Marc 1/21-28 – Dieu créateur – dimanche 28 janvier 2018

Posté par jeanbesset le 19 janvier 2018

Marc 1 : 21-28

21 Ils entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.

22 On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.

23 Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :

24 « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »

25 Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. »

26 L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.

27 Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »

28 Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

LCréation 5e début de l’Évangile de Marc nous dit comment ici, tout a commencé. Dans un décor tout à fait banal,  dans  une   obscure synagogue  d’une petite ville de  Galilée, Jésus va prononcer quelques simples paroles   qui vont remettre en cause d’une manière radicale toutes les idées reçues jusqu’alors sur Dieu et  sur l’origine du monde.  Pourtant le lecteur que nous sommes ne comprend pas ce qu’il y a de révolutionnaire dans l’événement  qui est ici décrit.   Il nous est déjà acquis que Jésus  allait tout remettre en cause, ça on le savait ! Mais il semblerait qu’il y a quelque chose d’utopique à essayer de nous faire comprendre cela, à partir d’un événement aussi ténu que celui qui est rapporté ici. Si on veut y comprendre quelque chose,  Il va nous falloir faire un l’effort, pour oublier ce que nous savons et nous  laisser guider vers Dieu par Jésus lui-même.  Même si l’événement  semble banal  apriori,  il va remettre définitivement en cause nos  conceptions   habituelles sur Dieu.

Si le décor est banal, le personnage dont il est question ici, l’est aussi. C’est  un homme apparemment dérangé dans sa tête. Il n’est sans doute pas un fou,  il est quelqu’un qui n’est pas fini, comme on disait dans mon village, un simple d’esprit qui interpelle en termes grandiloquents Jésus qui est ici un simple prédicateur de passage. Une seule parole de sa part suffit cependant  à remettre les choses en place et à guérir le provocateur. Il n’en faut pas moins pour que le rédacteur de l’Évangile tire une conclusion en forme de question  qui concerne tout l’Évangile.     «  Est-ce là une nouvelle  doctrine donnée avec autorité » ? La question vaut affirmation ! C’est une nouvelle doctrine dont l’origine n’est pas dite, mais  il nous est facile de déduire que   c’est de Dieu qu’elle  reçoit son origine, le terme autorité utilisé ici dit bien sa provenance.

La nouvelle va désormais accompagner tous les déplacements de Jésus et se répandre comme une tache d‘huile pour mettre en cause la  religion officielle et accréditer quelque chose de radicalement nouveau, comme le suggère ce même Evangile de Marc  dans ses derniers versets. Il  s’achève en effet,  sur la description symbolique du voile du Temple qui se déchire de bas en haut et sur l’affirmation donnée par un païen : « cet homme était vraiment le Fils de Dieu » (Marc 15/38-39). L’essentiel a été dit. Cette nouvelle doctrine  a anéanti le privilège du temple  ainsi que le fondement de la religion juive,  et elle accrédite l’autorité de Jésus qui se trouve reconnu comme fils de Dieu par un païen  issu des nations. Le judaïsme est dépassé, l’univers s’élargit au monde entier. Création 1

Quelle est donc cette nouvelle doctrine que l’on a eu du mal à discerner pour l’instant ? C’est une simple parole qui a donné autorité à Jésus et  qui remet en cause l’ordre normal des choses. On est en présence d’un homme qui est victime d’un mal qui ne lui vient pas de Dieu, puisque Jésus détruit  son mal  en une seule parole. Pour ne pas qu’il y ait confusion on a bien précisé que Jésus agissait en tant que saint de Dieu. Le mal ne peut donc venir de Dieu. Les maladies, voire même les catastrophes, n’ont donc pas Dieu pour origine, sans quoi Dieu ne cautionnerait pas le fait qu’on les domine  en son nom.  Dieu ne se sert donc pas de nos maux pour nous punir de nos fautes passées  connues ou inconnues, comme on le  croyait habituellement. Il n’intervient pas par le mal pour produire du bien en nous. Si ce n’est pas Dieu qui envoie nos épreuves,  qui est-ce ? On ne sait pas, mais il est clair  aussi qu’elles ne sont pas sous le contrôle de Dieu, mais par l’action de Jésus elles y entrent.

En intervenant, Jésus prive l’esprit  impur de parole : «  tais-toi » lui dit-il. Le fait que Jésus l’invite à se taire  laisse entendre le pouvoir  que la parole  va prendre non seulement dans ce récit, mais dans beaucoup d’autres. C’est par une parole que  l’action  du mal est détruite et que l’homme possédé redevient normal.  La parole de Jésus devient créatrice et l’action de l’esprit impur est anéantie. Par la parole de Jésus, Dieu reprend le pouvoir sur cet homme et l’esprit impur le perd. L’homme entre alors dans l’univers des gens normaux ?

Vous avez sans doute remarqué que nous  étions entrés dans le cadre de la création, tel que le récit des origines nous la raconte. Il y est dit, qu’au commencement Dieu se trouva confronté par le chaos. Il le soumit  à sa discrétion par sa parole. C’est ainsi que la Bible en son tout début nous raconte la création.  On aurait tort de penser que ça s’est arrêté là.  Mais ce ne fut qu’un début et la création a continué depuis l’hors  à se faire, car il y a encore dans le monde de nombreux endroits où le chaos n’est pas encore maîtrisé et continue à défier Dieu, jusqu’à ce que Dieu en prenne possession avec l’aide de l’homme  qu’il s’est choisi pour collaborateur. C’est la scène à laquelle nous venons d’assister. Ce n’était pas l’expression d’une nouvelle doctrine, c’était la réalité de Dieu.  Mais depuis belle lurette, on a oublié que Dieu avait voulu depuis l’origine  que les choses en soient ainsi.  Était-ce à cause du péché ?  Les théologiens  de tous les temps se sont engagés dans cette brèche. Explication facile ! Trop facile ! Or Jésus n’utilise pas ici ni le mot « péché » qu’il ne prononce pas, il ne fait même pas allusion à  l’idée ! Il nous provoque ainsi dans nos certitudes théologiques. Ce ne serait cependant pas une raison suffisante pour ne pas  tenir compte des effets du péché sur nous et sur notre relation à Dieu.

Il ressort de cette première approche que la nouvelle doctrine dont il est fait état ici correspond à cette capacité que les humains ont de collaborer avec Dieu pour que le processus de  création continue, et c’est pour cela que Dieu leur a réservé  un sort particulier dans l’ordre de la création. Son rôle est de permettre à la nature, pas encore totalement maîtrisée par Dieu de se trouver en harmonie avec lui.

Bien évidemment l’homme a du mal à entrer dans cette manière de voir les choses. Le péché, auquel nous avons fait une brève allusion, consiste à remettre ce principe en cause et à rendre difficile toute collaboration entre l’homme et Dieu. C’est dans ce domaine que Jésus va jouer un rôle particulier, celui de rétablir l’idée qu’une collaboration est  possible entre les hommes et Dieu. C’est ce qu’on appelle le salut. C’est le grand défi que Jésus propose à l’humanité. Plusieurs doctrines ont été élaborées pour soutenir cette idée. Mais au lieu de chercher à voir ce qui les harmonise les hommes se plaisent  à les opposer et à rendre, encore aujourd’hui, le projet de Dieu difficile à comprendre.

C’ecréation 4st maintenant que l’on peut parler  du rôle des scribes  qui jouent un rôle négatif dans ce récit qui fait une brève allusion à leur action en son  tout début. Il  y est dit simplement  qu’ils n’avaient pas d’autorité, c’est-à-dire que leur enseignement ne permettait pas de voir réellement comment Dieu et les humains pouvaient collaborer.  Ils se s’appuyaient que sur leurs théories qui contrairement à ce qu’ils croyaient et enseignaient ne relevaient pas de l’autorité de Dieu. Ils privaient ainsi le monde de l’action bénéfique de Dieu qui ne pouvait pas exercer pleinement sa fonction de créateur.  Ce qui semble important dans tout cela c’est que Dieu cherche la collaboration des hommes et que l’amour qu’il a pour eux est susceptible d’annuler l’action du péché qui fait obstacle à la compréhension de la volonté de Dieu.

Apparemment tout a été dit et se trouve confirmé par le développement  qui s’en suivra  dans le cours de l’Évangile. La résurrection de Jésus  détruit tous les obstacles qui pourraient encore nous séparer de Dieu et nous permettent  désormais de collaborer avec lui pour que se poursuive l’œuvre de la création  entreprise par lui dès l’origine des temps pour se poursuivre jusqu’en éternité.

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Jonas 3/1-10 Quand Dieu parle dimanche 21 janvier 2018

Posté par jeanbesset le 12 janvier 2018

La parole du Seigneur fut adressée à Jonas  une seconde fois: « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. » Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac. La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre. Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront pas et ne boiront pas. Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence. Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas ! »Jonas 3


En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

 (Cher lecteur, si vous ne connaissez pas très bien l’histoire de Jonas, donnez-vous la peine de la lire entièrement, elle ne comprend que 4 chapitres et  vous profiterez de la totalité de ce conte.)

 Ne  boudons pas notre plaisir et  laissons-nous séduire par ce magnifique conte oriental où l’auteur  nous entraîne dans une aventure  où notre logique ne s’y retrouve pas.  Mais avant d’entrer dans le   ravissement de l’esprit, ne perdons pas de vue  que, ce texte, comme tous les contes a une morale dont nous devons tirer leçon. Il  ne nous met pas toujours dans une situation avantageuse dans nos rapports à Dieu.   Nous allons  être invités à nous identifier à Jonas, le héro de l’histoire et à contester son action,  alors qu’il refuse de partager la miséricorde de Dieu et qu’il  conteste sa bonté. Pourtant intérieurement nous partageons son opposition à Dieu.

Nous allons ainsi découvrir  la  face cachée de notre propre personne  et nous découvrirons que nous sommes capables, nous aussi  de nous opposer à Dieu,  de  refuser à entendre sa parole et de fuir loin de lui. Quand Jonas se met à bouder alors  que la promesse de Dieu est en train de se réaliser, nous aurions tendance à le faire  aussi.  Mais la grande question qui va se poser à nous, c’est d’essayer de comprendre quelle est la réalité de ce Dieu  qui nous est présentée dans cette histoire.

Le conte se déroule dans un décor  qui pourrait être celui d’une scène de  théâtre où l’acteur,  apparemment il n’y en a qu’un Jonas,    évoluerait  entre la grande ville de Ninive, côté jardin, qui représente  tout ce qu’il peut y avoir d’odieux et de dangereux pour le prophète,  et côté cour, il y aurait  l’immensité de la mer qui s’étend jusqu’aux colonnes d’Hercule où les tempêtes  font fureur et  où les monstres marins menacent à tout instant  d’emporter le héro dans les grands fonds.  Entre ces deux dangers mortels, aucun autre choix n’est proposé, si non la bienveillance de Dieu qui est présent quant à lui dans les deux camps Jonas

Nous découvrons cependant  que Dieu  accepte ici de s’inscrire  dans  le rôle d’un second personnage  qui ne cesse de mettre Jonas en difficulté tout en s’efforçant de lui faire du bien.  Il y a là une contradiction qu’il faudra approfondir. Mais  derrière  le personnage joué par Dieu se cache  un poète et même un farceur,  nous avons vu qu’il joue avec les gros poissons. Le monstre  qu’il envoie au secours de  Jonas  est  un monstre gentil qui se plie à la fantaisie de Dieu et devient l’instrument de sa miséricorde pour Jonas.  Le ravissement continue. A la fin du conte,  Dieu   va faire pousser un arbre en une seule nuit, ce qui est un exploit,  et en même temps il va commander à un ver glouton de le manger en un rien de temps. Le personnage de Jonas est également étrange,  il passe son temps à se défier de Dieu,  à le fuir et à déverser sur lui sa mauvaise humeur, mais il fait également preuve de sérénité  étrange et compose une magnifique prière de confiance alors que le monstre l’entraîne jusqu’aux racines du monde avant de le vomir sur le sable de la plage comme le rebut de sa digestion. C’est ainsi que Jonas entre en scène pour la deuxième fois.

Le Dieu auquel Jonas a à faire,  nous surprend aussi. Il se présente comme un Dieu de justice qui règne sur le monde entier et qui exige que sa justice soit respectée sur tout l’univers, même dans des lieux aussi étranges que la ville de Ninive,  présentée ici comme le repère du vice et où le  nom  de Dieu est ignoré. Quoi qu’il en soit cette ville rebelle mérite son châtiment.  Mais en même temps, Dieu ne peut se dispenser de la tendresse qu’il a pour tous les hommes, y compris ses ennemis les plus déclarés. C’est pour cela qu’il s’intéresse à  Ninive et tente d’épargner  sa population des effets de sa colère.  Il   entreprend alors une tentative de sauvetage dont Jonas sera l’instrument même s’il désapprouve Dieu.

Pour étayer cette thèse, l’actualité  nous a mis en présence de Jonas modernes  qui ont réussi dans de telles entreprises. La haine, la condamnation et la vengeance ne sont donc pas les instruments qui garantissent la meilleure justice. Nelson Mandela l’a bien compris ! Il s’est comporté comme Dieu souhaitait que Jonas le fasse. Il a brillamment démontré que cette autre forme de justice, préconisée ici était capable de porter des fruits insoupçonnés. Mais même la Bible prête le flanc à la critique.

Le lecteur fidèle des Ecritures  se trouve mis en contradiction avec une autre histoire, bien connue, celle de Sodome et Gomorrhe où Dieu ne laissa pas la chance à Abraham de plaider la cause de la ville  et la détruisit d’une manière spectaculaire. Pourquoi Ninive a-t-elle eu un autre sort ? Sans doute ces deux histoires sont-elles véhiculées par des traditions différentes, mais le courant porteur de la Bible donne sa faveur à l’histoire de Ninive où on voit déjà pointer une théologie que Jésus  développera bien plus tard quand il demandera de prier pour nos ennemis et faire du bien à ceux qui nous persécutent.

 Nous avons ici  les premiers aspects d’un Dieu  qui prendra sa pleine dimension dans les Evangile. Certes, il  prend sa justice au sérieux mais il  donne plus de place à sa miséricorde qu’à sa justice. La réaction de Jonas, nous montre bien que Dieu n’est pas  compris quand il tente de donner une place importante à sa miséricorde, qu’il donne sa chance  même aux plus méchants et qu’il  estime que leur repentir est toujours possible.  Dieu accorde aussi toute son attention à Jonas quand il se rebelle contre lui. Il le secourt  dans son refus de comprendre et  il ira même le chercher quand le monstre marin l’entraînera aux racines du monde, a où seule règne la mort.  

 Ce récit n’est pas aussi légendaire qu’il y parait. Il affirme une vérité sur laquelle on ne peut revenir, celle de la bonté  incommensurable  de Dieu, alors que les hommes, comme Jonas  cherchent à en poser  les limites.  Ce conte repose sur un fond historique,  il est témoin  des préoccupations du vrai prophète Jonas, car il y en a eu un.  Jusqu’à maintenant nous avons eu à faire  à un héro de légende, alors que  l’autre Jonas vivait sous le règne de Jéroboam II, roi de  Samarie qui fut en butte tout au long de son règne à l’acharnement des rois de Ninive. Ils auront raison de  ses successeurs et  les entrjonas-sous-le-ricinaîneront dans la mort. Ils emmèneront en exil sa population et terrifieront ses  descendants qui avaient trouvé refuge dans le royaume de Jérusalem.  L’évocation de  cette ville honnie  dont le souvenir restait dans les mémoires comme celui de l’abomination de la désolation ne pouvait qu’attiser les haines et les rancœurs ainsi que  le désir de vengeance. Les événements ont démenti  ce que le récit de Jonas a rapporté, puisque Ninive fut quand même détruite par les Perses en 612 ? Mais ce détail que l’auteur du conte semble vouloir ignorer n’entre pas en ligne  de compte.

 Ce  récit nous est rapporté sous  forme de légende ou de parabole pour nous dire la  vraie nature de  Dieu et nous aider à comprendre  qui est ce Dieu dont la Bible se veut le témoin. Qui donc est ce Dieu qui préconise un salut universel, et qui s’acharne à préserver la vie de ceux qui s’affichent comme ses ennemis déclarés ?  Nous reconnaissons en lui celui  dont Jésus  se présentera comme le fils.  Ne nous étonnons donc pas du sort que les hommes ont alors réservé à Jésus,  car ses propos étaient inacceptables pour la plupart des humains et le sont encore pour la beaucoup  d’entre nous, car ils appellent  une  véritable conversion.  Ne  soyons donc pas surpris si l’Église a minimisé son message et s’est efforcé de l’inscrire dans un autre contexte, celui  que les conciles, plus tard  ont décrit comme  étant celui de la vraie foi.  

Comprenez alors quel fut  la frustration de Jonas qui assista à la sauvegarde de Ninive et comprenez sa révolte contre Dieu qu’il exprima  à l’abri  de  son   ricin  qu’un ver  mandaté par Dieu entreprit de détruire. Le récit ne s’est pas  inquiété de la vérité historique et n’a pas relaté la vraie fin de Ninive. Il a voulu  nous aider à entrer  dans la découverte de l’incommensurable amour de Dieu  que les pires comportements des hommes ne peuvent altérer.  Les hommes qui ont compris cela sont en bonne voie pour devenir les imitateurs de Jésus.   

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1 Samuel 3/3-19 Quand Dieu parle – dimanche 14 janvier 2018

Posté par jeanbesset le 4 janvier 2018

 Le jeune Samuel était au service de l’Eternel devant Eli. La parole de l’Eternel était rare à cette époque, les visions n’étaient pas fréquentes.Samuel

2 Un jour, Eli, dont la vue commençait à faiblir et qui ne pouvait plus bien voir, était couché à sa place habituelle. 3 La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte et  

Samuel était couché dans le temple de l’Eternel, où se trouvait l’arche de Dieu.
4 Alors l’Eternel appela Samuel. Il répondit: «Me voici», 5 courut vers Eli et dit: «Me voici, car tu m’as appelé.» Eli répondit: «Je n’ai pas appelé, retourne te coucher.» Et Samuel alla se coucher. 6 L’Eternel appela de nouveau Samuel. Samuel se leva, alla vers Eli et dit: «Me voici, car tu m’as appelé.» Eli répondit: «Je n’ai pas appelé, mon fils, retourne te coucher.» 7 Samuel ne connaissait pas encore l’Eternel, la parole de l’Eternel ne lui avait pas encore été révélée. 8 L’Eternel appela de nouveau Samuel, pour la troisième fois. Samuel se leva, alla vers Eli et dit: «Me voici, car tu m’as appelé.» Eli comprit alors que c’était l’Eternel qui appelait l’enfant, 9 et il dit à Samuel: «Va te coucher et, si l’on t’appelle, dis: ‘Parle, Eternel, car ton serviteur écoute.’» Et Samuel alla se coucher à sa place.
10 L’Eternel vint se tenir près de lui et appela comme les autres fois: «Samuel, Samuel!» Samuel répondit: «Parle, car ton serviteur écoute.»
11 Alors l’Eternel dit à Samuel: «Je vais faire en Israël une chose telle que toute personne qui l’apprendra en restera abasourdie.
12 Ce jour-là j’accomplirai vis-à-vis d’Eli tout ce que j’ai prononcé contre sa famille; je le commencerai et je le finirai.
13 Je le lui ai déclaré, je veux punir sa famille pour toujours. En effet, il avait connaissance du crime par lequel ses fils se sont maudits et il ne leur a pas fait de reproches.
14 C’est pourquoi je jure à la famille d’Eli que jamais son crime ne sera expié, ni par des sacrifices ni par des offrandes.»
15 Samuel resta couché jusqu’au matin, puis il ouvrit les portes de la maison de l’Eternel. Il avait peur de raconter la vision à Eli, 16 mais Eli l’appela et dit: «Samuel, mon fils!» Il répondit: «Me voici!» 17 Eli dit: «Quelle est la parole que l’Eternel t’a adressée? Ne m’en cache rien. Que Dieu te traite avec la plus grande sévérité, si tu me caches quoi que ce soit de tout ce qu’il t’a dit!»
18 Samuel lui raconta tout, sans rien lui cacher, et Eli dit: «C’est l’Eternel, qu’il fasse ce qui lui semblera bon!» 19 Samuel grandissait. L’Eternel était avec lui et ne laissa aucune de ses paroles rester sans effet.

 

Pourquoi Dieu ne parle-t-il pas plus clairement ?  Pourquoi ne vient-il pas se présenter à la porte de notre chambre comme il le fit pour Samuel afin de nous dire distinctement ce qu’il attend de nous ? Pourquoi ne se tient-il pas en pleine nuit à la porte de  notre tente, comme il le fit pour Abraham,  pour  nous  révéler l’itinéraire à suivre pour quitter la demeure de notre père et obéir à ses  suggestions.  Certainement comme Samuel, ou comme Abraham nous obtempérerions  et Dieu  serait satisfait de nous comme il le fut pour ces deux héros dont on parle ?  Mais ce qui s’est passé pour eux ne se passe pas pour nous  de la même façon.  Quand nous croyons que Dieu nous pousse à faire quelque chose,   nous ne sommes jamais sûrs d’avoir vraiment entendu ce que Dieu désirait nous faire comprendre!. 

 Mais  pour nos deux personnage, ça ne s’est peut être pas passé exactement comme le récit nous l’a transmis.   Il se peut que ce fut  leur foi qui ait rendu leurs oreilles attentives  à autre choses qu’à des paroles clairement formulées, et que la volonté de Dieu se soit clairement fait entendre à eux autrement que par voix orale. Sommes-nous alors des gens de si peu de foi pour que nous ne soyons pas capables de saisir la volonté  de Dieu sans que celle-ci  ne se soit exprimée à haute et intelligible voix? Samuel 3

Ces questions préliminaires en appellent une autre : Pourquoi Dieu, quand il s’adresse à nous,  nous distinguerait-il parmi les autres pour accomplir la tâche qu’il nous réserve ? D’autres humains, ne seraient-ils pas plus compétents que nous pour le faire? Curieusement, Abraham dont nous venons de parler, ou Samuel, ou bien d’autres encore n’ont-ils pas cherché à  savoir ce qui avait motivé  le choix de Dieu  quand il s’est adressé à eux ; pourtant la question : « pourquoi moi ? » reste appropriée. 

Jérémie cependant à osé interpeler Dieu à ce sujet. Avec pertinence, il a su dire  sa propre  incompétence. La seule raison qu’il crut percevoir de Dieu c’est que Dieu lui-même savait ce qu’il faisait et n’avait pas de comptes à lui rendre. Jérémie se soumit donc à l’arbitraire de Dieu et subit son sort  avec résignation  en affrontant les défis de l’histoire. 

Quant à nous, si nous voulons  entendre ce que Dieu nous demande, il faut bien que nous répondions à cette question : pourquoi moi ? Ensuite il faudra vérifier que l’on a bien entendu la réponse de Dieu. 

 C’est avec l’histoire de Samuel que nous tenterons de formuler des réponses.  Par une nuit particulièrement agitée où il essaye de mettre de l’ordre dans ses idées, le jeune Samuel va réaliser qu’il  doit jouer un rôle particulier  pour que la situation provoquée par les  fils d’Elie évolue. Il réalisera alors le souhait de sa mère qui l’avait placé au sanctuaire de Silo pour servir l’Eternel dès son enfance, mais il ne réalise pas encore qu’il en viendra à se substituer au prêtre Elie alors que lui, Samuel n’est  pas de famille sacerdotale.  A cette époque on adorait Dieu dans  différents sanctuaires  car le Temple de Jérusalem n’était pas encore construit.  Le prêtre Elie, qui n’est pas le prophète du même nom,   appartient  à la famille sacerdotale et  se trouve en charge du sanctuaire de Silo, le plus important à l’époque, puisqu’il  abrite la fameuse arche de l’Alliance. 

Elie semble être un brave homme mais il est dépassé dans son autorité paternelle  et va se trouver frappé d’indignité à cause du  comportement inadmissible  de ses garnements de  fils qui bien que prêtres eux-mêmes, détournent à leur profit le produit  des sacrifices. Trop vieux pour avoir une influence quelconque sur ces chenapans  et atteint de cécité,  le vieux prêtre est impuissant pour agir. Bien que Samuel ne soit encore qu’un jeune homme,  chargé de l’entretien du sanctuaire comme pourrait l’être un sacristain, il  voit tout, il comprend tout, mais  il doit garder le silence. Personne ne serait assez naïf pour croire que les choses aussi mal engagées  allaient durer longtemps. 

C’est dans ce contexte que le récit fait résonner la voix de Dieu ! Comment ?  Le récit nous est présenté pour que le lecteur comprenne que Dieu se sert de Samuel pour que les choses évoluent et surtout pour qu’Elie comprenne que ça ne peut plus durer. Mais il nous faut être perspicace pour comprendre où se situe l’action de Dieu dans tout ça. Pas besoin d’être un grand clerc pour comprendre que Samuel soit troublé par cette situation.  L’enfant pense à tout cela et n’en dort pas. Sa piété et son intelligence sont continuellement en éveil. Le lecteur attentif comprend  que la voix de Dieu se confond ici avec la voix de la conscience de l’enfant.  

Puisqu’Eli n’intervient pas dans une telle situation, il faut bien que quelqu’un aide le prêtre à comprendre ce qui va se passer, et Samuel  a bien saisi que s’il n’agit pas, personne ne le fera.  Tout ce qui est raconté ici tient compte de tous les éléments que nous venons de mentionner mais ils nous sont rapportés sur le ton du merveilleux, propre aux récits de l’époque. Tout ce qui se passe ici  est le fruit de la prière d’un enfant  qui accablé  par la situation, se  place devant Dieu. L’enfant inspiré fait le bilan de la situation  et prend devant Dieu la décision qui s’impose,  de dire les choses franchement à Eli.  

Si on considère que cette approche du texte est une voie possible que Dieu donne à sa parole pour se faire entendre et la rendre crédible pour le lecteur contemporain, on fera la même analyse pour  le récit d’Abraham que nous avons évoqué au début de ce propos. Nous comprendrons  que le patriarche accablé par son souci personnel de savoir sa femme stérile,  en perde le sommeil et se soit  tourné vers Dieu pour lui dire son angoisse.  

Ne suffirait-il pas d’un peu d’audace et d’esprit d’entreprise pour que les difficultés du moment prennent un autre aspect. Abraham  était bloqué dans une situation qui n’évoluait  pas.  La routine quotidienne ne débouchait sur rien,  les difficultés discutées dans le clan familial n’apportaient aucune solution. Le clan, sans héritier était condamné à la disparition. Abraham dans ses transes nocturnes méditait. 

 Si Dieu donnait au couple l’audace de sortir du carcan familial et d’aller voir ailleurs, la vie reprendrait  ses droits, peut-être que  la semence du patriarche porterait du fruit dans le sein de sa femme ?  Abraham  opta pour l’audace et fit confiance à Dieu pour le guider.  

Dieu donne aux hommes l’audace d’entreprendre. Est-ce  en agissant ainsi qu’ils entendent  la réponse de Dieu  qui leur  ouvre un autre avenir que celui qu’ils avaient construit jusqu’alors ? Est-ce ainsi que Dieu a parlé à Abraham ? Sans doute  ai-je forcé les textes pour les amener là où je voulais aller, mais cette explication ne rend-elle pas cohérente la manière dont Dieu parle en nous, en éclairant  notre méditation personnelle par sa présence en nous. 

Les deux questions que nous nous posions au début de notre réflexion trouvent ici une réponse : Pourquoi moi ? 

Dieu s’intéresse à chacun de nous et donne une réponse, pas toujours entendue à ceux qui la lui demandent. Quiconque affronte la vie avec audace reçoit de Dieu cette énergie dont tous ont besoin pour se mettre personnellement en cause  et décideSamuel 1r de se mettre à son service. C’est alors que rempli d’audace, chacun comprend que sa vocation particulière est de se mettre au service de Dieu. Quelle que soit la forme qu’il donnera à ce service, Dieu lui donnera sa caution et Jérémie, vous vous en souvenez,  qui oppose l’argument de son jeune âge, le voit balayé conjointement par lui-même  et par Dieu parce que c’est un au faux argument de sa part pour ne pas se servir de l’audace qu’il puise en Dieu. 

Pour la deuxième question qui consiste à se demander comment Dieu parle, il me semble que l’on trouvera une esquisse de  réponse dans l’approche du texte que nous avons fait de l’histoire de Samuel.   

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Esaïe 60/1-6 Dieu participe à l’élaboration du monde de demain dimanche 7 janvier 2017

Posté par jeanbesset le 2 janvier 2018

Esaïe Chapitre 60

1 Lève-toi, brille : ta lumière arrive, la gloire du SEIGNEUR se lève sur toi. 2 Certes, les ténèbres couvrent la terre et une obscurité épaisse recouvre les peuples ; mais sur toi le SEIGNEUR se lève, sur toi sa gloire apparaît. 3 Des nations marcheront à ta lumière et des rois à la clarté de ton aurore.

4 Lève les yeux et regarde tout autour : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils arrivent de loin, tes filles sont portées sur la hanche .5 Lorsque tu le verras, tu seras radieuse, ton cœur bondira, il sera au large, quand l’abondance de la mer se tournera vers toi, quand les ressources des nations viendront vers toi. 6 Tu seras couverte d’une foule de chameaux, de dromadaires de Madiân et d’Epha ; ils viendront tous de Saba ; ils porteront de l’or et de l’encens et annonceront, comme  une bonne nouvelle, les louanges du SEIGNEUR.Caravanne

Dans une vision pleine de promesses que nous voudrions savourer avec lui, le prophète Esaïe contemple la caravane qui s’approche. Elle apporte avec elle les projets de bonheur que le futur réserve à son peuple. Le bonheur qu’il espère pour ses concitoyens est en voie de réalisation, croit-il ! Ainsi aimerions-nous que la nouvelle année s’avance vers nous porteuse d’une espérance que tous nos projets d’avenir s’efforceront de réaliser.

Ce   jour nouveau qui se lève et qui s’approche de nous au pas lent des chameaux venus des pays de la prospérité, c’est le monde que Dieu nous promet. Il brille déjà d’une gloire qui n’appartient qu’à lui et qui illumine notre futur qui est déjà commencé. Le futur dans lequel nous entrons est déjà habité par Dieu. Il est déjà chargé de tout ce que Dieu y a déjà investi, c’est pourquoi, l’année qui commence sera bonne. Nous pouvons donc nous souhaiter une bonne année sans scrupule ni arrières pensées.

La vision d’Esaïe se précise en nous faisant contempler cette joyeuse caravane qui s’est mise en route. Chameaux et dromadaires apportent avec eux des richesses venues des pays les plus fabuleux . C’est un peuple heureux qui accompagne sa progression. Il exulte de joie, les enfants sont juchés sur les épaules de leurs pères. Toute cette jubilation donne une impression de bonheur.

N’abîmons pas trop vite notre plaisir en évoquant la réalité qui nous attend, car nul parmi nous ne croit vraiment à la réalisation du bonheur promis, en tout cas pas pour les années qui viennent. Chacun cède en ce début d’année à la coutume de porter des vœux à la réalisation desquels il ne croit pas. Nous allons formuler des souhaits de santé et de prospérité et de paix pour tous ceux que nous allons rencontrer, tout en sachant que des nuages menaçant s’amoncellent sur nos têtes. Nous savons aussi la dureté économique du moment,  et malgré la prospérité que les indices nous promettent , nous regardons en arrière vers un passé qui a été pour nous plus heureux que notre présent. Nous ne pouvons pas sortir de notre esprit que nous venons d’une époque que nous appelons les trente glorieuses où tout ce que nous redoutons aujourd’hui n’existait pas encore. Savourons cependant encore quelques instants la prophétie qui ouvre ses portes vers un bel avenir, car cet avenir est partagé par Dieu, et c’est lui qui nous le propose.

Il suffit parfois d’évoquer la réalité de Dieu pour que les visages se ferment, que les conversations cessent et que nos interlocuteurs regardent dans une autre direction, comme si dans notre société, il était indécent de parler de Dieu, ou pire, comme si plus personne n’attendait rien de lui. Les hommes ont perdu l’habitude de compter sur Dieu pour organiser le monde.

Bien que son nom figure encore sur les billets de banque américains, bien peu d’économistes se fondent sur lui pour imaginer une société juste et équitable. En effet ceux qui tiennent les rennes du monde où nous sommes se croient capables de faire des projets réalistes pour diriger notre planète, ils s’estiment suffisamment intelligents pour les mener à bien. L’homme post moderne n’a plus besoin de Dieu pour construire une société que ses techniques se proposent de mettre en place.

Alors à quoi bon mêler à tout cela la notion de Dieu puisque le seul fait d’évoquer son nom entraîne des rivalités, des haines et des guerres. C’est au nom de Dieu que les sociétés passées ont construit un monde divisé, c’est au nom de la sagesse des hommes pense-t-on encore que se construira un avenir de prospérité. Mais y croit-on encore? Les plus utopistes parmi-nous pensent que l’on peut construire un autre monde ailleurs , sur des exo-planètes.

Et pourtant cet avenir prometteur ne se veut pas optimiste du tout. Si les penseurs ont  perdu leur foi en Dieu, ils n’ose pas dire encore qu’il a perdu leur foi en l’homme. Pourtant, nous savons bien que ce n’est pas Dieu qui a provoqué les désastres dont l’histoire le rend coupable, nous savons bien que les hommes eux-mêmes s’en sont servis d’alibi pour masquer leur esprit conquérant, tant il est vrai que l’homme n’a jamais trouvé de meilleure proie que ses semblables et que tous les prétextes lui paraissent suffisamment bons pour s’emparer des biens de son voisin. Chaque peuple a profité du nom de Dieu pour exprimer en son nom, des désirs qui faisaient des autres des adversaires tout trouvés pour les délester de leurs biens. Ils ont ainsi sollicité les textes bibliques pour qu’ils soutiennent les thèses les plus hostiles à leurs voisins, c’est ainsi que le récit de la tour de Babel rend Dieu responsable du désordre parmi les nations et que le forfait du troisième fils de Noé justifie la politique d’apartheid (1)

C’est un travers bien répandu dans la société des hommes que d’accuser Dieu d’être responsable de tous leurs maux. S’il n’en est pas directement responsable pense-t-on, il l’est quand même, par son refus d’intervention. Pourquoi laisse-t-il faire les drames que nous connaissons ? Il lui serait facile, par un simple miracle de remédier à tous les maux de notre société dont les hommes ne seraient pas directement responsables. La Bible ne nous fait-elle pas des promesses qui iraient dans ce sens ? Marie en effet quand elle apprend qu’elle sera la mère du Messie salue l’avènement d’un monde que Dieu prend en main, elle le voit entreprendre la construction d’un monde de justice : « Il a dispersé ceux qui avaient dans leur cœur des pensées orgueilleuses, Il a fait descendre les puissants de leur trône, il a élevé les humbles, rassasié de biens les affamés, renvoyé vides les riches… » (2) Qu’attend Dieu pour exécuter ses promesses ?

Il est facile d’intenter un procès à Dieu, car nous savons qu’il n’entrera pas en contestation avec les hommes. Si nous croyons qu’il joue un rôle dans la création du monde, dans l’évolution des espèces et dans le développement des sociétés, ce n’est pas pour en discuter avec les hommes. Pour lui la seule fonction  des humains sur cette terre consiste à discerner, pour chaque moment, quelle est la volonté de Dieu afin de rendre l’évolution de l’humanité plus harmonieuse. Mais au lieu de cela l’homme se croit assez intelligent pour organiser lui-même l’avenir. La seule chose qu’il demande à Dieu, est de réguler les dysfonctionnements du monde par des miracles qui permettraient aux choses d’aller mieux. Mais il sait qu’il ne le fera pas, c’est pourquoi il se refuse de croire en lui.

Oh homme ! aussi intelligent que tu sois, tu n’a toujours pas compris que Dieu a déposé en toi l’intelligence qui te rend capable de comprendre les mystères du cœur de Dieu ! Dieu s’est choisi l’homme comme seul interlocuteur valable parmi toutes les espèces innombrables de la terre. Il lui a donné cette intelligence du cœur qui lui permet de comprendre ce que Dieu attend de lui. Il a permis que l’histoire des hommes soit jalonnée par la présence de nombreux prophètes qui dans les diverses cultures répandues sur la terre ont guidé les humains sur les voies de la sagesse de Dieu. Ce sont les mots de prochain, d’amour et de partage qui ont scandé leurs messages indépendamment des religions dont ils étaient issus.

Il a même plu à Dieu de bousculer l’ordre des choses. Il s’est permis de venir en personne cheminer sur les chemins du monde. Il a choisi de partager les souffrances des hommes et d’assumer leur destin, il a choisi de se faire  connaître  dans les actions de Jésus pour se faire plus proche d’eux. C’est même sur les sentiers de la mort qu’il a cru bon de partager le sort de l’humanité. Pour ceux qui en veulent encore et qui ont besoin de paroles claires, il a inspiré les évangiles où toujours, les mêmes mots : de prochain, de vie, d’espérance, d’amour et de partage s’entremêlent en une immense harmonie.voeux

Portées à dos de chameau ou portées par le souffle de l’esprit de Dieu les promesses d’un monde nouveau, édifié par la sagesse des hommes et éclairée par les promesses de Dieu se profile à l’horizon. Dieu invite alors les hommes à mettre un temps d’arrêt dans leurs projets humains pour se laisser habiter par la sagesse du cœur, cette sagesse qui nous emplit quand nous laissons Dieu parler en nous. Ils apprendront alors à assembler les mots d’amour, de responsabilité et d’espérance qui se mettront à rimer entre eux selon la volonté de Dieu.

Les vœux que nous formulerons, en ce début d’année trouveront leur exaucement s’ils prennent le relais de cette sagesse du cœur qui nous vient de Dieu car c’est elle qui est la clé du devenir du monde. C’est elle seule qui peut ouvrir la porte qui peut libérer les secrets de Dieu qui se déverseront alors sur notre société.

 

(1) Genèse 9/25

(2) Luc 1/51-53

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Luc 2/22-40 Siméon qui es-tu? dimanche 31 décembre 2017

Posté par jeanbesset le 28 décembre 2017

Siméon

22 Et, quand les jours de leur purification furent accomplis selon la loi de Moïse, ils l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur — 23 suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : Tout mâle né le premier de sa mère sera consacré au Seigneur — 24 et pour offrir en sacrifice une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes, selon ce qui est dit dans la loi du Seigneur.

25 Or il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit saint était sur lui. 26 Il avait été divinement averti, par l’Esprit saint, qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. 27 Il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient l’enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qui était en usage d’après la loi, 28 il le prit dans ses bras, bénit Dieu et dit :

29 Maintenant, Maître, tu laisses ton esclave

s’en aller en paix selon ta parole.

30 Car mes yeux ont vu ton salut,

31 celui que tu as préparé devant tous les peuples,

32 lumière pour la révélation aux nations

et gloire de ton peuple, Israël.

33 Son père et sa mère s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. 34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : Celui-ci est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et comme un signe qui provoquera la contradiction 35— et, toi-même, une épée te transpercera — de sorte que soient révélés les raisonnements de beaucoup.

36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge. Après avoir vécu sept ans avec son mari depuis sa virginité, 37 elle était restée veuve ; âgée de quatre-vingt-quatre ans, elle ne s’éloignait pas du temple et prenait part au culte, nuit et jour, par des jeûnes et des prières. 38 Elle aussi survint à ce moment même ; elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem.

39 Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville.

40  Or l’enfant grandissait et devenait fort ; il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

 ————–

Le temps des prophètes était achevé depuis longtemps au temps des événements relatés,  mais rien n’est jamais terminé quand il s’agit  de la révélation de Dieu. Venus du fin fond des âges  deux vieillards, d’une fidélité irréprochable,  prophètes inconnus jusqu’alors, s’avancent sur la cène de l’histoire pour saluer un temps nouveau.  A peine entrevus, ils retourneront dans l’oubli mais les paroles de Siméon’’ seront retenues  ici, comme un préambule à l’Évangile dont la première page n’est pas encore écrite.

L’essentiel du message de Jésus est donné d’emblée ici par ce vieillard qui parle en prophète : « Cet enfant est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël et comme un signe qui provoquera la contradiction ». En une formule lapidaire il résume tout l’Évangile qui n’a pas encore été prononcé. Désormais, aucun homme ne pourra tomber sans que son redressement ne soit une priorité pour Dieu. Notre vie s’ouvre donc sur la promesse que Dieu mettra tout en œuvre pour nous sortir d’affaire en cas de chute. Mais les hommes répondront-ils à sa mobilisation?

On oublie bien souvent cet épisode qui passe presque inaperçu dans la Bible. Mais c’est parce que l’événement est discret qu’il faut insister dessus. En général c’est par des interventions qui ne sont visibles que par ceux qui en sont dépositaires que Dieu révèle aux hommes le sens qu’il veut donner au cours de l’histoire. C’est aux hommes ensuite à le mettre en œuvre. Siméon attendait, comme tous les juifs que Dieu intervienne dans l’histoire de son peuple. Il lui suffit d’une seule phrase pour que tout l’avenir s’éclaire d’un sens nouveau : « Il est là pour la chute et le redressement de beaucoup« . Cette phrase prononcée, Siméon peut quitter le monde des vivants.

Quand nous nous interrogeons sur le sens de notre vie et que nous nous demandons à quoi nous servons réellement, il nous suffit de nous souvenir que le destin de Siméon n’était certainement pas écrit à l’avance d’une manière claire et précise, mais il lui a suffit, au soir de sa vie, de dire une seule phrase pour que son existence prenne du sens. Nous avons tous un rôle à jouer dans ce monde, ne serait-ce que celui de prononcer une seule parole, encore faudra-t-il la prononcer au bon moment.

Siméon semble avoir dit les choses au bon moment : « Il est pour la chute et le redressement de beaucoup! » Ainsi Dieu promet-t-il d’agir de telle sorte que ceux qui sont tombés puissent se redresser, et entrevoir une planche de salut ! C’est tout un programme. La mise en œuvre de cette promesse provoquera une telle contestation dans le monde, que Marie, qui ici, comme souvent dans l’Évangile, représente peut-être  l’Église en sera déchirée jusqu’au plus profond d’elle-même. Les hommes préféreront se diviser  entre eux au risque de défigurer l’Église plutôt que de se mettre au service de l’Évangile, c’est à dire au redressement des plus faibles.

Les mots que Siméon vient de prononcer et qui constituent le tout premier élément de la vocation de Jésus ne sont pas nouveaux. La tradition biblique avait enseigné depuis toujours que Dieu se rangeait du côté de ceux qui sont tombés et qu’il prend toujours le parti des faibles contre les forts. C’est par ce constat qu’a commencé l’histoire d’Israël: celle d’un petit peuple d’esclaves libérés par Moïse. Mais pour qu’une telle  promesse se réalise, il faudra toujours qu’il y ait quelqu’un pour accomplir le travail de  libération.

Siméon et bien d’autres prophètes avant lui savaient que la volonté de Dieu était que chacun se  mette au service des plus humbles, mais que cette volonté resterait sans suite si personne ne mettait la main à la pâte. Les hommes  ont toujours eu du mal à considérer que tout devait commencer par là. Pour la première fois dans l’histoire du monde, un vieillard pressent que l’enfant qu’on lui présente porte en lui la capacité de renverser le cours de l’histoire en faveur des déshérités, car c’est par là que commence la nouveauté.

Il sait cependant que tout cela ne se fera pas sans mal, c’est pourquoi, il parle de contradiction. Les désirs de Dieu correspondent rarement aux souhaits des hommes.  Le rôle de Jésus a été de les mettre en accord au péril de sa vie. Siméon comprend avant les autres que ce sera difficile, que les hommes se déchireront entre eux à cause de la dimension sociale et humanitaire que va prendre l’action visible de Dieu dans le monde des humains. L’amour de Dieu relayé par l’action des hommes se manifestera en premier lieu par le souci des humbles. C’est la vocation que Dieu donne à celui qui pour le moment n’est qu’un bébé et que les nations salueront plus tard sous le titre de Fils de Dieu.

C’est sur lui que se porteront les premiers coups, parce qu’on l’a accusé de mépriser le bien fondé des gens  au pouvoir et   de discréditer  le culte et la tradition, au profit de l’amour du prochain. N’est-ce pas encore aujourd’hui un sujet de discorde entre ceux qui donnent priorité aux œuvres et ceux qui croient que priorité doit être donnée au culte, alors que les deux doivent se confondre en une même action. Quand Jésus lui-même sera tombé, c’est Dieu qui le redressera, car l’action de Dieu s’imposera désormais comme un défit à la mort. Mais cela ne s’imposera pas sans mal.

Si Siméon continue sa prophétie en disant à Marie qu’elle sera  divisée jusqu’au plus profond de son âme,  c’est parce que les hommes eux-mêmes préféreront se diviser entre eux, diviser leur héritage spirituel, diviser le corps de l’Eglise plutôt que  de répondre à cette vocation de charité qui doit  régénérer le monde en faisant de tous les hommes nos prochains, même ceux qui ne pensent pas comme nous.

Ceux qui ont vocation d’être redressés, qui sont-ils? Vous les connaissez  mieux que moi, car ils sont nos prochains. Ce  sont ceux qui près de chez-nous ont besoin de nous. Mais pour se mettre à leur service, encore faut-il que nous ayons expérimenté en nous-mêmes cette transformation que Jésus peut entreprendre. Il s’agit de nos propres expériences quand nous aussi avons éprouvé le besoin  d’être secourus dans nos difficultés. Je pense à ceux qui se sentent en désaccord avec eux-mêmes et à ceux qui  sont tiraillés entre les exigences du moment et celles de leur foi.  Je pense à ceux qui ne savent pas trouver le sens de leur vie et qui ne sont pas satisfaits du cours que prennent les choses dans leur existence. Je pense aussi  à ceux qui se fourvoient   parce qu’ils font semblant de croire qu’une vie réussie est une vie couronnée d’honneurs et de privilèges, et qui considèrent que la réussite sociale est un cadeau du ciel si non de Dieu! A tous,  Jésus promet de les aider à jeter un autre regard sur leur vie qui les transformera et les rendra aptes au service des autres.

C’est pour tous ceux-là aussi que Jésus, reçoit vocation d’intervenir dans la vie. Il est capable de mettre du baume sur les parties douloureuses et il ouvre devant les pas de chacun une perspective d’espérance. En ce temps de Noël, prenez donc le temps de laisser Jésus naître dans vos âmes, ouvrez-lui votre cœur pour qu’il s’en empare. Cela prend du temps, cela demande parfois du renoncement. Cela demande que l’on se remette à prier, même si on ne sait plus le  faire. Mais c’est à ce prix là que l’Évangile manifeste sa capacité de changer le monde.

C’est alors que le mystère de la prière prendra  toute sa signification et son efficacité. Elle permet de s’ouvrir au Seigneur pour qu’il prenne en charge nos chutes. C’est alors, que sans que nous nous en rendions compte il commence à transformer notre vie et à nous ressusciter. Ainsi s’ouvre devant nous le programme d’une vie nouvelle habitée par Jésus et joyeusement ouverte aux autres et à Dieu.

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Jean 1/1-18 verset 18: Personne n’a jamais vu Dieu: Jour de Noël 25 décembre 2017

Posté par jeanbesset le 20 décembre 2017

La prière : Une approche du prologue de Jean  1/1-18 verset 18 « Personne n’a jamais vu Dieu, le fils unique, qui est dans le sein du Père,   lui, l’a fait connaître. »

Le prologue dJeane Jean révèle en nous la présence de Dieu  au sein de l’humanité depuis les origines.  Mais dans ce mystère comment Dieu se fait-il présent en nous ?  Une réponse à cette question serait que Dieu se fait présent en nous par la prière. C’est donc à la prière que nous allons réfléchir en ce jour de Noël.

L’homme qui pense, qui réfléchit et qui médite sur lui-même est aussi un être qui prie, même s’il ne sait pas vraiment ce que  ce cela signifie. En effet,  la notion de prière relève  de comportements  qui sont très différents  chez les uns et  chez  les autres.   La plupart des humains ne prient pas tous de la même façon, même s’ils utilisent le même mot pour parler de leurs relations avec ce qu’il y a au-delà d’eux-mêmes,  car la plus part  ont conscience qu’il y a  une réalité qui les dépasse,  même si certains s’efforcent de le nier.

La prière  semble être une évasion hors  de nous-mêmes vers autre chose que nous-mêmes.  Faute de mieux, nous l’appelons Dieu. C’est en lui que nous puisons notre courage pour aller de l’avant et pour nous remplir de ce dynamisme qui donne du sens à notre existence. Mais à peine avons-nous dit cela que notre horizon s’obscurcit, loin de se préciser, notre vison de Dieu devient flou car nous réalisons, que nous ne savons pas vraiment qui est Dieu. Avant  d’entrer plus à fond dans notre propos, nous sommes déjà déstabilisés par ce qui devrait nous conforter.  Alors que nous devrions être remplis de sérénité, ce questionnement de notre esprit fait place à une forme de culpabilité car nous réalisons que nous ne savons pas donner un visage à ce Dieu en qui nous espérons. Ce tout autre à qui nous nous adressons, ce Père en qui Jésus se confiait est-il en nous un observateur de notre vie intérieure ou  en est-il un acteur. Habite-t-il aussi  tout ce qui vit et respire sur terre et même au-delà,  ou est-il encore autre chose ?..

Se pose alors la vraie question sur Dieu. S’il est  celui qui est au de-là de nous et qui se confond avec tout l’univers,  est-il possible qu’il ait une relation personnelle et privilégiée avec chacun de nous quand nous nous adressons à lui dans la prière? C’est en fait ce que nous espérons quand nous le prions.  Cette relation qui pourrait alors s’établir entre lui et nous nous mettrait à part,  de nos semblables et d’une manière privilégiée. Nous deviendrions  à ses yeux quelqu’un qui a une place unique et qui nous distinguerait  parmi nos semblables. Si c’était le cas, il  s’opérerait dans notre relation à Dieu, une action sélective entre  les humains, et certains dont naturellement nous ferions partie,  se croiraient  mis à part par Dieu par rapport aux autres. Nous rejoindrions alors le groupe  de ceux  qui se croient prédestinés,  selon la théologie calviniste, au détriment des autres. Hors du contexte des origines de la Réforme, c’est une position que l’on a actuellement du mal à accepter ! Nous voilà donc face à un Dieu partial à qui nous redouterions de déplaire pour ne pas être écartés de sa grâce ! A moins qu’il soit tout autre ?.

Mais si Dieu n’était pas cela, il serait alors celui qui regarde le monde avec équité et dont l’action ne  ferait pas de catégories entre les humains. Personne ne pourrait être alors au bénéfice d’une intervention  divine particulière.  Dans  ce cas là, on pourrait se demander pourquoi  nous  lui adresserions nos prières  si non pour éprouver de l’amour et de la commisération à son contact ?  Il faudrait alors que nous considérerions,  qu’il est cet être de bonté et de générosité au contact duquel, chacun en s’approchant se trouverait  transformé. Notre prière consisterait donc  à observer attentivement notre propre vie pour la placer sous l’inspiration de cette force novatrice qui émanerait de Dieu et qui nous rendrait meilleurs. Notre prière serait alors un dialogue avec nous-mêmes  qui  nous  mettrait  au bénéfice de cet esprit de bonté qui souffle sur le monde.

Pour l’instant, notre réflexion a provoqué en nous un questionnement sur  Dieu et sur nous-mêmes sans vraiment avoir apporté de réponse  à notre question qui consistait à chercher à  savoir qui est Dieu et pourquoi nous cherchons à communiquer avec lui. Formulée comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant notre prière semble avoir été avant tout un dialogue avec nous-mêmes. Il nous faut  donc aller plus loin dans notre réflexion, car,  nous  avons l’intuition de croire qu’en nous et au-delà de nous, il y a « un tout autre » avec lequel nous voudrions  dialoguer. Nous devons nous demander maintenant  si Dieu, dans sa plénitude  ne serait  pas qu’ une réalité dont la plus grande partie nous échapperait  mais  dont nous  pourrions  cependant saisir la partie qui réside à l’intérieur de nous-mêmes et dont tout le reste nous serait inaccessible.

La prière serait alors comme une forme de méditation intérieure avec cette partie du divin qui cohabiterait en nous et  qui tendrait à réaliser une harmonie entre toutes les pulsions conscientes ou non  qui nous agitent, et qui feraient de nous des êtres meilleurs.

En fait  quand  nous disons que Dieu est insaisissable, c’est que nous le cherchons  ailleurs que là où il est. C’est dans la mesure où nous considérons  que nous pouvons le rencontrer seulement en nous-mêmes qu’il  nous est accessible, et que sa présence  peut équilibrer  notre être et notre personne.  Mais si nous le cherchons  ailleurs  qu’en nous  et que nous espérons son intervention  miraculeuse  à partir d’un univers  qui est à l’extérieur  de nous, c’est  alJean 2ors que Dieu  devient  totalement inaccessible. C’est pourquoi le texte de Jean nous  invite à comprendre  les récits de Noël à partir d’une expérience intérieure que Dieu nous invite à faire.

Nous approchons alors de cette réalité ineffable que Jésus  appelait du nom de Père.  Quand nos entrons dans cet état d’esprit qui nous est suggéré ici, nous réalisons que c’est lui aussi qui nous accompagne et que sa présence nous remplit de bien être. Nous voyons alors avec bonheur se dérouler le cours des choses auxquelles Dieu participe pleinement en nous. Nous sentons alors  son influence sur nos comportements et  nous comprenons tout ce qui se passe comme  un miracle constant que produit sa présence.

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Luc 1/26-38 – bien heureuse Marie – dimanche 24 décembre 2017

Posté par jeanbesset le 16 décembre 2017

Bien heureuse Marie

Marie 4

Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth, chez une vierge fiancée à un homme du nom de joseph, de la maison de David; le nom de la vierge était Marie. Il entra chez elle et dit : je te salue toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, elle se demandait ce que signifiait une telle salutation. L’ange lui dit : sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici, tu deviendras enceinte, tu enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père. Il régnera sur la maison de Jacob éternellement et son règne n’aura pas de fin. Marie dit à l’ange : Comment cela se produira-t-il, puisque je ne connais pas d’homme? L’ange lui répondit : Le saint Esprit viendra sur toi et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Voici qu’Élisabeth ta parente a conçu, elle aussi un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n’est impossible à Dieu. Marie dit : Voici la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole. Et l’ange s’éloigna d’elle.

Bien heureuse Marie! Nous la disons bien heureuse parce qu’elle a été choisie pour être la mère du Messie. Ce texte nous parle au plus profond de notre être et fait vibrer ce qu’il y a de meilleur en nous. Il nous parle de cette jeune fille d’Israël dont la foi simple et naïve a été citée en exemple par tant de générations de fidèles que j’ai peur, en intervenant dans cette hagiographie d’égratigner des souvenirs qui vous sont chers. La tradition a brossé d’elle un tel portrait que l’Écriture ne la reconnaît pas. On a tellement forcé le personnage qu’on a fini par faire d’elle la concurrente de son propre fils, l’initiatrice du saint Esprit, la mère de Dieu et la reine des cieux! Marie, que de folies en ton nom! Les hommes t’ont trahie en voulant faire de toi celle que tu n’es pas.

Marie, face a son destin a vécu une existence bien différente que celle que nous lui prêtons. Elle a sans doute eu une histoire tout à fait semblable à celle de la plupart des filles du peuple d’Israël. C’est à cause de ce destin, tellement proche de celui des petites gens que nous sommes et tellement merveilleux à la fois, qu’elle peut être pour nous un puissant relais sur le chemin de la foi. C’est pourtant, à partir de ce récit que nous relisons encore une fois que les hommes vont faire déraper l’ l’histoire. Ils vont s’extasier devant le merveilleux, ils ne vont plus voir que l’ange et oublier tout le reste. Mais en fait d’une bonne nouvelle, c’est plutôt une mauvaise nouvelle pour elle, c’est un avenir de fille mère qui lui est réservé. Pour que ça ne se passe pas trop mal, il faudra encore une fois que l’ange ou que le destin s’en mêlent pour forcer la main à Joseph qui finira par endosser une paternité qui n’est peut être pas la sienne. Il nous appartient à nous seuls de voir dans cet incident les effets d’un miracle ou tout simplement le processus humain de la procréation. Mais le texte raconte une histoire merveilleuse pour faire grandir la présence de Dieu en nous, et théologiens et historiens s’ingénient à banaliser l’histoire en  nous invitant à  découvrir ce qu’il y a derrière les textes car, si tout est merveilleux, rien n’est historique. Je continue donc à  gommer le merveilleux  au risque de tout édulcorer.Marie 3

L’enfant qu’elle porte en son sein ne sera pas facile à élever. En forçant volontairement le trait nous retrouvons en lui des comportements qui le rapprocheraient des jeunes de notre temps. Si je me contente de suivre le déroulement de sa vie dans l’Évangile de Luc qui fait suite au texte de la nativité, nous allons découvrir un enfant fugueur à douze ans dont le comportement consterne ses parents qui n’y comprennent rien. Il quitte la caravane qui le ramène au village sans prévenir pour se réfugier  dans le Temple. A l’âge adulte il déserte l’échoppe paternelle et laisse sa mère et ses frères sans ressource. N’est-ce pas pour cela que sa mère et ses frères essayeront de le rencontrer  alors qu’en tant que fils ainé il a des droits sur l’atelier et ne semble pas s’en soucier, mais il refusera de les recevoir. Il contestera même que Marie puisse être réellement sa mère! « Qui est ma mère qui sont mes frères si non ceux qui font la volonté de mon Père? » leur fait-il répondre.

En faisant cela, il savait ce qu’il faisait, mais elle, sa mère ne le savait pas et elle en souffrit certainement. « Une épée te traversera l’âme » lui avait prophétisé le vieux Siméon (Luc 2:35). On la retrouvera au pied de la croix, mais nulle part, dans cet évangile ni dans un autre, on nous fait part ni de ses états d’âme ni de sa vie intérieure. Le chemin de Marie fut sans histoire, exemplaire dans sa simplicité, tellement exemplaire que nul n’en a parlé.

C’est à cause de ce qu’on n’a pas dit que Marie est un personnage intéressant. Bien que mère du Messie, bien que choisie par Dieu pour faire vivre son fils dans la société des hommes, son humble parcours n’a provoqué aucun émoi particulier. Et pourtant, sa tâche, faite d’une humble fidélité a été, oh combien nécessaire, et indispensable! Le même constat peut être fait pour Joseph. Sa fidélité exemplaire n’a pas nécessité qu’on la raconte.

Exemplaire avons-nous dit? Si cela ne l’avait pas été on en aurait parlé! Si Marie et Joseph avaient été de mauvais parents, s’ils avaient mal aimé leur fils, on en aurait parlé. S’ils l’avaient battu ou privé de nourriture, on en aurait parlé, s’ils l’avaient abandonné à son triste sort lors de sa fugue à Jérusalem, ça se saurait. Ils ont fait ce qu’ils devaient

faire, et Jésus est devenu un homme en qui on a reconnu le Messie. A quoi bon s’émerveiller de ce que ses parents aient fait ce qu’ils devaient faire?

C’est alors que je me tourne vers vous et vous dis les mêmes choses. Je vous dis qu’en faisant normalement ce que vous faites vous êtes comparables à Marie. En essayant d’être fidèlement membres de l’Église comme vous le faites, vous édifiez le corps spirituel du Christ, puisque l’Église, c’est son corps. Vous agissez ainsi à la suite de Marie qui en nourrissant son fils contribuait à faire grandir son corps de chair. Pour nous, l’ange a le même message que pour Marie. Il nous dit, à nous aussi qu’une grâce nous a été faite, il nous dit que le Seigneur Dieu est avec nous et qu’il a besoin de nous pour édifier L’Église, le corps spirituel du Christ, le fils de Marie. C’est dans cette société des hommes où nous sommes que Dieu a voulu s’incarner, il a voulu être partie prenante de ce que nous vivons chaque jour. Devant Dieu, ce n’est pas ce qui se voit qui a de l’importance, c’est ce qui arrive.

Ce qui arrive est fait de mille choses insignifiantes qui mises bout à bout font l’événement et écrivent l’histoire. Ce ne sont pas les puissants, ceux dont le nom fait la une des journaux qui font avancer le monde, en dépit des apparences, c’est la multitude des hommes et des femmes au milieu desquels Dieu habite qui dessinent l’avenir. Bien qu’ils tiennent en apparence le premier plan, ce ne sont ni Hérode, ni César Auguste qui ont marqué leur siècle, ce sont les peuples qui ont vécu, qui ont bougé, qui se sont révoltés, ce sont les esclaves qui ont construit les monuments qui subsistent encore et c’est au sein de ce peuple que Dieu a pris forme humaine en Jésus Christ.

Au risque de vous troubler, je dirais que ce ne sont pas les dirigeants du monde, ni les autorités politiques qui jouent le premier rôle, dans le conflit que nous connaissons ce sont les peuples qui descendent dans la rue, ce sont les indigents de tout bord, ce sont les hommes qui souffrent, qui n’arrivent pas à se révolter et qui agonisent sous la botte. C’est au sein des peuples que Dieu prend visage humain. Aujourd’hui, comme demain Dieu accompagne chacune et chacun de ceux qui modestement, sans se faire remarquer participent à la grande aventure humaine commencée il y a 2 000 ans.

Cette aventure consiste à savoir que Dieu se tient parmi les hommes pour construire un monde nouveau, fait d’amour, de fraternité et d’espérance.

Quant à Dieu, il ne se contente pas d’être l’observateur céleste de nos bonnes œuvres. Il n’est pas au ciel où les hommes sont aMarie 2bsents, il est au cœur de la mêlée de leur histoire. Il ne se tient pas plus du côté de ceux qui ont le pouvoir que de ceux qui le subissent. Il est au milieu des hommes d’où il bouleverse les enjeux de l’histoire en inspirant aux uns et aux autres des projets novateurs. Nous avons beau imaginer que les choses sont autrement, l’Évangile nous ramène toujours à redécouvrir cette proximité de Dieu qui se soucie plus du sort des opprimés que de sa gloire céleste.

Nous  avons toujours du mal à admettre qu’il prend en charge l’intérêt de tous les hommes et en particulier de ceux que l’on a l’habitude de considérer comme les petits, les obscures, les sans grade. Pour lui, ce qui a de l’importance n’est pas forcément visible, car c’est caché au cœur de la vie du monde. Si les hommes ont fait de Marie, car il faut bien revenir à elle, ce que la tradition nous a rapporté, c’est que là encore les hommes ont refusé les contraintes de l’incarnation. Ils ont fait de la mère de Jésus la reine du ciel qui rassure par ses apparitions régulières. Les hommes la placent dans les lieux célestes aux côté de Dieu, mais Dieu n’y est pas! Le ciel où Dieu réside est au cœur de l’humanité. Tant que nous refuserons cette présence de Dieu au milieu de nous, nous continuerons à mettre Marie dans le ciel et à croire que Dieu intervient par des prodiges pour rassurer le monde. Il n’en est rien. C’est au cœur des hommes où il a fait sa résidence que Dieu sollicite leur collaboration pour construire un monde nouveau et fraternel qu’il se plaît à appeler son Royaume.

Illustrations Henry Ossawa Tanner 1898 Philadelphie

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Luc 1:46-55 – le Mmagnificat – dimanche 17 décembre 2017

Posté par jeanbesset le 9 décembre 2017

Luc 1 46-55

46 Marie dit: «Mon âme célèbre la grandeur du Seigneur
47 et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,
48 parce qu’il a porté le regard sur son humble servante. En effet, voici, désormais toutes les générations me diront heureuse,
49 parce que le Tout-Puissant a fait de grandes choses pour moi. Son nom est saint,
50 et sa bonté s’étend de génération en génération sur ceux qui le craignent.
51 Il a agi avec la force de son bras, il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses.
52 Il a renversé les puissants de leurs trônes et il a élevé les humbles.

 53 Il a rassasié de biens les affamés et il a renvoyé les riches les mains vides.Magnificat 2
54 Il a secouru Israël, son serviteur, et il s’est souvenu de sa bonté
55 - comme il l’avait dit à nos ancêtres – en faveur d’Abraham et de sa descendance pour toujours.»

 

Si l’irruption de Dieu dans notre vie quotidienne pouvait provoquer une transformation du monde aussi spectaculaire  que  celle  qui se trouve décrite dans le magnificat, ce merveilleux poème que l’Evangile de Luc place dans la bouche de Marie, qu’il en soit ainsi !

Pourquoi subirions-nous ce monde si triste et si cruel quand Dieu n’y est pas, alors que si nous l’invitions,  sa présence   pourrait le faire  irradier en nous de mille feux  et nous faire avoisiner  le monde des anges qui gravitent  en cavalcades scintillantes autour du trône de Dieu.  Les artistes qui ont construit les cathédrales et les ont enluminées de vitraux multicolores ont essayé de rendre compte de cette réalité en nous donnant l’illusion qu’un tel paradis était possible.

 Illusion ! Le mot vient d’être prononcé. Par la magie du verbe, par la beauté de la lumière colorée, par le merveilleux pouvoir de l’imaginaire,  les hommes se donnent l’illusion de croire qu’ils peuvent pour une nuit ou quelques heures transformer la réalité du monde et lui donner l’aspect de ce que Dieu voudrait.

 Mais trêve d’illusion, Dieu appartient à une autre réalité.  La présence de Dieu  ne relève  pas de l’illusion, même s’il lui arrive, de nous faire comprendre ses mystères par la magie de la poésie. Dieu nous donne le moyen  de mettre sa présence en évidence si nous voulons  bien rester en communion avec lui et faire l’effort  de l’écouter. Nous réaliserons alors avec nos propres mains les projets que Dieu  nous  promet de mettre en œuvre. Dieu ne nous berce pas d’illusions, mais il nous entraîne vers une réalité possible pour peu que nous y mettions de la bonne volonté, cela nécessite  cependant notre collaboration.

 C’est pour nous faire entrer dans cette compréhension des  choses que  des images évoquant la précarité humaine traversent toute la Bible. Elles parlent  d’espérance là où les hommes sont le plus fragilisés  et sont en but  à l’arrogance des puissants qui prétendent régenter les choses de ce monde, comme si le monde était soumis à leurs  lois. Dieu  suggère qu’il y a toujours un temps possible pour s’opposer aux oukases que les puissants imposent aux petits. Il dit clairement   qu’il  désapprouve toujours les torts qui sont faits aux humbles, aux petits et aux faibles.  Ainsi malgré la puissance qu’ils croient détenir, malgré la force qu’ils croient avoir à leur disposition, Dieu oppose sa réprobation à ceux qui s’imposent par la violence. Il   leur laisse entendre qu’ils n’agissent pas selon  le cours normal de l’histoire et qu’elle  se retournera, tôt ou tard, contre tout ce qu’ils s’efforcent de faire.

 C’est dans  la logique que nous venons de décrire que s’inscrit l’intervention de Marie. Elle rassemble dans  ses paroles toute l’espérance des petits et la puissance qui émane de son propos met en eux assez de dynamisme pour  donner du courage à ceux qui n’en ont plus. Elle inscrit solidement en eux la certitude qu’un jour ils auront la force de réaliser ce  qu’elle promet,  si bien que ses paroles laissent entendre que Dieu habite le futur. La voix de Marie fait échos à tant d’autres voix qui, à leur manière ont porté les mêmes promesses. Entendez la voix des prophètes qui  annoncent que tous les peuples  se rallieront à cette cohorte de gens   qui montent en chantant à la montagne du Seigneur. Ils saluent  avec audace une ère nouvelle qui se réalisera parmi les hommes  par la grâce de Dieu. La vache et l’ours partageront le même gîte et le petit enfant jouera  près du terrier du serpent.  C’est Agar qui survécu  dans le désert à la colère de Sarah  et qui vit son fils Ismaël échapper à la soif mortelle. Jonas près d’être englouti dans les flots, n’entend-t-il pas la voix de l’espérance alors qu’il est dans le ventre du poisson ?

 Pour entendre toutes ses voix  et qu’elles deviennent  réalité en lui, il faut que chacun constate que c’est Dieu qui  les inspire  et construise une espérance en lui.  L’espérance,  est ce sentiment qui nous habite et qui nous rappelle constamment que notre Dieu est créateur.  Elle est  comme un  ciment  qui  lui sert à construire en nous un dynamisme porteur d’une force capable de défier tout ce qui nous est hostile.  Dieu n’agit pas  en nous comme par miracle pour répondre à notre attente passive, mais c’est son esprit qui  mobilise en nous les forces de réaction qui nous permettront d’attendre le temps opportun pour accomplir ses promesses.

 Mais à côté de ces voix multiples qui font écho à celle de Dieu, nous entendons aussi  ces voix qui nous sont si pénibles à percevoir et qui portent en elles les plaintes des peuples opprimés et réduits en esclavage. C’est la terre elle-même qui se permet de crier en taize-magnificat-instagram1lieu et  place des peuples quand leurs voix n’ont plus la force de  dire leur indignation.  C’est la terre  qui crie  l’horreur d’Abel assassiné par son frère. C’est la terre qui s’insurge  à cause du sang des innocents massacrés sous les fenêtres de Marie qui ne doit son salut et celui de son fils que dans la fuite devant les sbires d’Hérode.

 La protestation des Ecritures  contre toutes ces atrocités ne fait que souligner la réalité du monde présent, elle ne dit nullement la fatalité à laquelle Dieu se soumettrait par la force  des choses,  mais elle dit la nécessité  de rendre efficace  l’espérance  qui maintient solidement en chaque croyant  sa patience et sa faculté  d’attendre  le temps opportun pour  agir.

 Dieu fait entendre sa voix dans un monde qui  se perdrait  sans l’espérance qu’il lui donne. L’espérance est  le premier acte créateur de Dieu en nous, c’est par elle qu’il détruit les trônes des puissants et  que les innocents  ne subissent pas les caprices irresponsables des tyrans, c’est par elle que la maladie n’entraîne pas irréversiblement dans la mort ceux qui luttent pour la vie.  C’est par l’espérance que Dieu  créé  au cœur des humains  une possibilité d’agir. Elle  s’oppose à toutes  les forces obscures qui habitent  les hommes tant  qu’ils ne sont  pas éclairés par une  volonté  d’agir pour le bien de tous. C’est ainsi que Dieu crée en nous  un désir puissant pour modifier le cours des choses.

 Dieu fait ainsi aux hommes en recherche, des propositions telles que lentement ils se  rallient à lui et donnent du crédit à ces voix prophétiques, comme celle de Marie. Ils se mettent ainsi, au service de Dieu. Ils attendent  de lui un acte créateur d’espérance pour que le monde avance dans le sens où Dieu le souhaite. Ainsi nous progressons avec Dieu pour que ce monde devienne la réalité de demain.  Cette réalité ne pourra vraiment se réaliser que lorsque la bonne volonté des hommes entrera, par la puissance de l’esprit en harmonie avec la volonté de Dieu.

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Esaïe 40:1-11 Consolez mon peuple – dimanche 10 décembre 2017

Posté par jeanbesset le 1 décembre 2017

Esaïe 40 :1-11bon berger 3

 «Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu.
2 Parlez au coeur de Jérusalem, criez-lui que sa période de combat est terminée, que sa faute est expiée, qu’elle a reçu de l’Eternel le salaire de tous ses péchés.»
3 *Une voix crie dans le désert: «Préparez le chemin de l’Éternel, faites une route bien droite pour notre Dieu dans les endroits arides!
4 Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline abaissées. Ce qui est tortueux sera redressé et les endroits rocailleux aplanis.
5 Alors la gloire de l’Eternel sera révélée, et au même instant tout homme la verra. Oui, c’est l’Éternel qui l’affirme.»
6 Une voix a dit: «Proclame un message!» Et j’ai répondu: «Que dois-je proclamer?» «*Toute créature est comme l’herbe, et toute sa beauté comme la fleur des champs.
7 L’herbe sèche et la fleur tombe quand le vent de l’Éternel souffle dessus. Vraiment, le peuple est pareil à l’herbe:
8 l’herbe sèche et la fleur tombe, mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement.»
9 Monte sur une haute montagne, Sion, pour annoncer la bonne nouvelle! Élève avec force ta voix, Jérusalem, pour proclamer la bonne nouvelle! Élève ta voix, n’aie pas peur! Dis aux villes de Juda: «Voici votre Dieu!» 10 Le Seigneur, l’Eternel vient avec puissance, et son bras lui assure la souveraineté. Il a son salaire avec lui et sa récompense est devant lui.
11 Pareil à un berger, il s’occupera de son troupeau, il prendra les agneaux dans ses bras et les portera contre sa poitrine; il conduira les brebis qui allaitent.

 

Une bourrasque venue d’ailleurs tourbillonne en plein désert et noie dans un nuage de sable les effets d’un mirage grandiose.  On y voit  des engins affairés à niveler le sol du désert.  Ils construisent des autoroutes  qui conduisent vers un horizon encore inconnu.  Cette vision nous décrit comment Dieu fait son entrée dans l’inconscient humain. Les bruits qui accompagnent les travaux ne sont pas le fait du vacarme causé par les travaux, mais  sont le fait de voix humaines  qui se cofondent avec la voix divine.  Dieu  ainsi unit son action à celle des humains et sa voix se mêle à la leur. C’est à nous  d’être assez observateurs pour  comprendre ce qui se passe.Bon berger 1

 C’est l’espérance qui nous visite et nous parle d’avenir. Elle défie les terreurs humaines que nous construisons journellement  en observant ce qui se passe  sans laisser à Dieu la place qui lui revient. Contrairement au climat ambiant, ces voix nous décrivent un avenir prospère vers lequel Dieu avance  avec solennité et s’investit avec puissance. Mais ce n’est qu’une vision ! Bien heureux celui ou celle dont la foi lui permet de voir ce qui reste encore caché à ceux qui ne croient pas.  Si cette vision est destinée à Israël en pleine débâcle, elle nous est destinée à nous aussi quand nous pensons à notre avenir.

 Au moment où ces choses se passent, rien ne permet à Israël d’envisager  cet avenir prospère. L’exil a fermé à tout jamais les portes de l’espérance. La colère de Dieu semble s’être appesantie sur son peuple. La ville sainte a été investie, ses murs ont été sapés, ses notables exilés, sa noblesse assassinée, son roi martyrisé. La faute commise, justifiant un tel châtiment reste inexpliquée et demeure imprécise. C’est alors que la voix de Dieu change de ton : « le combat est terminée dit-elle,  Jérusalem  est graciée, elle a reçu de l’Éternel au double de ses péchés ». Qui peut dire mieux ?

 Sans doute avons-nous là un texte de circonstance. Les exilés ont besoin de relever la tête pour rester un peuple cohérent à l’heure de l’épreuve afin d’affronter le châtiment  qu’il a sans doute mérité. Mais de châtiment, il n’y en a pas. Si  des fautes ont été commises et ont provoqué le désastre, celui-ci n’est pas le fait de la volonté divine. Ce n’est pas Dieu, contrairement  à ce qu’ils croient qui a provoqué le désastre et l’épreuve subie  n’est pas une punition divine.

 On a bien souvent tendance à  croire que le malheur  que nous subissons auraient pour origine l’action de Dieu qui vengerait son honneur à la suite d’une faute commise contre lui, mais la voix qui raisonne à leurs oreilles par la bouche du prophète ne dit pas cela. Elle nous fait apparaître  sous les traits d’un berger qui fait paître son troupeau, qui  rassemble ses agneaux et les porte en son sein.  Esaïe n’est pas le seul à se servir de cette image bucolique . Le psaume 23 puisera son inspiration à la même source : «  le Seigneur est mon berger dira-t-il, je ne manquerai de rien » et plus tard Jésus reprendra cette même image dans l’Évangile de Jean où il se présente  comme le berger qui ira jusqu’à donner sa vie pour que ses brebis aient la vie en abondance.

 Mais si les brebis dont il est question ici sont en danger, sont-elles  coupables d’une faute quelconque ?  Il semble plutôt  que ce soit  leur nature qui les rende vulnérables à toutes sortes de prédateurs dont Dieu chercherait à les protéger.  Elles n’auraient en aucune façon mérité les dangers qui les menacent.

 Il n’empêche que subsiste chez beaucoup  d’humains  l’idée que leurs  difficultés seraient la conséquence d’une faute commise  qui serait punie  par une  sanction divine.  Ainsi la Bible nous rend témoins de deux images différentes de Dieu qui cohabitent, bien qu’elles soient contradictoires. Quand l’épreuve nous atteint, Sommes-nous coupables ou responsables ?   Dieu nous punirait-il de fautes commises ou nous protégerait-il du mal  que nous aurions attiré sur nous par notre négligence ?  Bien souvent,  nous nous sentons coupables des événements qui nous arrivent alors que nous n’en sommes peut-être que responsables. Et pas toujours !

Nous vivons souvent comme si Dieu faisait le recensement de nos actions et les classait  en catégories différentes,  qu’elles soient, bonnes, acceptables ou mauvaises et agirait par rapport à nous en fonction de ce classement. Ce serait le salut pour les œuvres bonnes et le châtiment à des degrés différents pour les autres. La Réforme nous a appris à voir les choses autrement.

Elle nous a appris que   Dieu n’est nullement responsable du mauvais sort qui nous arrive.  Si je sors sans me couvrir et que j’attrape un rhume, je subis mon mauvais sort  sans pour autant être puni par Dieu pour ma négligence.  C’est cet aspect des choses que la Bible semble avoir retenu plutôt  que l’autre. C’est la situation que propose Jésus dans la parabole de la brebis égarée.

 Pourquoi s’est-elle égarée ? Nul ne le sait, mais on peut supposer qu’elle a trouvé de l’herbe plus tendre à l’écart du troupeau et que poussée par la gourmandise, elle s’est séparée des autres, puis s’est perdue. Le berger court alors le risque  de laisser les autres dans le désert pour voler au secours de la négligente et la prendre en charge. Si elle est négligente  elle encourt des ennuis qui peuvent être mortels.  Si elle  est responsable de son sort, et que  ce sort tourne mal  elle  n’en est pas pour autant punie d’une manière ou d’une autre, même si le loup la mange.  La Fontaine a brillamment explicité cela. C’est en faveur de ce Dieu qui se tient à côté de ceux qui sont en danger que plaide Jésus et c’est ce rôle qu’il demande qu’on lui attribue quand on l’élève au rang de Dieu et qu’on en fait son fils.

 L’imBon bergerage de ce Dieu bienveillant traverse toute les Ecritures. Elle s’oppose à cette autre image du Dieu de justice que nous avons tendance à adopter comme la seule possible. C’est la voix de celui qui crie dans le désert  et qui est répétée chaque fois que la détresse s’empare de nous. Elle est proclamée ici par Esaïe, plus tard elle le sera par Jean baptiste. Elle retentit au fond de  notre cœur, elle frappe nos sens et nous interpelle afin que nous fassions les bons choix et que nous discernions  la compassion qu’elle nous apporte et non la culpabilité à cause des erreurs commises.

 Dieu est donc  celui qui nous accompagne dans les difficultés de la vie, mais s’il est notre compagnon de route, il n’est pas pour autant le Dieu qui transforme les choses à notre avantage. La vie avec Dieu est donc un compagnonnage discret avec lui. Elle nous responsabilise dans nos actions et nous aide à découvrir toutes les voies possibles où Dieu oriente nos pas.

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Marc 13/33-37 prenez-garde, veillez et priez dimanche 3 décembre 2014

Posté par jeanbesset le 22 novembre 2017

  CadranVeillez et prier  Marc 13/33-37

Marc 13/ Prenez garde, veillez et priez car vous e savez quand sera le moment. 34 Il en sera comme d’un homme qui, partant en voyage, laisse sa maison, donne autorité à ses esclaves, à chacun sa tâche, et commande au gardien de la porte de veiller. 35 Veillez donc, car vous ne savez pas quand viendra le maître de maison : le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou au matin ; 36 craignez qu’il n’arrive à l’improviste et ne vous trouve endormis. 37 Ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez.  

Ecoutez : N’est-ce pas le pas d’un homme que l’on entend sur la route ? Il marche, indifférent aux paysages changeants qu’il traverse. Il trouve que tout est terne et monotone. Il n’entend pas le chant des oiseaux qui accompagnent ses pas et il maudit le vacarme qu’ils font et qui l’empêche de penser. Parfois son pied butte sur un des rares cailloux qui par hasard se trouve sur l’asphalte bien lisse ! Comment pourrait-il avancer sur ce mauvais chemin maugrée-t-il ? Où va-t-il ainsi, ce grincheux à l’humeur morose ? Il ne sait pas. 

Il se croit placé là pour accomplir son destin en suivant le chemin de sa vie qui ne mène nulle part. Il n’a pas de véritable compagnon de route et cache son désarroi dans une indifférence affichée. Insensible à tout ce qui l’entoure, il s’appesantit sur lui-même et ne songe qu’à se plaindre. Mais cette indifférence aux événements cache son angoisse, car en fin de compte il a peur. Mais il ne se l’avoue pas car seuls les faibles et les enfants ont le droit d’avoir peur. 

De quoi a-t-il peur ? Qui l’effraye ainsi ? Il ne saurait dire la nature du malaise qui l’étreint. Si d’aventure un compagnon de route règle ses pas sur les siens, c’est leurs angoisses qu’ils mettent en commun, et au lieu de s’exorciser mutuellement, elles ne font que s’accroître en se nourrissant l’une l’autre. 

Ce phénomène de peur inavouée qui se cache derrière un marasme ostensible, n’est pas habituel. Il est exceptionnel. Mais périodiquement il s’impose aux masses qui en ressentent collectivement les symptômes. Il arrive que l’histoire des hommes soit traversée de moments où un tel état de déréliction (pour employer un mot savant) se généralise et n’épargne aucune couche sociale. Chacun pense la chose naturelle si bien qu’aucun ne s’interroge vraiment sur son origine. Une explication trop facile n’est sans doute pas la bonne : c’est la crise dit-on ! Comme si ce mot recouvrait à lui seul toutes les terreurs humaines. 

Une autre explication facile que l’on entend souvent, est celle du manque de repères et de la perte du sens. Ceux qui éprouvent ce sentiment n’arrivent pas à trouver hors d’eux-mêmes, ou au fond d’eux-mêmes une explication plausible. Leurs références à Dieu se sont altérées, au point qu’ils ne font plus confiance à celui en qui ils croyaient encore il y a peu. Ils s’en sont séparé sans même s’en apercevoir  Ils ne croient plus en celui en qui ils voyaient comme un divin compagnon de route. Leur parcours se fait désormais solitaire. C’est alors un silence consternant qui fait écho à la voix de ce Dieu qui jadis déplaçait des foules de fidèles par milliers. 

Le vide ne se satisfait jamais du vide et bien vite ce sont d’autres formes de Dieu qui prennent la place de celui que l’on ne connaît plus. Ces nouvelles divinités sont différentes de ce Dieu désormais oublié. Comme toujours les hommes se construisent des idoles pour répondre à leurs manques et ils espèrent qu’elles donneront du sens à ce qui n’en a plus. C’est ainsi qu’ils conjurent leurs peurs. Ils ont agi ainsi de tout temps. Si les idoles ont changé de visage au cours des siècles, elles recouvrent toujours la même réalité, elles sont construites par les hommes pour répondre aux angoisses du moment, même s’ils savent pertinemment que ces angoisses, c’est eux qui les ont provoquées.  A nous de leur donner les noms qi nous conviennent le mieux. 

Régulièrement, comme si c’était un exutoire, des rumeurs venues des fins fonds du monde se répandent et contrarient la quiétude artificielle que se sont chèrement acquise les humains. On se souviendra des peurs de l’an mille qui n’avaient d’autres fondement que le changement de millénaire. Le Moyens âge terrorisé par l’idée de l’enfer a trouvé son apaisement dans la Réforme. Aujourd’hui c’est le réchauffement de la planète  qui crée des angoisses d’autant plus fortes qu’elles sont scientifiquement étayées.Cadran 3

 Curieusement, la rumeur se répand, que ceux qui gèrent le monde sont en train d’en perdre le contrôle. Il est facile alors d’écrire ou de dire que c’était écrit, que le Tout Puissant l’avait prévu, que les voix du Seigneur sont impénétrables, et que tel est le destin du monde. Si telle est la clé de l’énigme, tout cela ne correspond pas à l’image de Dieu telle que Jésus Christ nous la donnée. 

Le Dieu de Jésus Christ cherche à nous libérer de nos peurs et non à les provoquer. Il agit avec amour et compassion. Il est lent à la colère et prompt à la miséricorde. Comment aurait-il pu décider à l’avance de ses moments de colère  dont on l’accuse et les inscrire dans le marbre, comme s’il avait prévu ses mouvements d’humeurs des siècles en avance. Il n’est pas logique qu’il se mette en colère à jours et à heures comme se l’imaginaient les contemporains de Jésus ou comme le pensent aujourd’hui ceux qui à partir du Livre de l’Apocalypse calculent la date où Dieu a prévu de se mettre en colère. 

Dans ce long passage de l’Evangile de Marc dont nous n’avons retenu qu’un extrait, Jésus ne cache pas que des événements terribles peuvent se produire la destruction de Jérusalem par les armées de Titus est peut être là en toile de fond de ce passage mais il n’accuse pas Dieu son Père de les provoquer, au contraire Jésus cherche à nous mobiliser pour que le jour où des événements dramatiques se produisent, nous ne soyons pas démunis et désemparés, car l’histoire des hommes est régulièrement traversée par des catastrophes dont ils ne sont pas forcément responsables. 

Si Jésus nous mobilise pour faire face au danger, c’est qu’il est possible de le surmonter et qu’il ne vient pas de Dieu. Certainement il ne cautionne rien de catastrophique, car Dieu ne programme ni ses moments de colère, nous l’avons vu, ni les malheurs qui s’abattent sur les hommes, mais il fait appel à leur sagesse pour les prévenir. 

Si plus avant dans le même Evangile, Jésus fait état d’événements annonciateurs, ce n’est pas pour nous alarmer, mais pour que nous mettions notre sagesse en éveil pour interpréter ce qui se passe et prendre les dispositions appropriées.

 Certains lecteurs de l’Evangile prétendent que dans de telles circonstances, la foi ne nous dicte qu’une seule attitude possible : celle de l’attente patiente dans la prière ! Mais tel ne semble pas être l’avis de Jésus. S’il n’exclut pas la prière, il la préconise même, il donne priorité à l’action de veiller. Pour lui l’attitude du croyant est d’abord dans l’agir et non pas dans le subir. cadran solaire 2

La sagesse consiste donc à savoir que Jésus nous entraîne à l’action, car c’est dans l’action que la vie se manifeste et prend ses droits. Dieu ne cherche pas à rassembler un peuple qui subit, mais qui agit, car ce sont les hommes d’action inspirés par Dieu qui ont en eux les solutions de l’avenir.

Certes, saisissent ce que Dieu leur suggère de faire dans la prière, car Dieu agit avec eux, car les mains des croyants sont les mains avec lesquelles Dieu agit. Mais  Dieu ne nous envoie pas son esprit pour que nous restions inactifs en attendant une délivrance qui ne viendra que si nous décidons d’entreprendre. Veillez donc nous dit Jésus afin de devenir les moteurs de ce monde que Dieu se plait à accompagner, car c’est ainsi qu’il nous aidera à conjurer nos peurs.

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