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Luc 6/17-26 le discours de Jésus dans la plaine selon Luc – dimanche 17 février 2019

Posté par jeanbesset le 5 février 2019

Luc 6/17-26

17 Il descendit avec eux et s’arrêta sur un endroit tout plat, où se trouvait une grande foule de ses disciples et une grande multitude du peuple de toute la Judée, de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon.

18 Ils étaient venus pour l’entendre et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient perturbés par des esprits impurs étaient guéris.

19 Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.

20 Alors, levant les yeux sur ses disciples, il disait : Heureux êtes-vous, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous !

21 Heureux êtes-vous, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés ! Heureux êtes-vous, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez !

22 Heureux êtes-vous lorsque les gens vous détestent, lorsqu’ils vous excluent, vous insultent et rejettent votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme.

23 Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez de joie, parce que votre récompense est grande dans le ciel ; car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.

24 Mais quel malheur pour vous, les riches ! Vous tenez votre consolation !

25 Quel malheur pour vous qui êtes rassasiés maintenant ! Vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant ! Vous serez dans le deuil et dans les larmes !

26 Quel malheur pour vous, lorsque tout le monde parle en bien de vous ! C’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes de mensonge !

 Béatitudes

Malheur ! Qu’est-ce qui arrache ce cri d’horreur à Jésus ? Il voue au malheur toute une catégorie de personnes qui ont pour seul défauts  ce à quoi nous aspirons à ressembler : le bien être, la notoriété, l’aisance financière. Pour faire court,  ces gens aspirent à être  heureux, selon nos critères. Malheur  donc à nous tous qui présentement semblons donner tous les signes du bonheur et de la réussite. Malheur à tous ces paroissiens qui le dimanche matin sont confortablement assis sur leur banc en espérant recevoir  « une bonne nouvelle » du sermon du jour. En fait de bonne nouvelle ils se découvrent comme tancés par Jésus qui laisse tomber sur eux une sentence qui les condamne au malheur sans  un véritable chef d’inculpation. L’Evangéliste Matthieu qui nous a transmis un texte semblable dans  un autre Evangile a soigneusement omis de rapporter les malédictions qui nous choquent ici et que Luc a conservées.

Pourtant, l’évangéliste Luc, quant à lui, ne semble  pas être un agressif. Il n’est pas homme à en rajouter ! S’il a rapporté ces paroles de Jésus qui nous choquent, c’est que Jésus les a sans doute dites. Luc  les tient certainement des premiers interlocuteurs de Jésus qui ne semblent pas s’être offusqués parce qu’ils les avaient  entendus venant  de la bouche de Jésus. S’ils n’ont pas mal réagis comme je suis en train de le faire, c’est qu’ils n’ont pas pris ces propos pour eux-mêmes ou qu’il y  avait une autre manière de les comprendre. Ils avaient sans doute compris qu’il y avait là une énigme et que pour la comprendre il fallait qu’ils en aient la clé.

La clé  est une toute petite chose sans laquelle les plus grosses portes  restent fermées. Pour le moment, c’est notre compréhension qui reste bloquée, quant à la clé, il  semblerait que ce soit un tout petit verset de 10 mots : «  il sortait de Jésus une force qui les guérissait tous ».

Nous ne  pouvons comprendre ce passage que si nous nous laissons saisir par cette force qui émane de Jésus et que nous appelons le Saint Esprit. Si nous ne comprenons pas qu’il nous pousse à sortir de nous-mêmes et à nous dépasser, nous risquons d’être malheureux  car nous n’avons rien compris au destin que Dieu réserve à  l’humanité. Pour comprendre ce que Dieu attend des humains, nous devons assumer le fait que nous avons besoin  que  Dieu nous aide  à nous réaliser pleinement. Sans nous en rendre compte, nous sommes en manque de quelque chose que nous ignorons. Sans lui, nous sommes malades de nous-mêmes, parce que nous pensons le monde à partir de notre propre personne.   

Nous agissons comme si le seul intérêt de notre vie était de satisfaire notre ego. La société dans laquelle nous évoluons nous enseigne à le faire et nous avons tendance à donner de l’intérêt à ce que Jésus dénonce ici. Il dénonce notre désir d’argent, de plaisir, de confort, et notre indifférence à autrui. Hors de nos soucis immédiats, nous ne cherchons pas à nous remettre en question. Nous nous recentrons sur nous-mêmes et nous ne nous sentons pas concernés par ce qui nous est extérieur. C’est à cause de tout cela que Jésus prononce le mot de « malheur » qui n’est pas une malédiction de sa part, mais cela sonne comme un cri de désespoir. Désespoir face à son propre échec à lui, échec de Dieu de ne pas avoir pu nous guider sur le chemin de l’humanité qu’il a prévu que nous devrions suivre.

Je me demande comment Jésus aurait réagi si on lui avait dit, dans son temps, que plus de la moitié des richesses du monde, était concentrée dans les mains d’une poignée de personnes (100 selon Oxfam. Je souligne le fait sans en tirer pour autant de conclusion. Je reviens à Jésus. Il  ne prophétise pas ici, il ne condamne pas non plus. Il constate que ceux qui se contentent de vivre en autosatisfaction sur eux-mêmes n’ont pas d’existence réelle car la vraie motivation de la vie devrait leur venir d’ailleurs. Elle leur est donnée par l’intrusion du Saint Esprit en eux. Nous sommes ainsi mis en garde. La richesse et les  satisfactions ne sont pas mauvaises en soi, mais elles facilitent notre repli sur nous-mêmes et ainsi  nous cachent à nous-mêmes, qu’il y a une autre réalité  à laquelle nous devons donner de l’intérêt. Elle n’est pas le fait de notre intelligence mais elle nous vient du saint Esprit et c’est elle qui donne du sens et de la valeur à notre personne.

Ni la pauvreté, ni la famine  ni les persécutions ne peuvent faire obstacle à Dieu. Au contraire, quand nous prenons conscience de leur réalité chez autrui, elles doivent mobiliser notre propre esprit qui se met en harmonie avec l’esprit de Dieu qui nous pousse à agir pour devenir porteurs d’espoir. « L’espoir fait vivre dit le dicton ». L’espoir est ce sentiment  qui nous rend attentifs et que nous cherchons à communiquer à ceux qui n’en n’ont pas. Il  devient de l’espérance quand il est pris en charge par le Saint Esprit et c’est ainsi que Dieu vient habiter en nous.

C’est alors qu’on peut entendre Jésus nous dire que nous sommes heureux toutes les fois que nous réservons de la place à  quelqu’un d’autre que  nous-mêmes. Nous avons alors la possibilité de reconnaître le visage de Dieu  dans celui de ceux qui sont en situation de manque.

Dieu ne souhaite pas pour autant que nous soyons pauvres,  ni  tristes, ni  en deuil ou persécutés, mais Jésus nous laisse entendre que si nous sommes dans une telle situation, nous serons heureux parce que la sollicitation des autres, nous mettra en capacité d’accueillir l’espérance.

Il nous faut profiter des situations difficiles où nous nous trouvons parfois pour expérimenter la venue de Dieu vers nous. Il se cache dans toutes les situations qui améliorent notre sort. Heureux sommes-nous donc si nous savons apprécier dans nos situations de manque ou d’échec la présence secourable de Dieu qui vient vers nous sous les traits de ceux qui nous tendent la main.  Il nous faut donc ne jamais baisser la garde, ne jamais cesser d’espérer. Heureux sommes-nous si nous comprenons que Dieu ne provoque pas nos malheurs et si nous savons le reconnaître dans les gestes de ceux qui s’efforcent d’améliorer notre sort. Heureux sommes-nous si nous savons faire place à l’espérance, car  c’est grâce à elles que les autres viennent  vers nous et que nous allons vers les autres.

Heureux sont-ils aussi ceux qui sont sans problème, sans angoisse et qui sont dans des conditions de prospérité enviable, heureux sont-ils s’ils savent s’ouvrir au souffle de l’esprit. Heureux sont-ils s’ils savent  que Dieu  leur donne mission de s’ouvrir à  ceux qui désespèrent afin qu’ils cessent de pleurer. Ils  reconnaissent que leur mission les charge d’aider des vies à s’épanouir. L’enseignement de Jésus prend alors toute sa signification. Deviennent alors heureux ceux qui a priori ne le sont pas et par voie de conséquence, ceux qui ne contribuent pas à les rendre heureux deviennent malheureux à leur tour car ils ne prennent pas part au bonheur que Dieu se propose de répandre sur le monde par leur action.

Si Jésus laisse exhaler à son tour le mot « malheur », ce n’est pas une menace, mais un cri de stupeur irréaliste au cas où,  bien malgré lui, certains deviendraient malheureux parce qu’ils n’auraient rien compris à l’Evangile.

béatitudes 2

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