Jean 17 /9/15 Dieu est-il le réateur tout puissant? dimanche 24 mai 2020

Posté par jeanbesset le 23 mai 2020

Jean 17/ versets 9 à 15


09 Je ne te prie pas pour le monde mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi.
10 Tout ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à moi, et ma gloire est manifestée en eux.

11 Désormais je ne suis plus dans le monde, mais eux, ils sont dans le monde, tandis que je vais vers toi. Père saint, garde-les en ton nom, ce nom que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous.

12 Lorsque j’étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J’ai protégé ceux que tu m’as donnés et aucun d’eux ne s’est perdu, à part le fils de perdition afin que l’Ecriture soit accomplie.

13 Maintenant je vais vers toi et je dis ces paroles dans le monde afin qu’ils aient en eux ma joie, une joie complète.  

14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a détestés parce qu’ils ne sont pas du monde, tout comme moi, je ne suis pas du monde.  

15 Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal.

 

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Sermon

 

Où que se porte mon regard, où que se diffuse ma pensée, où que je sois, où que j’aille, Dieu se trouve toujours sur le chemin que je parcours. L’immensité du monde ne lui fait nullement obstacle, l’infini des cieux ne dresse aucun rempart devant lui, la mort n’offre aucune barrière à son action.

Et moi, tout petit être vivant, j’existe face à lui. C’est ce Dieu qui prend en compte mon existence, comme il tient compte de chaque élément de l’univers pour permettre à la réalité sauvage du monde de jouer le jeu qui est le sien.

Dans ce contexte Dieu ne pourrait être vraiment Dieu s’il soumettait à sa fantaisie les éléments de la nature par une mainmise autoritaire qu’il exercerait sur elle, mais il laisse à la vie, dont il se veut le principe régulateur, la liberté de s’exprimer. Cependant, il ne reste pas extérieur à ce monde  et il lui propose, sans les lui imposer des principes pour que la vie s’épanouisse sans contrainte.

Le monde quant  à lui suit le cours des choses. Il obéit  à des règles de comportement selon lesquelles les lois du plus fort s’imposent toujours à celui qui est le plus faible. Celui-ci doit se soumettre ou se résigner à disparaître. Pourtant, contrairement au monde, ce sont d’autres principes qui émanent de Dieu. Ces principes, s’ils étaient suivis  pourraient réguler le monde autrement. Mais Dieu  ne les impose pas.

Ainsi, si tout ce qui est sauvage suit le cours de sa propre nature, et cela ne se passe pas sous le contrôle de Dieu. Les principes qui émanent de lui parviennent cependant  jusqu’à nous par le fait de son esprit qui souffle sur nous. Ils trouvent leur réalité dans la notion d’amour. Elle  se manifeste quand nous donnons de l’intérêt à tout ce qui n’est pas nous-mêmes. Ces principes, quand nous les adoptons  font de nous les éléments régulateurs du monde et permettent à tout ce qui est sauvage, de fonctionner avec harmonie dans ce vaste espace. Dieu a donc prévu que nous pourrions intervenir sur le cours des choses.

Au cours de l’évolution du temps, et grâce à l’action des prophètes, ces principes divins sont venus habiter la pensée des hommes dont le plus pertinent d’entre eux fut Jésus Christ.  La connaissance subtile de Dieu a façonné son âme. Elle l’a imprégné de tous ces principes divins dont on vient de parler à tel point que son action sur nous se confond avec celle de Dieu.  Face  à la violence du monde, il a choisi la mort pour révéler aux humains que Dieu s’offrait  à eux pour  la maîtriser. Quand chaque homme en prend conscience,  il devient  pour le monde,  régulateur des principes de Dieu. Le monde est alors habité par la pensée  divine dont il s’imprègne. C’est alors que la notion de  création prend toute sa réalité et devient effective en lui.

Si nous gardons les yeux fixés sur Jésus Christ, nous comprenons que la réalité de Dieu ne peut agir sur le monde que si  l’homme qui l’habite met en œuvre les principes issus de Dieu. Sans l’action de l’homme  qui se laisse visiter par Dieu, la nature évolue à sa guise  indépendamment de Dieu.  Mais c’est sous l’action de l’homme  qui met toute chose en tension,  que l’harmonie entre la nature et Dieu peut prendre place et offre un  destin au monde. Pour cela il doit mettre à sa disposition ce que Dieu lui inspire.

Il me plait de penser avec le philosophe Spinoza que Dieu et la nature font cause commune, mais ce n’est qu’éclairée par l’Evangile de Jésus Christ, que l’homme  peut s’offrir  à la nature comme un maitre potentiel. Dieu quant à lui ne se donne pas le droit  d’intervenir directement sur elle, mais il fait confiance à l’homme pour le faire.

Notre relation avec ce monde devrait se faire dans un climat d’harmonie dont Dieu serait à l’origine, et dont nous deviendrions les héros.

C’est alors qu’il faut que nous parlions de ce qui nous préoccupe en ce moment : le Covid 19 . Il paraît que nous devrions dire la Covid (L’Académie française dixit). Dieu n’ignore pas ce virus qui nous obsède, mais il ne l’a   pas créé. Il  a jailli, on ne sait comment des soubresauts incontrôlés de la nature et il s’en est pris à l’homme. Il n’échappe cependant pas aux principes régulateurs  qui émanent de Dieu selon lesquels des hommes  inspirés par Dieu le soumettront et l’amèneront à la raison. Ce virus  entrera alors dans ce principe de régulation harmonieuse qui émane de Dieu. Combien de temps cela prendra-t-il ? Dieu ne contrôle pas le temps dont les humains ont besoin, mais il veille pour que cela  s’accomplisse.

L’impuissance apparente qui est la nôtre à s’opposer à cette forme de mal déclenche en notre esprit une peur panique qui nous pousse à accuser Dieu d’impuissance ou à penser  qu’il serait animé d’un esprit  de vengeance.  Dieu répond cependant par la négative à ces soupçons  malveillants, car c’est la peur qui prend le pas sur notre raison et qui nous amène à réagir comme si Dieu n’était pas Dieu.

La vie se présente toujours à nous comme une aventure dont Dieu serait notre partenaire mais il ne serait pas responsable de la tournure que prennent les événements.  Nous trouvons en lui la liberté d’agir en responsabilité et  nous réagissons  en fonction de ce que notre esprit puise en lui.

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Sa présence en nous,  nous invite à vivre en harmonie avec la nature et non pas à l’exploiter à notre profit. Il nous appartient donc de ne pas enfermer la nature dans un déterminisme qui viserait à la mettre au service de l’humanité,  mais à faire d’elle  une partenaire de l’homme plutôt qu’une servante. C’est sans doute ainsi qu’il nous faut lire les récits de la création dans le livre de la Genèse. Amen

 

Ce sermon a été filmé pour les besoins de l’Eglise confinée de Romans sur Isère en cliquant sur www.templederomans.fr

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Jean 14/15-21 L’amour de Dieu pour le monde dimanche 17 mai 2020

Posté par jeanbesset le 13 mai 2020

15 Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. 16 Moi, je demanderai au Père de vous donner un autre défenseur pour qu’il soit avec vous pour toujours, 17 l’Esprit de la vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et qu’il ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous et qu’il sera en vous.

18 Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viens à vous. 19 Encore un peu, et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez, parce que, moi, je vis, et que vous aussi, vous vivrez. 20 En ce jour-là, vous saurez que, moi, je suis en mon Père, comme vous en moi et moi en vous. 21 Celui qui m’aime, c’est celui qui a mes commandements et qui les garde. Or celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l’aimerai et je me manifesterai à lui.
22 Judas, non pas l’Iscariote, lui dit : Seigneur, comment se fait-il que tu doives te manifester à nous et non pas au monde ? 23 Jésus lui répondit : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure auprès de lui. 24 Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Et la parole que vous entendez n’est pas la mienne, mais celle du Père qui m’a envoyé.
25 Je vous ai parlé ainsi pendant que je demeurais auprès de vous. 26 Mais c’est le Défenseur, l’Esprit saint que le Père enverra en mon nom, qui vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que, moi, je vous ai dit. 

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Une immense bonté habite le monde, mais qui s’en rend compte ? La lecture de nous journaux quotidiens semble même nous dire le contraire. Ils ne cessent de nous énumérer toutes ces choses dont l’humanité  serait victime, si bien qu’on a pris l’habitude de considérer que le monde serait aux mains du « mauvais » et que c’était lui qui en était devenu le maître. Dans le récit de la Tentation rapporté par les évangiles ne nous raconte-t-on pas qu’il se présente comme le maître du monde ?  Si Jésus ne tombe pas dans le panneau, la plupart des humains se laisse avoir. 

Sans doute les média,  aussi se font prendre au  même piège et s’ingénient à présenter le mauvais côté des choses. Cependant,  il suffit de jeter un coup d’œil sur tout ce qui nous entoure pour constater la beauté qui irradie de toute part. Du lever du soleil jusqu’à son couchant que de merveilles ne défilent pas sous nos yeux !  Avec un peu d’attention nous voyons  la bonté de tous ces humains à l’œuvre quand ils s’entraident mutuellement. Nous partageons aussi   cette immense espérance qui fait vibrer nos cœurs  et qui installe en nous  l’idée que demain portera des fruits meilleurs que ceux d’aujourd’hui. 

Il y a un fond d’optimisme en nous que nous prenons soin de cacher, comme si c’était malsain de voir les choses sous un jour heureux. Ce fond d’optimisme correspond  sans doute à la trace de Dieu qui se promène incognito  dans notre monde (1) et qui sème quelques bribes de lui-même partout où il passe. C’est ce qui   nous permet inconsciemment de profiter de la vie. 

Pourtant ce sont d’autres idées sur Dieu qui habitent nos esprits. Elles sont assez généralement partagées dans ce monde-ci.  Dieu serait perçu par beaucoup comme  l’ « être suprême » cher aux révolutionnaires qui ne se soucierait  pas beaucoup du sort de l’humanité. On le considère, dans le meilleur des cas comme celui qui aurait jeté le monde sur sa lancée, mais qui, depuis le big-bang qu’il aurait initié, le laisserait  évoluer  à sa guise. Ce Dieu ne serait en rien dérangé  par les guerres que se font les hommes entre eux, ni par  les trains qui déraillent, ni par  les petits enfants qui ont faim. 

Telle est la vision de Dieu qui se répand dans notre société. Si on croit en Dieu, on ne lui accorde que peu de cas. Notre société évolue sur un fond de panthéisme qui nous suggère qu’à la fin,  notre vie s’achèvera dans un Grand Tout  où curieusement nous conserverons une partie de notre personnalité. Ce sont les média qui encore une fois accréditent cette idée. En effet, il suffit qu’une personnalité  disparaisse pour que l’on nous suggère que là où elle est désormais, elle nous voit et participe d’une manière ou d’une autre à la suite des événements. Nos contemporains s’approprient volontiers  les idées d’un de nos anciens président  défunt qui avant de mourir laissait entendre qu’il ne nous quitterait pas tout à fait parce qu’il croyait aux forces de l’esprit. Mais bien évidemment nous avons du mal à nous y retrouver. 

Dans le monde antique juif dont nous sommes héritiers et dans lequel vivait Jésus, il n’en allait pas ainsi. On pensait que Dieu était beaucoup plus présent dans le monde dont il avait jeté les bases. On pensait qu’il pouvait intervenir  dans la société des hommes pour faire respecter ses préceptes et ses lois, sans quoi le monde ne pourrait évoluer selon le programme que Dieu aurait établi. Le Dieu créateur aurait fait l’homme libre. Seulement sa liberté se limiterait à discerner sa volonté et à la respecter. Partant de préceptes remontant à Moïse, et même au-delà de lui à Noé, les penseurs de la Bible ont rédigé tout un arsenal de préceptes, au nombre de 613, qu’il fallait respecter, sous peine de voir le visage de Dieu s’empourprer pour laisser éclater sa colère et punir les contrevenants. Dieu était cependant perçu comme infiniment bon  mais sa bonté, pour s’exercer impliquait que l’on respecte ses commandements. 

C’est dans ce double contexte du présent et du passé que nous nous approprions le message de Jésus pour ce jour. Il précise  ses rapports avec Dieu et avec nous. Bien entendu il ne s’accorde avec aucune des thèses suggérées  dans mon propos. Ses rapports avec les hommes sont réglés par la notion d’amour. L’amour de Dieu pour les hommes tel que Jésus l’enseigne est inconditionnel. Dieu  est perçu  par Jésus comme un Père essentiellement bon. La bonté de Dieu se répand sur le monde et Dieu la communique aux hommes par le relais de Jésus. Grâce à ce nouveau regard que Jésus porte sur Dieu les choses prennent un aspect bien différent et notre relation à Dieu prend une allure toute nouvelle. Le vrai visage de Dieu se révèle alors à nous grâce à notre capacité à aimer. Tel serait en quelque sorte le testament spirituel de Jésus avant son départ de ce monde. 

Bien que cet enseignement de Jésus nous soit connu de longue date, nous avons conservé de par nous-mêmes  des conceptions de Dieu qui relèvent encore de la conception des contemporains de Jésus auquel il s’est vivement opposé. Un tel portrait de Dieu où la notion d’amour serait dominante nous paraît encore vraiment réducteur. Nous considérons que les attributs traditionnels de Dieu n’ y sont  pas assez pris en compte. Beaucoup trouvent que l’on n’insiste pas assez   sur la toute-puissance de Dieu, ni sur sa capacité à créer, ni sur sa  justice. 

En fait Jésus ne met nullement en cause les attributs de Dieu, mais il rappelle que l’essentiel dans la relation que Dieu veut entretenir avec les hommes est l’amour  qui passe  avant la justice, la loi  et son action de créateur. Si cette capacité à aimer est première en Dieu, elle doit l’être aussi, bien évidemment en l’homme. C’est en mettant l’amour en pratique  que nous maintiendrons une  relation cohérente avec Dieu. 

Il est important  de constater que dans notre lecture de l’Evangile, nous avons bien repéré l’insistance que Jésus accorde à l’amour que les hommes doivent avoir les uns pour les autres et aussi pour Dieu. Il est inutile d’énumérer toutes les paraboles qui insistent sur cet aspect des choses. Il est aussi inutile de rappeler tous les passages où Jésus parle du commandement d’amour. Pourtant nous donnons priorité à d’autres valeurs dans nos relations à Dieu, et sans même nous en rendre compte, nous donnons priorité aux anciennes valeurs du judaïsme contre lesquelles Jésus s’est élevé avec force. Nous mettons en avant notre péché, comme s’il fallait encore et toujours négocier notre pardon. Nous nous interrogeons sur notre salut. Nous revêtons Dieu de la toge du juste juge en oubliant   que c’est la notion de Père  aimant que Jésus  a mis  en avant. 

Les chrétiens se sont jadis séparés les uns des autres  et se sont érigés en églises distinctes sur des notions de justice.  Ils se sont excommuniés  mutuellement sur des principes légalistes, et aujourd’hui encore ils n’arrivent pas à se réconcilier sur ces mêmes principes alors  que ce qui devrait avoir priorité sur tout le reste devrait être  notre référence à l’amour que Dieu éprouve pour chacun de nous et que nous devrions avoir pour lui et pour les autres. 

Selon Jésus le moteur du monde devrait être l’amour, car c’est cette notion qu’il a choisie pour révéler aux hommes sa relation à Dieu qui vient vers eux comme un Père. Cette notion de Père contient en elle  le seul secret  qui nous soit révélé de la part de Dieu et   que nous devons mettre en pratique  pour que le monde  évolue dans la bonne voie. C’est  cet amour que l’on doit  manifester aux autres, même s’ils ne le partagent pas, et même s’ils le combattent. 

Jésus savait bien qu’une telle idée serait difficile à faire partager aux hommes, pourtant elle est  la vérité la plus essentielle que Dieu a voulu nous transmettre. Curieusement les hommes l’admettent volontiers, mais pourquoi ne la mettent-ils pas en pratique ? Leur fierté personnelle  et leur désir de supplanter les autres sont-ils si valorisants qu’il faille les mettre  en rivalité avec Dieu ?

 

(1)   Einstein

 

Illustrations : Puvis de Chavanne

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Jean 10/1-10 Parabole du bon berger, textes repris et modifié dimanche 3 avril 2020 repris et modifié à partir du texte du 13 avril 2013

Posté par jeanbesset le 30 avril 2020

Le bon berger

1 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre point par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par un autre côté, celui-là est un voleur et un brigand. 2 Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. 3 Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent et les mène dehors. 4 Lorsqu’il a fait sortir toutes celles qui lui appartiennent, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. 5 Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers.

6 Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

7 Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, moi, je suis la porte des brebis. 8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. 9 Moi, je suis la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira et trouvera des pâturages. 10 Le voleur ne vient que pour voler et tuer et détruire ; moi, je suis venu, afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance.

11 Moi, je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. 12 Mais le mercenaire, qui n’est pas berger et à qui les brebis n’appartiennent pas, voit venir le loup, abandonne les brebis et s’enfuit. Et le loup s’en empare et les disperse. 13 C’est qu’il est mercenaire et qu’il ne se met pas en peine des brebis. Moi, je suis le bon berger. 14 Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, 15 comme le Père me connaît, et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.

bon berger

Nous sommes tellement habitués à cette image du bon berger qui donne sa vie pour ses brebis que nous ne faisons pas attention à tout ce qu’il y a derrière ce texte. Nous oublions la plupart du temps que le métier de berger était dans l’antiquité juive, un métier méprisé et qu’il était réservé aux plus modestes. Leur sort était parfois moins enviable que celui d’un esclave. Quant aux moutons, ils ne font pas partie de la catégorie animale la mieux perçue. Ils sont à juste titre considérés comme des animaux peu doués. On ne les élève que pour la viande et accessoirement pour la laine. Ils sont tous destinés à finir sous le couteau du sacrificateur ou du boucher. On a cependant une tendresse particulière pour les agneaux, quand ils sont tout petits. Mais cette tendresse est purement sentimentale et elle décroît à mesure que l’animal vieillit

Je vous propose de regarder ce texte en nous mettant du côté du mouton et  en faisant abstraction de tout le  sentimentalisme qu’on y a ajouté. Nous nous demanderons alors en quoi le sort des moutons serait modifié s’ils périssaient sous les dents du loup plutôt que sous le couteau du boucher? Violence et cruauté, mort et souffrance sont au même rendez-vous et l’issue de l’entreprise reste la même : la mort. Si le loup est mis en fuite,  c’est le berger du troupeau qui y trouve son compte et c’est pour une raison économique qu’il peut envisager d’exposer sa vie pour que le troupeau qui lui appartient ne soit pas anéanti. Le mercenaire n’en a cure,  et pour sauver sa propre vie, il n’affronte pas le loup. Il est dit alors que le « bon berger » donne sa vie pour ses brebis ! La belle affaire, elles seront de toute façon sacrifiées et mangées et ne trouveront aucun intérêt dans cette nouvelle situation. A moins que l’intention du berger ne soit pas de les manger. Mais lors à quoi servent les moutons ?  Quel est alors le sens de cette histoire ?

Jésus a bien pris soin d’attirer notre attention sur ce nouvel aspect des choses. Il nous dit qu’il est le « bon berger » pour que ses brebis aient la vie en abondance. Disons en langage moderne : « qu’ils aient une super vie » ! Plus question de mort ou de sacrifice, plus question de transformer les brebis en viande,   plus question de voir le côté utilitaire des choses. Avec Jésus les choses prennent une autre couleur, Il nous entraîne sur un chemin irréaliste qui consiste à octroyer aux moutons un autre destin que celui que nous leurs connaissons. Avec Jésus, les brebis auront un autre avenir que celui de servir de nourriture aux hommes.

Il est bien évident que pour nous approprier quelque chose de ce passage il faut que chacun de nous, à son tour se substitue aux moutons de ce texte et comprenne que chacun d’entre nous fait d’abord partie de cette masse humaine qui recouvre la planète comme un troupeau de moutons qui remplirait l’enclos où il est parqué.

Qui sommes-nous si non un individu parmi les milliards qui s’agitent sur la surface de la terre, malmenés par le hasard, bousculés par les éléments et parfois maltraités par les dirigeants ? A vue humaine Il semble que nous soyons tous destinés à disparaître. Si on se place dans l’ambiance de covis 19  on se met dans la tonalité qui convient à notre époque.

A la lecture de ce récit, les choses changent. Chacun d’entre nous, bien qu’il fasse partie de la masse des 7 milliards d’individus que l’on côtoie sur cette planète prend un visage distinct. Nous découvrons que notre existence prend une autre valeur que celle de se trouver mêlés à la masse de tous les humains qui peuplent cette terre. Notre existence ne consiste plus à être un élément en en survie parmi tous ceux qui nous entourent, mais  que nous sommes destinés à jouir d’ « une super vie » qui s’individualise sous l’influence de Dieu.  

C’est alors que nous devons prendre conscience des loups qui nous menacent. Les loups vont s’en prendre à l’aspect grégaire de notre personnalité, ils vont chercher à faire que nous nous comportions comme des moutons sans berger en détruisant en nous ce qui nous distingue des autres. Ils vont nous faire perdre toute spécificité et feront de nous des consommateurs qu’il faut séduire pour mieux les utiliser. Ils vont nous pousser à croire que pour le prix d’une jouissance immédiate, nous devons consacrer toute notre existence à la sacrifier aux lois du marché et de la mode afin de ressembler le plus possible aux modèles qu’on nous propose d’imiter. Ces loups qui dévorent notre autonomie et notre indépendance sont les alliés de tous les mercenaires qui se donnent des allures de bergers.

Ces mercenaires, ce sont tous ceux qui à coup d’arguments nous assurent que le succès de notre société n’a pas d’autres issue que de vendre son âme à la consommation et à la pensée unique. Ils prétendent que le bonheur est dans la jouissance immédiate. Le confinement nous montre le contraire. Suivant les époques, le discours de tous ces loups qui cherchent à nous séduire change de tonalité. Ils   sont colorés différemment, mais ils ont toujours  la même visée, celle d’engloutir la masse des humains dans des projets globalisants où chacun suivrait le même chemin que son voisin et redouterait d’être différent de lui au risque d’être rejeté.

Les faux bergers se cachent aussi derrières les idées du moment. Elles aussi empruntent le même chemin que la mode. Suivant les époques, et les intérêts de ceux qui influent sur nous, elles nous poussent à devenir des va-t’en guerre ou des va-t’en paix et nous entraînent à discriminer les uns pour valoriser les autres si bien que chacun est invité à faire chorus avec la foule. Chacun s’habille comme tout le monde pour finir par penser comme tout le monde. En tant que minoritaires protestants nous avons un avantage sur les autres car nous avons dû résister aux idées du moment pour conserver notre spécificité.

Mais l’Evangile de Jésus change de ton. Grâce à Dieu le « bon berger » est là au milieu du troupeau pour faire de nous autres chose que des brebis qui suivent sans retenue celui qui les entraîne. Il est dit qu’il donne sa vie pour nous, c’est à dire qu’il offre son exemple, son évangile, sa manière de penser comme solution alternative aux pressions extérieures qui pèsent sur nous. Il propose le temps et l’éternité là où les valeurs ambiantes proposent l’urgence et les utopies provisoires. Il propose l’amour  et le partage, là où les autres proposent jouissance et intérêt personnel.

Il nous propose de trouver en nous-mêmes du sens à notre existence qui ne soit dicté ni par les médias ni par la mode du moment. Il nous apprend que nous ne sommes pas des individus dont la vie est destinée à ressembler à celle de la masse. Il se propose de valoriser notre vie pour qu’elle devienne une super vie. Le bon berger se propose de donner de la valeur à notre individu en valorisant la vie des autres. Il est capable d’aller jusqu’au fond même du cœur de chacun d’entre nous pour y injecter un supplément de vie dont lui seul est dépositaire.

Le « bon berger » a prévu de partager nos existences  que s’il peut introduire en elles une part du divin qui est en lui. Ainsi il se propose de nous apporter une originalité qui nous soit propre. Cette originalité consiste à savoir qu’il nous prend lui-même en main. En faisant de nous des individus autonomes et responsables, il pèse sur l’évolution du monde qui s’orientera dans le sens où il souhaite qu’il évolue. A nous d’en assumer la charge !

Nous n’avons pas vocation à être une goutte d’eau parmi les autres gouttes d’eau, nous avons vocation à devenir des individus distincts des autres au service des autres pour que chacun puisse jouir ici-bas d’une vie qui le dépasse. Pour cela il est nécessaire que nous sachions discerner  à la voix du bon berger et de ne pas la confondre avec  celle des mercenaires.

 

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Luc 24/13-35 Les disciples d’Emmaüs dimanche 26 avril 2020

Posté par jeanbesset le 21 avril 2020

Luc 24/13-35

13 Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,

14 et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

15 Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.

16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

17 Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.

18 L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »

19 Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :

20 comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.

21 Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.

22 À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,

23 elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant.

24 Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »

25 Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !

26 Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »

27 Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

28 Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.

29 Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.

30 Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.

31 Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.

32 Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »

33 À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :

34 « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »

35 À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

 Emmaüs

Que  l’on soit croyant ou pas, nous sommes tous plus ou moins habités du désir de Dieu. Nous espérons  qu’il peut éclairer notre vie et nous aider à y trouver du sens. Ceux qui ne croient pas en lui font la démarche inverse et recherchent des arguments pour nier sa présence. Cela les aide à trouver de la cohérence dans leur mode de penser. Mais, pourquoi le font-ils puisqu’ils sont persuadés de ne pas  croire en Dieu. En  fait ils ont du mal à se soustraire  à l’impression lancinante qui les taraude quand même,  selon laquelle, il se pourrait bien que ce Dieu auquel ils sont sûrs de ne pas croire a quand même une influence sur eux. En fait, il n’y a pas d’humain qui ne soit pas sensible à l’idée qu’une force extérieure à lui-même pourrait bien  le visiter et pourrait apporter quelque nouveauté dans sa vie. Dans toutes les civilisations et depuis la plus haute antiquité la pensée humaine a été habitée par l’idée qu’il y a une puissance à l’intérieur  ou à l’extérieur de l’homme  qui le dépasse.

Quand Jésus était présent sur terre et s’entretenait avec ses contemporains, c’est de cette réalité qu’il parlait avec eux. Les miracles qu’il faisait ou que l’on racontait qu’il avait faits, témoignaient du fait que ses interlocuteurs étaient conscients qu’ils étaient visités par une force qui ne leur appartenait pas. Ils prenaient conscience de cette puissance qui pouvait transformer leur vie. La plupart des interlocuteurs de Jésus voyaient dans ces événements l’action du Dieu d’Israël qui agissait en leur faveur. Il nous est rapporté aussi, que des soldats romains, qui étaient issus d’une autre culture et qui pratiquaient une  autre religion avaient recours à lui en espérant bénéficier de cette puissance qui venait d’ailleurs. C’est même un soldat  romain qui a rendu à son égard le plus fort témoignage à Jésus en déclarant qu’il était certainement le fils de Dieu. Jésus fut même recadré au sujet de sa propre foi par une païenne  d’origine Cananéenne qui discerna ce qu’il y avait de déficient dans son enseignement, car il semblait créer des catégories entre les croyants. Sans doute tous ces gens qu’il rencontrait voyaient-il en Jésus le témoin d’un Dieu qui dépassait les frontières et  dont la réalité  dépassait l’action du Dieu d’Israël. L’Evangile témoignait ainsi d’un Dieu dont la possibilité d’action avait une valeur universelle. Ce Dieu était capable de revêtir d’une puissance nouvelle tous ceux qui venaient à lui, quelle que soit leur foi d’origine.

Malgré tout, le Dieu au nom duquel Jésus agissait, revêtait le profil du Dieu d’Israël, comme nous le rapportent les Evangiles, parce que c’était la religion ambiante.  Les gardiens de la foi, contemporains de Jésus, qui étaient les scribes et les pharisiens limitaient l’action de Dieu à la tradition ancestrale. Ils percevaient  son action  dans les limites  de l’histoire de leur peuple,  si bien qu’en se croyant  les privilégiés de Dieu,  ils  réduisaient son action aux limites de leurs frontières et de leur histoire. En fait le Dieu dont Jésus rendait témoignage était avant tout un Dieu Père, un Dieu attentif à tous ceux qui fondaient leur espérance en lui.  C’était sur des actes d’amour qui révélaient la puissance de vie qui était en lui que Jésus basait son enseignement. Les actes les plus significatifs de la puissance du Dieu de Jésus Christ étaient liés à la puissance de vie qui émanait de lui. Ainsi, Amour et Vie caractérisaient  les actes  qui scandaient l’enseignement de Jésus au sujet  de Dieu dont la seule image que l’on pouvait établir de lui était celle d’un Père. Le Dieu auquel se référait Jésus  et dont il se voulait être témoin était avant tout un Dieu dont la puissance était la force de vie dont il revêtait ceux qui se réclamait de lui.

Pas  étonnant alors que la mort vienne défier le témoin de ce Dieu. Pas étonnant que Jésus ait été agressé par les armes mêmes avec lesquelles la mort s’acharnait depuis toujours à défier Dieu. Toutes les forces mauvaises qui parasitaient le cœur des hommes  et contre lesquelles  Jésus  avait œuvré toute sa vie se  sont liguées contre lui. C’était la haine, la calomnie, le mensonge. Auraient-elles raison contre Dieu ?  Comment Dieu lui-même pouvait-il rendre compte de la vie  en faveur de laquelle Jésus avait lutté toute son existence ? Comment Dieu pouvait-il relever le défi que la mort lui imposait ? La seule réponse possible était de manifester que  la vie pouvait prendre le pas sur la mort. Cette vie qui dépasse la mort devenait pour chacun la réponse de Dieu à ceux qui le cherchent et qui pourront désormais le trouver dans toutes les œuvres de vie qui défient la mort.

C’est la situation dans laquelle nous place ce texte  alors que  les deux amis se trouvent confrontés à une réalité nouvelle qui est celle de la résurrection. Jésus ressuscité était avec eux et ils ne le savaient pas. Par cette rencontre inattendue s’établissait un contact surprenant avec celui qu’ils avaient vu mourir car  Jésus qui marchait avec eux était vivant. Cette présence ne manquait pas de tout remettre en question pour eux, si bien qu’ils retournèrent sur leurs pas. Ils découvraient les contours d’une  nouvelle forme de vie que Jésus leur avait promise. La vie nouvelle dont Jésus parlait, de son vivant, n’était pas  seulement un élément philosophique, une clause  de langage,  elle était devenue présentement une réalité pour laquelle il n’y avait pas encore de mots pour la dire. La vie dont il parlait s’était emparée de la mort et les faisaient entrer dans une nouvelle dimension de la vie. C’était cette dimension de la vie dont tout un chacun rêve quand son esprit essaye de s’imaginer un Dieu dont la réalité dépasserait la simple réalité humaine.  C’est ce dont nous parlions au début de notre propos. Le Dieu auquel chacun songeait devenait une réalité qui dépassait toute fiction.

Comme toujours, quand nous sommes témoins d’un événement incompréhensible, il y a une voix intérieure qui nous interpelle,  pour nous demander si nous nous sentons  concernés : « En quoi cette résurrection dont je suis témoin me concerne-elle ? » devaient se demander les deux hommes. Sans avoir vraiment de réponse, ils rebroussent chemin, pour retourner à l’origine de leur rencontre avec Jésus afin de formuler autrement leur foi qui s’éclairait d’une lumière nouvelle. Sans que nous nous posions nous-mêmes la même question, elle surgit aussi dans notre inconscient et Jésus, sans attendre  que nous la lui  posions y répond quand même dans un autre évangile. «  Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». La résurrection, porteuse de vie ne se fait agissante en eux,  et en nous, que si chacun, imitant Jésus Christ se sent interpelé par Dieu pour être à son tour envoyé par lui. La résurrection ne  devient effective en nous que si nous nous sentons envoyés à notre tour et que nous agissons sur le monde comme il l’a fait. Le dynamisme de vie auquel tous aspire ne deviendra une réalité pour nous que si en imitant Jésus Christ nous laissons à l’amour le soin de décider  de nos actions. Le  dynamisme de vie dont nous devenons désormais dépositaires ne deviendra effectif que grâce au souci constant que nous portons aux autres et  dont nous faisons passer l’intérêt avant le nôtre. C’est alors que Dieu pourra espérer qu’une vie nouvelle s’empare du monde où nous sommes et que la société changera. Bien  évidemment les sceptiques diront que c’est une utopie, et que ce que Jésus a proclamé il y a 2000 ans n’est toujours pas effectif !

Alors, Jésus serait-il mort sans que l’espérance qu’il portait en lui ne le transforme ? Certes non. Le dynamisme qui était en lui est contagieux. La vision d’un monde transformé par l’amour est une promesse qui n’attend que la bonne volonté de chacun pour devenir effective. L’espérance qui provoque notre dynamisme, dont nous parlions en commençant, repose en nous. Dieu dans son amour de Père ne cesse  continuellement de relever le défi selon lequel la foi qui nous anime  est capable de faire évoluer les choses.  Nous en sommes chaque jour témoins en constatant  tous ces gestes aussi modestes soient-ils  qui déjouent  les actes de ceux qui croient pouvoir manipuler le monde au moyen de leur  égoïsme exacerbé. Notre foi en Dieu nous donne chaque jour le privilège d’en repérer quelques-uns.

 

 

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Jean 20/19-31

Posté par jeanbesset le 14 avril 2020

 

Apparitions de Jésus ressuscité aux disciples

19 Le soir de ce même dimanche, les portes de la maison où les disciples se trouvaient [rassemblés] étaient fermées car ils avaient peur des chefs juifs; Jésus vint alors se présenter au milieu d’eux et leur dit: «Que la paix soit avec vous!»
20 Après avoir dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. 21 Jésus leur dit de nouveau: «Que la paix soit avec vous! Tout comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie.»
22 Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit: «Recevez le Saint-Esprit! 23 Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.»
24 Thomas appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint.
25 Les autres disciples lui dirent donc: «Nous avons vu le Seigneur.» Mais il leur dit: «Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n’y mets pas mon doigt et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas.»
26 Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint alors que les portes étaient fermées, se tint au milieu d’eux et dit: «Que la paix soit avec vous!»
27 Puis il dit à Thomas: «Avance ton doigt ici et regarde mes mains. Avance aussi ta main et mets-la dans mon côté. Ne sois pas incrédule, mais crois!»
28 Thomas lui répondit: «Mon Seigneur et mon Dieu!» Jésus lui dit: 29 «Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru!»

30 Jésus a accompli encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres signes qui ne sont pas décrits dans ce livre.
31 Mais ceux-ci ont été décrits afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom.

Thomas 3

 

Non seulement il pensait avoir été oublié, mais pour ne pas être considéré comme quantité négligeable, il posait ses conditions.  Thomas agissait comme il ne faut pas agir quand on a Dieu comme interlocuteur, car c’est  bien à Dieu qu’il adressait ses griefs intérieurs. Il se croyait seul et oublié par le destin que Dieu semblait gérer et dont il avait été écarté. Dans cette situation, il posait ses conditions. Mais Dieu n’obéit pas aux conditions que lui imposent les hommes. Il ne se laisse jamais manipuler par eux. Dans cette histoire,  C’est bien évidemment Dieu qui agissait, même si c’est la personne de Jésus qui était concerné. Thomas semblait avoir été écarté de cette révélation dont les autres apôtres avaient été témoins la semaine précédente et que lui Thomas aspirait à partager avec eux. Jésus était venu vers eux avec la force et l’énergie que lui avait donnée la résurrection. Jésus et Dieu menaient ensemble le même combat pour la vie. Tandis que le temps passait sans que rien ne se passe, Thomas continuait à penser en termes de mort et de frustration. Pourtant,  sa vision des choses était en train d’évoluer.  Malgré  ses maladresses, il posait ses conditions à Dieu en manifestant  qu’il aspirait  à une nouvelle forme de vie au cas où Dieu se révélerait à lui.

 Les conditions que posent Thomas montrent bien  qu’il est habité par le désir de vie  et qu’il est  déjà  entré dans un défi contre la mort. « Je mettrai  mes doigts dans ses côtés »   avait-il dit  comme s’il disait : «  Je ferai comme si la mort n’existait plus » Jésus se présente alors à lui et tout ce qui a marqué le discours préalable de Thomas s’estompe. C’est une comme une confession de foi qui jaillit de sa bouche : «  Mon Seigneur et mon Dieu » C’est Dieu qui fait irruption dans sa vie, et là où est Dieu, il n’y a plus de place pour la mort. Là est la vie. Jusqu’à maintenant, pour cacher son dépit, Thomas se comportait comme s’il y avait un avant et un après, comme s’il y avait une chronologie dans le temps : un temps où la mort règnerait en maître pour être suivi par un temps de la résurrection où la mort cèderait la place à Dieu et à la vie.   

C’est aussi comme cela que beaucoup de croyants se comportent. Ils ont du mal à croire pleinement dans la vie. La résurrection appartiendrait à un temps nouveau qui viendrait après le temps de la mort.  Elle ferait  partie du temps de l’après. Ils pensent qu’il y a un premier temps qui se termine par la mort suivi par un après, caractérisé par la résurrection qui lui succèderait et qui serait le temps de Dieu. Mais Dieu appartient à tous les temps  et le temps de la résurrection fait aussi déjà partie du temps d’avant. Le temps que nous pensons devoir se  terminer par la mort est déjà le temps de Dieu qui règne sur tous les temps et qui porte en lui une énergie de vie. Plus besoin alors de vérifier si celui qui était mort est vivant si bien que Thomas ne met pas ses doigts dans ses plaies, ce temps est dépassé, la mort n’a plus de réalité, en fait, elle n’en a jamais eu. La mort est dépassée et Dieu occupe tout l’espace.

Nous nous comportons souvent comme si Dieu subissait la chronologie du temps que nous avons imaginé.  Nous nous comportons comme si  Dieu prenait  place dans les différents itinéraires de foi que nous lui proposons, comme le fit Thomas. Nous agissons comme s’il y avait au seuil de notre existence un temps sans Dieu, puis un temps de la découverte de Dieu et de naissance de la foi, puis finalement le temps de la plénitude où Dieu occuperait tout l’espace. Ce récit de la découverte de la foi par Thomas nous confirme qu’i n’y a pas de temps où de moment réservés à Dieu. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas encore eu conscience de la présence de Dieu que Dieu n’est pas déjà en nous, qu’il n’a pas pris place à nos côtés et que son souffle ne nous a pas visités. Comme il est dit ici, Dieu vient vers les hommes, il s’attache à se faire connaître jusqu’au moment opportun où nous nous rendons compte que sa réalité vivante nous habite. Il y alors de la place en nous pour que jaillisse notre émerveillement  et pour  rejoindre Thomas afin de  dire avec lui : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Cela ne veut cependant pas dire qu’avant il ne s’était rien passé. Cela veut simplement dire qu’avant que nous ayons pris conscience que Dieu venait vers nous, il se proposait déjà de nous rencontrer et de nous confier la vie nouvelle dont il était porteur.

Thomas est bien ici le portrait type de chaque homme qui ne peut s’empêcher de construire un Dieu à la dimension de sa pensée. Comme Thomas, nous en dessinons les contours et décidons par avance que nous ne croirons que si Dieu correspond à ce que nous imaginons.  Thomas aurait-il pu imaginer que Dieu viendrait vers lui sous les traits de son maître vivant alors qu’il le croyait mort et qu’il allait lui révéler quelque chose de radicalement nouveau de sa part alors qu’il croyait tout savoir de lui depuis trois ans.

Alors que Dieu vient vers nous, il doit commencer par détruire toutes les images et tous les faux semblants que nous avons imaginés à son sujet. Pour se rendre maître de notre âme et y introduire la notion de vie éternelle qui est en lui, il doit détruire tout ce que nous avons inventé et qui correspond à notre imagination à propos de Dieu. Thomas comprend ce matin-là qu’il doit remettre en cause  ce qu’il a imaginé. Il doit désormais avancer sur le chemin de la vie nouvelle qui lui est offerte en prenant conscience que c’est Dieu lui-même qui est maître de cette  vie. Ce mystère est bien difficile à comprendre, c’est pourquoi chaque année à cette même date nous méditions ces mêmes choses, à partir des mêmes textes de la Bible en essayant de mieux les approfondir pour mieux déconstruire ce que nous avons inventé et accueillir dans des termes nouveaux les mystères de la vie que Dieu vient partager avec nous.

Jusqu’ici, Thomas avait fait fausse route. Il croyait que Dieu l’avait oublié ou qu’il était passé à côté de lui en privilégiant les autres dans son affection. Cette impression est partagées par beaucoup  qui pensent que Dieu aurait donné à d’autres des dons supérieurs  qui leur permettraient de réaliser des choses  qui  les valoriseraient aux yeux des autres croyants.  Erreur profonde que commet Thomas. L’événement rapporté ici  lui montre qu’il a une place personnelle  dans les soucis de Dieu  comme chacun de ceux qui découvrent la réalité du Dieu qui les visite. Chacun, en effet  a un rôle à jouer dans la bonne marche du monde et il nous appartient dans notre relation  personnelle  avec Dieu de discerner quel rôle nous avons à jouer.

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Matthieu 28/1-10 La résurrection – Pâques dimanche 12 avril 2020

Posté par jeanbesset le 4 avril 2020

Matthieu 25/1-10

01 Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre.

02 Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus.

03 Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige.

04 Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts.

05 L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.

06 Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait.

07 Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. »

08 Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

09 Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.

10 Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

 Jésus 20

Regarde en toi, et attache-toi à ce qui n’a pas retenu ton attention.

Cet homme si triste que tu viens de croiser, ne méritait-il pas plus qu’un regard fugitif et blasé ? N’as-tu pas remarqué  derrière la fenêtre du deuxième étage de l’immeuble devant lequel tu viens de passer, ce pot de fleurs à peine dissimulé derrière un rideau de vieilles dentelles. Sans doute le piaillement discordant de cet oiseau sur la branche du platane au-dessus de ta tête t’a-t-il agacé parce qu’il ne te semblait pas naturel. Et l’oiseau lui-même l’as-tu remarqué ? Il y a tant de choses de la vie auxquelles tu ne prêtes aucune attention. Tu la traverses indifféremment en ne te souciant que de toi, alors que la réalité est ailleurs.

Il n’est donc pas étonnant que tu ne remarques pas, que Dieu ne cesse de mettre ses pas dans les tiens et que tu ne lui  prêtes  aucune attention, même s’il désire partager les pensées qui t’animent. Tout en les ignorant, les hommes marchent-ils sur la même route que leurs semblables  sans vraiment faire  attention à eux.  Pourtant Dieu est témoin de leurs soucis,  mais rien n’y fait, ils ignorent ce Dieu silencieux   dont l’esprit cherche à les rejoindre sans qu’ils lui prêtent attention. En temps de crise, ils croient que Dieu les oublie et décident de ne plus croire en lui et agissent comme s’ils étaient abandonnés à eux-mêmes

Dieu ne résigne pas. Il invente des moments favorables pour attirer notre attention. Ce sont les fêtes dites carillonnées   qui ont été instaurées pour ça. Pâques en est une, sans doute la plus célèbre d’entre elles. Mais cette année, Pâques que nous allons célébrer, ne va sans doute pas se dérouler comme d’habitude. Cette fête a pour caractéristique de mettre  pendant quelques heures, la vie au centre de ses célébrations. Mais cette année c’est plutôt l’angoisse qui est au rendez-vous. C’est un défi inattendu qui vient mettre en cause tout notre système de référence, et Dieu semble se taire et rester silencieux fasse à  nos soucis.

Si Dieu semble ne rien dire,  La science en qui nous avions une confiance aveugle  se trouve elle aussi sans voix. Notre système économique est ébranlé  au plus haut point. Les nations qui se prétendaient les plus puissantes du monde font profil bas. L’horizon qui  s’assombrit de jour en jour ne provoque l’ébauche d’aucune solution. Savants et philosophes n’osent pas suggérer que    les religions offrent une solution. Le silence  de Dieu auquel certains font encore confiance,  nous laisse entendre qu’il ne semble pas devoir  intervenir. Nous découvrons qu’il ne s’engage pas dans les solutions que certains espérent de lui, sans quoi il l’aurait déjà fait. Il ne nous permet pas de reconnaître en lui cette divinité toute puissante en qui   nous mettons notre confiance, car le vêtement de super Man ne lui convient pas.

Dieu n’est donc pas l’intervenant miraculeux que nous espérons quand tout va mal. En ce moment de Pâques, il nous invite à tourner les yeux vers un tombeau vide où notre tradition avait enfermé un mort qui n’y est plus.  L’Evangile nous rapporte que la tombe a été ouverte sans que l’on sache  comment et que l’absence du mort qui y était enfermé nous a posé plus de problèmes qu’elle en a résolus. C’est pourtant dans cet événement que la foi en ce Dieu nous propose de trouver une réponse aux questions qui nous préoccupent si fortement aujourd’hui.

 La question principale qui occupe notre attention est liée à la mort sans explication dont tant de nos contemporains sont menacés. La vie de beaucoup est provoquée sous nos yeux sans crier garde. Ils se trouvent hospitalisés sans qu’on puisse les accompagner et la mort les fauche sans qu’on puisse les revoir. Même les gestes de la plus simple fraternité nous sont refusés.

Malgré ces provocations incompréhensibles, il nous  est donné de constater que des femmes et des hommes se mobilisent contre ce tourment et refusent qu’un ennemi  inconnu nous impose sa loi. L’obstination de ceux qui résistent et qui soignent, les inventions  de ceux qui cherchent et qui inventent des modes de résistance allument une forme  d’espérance sur notre route. Ils  barrent, en  agissant ainsi,  la route à un destin qui grâce à leur action cessent d’être implacable. Ils nous révèlent qu’au fond des hommes et des femmes  réside la trace d’une puissance qui leur vient d’ailleurs que d’eux-mêmes. Est-ce Dieu qui agit en eux ?  Certains le croient. Tous ceux qui se dressent pour barrer la route à ce monstre laissent entendre que l’espérance de vie est la plus forte et qu’elle vaincra.

Le soir tombé, nous rejoignons ces hommes et ces femmes qui applaudissent les acteurs de la résistance. Sans le savoir, nous nous revêtons ainsi de l’énergie que Dieu met en nous sans compter car il a confiance en l’homme.

Malgré le confinement beaucoup rejoignent par la pensée ces femmes qui au petit matin courent vers un tombeau vide  annonciateur d’une étrange dimension  de vie que Dieu donne à ceux qui  s’appuient sur lui pour triompher de leurs angoisses. Certes,  apparemment Jésus est mort, mais le Dieu qui avait habité sa vie l’a maintenu dans une existence dont la réalité nous échappe sous bien des aspects et que faute de  mieux nous appelons la résurrection.

A Pâques la mort n’a pas disparu, mais elle a perdu son aspect définitif. Qui aurait cru que tant d’acteurs s’armeraient pour se mettre en travers du fléau, si Dieu n’avait pas mis en eux une énergie inattendue qui permet à la vie de triompher du défi auquel nous sommes confrontés ? C’est ainsi  que de partout sur terre nait une espérance que nous n’arrivons pas à  décrire mais qui nous dit que Dieu n’est pas  étranger au combat que nous menons et que la victoire est une certitude.

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Matthieu 21/1-11 les Rameaux, dimanche 5 avril 2020

Posté par jeanbesset le 1 avril 2020


 

Matthieu 21/1-11  – Les Rameaux – dimanche 5 avril 2020

 1 Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem et qu’ils furent arrivés à Bethphagé, vers le mont des Oliviers, Jésus envoya deux disciples 2 en leur disant : Allez au village qui est devant vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle ; détachez-les, et amenez-les-moi. 3 Si quelqu’un vous dit quelque chose, vous répondrez : « Le Seigneur en a besoin. » Et il les laissera aller tout de suite. 4 Cela arriva afin que s’accomplisse ce qui avait été dit par l’entremise du prophète : 

5 Dites à la fille de Sion :

Ton roi vient à toi,

plein de douceur, monté sur une ânesse,

sur un ânon, le petit d’une bête de somme.

6 Les disciples allèrent faire ce que Jésus leur avait ordonné. 7 Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon, sur lesquels ils mirent leurs vêtements ; il s’assit dessus. 8 La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d’autres coupèrent des branches aux arbres et les étendirent sur le chemin. 9 Les foules le précédaient et le suivaient en criant :

Hosanna pour le Fils de David !

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

Hosanna dans les lieux très hauts !

10 Lorsqu’il entra dans Jérusalem, toute la ville fut en émoi. On disait : Qui est-il, celui-ci ?

 

11 Les foules répondaient : C’est le prophète Jésus, de Nazareth de Galilée.

Jésus chasse les vendeurs du temple 

12Jésus entra dans le temple. Il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple, il renversa les tables des changeurs et les sièges des vendeurs de colombes. 13Et il leur dit : Il est écrit :

Ma maison sera appelée maison de prière.

Mais vous, vous en faites une caverne de bandits. .

Raameaux 

Je vais reprendre les éléments d’un sermon que je vous ai déjà donné en 2014, en pensant que ce Dimanche, personne n’ira au culte, les temples et les églises seront fermés pour cause de confinement. Ce jour de fête se fera dans une atmosphère tendue. Tous sont inquiets et plusieurs  sont dans le deuil. Nous entendrons que malgré tout, Dieu nous mobilise, comme il le fait d’une ânesse  ou des pierres du chemin pour dire quand même et malgré tout sa parole. 

Jésus, arrive toujours vers nous d’une manière surprenante. Ici il surgit au détour d’un chemin sur une ânesse qui le porte.  Si Jésus  porte en lui   la Parole de Dieu, l’ânesse, devient  par voie de conséquence porteuse de la Parole de Dieu.  Comme si ça ne suffisait pas pour Jésus de se servir des animaux pour porter la Parole de Dieu, il associe aussi la nature à cette action et  il invite les pierres du chemin à crier la gloire de Dieu.  Mais, ce n’est pas tout. Il entre ensuite dans le temple, mais le temple de Dieu n’est-ce pas aussi notre corps (1 Cor 6/19)? Jésus pourrait-il nous faire violence comme il le fait dans le sanctuaire afin que nous  devenions à notre tour, aptes à porter  sa parole comme une ânesse  et de la proclamer comme un vulgaire caillou ?  Mais ce  texte  nous pose encore bien d’autres questions. 

Quand nous ouvrons notre Bible c’est généralement avec l’intention d’y trouver une parole de Dieu qui nous encourage et qui nous  apporte  un éclairage particulier sur les choses de la vie ! Mais la Parole de Dieu ne se laisse pas saisir, c’est plutôt elle qui  s’empare de nous et qui s’impose à nous pour nous entraîner là où nous n’avons pas forcément  l’intention d’aller. C’est aussi, elle qui suscite en nous des idées nouvelles  qui  prennent place en nous et ne quittent plus notre esprit. Telle est l’action secrète de la Parole de Dieu quand nous acceptons   que le Saint Esprit lui ouvre le chemin de notre vie intérieure. 

 Plutôt que de nous extasier en regardant Jésus qui se donne en spectacle dans un  rôle de roi  d’opérette sous les yeux des badauds de Jérusalem, qui le regardent sans comprendre,  nous allons essayer de découvrir les autres aspects de cette histoire. En fait  ce rôle de spectateurs nous sied mal,  c’est pourquoi Jésus va faire de nous des acteurs. Si nous sommes destinés à porter la parole de Dieu, c’est dans le rôle de l’ânesse que nous trouvons le mieux notre place.  

 Quel que soit l ‘Evangile qui nous  rapporte cet événement, nous  découvrons que Jésus y surgit comme s’il venait  de nulle part et s’impose à nous comme celui qui  veut prendre autorité sur nous.  Mais nous  avons du mal à rejoindre Jésus dans la réalité de ce récit où il se montre dans une situation étrangement inhabituelle. En effet c’est un ânon et une ânesse qui sont les héros du jour. Nous savons que l’ânesse était jadis la fidèle compagne du roi David, c’est sur elle qu’il avait fait asseoir son fils Salomon pour conjurer la révolution de palais qu’un autre de ses fils  Adonija avait fomentée. (1 Rois 32-40)  Le  futur roi Salomon avait suivi, à peu de choses près le même parcours que l’on prête à Jésus ce jour-là. Pour arriver au palais et débouter son usurpateur de frère. L’ânesse sur laquelle Salomon était monté et sur laquelle plus tard Jésus montera,  est un élément tellement familier dans le décor  biblique que nous avons mis son petitt, dans la crèche de Noël, même si les Ecritures ne l’y placent pas. L’ânesse porte donc toute  une partie  de la tradition biblique, elle est porteuse de Jésus qui est lui-même porteur de la parole de Dieu. Serait-il alors pertinent de nous  demander si  Jésus n’aurait pas souhaité que nous tenions  le rôle de l’ânesse et devenions porteurs et porteuses de la parole de Dieu.  L’ânesse pourrait donc être  moi ou  vous, c ‘est à dire le peuple de l’Eglise ?   

Au lieu de rester un simple spectateur  et de regarder les choses de l’extérieur, prenons donc la place de l’actrice la plus humble.  Il nous sera alors plus facile de voir les choses au ras du sol.  Sans fausse modestie, nous voilà donc dans le rôle de l’ânesse pour mieux voir cette foule qui vocifère et qui acclame son roi. 

Ainsi nous vous voilà engagés à accompagner Jésus comme le plus modeste des  acteurs de cet événement.  Si le chemin devient trop rude, et que  l’âne  que nous sommes trébuche, si la foule dans laquelle nous sommes mêlés est fatiguée, à bout de  force et ne peut plus chanter, ou si  l’Eglise  dont nous sommes membres   aujourd’hui se démobilise à force d’habitude, si les événements que nous vivons nous laissent sans voix,  c’est alors que nous sommes invités à réaliser que nous ne sommes même pas capables d’être les pierres du chemin sur lesquelles marche le Seigneur puisqu’elles sont invitées à crier à notre place.  Le monde pourrait se passer de nous si  laissons crier les pierres et pourtant les pierres sont éloquentes. 

En effet quand les touristes avides de culture  viennent  admirer, les cathédrales, ce n’est pas les offices religieux, auxquels ils n’assistent pas, ni même les guides qui leur parlent de la Bible, mais  ce sont  les pierres des bas-reliefs, les tympans, les chapiteaux qui leur racontent les merveilles de Dieu.  

 Aujourd’hui, aussi intéressant soit-il sur le plan culturel,   l’Evangile  semble avoir perdu son aspect séducteur. La société  contemporaine  s’organise  indépendamment du message que  Jésus a voulu lui donner.  Nous habitons un monde où l’Eglise se sent fatiguée d’être minoritaire, fatiguée de ne pas réussir à  se faire entendre, fatiguée de voir ses traditions ignorées. Les média ne répercutent plus guère sa voix.  Le Christ, une fois encore trahi semble  se résigner  à retourner  dans la tombe d’où l’avait tiré la résurrection.. 

C’est  pourtant dans ces conditions que nous avons encore à jouer un rôle. Nous avons à jouer le rôle   de ces pierres sur lesquelles on marche et  avec lesquelles on construit les routes  à défaut de cathédrales que l’on ne construit plus beaucoup.  En nous identifiant aux pierres nous  découvrons que nous sommes destinés à faire partie des matériaux qui servent à faciliter la progression des  hommes en marche vers leur destin sans qu’ils le sachent. Ces pierres ne crient ni leur souffrance d’être piétinées, ni leur dépit d’être ignorées mais elles sont témoins de l’amour de leur  Dieu  dont les hommes ont  tant besoin d’éprouver la réalité, faute de quoi ils sombreront dans la morosité. 

Au pas lent de l’âne qui commence à fatiguer, Jésus  arrive au Temple. Il se laisse aller à la colère et bouscule les marchands qui sont là pour les besoins du culte. Peu importe la portée de son geste. Il faut réaliser que le temple, est le lieu de la  présence de Dieu, c’est la demeure du Seigneur. Le lieu construit par les hommes pour célébrer la grandeur de Dieu On  ne peut tolérer qu’il s’y passe n’importe quoi. Tout ce long cheminement de Jésus  pour atteindre le Temple n’a d’autre but que  de nous exprimer l’acharnement que met Jésus  à   nous rendre témoins de la grandeur de Dieu.  

Il veut  nous rendre capables d’apporter louange et adoration à notre Dieu et de témoigner de sa présence au cœur de l’humanité en toutes circonstances.  En  devenant tout à la fois l’ânesse sur laquelle Jésus s’est assis, la foule qui acclame et les pierres qui crient et le temple du Seigneur nous réalisons que Jésus  peut emprunter toutes les dimensions de notre vie spirituelle pour nous accompagner  dans notre foi et faire de nous le lieu de la présence de Dieu. Toute cette évocation  royale de Jésus n’a pas d’autre but que de s’emparer de nous-mêmes pour faire de nous  le Temple de Dieu.  En prenant ainsi possession de nous, Jésus  nous rend conforme à notre destin premier, celui  de rendre à Dieu un culte  raisonnable. Prenons en conscience en ce jour où les temples de Dieu nous sont fermés pour cause de sauvegarde des hommes.

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Jean 9 : L’aveugle né – dimanche 22 mars 2020

Posté par jeanbesset le 20 mars 2020

Jean 9  1 Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. 2 Ses disciples lui demandèrent : Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? 3 Jésus répondit : Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché ; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. 4 Il nous faut travailler, tant qu’il fait jour, aux œuvres de celui qui m’a envoyé ; la nuit vient où personne ne peut travailler. 5 Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. 

6 Après avoir dit cela, il cracha par terre et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle 7 et lui dit : Va te laver au réservoir de Siloé — ce qui se traduit par Envoyé – . Il y alla, se lava et, quand il revint, il voyait. 8 Ses voisins, et ceux qui auparavant avaient vu qu’il était un mendiant, disaient : N’est-ce pas là celui qui se tenait assis et qui mendiait ? 9 Les uns disaient : C’est lui. D’autres disaient : Non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait : C’est bien moi. 10 Ils lui dirent donc : Comment tes yeux ont-ils été ouverts ? 11 Il répondit : L’homme appelé Jésus a fait de la boue, me l’a appliquée sur les yeux et m’a dit : Va te laver à Siloé. J’y suis allé, je me suis lavé et j’ai recouvré la vue. 12 Ils lui dirent : Où est cet homme ? Il répondit : Je ne sais pas. 

13 Ils menèrent vers les Pharisiens celui qui avait été aveugle. 14 Or c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. 15 A leur tour, les Pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit : Il a mis de la boue sur mes yeux, je me suis lavé et je vois. 16 Sur quoi, quelques-uns des Pharisiens disaient : Cet homme ne vient pas de Dieu, car il n’observe pas le sabbat. D’autres disaient : Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles ? 17 Et il y eut division parmi eux. Ils dirent encore à l’aveugle : Toi, que dis-tu de lui, qu’il t’a ouvert les yeux ? Il répondit : C’est un prophète. 

18 Les Juifs ne crurent pas qu’il avait été aveugle et qu’il avait recouvré la vue, avant d’avoir appelé ses parents. 19 Ils leur demandèrent : Est-ce là votre fils, dont vous dites qu’il est né aveugle ? Comment donc voit-il maintenant ? 20 Ses parents répondirent : Nous savons que c’est notre fils et qu’il est né aveugle ; 21 mais comment il voit maintenant, nous ne le savons pas, ou qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez âgé pour parler de ce qui le concerne. 22 Ses parents dirent cela, parce qu’ils craignaient les Juifs, car les Juifs s’étaient mis d’accord : si quelqu’un confessait que Jésus était le Christ, il serait exclu de la synagogue. 23 C’est pourquoi ses parents dirent : Il est assez âgé, interrogez-le. 

24 Les Pharisiens appelèrent une seconde fois l’homme qui avait été aveugle et lui dirent : Donne gloire à Dieu ; nous savons nous que cet homme est pécheur. 25 Il répondit : S’il est pécheur, je ne le sais pas ; je sais une chose : j’étais aveugle, maintenant je vois. 26 Ils lui dirent : Que t’a-t-il fait ? Comment t’a-t-il ouvert les yeux ? 27 Il leur répondit : Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté ; pourquoi voulez-vous l’entendre encore ? Voulez-vous aussi devenir ses disciples ? 28 Ils l’insultèrent et dirent : C’est toi qui es son disciple ; nous, nous sommes disciples de Moïse. 29 Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-ci, nous ne savons d’où il est. 30 Cet homme leur répondit : Voilà ce qui est étonnant, c’est que vous ne sachiez pas d’où il est ; et il m’a ouvert les yeux ! 31 Nous savons que Dieu n’exauce pas les pécheurs ; mais si quelqu’un honore Dieu et fait sa volonté, celui-là il l’exauce. 32 Jamais encore on n’a entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. 33 Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. 34 Ils lui répondirent : Tu es né tout entier dans le péché, et c’est toi qui nous enseignes ! Et ils le jetèrent dehors. 35Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le trouva et lui dit : Crois-tu au Fils de l’homme ? 36 Il répondit : Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? 37Tu l’as vu, lui dit Jésus, et celui qui te parle, c’est lui. 38 Alors il dit : Je crois, Seigneur. Et il l’adora. 

aveugle né

39 Puis Jésus dit : Je suis venu dans ce monde pour un jugement, afin que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. 40 Quelques Pharisiens qui étaient avec lui, après avoir entendu ces paroles, lui dirent : Nous aussi, sommes-nous aveugles ? 41Jésus leur répondit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : Nous voyons ; aussi votre péché demeure. 

La plupart du temps, on aborde les textes de l’Ecriture avec un ton de circonstance qui fait que les sermons que l’on produit à leur sujet, malgré l’intérêt qu’on leur porte et le talent de leur auteur prennent bien souvent un ton doctoral et ennuyeux. Pourtant ils cherchent à nous entretenir de notre relation à Dieu, c’est à dire de ce qu’il y a de fondamental dans notre vie. On se demande pourquoi dès que l’on aborde les questions sur Dieu, les propos gagnent en sérieux et perdent en vivacité. Pourtant, nous savons que Dieu ne manque pas d’humour, et c’est pourquoi, sans vouloir l’offenser le moins du monde, je me permettrai d’aborder ce texte de l’Evangile de Jean comme une intrigue policière. 

C’est en effet de cette manière qu’il se présente. Cela ressemble à un polar bien construit où les auteurs prennent un malin plaisir à brouiller les pistes. Il faut rester très attentif si on ne veut pas perdre le fil de l’intrigue et manquer le détail qui risquerait de révéler la clé de l’énigme. A la fin du programme on reste surpris de découvrir que le coupable n’est pas celui vers lequel portaient nos soupçons. Il en va de même dans cette banale histoire d’aveugle guéri le jour du sabbat. 

Dans ce récit la tension monte très vite, et les assistants s’interrogent sans le dire sur la légitimité de l’opération. Il y a comme un non-dit qui provoque des soupçons. On s’interroge alors sur le péché, on s’étonne de la guérison, on n’est même pas sûr de bien connaître le personnage central qui est l’aveugle : « ça n’est pas lui, dit-on mais ça lui ressemble ». Quant à l’homme guéri, il ne dit rien, il subit la guérison qu’il n’a même pas demandée et il sera puni parce qu’il a en bénéficié. On l’interroge et finalement on l’accuse de péché. D’innocent qu’il est, le voilà traîné comme un coupable devant les autorités qui en fait n’en sont pas vraiment, car les pharisiens n’ont qu’une autorité morale. Finalement il sera jugé et condamné. Il sera exclu de la synagogue. On le traite en coupable parce que quelqu’un lui a fait du bien ! 

Même si cela nous paraît étrange, cela n’est pas exceptionnel ! On peut le vérifier, chaque jour. Quand quelqu’un est au bénéfice d’un avantage quelconque, les mauvaises langues vont bon train. On se demande d’où peut lui venir une telle faveur et quelles sont les compromis auxquels il s’est livré pour avoir un tel avantage. 

On se demande, sans le dire si cet aveugle n’a pas fait un pacte avec les forces du mal pour être guéri. Il était en effet courent de penser que la maladie était la sanction d’une faute commise par soi-même, ou par ses parents voire même par ses ancêtres : « Les parents ont mangé des raisins verts disait-on et les enfants ont eu les dents agacées. » (Jérémie 31/29) A moins d’un pacte avec le malin le malade ne pouvait être guéri le jour du sabbat. L’intrigue en sorcellerie avait commencée 

C’est devant les pharisiens que l’on avait trainé l’accusé, ce sont eux qui allaient se charger de l’enquête. Elle sera à charge, bien entendu. Ce n’est d’ailleurs pas eux qui étaient à l’origine de l’affaire  mais c’était la rumeur, celle qui accompagne généralement les événements. 

On s’interroge sur le bienfondé  du miracle. On s’adresse donc aux pharisiens. Mais qui est ce           « on» ? si non celle que j’ai appelé la « rumeur », c’est l’opinion publique qui n’accuse pas encore mais qui soupçonne.  C’est la masse des anonymes qui se prépare déjà à crier : « crucifie-le ». Comment cette maladie réputée incurable se pouvait-elle être guérie le jour consacré à Dieu se demandait-on, le jour où on n’était pas autorisé à soigner si non dans l’urgence. Il n’y avait pas urgence. Donc si Dieu ne s’autorise pas à intervenir dans ces conditions, ce ne peut être que le diable. C’est aussi simple et aussi logique que cela. 

Et voilà que Dieu entre en scène avec le diable pour partenaire. N’est-ce pas étrange ? 

Seuls les spécialistes sont capables d’expliquer cela. Ils donnent leurs explications  en se référant à la  la Loi. Les spécialistes, ce sont les pharisiens, ils opinent très vite pour le diable. Le malade, accusé de pacte avec le démon devient coupable alors qu’il ne demandait rien et on le condamne à être jeté dehors. 

Mais comme il est né aveugle, le soupçon se porte aussi sur ses parents. La peur entre en scène, c’est pourquoi ces derniers refusent de parler. Le moins ils en diront, le mieux ils se porteront. Toute parole, même bien intentionnée peut se retourner contre un accusé. Le silence est préférable à une tentative d’explication. La justice, ainsi abandonnée aux mains des pharisiens devient redoutable. C’est l’inquisition avant la lettre. Quand les pharisiens ont quelqu’un dans le collimateur, ils ne le lâchent pas. Tout manquement avéré à la Loi appelle forcément un coupable. Qui a contrevenu à la Loi ? Si ce n’est pas l’un c’est l’autre. Si le miraculé à seulement subi le miracle, si ses parents n’y sont pour rien, c’est celui qui a opéré la guérison qui a pactisé avec le démon. Et en raison de leur logique aveugle et implacable Jésus devient potentiellement coupable et par voie de conséquence agent du diable. 

Leurs arguments sont-ils cependant aussi solides que cela ? L’opinion des pharisiens a-t-elle valeur de preuve ? Ils savent bien que leur enquête est truquée, que leurs conclusions sont erronées et que leurs arguments sont spécieux. C’est moi, tout à l’heure, qui ai parlé de pacte avec le diable, ce n’est pas eux. Dans leur habileté, ils ont entraîné les témoins à tirer ces conclusions que nous venons de faire. Les pharisiens ne l’ont pas fait. C’est l’opinion publique, la rumeur qui va faire un travail de sape et attaquer la personne de Jésus. Ils s’y sont bien pris en le désignant comme un trublion de banlieue dont la personne n’est pas fréquentable, ils ne l’accusent pas encore et ils ne l’interrogent même pas. Ils ne le condamnent pas encore, mais c’est l’autre, l’aveugle que l’on condamne. Et c’est sa famille qu’on inquiète. Quant à Jésus on attend, en montant l’opinion contre lui. 

Mais qui est coupable ? Qui est derrière cette affaire ? Qui a autorité sur le mal ? On en revient au point de départ ! Reprenons alors l’enquête à notre compte comme le ferait un détective privé commandité par la défense. En fait Jésus est intervenu alors qu’on ne lui demandait rien si non de faire un commentaire sur le mal : « cet homme était-il aveugle à cause de son péché ?» Jésus ne répond pas mais il le guérit. C’est la guérison qui donnera la bonne réponse.. 

Jésus agit comme Dieu l’a déjà fait. Il mêle sa salive qui symbolise la parole à la terre d’où a été façonné l’homme dans le récit de la création. Jésus a donc agi avec les prérogatives de Dieu pour corriger, dans ce monde ce qui ne va pas. Les témoins n’ont pas encore compris cela, c’est pourquoi ils lui font un procès. Les pharisiens l’ont sans doute compris, mais ça ne correspond pas à leur interprétation de la Loi. En accusant Jésus à cause de leur interprétation personnelle, c’est eux qui deviennent les coupables car ils affirment trouver les signes du diable dans les actions bonnes où Dieu se révèle. Ils ne peuvent pas comprendre que le bien s’oppose au mal et que Dieu se cache dans les gestes qui font vivre. Il cautionne toutes les actions qui améliorent le sort de l’humanité souffrante. Et si l’humanité souffre, ce n’est pas le fait de Dieu, puisque Dieu intervient pour corriger les souffrances. 

Ceux qui se sont accaparé de la vérité sur le bien et sur le mal reçoivent une bonne leçon de modestie. La vérité est dans ce qui facilite et améliore la vie des hommes. Heureux alors seront-ils, tous ces rejetés de la planète que Dieu destine à la vie, même s’il y a des obstacles sur leur chemin, même si le mal leur dresse des embûches. Quant au mal et à l’origine de la souffrance, Jésus ne nous en dira pas plus. Le mal reste le premier accusé de ce procès qui n’est pas terminé et où les accusateurs pourraient bien finir en coupables.

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Matthieu 17/1-9 la transfiguration – dimanche 8 mars 2020

Posté par jeanbesset le 5 mars 2020

Matthieu 17/1-9 – La transfiguration  – dimanche 8 mars 2020


La transfiguration : Ce même texte a déjà été publié le 17 mars 2011
 

1 Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne. 2 Il fut transfiguré devant eux : Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. 3 Moïse et Élie leur apparurent, ils s’entretenaient avec lui. 4 Pierre prit la parole et dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. 5 Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les enveloppa. Et voici qu’une voix sortit de la nuée qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Écoutez-le ! 6 Lorsqu’ils entendirent (cela), les disciples tombèrent la face contre terre, saisis d’une crainte violente. 7 Mais Jésus s’approcha, les toucha et dit : Levez-vous, soyez sans crainte ! 8 Ils levèrent les yeux et ne virent que Jésus seul.

9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez à personne de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité des morts. 10 Les disciples lui posèrent cette question : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’Élie doit venir d’abord ? 11 Il répondit : Il est vrai qu’Élie vient rétablir toutes choses. 12 Mais je vous dis qu’Élie est déjà venu, et qu’ils ne l’ont pas reconnu et qu’ils l’ont traité comme ils l’ont voulu. De même le Fils de l’homme va souffrir de leur part.

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Beaucoup d’entre nous ont sans doute entendu parler du discours prononcé par Martin Luther King à Washington le 28 août 1963 au cours duquel il évoqua son rêve d’un peuple américain libre et uni. Il l’exprima en décrivant la vision qu’il avait d’une Amérique nouvelle : « I have a dream : j’ai la vision » avait-il commencé à dire depuis les marches du monument de Lincoln où il haranguait une foule de deux cent mille manifestants noirs. Ses propos laissaient entendre qu’il devinait déjà les signes d’une vie nouvelle qui attendait le peuple noir la bas au-delà des collines de l’Alabama.

Chacun de ses auditeurs, pétri des récits de la Bible, reconnaissait certainement en l’entendant la vision de Moïse sur la montagne contemplant la Terre Promise. Grâce à l’espérance que Jésus avait déposée en lui, Martin Luther King put entrevoir la promesse d’un peuple noir et d’un peuple blanc réconciliés formant une seule nation. 

Jésus nous enseigne à l’imiter. Il nous apprend à rechercher la compagnie des hommes et des femmes de la Bible pour être enseignés par eux. A la lumière de l’Evangile leur message prend une valeur éternelle et parle à chaque génération d’une manière durable.

Bien que Jésus ait affirmé que Dieu aime les hommes d’un amour incommensurable, ceux-ci ne s’en rendent pas vraiment compte. Ils sont plus revendicateurs des grâces de Dieu, que témoins de son amour. Ils se comportent comme si Dieu leur devait aide et assistance pour prix de leur foi en lui.

La seule manière de nous rendre compte de l’action de Dieu au milieu des hommes c’est de voir comment il a agi envers ceux qui nous ont précédés dans la foi. C’est en les rencontrant, que nous comprendrons comment les femmes et les hommes de la Bible ont rendu compte de l’amour de Dieu. Dieu les a aimés du même amour que celui dont il nous aime aujourd’hui. S’il a mis en eux sa sagesse, il n’a cependant pas voulu que les épreuves leur soient enlevées, mais il n’a jamais cessé de les accompagner quand celles-ci surgissaient. Grâce à la foi qui était en eux, ils ont su les surmonter et ils ont pu, chacun avec sa sensibilité, témoigner de la manière dont Dieu s’est intéressé à eux.

Cette expérience de la vie en Dieu telle que je suis en train de l’évoquer n’est pas réservée aux intimes de Jésus, mais elle est offerte à chaque lecteur de la Bible qui y trouve des compagnons de route dont l’expérience enrichit sa compréhension des choses. L’Esprit saint habitait déjà en eux et c’est grâce à lui qu’ils étaient en contact étroit avec Dieu. Ce même Esprit habite aussi en nous. C’est grâce à lui que nous pouvons retirer un enseignement de leur témoignage. C’est ainsi que notre route peut être encore aujourd’hui éclairée par les expériences de vie de ceux qui ont vécu au contact de Dieu avant nous. L’Esprit saint qui préside à cet échange porte en lui le mystère de Dieu, selon lequel il veut sauver tous les hommes.

C’est par lui qu’il nous communique encore aujourd’hui la puissance de vie qui était déjà en Jésus et qui l’a poussé hors du tombeau. Cette même puissance de vie était déjà présente dans l’existence de tous les témoins de Dieu bien avant la venue du Christ. C’est ainsi qu’ils ont pu témoigner de lui bien avant qu’il vienne sur terre. En eux habitait déjà cette espérance qui grâce à eux nous mobilise à la suite de Jésus.

Cette vision que Pierre, Jacques et Jean reçoivent sur la montagne remplit cette fonction. Par elle ils comprennent que Jésus a assumé dans son œuvre tout ce à quoi Moïse et Elie aspiraient. Bien qu’il ne se passe apparemment rien au cours de cette vision, les trois apôtres ont été amenés à comprendre qu’il y avait un lien étroit entre Moïse Elie et Jésus. C’est le Saint Esprit qui depuis toujours a constitué ce lien.

Tous ces témoins de Dieu qui ont précédés la venue de Jésus, tels Moïse et d’Elie, ont eu leurs faiblesses. Dieu les a choisi non pas parce qu’ils étaient meilleurs que les autres, mais parce qu’ils étaient comme les autres. Ils avaient les mêmes contraintes que nous, les mêmes ambitions, les mêmes péchés aussi. Ils ont connu le désespoir et la foi leur a parfois manqué. Ils ont porté en eux des culpabilités avouées ou ignorées. Ils étaient semblables en nous en tout point. Mais si Jésus nous les désigne comme compagnons de route, c’est que leur histoire peut éclairer la nôtre. L’Esprit d’entreprendre qui les animait est le même que celui qui habitait en Jésus et qui a donné du sens à son action.

Mais prenons y garde, s’il nous est donné de croiser Moïse, Elie et les autres, comme il est raconté dans ce passage des Ecritures, il n’est pas question que nous nous réfugions avec eux dans leur passé pour le reproduire aujourd’hui dans notre temps. Leur temps est révolu et nous devons rester dans notre temps et vivre dans notre temps, enrichis par leur expérience. Il nous appartient maintenant de vivre notre propre histoire et de devenir à notre tour un chaînon dans la longue chaîne des témoins de ceux qui nous ont précédés et qui nous suivront.

Riches de leur expérience nous devons habiter cette terre que Dieu nous demande de mettre en valeur pour sa plus grande gloire. Depuis l’origine des temps, son esprit d’amour a soufflé sur elle et depuis toujours des voix se sont fait entendre pour dire le pardon et l’espérance. Le même Esprit a suscité leur message, le même Esprit a révélé que Dieu habitait en Christ pour le réconcilier avec les hommes, le même Esprit aujourd’hui nous envoie dans ce monde, chargés d’une mission de réconciliation et d’amour.

Les hommes d’aujourd’hui auraient-ils le cou plus raide que ceux de jadis car ils semblent manquer d’espérance ? Le monde moderne est rebelle à Dieu dit-on, parce que l’existence d’aujourd’hui ne fait aucune place à la spiritualité. L’égoïsme gagne du terrain et tous sont trop avides de consommer plutôt que de faire une place à Dieu.

Pourtant, si nous fréquentons ceux qui étaient avant nous, si nous prenons pour compagnons les plus illustres témoins de la Bible, nous réaliserons bien vite que de tout temps, les hommes ont résisté à Dieu. Elie qui dans le passage d’aujourd’hui se tient aux côté de Jésus n’a-t-il pas eu, seul contre tous, à s’opposer à tout un peuple gagné au paganisme et n’a-t-il pas douté du chemin à suivre ? Il avait contre lui le roi et la reine qui avaient mis sa tête à prix. Il s’est alors enfui, terrassé par le doute et le désespoir. Quant à Moïse, n’a-t-il pas cassé les tables de la loi parce qu’il était exaspéré à cause du manque de foi de son peuple?

Si vous allez à la rencontre de tous ces témoins que l’Ecriture vous donne comme compagnons de route, vous découvrirez que votre tâche n’est pas plus lourde que la leur, Dieu leur a donné l’espérance et la foi, et c’est avec elles qu’ils ont eu à marcher. Pensez à Elie qui fuyait devant les spires de la reine Jézabel quand un ange lui apparut dans la tourmente. Pour le réconforter il lui donna une cruche d’eau et une galette de pain et cela dut lui suffire pour survivre pendant les 40 jours de marches qu’il lui fallut faire en plein désert pour atteindre le mont Horeb. 

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Les croyants d’aujourd’hui doivent se souvenir qu’ils ont un gros avantage sur les témoins qui les ont précédés, c’est qu’ils ont la certitude que la réponse à toutes leurs questions se trouve en Jésus, alors que les autres espéraient seulement que cette réponse leur serait donnée par le Messie qu’ils attendaient. Ils espéraient en la venue d’un messager de Dieu qui ferait toute chose nouvelle, pour nous ce messager est venu et nous l’avons reconnu en Jésus. Ce que l’Esprit saint leur donnait d’espérer, il l’a réalisé en Christ qui nous accompagne parce qu’il reste vivant au milieu de nous pour l’Eternité.

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Matthieu 4/1-11 la tentation dimanche 1 mars 2020

Posté par jeanbesset le 26 février 2020

Tentation de Jésus-Christ Matthieu 4:1-11 

1 Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. 2 Il jeûna quarante jours et quarante nuits, puis il eut faim. 3 Le tentateur s’approcha et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. 4 Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

5 Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple 6 et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.
7 Jésus lui dit : D’autre part il est écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu
8 Le diable le transporta encore sur une montagne très haute, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, 9 et lui dit : Je te donnerai tout cela, si tu te prosternes et m’adores. 10 Jésus lui dit : Retire-toi Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et à lui seul, tu rendras un culte.

   tentation 1

11 Alors le diable le laissa. Et voici que des anges s’approchèrent de Jésus pour le servir. 

Jésus n’a pas échappé à la tentation. Il a été tenté et le tentateur n’a pas eu le dessus sur lui.  

Si Jésus n’a pas trébuché quand le mal s’en est pris à lui, il est certain qu’il sera d’un profond secours pour nous, quand nous subirons les effets de la tentation. Et la tentation nous guette continuellement. 

Présenté comme il l’est, le texte nous entraîne à imaginer je ne sais quel combat héroïque digne d’une grande production Hollywood où Le Fils de Dieu combattrait physiquement le démon un peu à l’image de « Super Man ». Une telle description correspond au style de l’époque. Il nous faut la dépasser si l’on veut comprendre quelque chose. 

En fait ce texte n’a pas été écrit pour parler à notre imagination. C’est à notre raison qu’il s’adresse. Il rassemble en un seul récit héroïque  toutes les fois que Jésus a été enté dans sa vie. Il nous interpelle au niveau de notre foi. Il nous invite à considérer notre vie en tenant compte de toutes les situations où nous sommes tentés nous-mêmes. Il nous est dit que Jésus a supporté lui aussi les mêmes épreuves, si bien qu’il est particulièrement apte à nous aider. Les épreuves qui nous attendent sont de trois natures.

- Elles concernent en premier lieu nos soucis matériels, car nous aimerions que Dieu fasse tourner la chance en notre faveur.

- Elles nous provoquent en deuxième point dans notre relation à Dieu. Nousaimerions qu’il nous distingue d’une manière ou d’une autre à cause de notre foi et qu’il nous réserve un sort particulier grâce à elle.

- Elles nous interpellent ensuite dans nos désirs de pouvoir, parce que nous sommes nous aussi des êtres de pouvoir. 

Même si le décor s’y prête, nous n’assistons pas ici à un combat de Titan que Jésus mènerait contre le prince des démons. Dans un décor digne d’un grand péplum nous voyons Jésus confronté aux mêmes difficultés que celles que nous rencontrons dans la vie. C’est la manière que l’auteur de l’Evangile a choisi pour nous dire que Jésus nous soutiendrait fidèlement dans toutes les tentations puisque lui aussi les a subies avant nous. Il nous indique aussi comment reconnaître la volonté de Dieu dans les choix ou les provocations que la vie nous propose. 

Ce  qui est important ici, c’est la manière dont Jésus affronte cette tentation et c’est ce qui l’accrédite comme Fils de l’homme. C’est à ce titre qu’il peut se présenter comme un partenaire efficace que Dieu place sur notre chemin pour nous aider à surmonter nos épreuves et à nous tenir devant Dieu debout comme des êtres responsables. 

L’homme Jésus est tenté comme n’importe lequel d’entre nous, dans ses besoins et dans ses désirs. La première tentation relève de ses besoins matériels. Il a faim. il a besoin de pain : « Ordonne que ces pierres deviennent du pain » recommande le tentateur. Jésus est alors tenté d’agir comme si la faim pouvait justifier les moyens. Il est tenté de succomber à la fatalité de la nécessité et de s’approprier le pain dont il a besoin sans se soucier du fait que l’on n’acquiert pas ce dont on a besoin, sans respecter certaines règles qui pourraient nous amener à faire un chantage à Dieu au nom de notre raison humaine. 

Ainsi nous glissons doucement de la tentation de Jésus à la nôtre. Nous voilà renvoyés à notre situation de consommateurs. On ne consomme pas à n’importe quel prix, même quand on peut payer, car tout doit se faire en référence à Dieu. C’est ce que dit Jésus dans sa réponse au diable quand il dit qu’il faut chercher en Dieu seul la cause de notre action. : « L’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Cela veut dire que la plus modeste de nos actions ne peut se faire sans qu’on ait pris le temps de consulter Dieu. 

C’est Dieu qui valorise les choses. Et il y a des choses qui devant Dieu prennent un tout autre prix. Il parait que le pain du pauvre fait partie de ces choses-là. Le pain que nous croyons manger légitimement aujourd’hui a parfois le goût amer des choses qui ont trop de prix ou qui ont n’ont pas de prix, au point que l’on a l’impression d’être coupable quand on en consomme. A quoi cela nous servirait-il de consommer si cela nous pousse à nous écarter de Dieu et à nous écarter des hommes ? C’est toute la société de consommation qui se trouve mise en cause.. 

La seconde tentation, consisterait pour Jésus à demander le secours des anges, si d’aventure il avait l’audace de sauter du haut du toit du Temple.  Cela consisterait à mettre Dieu au service de notre irresponsabilité sous couvert de la foi. C’est comme si je traversais la rue sans regarder, en pensant que Dieu me protège. Forts du principe selon lequel le salut ne nous est donné que par la grâce et par la grâce seule, nous nous permettons de vivre dans un univers dont nous chassons Dieu. Au nom du principe que je viens d’évoquer, nous espérons qu’il sauvera tous les hommes au dernier jour sans tenir compte de leur péché. 

Il y a encore une troisième tentation à laquelle nous pensons le plus facilement échapper, c’est celle du pouvoir et de l’abus du pouvoir. Bien peu parmi nous en effet cherchent  à faire partie des élites et à dominer les autres. Mais est-il vrai que nous soyons si désintéressés par le pouvoir que nous confère par exemple, l’argent et que cela ne nous fascine pas? Quelle liberté avons-nous par rapport à l’argent et au pouvoir de consommer qu’il nous donne? Mettons-nous ce que nous gagnons ou ce que nous possédons à la disposition de la gloire de Dieu, ou commençons-nous plutôt à le mettre à notre disposition en profitant de ce qu’on appelle le pouvoir d’achat ? 

Le pouvoir d’achat, c’est le pouvoir qui nous permet de consommer, c’est le pouvoir que nous donne l’argent ! C’était déjà le sujet de la première tentation et c’est ce qui nous permet de croire en consommant, que Dieu justifie notre bon droit et nous donne bonne conscience, c’était aussi la deuxième tentation. 

Ces trois formes de tentations se rejoignent car elles consistent toutes les trois à satisfaire notre égo et à le mettre en valeur. La tentation suprême sera donc de croire que Dieu y trouve son compte, parce que nous nous permettons au nom de notre pouvoir d’achat de faire des générosités pour lesquels nous croyons que nous sommes capables d’échapper à l’égoïsme que l’on reproche aux autres de manifester. Que faut-il faire alors ? S’enfermer dans un monastère et vivre de pauvreté et de prière. Nous savons que cela n’a servi à rien à Luther. Il avait besoin d’air pour respirer c’est pourquoi, il a senti le besoin d’affronter les tentations de la vie pour pouvoir exister. 

Dieu ne se satisfait pas de nos attitudes auto-culpabilisantes qui consistent, sous prétexte de lui plaire, à toujours nous abaisser et à ne jamais nous valoriser ! Ce serait là encore une nouvelle tentation, celle de croire que nous pourrions plaire à Dieu en nous sacrifiant nous-mêmes au mépris de nos valeurs personnelles dont Dieu a besoin pour mettre en valeur sa création. Il est faux de croire que Dieu nous demande de toujours nous rabaisser, de renoncer à tout pouvoir et de ne pas profiter de l’argent que nous gagnons. 

Il a mis en nous assez de sagesse pour que nous sachions discerner où est la vérité qui nous concerne. Rien ne peut se faire sans que nous l’ayons respectueusement consulté. C’est à son contact que nous apprenons à distinguer le bien du mal et que nous agissons en courant le risque de nous tromper. La pire des tentations serait de croire que nous ne sommes pas des êtres de discernement, que nous sommes incapables de faire la part des choses et de distinguer le bien du mal. Cela est possible, mais à une seule condition : la présence constante de Dieu dans notre vie. Notre vie ne peut être en harmonie avec lui que si nous prenons le temps de mener sagement notre existence et de prendre nos décisions sous son regard. C’est là tout un art qui consiste à vivre selon l’Evangile. Il a fallu 3 ans à Jésus pour l’enseigner aux hommes, combien faudra-t-il à chacun d’eux pour le comprendre ?

 

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