Luc 12:13-21 – Le riche insensé – Luc 12:13-21 – dimanche 4 août 2013

Posté par jeanbesset le 23 juillet 2013

 

Luc 12:13-21 - Le riche insensé - Luc 12:13-21 - dimanche 4 août 2013 dans sermon richesses++1

Le riche insensé.

13 Quelqu’un de la foule lui dit : Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. 14 Il lui répondit : Qui a fait de moi votre juge ou votre arbitre ? 15 Puis il leur dit : Veillez à vous garder de toute avidité ; car même dans l’abondance, la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens. 16 Il leur dit une parabole : La terre d’un homme riche avait beaucoup rapporté. 17 Il raisonnait, se disant : Que vais-je faire ? car je n’ai pas assez de place pour recueillir mes récoltes. 18 Voici, dit-il, ce que je vais faire : je vais démolir mes granges, j’en construirai de plus grandes, j’y recueillerai tout mon blé et mes biens, 19 et alors je pourrai me dire : « Tu as beaucoup de biens en réserve, pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois et fais la fête. » 20 Mais Dieu lui dit : Homme déraisonnable, cette nuit même ton âme te sera redemandée ! Et ce que tu as préparé, à qui cela ira-t-il ? 21 Ainsi en est-il de celui qui amasse des trésors pour lui-même et qui n’est pas riche pour Dieu.

 
La vie dans l’au-delà ne passionne pas généralement le lecteur de l’Evangile. En effet, les Ecritures n’entrouvrent qu’une porte mystérieuse sur un monde qui n’appartient qu’à Dieu. Dieu nous invitera à l’y rejoindre en temps voulu après avoir prononcé à notre égard un jugement que nous espérons favorable. C’est grâce à l’affirmation selon laquelle nous sommes sauvés par grâce que les réformateurs nous ont permis de regarder l’avenir avec optimisme.
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Cette histoire du riche insensé nous invite à porter un regard particulier sur nous-mêmes en insistant sur la valeur de notre responsabilité personnelle dans la gestion des affaires des hommes.richesses+3 dans sermon Nous devons nous regarder sans complaisance, car nous sommes les mieux placés pour savoir comment nous avons répondu aux sollicitations de la vie et comment nous avons mis celle des autres en valeur. Ainsi allons-nous sans doute aller à contre sens des valeurs établies.

Ceci étant dit, je vous invite à partager le rêve que nous avons en commun avec le personnage central de cette parabole : celui de devenir riche. Qui n’a pas rêvé de se trouver riche soit par les hasards de l’histoire, soit par ceux de la naissance ? L’argent a un pouvoir fascinant sur les humains puisque sa recherche joue un rôle considérable dans le choix de carrière que nous faisons pour nous-mêmes ou pour nos enfants. Nous espérons avoir assez d’argent pour ne manquer de rien, et de ne pas en avoir trop pour ne pas en devenir dépendant ! Mais c’est un leurre ! Nous le savons bien, car l’argent appelle l’argent.

Les  affaires financières que l’actualité étale sous nos yeux ne font qu’apporter de l’eau à notre moulin si bien que nous envions ceux qui ont beaucoup d’argent et nous méprisons ceux qui trichent. Pourtant nous avons tous joué à ce jeu de la tricherie en dissimulant à la douane par exemple, des objets qui auraient du être taxés et je ne parle pas de toutes les ruses que nous utilisons pour soustraire notre voiture en stationnement illicite, à la surveillance des agents de l’état préposés à nous verbaliser.
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Mais   le riche de la parabole, même s’il n’est pas sympathique ne triche pas. Ce n’est pas là qu’il faut chercher le pointe du texte. En quoi cet homme est-il mis en cause par le regard que Jésus porte sur lui ? En s’attaquant à ce riche là, nous sentons bien que Jésus va nous mettre en cause pour une raison que nous ne soupçonnons pas encore. Détrompez-vous et soyez rassurés, ce n’est ni aux richesses de ce personnage ni aux vôtres que Jésus va s’en prendre, l’argent ne joue ici qu’un rôle secondaire. Ce qui est mis en cause c’est la valeur que nous donnons à la vie et de l’usage que nous en faisons.
Jésus ne reproche pas à cet homme d’avoir accumulé de l’argent ! Il l’interroge sur ce qui a motivé son action en amassant une fortune ? Pourquoi a-t-il agi comme il l’a fait, et naturellement c’est à chacun de nous qu’il s’adresse? Qu’est ce qui a motivé son action ? Il a accumulé des biens plus que nécessaire ! Cela ne nous paraît pas moral, mais ce n’est pas le sujet de l’intervention de Jésus qui ne lui laisse même pas le temps de répondre et l’accable immédiatement par l’annonce de sa mort prochaine.
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Cependant nous pouvons facilement répondre à la place du riche, parce que sa réponse sera aussi la nôtre. Il amasse des biens pour que ses enfants en profitent après lui, ils seront heureux d’avoir une vie plus facile que la sienne. Surtout par les temps qui courent, nous nous sentons autorisés d’en rajouter. Et puis, on pourrait en dire plus encore, nous pourrions suggérer qu’en amassant des biens, il fournit des emplois à ceux qui travaillent sur son domaine.
Tout  cela est juste, mais c’est quand même lui, et lui seul qui reste au centre de ses préoccupations. Si ses enfants et ses ouvriers doivent lui être reconnaissants richesses+4un jour, il est en droit de se réjouir à l’avance de cette fonction de bienfaiteur qu’il se reconnaît déjà à lui-même. Quoi qu’il puisse dire c’est son ego qui reste au centre de ses préoccupations ! Mais nous agissons tous ainsi, et moi qui vous tance tout le premier. Quel mal y a-t-il à cela ?
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Avec   une telle remarque vous devinez sans doute que mon propos n’est pas de vous reprocher de tirer vanité de vos biens et de vos bonnes intentions. Vous voilà rassurés pour le moment. Il n’y a donc apparemment pas de mal à se mettre soi-même au centre de ses pensées. Ce n’est d’ailleurs pas sur ce point que Jésus exerce sa critique, il l’interpelle sur son âme, ce qui est inhabituel chez Jésus. L’âme est une notion difficile à apprécier, mais il semble qu’elle corresponde à l ‘élément vital qui est en nous. C’est ce principe de vie qui intéresse Jésus et c’est sur ce point là que s’appuie son questionnement. Cet élément de vie qui est en nous, fonctionne pour Jésus comme un outil de contrôle. C’est lui qui provoquerait en nous un jugement de valeur sur la manière dont nous agissons.
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C’est en nous interrogeant nous-mêmes sur notre âme que nous découvrons vraiment qui nous sommes. Nous semblons ignorer que ce principe de vie est à notre disposition pour orienter notre existence.  Jésus y insiste. En fait, nous nous comportons comme si à la fin des temps, Dieu devait prononcer un jugement sur nous et, en fonction de ce que nous avons dit au début de ce propos, ce jugement sera favorable ou non. Si le jugement est favorable, c’est un supplément de vie qui nous sera alloué, si non ce sera l’oubli éternel. Nous parions cependant que la grâce divine fera pencher la balance en notre faveur. En ce sens, la manière de penser des contemporains de Jésus, et la nôtre ressemble à celle des sociétés païennes de tous les temps selon les quelles, avec toutes les variantes possibles, une récompense finale attendrait les bons et un jugement sévère serait réservé aux autres.
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La   pensée de Jésus ne semble pas devoir cautionner cette manière simpliste de voir les choses. Il s’attache à porter son regard sur nos vies alors qu’elles ne sont pas encore terminées. Ce qui importe pour lui c’est le jugement que nous devrions porter sur nous-mêmes avant que Dieu puisse porter un jugement final sur nous à la fin des temps. Il suggère donc, que nous apprécions notre conduite à chaque tournent de notre vie en fonction des décisions que nous avons prises ou que nous devons prendre.
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En   effet, nous savons intuitivement ce qu’il est bon ou qu’il est juste de faire. Nous connaissons bien la volonté de Dieu telle qu’elle nous parvient par les Ecritures. Nous sommes donc particulièrement habilités à porter un jugement sur nos actions. Jésus nous renvoie à nous-mêmes et à la façons dont nous savons prendre nos responsabilités pour que les forces de vies qui sont en nous soient mobilisées en fonction d’un plan de Dieu qu’il nous appartient de discerner. Jésus pense que le regard que Dieu porte sur nous s’attache à la manière dont nous savons exercer nos responsabilités en fonction de ce que nous percevons de la volonté de Dieu.
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Ainsi   ce qui a le plus de valeur aux yeux de Dieu, c’est le jugement que nous portons sur nous-mêmes, sans tenir compte du jugement que peuvent porter les autres sur nos motivations ou sur nos égoïsmes. Il est tout à fait important que nous sachions apprécier de quelle valeur de vie nos actions sont chargées. Nous sommes, placés dans une situation de responsabilité par rapport à tous ceux que nous côtoyons et que nous appelons nos prochains.
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La valeur de richesses+5notre vie est appréciée par Dieu en fonction de nos capacités à gérer le potentiel de vie qui est en nous. Nous pouvons donc dire que le jugement qui a de la valeur aux yeux de Dieu c’est d’abord celui que nous portons sur nos capacités à stimuler toutes les formes de vie qui nous entourent. C’est elles qui donneront de la valeur à notre existence. Ce jugement que nous portons sur nous-mêmes nous amène donc à réviser à chaque instant notre manière de penser et d’agir.
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Quant au reste, il y a fort à parier que le jugement de Dieu sur nous-mêmes sera moins sévère que le nôtre. Mais ce qui est important, c’est le jugement que nous portons sur nous-mêmes quand il nous reste encore du temps pour agir. Tout cela constitue le secret de notre vie et il n’appartient qu’à nous.
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Illustrations: les riches heures du Duc de Berry :juillet


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Luc 11:1-13 – la prière – dimanche 28 juillet 2013

Posté par jeanbesset le 16 juillet 2013

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Luc 11:1-13 - la prière - dimanche 28 juillet 2013 dans sermon Pri%C3%A8re+c

1 Il priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean aussi l’a enseigné à ses disciples. 2 Il leur dit : Quand vous priez, dites :

Père,
que ton nom soit reconnu pour sacré,
que ton règne vienne !
3 Donne-nous, chaque jour, notre pain pour ce jour ;
4 pardonne-nous nos péchés,
car nous aussi, nous remettons sa dette à quiconque nous doit quelque chose ;
et ne nous fais pas entrer dans l’épreuve.
5 Il leur dit encore : Qui d’entre vous aura un ami chez qui il se rendra au milieu de la nuit pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, 6 car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir. » 7 Si, de l’intérieur, l’autre lui répond : « Cesse de m’importuner ; la porte est déjà fermée, mes enfants et moi nous sommes au lit, je ne peux me lever pour te donner des pains », 8 — je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner parce qu’il est son ami, il se lèvera à cause de son insistance effrontée et il lui donnera tout ce dont il a besoin.
9 Eh bien, moi, je vous dis : Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. 10 Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et à qui frappe on ouvrira. 11 Quel père parmi vous, si son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu d’un poisson ? 12 Ou bien, s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ? 13 Si donc vous, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il l’Esprit saint à ceux qui le lui demandent !
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Pri%C3%A8re+D dans sermon
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Pourquoi prier ? Quand faut-il prier ? Comment prier ? Autant de questions qui se posent à nous et que Jésus nous aide ici à solutionner.  Jésus vivait dans un pays où la présence de Dieu ne se discutait pas. Elle faisait partie des évidences. Dieu était  omni présent. Les religieux se rencontraient à chaque carrefour des villes et des villages et on les repérait à leurs vêtements  caractéristiques qui signifiaient leur attachement à la religion. Les fêtes de pèlerinage qui rythmaient la vie de toute l’année entretenaient ce climat de religiosité permanente. Il est donc normal que les disciples de Jésus lui aient demandé  comment régler leur relation à Dieu alors que Jésus se mettait en retrait de la religion officielle.

Ils attendaient de lui qu’il leur précise la place que devaient prendre les différents rites religieux dans la vie. Ce ne sont ni les  pratiques du jeûne, ni celles du pèlerinage, ni celles des formes multiples de charité, mais c’est  la prière personnelle qui aura sa préférence. Il ne s’agit pas de n’importe quelle prière. Il s’agit de celle qui ne pouvait  être contrôlée par personne et qui ne correspondait à aucune réglementation. En effet, il y avait les prières rituelles qui se faisaient à différents moments de la journée, il y avait celles qui correspondaient à la lecture des psaumes qui se faisaient à la synagogue. Il y avait aussi les prières qui se disaient au moment des repas, et j’en passe.pri%C3%A8re+A
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Pour Jésus, c’est la prière individuelle qu’il pratique lui-même personnellement et très longuement qu’il recommande.  Il leur donne une forme de canevas pour en déterminer le contenu. Il s’agit du Notre Père. C’est une prière qui ne se serait  pas suffi à elle-même si elle s’était  résumée aux quelques phrases qu’elle contient. Mais elle  pouvait se prolonger indéfiniment si celui qui priait s’en servait pour organiser sa prière personnelle qu’il  adressait  à Dieu son Père.
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Elle commence par une louange qui lui est adressée. Celle-ci  se poursuit par l’énoncé des éléments  dont nous avons besoin pour vivre, à commencer par notre nourriture sous forme de pain quotidien. La prière contient ensuite tous les éléments de notre vie quotidienne en n’oubliant pas de mentionner nos manquements vis-à-vis des autres et de Dieu. Nous remarquons qu’elle ne fait pas état de toutes nos doléances vis-à-vis de tout ce qui ne va pas autour de nous. Cette prière est d’abord orientée vers les autres et s’adresse à Dieu dans sa fonction de Père.
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Jésus   favorise donc notre relation  personnelle à Dieu qu’il situe non pas dans une relation de dépendance  ou de soumission à un Dieu souverain et tout puissant,  mais dans une relation d’amour semblable à celui que l’on partage avec ses parents. Pour Jésus nous devons entretenir une relation à Dieu qui correspond à celle que nous entretenons avec  les humains qui nous sont les plus proches. Le Père ou la Mère.
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Cette prière particulièrement adressée au père a été critiquée par certains théologiens modernes qui ont accusé l’évangéliste Luc  et Jésus lui-même de machisme parce qu’il privilégiait la relation au Père. En fait  dans l’esprit de Jésus, selon moi,  il s’agissait de  la relation affective la plus immédiate et la plus naturelle de son temps. Si on veut bien se donner  la peine de rester dans sa pensée, on admettra facilement qu’il s’agissait d’exprimer notre relation à Dieu dans les mêmes termes que ceux que l’on utilise pour  le  parent pour lequel on a le plus d’affection.  C’est la relation avec celui des humains que l’on aime le plus qui est la bonne référence pour s’adresser à Dieu. Ainsi se trouve exclue de notre référence à Dieu le parent, fut-il notre Père, pour lequel on ne ressent pas une tendresse particulière et qui exerce vis à vis de nous une relation d’autorité et non d’affection.
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Jésus privilégie donc  la relation affective pour  caractériser notre relation à Dieu  à l’exclusion de toute autre forme de relation. C’était en cela une nouveauté pour les gens de son temps qui voyaient en Dieu un être tout puissant qui réglait le monde selon sa justice. Pour nous est-ce aussi une nouveauté ?
Pri%C3%A8re+B
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Pour nos contemporains Dieu est moins présent dans leur vie de tous les jours qu’il l’était jadis. Nous vivons dans une société laïque qui rend suspecte toute référence à Dieu dans la vie ordinaire. A la différence des anciens, l’homme d’aujourd’hui ne reconnaît pas l’intervention de Dieu dans les mouvements de la nature. Avertis des règles naturelles qui gèrent le monde, il n’y reconnaît plus la présence de Dieu. Si d’aventure il prétendait le contraire il serait perçu comme  un individu déphasé par rapport au monde où il vit. Le soleil, le vent, la pluie, n’interviennent pas sur injonction de Dieu  et ne sont pas l’expression d’une intervention divine. Ils  ne sont porteurs ni de malédiction ni de bénédiction. On ne voit plus que l’action bonne ou mauvaise des hommes dans les événements qui marquent la société.
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Dieu rejeté de la société des hommes se trouve exilé dans les recoins sensibles de notre âme et nous ne l’y trouvons que si nous voulons le chercher. Pourtant Dieu ne s’enferme pas dans ce refuge que lui concède la société. Au contraire il s’y complet. Il y fait sa demeure  et il s’y rend actif.
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N’êtes-vous pas surpris de constater  que beaucoup de gens continuent à accorder leur confiance à Dieu dans un monde où il semble absent. En fait Dieu agit en nous. Il habite notre âme et n’y reste pas en repos. Beaucoup d’humains ressentent sa présence dans leur vie intérieure et cela les pousse  à vouloir le rencontrer et se familiariser avec lui. «  Qui cherche,  trouve » dit alors Jésus. Quiconque est intriguée par cette présence d’une force inconnue en lui qui le pousse à aimer sans espérer de compensation et à faire des actions qui ne lui sont pas naturelles en cherche  l’origine et  la trouve en Dieu.
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C’est alors que la prière trouve tout naturellement sa place dans notre recherche. La prière devient une descente approfondie au fond de nous-mêmes  pour rencontrer celui qui nous appelle à vivre autrement que ce que nous le faisons.
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Nous prendrons  en conclusion la parabole qui constitue la deuxième partie de notre texte et nous la lirons en fonction de cette interprétation. Il s’agit de l’aventure d’un homme qui a soigneusement fermé la porte de sa maison. Il a mis la barre en travers, il a couché ses enfants et lui-même s’est mis au lit, quand tout à coup il est sollicité par une voix qui vient  de l’extérieure et qui réclame ses services. Il fait la sourde oreille mais le solliciteur insiste. Le dormeur argumente pour ne pas se lever mais  l’autre se fait encore plus pressent au point de devenir importun. Cela pourrait durer longtemps.
pri%C3%A8re+FContrairement à son habitude, L’Evangéliste Luc ne donne pas d’explication à la parabole. Ne peut-on pas imaginer pour notre part qu’elle pourrait être une réponse à nos questionnements? Celui qui sollicite  de l’extérieur et qui demande qu’on lui  ouvre sa porte ne serait-il pas Dieu ? Il   insiste pour que nous lui ouvrions notre âme et que nous écoutions l’objet de sa requête.  Le solliciteur a besoin des quelques pains que le dormeur  garde en réserve et  dont il a besoin pour ses amis. Dieu à force d’insister a finalement raison de la porte  de notre  âme qui s’ouvre. Nous  accueillons  Dieu qui deviendra présent dans notre vie et lui donnera du sens, il la rendra utile  en  utilisant  à bon escient tout qui est utile en nous pour autrui.
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Quand enfin l’homme qui sommeille loin de Dieu le reconnaît dans ce solliciteur, les événements de sa vie prennent une autre tournure. Si Dieu intervient dans sa vie, c’est du bonheur qu’il lui  donne. Il reconnait  que les scorpions, serpents et autres cailloux qui encombrent sa vie ne viennent pas de Dieu, mais que c’est lui qui l’aide à les combattre et à surmonter les obstacles que les hasards de la vie lui  apportent.

Illustrations : différentes personnes en prière: Rembrandt

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Luc 10:25-37 – la parabole du bon Samaritain – dimanche 14 juillet 2013

Posté par jeanbesset le 6 juillet 2013

25 Et voici qu’un légiste se leva et lui dit, pour le mettre à l’épreuve : « Maître, que dois-je faire pour recevoir en partage la vie éternelle ? » 26 Jésus lui dit : « Dans la Loi qu’est-il écrit ? Comment lis-tu ? » 27 Il lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même. » 28 Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu auras la vie. » 29 Mais lui, voulant montrer sa justice, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
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30 Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, il tomba sur des bandits qui, l’ayant dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. 31 Il se trouva qu’un prêtre descendait par ce chemin ; il vit l’homme et passa à bonne distance. 32 Un lévite de même arriva en ce lieu ; il vit l’homme et passa à bonne distance. 33 Mais un Samaritain qui était en voyage arriva près de l’homme : il le vit et fut pris de pitié. 34 Il s’approcha, banda ses plaies en y versant de l’huile et du vin, le chargea sur sa propre monture, le conduisit à une auberge et prit soin de lui. 35 de lui. Le lendemain, il sortit, deux deniers, les donna à l’hôtelier et dit : « Prends soin de lui et si tu dépenses quelque chose de plus, c’est moi qui te le rembourserai quand je repasserai.” 36 Lequel des trois, à ton avis, s’est montré le prochain de l’homme qui était tombé sur les bandits ? » 37 Le légiste répondit : « C’est celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va et, toi aussi, fais de même. »
Luc 10:25-37  - la parabole du bon Samaritain - dimanche 14 juillet 2013 dans sermon le+bon+samaritain+5
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Toujours pardonné, sans cesse repentant, tel est le peuple auquel les protestants se plaisent à ressembler. Il est toujours coupable mais toujours reconnaissant de la grâce prévenante qui l’enveloppe. Le salut gratuit lui est toujours offert comme un cadeau immérité. Nous passons ainsi notre temps à implorer un pardon que l’Evangile nous dit être accordé d’avance ! C’est tout à fait perturbant et même aliénant d’espérer ne jamais pouvoir parvenir à satisfaire pleinement notre Seigneur puisque selon nos anciennes liturgies inspirées par Calvin nous sommes nés dans la corruption et incapables par nous-mêmes d’aucun bien. Bien que l’avenir nous soit ouvert, nous sommes enfermés à tout jamais dans notre état d’inachèvement.
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Si ce langage est conforme à l’esprit de la Réforme, il faut bien dire qu’il passe mal aujourd’hui, car, nous vivons dans une société culpabilisante qui attribue ses dysfonctionnements à l’irresponsabilité de nos contemporains qui par leur mode de consommation compromettent l’avenir de la planète. Le texte d’aujourd’hui en rajoute une couche en mettant les prêtres en première ligne de la liste  des coupables.  S’il y a une bonne nouvelle à recevoir aujourd’hui, elle ne doit pas consister à rajouter de la culpabilité à la culpabilité ambiante. Nous sommes fatigués de nous sentir enfermés dans cet univers morbide de la faute sans aucun espoir de satisfaire aussi bien les hommes qui sont sensés être nos prochains que Dieu qui nous aime tant et qui nous protège contre nos péchés avant même que nous les ayons commis.
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La parabole que nous écoutons aujourd’hui et que tous connaissent bien, nous met tellement en cause que nous cherchons à la contourner afin de lui trouver un sens caché pour ne pas subir les conséquences d’une  culpabilité qui pèserait encore plus lourdement sur  nos consciences.  Elle nous assène  une leçon de morale qui nous enferme dans notre  incapacité à bien faire. Elle met en scène un marginal sympathique,  financièrement aisé, mais rejeté à cause de sa naissance. Il est Samaritain autant dire qu’il n’appartient pas à la bonne société . On n’a sans doute rien à lui reprocher, mais il n’est pas comme nous. Par sonle+bon+samaritain+6 dans sermon attitude il entre dans le schéma classique du marginal qui donne par son comportement   une leçon de morale au gens de la société en place.
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En effet, il accepte de se compromettre dans une affaire suspecte. Il étale sa fortune dans une affaire d’homicide. Il interrompt un voyage d’affaires pour s’occuper d’un homme qui est entre la vie et la mort. Qu’importent les affaires, le temps et l’argent, c’est le sort de cet individu qui ne lui est rien, qui l’arrête sur son chemin. Il utilise sa propre monture, rebrousse chemin, trouve du secours qu’il doit payer de ses propres deniers, il avance même une provision d’argent pour qu’on s’occupe de lui. C’est comme s’il lui ouvrait un crédit illimité sur son compte. Il retourne ensuite à ses affaires tout en gardant le souci de son protégé pour lequel il promet de modifier son projet de retour, et même de payer encore si c’est nécessaire. Trop c’est trop.
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En écoutant ce récit pour le moins culpabilisant on se dit qu’en toute honnêteté on n’aurait même pas pu en faire la moitié. En y réfléchissant, cette histoire nous parait  totalement invraisemblable. Sans tenir compte des arguments  sur lesquels nous reviendrons, on en arrive à penser  que la Loi de Moïse était moins sévère que les prescriptions de Jésus. Quel intérêt aurions-nous à suivre Jésus ?  Certains iront même jusqu’à penser qu’il vaut mieux le néant éternel plutôt que de payer un prix impossible pour un paradis hasardeux.
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Mais, je l’ai souligné, si Jésus invite son interlocuteur à faire de même, il ne nous invite pas nous-mêmes à faire de même.  Il n’a pas un mot pour exprimer son admiration devant tant de générosités. Il se contente  de poursuivre son récit en tirant une conclusion sur les subtilités de la rhétorique pour savoir qui dans cette histoire était le prochain l’autre ? Et nous voilà en train de sombrer dans un abîme de perplexité. Je dois confesser à mon corps défendant que je n’ai jamais rien compris à ces subtilités si bien que je me pose encore aujourd’hui la question de savoir où l’Evangile veut nous entraîner ? Certainement pas dans des subtilités juridiques dans lesquel nous avons tendance à vouloir enfermer Dieu, Jésus Christ et notre prochain. Si nous recevons cette parabole comme une leçon de morale exemplaire nous n’y trouverons  pas  le souffle libérateur que Jésus a voulu donner à son Evangile.
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A l’origine de cette histoire, il y a la prétention d’un homme pieux à débattre avec Jésus sur le juridisme religieux afin de définir le rôle que peut jouer le prochain dans notre quête du salut éternel. Puisqu’il veut débattre, Jésus accepte le débat, mais ça ne mène à rien. Comme toujours Jésus décrit une situation impossible. Personne en effet ne peut accéder au rôle tenu par la Samaritain qui semble avoir pour règle de vie l’abnégation totale.  En toute bonne logique, ça   ne marche pas. A  vouloir être trop parfait, on aboutit à une situation absurde. Ce  ce n’est pas dans cette direction qu’il faut chercher. En effet, si un tel comportement était possible et exemplaire, cet homme aurait rejoint depuis longtemps les rangs des nécessiteux et des clochards. Il faut disposer d’une grande fortune pour agir comme il l’a fait et il faut disposer d’une source de revenus inépuisable pour en disposer de telle sorte  que le premier venu en détresse puisse y puiser à volonté. L’action qu’il a faite  envers le Samaritain n’avait certainement pas été son coup d’essai. L’exercice de la charité semble faire partie de sa nature profonde.  Et si telle était sa manière d’agir   Il n’aurait donc pas eu l’occasion d’exercer la charité comme il l’a fait, car il n’aurait jamais eu la possibilité de gagner la moindre somme d’argent pour faire ses libéralités puisqu’elle aurait été dépensée avant d’avoir été gagnée.
 Le+bon+samaritain+4
Aujourd’hui, dans une société plus prévenante à l’égard des délaissés que la société antique, ceux qui se donnent pour règle l’abnégation totale et qui se consacrent essentiellement à la générosité vis-à-vis des démunis, c’est avec l’argent des autres qu’ils font leurs générosités et non avec le leur. C’est ce que font les ONG. Quant aux ordres monastiques, même si les moines font vœu  de pauvreté, c’est avec l’argent que l’ordre perçoit qu’ils exercent la charité. C’est comme cela que fonctionnent les bonnes œuvres dans le meilleurs des cas, et on ne saurait le faire autrement. Or notre généreux Samaritain semble vouloir des ressources inépuisables pour venir en aide aux autres
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Ce constat d’échec à propos de la générosité gratuite nous déçoit. Nous sommes apparemment tombés dans une impasse et nous avons du mal à nous résigner à cet état de fait.  En fait, nous devrions nous demander ce qui se serait passé si le blessé n’avait pas été secouru. C’est simple il aurait perdu la vie. Or c’est bien sur une question de vie qu’a commencé le propos. Il s’agissait de vie éternelle, bien sûr, mais avant d’être éternelle la vie doit s’ancrer dans l’existence au quotidien.
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Loin de nous dicter un comportement, ce passage nous désigne les priorités que Dieu nous invite à prendre en compte. Cette priorité c’est la vie des autres. Le comportement du Samaritain nous dit qu’elle n’a pas de prix. La vie du blessé était en danger et elle devait être préservée. Le samaritain l’a fait. Le débat s’arrête là. Il n’est plus question de savoir s’il  a fait ce qu’il fallait. Il n’est pas question non plus de juger le comportement de l’un ou de l’autre, Jésus ne le fait pas, mais il nous entraîne dans une autre direction. Il nous invite à faire une descente au fond de nous-mêmes pour nous demander à qui ou à quoi nous donnons priorité dans nos actions. Est-ce notre intérêt personnel ou celui des autres ? Est-ce notre bonne conscience qui guide nos décisions ou l’amour du prochain ? Il ne s’agit pas ici d’avoir la réponse juste et de respecter le bon comportement, il s‘agit de percevoir quels sont les impératifs de notre foi que Dieu a inscrits en nous et que notre intelligence le++bon+samaritain+2nous donne de découvrir. Il s’agit simplement d’être en harmonie avec Dieu et de comprendre que Dieu donne priorité à tout ce qui est porteur de vie : la vie de chaque jour pour ce temps et ensuite la vie éternelle. la qualité que nous réservons à la première étant une annonce de la qualité que Dieu réserve à la seconde.
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Quoi que nous fassions ou que nous ne fassions pas, notre salut éternel n’est pas mis en cause et ceux qui argumentent au sujet   de la morale n’y trouveront pas leur compte. Jésus répond à celui qui l’interroge sur la vie éternelle en disant que la vie est au centre de la préoccupation de Dieu. « Si tu es en Dieu, tu es déjà dans la vie éternelle, il t’appartient de manifester cette certitude dans toutes tes actions. Il s’agit simplement de rendre manifeste la foi qui est en toi. »
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Luc 9:11-17 La multiplication des pains – dimanche 29 mai 2016

Posté par jeanbesset le 17 mai 2013

Luc 9:11-17 La multiplication des pains - dimanche 29 mai 2016 dans sermon multiplication+3

Luc 9 :11-17

10 Les apôtres, à leur retour, racontèrent à Jésus tout ce qu’ils avaient fait. Il les prit avec lui et se retira à l’écart, du côté d’une ville appelée Bethsaïda.11 Les foules s’en aperçurent et le suivirent. Il les accueillit ; il leur parlait du règne de Dieu ; il guérit aussi ceux qui avaient besoin de guérison.

12 Le jour commençait à baisser. Les Douze vinrent donc lui dire : Renvoie la foule, pour qu’elle aille se loger et trouver du ravitaillement dans les villages et les hameaux des environs ; car nous sommes ici dans un lieu désert. 13  Mais il leur dit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Ils dirent : Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons, à moins que nous n’allions nous-mêmes acheter des vivres pour tout ce peuple. 14 En effet, il y avait environ cinq mille hommes. Il dit à ses disciples : Installez-les par rangées d’une cinquantaine. 15 Ils firent ainsi ; ils les installèrent tous. 16 Il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et prononça la bénédiction sur eux. Puis il les rompit et se mit à les donner aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. 17 Tous mangèrent et furent rassasiés, et on emporta douze paniers de morceaux qui étaient restés.

Jésus nous surprendra toujours parce qu’il réagit rarement dans le sens où nous le souhaitons. Les disciples excités par leur expérience,  fatigués, ils espèrent un peu d’écoute et de compassion de la part de Jésus. Jésus semble abonder dans leur sens, c’est pourquoi il les emmène en promenade pour prendre un peu de repos.  Inutile, la foule plus rapide qu’eux les a rejoints. On se reposera plus tard, on mangera à un autre moment, Jésus leur sacrifie sa disponibilité pour se consacrer à plus démunis qu’eux.

Ainsi en est-il de ceux qui ont choisi de mettre leurs  pas dans ceux de Jésus et de répondre à sa suite à l’appel de Dieu. Il leur faut aller de l’avant, même s’ils sont  fatigués.  La mission a sans doute été rude. Ils ont sans doute besoin  de nourriture matérielle et spirituelle, ils ont besoin de partager leur aventure.  Ils ont en fait besoin que l’on s’occupe d’eux, négligeant tout sentiment d’empathie, Jésus considère qu’il y a plus urgent. Frustrés, ils restent dans leur coin.

C’est cela qui se passe bien souvent, même dans ces Eglises que nous fréquentons. La plupart  de ceux qui sont venus assister au culte y sont venus  parce qu’ils avaient besoin de Dieu, parce que leur cœur avait besoin de s’épancher, et  la plupart du temps, ils entendent des  paroles qui leur  disent que les autres, sont plus à plaindre qu’eux.  On leur parle du souci de Dieu pour les autres, on les invite même à leur consacrer du temps et de l’argent. C’est alors qu’ils se sentent frustrés. Ils le sont  d’autant plus qu’ils savent que ces exhortations  donnent dans le vrai. Ils savent intérieurement  qu’ils sont en quelque sorte des privilégiés par rapport  à d’autres, mais pour cet instant,  ce n’est pas leur sujet de préoccupation.

Ce qui les intéresse, c’est que Dieu se penche sur leurs soucis et qu’il apaise leurs angoisses. En entendaMultiplication A3nt une exhortation à s’intéresser aux autres, ils ont l’impression de s’être trompés de lieu. Ils voudraient être ailleurs.  Le miracle  qui devrait transformer les autres  grâce à leurs bonnes actions ou leur générosité ou par le don de leur  argent ne relèvera pas de leur fait pour l’instant  car si les autres seront peut être rassasiés,   eux, resterons frustrés. C’est dans ce climat que se situe le  texte que nous méditons, et nous découvrons en commençant  que deux camps sont en train de naître dans l’entourage de Jésus et ceux qui se croient plus  proches de lui nourrissent déjà des sentiments hostiles à l’égard de la foule qui constitue l’autre camp.

Nous partageons nous aussi   le  désarroi des disciples. Ils espéraient la compassion de Jésus, et c’est la foule qui y a droit. Quand  nous participons à la vie de son Eglise, nous aimerions parfois que Jésus  s’occupe de notre âme, au lieu de nous culpabiliser, par prédicateurs interposés de ce que nous ne faisons pas. Peut-être que si on le faisait davantage les églises seraient-elles plus dynamiques, mais Jésus semble penser qu’il y a  mieux à faire, en tout cas dans la situation rapportée ici.

Bien entendu, tous ces gens qui accouraient en foule à la suite de Jésus n’étaient pas venus pour être mobilisés afin de devenir les premiers bâtisseurs du Royaume de Dieu.  Jésus ne semble même pas avoir l’intention de les enrôler parmi ses  amis,  ni de constituer avec eux  un premier contingent pour mener une  révolution   dont  il serait l’instigateur. Ils espèrent seulement sans le savoir  que  Jésus mettra quelque chose de nouveau dans leur vie. Il n’y a pas donc pas de concurrence entre les disciples et la foule, mais ils  ressentent mal une telle situation.

Pourtant, Jésus a mis ses amis à l’écart, il ne les a pas bousculés, il les a laissés tranquilles pour qu’ils se reposent un peu avant de les mettre au travail. Car pour Jésus, c’est l’action qui prime sur l’inaction. C’est le dynamisme qui prend le pas sur la contemplation. Il va se comporter  comme si le fait de se mettre au travail sous son impulsion était un baume  suffisant pour leur donner de la vigueur. Pour Jésus, semble-t-il,  il n’y a aucun avenir dans un repli sur soi, car la vie qu’il nous donne ne peut se vivre que dans le mouvement.

Les gens qui forment de cette foule sont comme des brebis sans berger, est-il dit dans un autre évangile au sujet de  ce même événement. Curieusement, Jésus ne se propose pas d’être leur berger. Pour répondre à leur détresse, Jésus les a enseignés et ils ont sans doute été réceptifs puisqu’ils sont restés. Mais celui qui enseigne n’est pas forcément celui qui prend en charge. On ne sait d’ailleurs pas ce qu’il leur a dit, mais on peut le supposer. Il leur a dit que s’ils suivent son enseignement, ils n’auront plus besoin de berger, l’enseignement  qu’il leur donne leur suffit pour qu’ils deviennent eux-mêmes autonomes car Jésus veut en faire des êtres assez dynamiques pour se battre pour leur propre cause. Ils n’ont besoin ni de maître ni de gourou. Jésus leur a indiqué la voie qui donne du sens à la vie et en écoutant Jésus, ils ont été remplis du désir de vivre.

Il leur a donné  de l’espérance !  Et maintenant le groupe des amis de Jésus n’a plus qu’un désir : celui de se séparer de la foule et de récupérer le enfin, car ils sont bien avec lui. Ses amis, lui font alors comprendre qu’il  Il n’a que faire de cette foule de solliciteurs  et lui conseillent  de les renvoyer avant qu’il ne soit trop tard. Jésus abonde dans leur sens,  il n’a pas l’intention, quant à lui,  de les garder autour de lui, mais il ne suit pas leurs injonctions, car ce n’est pas fini, il faut maintenant que tous mangent.  Face à Jésus s’opposent maintenant deux groupes  qui ont le même besoin celui de manger. Le plus agressif est celui de ses amis. Vont-ils se séparer définitivement pour trouver chacun leur pitance ou vont-ils se rassembler et assouvir ce besoin commun ensemble? La réaction du chacun pour soi est classique. C’est celle des amis de Jésus.  Il nous est facile aujourd’hui d’imaginer quels pourraient être ces deux groupes dans la masse de ceux qui se réclament de Jésus.  Jésus  quant à lui ne l’entend pas de cette oreilleMultiplication A2

Nul ne sait de quoi a été fait  le miracle, même si on peut l’imaginer. Mais les deux fractions rivales ont mangé et partagé  et tout cela a été organisé  de telle sorte que ce sont ceux  qui se croyaient  les plus proches de Jésus, c’est-à-dire ses disciples, qui reçoivent la charge de servir les autres  alors que depuis le début ils avaient l’intention de ne rien faire. Ce que l’on sait c’est que la foule a commencé à se mobiliser et qu’elle a été nourrie. C’est sans doute  en  mettant les disciples encore fatigués au service de cette foule  que l’espérance que Jésus avait  mis en eux  a pu se communiquer  aux autres.  Le miracle, n’a donc pas tellement été celui de la multiplication des pains, mais il  a pu se réaliser parce que  les disciples qui avaient l’intention de laisser tout  faire à Jésus se sont  mis au travail et qu’ils se sont mis au service des autres. 

On a pris l’habitude de considérer que les disciples de Jésus étaient des râleurs qui comprennent toujours trop tard ce que Jésus attend d’eux et qui se font prier pour accomplir les désirs du maître. Nous leur ressemblons  sans doute, quand  nous aussi nous trainons les pieds et que nous renâclons pour rendre compte de l’espérance qui est en nous.  Il n’empêche que malgré leur indisponibilité, c’est quand même par eux que s’est accompli le miracle.  

La fin du récit nous laisse entendre que cela se passe dans l’urgence. Le soir tombe, la nuit approche, c’est la nuit de l’angoisse et de l’incertitude, il faut que tout soit dit et que tout soit compris avant que les ténèbres ne surprennent tout le monde. Il faut que chacun reparte, animé d’une puissance de vie nouvelle qui lui permettra de franchir les obstacles que l’obscurité lui réserve.  Mais, Jésus n’a donné à personne une potion magique qui déjoue les obstacles, il a insisté  sur la notion de service qui rend les uns et les autres capables de faire  face  aux adversités qui les attendent. Il leur a donné une espérance  qui les remplit d’énergie, mais les difficultés de la vie subsistent. Espérance et service, voila deux notions qu’il nous faut nous appliquer à mettre ensemble.

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Actes 2:1-13 – Pentecôte – dimanche 19 mai 2013

Posté par jeanbesset le 4 mai 2013

Actes 2:1-13 - Pentecôte - dimanche 19 mai 2013 dans sermon Pentec%C3%B4te
1 Lorsque arriva le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble en un même lieu. 2 Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis. 3 Des langues leur apparurent, qui semblaient de feu et qui se séparaient les unes des autres ; il s’en posa sur chacun d’eux. 4 Ils furent tous remplis d’Esprit saint et se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’énoncer. 
5 Or des Juifs pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel habitaient Jérusalem. 6 Au bruit qui se produisit, la multitude accourut et fut bouleversée, parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. 7 Etonnés, stupéfaits, ils disaient : Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? 8 Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? 9 Parthes, Mèdes, Elamites, habitants de Mésopotamie, de Judée, de Cappadoce, du Pont, d’Asie, 10 de Phrygie, de Pamphylie, d’Egypte, de Libye cyrénaïque, citoyens romains, 11 Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons dire dans notre langue les œuvres grandioses de Dieu ! 12 Tous étaient stupéfaits et perplexes ; ils se disaient les uns aux autres : Qu’est-ce que cela veut dire ? 13 Mais d’autres se moquaient en disant : Ils sont pleins de vin doux !
Pentec%C3%B4te+1 dans sermon
Le temps passe, l’habitude s’installe, nos vies sont rythmées par le changement des saisons et chaque changement est marqué par une célébration chrétienne. Sans doute en avons-nous oublié l’origine, on ne sait même plus très bien ce que signifient ces célébrations, mais  toutes sont marquées par une sorte de miracle qui nous ouvre à l vie. A Noël, l’hiver est célébré par la naissance d’un enfant qui annonce le renouveau de la vie.  A Pâques le printemps marque sa venue par les promesses  de la résurrection et d’une vie nouvelle. A Pentecôte, c’est le feu qui descend du ciel,  pour donner un sursaut de vie à l’annonce de l’été. Même si à l’automne les chrétiens se divisent sur le sens à donner à la fête, c’est encore la vie qui est célébrée. Pour les uns c’est la communion entre tous les saints à La Toussaint, pour les autres c’est la redécouverte  de la gratuité du salut offert à tous  dans les promesses de l’Evangile lors de  la fête de la Réformation. Partout la vie est à l’honneur pour remplir le cœur des humains d’espérances toujours nouvelles. Mais avec le temps on s’en fatigue et on oublie toutes les promesses de vies que ces moments contiennent

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Les croyants, au fil des ans cherchent de la nouveauté dans les messages qu’ils reçoivent, et reprochent aux prédicateurs de ne plus savoir leur redonner d’espoir. Mais comment faire preuve d’originalité quand depuis les grands moments de la Réforme rien ne se passe vraiment ou tout au moins rien ne semble nouveau  dans la formulation  de la foi. Faute de demander à Dieu de faire preuve de nouveauté  on accuse les églises de manquer d’originalité.

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Pourtant à Pentecôte c’est bien la nouveauté que l’on célèbre, mais veut-on vraiment de cette nouveauté qui est annoncée avec éclat? On nous invite à changer notre mode de relation avec Dieu, mais le voulons-nous vraiment ?

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A Pentecôte, c’est la première fois dans l’histoire que les hommes comprennent que Dieu veut changer son mode de relation avec eux. Ce n’était pourtant  pas nouveau. Depuis que les hommes ont entrepris de fixer par écrit  leur histoire avec Dieu dans la Bible, cette  volonté de Dieu avait été rendue manifeste, mais elle avait été  occultée par les hommes eux-mêmes.

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Le projet de Dieu consiste à opérer un transfert de responsabilité dans leur relation avec le monde. Dieu en  se retirant du monde  laisse aux hommes le soin d’organiser son évolution en ayant pour seul guide son seul esprit pour orienter leurs entreprises. Encore faut-ils qu’ils acceptent de jouer le jeu.

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De mémoire d’homme tout a commencé quand un peuple opprimé par un autre a décidé de ne plus se laisser faire.  L’idée qu’ils avaient droit à la liberté ne  leur venait  sans doute pas d’eux-mêmes, cela leur venait certainement d’ailleurs ! Était-ce la première manifestation de l’esprit de Dieu dans la société des hommes ? Sans doute !

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Pour y arriver, il fallait qu’ils le veuillent et qu’ils prennent leur destin en main. Les bases d’une nouvelle relation à Dieu étaient jetées.  La réussite de leur entreprise était liée à leur action et non pas à l’attente d’un éventuel miracle que Dieu voudrait  bien leur accorder.  Même si les choses n’ont pas toujours été présentées  ainsi, elles se sont réalisées parce que  ce peuple s’est levé, s’est mis en marche et à entrepris de collaborer à sa propre libération. C’est l’histoire de la sortie des Hébreux hors Égypte sous la conduite de Moïse. La Bible nous raconte leurs échecs successifs.  Mais l’endurance, la persuasion, l’action de l’esprit de Dieu qui ne cessa de souffler sur eux eurent raison de leurs oppresseurs.

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L’histoire était lancée, l’idée faisait son chemin et la collaboration de Dieu était assurée pour ceux qui acceptaient de prendre leur destin en main. Mais si la machine était mise en route, le moteur avait des ratées. La Bible contient quantité de ces récits où l’enthousiasme et l’espérance des uns étaient contrecarrés par la violence et la méchanceté des autres, car c’était sans compter sur le mal qui s’installe dans le cœur des hommes et fait capoter les meilleurs projets.

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On aurait cru qu’avec le passage éclair de Jésus sur terre ( 3 ans à peine) et sa mort épouvantable, l’esprit d’entreprise que Dieu avait mis au cœur des hommes dès l’origine était définitivement anéanti. Détrompez-vous, c’est juste le contraire qui se produisit et c’est là le miracle de Pentecôte. Le moteur de l’espérance se remit en marche, car Dieu inspira à cette occasion le secret du bon carburant pour relancer la machine. Il fut découvert dans l’Evangile de Jésus, c’est l’esprit de fraternité, autrement dit l’amour entre les hommes dont  la présence constante dans l’enseignement de Jésus avait attiré sur lui la haine puis entraîné sa mort.
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« Aime ton prochain comme toi-même » ! Ce n’était pas nouveau, avant d’en faire la règle de son Evangile, Jésus l’avait trouvé dans les textes même de la Loi de Moïse. C’est dire que ce message était contenu dans l’Ecriture depuis son origine. Curieusement à Pentecôte l’esprit venu d’en haut a réveillé dans le cœur des hommes apeurés le désir d’entreprendre avec pour première règle celle de l’amour, du respect du prochain, du partage et de la fraternité. Remplie de ce précieux carburant indispensable, l’Eglise  pouvait entrer  dans un long projet de vie inspirée par son Seigneur que l’Esprit Saint maintenait vivant parmi ses disciples. Ils étaient bien décidés à changer le monde par l’amour qui désormais les habitait. Curieusement cela ne leur prit que 3 siècles.

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Ce ne fut pas si facile. L’esprit du monde ne laissa pas les choses se faire, et c’est toujours lui qui vient se mettre en travers des meilleurs projets que le Seigneur nous inspire. L’Esprit du monde, c’est celui qui consiste à croire que la raison du plus fort est toujours la meilleure. Il vient contrecarrer les projets  que Dieu inspire aux hommes. Suivant les temps et les moments, suivant la paresse des croyants à se tourner vers Dieu dans la prière, suivant la lassitude du moment, les choses avancent d’une manière chaotique.

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Si telle est désormais la clé de l’avenir,  qui consiste à agir sous l’inspiration de l’esprit de Jésus, nous ne pouvons y participer que si nous mettons  joyeusement à la disposition de la collectivité tous les dons que nous avons reçus et que Dieu a mis à notre disposition pour que nous collaborions au mieux-être de tous. Nos dons sont de différentes natures car le monde est fait d’individus différents appelés à se compléter sans qu’aucun d’entre eux ne se croie investi du pouvoir de dominer les autres à cause des dons qui reposent en lui. Dieu fait confiance à notre liberté pour que nous sachions au mieux les faire valoir pour que la collectivité où nous agissons se développe avec harmonie.

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Certes les rumeurs que l’actualité fait monter vers nous étouffent l’enthousiasme qui émane des récits de Pentecôte. Mais si ces rumeurs portent atteinte à notre moral,  elles n’étouffent pas la voix de Dieu qui nous exhorte à mettre encore plus d’audace, plus d’amour, plus de partage au service de tous ces prochains qui aujourd’hui semblent privés d’espérance. Mais l’espérance demeure dans notre ligne de mire. Dieu en fait la marque de notre avenir,  il nous rappelle qu’il a mis en nous cet esprit d’entreprise dont le monde a besoin qui nous stimule pour que nous en usions.

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Jean 17:20-26 La prière sacerdotale – Jean 17: 20-26 dimanche 8 mai 2016 (déjà publié le 13 mai 2016)

Posté par jeanbesset le 26 avril 2013

Jean 17:20-26 La prière sacerdotale - Jean 17: 20-26 dimanche 8 mai 2016 (déjà publié le 13 mai 2016) dans sermon J%C3%A9sus++3
  1 Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit : Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie, 2 selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu’il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. 3 Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. 4 Je t’ai glorifié sur la terre ; j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire
5 Et maintenant, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi, avant que le monde fût. 6 J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi et tu me les as donnés ; et ils ont gardé ta parole. 7 Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi. 8 Car je leur ai donné les paroles que tu m’as données ; ils les ont reçues ; ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d’au-près de toi et ils ont cru que tu m’as envoyé.
 
9  C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi 10 — et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi — et je suis glorifié en eux. 11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom, (ce nom) que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous. 12 Lorsque j’étais avec eux, je gardais en ton nom ceux que tu m’as donnés. Je les ai préservés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie. 13 Et maintenant, je vais à toi, et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite. 14 Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde. 15 Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les garder du Malin. 16 Ils ne sont pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde. 17 Sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité.18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. 19 Et moi, je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés dans la vérité.
 
20 Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, 21 afin que tous soient un ; comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient [un] en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. 22 Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un 23 — moi en eux, et toi en moi —, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés, comme tu m’as aimé. 24 Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. 25 Père juste, le monde ne t’a pas connu ; mais moi, je t’ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m’as envoyé. 26 Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi, je sois en eux. 
J%C3%A9usus dans sermon

On nous a enseigné qu’il était redoutable de tomber vivant dans les mains de Dieu. Celui à qui une telle aventure arriverait se trouverait ipso facto dévoré par le feu brûlant de la gloire du Seigneur. Dans ce chapitre 17 de l’Évangile de Jean que d’aucuns se plaisent à dire qu’il est le plus beau chapitre de tous les Évangiles, sans doute parce que personne ne le comprend vraiment, Jésus nous introduit dans l’intimité de Dieu au risque de devenir victimes de sa gloire.

Nous sommes à la fois admiratifs et mal à l’aise en pénétrant les pensées qui s’expriment ici. Si nous sommes attentifs au mouvement du texte nous découvrons que nous sommes aspirés par une forme de pensée en yoyo, c’est à dire une pensée qui monte et qui descend et qui vire volte tout à la fois. Nous sommes entrainés dans l’intimité du Christ en gloire. Sous l’effet du mouvement ascensionnel de sa pensée, nous rencontrons Dieu face à face. Puis, tout aussi rapidement, nous sommes ramenés sur terre, non pas pour y être anéantis mais pour y exercer la mission que le Père nous a confiée qui consiste à travailler dans le monde pour le gagner à la cause de Dieu.

Si nous sommes désorientés par ce texte, c’est aussi parce que c’est notre nature de l’être. En effet, nous appartenons à deux réalités qui se contredisent. Nous sommes à la fois liés à la matière qui compose ce monde et nous appartenons au monde de l’esprit qui semble ne rien à voir à faire avec le premier.
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En tant qu’habitants de cette terre nous appartenons à la réalité physique qui la constitue. Notre corps est constitué par les mêmes composantes chimiques et biologiques que tout le reste de la planète, nous devenons ainsi partie prenante de sa réalité physique. Par contre, nous sommes également dotés d’un esprit qui nous entraîne dans les hauteurs du monde spirituel où la lourdeur de notre corps a du mal à nous suivre. Nous devenons tout proches de Dieu et nous réalisons que son Esprit créateur a placé sa marque en nous, c’est pourquoi, notre personne est à la fois matière et à la fois esprit. Nous ne pouvons pas exister sans les faire cohabiter. Ne nous étonnons donc pas si Jésus nous prend pour ce que nous sommes : des êtres de chair et de sang, dotés d’un esprit capable d’intuition divine.

Cette intuition nous inquiète. Conscients du fait qu’il y a une réalité spirituelle au de là de nous-mêmes, nous nous demandons quelle relation il peut y avoir entre nous et elle, et quelle action elle peut avoir sur nous ? Nous craignons que l’Esprit Créateur nous sanctionne pour ne pas avoir réalisé ce qu’il escomptait que nous allions faire. Nous sommes pris d’une peur congénitale d’avoir commis une faute ignorée qu’il pourrait nous reprocher. Nous redoutons les conséquences d’avoir fait ce que nous avons fait ou de ne pas avoir fait ce que nous aurions du faire. La présence du divin provoque en nous une angoisse dont nous n’arrivons pas à nous libérer.

Dans ce passage, Jésus prend en charge notre inquiétude et nous rassure. Il nous rappelle qu’il n’y a aucun danger à nous approcher de Dieu. Mieux, il nous dit que la gloire de Dieu se trouve amplifiée du fait que nous osons nous approcher de lui. La gloire de Dieu, c’est que son Esprit puisse cohabiter avec le nôtre pour créer une harmonie entre lui et nous. Et Jésus offre modestement ses services pour que nous puissions y participer. C’est pour cela qu’il a joué sa vie sur la croix.

Le rôle que Jésus joue ici est capital, il nous entraîne à sa suite pour nous introduire dans le tout proche voisinage de Dieu et il donne à chacun de ceux qui acceptent de mettre leurs pas dans les siens la possibilité de vivre de la plénitude de Dieu sans aucune compensation, si non d’accepter que notre esprit soit habité par l’esprit de Dieu sans aucune compensations de notre part.
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Sur les chemins du ciel, nous n’avons rien à redouter de Dieu. Il détruit par sa présence toute incidence que pourraient avoir nos fautes et nos erreurs sur la suite des événements. Leurs conséquences sont détruites par Dieu qui libère l’accès de son ciel à quiconque décide d’y suivre Jésus.

Mais nos esprits sont liés à la matière dont sont faites nos personnes, et nous sommes insatisfaits car nous voudrions en savoir davantage sur la réalité du monde invisible où Dieu nous appelle par la voix de Jésus. A quoi ressemble ce monde de l’Esprit dans lequel Dieu nous absorbe ? Nous sommes déçus parce que nous restons sans réponse. Nous voudrions être emportés tout de suite vers les hauteurs de l’Esprit auxquelles nous n’appartenons pas encore.

Jésus nous demande de ne pas brûler trop vite les étapes, tant que nous habiterons notre corps physique, tant que le monde de la matière aura de l’emprise sur nous, nous resterons dans l’impossibilité d’en savoir davantage, c’est pourquoi après avoir entrevu l’ouverture des portes du ciel, il nous semble bien brutal de revenir sur terre. Notre mission, en attendant la gloire promise, consistera à rayonner de la joie parfaite que la foi en cet avenir met en nous. Notre tâche est donc de rayonner de la joie qui vient d’en haut.

Pensez-vous alors que l’Église accomplisse bien sa vocation quand nous l’observons d’un peu près et que nous la regardons agir dans la société des hommes? En quoi rayonne-t-elle de la joie qu’elle a reçue d’en haut ? C’est à se demander si l’Église d’aujourd’hui, toutes dénominations confondues, est bien sûre d’accomplir fidèlement les promesses dont elle a la charge. La plupart des Églises se sont emparées à leur profit des promesses du Christ et elles se sont empressées de s’octroyer le privilège de baliser les chemins du ciel. Chaque Église, de rectifier son code de restrictions, chacun de dire, « hors de mon Église, pas de salut », hors de nos sanctuaires, pas de salut, hors de nos règles, pas de salut, hors de nos baptêmes , pas de salut, hors la confession des péchés , pas de salut.
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Notre péché de tout temps a été de vouloir limiter les effets de la bonté et de l’amour de Dieu sur les hommes. Nous cherchons, sans y arriver à canaliser le souffle de l’Esprit vers nos institutions, si bien que nous contribuons à faire croire au monde que Dieu a le visage de nos assemblées dominicale et qu’il s’identifie à nos Églises et à nos codes de morale qu’il cautionne.
 
Nous faisons comme s’il se trouvait à l’aise dans les sociétés que nous inventons. Non, Dieu au contraire de nos églises rayonne de joie. Il ne limite pour personne l’accès de son ciel, les règles de salut édictées par les hommes ne sont pas les siennes puisqu’il a éradiqué toute forme de péché pour ceux qui croient, il serait malvenue à nos Églises d’en conserver la trace.

Puissent  un jour nos propres institutions se sentir elles-mêmes libérées des contraintes qu’elles imposent aux hommes et qu’elles se mettent à diffuser la joie qu’elles ont la charge de répandre.

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Jean 14: 23-29 – le Consolateur – dimanche 1 mai 2016

Posté par jeanbesset le 20 avril 2013

Jean 14: 23-29 - le Consolateur - dimanche 1 mai 2016 dans sermon paraclet-300x250

Jésus répondit : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure auprès de lui. 24 Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Et la parole que vous entendez n’est pas la mienne, mais celle du Père qui m’a envoyé.

25 Je vous ai parlé ainsi pendant que je demeurais auprès de vous. 26 Mais c’est le Défenseur, l’Esprit saint que le Père enverra en mon nom, qui vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que, moi, je vous ai dit.

27Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Moi, je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble pas et ne cède pas à la lâcheté ! 28Vous avez entendu que, moi, je vous ai dit : Je m’en vais et je viens à vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, car le Père est plus grand que moi. 29 Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent, pour que, lorsqu’elles arriveront, vous croyiez.

 

Que celui qui est triste et se sent abandonné, qui vit dans ce monde comme un prisonnier enfermé dans sa cellule, verrouillé à l’écart des hommes par des secrets de vie qui l’empêchent de communiquer  ne se désespère pas. Dieu est au courant de sa situation et lui envoie son Esprit afin que tout soit mis en œuvre pour qu’il soit libéré. Encore, faut-il qu’il y mette du sien.

Il n’y a pas de  honte à avoir des états d’âme, il n’y a pas de honte non plus à éprouver le besoin de sentir une présence à ses côtés, il n’y a pas de honte à sentir un cœur d’enfant battre dans nos poitrines d’adultes. Il n’y a pas de honte non plus à savoir que nous sommes des hommes et des femmes faits de chairs et de sentiments. Les épreuves du temps nous ont appris à nous blinder et à nous protéger d’un masque que nous sauvegardons au mieux pour ne pas laisser transparaître la réalité secrète de notre personnalité. Derrière  les murs de l’apparence, nous cultivons des jardins secrets où parfois nous nous sentons bien seuls.

Dieu se propose de nous visiter dans les jardins secrets de notre histoire personnelle. Il se propose par cette visite  de produire en nous un effet bénéfique, de provoquer une sérénité nouvelle dont les effets sont inhabituels. «Je me tiens à ta porte et je frappe » dit le Seigneur et pour qu’il entre chez nous il a besoin qu’on lui ouvre la porte. C’est à cette démarche que, sur l’injonction de Jésus je vous propose ce matin. La porte ouverte, Dieu s’approche et nous offre les services de Consolation dont nous avons besoin.

 Il n’est sans doute pas difficile d’ouvrir une porte dont on détient la clé, et pourtant à force de rester dans le secret, les mécanismes ont fini par se rouiller et  la serrure s’est complètement bloquée tant il est difficile de s’ouvrir, même à Dieu, et surtout à Dieu  dirai-je, tant  nous redoutons son  regard sévère et son  jugement. Cinq siècles de Réforme ne nous ont toujours pas libérés de cet aspect redoutable  dont les siècles antérieurs ont revêtu Dieu. Sa proximité fait encore peser sur nos consciences un sentiment de culpabilité dont nous avons du mal à nous sentir libérés.

Pour rétablir des chances  de dialogue avec lui, Dieu se propose de faire une démarche nouvelle en notre faveur, il irradie  vers nous un supplément de sa puissance divine qui nous est présentée ici comme le « Consolateur ». En lui,  nous reconnaissons l’action du Saint Esprit que le texte de l’Evangile de Jean appelle le « Paraclet »

Nous avons déjà, bien entendu, repéré l’œuvre du  Saint Esprit. C’est par son action, selon les Ecritures que Dieu  est intervenu, à l’origine des temps pour créer  le monde. Il est présenté comme la puissance créatrice de Dieu et il est sensé présider à la destinée du monde. Il  a  exploré l’immensité du cahot avant de l’organiser.  Il a permis à Abraham de parler  cœur à cœur avec Dieu. Il a parlé par les prophètes,  il est descendu sur Marie et s’est posé sur la poitrine du Messie. Il est enfin venu sur les apôtres le jour de la Pentecôte.  Il continue son action en  provoquant le dynamisme de l’Eglise, il la rend active et missionnaire et la conforte dans sa fidélité. Nous le voyons  ainsi à  l’œuvre  et bien souvent ça nous suffit. Mais pour Jésus, ça ne suffit pas, c’est pourquoi il attire ici notre attention. Il nous demande de considérer que le rôle  du Saint Esprit ne s’arrête pas là. Il a pour mission d’établir un lien particulier entre Dieu et nous. Dans ce rôle là Jésus lui donne le titre de Consolateur, de « Paraclet ».Saint Esprit 1

Le Paraclet, ou le Consolateur, c’est donc ce supplément d’Esprit que Dieu nous envoie pour nous convaincre de l’efficacité de I’ oeuvre de Jésus Christ en  nous. C’est grâce à lui que nous croyons  que Jésus Christ nous a réconciliés avec Dieu. Il nous a révélé l’immense amour de son Père pour  chacun de nous  et pour le monde aussi. Nous savons que par sa mort il a vaincu notre mort. Mais ces arguments intellectuels, s’ils sont nécessaires à notre compréhension des choses ne remplacent pas notre conviction intérieure. C’est pour accomplir cette fonction que le Seigneur envoie sur nous ce supplément de son Esprit. C’est par lui que tous les acquis de la foi en Christ deviennent certitude et nous transforment en profondeur.

 Il nous faut donc être prêt à accueillir le « Consolateur » en nous. Il nous faut prendre du temps pour travailler sur nous même par la méditation et la prière. C’est ainsi qu’il aura la possibilité de pénétrer en nous et  de faire sa demeure en nous.  Naturellement, quelques uns parmi-vous vont considérer que je fais peu de cas de la grâce en évoquant cette nécessité de travailler sur nous et de faire des efforts sur nous-mêmes. Ils vont penser  que je la renvoie au rayon des accessoires inutiles en préconisant d’une manière subtile le retour au salut par les œuvres.

 Qu’on ne se méprenne pas. Le salut nous est acquis par grâce, nous n’y avons aucun mérite. Dieu, par une décision dont le secret n’appartient qu’à lui a décidé de ne pas tenir compte de nos péchés avoués ou pas et de nous ouvrir tout grands ses bras de Père. Cela n’est nullement remis en cause. Ce que je dis simplement, c’est que pour prendre conscience de cette grâce et de l’immense privilège qu’elle révèle et  pour vivre pleinement du bonheur de se sentir sauvés, il faut accueillir ce supplément d’Esprit que Dieu nous donne.

 Pour  l’accueillir, il faut s’y  préparer. Pour s’y préparer il faut  en faire l’effort. Il faut d’abord désirer qu’il s’installe en nous pour participer à notre vie intérieure. Il se comporte  alors comme un baume bienfaisant qui oriente toutes nos pensées pour qu’elles se mettent en harmonie avec celles du Père. C’est alors que les consolations que nous espérons pourront  se produire. Un supplément de vie prendra  alors place en nous pour alimenter nos désirs car nous avons besoin que nos frustrations soient prises en compte, qu’elles soient dépassées et qu’elles ne  fassent plus frein à toutes nos entreprises.

 Si on cherche l’étymologie du mot « Paraclet » que l’on traduit par « consolateur » mais aussi par défenseur ou avocat, nous découvrons en nous appuyant sur le mot hébreu qui le désigne qu’il vaudrait mieux traduire par « supplément de vie ».  Vous avez sans doute remarqué que c’est sur ce sens particulier que je me suis appuyé tout au cours de mon propos.  Si toutes les fois que vous lisez dans la Bible le mot « consoler », vous le remplacez par l’expression « donner un supplément de souffle » vous verrez alors quel dynamisme il y a dans ce mot.

 Le supplément de souffle se comporte comme une bouffée d’oxygène que l’on fait respirer au malade pour le ranimer. Nous sommes des êtres en manque de souffle, et Dieu nous envoie gracieusement et généreusement ce souffle qui vient de lui. Il nous appartient maintenant d’utiliser ce supplément d’énergie pour surmonter ce qui entrave nos désirs, c’est ainsi que nous verrons se cicatriser nos plaies intérieures. Ce supplément d’énergie nous permet de sublimer nos frustrations et de nous projeter sereinement dans l’avenir. Saint Espprit 3

Je crois qu’aujourd’hui en 2016 nous ne prenons pas assez de temps de nous laisser habiter par ce supplément d’esprit. Nous sommes avides de connaissances, nous prenons du temps pour nous cultiver, ou pour nous divertir, mais nous ne prenons pas assez de temps pour reprendre souffle comme le coureur sur le bord de la piste. Nous ne prenons pas le temps de  descendre en nous-mêmes pour y saluer Dieu  qui habite déjà en nous et qui nous attend patiemment. C’est alors que nous pourrons  lui dire notre amour et nos inquiétudes. Nous devons nous ouvrir sans crainte à notre Dieu et il fera le reste. C’est en agissant ainsi que nous faciliterons l’accès   en nous au Saint esprit.  Prenez le temps de vous laisser bercer et cajoler par votre Dieu qui ne demande que cela. En acceptant cela vous découvrirez qu’il vous en donne encore  bien davantage.

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Jean 10:27-30 Jésus et les moutons – dimanche 17 avril 2016

Posté par jeanbesset le 6 avril 2013

Jean 10:27-30 Jésus et les moutons - dimanche 17 avril 2016 dans sermon mouton

(J’ai écit ce sermon en 2013, je ne trouve rien à y modifier. Je constate simplement que l’équilibre du monde a empiré et qu’il est plus que temps de se mettre en harmonie avec Dieu)

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27  Mes moutons entendent ma voix. Moi, je les connais, et ils me suivent. 28  Et moi, je leur donne la vie éternelle ; ils ne se perdront jamais, et personne ne les arrachera de ma main. 29  Ce que mon Père m’a donné est plus grand que tout — et personne ne peut l’arracher de la main du Père. 30 Moi et le Père, nous sommes un.
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Depuis l’école primaire notre esprit est habité par l’image d’un agneau qui se désaltérait dans le courant d’une onde pure. Il avait l’innocence de l’enfant  qui tète encore sa mère et n’avait aucune raison de subir l’arrogance d’un loup que la faim avait attiré en ces lieux. La morale de l’histoire est désolante. Pourtant combien de bambins n’ont-ils pas été contraints d’apprendre par cœur cette histoire lamentable au risque de voir leur inconscient déformé à tout jamais par l’affirmation selon laquelle la raison du plus fort est toujours la meilleure. Cette fable mémorisée par tant de têtes blondes n’a-t-elle pas contribué à conforter les plus vaillants dans leur bon droit, sans parler de l’effet néfaste qu’elle a pu avoir sur les plus vulnérables.
En dépit de cette histoire, si les agneaux contribuent encore à attendrir les humains, c’est qu’ils sont mignons, par contre ce même Monsieur de La Fontaine classe les moutons et autres espèces parmi les animaux stupides, et cette idée reste profondément ancrée dans l’opinion.
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Il faudra alors qu’un petit prince descende de ses nuages pour remettre le mouton à sa place. Il éprouve de la sollicitude pour ce petit animal. Il s’inquiète à son sujet, parce qu’il pourrait bien manger sa fleur. Par le truchement d’Antoine de Saint Exupéry, voilà enfin le mouton redevenu un animal fréquentable. Il est même le sujet d’un entretien philosophique entre l’enfant et l’aviateur perdu dans les sables. Nous sommes inévitablement gagnés par la logique de l’enfant. Nous sommes alors  surpris que l’aviateur tourmenté par son problème de survie ne partage pas davantage le soucis du petit prince inquiet du sort de son mouton.
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Jésus aurait sans doute trouvé beaucoup de saveur dans cette histoire, parce que lui aussi s’est intéressé au sort des brebis, perdues dans le désert ou menacées par les voleurs. Il a même consacré tout le chapitre 10 de l’Evangile de Jean  à nous parler de son souci à propos du sort des moutons. Le sermon d’aujourd’hui va s’appuyer sur un tout petit passage de ce long chapitre pour se demander pourquoi et comment Jésus leur promet une part de son éternité.  Sans doute, comme le petit Prince, Jésus se montrerait-il plus sensible au problème du mouton qu’à celui du  pilote  absorbé,  par ses ennuis de moteur. Vue par un enfant la situation prend une autre tournure, car il  est plus important pour lui de savoir dessiner un mouton que de réussir à démarrer un moteur en plein désert !
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Sans doute  les contemporains de Jésus ont-ils eu, eux aussi beaucoup de mal à le suivre dans ses élucubrations au sujet des moutons. Jésus  ne voyait  pas le profit économique  que l’on pouvait  retirer de ces animaux. Il n’envisageait  pas le profit que l’on pouvait  retirer des moutons, grâce aux sacrifices du temple. Il ne voyait pas en eux des bêtes de boucherie, il ne cherchait pas à leur tondre la laine sur le dos, ni à les traire en vue de faire du fromage. Mais à quoi lui servaient-ils ?
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- A rien !

Les brebis dans ce récit n’ont aucune utilité. Le berger à qui Jésus s’identifie, n’a qu’un but c’est celui de les faire paître dans des près d’herbe tendre. Son seul souci, c’est celui de leur assurer le plus de confort possible. Jésus nous transporte donc dans un univers étrange, celui de la gratuité. Le berger s’active sans aucune rentabilité, et les brebis en s’engraissant n’ont aucune autre fonction, si non celle  de faire la joie de  leur berger.

Bien évidemment  nous sommes invités à nous retrouver dans le rôle des brebis.  Mais si les brebis n’ont pas de rôle à jouer, qu’en est-il de nous ? Avons-nous un rôle à jouer, et quel est le but recherché par Dieu en nous accordant la vie éternelle ? Aucun, si non son plaisir. Notre fonction sur cette terre serait donc de  remplir Dieu de bonheur. Nous sommes donc transportés aux antipodes de ce que notre société nous propose aujourd’hui quand  elle nous  explique qu’il n’y a pas d’avenir sans rentabilité et que la rentabilité ne peut  s’obtenir sans l’efficacité. Aux yeux de Dieu la réalité du monde se conjugue en d’autres termes et Jésus privilégierait volontiers les mots d’amour et de partage à ceux de rentabilité et d’efficacité.
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Apparemment Jésus n’appartient pas à la même planète que ceux qui nous dirigent, il est comme le petit prince plus soucieux de la survie d’une fleur, d’un mouton ou d’un renard,  que du bon fonctionnement d’un moteur d’avion.
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Bien évidemment il ne faut pas être naïfs, nous devons quand même  revenir dans notre société, car notre vie ne se déroule pas dans le rêve mais dans la réalité. Notre vie sur terre ne peut se résumer à cultiver un farniente  inutile qui finirait par être tout à fait ennuyeux. Mais ce n’est pas non plus ce que Jésus veut nous dire. Il veut simplement nous rappeler que  le but de notre vie c’est  en priorité de faire plaisir à Dieu.  Dieu, quand à lui, se réjouit quand les choses vont bien, il se réjouit quand  la terre tourne correctement sur son axe et que les choses se passent parmi les hommes comme il le souhaite, quand tous sont correctement nourris et quand les malades sont soignés.  Pour cela il faut que le respect de l’autre, l’amour du prochain, le partage des biens, la paix et la justice sociale soient au centre de nos  activités et de nos soucis. Quand tout cela est respecté, les rouages du monde son bien huilés, et Dieu est satisfait. Tout cela n’exclut  pas la rentabilité ni l’efficacité dont nous parlions tout à l’heure, mais ce n’est pas elles qui doivent avoir priorité sur nos actions.

J’ arrête ici ces propos, parce qu’ils ne convainquent personne. Utopie, diront les économistes. « Ca ne pourra jamais marcher » diront les politiciens. « Ce n’est qu’un ramassis de rêveries » affirmeront les philosophes qu’une telle simplicité rebute. Pourtant ces idées que l’on vient de formuler ne sont pas nouvelles, ce sont celles de Jésus Christ  lui-même.!  Elles sont au cœur même des idées qui animent notre société occidentale. Pendant des siècles n’a-t-on pas fait  de l’enseignement de Jésus la religion d’état ? Alors, pourquoi cela ne marche-t-il toujours pas ?
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En fait les humains sont des créatures bizarres, ils projettent sur l’autre monde les idées que Jésus leur a transmises pour construire ce monde ci. Ils  imaginent, qu’après leur mort, le monde reposera sur des règles qu’ils refusent de respecter dans celui-ci. Pourquoi attendre le monde futur pour vivre comme Jésus le souhaite alors qu’il est théoriquement possible de le mettre en pratique dès maintenant ?
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Mieux !  Je reviens alors au texte que nous méditons aujourd’hui.  Dieu est allé  plus loin encore que ce que nous pouvons imaginer. Il nous propose dès maintenant d’entrer dans l’éternité et de vivre dès maintenant d’une vie qu’il nous promet éternelle. Tous ceux qui croient en Dieu et qui ont compris que l’enseignement de Jésus  emouton-4-300x271st l’expression même de la volonté de Dieu ne mourront pas dit-il,  car ils sont déjà passé de la mort à la vie.

Ce n’est donc plus notre fortune amassée tout au long de notre vie  qui fait de nous des êtres remarquables aux yeux de Dieu. Ce ne sont pas nos capacités professionnelles qui nous distinguent aux yeux de Dieu, c’est notre capacité à entrer dans son harmonie. C’est notre faculté de pouvoir nous mettre au service des autres qui constitue l’huile que nous devons mettre dans les rouages du monde pour que celui-ci soit en harmonie avec Dieu.

A vue humaine, les hommes ne sont pas plus utiles ni plus rentables que des brebis que l’on n’élèverait pas  pour leur tondre  la laine sur le dos ou qu’on ne mangerait pas. En fait Dieu n’a pas fait  des hommes ses partenaires sur terre pour qu’ils soient  rentables mais pour prodiguer autour d’eux leur capacité à aimer et à vivre en harmonie avec les autres ; c’est sans doute à cause de cette capacité que l’Écriture dit qu’ils sont faits  l’image de Dieu. Qu’on se le dise !

les Images sont issues du Petit Prince de Saint Exupéry

 

 

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Jean 20:19-31 Jésus apparaît à ses disciples – dimanche 7 avril 2013

Posté par jeanbesset le 22 mars 2013

19 Le soir de ce jour-là, qui était le premier de la semaine, alors que les portes de l’endroit où se trouvaient les disciples étaient fermées, par crainte des Juifs, Jésus vint ; debout au milieu d’eux, il leur dit : Que la paix soit avec vous ! 20 Quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent de voir le Seigneur. 21 Jésus leur dit à nouveau : Que la paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. 22 Après avoir dit cela, il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit saint. 23 A qui vous pardonnerez les péchés, ceux-ci sont pardonnés ; à qui vous les retiendrez, ils sont retenus.

Jean 20:19-31 Jésus apparaît à ses disciples - dimanche 7 avril 2013 dans sermon thomas-011-300x253
Thomas et le ressuscité

24Thomas, celui qu’on appelle le Jumeau, l’un des Douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. 25 Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais lui leur dit : Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous et ma main dans son côté, je ne le croirai jamais !
26 Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau dans la maison, et Thomas avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient fermées ; debout au milieu d’eux, il leur dit : Que la paix soit avec vous ! 27 Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, regarde mes mains, avance ta main et mets-la dans mon côté ! Ne sois pas un incroyant, deviens un homme de foi ! 28 Thomas lui répondit : Mon Seigneur, mon Dieu ! 29 Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu es convaincu ? Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! 

Le but de ce livre

30Jésus a encore produit, devant ses disciples, beaucoup d’autres signes qui ne sont pas écrits dans ce livre. 31 Mais ceux-ci sont écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, par cette foi, vous ayez la vie en son nom.

Avec les beaux jours, nous avons l’impression que Dieu revient pour visiter la terre qui s’était assoupie pendant les mois d’hiver. C’est une impression qui s’installe en nous tous les ans au moment de Pâques. La vie se remet à circuler au ras de terre, la sève trace son chemin sous l’écorce et, les oiseaux envahissent tout l’espace aérien. Mais par-dessus tout, c’est aussi  ce moment où le calendrier nous rappelle qu’à Pâques Dieu a définitivement conquis la vie sur la mort. Tel est le mystère de la résurrection. .
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Notre optimisme naturel  nous entraîne à nouveau à nous émerveiller du fait que  le changement de saison s’harmonise avec le calendrier de nos célébrations religieuses. Il rappelle que Dieu est le maître de la vie et qu’en ce moment  de Pâques nous célébrons sa victoire sur la mort.  La venue du printemps n’est pas seulement une question de calendrier, c’est aussi le rappel que nous ne sommes pas seuls à habiter la terre.  Dieu s’est donné pour tâche de venir partager avec nous le destin du monde que nous habitons et  de faire progresser sa création en collaboration avec nous.

Pourtant, voilà que depuis quelques années, nous réalisons que les progrès ne vont pas dans le sens où nous le souhaitons. Si conformément  au calendrier la terre s’ouvre à la vie, c’est  la vie elle-même qui  n’offre  plus le même visage que  d’habitude. Elle  nous apparaît comme fragilisée par l’action de l’homme qui en voulant  rendre l’existence plus heureuse sur terre a mis en causes les règles de son évolution. La vie que nous croyions appartenir au domaine réservé de Dieu  est bousculée par  l’espèce humaine au grand damne de Dieu lui-même qui ne semble pas réagir.

La chose n’est pas évidente au premier coup d’œil. En effet,  apparemment notre existence s’améliore,  les maladies régressent, la durée de l’existence s’est allongée, le travail est devenu moins pénible. Pourtant  le doute  s’est emparé des humains quant au bienfondé de tous ces avantages. Les ressources naturelles s’amenuisent, l’eau se raréfie tout  en se polluant, la mer ne donne plus les poisons que l’on attend d’elle, la pollinisation des fleurs a du mal à se faire. La nature est malade de l’homme.

En jouant à l’apprenti sorcier, les hommes ont mis leur existence en danger. En décidant eux-mêmes de leur évolution indépendamment de Dieu, les humains s’en sont pris à Dieu lui-même.  En voulant se passer de lui, les hommes s’en sont pris à la vie dont Dieu était le maître. Dieu s’est trouvé rejeté loin des préoccupations des hommes et ceux-ci se trouvent tout d’un coup seuls pour faire face  à l’angoisse d’un avenir incertain. L’espérance s’amenuise et l’échec des hommes devient en même temps l’échec de Dieu.

Bien évidemment personne n’ose ouvertement partager une telle opinion.  La plupart des croyants  se refusent à imaginer que  Dieu puisse être vaincu par ses propres créatures.  Ils récusent cette accusation  qui mettrait à mal notre espérance  et détruirait en nous toute velléité à réagir. En fait notre  espérance semble rester intacte  pour ceux qui font confiance aux promesses  de Pâques  telles quel nous  les avons reçues de Jésus Christ.  

Sans être totalement naïfs,  nous  avons quand même conscience d’avoir empiété sur le domaine de Dieu, mais  nous pensons cependant  que rien d’irrémédiable n’a été commis et nous restons persuadés que les enjeux sont ailleurs que dans notre manière de gérer la planète.  Nous sommes persuadés que Dieu continue à  s’affirmer comme le maître de la vie. Mais comment espérer que notre vie intérieure puisse être en voie de progrès si notre environnement physique est menacé ?
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Nous  ne cessons  portant de répéter, comme si rien n’avait changé, que Jésus est revenu vivant du monde  de la mort où son supplice l’avait entraîné. Par le miracle de la résurrection, Dieu a détruit la mort et les forces du mal ont été définitivement vaincues. Ainsi l’évocation de Pâques remplit-elle  son rôle  de pourvoyeuse d’espérance  auprès de ceux qui mettent leur confiance en Dieu. Mais la réalité est bien différente, car beaucoup de ceux qui ont cru au progrès illimité de la science et qui ont déchanté depuis longtemps, ne trouvent plus en Dieu les réconforts qu’ils seraient en droit d’espérer. Ils se comportent pour la plupart comme si, en prenant acte de leur propre échec ils en avaient déduit celui de Dieu.

Mais si une telle attitude se trouve dans les pays industrialisés, elle ne s’est pas généralisée sur la planète. C’est dans les pays où la vie est le plus contestée  et où   les humains seraient en droit de se révolter  que la foi reste vive. Les croyants continuent à placer leur foi en ce Dieu qui alimente leur espérance.

Il nous faut cependant  en déduire que plus les hommes sont  performant dans leurs prouesses techniques, plus ils ont tendance à se passer de Dieu et à agir sans lui.  Que des événements les amènent à perdre foi en eux-mêmes, c’est alors qu’ils perdent aussi  foi en Dieu.  C’est ce type de constatation que répandent  dans nos sphères, quantité  de prophètes alarmistes. Ils considèrent que puisque les hommes n’ont plus de réponse en eux-mêmes aux  problèmes de notre temps, ils ne doivent plus espérer de réponses venues d’ailleurs.

Heureusement  que Thomas, vient encore une fois ce matin nous prêter main forte. C’est lui qui le premier à douté du fait que Dieu pouvait restaurer la vie de ceux qui sont morts  et la  redonner à ceux qui l’avait perdue. Le doute à partir duquel il a construit sa foi, a été pour lui un moteur qui est censé l’avoir  propulsé  jusqu’aux Indes, selon la tradition.  C’est ainsi que la foi s’est implantée dans des lieux où les hommes étaient victimes de leurs semblables et n’avaient pas de raison d’être gagnés par l’espérance.  C’est le contraire qui s’est produit.

Si la vie moderne  nous bouscule au point de nous faire douter de l’avenir de l’homme, la foi elle, nous invite à découvrir que l’avenir de l’homme dépend de l’avenir de Dieu. Tant que nous ferons confiance à  Dieu pour alimenter notre espérance nous continuerons à entreprendre  des actions porteuses d’avenir. Rappelons-nous comment Thomas a réagi quand les autres l’ont provoqué. Il a répondu qu’il ne croirait que quand il aurait la preuve de la résurrection. Quand huit jours après Jésus vint vers lui,  et qu’il a  parlé à sa sensibilité et à son âme, Thomas a cessé d’avoir besoin de preuve pour croire.  

Quand bousculés par l’avenir incertain de la planète, nous remettons notre foi en cause, demandons-nouthomas-31s vraiment ce qui nous amène à douter. Nous réaliserons alors que ce sont des événements extérieurs, qui ne relèvent pas de notre vie intérieure qui nous troublent mais  des arguments  que véhiculent les humains. Ce sont les faits sensibles qui alimentent le doute, mais la réalité de notre foi est ailleurs.  Elle n’est pas dans ce qui est visible, mais elle est dans ce que nous vivons au fond de  nous-mêmes en intimité avec Dieu. Si un jour nous avons entendu la voix de Jésus, ce ne fut pas par une onde sonore qu’elle est parvenue jusqu’à nous, c’est par une intuition intérieure qu’elle s’est imposée à nous comme une vérité qui nous venait de lui.

Notre relation à Dieu ne peut pas être altérée par les informations que les hommes  se colportent les uns aux autres. La science n’a aucune emprise sur notre vie intérieure qui se déroule en tête à tête avec Dieu. La vie que nous donne Dieu et qui se revêt des couleurs de la résurrection n’est pas une vie matérielle, elle n’a pas besoin du support physique d’un corps, mais elle porte en elle la réalité de l’éternité. Assurés de la réalité de cette vie intérieure qui nous habite, nous pouvons nous engager tout entier au service de la vie pour les autres. De cette vie, à laquelle nous travaillons, jaillira l’espérance. L’espérance sera désormais la marque de Dieu en nous. Elle s’appuie sur une réalité qui nous est personnelle et qui  porte en elle la trace de Dieu.
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Jean 20:1-9 – la résurrection de Jésus – dimanche de Pâques – 31 mars 2013

Posté par jeanbesset le 16 mars 2013

Jean 20 :1Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine vient au tombeau dès le matin, alors qu’il fait encore sombre, et elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. 2 Elle court trouver Simon Pierre et l’autre disciple, l’ami de Jésus, et elle leur dit : Jean 20:1-9 - la résurrection de Jésus - dimanche de Pâques - 31 mars 2013 dans sermon pierre-et-jean-2-300x187On a enlevé le Seigneur du tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis!

3 Pierre et l’autre disciple sortirent donc pour venir au tombeau. 4 Ils couraient tout deux ensemble. Mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau ; 5 il se baisse, voit les bandelettes qui gisent là ; pourtant il n’entra pas. 6 Simon Pierre, qui le suivait, arrive. Entrant dans le tombeau, il voit les bandelettes qui gisent là 7 et le linge qui était sur la tête de Jésus ; ce linge ne gisait pas avec les bandelettes, mais il était roulé à part, dans un autre lieu. 8 Alors l’autre disciple, qui était arrivé le premier au tombeau, entra aussi ; il vit et il crut. 9 Car ils n’avaient pas encore compris l’Ecriture, selon laquelle il devait se relever d’entre les morts. 10 Les disciples s’en retournèrent donc chez eux.

« L’autre disciple qui était arrivé le premier entra dans le tombeau, il vit et il crut. »

C’est ce même texte qui était proposé l’an dernier. J’ ai repris et légèrement modifié pour cette année le sermon que j’en avais tiré

Ce sermon va être un véritable parcours du combattant. Nous allons passer tout notre temps à courir avec deux hommes dans un marathon spécial vers la vie. Sans doute en sortirons-nous essoufflés, à la limite de nos pensées humaines, mais régénérés par le souffle de l’esprit.

Malgré la clarté du matin qui est en train de naître, c’est encore l’obscurité qui emplit les pensées de nos deux amis qui s’éveillent  désemparés. Face à ce mystère  auquel ils sont confrontés, notre pensée elle aussi reste encore  dans la pénombre, car chaque année, en cette même période de Pâques, ce sont les mêmes questions qui viennent nous hanter.


Pourquoi ces deux-là courent-ils ? Où vont-ils alors qu’il ne fait pas encore jour ? Un bruit s’est fait entendre dans la nuit, une rumeur est parvenue jusqu’à eux : le tombeau est ouvert. Les voilà partis, l’un à la suite de l’autre, l’un devançant l’autre et l’autre se faisant rattraper pour être devancé à son tour. Course de deux hommes qui cherchent à échapper à leur propre nuit. Deux hommes qui cherchent à comprendre l’incompréhensible.pierre-et-jean-3 dans sermon


Leur course dans la nuit de l’incompréhension est aussi la nôtre. Nous allons, nous aussi, courir avec eux à la recherche de la vérité sur la vie, car le mort n’est plus à sa place, la mort est remise en question. Celui qu’ils croyaient mort n’était plus là où ils l’avaient mis, tout est remis en cause. Nous nous mettons à jouer avec les mots résurrection, vie éternelle, pour dire encore aujourd’hui, et aujourd’hui encore plus que jadis, nos interrogations sur le vrai sens de la mort et corollairement pour nous interroger sur le sens de la vie ?

Ces deux hommes courent à la recherche de ce qu’ils ne savent pas formuler. Ils espèrent une réponse à une question qu’ils ne savent pas poser. Quand ils arrivent au tombeau, là où habite la mort, il n’y a plus de mort. L’un entre et l’autre n’entre pas. La situation est cependant la même pour l’un, comme pour l’autre. Le premier voit les bandelettes et n’entre pas et Simon qui le suivait entra et vit les bandelettes. Il y a absence du mort aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du tombeau.

Une idée nouvelle est en train de jaillir en eux, mais n’a pas encore pris forme. C’est cette idée qui nous rejoint, nous aussi, mais tout reste encore trop obscure dans notre entendement. Ce qu’ils considéraient comme une vérité absolue sur la mort semble ne plus l’être. Dieu est en train visiter leur vie intérieure. Il emprunte les chemins de l’émotion et nos deux amis découvrent que la mort est une autre réalité, car la mort est ailleurs.

Cette course qu’ils sont en train de faire dans le petit matin, n’est pas seulement une expérience physique. Elle nous raconte aussi l’expérience intérieure qu’ils sont en train de vivre. La provocation insupportable qu’ils ont subie après la mort de leur Seigneur est en train de les ouvrir  à une autre vérité.

Ainsi en est-il de nous tous en ce matin de Pâques. On est venu à l’Eglise parce que l’on croit ce qu’on ne voit pas. On est venu pour conjuguer encore une fois tous ensemble ce même verbe croire : je crois, tu crois, nous croyons, puis chacun retournera chez soi, sans vraiment savoir ce qu’il met derrière le verbe croire. Ce jour sera plus la commémoration d’un événement passé que la découverte d’une vérité intérieure susceptible  de tout changer dans  notre vie.  Nous ne pouvons pas passer devant ce tombeau vide  sans nous y arrêter.

Nous avons couru trop vite, nous avons dépassé le bien aimé pour nous laisser emporter par d’autres préoccupations.  Lui s’est arrêté  et s’efforce de croire  pour l’instant à une réalité qui le dépasse. Comme lui,  nous devons nous arrêter et essayer de croire. Mais croire qui ? Ou croire quoi ou croire en quoi? La plus part du temps on n’en dit pas plus. On se contente d’affirmer que l’on croit ? Il est important de croire, dit-on, comme si le verbe croire était une fin en soi. Mais ce n’est sans doute pas suffisant il faut faire encore un pas de plus, notre course à la recherche de la vérité n’est pas terminée

Le fait de croire pour le chrétien correspond à une adhésion personnelle à une vérité qui le dépasse. Mais de quelle vérité s’agit-il, d’autant plus que cette vérité peut en contenir plusieurs autres qui peuvent s’emboîter l’une dans l’autre, comme des poupées russes : « Je crois en Dieu, je crois en la vie après la mort, je crois en la résurrection de Jésus, je crois en ma propre résurrection, je crois à la vie éternelle. » Toutes ces affirmations se complètent et recouvrent les démarches intérieures de notre foi.

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Rejoignons nos deux hommes qui courent et continuons à mettre nos pas dans les leurs. Ils sont à la cherche d’un signe qui leur permettra de mettre des mots sur l’événement qu’ils sont en train de vivre et qu’ils n’ont toujours pas compris. Dans ce cheminement spirituel, s ’opère un glissement qui va du visible vers l’invisible, car la foi va jaillir en eux. La foi va jaillir non pas à partir de ce qu’ils voient, puisqu’il n’y a rien à voir mais de ce qu’ils ne voient pas. Nous en sommes au même point


Les deux hommes qui courent dans la nuit sont dépassés par leur raison. S’ils vont à la tombe en pleine nuit, c’est à la suite des propos d’une femme dont tout le monde sait qu’elle était dérangée. S’ils ont réagi ainsi, c’est qu’ils espéraient déjà, sans le savoir, un événement qui allait les bousculer. Leur raison a été ébranlée par quelque chose qui ne leur venait pas d’eux-mêmes. Dieu était déjà à l’œuvre dans leur doute. A l’énoncé des paroles de Marie Madeleine l’espérance a fait surgir en eux comme une lumière dans leur nuit. Bousculant ce qui est rationnel en eux, ils se sont mis à espérer en quelque chose d’irrationnel.

Ces deux hommes étaient certains que le Dieu de leurs Pères, le Dieu de Jésus, était maître de tout, qu’il avait tout pouvoir et qu’il pouvait faire surgir lapierre-et-jean-4 vie là où la mort avait fait son œuvre. On avait beau le savoir, c’était quand même du jamais vu ! L’espérance faisait son chemin en eux et ils ne le savaient pas encore.

Il y a des passages obligatoires sur le chemin de la foi. L’espérance en est un. C’est le moment où notre âme est travaillée à l’intérieur de nous-mêmes par une proposition que notre raison réfute, mais qui provoque un sursaut d’énergie en nous. Cette proposition se heurte à notre intelligence qui développe toute sorte d’arguments raisonnables pour nous dire que ça ne tient pas la route, que ça ne peut être vrai et que ça relève de l’absurde ou du rêve.

Ceux qui vivent ce type d’expérience disent qu’ils sont ébranlés. Ils perçoivent déjà que la vérité sur toute chose se situe au-delà d’eux-mêmes, dans une réalité que Dieu seul peut rendre accessible. Le disciple que Jésus aimait en est là. Il est ébranlé, car il découvre que la vérité qu’il sent frémir en lui est de l’ordre de l’invisible, de la vie intérieure.

En fait nous aimerions garder le contrôle de nos émotions, même de nos émotions religieuses et en limiter la portée. Mais nous ne sommes pas maîtres de la situation qui nous dépasse. Si notre raison a été ébranlée, si l’espérance nous a provoqués, si nous y avons pris de l’intérêt, c’est que cette puissance qui a surgi en nous et qui a bousculé notre manière de comprendre est à l’œuvre en nous. Elle ne nous lâchera pas. Mais, nous ne sommes pas encore arrivés au terme de notre course.

 

Dieu, qui a mis tout cet émoi en éveil a l’intention d’aller encore plus loin et de venir réguler le cours de notre vie. Il désire habiter nos pensées et inspirer nos projets. Pour cela il nous réserve encore, l’expérience d’un face à face personnel avec le ressuscité. Ainsi contrairement à ce qui est écrit, après cela les deux hommes n’ont pas fini leur course, ils ne sont pas retournés tranquillement dans leur maison. Dieu, en la personne de Jésus, s’est imposé à eux, d’une manièrpierre-et-jean-5e personnelle, comme celui qui avait franchi le passage vers l’éternité et qui avait ouvert pour eux un chemin jusque-là ignoré. C’est alors qu’ils feront la rencontre du ressuscité. Jésus deviendra le compagnon invisible de leur vie et leur vie en sera changée.


Chaque année à Pâques nous refaisons ensemble cet itinéraire de la foi, nous nous souvenons que Dieu habitait en Jésus Christ et qu’il se propose encore d’habiter en nous pour que toute chose devienne nouvelle. A Pâques, c’est le moment où chacun prend conscience que Dieu habite en lui et qu’il est devenu le partenaire incontournable de sa vie

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