a tout donné.

Dieu lui aussi est sorti du carcan de la tradition où il était enfermé pour se jeter à corps perdu vers la nouvelle vie  que ses fils s’apprêtent à mener. Mais tout n’est pas gagné  à l’avance. Ils  n’ont pas encore fait le choix qui leur est proposé à savoir de s‘aimer assez pour  travailler  ensemble  dans l’exploitation du Père.  La vie est une aventure merveilleuse  et périlleuse tout à la fois que Dieu se propose de partager avec nous hors des sentiers battus de la facilité.

Les illustrations sont de Bortolomeo Esteban Murillo:  de haut en bas:  détail du retour du fils – retour du fils, partage des biens,départ du cadet, retour du cadet.( autre tableau )

 

 

 


img1142-300x117

 

 

Publié dans sermon | Pas de Commentaire »

Luc 2:40-52 : Jésus et les docteurs du Temple 30 décembre 2012

Posté par jeanbesset le 27 décembre 2012

 

40 OrLuc 2:40-52 : Jésus et les docteurs du Temple 30 décembre 2012 dans sermon docteur-8-300x276 l’enfant grandissait et devenait fort ; il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
41 Ses parents allaient chaque année à Jérusalem, pour la fête de la Pâque.

42 Lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent selon la coutume de la fête. 43 Puis, quand les jours furent achevés et qu’ils s’en retournèrent, l’enfant Jésus resta à Jérusalem, mais ses parents ne s’en aperçurent pas. 44 Pensant qu’il était avec leurs compagnons de voyage, ils firent une journée de chemin et le cherchèrent parmi les gens de leur parenté et leurs connaissances. 45 Mais ils ne le trouvèrent pas et retournèrent à Jérusalem en le cherchant.

46 Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des maîtres, les écoutant et les interrogeant. 47 Tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. 48 Quand ils le virent, ils furent ébahis ; sa mère lui dit : Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse ! 49 Il leur répondit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que j’ai à faire chez mon Père ? 50 Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
51 Puis il descendit avec eux à Nazareth ; il leur était soumis. Sa mère retenait toutes ces choses.
52 Et Jésus progressait en sagesse, en stature et en grâce auprès de Dieu et des humains.  docteurs-6-300x256 dans sermon

Nous ne savons rien de la jeunesse de Jésus si non qu’un jour au cours du pèlerinage traditionnel de la Pâques il s’est attardé dans les écoles rabbiniques  sous les portiques du temple et  qu’il a raté  le départ de la caravane. Erreur qui aurait  pu lui être  fatale car les routes sont dangereuses sur le chemin du retour pour un enfant seul, mais son père et sa mère veillaient.


Si nous faisons abstraction du fait que cette aventure est arrivée à Jésus et que nous imaginions qu’elle ait pu arriver à n’importe quel gamin qui ne serait pas Jésus, nous aurions certainement un autre regard sur l’événement. Au lieu de regarder la chose avec un a priori favorable, comme nous le faisons, puisqu’il concerne Jésus, nous le verrions sous un autre regard. Les parents d’un tel gamin se poseraient des tas de questions et chercheraient ce que cette attitude pourrait bien signifier :


docteur-71
Une fugue ? Un acte d’insoumission, un désir d’indépendance, une révolte contre son père et  sa mère ou pire une forme de délire mystique poussé à son paroxysme qui rendrait les parents encore plus inquiets. Mais puisqu’il s’agit de Jésus, tout va bien!

Je retiendrais pour ma part une première leçon de ce texte : Jésus a manqué le départ de la caravane qui devait le ramener  à son village, le lieu où il vit normalement entre son père et sa mère, où il apprend un métier et où plus tard il sera un artisan respecté et à n’en pas douter un notable. En manquant le départ, c’est à tout cela qu’il semble tourner le dos. Le chemin  qu’il doit suivre pour accomplir sa propre vie ne semble pas être celui qui paraît  évident  pour les autres. Il  le rate volontairement car les affaires de son Père le retiennent ailleurs dit-il. Il faut entendre par là que le service de Dieu prend priorité dans sa vie par rapport à l’ordre social normalement établi.

Je ne peux cependant m’empêcher de partager l’inquiétude de ses parents et de tous les parents qui n’ont qu’un souci: celui que leur enfant prenne le bon départ, qu’il parte d’un bon pied dans la vie, et qu’il suive la caravane de son existence qui devrait l’amener sans encombre à sa vie d’adulte. C’est sans nul  doute  ce raisonnement  que nous faisons tous pour nos enfants. Quant à Jésus, il ne veut pas entrer dans l’ordre établi. Ce n’est certainement pas le système éducatif de son temps qu’il conteste mais c’est la vision de ses parents concernant l’avenir. Quel avenir pour leur enfant et pour eux? Et à cette question  que ne manquent pas de se poser les parents de Jésus fait écho la même question que nous docteus-11t pour nous-mêmes. Quels souhaits formuler en cette aube de 2013?

C’est cette question qui va alimenter notre méditation, et nous allons garder cet épisode de la vie de Jésus comme support à  notre réflexion. Nous entrons dans une nouvelle année avec une quantité de questionnements sur l’avenir,  sur l’humanité en danger qui subit les fantaisies d’une planète qui se réchauffe, sur nous-mêmes et sur nos enfants, sur l’Eglise également dont nous ne cernons plus très clairement les contours.  Nous nous demandons, nous les chrétiens fidèles, s’il peut-il y avoir un avenir sans l’Eglise, sans les Eglises, sans l’Eglise unie, sans nos pasteurs, sans nos fidèles. Nous nous inquiétons  à cause de  ces courants religieux nouveaux qui reprennent des mythes anciens et qui  nous bousculent  par leur dynamisme.  Ont-ils une part de vérité?

Nous osons à peine formuler ces questions aujourd’hui, car nous ne leur trouvons aucune réponse logique.  Le monde nous déroute et nos enfants aussi. Leurs comportements mais surtout leurs pensées et leurs projets nous donnent à redouter qu’ils aient raté le départ de la caravane dans laquelle nous étions engagés avec eux. Les parents de Jésus ont du quitter la caravane pour venir rejoindre leur fils. Nous aurions tous fait la même démarche !  Mari

Marie et Joseph quittent leurs compagnons de route et retournent seuls, par des chemins dangereux à la recherche du gamin et le retrouvent. Même s’ils ne comprennent pas  ce qui s’est passé, ils osent croire cependant que ce n’est pas si grave. Dieu les a conduits  à travers les dangers  et ils ont retrouvé le chemin de leur maison. Ils ont compris que  leurs fils a choisi d’autres voies que celles qu’ils avaient prévues.

Dans ce passage en compagnie de Jésus nous avons rejoint la modernité de ce temps et le quotidien de beaucoup d’entre nous. Nous nous inquiétons ce matin sur le devenir de nos enfants et sur l’avenir du monde et nous nous interrogeons sur  la pertinence de nos comportements. Nous découvrons  que les sécurités que le monde moderne nous propose ne sont pas forcément porteuses d’avenir. Les constructions humaines ne sont pas porteuses de ce que sera demain. On continue à dire  aujourd’hui que nous construisons la société de demain, mais ce qu’on ne nous dit pas, c’est quelles sont les valeurs  déterminantes  d’aujourd’hui qui décideront  d’une société vivable pour les générations futures. Il est notoire  que les urbanistes et les sociologues d’hier n’ont pas su prévoir ce qui nous menace aujourd’hui. Ils  n’ont pas su corriger ce qui nous mettrait en péril.  On a négligé, dans le système qui prévaut aujourd’hui, que  c’est l’intérêt du prochain qui doit avoir priorité sur tout.

Puisque les hommes n’ont pas su gérer les choses, il n’est pas inconvenant de  s’interroger pour savoir si Dieu n’a pas quelque chose à nous dire, c’est pourquoi nous rejoignons Jésus au temple pour considérer ce qui se passe avec les vénérables maîtres de la Loi sous le portique de Salomon.

Nous découvrons que c’est Jésus qui mène le jeu des questions et des réponses et que ce sont eux qui sont étonnés.  Il me semble que par sa manière de les interroger ou de leur  répondre, Jésus les amène à découvrir que leur science biblique et théologique ne contient pas toutes les réponses et toutes les questions que Dieu pourtant avait révélées de longue date. La  pratique de la religion  et le respect de la loi elle-même  doivent céder le pas et laisser la priorité   au souci du prochain. Ce sera le fondement de l’enseignement que Jésus développera  quand il deviendra adulte. C’est pourtant  ce qui a largement été  oublié dans la construction du monde actuel.
docteurs-5
Ce qui fascine les maîtres de la Loi, c’est l’intelligence avec laquelle Jésus répond à leurs questions. L’intelligence dans l’Ecriture n’est pas seulement d’ordre intellectuel, elle est aussi d’ordre spirituel. Il s’agit de l’action conjuguée de notre capacité à réfléchir et de l’Esprit de Dieu qui travaille en nous. Jésus ne nous enseigne pas à chercher des réponses toutes faites ou prédéterminées par Dieu, car Dieu nous laisse la liberté de construire le monde de demain. Il nous a donné une  seule feuille  de route que les hommes  connaissent  fort bien et qu’ils négligent beaucoup, c’est le respect que l’on doit au plus faible. C’est en le mettant en pratique que le monde évoluera heureusement.

Bien qu’il soit de notre responsabilité de  construire l’avenir,  cela  ne peut se faire sans Dieu, car c’est lui qui nous donne l’intelligence des choses et le discernement. Dieu agit en nous pour nous aider à formuler des réponses toujours nouvelles à nos questionnements. Dieu nous inspire pour que le monde évolue dans le sens de l’intérêt de tous et  il nous résiste,  sans nous contraindre si nos pas ne vont pas dans le bon sens.

Jésus , déjà tout plein de la connaissance que Dieu a mis en lui, quitte la caravane du conformisme social. Il enseigne sans doute les vénérables maîtres à le faire aussi. Ils s’émerveillent, mais ils ne vont pas changer. Semblable aux sages d’Israël, le monde d’aujourd’hui connaît les impératifs que lui impose l’avenir, mais il ne veut changer ni son confort, ni ses avantages ni ses privilèges !

Ceux qui jadis ont construit le monde d’aujourd’hui ont fait l’économie de Dieu, et nous en voyons les effets. Nous qui sommes  les constructeurs du monde de demain, nous sommes invités à le construire avec intelligence, c’est à dire en sachant que Dieudocteurs-42 nous fait l’honneur  de nous laisser l’inventer. Les projets de demain ne sont pas cachés dans les pages de la Bible ou de quelque Livre sacré, les projets de demain seront porteurs de l’avenir dans la mesure où avec intelligence nous discernerons dans quel sens le souffle de l’esprit nous emporte.


Il est donc opportun de ne pas se sentir obligé de suivre la caravane de l’ordre établi. Il nous faut  formuler  autrement les règles de notre évolution en y introduisant des  valeurs nouvelles qui seront faites d’amour et d’espérance. Le monde de demain n’a d’avenir qu’avec Dieu et Dieu ne travaille qu’avec les hommes de bonne volonté. Que celui qui a de l’intelligence essaye de comprendre !

 

Illustrations  : Albrecht Dürer 1506

Publié dans sermon | Pas de Commentaire »

Luc 2:1-14 la naissance de Jésus – mardi 25 décembre 2012

Posté par jeanbesset le 12 décembre 2012

.

Luc 2:1-14 la naissance de Jésus - mardi 25 décembre 2012 dans sermon santons-101 En ces jours-là parut un décret de César Auguste, en vue du recensement de toute la terre habitée. 2 Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. 3 Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville. 4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David appelée Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, 5 afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.
6 Pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait accoucher arriva, 7et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l’emmaillota et l’installa dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle.
.
8 Il y avait, dans cette même région, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. 9 L’ange du Seigneur survint devant eux, et la gloire du Seigneur se mit à briller tout autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande crainte. 10 Mais l’ange leur dit : N’ayez pas peur, car je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie qui sera pour tout le peuple : 11 aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. 12 Et ceci sera pour vous un signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. 13 Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, qui louait Dieu et disait :
14 Gloire à Dieu dans les lieux très hauts,et, sur la terre, paix parmi les humains en qui il prend plaisir !
15 Lorsque les anges se furent éloignés d’eux vers le ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : Allons donc jusqu’à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. 16 Ils s’y rendirent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph, et le nouveau-né couché dans la mangeoire. 17 Après l’avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. 18 Tous ceux qui les entendirent s’étonnèrent de ce que disaient les bergers. 19 Marie retenait toutes ces choses et y réfléchissait. 20 Quant aux bergers, ils s’en retournèrent en glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, conformément à ce qui leur avait été dit.
.                             santons-9-300x212 dans sermon

Qui peut encore rendre compte aujourd’hui de Noël ? Tout a déjà été dit ou tout a été écrit. On y trouve des affirmations sur Dieu et sur les hommes ainsi que leur contraire et toutes prennent une allure de vérité. Un déferlement d’excès de toutes sortes célèbre la naissance d’un enfant divin. On fait la fête pour se donner l’illusion qu’il n’y a plus de pauvreté pourtant la pauvreté est érigée en vertu par le contexte même de l’événement.

Dieu est venu  sauver l’humanité dit-on et l’humanité célèbre l’événement dans le dérèglement général sans se soucier de Dieu. Chacun  de redire à sa manière les  récits traditionnels de Noël où s’entremêlent en un écheveau inextricable vérités historiques et légendes. C’est  aussi  le récit de la lutte sans merci entre deux personnages contradictoires qui cherchent à prendre l’ascendant l’un sur l’autre.  Jésus et le Père Noël y sont mis en rivalité.  Leurs personnages s’opposent complètement. Le  vieillard rondouillard et rubicond confortablement emmitouflé dans une houppelande  doublée de fourrure a les faveurs des enfants.  Il s’oppose au bébé grelottant, réchauffé par le souffle d’un bourricot et d’un bœuf venus là, on ne sait comment. Il a les faveurs des adultes et des croyants qui plaident son historicité contre l’origine légendaire du premier. Mais le combat de l’un contre l’autre est loin d’être gagné, d’autant plus qu’ils ne se rencontrent jamais. Pas de Père Noël dans la crèche, pas d’enfant Jésus dans la hotte !  Ce sont leurs partisans qui mènent la lutte. On les oppose en parlant  de Noël païen pour le premier et de Noël chrétien pour le second.  Pourtant, dans l’esprit de la plupart, ils  cohabitent au grand damne de la vérité.
.
La vérité sur Noël est certainement ailleurs ! Mais pour en savoir plus il va falloir changer le regard que nous portons sur l’événement. La plupart du temps nous nous contentons d’être de simples témoins. Nous regardons cela comme si nous  étions situés à l’extérieur de ce qui se passe.  Nous laissons notre conception des choses évoluer  suivant  l’humeur du jour ou  suivant nos dernières lectures sur le  sujet.
.
Noël, c’est la fête des enfants dit-on ! Pourquoi pas ?  On dit aussi, en   déplorant les excès  que c’est une fête populaire, et que c’est une bonne chose de se réjouir au sujet de Dieu, même si on ne sait pas qui est Dieu ! On déplore cependant que Noël ne soit plus une fête chrétienne, ce qu’elle n’a jamais été puisque, nous le savons, elle correspond à la fête du solstice d’hiver qui a été christianisé après coup. Ce n’est pas tout à fait vrai rajoutent les autres, ce serait la fête de l’Epiphanie dont on n’a changé la date. Tous ont  raison, même les psychologues qui prétendent qu’il ne faut pas fausser  l’esprit des enfants en les laissant croire  au Père Noël.santon-6-280x300
 .
D’autres au contraire trouvent très sain de laisser l’imaginaire des petits gamberger. Je ne vous apprends rien, toutes ces opinons sont très honorables, toutes sont défendables, mais aucune ne se situe au bon niveau, parce qu’elles procèdent toutes du fait que nous regardons l’événement de l’extérieur. Du moment que  nous avons une opinion arrêtée,  peu nous chaut du reste.

Et pourtant ce matin je vais me hasarder à défendre une autre manière de voir les choses. Bien naturellement j’aurais la fausse modestie de croire qu’elle seule est pertinente.  A vous d’en juger !  Il me semble que la seule manière d’aborder toutes ces questions c’est  de ne pas rester à l’extérieur du sujet, et de nous demander en quoi nous sommes personnellement concernés par Noël.

La  question sous-jacente à toute cette histoire concerne notre  salut. Dieu est venu apporter le salut aux hommes, et  cela nous interpelle forcément dans notre foi. Nous nous demandons alors quel est ce Dieu qui se révèle dans cette fête et en quoi cette fête nous apprend quelque chose de nouveau.

.

Les récits de Noël nous parlent d’un enfant de pauvres dont le destin est de devenir roi. Mais nous savons que l’histoire a tourné court, il est resté pauvre, il n’a pas été vraiment roi, il a été persécuté et il est mort exécuté. Si son Royaume existe c’est dans un autre monde. Pourtant si Dieu  a décidé de se révéler en cet enfant dont la vie a été  apparemment un échec c’est que Dieu lui-même a changé, ou  plus exactement c’est que nous n’avons pas compris comment il était avant. Notre salut dépend donc de la manière dont nous recevons ce Dieu.  

A Nsanton-2-300x300oël, il nous est demandé de découvrir la vraie nature de Dieu. Il est certain qu’il n’a jamais voulu faire geler de froid un nourrisson dans une étable pour la plus grande gloire de son nom. Nous apprenons plutôt par cette histoire,  que les plus modestes de ce monde ont la faveur de Dieu, en commençant par les plus faibles et les plus fragiles, tel cet enfant de pauvres. A Noël Dieu frappe un grand coup, il nous demande de comprendre qu’il ne cautionne en rien  cette société où nous vivons. Les  chances y sont mal réparties car ce sont  les plus forts  qui y ont raison. 
 .
Mais si  telle est la volonté de Dieu, pourquoi n’a-t-il pas fait un miracle pour tout changer ?   Si on se souvient des paroles de Marie dans le Magnificat, il semblerait que la situation aurait du changer, que le pouvoir devait passer aux mains des plus humbles. Pourtant  les bergers s’en sont retournés comme ils sont venus, les païens qui étaient appelés à partager les merveilles de Dieu sous les traits des mages s’en sont retournés par un autre chemin et les puissants qui devaient être renversés de leur trône son devenu pires qu’avant si on en croit l’attitude du potentat local : Hérode. Alors qu’est-ce qui a changé ? C’est Dieu lui-même qu’il faut voir autrement. 

.

Dieu ne se cache plus dans son ciel d’où il était censé  faire des miracles et gérer le monde. A Noël grâce à ce récit de la naissance de Jésus nous comprenons que Dieu souhaite que nous ayons une autre conception de lui. Ce souhait devient tout un programme pour les hommes qui se demandent à quoi ils servent. Dieu formule son désir de voir une nouvelle société supplanter l’ancienne. Il espère que les hommes se mettront à construire un monde  où l’amour entre humains sera la seule règle valable.  On verra alors  s’édifier  une société originale  qui sera le reflet de la volonté de Dieu. Une telle société sera  la seule digne de subsister à l’érosion du temps pour devenir son Royaume qu’il établira dans l’éternité à tous promise.santon-3

Le salut qui nous est annoncé est lié à notre façon de comprendre la volonté de Dieu et d’y répondre avec sérénité. C’est sur le succès de cette collaboration entre Dieu et les hommes que Dieu joue sa crédibilité. Pour que l’humanité toujours rebelle entre dans ce nouveau défi, il faudra que Jésus assume son destin jusqu’au bout au point d’en mourir.

Il vous appartient alors maintenant de vous poser la question : croyons-nous en ce Dieu que Jésus est venu révéler aux hommes ? Si c’est le cas notre salut consiste alors à suivre son enseignement et à manifester son amour dans le moindre de nos actes jusque dans l’éternité. C’est alors que nous verrons se produire le miracle de la transformation du monde.
.
Dieu en confiant le destin du monde à la bonne volonté des hommes a couru un grand risque et il s’est mis lui-même en cause.  En effet, qu’en sera-t-il de Dieu si les hommes  n’entrent pas dans ce projet ?  Dieu a décidé de faire  confiance aux églises, pour que tout cela se réalise. Même si les églises sont  divisées entre elles, elles ont pour vocation de  rassembler tous les hommes  pour qu’ensemble ils réalisent le projet de Dieu et se mettent à construire ce royaume  annoncé depuis si longtemps. Dieu ne les laisse pas seule, il leur donne son Esprit  qui sera pour chacun de leurs membres non seulement une source d’énergie, mais il leur permettra de garder le cap et de rester fidèles.
santons-4
Le miracle de Noël n’est donc pas dans un merveilleux  conte  qui finit bien, il est dans l’engagement des hommes à être les acteurs du miracle qui transformera le monde. C’est ainsi que chacune et chacun de nous est personnellement concerné dans cette aventure, et il est bon qu’on se le redise  à l’occasion de la fête que nous célébrons.
.
Libellés :
img1181-300x135

Publié dans sermon | Pas de Commentaire »

Luc 1:39-45 – Visite de Marie à Elisabeth – dimanche 23 décembre 2012

Posté par jeanbesset le 8 décembre 2012

 Luc 1:39-45 - Visite de Marie à Elisabeth - dimanche 23 décembre 2012 dans sermon arcabas-visitation-1-269x300
.

39 En ces jours-là, Marie partit en hâte vers la région montagneuse et se rendit dans une ville de Juda. 40 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth. 41 Dès qu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son ventre. Elisabeth fut remplie d’Esprit saint 42et cria :

Bénie sois-tu entre les femmes,
et béni soit le fruit de ton ventre !
43 Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne me voir ? 44 Car dès que ta salutation a retenti à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse dans mon ventre. 45 Heureuse celle qui a cru, car ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira !

La meilleure des choses qui puisse se produire dans la vie de quelqu’un, c’est de vivre une expérience semblable à celle qui nous est racontée ici au sujet de Marie. Même si l’expérience qu’elle a vécue ce jour-là a un caractère unique et exceptionnel, elle fait quand même partie de ces expériences que tout individu est appelé à faire un jour ou l’autre avec Dieu. Cela se produit toutes les fois qu’il a conscience que Dieu intervient dans sa vie mais cela ne fait pas de lui un être exceptionnel, car Dieu se propose de venir à la rencontre de chacun de nous et de s’installer dans sa vie.

Le but de notre propos aujourd’hui est d’aider tout croyant à prendre conscience de ce qui est susceptible de se passer en lui quand il prend conscience que Dieu a pris place dans sa vie.
.
Marie, en faisant cette même expérience de la rencontre avec Dieu, découvre que Dieu s’est fait non seulement tout proche d’elle mais qu’il est venu habiter en elle. De ce constat, s’installe en elle la certitude que l’enfant qu’elle porte deviendra le « Messie d’Israël». C’est ce qui lui confère un caractère unique et exceptionnel. Sur ce point son expérience diffère de toutes celles que nous avons pu faire ou que nous pourrons faire encore.

La première chose que Marie constate, c’est que Dieu l’avait choisie pour réaliser ce projet. Le Seigneur a mis son empreinte en elle et elle est devenue sa partenaire. Cette aventure a eu la suite que l’on sait et la naissance de Jésus a ainsi été inscrite dans un projet de Dieu. Chaque croyant est amené à faire tôt ou tard une expérience comparable à la sienne qui fait de lui un partenaire de Dieu.
.
A la suite de cette expérience, Marie aurait pu partager normalement son émotion avec Joseph son époux, mais contrairement à toute logique, c’est vers Elisabeth sa parente qu’elle porte ses pas. Pour cela elle doit la rejoindre à l’autre bout du pays. Ce déplacement qui nous surprend, a bien entendu une valeur symbolique qu’il va falloir décrypter.
 arcabas-visitation-2-218x300 dans sermon
.
Comme nous sommes obnubilés par le personnage de Marie depuis des siècles, nous lui réservons une place particulière dans notre approche des événements. La tradition l’a chargée de valeurs spirituelles extraordinaires, qui ne sont d’ailleurs pas les mêmes d’une église à l’autre, si bien qu’il nous paraît difficile de nous comparer à elle et de nous approprier des valeurs qui lui appartiennent. Pourtant, l’expérience de Marie a des points communs avec ce qu’il nous est donné de vivre avec Dieu, c’est ce que nous avons suggéré dès le début de ce propos.

Evidemment, l’Evangile a apporté un relief particulier à ce récit, si bien qu’il semble ne pas nous concerner personnellement. La visite solennelle de l’ange établit entre nous et Marie une barrière que nous ne pouvons pas franchir au risque de passer pour un fou. Il en va de même pour la mission qu’elle reçoit. Cette mission est unique et ne peut en aucun cas se comparer aux missions que nous pourrions recevoir au cours des expériences spirituelles que nous aurions pu faire ou que nous ferons.

Cependant , après avoir écarté tout le merveilleux du récit, nous pouvons sans doute constater que Marie a fait une expérience que beaucoup pourraient comparer à la leur. Quiconque a fait une rencontre avec Dieu trouvera des points communs avec l’événement qui a bouleversé la vie de Marie car, comme pour elle, il y a dans la vie de chaque croyant un moment privilégié où il prend conscience de la réalité de Dieu.

Cette expérience est propre à chacun et s’impose à lui comme une certitude. Dieu, un jour a frappé à la porte de son cœur et il a mobilisé toute sa personne. Non seulement Dieu s’est manifesté à lui mais toute sa vie spirituelle a été modifiée par cette impression. Dieu a fait corps avec lui et est devenu partie prenante de son intériorité.

Si pour Marie la réalité de Dieu a pris corps en elle pour devenir le Messie, il n’en demeure pas moins que pour nous, Dieu se fait aussi présent en nous. Il ne prend pas chair de la même façon, bien évidemment, mais il n’en demeure pas moins qu’il se fait « présent en nous. » En réfléchissant alors à ces expériences que nous avons déjà pu faire, nous devenons plus aptes à saisir la réalité du Messie quand il prend corps en Marie. C’est parce que l’expérience de notre « conversion » s’apparente à l’aventure que Marie est en train de vivre que nous pouvons mieux la comprendre.

Après cette expérience particulièrement forte, Marie toute possédée par Dieu et porteuse du futur Messie part vers les hauteurs de Judée auprès d’Elisabeth sa parente. Elisabeth n’est pas seulement sa parente, elle porte, elle aussi un enfant dans son sein, le futur Jean baptiste. Il sera le dernier des grands prophètes de jadis. En lui se récapituleront toutes les promesses que Dieu avait faites depuis Abraham. La rencontre des deux femmes établit un lien de continuité entre ce qui a été et ce qui sera. Tout le mystère de Dieu se récapitule en Jean baptiste et se prolonge en Jésus. Nous savons sans doute tout cela, mais ce que nous ne réalisons pas forcément c’est qu’il est dit que « Marie monta vers sa cousine ».
arcabas-visitation-31-212x300
S’il est dit que Marie monta, ce n’est pas seulement pour apporter une précision géographique. Les montagnes de Judée où réside Elisabeth ne sont sans doute pas plus élevées que les montagnes de Galilée où réside Marie. Son déplacement vers le haut n’a pas une valeur spatiale mais une valeur spirituelle. Marie en venant voir Elisabeth mère de Jean Baptiste vient se charger auprès d’elle de toute la tradition qu’elle porte en elle. Elle s’enrichit de tout ce que la révélation passée a pu apporter aux hommes et qui se récapitulent dans la personne de Jean Baptiste. Elle remonte du temps présent jusqu’aux origines de la révélation. En s’enrichissant elle-même, elle enrichit également l’enfant qu’elle porte en elle. Par cette visite de sa mère à Elisabeth, Jésus s’approprie à son tour toute la tradition par laquelle Dieu a façonné son peuple au cours des siècles et dont il est l’aboutissement. C’est à cause de cela que la visite de Marie à Elisabeth est chargée d’une valeur symbolique particulièrement importante.
.
Fondé sur cette expérience, le croyant qui découvre la réalité de Dieu au cours d’une expérience spirituelle qui lui est propre est invité à suivre le même itinéraire que Marie puisque leurs expériences se ressemblent. Pour s’approprier le mystère de Dieu qui vient habiter en lui, il doit à son tour s’imprégner de la révélation qui était avant lui et qui réside dans les Ecritures. Le croyant doit habiller sa foi de toute la tradition façonnée par tous ceux qui l’ont précédé.
.
Quand nous percevons la présence de Dieu en nous, ce n’est pas pour devenir un électron libre, comme si notre nouvelle expérience nous mettait à part de nos frères humains. Notre expérience spirituelle ne nous rend pas étranger à celles que d’autres ont fait avant nous depuis des siècles voire des millénaires. Nous devenons un maillon de l’immense chaîne de témoins, qui a commencé le jour où Abraham a entendu l’appel de Dieu et qui s’achèvera un jour qui ne nous est pas révélé. Nous ne sommes pas pour autant, ni plus forts, ni plus nobles ni plus sages que les autres.
La découverte de la foi en nous, nous fait suivre le même itinéraire que Marie. Elle portait en elle le Messie, celui dont l’action révolutionnera la condition humaine. A notre tour, quand Dieu se manifeste en nous, c’est pour nous incorporer à la longue lignée des témoins qui portent chacun à sa manière l’empreinte du Messie.

A la différence de Marie qui a porté physiquement le Christ, nous continuons à le porter spirituellement aujourd’hui pour qu’il soit présent au monde. C’est dire que la rencontre que Dieu fait avec nous ne se fait pas à usage interne. Nous ne devenons pas seulement croyants pour enrichir notre vie d’une expérience nouvelle. Notre expérience spirituelle ne peut pas être un événement dont nous pourrions faire état pour nous valoriser. Il est impossible d’être un croyant dont la foi serait à usage interne.arcabas-visitation-5

Notre incorporation à la longue série des croyants nous met en contact avec ceux qui avant nous ont fait l’expérience de la rencontre avec Dieu et avec ceux qui à leur tour feront la même expérience sans l’avoir faite encore. C’est peut-être à notre contact qu’ils découvriront que Dieu cherche à les rencontrer. Dieu a en cela un but précis, celui de donner du sens à la vie de chacun. Il nous invite alors, à être au service des événements qui sont encore en devenir afin de participer à leur réalisation quand ils se produiront. Pour cela, il nous suffit, comme l’a fait, Marie de se laisser emplir du saint Esprit et de le laisser orienter notre existence dans la direction que Dieu voudra bien lui donner et qui sera toujours la bonne.

.

Publié dans sermon | Pas de Commentaire »

1 Corinthiens 1:20-31- la folie qui sauve – dimanche 2 décembre 2012

Posté par jeanbesset le 26 novembre 2012

 

20 Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le débatteur de ce monde ? Dieu n’a-t-il 1 Corinthiens 1:20-31- la folie qui sauve - dimanche 2 décembre 2012 dans sermon 003-2pas frappé de folie la sagesse du monde ? 21 En effet, puisque le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la proclamation qu’il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. 22 Les Juifs, en effet, demandent des signes, et les Grecs cherchent la sagesse. 23 Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non-Juifs ; 24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, un Christ qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. 25 Car la folie de Dieu est plus sage que les humains, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.

26 Regardez, mes frères, comment vous avez été appelés : il n’y a pas parmi vous beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. 27 Dieu a choisi ce qui est fou dans le monde pour faire honte aux sages ; Dieu a choisi ce qui est faible dans le monde pour faire honte à ce qui est fort ; 28 Dieu a choisi ce qui est vil dans le monde, ce qu’on méprise, ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, 29 de sorte que personne ne puisse faire le fier devant Dieu. 30 Or c’est grâce à lui que vous êtes en Jésus-Christ, qui a été fait pour nous sagesse venant de Dieu — mais aussi justice, consécration et rédemption, 31 afin, comme il est écrit, que le fier mette sa fierté dans le Seigneur.
.
Aucun être humain n’a traversé la vie sans se poser  de questions sur ce qu’il y avait après. Y a-t-il seulement un après ? Non disent les uns, oui, disent les autres.  Ces deux réponses laissent le problème entier. Est-il possible que rien ne reste de nous après que nous ayons été. Ne reste-t-il rien des amitiés que  nous avons nouées, des amours que nous avons eues ?  Ce serait absurde  de penser ainsi, mais ce serait logique de le penser tout de même.

Ce long tunnel qui s’ouvre sur une lumière apaisante  que des gens en phase de coma dépassé ont parfois parcouru jusqu’au bout, puis sont revenus, est-ce une illusion ? Qui suis-je pour le dire ? La sagesse humaine butte ici sur le mur de ses limites extrêmes et aucun savant ne se risque  vraiment à un commentaire.
.
Pourtant nous aimerions tous, arrivés au terme de notre parcours terrestre qu’il nous soit donné de faire le point sur notre vie écoulée. Nous partirions plus en paix vers un au-delà inconnu  si nous n’étions pas seuls à emporter avec nous les secrets dont on ne se serait ouverts à personne.  Peut-on espérer que l’expérience de toute une vie puisse être  partagée par quelqu’un d’autre que nous-mêmes ? Qui entendra, ne serai-ce qu’une fois nos regrets pour  des actions commises dont les  effets auraient pu être nocifs pour d’autres ?003-3 dans sermon
 .
Qui entendra le récit des projets que nous avons formulés, pour lesquels  nous nous sommes battus et qui n’ont pas aboutis ? Y a-t-il dans le secret de notre intimité ou dans le silence du tombeau une oreille pour nous entendre ? Aucun sage ne pourra répondre, aucun savant ne se risquera à nous éclairer. Ce serait pourtant frustrant et même révoltant de parvenir en fin de vie et de ne rien  pouvoir partager de ce  que nous avons été avec personne.

Le passage de l’Ecriture que nous avons lu dans la première épître de Paul aux Corinthiens ouvre peut-être une voie à notre réflexion. Ce passage confirme ce que  nous venons de dire, il n’y a aucun sage ou aucun savant pour réponde à notre demande, et celui qui s’y risquerait trouverait  place parmi les fous.  Pourtant Paul a couru ce risque  et il a été perçu comme un fou par la plupart de ses contemporains en particulier par l’Aréopage des philosophes et des savants d’Athènes qui l’ont invité à ne pas insister sur ses élucubrations. A l’inverse des érudits  les premiers Chrétiens ont découvert en lui le plus subtile et le plus pertinent de leurs apôtres.

Jésus , avant lui a sans doute occupé aussi cette place de fou auprès de ses semblables. Il faut dire qu’il n’y allait pas de main morte et que ses propos  avaient des résonances subversives. Ils en ont encore aujourd’hui pour certains de nos contemporains.

 

Il  étayait ses propos sur la relation particulière  qu’il avait avec Dieu qu’il appelait son Père. Ce Dieu Père, selon lui, récusait le rôle que les hommes imaginaient qu’il devait jouer. Il ne voulait ni grandeur ni majesté. Il n’aimait pas les solennités religieuses  qui lui étaient consacrées. Il contestait la valeur des sacrifices  qu’on lui offrait. Il préférait qu’on le prie dans sa chambre plutôt que  dans les espaces publics réservés au culte. Par contre il se sentait concerné par tout ce qui allait mal dans le monde. Il  s’intéressait individuellement  à chaque humain. Il se voulait proche des malades, des pauvres et des mal-nourris. Il contestait la richesse des puissants, l’orgueil des dirigeants, l’arrogance des gens au pouvoir.

Face à la mort  qui guettait chaque humain au tournent, il opposait la vie. Une vie faite de promesses, chargée d’une  éternité que personne ne pourrait vraiment définir mais qui était chargée d’espérance. Folie que tout cela, pensaient les délateurs de Jésus. Une telle folie était cependant le  noyau central de son évangile, elle   risquait d’être contagieuse et porteuse de vérité.
Si  c’était  simplement de la folie, pourquoi l’avoir condamné à mort et exécuté ? Annonçait-il une vérité dangereuse pour la morale ambiante ou pour la science de son temps ? Il y  avait-il dans ses propos comme  un défi lancé aux sages et aux savants, et cela leur était insupportable.

Jésus nous a transmis l’idée qu’un face à face avec son Père était possible, même dans la mort. Il proclamait une vie en esprit qui unissait chaque homme au Père. Etait-ce dans cette vie, était-ce dans une autre, je ne sais ?  La vie qu’il proposait à ceux qui croyaient en lui,  était dépassée dans la mort pour devenir une vie autrement. Cela était peut être formulé comme une utopie et se trouvait en opposition avec les options des philosophes et des sages, mais  quantité de ses contemporains ont trouvé du réconfort en mettant cette idée en pratique.
0021
Fort de cette certitude Jésus a affirmé à ses contemporains que la mort n’avait pas le pouvoir de les séparer de Dieu. Il leur promettait de rester vivant  et de partager avec eux cette nouvelle forme de vie. Chacun pouvait y participer par la prière qu’il était invité à partager avec lui et par laquelle il attestait que bien que mort, sa relation avec lui restait vivante et le maintiendrait en vie, même quand la mort l’ emporterait.

Beaucoup de ses amis l’ont cru, beaucoup ont continué à le rencontrer dans l’intimité de la prière, beaucoup ont pu ainsi partager avec lui l’intimité de leur existence dans une vie qui se prolongeait au-delà des limites que la raison humaine lui accorde. Alors, que demander de plus ?

Que dire encore, si non que chacun à la suite de Jésus peut espérer se décharger sur Dieu son Père de tout ce qui fait le poids de sa vie, le meilleur comme le moins beau. Tout peut être entendu et partagé avec lui, dans cette vie ou dans une autre. C’est là notre espérance. Elle  est précédée pour nous par deux mille ans d’histoire et ceux qui ont espéré en elle n’ont jamais été déçus.
.
Nous pouvons donc maintenant conclure avec l’apôtre Paul en disant que notre espérance en Dieu est liée à Jésus Christ qui par son Père a été fait pour nous sagesse, et aussi justice, sanctification et rédemption.
Illustrations: Gaspar David Friedrich : promeneur sur la mer de nuages Evangile et Liberté N° 260

Publié dans sermon | Pas de Commentaire »

Jean 18:33-38 – Jésus devant Pilate. Qu’est-ce que la vérité? – dimanche 25 novembre 2012

Posté par jeanbesset le 21 novembre 2012

  Jean 18:33-38 - Jésus devant Pilate. Qu'est-ce que la vérité? - dimanche 25 novembre 2012 dans sermon ecce-homo2

33 Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus et lui dit : Es-tu le roi des Juifs, toi ? 34 Jésus répondit : Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou bien est-ce d’autres qui te l’ont dit de moi ? 35 Pilate répondit : Suis-je donc juif, moi ? C’est ta nation et les grands prêtres qui t’ont livré à moi ! Qu’as-tu fait ? 36 Jésus répondit : Ma royauté n’est pas de ce monde. Si ma royauté était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs ; en fait ma royauté n’est pas d’ici.. 37 Pilate lui dit : Toi, tu es donc roi ? Jésus répondit : C’est toi qui dis que je suis roi. Moi, si je suis né et si je suis venu dans le monde, c’est pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité entend ma voix. 38 Pilate lui dit : Qu’est-ce que la vérité ? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau vers les Juifs et leur dit : Moi, je ne trouve aucun motif de condamnation en lui.

Nous sommes ici   plongés par Jésus lui-même dans une situation incongrue. Elle  va nous compliquer la compréhension de sa mort  mais elle est nécessaire pour que nous comprenions sa résurrection. Nous sommes  ici face à une  situation irréaliste : celle d’un condamné à mort qui parle philosophie avec celui qui va prononcer la sentence qui le condamne. De ce débat va dépendre sa relaxe ou sa condamnation. Plus surprenant encore, le procurateur, Ponce Pilate, dont les accusateurs  espèrent qu’il prononcera une condamnation à mort, cherche des arguments pour sauver l’accusé. Quant à  ce dernier, Jésus,  il  s’enferre dans ses arguments comme s’il voulait qu’on le condamne quand même. Il y a là, bien de quoi nous désorienter.ecce-homo-3-2-152x300 dans sermon
.
Le  débat s’est ouvert sur les prétentions monarchistes dont on accuse Jésus.  Ce seul soupçon suffirait à l’envoyer au supplice, encore faudrait-il savoir de quel monarque Jésus prétendrait-il descendre.  De David bien sûr va-t-on penser! Mais les contemporains de Jésus  n’auront peut-être pas la même  approche. S’il se réclame   de la descendance de David, l’argument serait  sans fondement car il y a 450 ans  que David n’a plus d’héritier,  en tout cas personne ne s’est déclaré comme son successeur et n’a revendiqué le pouvoir  en son nom depuis la disparition de Zorobabel au retour de l’exil. Cette prétention n’aurait pas dû le rendre bien dangereux et aurait tout au plus intrigué Pilate qui s’en serait amusé.
Jésus  aurait   pu  revendiquer la succession d’Hérode, le dernier roi en titre. Il a été considéré comme  un roi usurpateur, il a laissé un souvenir sulfureux. Il fit massacrer force juifs et assassiner quelques grands prêtres. Malgré le triste souvenir qu’il a laissé dans l’histoire. C’est pourtant à lui que l’on doit la restauration du Temple qui fait l’orgueil de Jérusalem.  C’est la date de sa mort qui servira plus tard à dater la naissance de Jésus. Son fils fut déposé  après lui, sur délation des grands prêtres et fut remplacé par un  procurateur dont le dernier en date est Pilate devant qui  Jésus comparait.  Si c’est de ce roi qu’il se réclamait, Pilate ne lui aurait laissé aucune chance de survie, car c’est son propre pouvoir qu’il aurait mis en cause.
Jésus ne  revendiquait pas davantage la succession des Asmonéens, ces grands prêtres qui à la suite de Macchabées avaient cumulé la charge de grand prêtre en même temps que celle de roi dont sont encore plus ou moins héritiers les grands prêtres   qui pour lors étaient en train de le trainer devant Pilate.  Non ce n’est pas de ces rois là que Jésus est accusé de revendiquer la succession. Si  cela avait été le cas, il aurait déjà  été mis à mort depuis longtemps. C’est bien  de  la succession de David qu’il se réclame. Cette prétention rend Pilate perplexe. Même si certains historiens, aujourd’hui pensentecce-homo-3 vraiment que Jésus était bien membre de l’ancienne famille royale de David dont les descendants auraient subsisté, personne ne s’est levé dans le prétoire pour le soutenir dans cette prétention. Pilate, donc ne le prend pas vraiment au sérieux.  
.
Jésus était-il en mesure de discuter de dynastie  avec celui qui représentait la seule autorité et qui pouvait le faire mourir  mais  qui avait bien l’intention de le faire vivre?  Curieusement, Jésus semblait le  contrarier et lui   fournir  des arguments pour l’envoyer à la mort.

Jésus ne cherche pas à sauver sa vie. Il ne veut pas d’une vie qui lui serait octroyée par la grâce d’un homme, fut–il le représentant du puissant  César. Il veut recevoir la vie de la grâce de Dieu, même s’il doit être dépossédé de sa vie humaine par la cruauté du gouverneur qu’il est en train de défier. La question reste pour lui de savoir quelle est la valeur de la vie : celle qui peut être sauvée par la grâce de l’empereur, ou  elle qui peut être sauvée par la grâce de Dieu. La première prendra fin tôt ou tard, la deuxième n’aura pas de fin. C’est dans ce dilemme que réside la vérité dont parlent Jésus et Pilate. La vérité relève-telle de Dieu ou de César ? Il est à supposer que Pilate ne comprend pas la portée de sa question quand il lui dit : qu’est-ce que la vérité ?
ecce-homo-2-21
.
Qu’est-ce donc la vérité, si non  de comprendre que le sens de la vie ne peut pas être donné par les hommes, aussi puissants ou aussi sages soient-ils, mais par Dieu seul. Notre vie ne peut prendre de sens  que si nous agissons de concert avec Dieu.  Il nous faut donc résolument écarter  l’idée selon laquelle nous devons passivement accepter les décisions de Dieu sur notre vie ou sur notre mort sans y participer. Ce  n’est pas ainsi que Jésus conçoit les choses. Il ne  conçoit pas    que la foi consiste à accepter l’arbitraire d’un fatalisme  contre lequel nous ne pourrions rien. Il n’est pas question pour lui d’accepter  par  la foi  une décision que Dieu seul aurait prise.  L’attitude des croyants  qui devant  l’incompréhensible de la mort se résignent en disant, que  c’est la volonté de Dieu n’a pas sa place ici.
.

Si Jésus avait accepté son destin sans y participer lui-même il n’en serait pas arrivé là. Il est clair qu’il n’a pas cherché  à se dérober à la mort qui l’attendait, mais qu’il est allé de son  plein gré au-devant d’elle. En effet, il est venu à Jérusalem alors que sa tête était mise à prix, il s’est dissimulé de ceux qui le cherchaient jusqu’à ce qu’il ait fait  et dit tout ce qu’il avait à faire et à dire. Il est alors  allé à Gethsémani où il savait que les gardes viendraient, et maintenant  devant Pilate, il ne fait rien pour que sa vie soit épargnée.  Il a délibérément choisi ces moments parce qu’ils rendaient témoignage à la vérité telle qu’il la concevait devant Dieu. Il n’a pas obéi servilement  à une décision divine prise de toute éternité. Contrairement au serviteur souffrant du prophète Esaïe, il ne s’est pas laissé conduire à la boucherie comme un agneau muet, et si on lui a arraché la barbe, c’était la conséquence des événements qu’il avait provoqués.

La vérité pour lui n’était donc pas de subir passivement une situation dont Dieu aurait décidé de tous les détails pour venger son honneur bafoué, mais d’assumer personnellement les décisions qui lui paraissaient les plus conformes à ce qu’il estimait être la vérité. Il aurait pu, bien entendu se dérober  et  poursuivre sa vie pour continuer à prêcher un Evangile subversif par rapport à la tradition. Il aurait pu continuer à provoquer les scribes et les pharisiens en les accusant de dénaturer la Loi de Moïse et de trahir Dieu en prétendant le servir. Il aurait pu retarder l’échéance  et échapper aux clous de la croix, mais il a décidé que le moment était venu de rendre compte de sa vie. Il allait donc laisser  les hommes lui arracher la vie, mieux, il la leur offrait parce que les hommes n’ont aucun pouvoir sur la vie que Dieu donne.

En ecce-homo-11fait il fallait,  dans sa logique, que ses amis comprennent que la vie se présente sous  deux dimensions. Il y a celle qui est soumise au monde visible et sensible, celle qui nous pousse à agir de telle sorte que nous cherchons à la préserver. Nous mobilisons toute notre énergie pour qu’elle dure. Nous mettons  toutes nos possibilités et en particulier notre intelligence, mais aussi notre égoïsme et notre vanité  à son service. C’est pour la mettre en valeur que nous cherchons à dominer les autres et que nous les bousculons pour leur passer devant. Cette vie, liée aux apparences, n’a pour seule dimension que celle que lui nous lui donnons, puis elle disparaît et tout est fini.

.

Mais notre vie relève aussi  d’une autre réalité quand nous prenons conscience qu’elle est habitée par Dieu. Elle est le reflet de ce qu’il y a de spirituel en nous et elle  est alimentée par notre relation personnelle avec Dieu. Elle se nourrit d’amour et d’altruisme. Elle n’obéit pas forcément aux lois des hommes, car elle appartient à Dieu. Elle ne prend pas fin quand les hommes ne peuvent plus rien pour qu’elle se prolonge. Elle ne disparaît pas non plus quand les hommes décident de son terme car elle porte en elle une réalité que les hommes ne contrôlent pas et qui n’appartient qu’à Dieu. C’est cela la vérité.

C’est à ce point précis de son histoire, au moment où la  vérité  prend tout son sens que se situe cet ultime épisode de la vie de Jésus. Doit-il alors  sauver les apparences et chercher à garder une vie que les hommes veulent lui enlever ou faut-il leur laisser prendre cette vie pour révéler la vérité que Dieu donne à la vie quand celle-ci est absorbée  dans l’éternité ? C’est arrivés  à ce point de notre questionnement que nous découvrons que  la vérité de Jésus coïncide parfaitement avec celle de Dieu. 

.

Mais la vérité de la vie de Jésus sera désormais.  voilée par l’horreur de son supplice. Les hommes formuleront à son sujet toutes sortes d’élucubrations. Ils  accuseront  Dieu de l’avoir abandonné et même de l’avoir livré à la vindicte du diable, mais  les portes du tombeau vont être entrebâillées par   la résurrection qui  nous confirmera cette dimension nouvelle de la vie en Dieu dont nous ne savons rien mais qui nous remplit d’espérance. 

Publié par à l’adresse 07:16 Aucun commentaire:

Publié dans sermon | Pas de Commentaire »

Marc 12:28-34 – dimanche 4 novembre 2012

Posté par jeanbesset le 27 octobre 2012


28 Un des scribes, qui les avait entendus débattre et voyait qu’il leur avait bien répondu,Marc 12:28-34 -  dimanche 4 novembre 2012 dans sermon baiser-22 vint lui demander : Quel est le premier de tous les commandements ? 29 Jésus répondit : Le premier, c’est : Ecoute, Israël ! Le Seigneur, notre Dieu, le Seigneur est un, 30 et tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. 31 Le second, c’est : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là.

32 Le scribe lui dit : C’est bien, maître ; tu as dit avec vérité qu’il est un et qu’il n’y en a pas d’autre que lui, 33 et que l’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c’est plus que tous les holocaustes et les sacrifices. 34 Jésus, voyant qu’il avait répondu judicieusement, lui dit : Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. Et personne n’osait plus l’interroger.

Que serait le monde sans amour baiser-11 dans sermon? Les poètes l’ont chanté, les peintres l’ont représenté et notre tête est remplie de souvenirs d’amours passées qui subsistent peut être encore et qui enchantent notre mémoire. Sans amour, l’humanité  disparaîtrait dans l’oubli et dans la mort. Comment pourrait-on vivre si personne n’éprouvait l’ombre d’un sentiment pour nous ou si nous n’éprouvions aucun sentiment pour personne. Jésus a bien vu que les hommes ne peuvent vivre sans l’amour qu’ils échangent avec leurs semblables, c’est pourquoi à la demande d’un jeune scribe sympathique il a extrait des 613 articles de la loi deux commandements  dont l’un parle de l’amour de Dieu et l’autre de l’amour du prochain.

L’amour est un sentiment que l’on a du mal à analyser. Il provient du plus profond de nous-mêmes et fait vibrer notre âme d’une manière exquise sans que l’on sache vraiment quels en sont les causes. Cependant chacun de ses  effets embellit tellement la vie  qu’elle se trouve radicalement transformée. L’amour  fonctionne comme un moteur qui fait avancer notre vie sur la voie du bonheur. Il se cache dans tous les recoins de l’être et arrache de notre cœur des sentiments d’extase et d’exaltation pour une autre personne qui ne provoque apparemment pas les mêmes émotions chez les autres. Au lieu de s’en tenir à ces constatations bucoliques,  les chercheurs ont voulu aller plus loin et ils ont édulcoré la beauté du sentiment. Ils ont parlé de phéromones et d’autres substances chimiques qui seraient à l’origine du phénomène. Mais peu importe, contentons-nous de constater que ce phénomène fonctionne et que nous profitons de  ses effets.

L’amour   n’est pas seulement suscité par d’autres personnes au contact desquelles nous nous trouvons. Il peut être provoqué en nous par toutes sortes de choses. C’est ainsi qu’on aime certaines musiques, qu’on s’attache à certaines peintures, que l’on apprécie le confort d’une maison ou d’une voiture, c’est pourquoi on se laisse aller à dire  que nous aimons tel objet, voire même telle situation. Ce sentiment s’empare tellement de notre vie qu’on arrive même à ne plus l’écrire ou le décrire. On  a fini par le représenter  par des icônes en forme de cœurs. On l’imprime même sur nos tees shirsts pour dire que l’on ne peut vivre sans amour.
.
Conscients de la nécessité de ce sentiment et du bien qu’il nous procure, nous nous engageons cependant sur les chemins de la vie en laissant sur notre passage des sentiments d’indifférence, d’hostilité ou de haine qui mettent à mal  toute cette quiétude que nous venons d’évoquer. Nous nous comportons  comme si nous avions comme un malin plaisir à  abimer ce qui nous fait du bien.  Nous véhiculons sur notre passage des comportements qui désenchantent notre vie, alors que tout devrait fonctionner  pour la rendre  belle et ouverte à l’avenir. On a donc raison de dire que l’homme est un être bizarre qui connaît la marche à suivre pour être heureux mais qui délibérément en utilise une autre.baiser-2-21

Ce serait aller un peu vite en besogne que de dire que tout cela est la cause du péché, même si nous serons amenés à  considérer à la fin de notre propos que c’est la seule réponse possible. Il me semble avant tout que l’on exclue de notre comportement celui qui, à l’origine, est l’inventeur de l’amour : Dieu. En effet, quand on prononce le nom de Dieu, ce n’est pas  au sentiment d’amour que l’on pense en premier, sauf exception.  Quand on pense à Dieu, on fait référence  à des notions de toute puissance, de création, de péché, mais  on ne pense au mot «amour» que si on est un pratiquant de la foi chrétienne, et encore ce sentiment n’arrive pas en tête dans l’ ordre des valeurs concernant Dieu.

Or Jésus va consacrer toute sa vie à nous dire  que ce sentiment doit être premier et qu’il ne peut y avoir de relation à Dieu sans amour.  C’est par là que l’on doit commencer quand on veut parler de Dieu aux hommes. Pourtant, la plupart du temps, ce n’est pas par-là que l’on commence. Où est  donc l’origine de ce  dysfonctionnement ?

C’est sans doute notre tradition qu’il faut incriminer parce qu’elle  présente les préceptes de la Bible comme des commandements. Elle considère que  la pratique de l’amour doit-être soumise à un ordre venu d’en haut : « tu aimeras » est-il dit. Or l’amour est un sentiment que l’on ne commande pas. On  ne peut nullement aimer sur ordre, même sur ordre de Dieu. On a cependant considéré depuis toujours que le terme de « commandement » était le mieux approprié pour parler de notre relation à Dieu pourtant, le Livre du Deutéronome parle plus volontiers de « paroles » que de « commandements ».  Ce mot de parole, derrière lequel se cache  le pouvoir créateur de Dieu, exprime  plus un souhait de sa part qu’un ordre. En effet, notre relation avec Dieu relève plus du désir de vivre ensemble que de l’obligation  de le faire. Notre désir se portera d’autant plus vers Dieu que nous nous sentirons libres de le faire

Mais on ne change pas aussi facilement des siècles de tradition. Jésus s’y est attaqué en nous présentant Dieu sous un autre visage que celui du maître exigeant et contraignant. Il a préféré celui du Père aimant, soucieux du mieux-être de ses enfants, mais curieusement, les évangélistes qui nous ont rapporté son enseignement ont conservé un mot grec qu’il est d’usage de traduire par « commandement ». Nous ne dérogerons pas à cette règle à notre tour, mais nous nous souviendrons intérieurement que  Jésus en appelle d’abord à la qualité de nos sentiments envers Dieu et envers les autres.

A peine ce premier obstacle levé, en voici un autre qui se dresse sous nos pas. Il s’agit de ce celui provoqué par Dieu lui-même.  Jacques Brel dans une de ses chansons célèbres disait : « Que connais-tu de Dieu grand Jacques ?… Tu ne connais rien de lui. » Jacques Brel sans le vouloir avait soulevé un obstacle majeur. On ne peut aimer  Dieu que si on le connaît, or  on ne le connaît pas vraiment. Certes, on nous a parlé de lui, on nous l’a décrit comme un Dieu tout puissant et maître de l’univers,  un Dieu qui prononce le premier et le dernier mot de toute vie. Un tel Dieu provoque la crainte et le respect, mais ne suscite aucun sentiment d’amour. Pour l’aimer, il faut le connaître, pour le connaître, il faut le rencontrer.
.
Toute la Bible nous parle de rencontre avec Dieu. Ce fut d’abord celle d’Abraham qui parlait face à face avec lui. Ce fut aussi Jacob qui lutta avec lui ou Moïse qui le reconnut dans un buisson de feu. Une telle rencontre doit aussi devenir la nôtre. Elle peut se faire de mille façons, mais la plus part du temps, elle se fait dans l’intimité de sa vie personnelle. Cela peut avoir lieu dans le secret d’une descente  à l’intérieur de nous-mêmes, dans l’intimité de notre cœur, là où Dieu nous attend et développe avec nous une relation intime qui lentement devient de l’amour et nous rend dépendants l’un de l’autre.baiser-31

Si cette vie intime avec Dieu nous comble de bien être, Jésus nous révèle que ça ne peut pas s’arrêter là et que l’amour avec Dieu perdra de sa vigueur au risque de s’éteindre définitivement   si nous ne l’accompagnons pas d’actes concrets à l’égard des autres. Ce sont ces actes qui réjouissent Dieu et qui alimentent son amour pour nous. C’est ce que Jésus nous rappelle dans le deuxième commandement. Le prochain devient pour nous celui en qui se réalisent nos gestes d’amour pour Dieu, car Dieu cache son visage derrière celui de ceux que nous rencontrons. Dieu et notre prochain confondent leur visage en un seul et Dieu ne peut être vraiment connu que dans la mesure où on l’a reconnu dans l’autre.baiser-2-32
.
Quand Jésus nous demande d’aimer notre prochain, il ne nous demande pas de faire un effort particulier, il nous invite simplement à exprimer par des actes à l’égard des autres les sentiments que Dieu provoque lui-même en nous. L’amour des autres devient automatiquement la conséquence de l’amour que nous avons pour Dieu.
.

La réciproque n’est pas forcément vraie. Certains ont conservé par devers eux  une image tellement altérée de Dieu à cause des violences que les hommes pratiquent entre eux qu’ils peinent à  éliminer cette image que des siècles d’histoire leur ont transmise. Les guerres que les hommes se sont faites au nom de Dieu et qu’ils continuent à se faire,  ont grandement  contribuées à altérer son image si bien  que ces gens  peuvent aimer les autres sans que cet amour rejaillisse sur Dieu. Il nous faut donc travailler à rendre crédible pour les  hommes cette image de Dieu qui abandonne sa toute- puissance au profit de sa relation paternelle avec chacune et chacun de nous. Si par contre,  notre relation avec les autres hommes n’est pas bonne et se détériore, c’est que notre relation à Dieu n’est pas bonne non plus. Notre relation avec les autres s’améliorera forcément du fait que nous nous attacherons à améliorer notre relation à Dieu.

Illustrations : Gustav Klimt : le baiser

 

img1141-300x117

Publié dans sermon | Pas de Commentaire »

Marc 10:2-16 Le divoce, dimanche 7 octobre 2012

Posté par jeanbesset le 29 septembre 2012

.                          


2 Des pharisiens vinrent lui demander, pour le mettre à l’épreuve, s’il est permis à un mari de répudier sa femme. 3 Il leur répondit : Que vous a commandé Moïse ? 4— Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une attestation de rupture et de répudier. 5 Jésus leur dit : C’est à cause de votre obstination qu’il a écrit pour vous ce commandement. 6 Mais au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme ; 7 c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, 8 et les deux seront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. 9 Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni !
.
10 Lorsqu’ils furent à la maison, les disciples, à leur tour, se mirent à l’interroger à ce sujet. 11 Il leur dit : Celui qui répudie sa femme et en épouse une autre commet l’adultère envers la première, 12 et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet l’adultère. 
 .Marc 10:2-16  Le divoce, dimanche 7 octobre 2012 dans sermon divorce-1
13  Des gens lui amenaient des enfants pour qu’il les touche de la main. Mais les disciples les rabrouèrent. 14 Voyant cela, Jésus s’indigna ; il leur dit : Laissez les enfants venir à moi ; ne les en empêchez pas, car le royaume de Dieu est pour ceux qui sont comme eux. 15 Amen, je vous le dis, quiconque n’accueillera pas le royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera jamais. 16Puis il les prit dans ses bras et se mit à les bénir en posant les mains sur eux.

Nous vivons avec en tête,  la vision  d’un monde désenchanté car,  notre perception de l’espèce humaine est souvent négative.  Nous voyons les humains comme des gens qui s’agressent entre eux, plus enjoints à se quereller  et à se jalouser qu’à s’entraider. Ceux qui nous dirigent  visent plus à nous prémunir contre les actions hostiles des autres contre nous qu’à  nous stimuler pour aller vers eux en vue de les aider. Le vieil adage selon lequel il faut se préparer à la guerre si on veut vivre en paix relève plus que jamais de la sagesse des peuples et continue à être la règle de conduite de ceux qui désirent diriger les nations.

C’est surtout quand les relations humaines  sont mauvaises qu’elles suscitent notre intérêt et personne n’est vraiment intéressé  quand les choses  vont bien et que tout   se  passe sans heurt.

Ne soyons donc pas étonnés  si, ici la question du mariage est envisagée sous l’angle négatif du divorce. Dans note monde, les démons ne restent pas inactifs, le démon de midi en particulier est toujours à l’œuvre,  celui de l’ennui et de  l’habitude, comme celui de la jalousie et du  désir d’aller voir ailleurs lui tiennent compagnie, et tous conjuguent leurs efforts pour détruire les foyers.

divorce-2 dans sermon
La longue histoire de l’humanité a estimé que le divorce était la solution la moins douloureuse pour régler les conflits conjugaux trop graves pour espérer d’autres solutions que la séparation.  Plutôt que de s’accrocher à recoller les morceaux d’une union détruite il vaut mieux tout recommencer.  Connaissant Jésus comme nous croyions le connaître nous sommes surpris par sa réaction plutôt rigide, face aux pharisiens, ses habituels contradicteurs, qui se montraient plus permissifs en la matière.  Ils prêtaient même à Moïse une permissivité que la loi à proprement parler ne reconnaissait pas vraiment : celle de

La lettre de divorce. En effet, qui à l’époque de Moïse aurait-il été capable d’écrire une telle lettre ?
Mais dira-t-on, le droit avait évolué depuis Moïse, c’est vrai, mais si c’était le cas, ce n’était plus Moïse qui l’aurait prescrit, mais les juristes qui au cours des siècles auraient assoupli les règles du divorce, là où Moïse lui-même n’avait rien prévu.

Pourquoi alors Jésus durcit-il le ton là où les successeurs de Moïse avaient assoupli la règle ?  Depuis le début de son ministère, on avait cru comprendre que Jésus prenait volontiers des libertés par rapport aux prescriptions de Moïse et qu’il en atténuait généralement la rigueur en préférant la souplesse de l’amour à la rigidité  de la loi. Quand il n’y avait plus d’amour entre deux personnes n’était-il pas  plus charitable de leur rendre leur liberté plutôt que de les contraindre à vivre ensemble une vie qui n’avait plus d’intérêt pour eux ?
 
On aurait pu penser que la rigidité de Jésus visait à protéger la femme rejetée qui se retrouvant seule dans la nature n’avait d’autre solution que de retourner chez ses parents. Mais ses parents étaient-ils encore de ce monde et pouvaient-ils la recevoir ? Dans le cas contraire,  elle était destinée à la prostitution et on pensait que Jésus aurait voulu la préserver de ce sort peu enviable, mais ici, ce n’était pas le cas. Jésus ne fait aucune allusion à une telle situation. Contrairement à notre attente Jésus défend une solution radicale que l’on a de la peine à expliquer.
 divorce-3
Curieusement cette position  est restée la règle dans beaucoup d’églises qui veulent ainsi marquer leur fidélité à Jésus. En fait cette rigidité qui rend tant de gens malheureux aujourd’hui était-elle vraiment l’expression de la volonté du Seigneur ? Nous allons essayer suivre sa logique  au risque de trouver l’expression d’une attitude  plus nuancée voire même très différente de celle que le texte laisse entendre

Avez-vous remarqué que Jésus parle de la dureté du cœur, c’est-à-dire du péché pour justifier la nécessité de  l’assouplissement de la loi de Moïse revendiquée par les pharisiens. C’est par là que j’ai commencé ce sermon. J’ai dit que les hommes avaient une fâcheuse manière de voir le monde, car ils le voyaient sous un angle négatif. Ils considéraient que leur révolte contre Dieu était de l’ordre du normal, et que les humains étaient des rebelles à Dieu par nature.


Il est donc normal pour nous de considérer que les humains aient exclu l’amour des comportements qu’ils ont entre eux. En affaire, par exemple, on ne fait pas de sentiment, et on met ce principe scrupuleusement en pratique.  On a comme un malin plaisir à mettre des limites à l’influence de Dieu sur nos comportements. C’est  en tout cas l’attitude des opposants à Jésus sur la question du divorce.
.
Jésus quant à lui voit les choses autrement. Il ramène ses interlocuteurs au « commencement », au début de la création, dans un monde encore enchanté ou le péché n’avait pas encore fait son apparition. Ce monde avait été conçu par Dieu pour le bonheur des peuples. Au centre de ce monde, l’homme et la femme devenaient par l’amour qui les unissait un seul corps  et une seule âme.  Quand Jésus parle du Royaume qu’il nous invite à construire c’est cette image qu’il a en tête, et  il essaye de provoquer en nous  le  désir de retrouver cette période idyllique où les mythes  bibliques ont placé l’origine de l’humanité. Il nous entraîne à réfléchir au problème du divorce avec cette vision des choses à l’esprit.
.divorce-4
Bien évidemment une telle approche  échappe totalement aux adversaires de Jésus et sans doute aussi à nous-mêmes. Car Dieu a totalement été  écarté du problème. Les adversaires de Jésus  parlent de loi et de règlement et  se demandent comment  appliquer la loi, et surtout comment la contourner. Ce faisant, Ils  espèrent que Dieu cautionnera  leurs arguments. Mais ni Dieu qu’on ne consulte pas vraiment,  ni l’amour qui préside à toutes les manifestations divines n’entrent ici  en ligne de compte. Curieusement, ceux qui sont les gardiens de la Loi et qui prétendent guider les peuples sous le regard de Dieu ont totalement omis Dieu dans leur manière d’aborder les problèmes qui concernent le couple humain quand celui-ci est en état de dysfonctionnement.

Jésus pour sa part réintroduit la présence de Dieu dans le problème. Il rappelle que l’enchantement du monde par la présence de Dieu est toujours d’actualité, mais il dit aussi que la dureté du cœur des hommes, fait continuellement déraper les projets de Dieu qui ne peuvent aboutir que par le pardon et l’amour. Il précise que dans l’intention créatrice de Dieu la rupture entre deux êtres qui s’aiment était  impossible, car l’amour est un ciment qui devrait résister à toute attaque hostile, c’est pourquoi, Jésus affirme qu’il est impossible qu’une rupture  se produise. C’est dans c

divorce

e contexte idyllique de la création qu’il  place  son argumentation face à ses opposants.


Mais l’impossible se produit parfois. L’amour peut  s’affadir. L’homme et la femme conçus  pour s’aimer  se séparent, s’isolent l’un de l’autre, deviennent indifférents l’un à l’autre et finalement en arrivent à se détruire mutuellement. Quand le  péché a fait son œuvre, seul Dieu peu alors gérer le problème. Le péché est une atteinte à Dieu et ses effets ne peuvent en être corrigés que par lui, qui en prodiguant son pardon permet de tout recommencer quand tout a été détruit.
 
Le tort des adversaires de Jésus  est d’avoir voulu tenir Dieu à l’écart du problème, alors que le problème ne peut trouver de solution sans Dieu. C’est parce qu’ils avaient exclu Dieu que Jésus s’est montré sévère car pour lui, sans Dieu rien n’est possible.  Comme il le fait dans toutes les situations où il croise des humains en souffrance, Jésus  va donc aider chacun à se  reconstruire. 
S’il a déclaré que le couple uni devant Dieu ne pouvait pas être détruit, c’est qu’il voulait rappeler la force du principe créateur de Dieu. Quand  ce principe est attaqué par le péché au point de le détruire, Dieu seul ppeut nous prendre en charge en nous aidant à construire l’avenir sans jamais regarder en arrière. Une autre vie peut alors devenir possible , une autre forme d’amour peut alors  trouver sa place, mais le principe d’amour doit toujours rester premier aussi bien dans la cas de la rupture que dans celui d’une nouvelle union.
Jésus  n’a donc nullement l’intention d’enfermer ceux qui ne s’aiment plus dans une attitude impossible à tenir et il mettra tout en œuvre  pour  mettre en place des solutions qui les remettront  les ex-époux debout, et les rendront capables de participer à nouveau  à l’enchantement créateur de Dieu, qui pour un temps les avait quitté.
.
img118-300x135

Publié dans sermon | Pas de Commentaire »

12345...24
 

AEP Gresivaudan 4ieme 2007-08 |
Une Paroisse virtuelle en F... |
VIENS ECOUTE ET VOIS |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | A TOI DE VOIR ...
| la pagina di San Paolo Apos...
| De Heilige Koran ... makkel...