Marc 10:2-16 – le divorce Dimanche 7 octobre 2018

Posté par jeanbesset le 3 octobre 2018

             

2 Des pharisiens vinrent lui demander, pour le mettre à l’épreuve, s’il est permis à un mari de répudier sa femme. 3 Il leur répondit : Que vous a commandé Moïse ? 4— Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une attestation de rupture et de répudier. 5 Jésus leur dit : C’est à cause de votre obstination qu’il a écrit pour vous ce commandement. 6 Mais au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme ; 7 c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, 8et les deux seront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. 9 Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni !

10 Lorsqu’ils furent à la maison, les disciples, à leur tour, se mirent à l’interroger à ce sujet. 11 Il leur dit : Celui qui répudie sa femme et en épouse une autre commet l’adultère envers la première, 12 et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet l’adultère. 

 13 Des gens lui amenaient des enfants pour qu’il les touche de la main. Mais les disciples les rabrouèrent. 14 Voyant cela, Jésus s’indigna ; il leur dit : Laissez les enfants venir à moi ; ne les en empêchez pas, car le royaume de Dieu est pour ceux qui sont comme eux. 15 Amen, je vous le dis, quiconque n’accueillera pas le royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera jamais. 16 Puis il les prit dans ses bras et se mit à les bénir en posant les mains sur eux.

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Nous vivons avec en tête,  la vision  d’un monde désenchanté car,  notre perception de l’espèce humaine est souvent négative.  Nous voyons les humains comme des gens qui s’agressent entre eux, plus enclins à se quereller  et à se jalouser qu’à s’entraider. Ceux qui nous dirigent  visent plus à nous prémunir contre les actions hostiles des autres contre nous qu’à  nous stimuler pour aller vers eux en vue de les aider. Le vieil adage selon lequel il faut se préparer à la guerre si on veut vivre en paix relève plus que jamais de la sagesse des peuples et continue à être la règle de conduite de ceux qui désirent diriger les nations.

C’est surtout quand les relations humaines  sont mauvaises qu’elles suscitent notre intérêt et personne n’est vraiment intéressé  quand les choses  vont bien et que tout   se  passe sans heurt.

 Ne soyons donc pas étonnés  si, ici la question du mariage est envisagée sous l’angle négatif du divorce. Dans notre monde, les démons ne restent pas inactifs, le démon de midi en particulier est toujours à l’œuvre,  celui de l’ennui et de  l’habitude, comme celui de la jalousie et du  désir d’aller voir ailleurs lui tiennent compagnie, et tous conjuguent leurs efforts pour détruire les foyers.

La longue histoire de l’humanité a estimé que le divorce était la solution la moins douloureuse pour régler les conflits conjugaux trop graves.  Plutôt que de s’accrocher à recoller les morceaux d’une union détruite il vaut mieux tout recommencer.  Connaissant Jésus comme nous croyions le connaître nous sommes surpris par sa réaction plutôt rigide, face aux pharisiens, ses habituels contradicteurs, qui se montraient plus permissifs en la matière.  Ils prêtaient même à Moïse une permissivité que la loi à proprement parler ne reconnaissait pas vraiment : celle de la lettre de divorce. En effet, qui à l’époque de Moïse aurait-il été capable d’écrire une telle lettre ?

 Mais dira-t-on, le droit avait évolué depuis Moïse, c’est vrai, mais si c’était le cas, ce n’était plus Moïse qui l’aurait prescrit, mais les juristes qui au cours des siècles auraient assoupli les règles du divorce, là où Moïse lui-même n’avait rien prévu.

 Pourquoi alors Jésus durcit-il le ton là où les successeurs de Moïse avaient assoupli la règle ?  Depuis le début de son ministère, on avait cru comprendre que Jésus prenait volontiers des libertés par rapport aux prescriptions de Moïse et qu’il en atténuait généralement la rigueur en préférant la souplesse de l’amour à la rigidité  de la loi. Quand il n’y avait plus d’amour entre deux personnes n’était-il pas  plus charitable de leur rendre leur liberté plutôt que de les contraindre à vivre ensemble une vie commune qui n’avait plus d’intérêt pour eux ?

  On aurait pu penser que la rigidité de Jésus visait à protéger la femme rejetée qui se retrouvant seule dans la nature n’avait d’autre solution que de retourner chez ses parents. Mais ses parents étaient-ils encore de ce monde et pouvaient-ils la recevoir ? Dans le cas contraire,  elle était destinée à la prostitution et on pensait que Jésus aurait voulu la préserver de ce sort peu enviable, mais ici, ce n’était pas le cas. Jésus ne fait aucune allusion à une telle situation. Contrairement à notre attente Jésus défend une solution radicale que l’on a de la peine à expliquer.

  Curieusement cette position  est restée la règle dans beaucoup d’églises qui veulent ainsi marquer leur fidélité à Jésus. En fait cette rigidité qui rend tant de gens malheureux aujourd’hui était-elle vraiment l’expression de la volonté du Seigneur ? Nous allons essayer de suivre sa logique  au risque de trouver l’expression d’une attitude  plus nuancée voire même très différente de celle que le texte laisse entendre.

 Avez-vous remarqué que Jésus parle de la dureté du cœur, c’est-à-dire du péché pour justifier la nécessité de  l’assouplissement de la loi de Moïse revendiquée par les pharisiens. C’est par là que j’ai commencé ce sermon. J’ai dit que les hommes avaient une fâcheuse manière de voir le monde, car ils le voyaient sous un angle négatif. Ils considéraient que leur révolte contre Dieu était de l’ordre du normal, et que les humains étaient des rebelles à Dieu par nature. 

 Il est donc normal pour nous de considérer que les humains aient exclu l’amour des comportements qu’ils ont entre eux. En affaire, par exemple, on ne fait pas de sentiment, et on met ce principe scrupuleusement en pratique.  Jésus quant à lui voit les choses autrement. Il ramène ses interlocuteurs au « commencement », au début de la création, dans un monde encore enchanté ou le péché n’avait pas encore fait son apparition. Ce monde avait été conçu par Dieu pour le bonheur des peuples. Au centre de ce monde, l’homme et la femme devenaient par l’amour qui les unissait un seul corps  et une seule âme.  Quand Jésus parle du Royaume qu’il nous invite à construire c’est cette image qu’il a en tête, et  il essaye de provoquer en nous  le  désir de retrouver cette période idyllique où les mythes  bibliques ont placé l’origine de l’humanité. Il nous entraîne à réfléchir au problème du divorce avec cette vision des choses à l’esprit.

 Bien évidemment une telle approche  échappe totalement aux adversaires de Jésus et sans doute aussi à nous-mêmes. Car Dieu a totalement été  écarté du problème. Les adversaires de Jésus  parlent de loi et de règlement et  se demandent comment  appliquer la loi, et surtout comment la contourner. Ce faisant, Ils  espèrent que Dieu cautionnera  leurs arguments. Mais ni Dieu qu’on ne consulte pas vraiment,  ni l’amour qui préside à toutes les manifestations divines n’entrent ici  en ligne de compte. Curieusement, ceux qui sont les gardiens de la Loi et qui prétendent guider les peuples sous le regard de Dieu ont totalement omis Dieu dans leur manière d’aborder les problèmes qui concernent le couple humain quand celui-ci est en état de dysfonctionnement.

 Jésus pour sa part réintroduit la présence de Dieu dans le problème. Il rappelle que l’enchantement du monde par la présence de Dieu est toujours d’actualité, mais il dit aussi que la dureté du cœur des hommes, fait continuellement déraper les projets de Dieu qui ne peuvent aboutir que par le pardon et l’amour. Il précise que dans l’intention créatrice de Dieu la rupture entre deux êtres qui s’aiment était  impossible, car l’amour est un ciment qui devrait résister à toute attaque hostile, c’est pourquoi, Jésus affirme qu’il est impossible qu’une rupture  se produise. C’est dans ce contexte idyllique de la création qu’il  place  son argumentation face à ses opposants. 

 Mais l’impossible se produit parfois. L’amour peut  s’affadir. L’homme et la femme conçus  pour s’aimer  se séparent, s’isolent l’un de l’autre, deviennent indifférents l’un à l’autre et finalement en arrivent à se détruire mutuellement. Quand le  péché a fait son œuvre, seul Dieu peu alors gérer le problème. Le péché est une atteinte à Dieu et ses effets ne peuvent en être corrigés que par lui, qui en prodiguant son pardon permet de tout recommencer quand tout a été détruit.

 Le tort des adversaires de Jésus  est d’avoir voulu tenir Dieu à l’écart du problème, alors que le problème ne peut trouver de solution sans Dieu. C’est parce qu’ils avaient exclu Dieu que Jésus s’est montré sévère car pour lui, sans Dieu rien n’est possible.  Comme il le fait dans toutes les situations où il croise des humains en souffrance, Jésus  va donc aider chacun à se  reconstruire. 

 S’il a déclaré que le couple uni devant Dieu ne pouvait pas être détruit, c’est qu’il voulait rappeler la force du principe créateur de Dieu. Quand  ce principe est attaqué par le péché au point de le détruire, Dieu seul peut nous prendre en charge en nous aidant à construire à nouveau l’avenir sans  jamais regarder en arrière. Une autre vie peut alors devenir possible, une autre forme d’amour peut alors trouver a place, mais le principe d’amour doit toujours rester premier, aussi bien dans le cas de la rupture que dans celui d’une nouvelle union.divorce

 Jésus n’a donc nullement l’intention d’enfermer ceux qui ne s’aiment plus dans une attitude impossible à tenir mais il demande d’œuvrer de telle sorte que le principe d’amour reste le premier dans tous les cas et de tout mettre en œuvre pour trouver des solutions qui  remettront  les ex-époux debout, et les rendront capables de participer à nouveau  à l’enchantement créateur de Dieu, qui pour un temps les avait quitté.

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Marc 9:38-48: Jésus et notre violence dimanche 30 sptembre 2018

Posté par jeanbesset le 24 septembre 2018

Marc  9/38-48

 

38 Jean lui dit : Maître, nous avons vu un homme qui chasse les démons par ton nom et nous avons cherché à l’en empêcher, parce qu’il ne nous suivait pas.

39 Jésus répondit : Ne l’en empêchez pas, car il n’y a personne qui puisse parler en mal de moi tout de suite après avoir fait un miracle en mon nom.

40 En effet, celui qui n’est pas contre nous est pour nous.

41 Et quiconque vous donnera à boire une coupe d’eau parce que vous appartenez au Christ, amen, je vous le dis, il ne perdra jamais sa récompense.

42 Mais si quelqu’un devait causer la chute de l’un de ces petits qui mettent leur foi en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache autour du cou une meule de moulin et qu’on le lance à la mer.

43 Si ta main doit causer ta chute, coupe la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie que d’avoir tes deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint pas

45 Si ton pied doit causer ta chute, coupe-le ; mieux vaut pour toi entrer infirme dans la vie que d’avoir tes deux pieds et d’être jeté dans la géhenne

47 Et si ton œil doit causer ta chute, arrache-le ; mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne,

48  où leur ver ne meurt pas, et où le feu ne s’éteint pas.

couper l'oreille

Loin de nous, l’idée que Jésus nous inviterait à faire violence contre nous-mêmes par souci de fidélité à son Evangile. Nous n’aurions pas assez de bras à couper, ni d’yeux à arracher, ni de jambes à mutiler, tant les actes agressifs que nous commettons quotidiennement contre nos prochains sont nombreux et tant les pensées  que nous formulons contre les autres nous donneraient de bonnes raisons pour le faire si on prenait les recommandations de Jésus à la lettre. Loin de nous l’idée qu’en étant agressifs contre nous-mêmes nous faisons plaisir à Dieu et accomplissons sa volonté. Nous  ne faisons pas la volonté de Dieu en  le devançant dans un châtiment  qu’il ne nous destine pas, car Dieu ne punit personne pour avoir contrevenu à sa volonté. Ce n’est pas ainsi que l’Evangile fonctionne, et ce n’est pas en agissant dans ce  sens que nous rencontrerons Dieu.

Dieu vient vers nous, dans le monde où nous sommes et il ne méconnait  aucun des événements que nous vivons. Nous subissons quotidiennement des agressions de toutes sortes et nous en faisons subir aux autres. Aujourd’hui, les hommes ne trouvent de solutions à leurs problèmes qu’en imaginant de nouvelles formes de violence qu’ils font subir aux autres au nom de leur bon droit. C’est ainsi qu’ils espèrent faire avancer les choses et créer des progrès significatifs dans la société où nous sommes. C’est dans un tel monde que Dieu se propose d’être le partenaire de l’humanité.

N’allez pas croire qu’il méconnait nos arguments quand nous justifions notre bon droit par les agressivités que nous faisons subir aux autres au nom du mieux-être commun. Ainsi les expressions telles que « casser du flic » ou « casser du bourgeois » utilisée dans les manifs, ne nous émeuvent pas beaucoup  et si nous ne les utilisons pas, elles le sont par nos enfants ou des personnes de notre entourage et nous ne nous émouvons pas  outre mesure quand on casse des vitrines ou que l’on brûle des voitures simplement pour  manifester une  indignation que l’on prétend légitime.

Ne soyons donc pas surpris si Jésus utilise des images fortes pour se faire comprendre et parler de Dieu. Ses propos choquants font partie du décor  dans lequel se déroule notre quotidien. Si  Jésus nous demande d’utiliser contre nous-mêmes les violences que la société exerce contre les autres, c’est pour nous dire que Dieu accepte de nous accompagner dans une société qui lui est totalement étrangère.  Si nous sommes choqués par ces propos, comprenez aussi que Dieu est choqué, lui aussi par les comportements de ce monde, mais, pour nous en sortir, il accepte de mettre les mains dans le cambouis.

Jésus n’a pas hésité à suivre l’intuition qu’il avait de Dieu, quand il s’est offert à la violence des hommes et que  ceux-ci l’ont tué.  Jésus en tenant ces propos choquants sur l’automutilation voulait sans doute provoquer tous ceux qui croyaient pouvoir trouver Dieu en le cherchant dans  les eaux calmes d’un monde factice fait de règles de piétés, et de pratiques pieuses qui les mettaient en dehors de la vie quotidienne des petites gens qui subissaient de plein fouet la violence causée par la famine, la pauvreté  ou la maladie. Bien évidemment, Jésus prends fait et cause pour les petits et il les défend  contre les agressions  qui leurs sont faites. Il  retourne ces agressions  contre leurs agresseurs qui leur sont indifférents en leur proposant, à titre d’exemple de s’automutiler, non pas pour le faire vraiment, mais pour qu’ils comprennent l’horreur des souffrances que les petits subissent au quotidien.

Qui sont ces petits  qui croient ?  Bien évidemment, nous comprenons que ceux qui ont rapporté ces paroles de Jésus en rédigeant l’Evangile quelques  quarante ans  après qu’elles aient été prononcées sont les fidèles de l’Eglise naissante persécutés par leurs opposants du moment. Mais au moment où vivait Jésus, le contexte était différent, les petits  étaient sans doute tous ceux qui étaient exploités par la société de l’époque tels les propriétaires terriens, les occupants romains, et les  prêtres et les scribes qui faisaient peser  sur eux la dîme et autres impôts ecclésiastiques. Mais en parlant de ces petits qui croient, l’Evangile se garde bien de dire en qui ils croient. Nous interprétons un peu vite en pensant que c’est évidemment en Dieu qu’ils croient, mais il faut sans doute voir dans le flou volontaire du texte, toutes les idées en lesquelles on croit et qui donnent à  espérer.

Il faut y voir bien entendu le Dieu dont parle Jésus qui n’est pas forcément celui de la tradition, mais celui qui prend en charge toutes les espérances qui donnent aux hommes une envie irrésistible de vivre. C’est le Dieu qui veut faire un pacte de vie avec tous ceux qui pensent que Dieu est un facilitateur de vie pour tous. Derrière la notion de croire, Jésus semble mettre la notion  d’espérance  au sens le plus large que peut prendre ce mot.

Si Jésus préconise alors, que l’on attache à leur cou une meule de moulin, c’est à dire qu’on les tue, cela semble vouloir dire que ces gens bienpensants qui ignorent  les petits  n’ont pas leur place dans la société des hommes telle que Dieu la conçoit. Dieu n’est pas absent de ce monde et il le voit avec un regard que Jésus vent nous communiquer. C’est un monde où l’espérance doit prendre la première place dans tous les rapports humains, c’est elle aussi qui prend la première place dans notre quête de Dieu. Nous découvrons cela dans tous les gestes que l’Evangile nous rapporte au sujet de Jésus qui sont tous porteurs d’espérance.

Revenons  à la question concernant  tous ces petits qui croient. Qui sont-ils en fait ? Ce ne sont pas seulement tous les enfants à qui  la société antique ne réservait qu’une toute petite place, mais c’étaient eux aussi. Ce n’étaient pas seulement les adeptes de Jésus méprisés par les scribes et les pharisiens, ou plus tard les premiers chrétiens persécutés, mais c’étaient eux aussi. Ce sont tous ceux qui se sentent frustrés par l’existence et qui malgré tout espèrent sans savoir en qui ou en quoi ils espèrent vraiment. C’est pour tous ceux-là que Jésus dessinait le visage nouveau d’un Dieu qui prenait en charge leurs espérances.

C’est en laissant entendre que Dieu prenait d’abords en charge les petits, tous les petits que Jésus devenait à son tour scandaleux pour  tous ceux qui prêtaient à Dieu un autre visage, un visage qui serait fait de règles et  de conventions religieuses ainsi que  de morale rigide

 En se faisant défenseur des petits qui croient, Jésus présentait Dieu comme celui de l’espérance. Les croyants ressentaient la joie de vivre  à son contact.  Par les propos violents qu’il tenait, Jésus faisait de Dieu celui qui s’incarne au quotidien dans notre monde. Il montrait par-là qu’il n’était pas celui que les hommes fabriquaient à l’image de leurs désirs,  mais qu’il était celui qui les entraînait  à transformer le monde et à y vivre heureux tous ensemble. Ce Dieu dont Jésus était le témoin était perçu comme le créateur d’un monde nouveau, toujours appelé à progresser. Ce n’est donc pas l’homme qui était capable de créer un tel Dieu, c’était un Dieu qui en se faisant présent dans le monde des hommes les rendaient capables d’y vivre mieux tous ensemble.

 

 

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Marc 9/30-37 Qui est le plus grand? dimanche 23 septembre 2018

Posté par jeanbesset le 20 septembre 2018

30 Partis de là, ils traversaient la Galilée, et il ne voulait pas qu’on le sache. 31 Car il instruisait ses disciples et leur disait : Le Fils de l’homme est sur le point d’être livré aux humains ; ils le tueront, et, trois jours après sa mort, il se relèvera. 32 Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils avaient peur de l’interroger.

33 Ils arrivèrent à Capharnaüm. Lorsqu’il fut à la maison, il se mit à leur demander : A propos de quoi raisonniez-vous en chemin ? 34 Mais eux gardaient le silence, car, en chemin, ils avaient discuté pour savoir qui était le plus grand. 35 Alors il s’assit, appela les Douze et leur dit : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. 36 Il prit un enfant, le plaça au milieu d’eux et, après l’avoir pris dans ses bras, il leur dit : 37 Quiconque accueille en mon nom un enfant, comme celui-ci, m’accueille moi-même ; et quiconque m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais celui qui m’a envoyé

 Jésus et les enfants

 Je m’interroge à la lecture de ce texte à propos de cette opposition qu’on y trouve entre le fait d’être grand et le fait d’être un enfant. Si on éclaire ce texte par les textes parallèles dans les autres Evangile, on obtient une précision selon laquelle il s’agit ici d’être grand dans la foi. Ce serait à la foi des adultes que Jésus opposerait la foi d’un enfant  et c’est  la spontanéité  de l’enfant, sa candeur aussi qu’il mettrait en avant en l’opposant à la foi bien structurée des adultes

 Nous sommes sans doute mieux placés pour comprendre les propos de Jésus que ses contemporains, car aujourd’hui, les enfants sont au centre des préoccupations de notre société. L’enfant est devenu roi dans un monde où tout tourne autour de lui. Il est devenu le type même du consommateur que les marques cherchent à séduire pour orienter le goût des adultes. On n’hésite même pas à  faire de ces chers petits, des  donneurs de leçon aux adultes pour vérifier qu’’ils  font correctement le tri de leurs ordures ou pour leur dire de ne pas téléphoner en voiture.

 Pourtant,      si l’enfant est roi dans les sociétés favorisées,   il ne l’est pas dans les sociétés   défavorisées si bien qu’à côté du monde des enfants rois, il y a aussi le monde des enfants victimes, et c’est à ce monde-là qu’appartenait Jésus.

 Il fallait cependant faire le point sur la situation de l’enfant dans nos sociétés post-modernes pour comprendre l’attitude de Jésus.  Il prend un enfant en exemple pour montrer le chemin que l’on doit suivre   si on veut devenir grand aux yeux de Dieu. Dans la société de Jésus l’enfant n’avait pas un sort enviable. Il  était le plus souvent considéré comme une charge. Il était  avant tout une bouche de plus à nourrir. On le faisait travailler très tôt pour un salaire inexistant, c’est ainsi qu’il fournissait une main d’œuvre peu coûteuse dont on avait tendance à abuser.  Victime de la mauvaise alimentation et de l’hygiène déficiente, beaucoup mouraient en bas âge. Sans doute l’enfant, était-il aimé par ses parents, mais il n’était pas choyé comme aujourd’hui. Les chagrins que causait la mortalité infantile poussaient les parents à ne pas trop s’attacher aux tout petits dont beaucoup ne survivaient pas à la petite enfance.

 C’est donc dans ce contexte que Jésus intervient en plaçant   un enfant devant   eux à titre d’exemple. On se demande alors en quoi un enfant aurait-il pu donner un exemple de grandeur ?   Un enfant n’avait pas d’instruction et   il n’avait aucun savoir. Une société faite seulement d’enfants aurait été vouée à une disparition certaine. On ne voit pas en quoi les enfants pourraient nous mettre sur le chemin de la sagesse spirituelle qui plairait à Dieu ?  Pourtant  c’est bien en s’appuyant sur la sagesse des enfants que Jésus a quelque chose à nous dire sur notre relation à Dieu.

 En fait les enfants ne sont pas des adultes en miniature. Ils ne pensent pas comme des adultes, ils ne réagissent pas non plus comme eux. Ils ont un comportement qui leur est propre. Ils ont en particulier une faculté d’émerveillement que n’ont pas les adultes. En contrepartie, les adultes ont le savoir et la science ou la sagesse dont ils font beaucoup de cas en matière spirituelle. Aujourd’hui, comme jadis à l’époque de Jésus, on donne un enseignement religieux aux enfants pour qu’ils puissent acquérir les notions élémentaires de la foi. Pour faire partie d’une communauté chrétienne, encore aujourd’hui, ne faut-il pas avoir franchi les étapes du catéchisme et avoir fait ses premiers pas comme catéchumène ?

 Des adultes dûment patentés sont chargés d’enseigner les enfants, ils sont à la fois des enseignants et des gardiens de la tradition. C’était la même situation à l’époque de Jésus. Il était nécessaire   de connaître les 613 articles de la Loi ou tout au moins les dix commandements qu’il fallait respecter, pour espérer communiquer avec Dieu et grandir dans la foi. C’est sur ce point que Jésus semble en désaccord avec nous et avec les adultes de son temps. Il semble contester le fait   que pour être un homme de foi il faille avoir acquis l’expérience   auprès de plus savant que soi.

 L’enfant, peut-être  plus que l’adulte, sait           observer ce qui se passe en lui. Il découvre très vite que son cœur est habité de pensées bonnes et de pensées mauvaises. Il sait aussi que des sentiments parcourent son âme. Il a un sens de la beauté, de la justice, de la droiture qui lui est propre, sans que les adultes comprennent ce qui se passe en lui.  Mais, sans doute l’enfant  ne sait pas mettre un nom sur l’origine de ces phénomènes, il ne sait pas que Dieu travaille en lui, mais il en constate les effets dans sa naïveté sans pour autant comprendre vraiment ce qu’il ressent.  Pourtant,  très vite les adultes interviennent   pour expliquer ces mystères et pour lui indiquer la bonne voie à suivre et l’enfant perd sa candeur et sa faculté d’émerveillement. Très vite ses parents puis ses enseignants vont lui apprendre à maîtriser le cours de sa vie intérieure, et ils vont lui enseigner en même temps tout ce qu’il faut savoir sur Dieu sur le péché sur la loi et l’enfant passe de la spontanéité   enfantine à la raison de l’adulte.

 L’enfant va   alors apprendre ce que les hommes savent depuis des siècles sur   Dieu, et c’est ainsi qu’il deviendra un   adulte bien élevé et un croyant honnête face à Dieu, croit-on.  Mais Jésus trouve que les choses vont trop vite et que l’on ne donne pas à cette naïveté le temps de faire son œuvre.

 Ainsi sans que les adultes, parents ou éducateurs s’en souviennent leur premier contact avec Dieu, à eux aussi,  s’est fait à partir d’expériences      de vie intérieure  qu’ils ont faites quand ils étaient enfants.  En ont-ils gardé le souvenir? De fait on leur a vite enseigné ce qu’ils devaient savoir sur le  vrai Dieu.

 Quelle que soit la façon dont les enfants entendent parler de Dieu par les adultes, cela   se passe   toujours de la même manière. Les adultes donnent une information sur Dieu sans se soucier des émotions   que  peut avoir eu le petit enfant dans sa vie intérieure.

 Jésus sait bien, quant à lui, que ce sont les expériences de la vie intérieure qui nous amèneront les uns et les autres à une connaissance personnelle de Dieu. Il invite donc ceux qui l’écoutent  à  faire une descente au fond d’eux-mêmes avec la même naïveté que le ferait un enfant qui ne sait pas encore s’exprimer et qui découvre que « ça » parle au fond de lui.

 Il nous invite donc à retrouver une spontanéité intérieure. Elle a été sans doute altérée par ce que l’éducation nous a apporté et qui a fait de Dieu une réalité extérieure à nous-mêmes, si bien que nous ne savons plus très bien entendre quand  Dieu  s’adresse  à nous au plus profond de notre âme. Jésus ne méprise pas pour autant l’enseignement   de la loi, il ne rejette pas la tradition rapportée par les ¨Pères, mais il dit aussi   que nous ne pouvons pas progresser dans la foi si nous n’essayons pas de converser avec Dieu dans notre intimité, là où personne ne peut nous accompagner ni venir avec nous.

 Si aujourd’hui beaucoup d’hommes se détournent de Dieu, c’est  sans doute parce qu’on leur a enseigné à se référer à un Dieu qui parle à l’extérieur d’eux-mêmes au travers des textes et des traditions et ils découvrent que      ce Dieu là n’est pas en adéquation avec le monde moderne. Ceux qui désespèrent de ne pas trouver dans le Dieu que prêchent les hommes, la voie de leur salut, la trouveront quand même s’ils essayent de retrouver un cœur d’enfant et  de  s’émerveiller          de  l’action de Dieu en écoutant ce qu’il leur dit  au plus profond de leur personne.

Jésus nous invite à dépasser les conventions de la religion, pour retrouver une vie intérieure  et tenter d’écouter Dieu qui a choisi l’humain pour en faire son interlocuteur. Il ne veut pas lui donner un message connu d’avance qui serait inscrit de tout temps dans les Ecritures, mais il veut l’inviter à un dialogue interne avec Dieu dont il découvre, bien évidemment la pertinence dans les Ecritures qui lui serviront désormais à éclairer le dialogue intérieure qu’il aura avec Dieu. 

Jésus et les enfants 4

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Marc 8/27-35 l’avenir de l’homme – dimanche 16 septembre 2018

Posté par jeanbesset le 12 septembre 2018

Marc  8/27 – 35

Jésus sortit avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippe. En chemin, il se mit à demander à ses disciples : Au dire des gens, qui suis-je ? 28 Ils lui dirent : Pour les uns, Jean le Baptiseur ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, l’un des prophètes. 29 Lui leur demandait : Et pour vous, qui suis-je ? Pierre lui dit : Toi, tu es le Christ. 30  Il les rabroua, pour qu’ils ne disent rien à personne à son sujet.

Jésus annonce sa mort et sa résurrection

31Il commença alors à leur apprendre qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué et qu’il se relève trois jours après. 32  Il disait cela ouvertement. Alors Pierre le prit à part et se mit à le rabrouer. 33  Mais lui se retourna, regarda ses disciples et rabroua Pierre : Va-t’en derrière moi, Satan ! lui dit-il. Tu ne penses pas comme Dieu, mais comme les humains. 

34 Puis il appela la foule avec ses disciples et leur dit : Si quelqu’un veut me suivre, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. 35 Car quiconque voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi  et  de la bonne nouvelle la sauvera

..Christ

 

La présence intelligente de l’homme sur cette terre favorise-t-elle la construction d’un avenir heureux pour l’humanité ou la précipite-t-elle vers un avenir chaotique qui mettrait en question jusqu’à l’équilibre de la planète ? Cette double question met les penseurs de ce temps en rivalité. Les uns plaident en faveur de la première hypothèse en mettant en avant tous les acquis sociaux qui président à la construction des sociétés modernes. Si on considère le progrès des Droits de l’homme, l’égalité des races et des sexes, l’abolition de la peine de mort on pourrait penser que la race humaine est en voie d’amélioration significative. Ces arguments plaident en faveur d’une sagesse inhérente à l’humanité qui présiderait à son évolution.

 Pour ceux qui s’opposent à cette hypothèse, les éléments qui laissent augurer un avenir sombre pour l’espèce humaine, pèsent plus lourds que les arguments en faveur d’un avenir heureux. Ils font état de l’incapacité de l’humanité à maîtriser tout ce qui s’oppose à une évolution harmonieuse de l’espèce. Ils s’appuient sur le fait qu’il semble impossible à l’homme de maîtriser sa production de gaz à effet de serre ou à limiter d’une manière significative le nombre des naissances, sans parler de la prolifération des armes à destruction massive de toute sorte. Tout en ayant la possibilité de nourrir tous les humains qui se meuvent sur cette planète, les hommes restent incapables de modifier le sort des 2 milliards d’individus qui ne mangent pas à leur faim et qui restent désespérément sous le seuil de la pauvreté. L’avenir, selon eux serait bien mal engagé.

 Curieusement la voix des penseurs qui se réclament de l’Evangile n’a pas une résonance particulière. Ils rejoignent l’un ou l’autre camp suivant que leurs penchants naturels les poussent à défendre une opinion plutôt que l’autre, si bien qu’on les trouve dans les deux camps.

 Certains, qui forment me semble-t-il une minorité, pensent cependant que Dieu interviendra d’une manière ou d’une autre. Pour les uns, il est impensable que Dieu laisse sombrer les hommes dans une folie autodestructrice. Ils affirment qu’il interviendra au dernier moment comme il le fit lors du déluge, sauvant par l’action de Noé l’humanité en voie de destruction. Pour d’autres qui se rangent dans une pensée plus élaborée, Dieu multiplie sans cesse les efforts pour que son dynamisme créateur mobilise assez d’individus pour que les hommes eux-mêmes s’unissent sur des projets novateurs qui permettraient une évolution harmonieuse où chacun trouverait son compte. On connaît aussi la pensée de ceux qui soutiennent des thèses millénaristes en vertu desquelles, c’est Dieu lui-même qui détruira l’humanité rebelle pour sauver le petit reste de ses fidèles qui respectent ses lois et ses préceptes.

 Toutes ces idées sont trop contradictoires et trop floues pour que l’on puisse définir une pensée vraiment chrétienne. Nous tenterons cependant d’interroger Jésus lui-même pour essayer de percer le mystère de sa pensée en la matière. Compte tenu de ce que nous venons de dire, nous pouvons nous attendre à quelques difficultés et à trouver peut-être des contradictions dans sa propre pensée.

 Il est vrai que Jésus a prophétisé la possibilité d’une catastrophe finale. Il a annoncé la fin de Jérusalem et pressenti ce que les historiens ont appelé la guerre des juifs. Il a prédit que l’abomination de la désolation pourrait entrer en œuvre, mais ce ne sera pas la fin s’est-il autorisé à dire. ( Mat. 26) Nous ne pouvons cependant passer sous silence les travaux des théologiens qui pensent que ses propos sur la catastrophe finale ont été placés dans la bouche de Jésus par les narrateurs de l’Evangile eux-mêmes quand ils ont écrit leurs récits après les événements catastrophiques de la Guerre des Juifs. Ils auraient ainsi rendu compte de la pensée de Jésus en utilisant ses propos, mais ils les auraient détournés de leur contexte originel pour les reproduire dans une actualité plus brûlante, si bien qu’on ne sait pas vraiment ce que Jésus lui-même pensait.

 On peut également faire la même analyse sur les propos de Paul qui , à un moment de sa vie a réellement pensé qu’une catastrophe finale allait se produire de son vivant ( Première ep. aux Thess) et à mesure que le temps passait, et l’événement ne se produisant pas, il aurait modifié sa pensée.

 Personne ne peut vraiment dire en s’appuyant sur les Ecritures quel sera l’avenir de l’humanité. Ce dernier constat ne va pas nous aider à répondre à la question que Jésus nous pose aujourd’hui et qui va nous mettre en cause en ce moment de l’année où nous reprenons nos activités : « Et vous qui dites-vous que je suis ? ».

 Bien entendu, nous savons la bonne réponse que donne Pierre et nous ne saurions en donner une autre : « Tu es le Christ ». Mais une telle réponse nous aide-t-elle à avancer ? En effet, si le mot Christ était revêtu d’un certain contenu pour Pierre, aujourd’hui, il est devenu un mot passe-partout qui accompagne le nom de Jésus comme si c’était un nom de famille, mais il ne résonne pas en nous comme une réponse qui serait chargée de vérité. Il va donc falloir que nous nous impliquions davantage.

 Au moment où se situe ce récit, Jésus se trouve en terre païenne, à Césarée de Philippe, dans un monde où il s’est rarement aventuré et où les vérités du judaïsme ne produisaient aucun écho. Le mot de Christ, faisant référence à une manifestation de Dieu, utilisé par Pierre n’y avait aucune valeur. C’est un peu la même situation que celle où nous nous trouvons en tant que chrétiens d’aujourd’hui. Le langage de la foi ne résonne pas de la même façon dans nos murs et hors de nos murs, et les termes religieux perdent une partie de leur signification, c’est pourquoi la réponse de Pierre pouvait paraître obsolète aux gens de cette contrée.

 Pour remettre les choses dans leur contexte, il faut considérer que la conversation de Jésus avec ses proches s’est déroulée dans leur langue commune, c’est à dire l’araméen et ce n’est pas le mot Christ que Pierre a utilisé mais le mot de Messahia, Messie qui était le titre des anciens rois d’Israël, il était aussi le titre que l’on donnait au Sauveur qui devait venir à la fin des temps. Certains pensaient, tels les Zélotes, que le Messie viendrait pour libérer Israël du joug de l’occupant romain. Cinquante ans plus tard, quand Marc écrit son Evangile les choses ont changé. La langue commune est devenue le grec, et biein que le mot « Christ » utilisé cette foi ait le même sens que celui de messie, les choses ont complètement changé. On n’attendait plus vraiment un « Sauveur » tant les événements politiques avaient modifié la donne: la guerre contre les romains et la séparation du monde juif d’avec le monde chrétien avaient changé leur vision du monde.

 Aujourd’hui, les traducteurs de nos Bibles se sont bien gardés de traduire ce mot dans notre langue. Ils nous en ont laissé le soin. C’est donc ce qu’il nous faut faire maintenant en sachant que notre contexte de vie n’est ni celui où vivait Jésus ni celui du moment de la transmission des textes.

 Qui donc est Jésus pour nous ? Il est important que dans une époque où l’on dit tout et son contraire sur Jésus que nous sachions nous situer par rapport à ce que nous croyons. Nous devons répondre clairement à la question qui va nous permettre de dire notre foi : Qui dites-vous que je suis ?

 Qui est Jésus pour moi ? Toutes les réponses ont déjà été envisagées par les apôtres avant nous : un prophète ou l’incarnation du plus grand d’entre eux : Elie, ou du dernier d’entre eux : Jean Baptiste. C’est ce que répètent les autres ! Mais Jésus insiste, mais vous, mais toi, qui dites-vous que je suis ?

 Si nous disons comme Pierre : « tu es le Christ », avec tout ce que nous savons sur le contenu de ce mot , cela veut donc dire que sa parole est porteuse de vie et d’avenir. Cela veut dire qu’en nous référant à lui, nous donnons à Dieu un visage qui est le sien. Cela veut dire que nous sommes habités par lui et que c’est lui qui construit nos projets.

 Nous rejoignons alors les propos que nous formulions sur l’avenir du monde. En effet, si aujourd’hui, nous croyons que nous sommes habités par Dieu grâce à la personne de Jésus, notre avenir est aussi habité par lui. C’est avec cette conviction que nous aborderons les problèmes posés à l’humanité, en sachant que Dieu ne peut habiter que des projets qui sont porteurs de vie et qu’il est contraire à sa nature de Dieu de se servir des forces du mal pour accomplir ses projets. Au contraire, Dieu ne peut inspirer que des projets de vie et l’avenir que nous construisons avec lui ne peut que porter les marques de son éternité.

 Dieu inspire donc des projets tels que si on les suit, l’humanité pourra évoluer harmonieusement. Elle ne pourra que se trouver mieux si les hommes les réalisent. La question sur la qualité des hommes qui les mettront en œuvre reste cependant ouverte. Dans la liberté qu’il accorde aux hommes,  Dieu ne peut faire plus que de les inciter à aller de l’avant selon ses principes de vie. A nous d’agir de telle sorte pour qu’il en soit ainsi et que par notre témoignage nos contemporains acceptent  de se laisser inspirer par lui.

Christ 2

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Esaïe 35/4-7 – l’exil – dimanche 9 sepembre 2018

Posté par jeanbesset le 4 septembre 2018

 

 

1Le désert et le pays desséché s’égayeront ;

la plaine aride tressaillira d’allégresse et fleurira comme le narcisse 

   ;

2 elle se couvrira de fleurs et tressaillira

avec chants d’allégresse et cris de joie ;

la gloire du Liban lui sera donnée,

la magnificence du Carmel et de la plaine côtière.

Ils verront la gloire du SEIGNEUR,

la magnificence de notre Dieu.

 

3 Rendez fortes les mains faibles,

affermissez les genoux qui font trébucher ;

 

4 dites à ceux dont le cœur palpite :

Soyez forts, n’ayez pas peur :

il est là, votre Dieu !

La vengeance viendra,

la rétribution de Dieu ;

il viendra lui-même vous sauver.

 

5 Alors les yeux des aveugles seront dessillés,

les oreilles des sourds s’ouvriront ;

 

6 alors le boiteux sautera comme un cerf,

et la langue du muet poussera des cris de joie.

Car de l’eau jaillira dans le désert,

des torrents dans la plaine aride.

 

7 Le lieu torride se changera en étang

et la terre de la soif en fontaines ;

dans le domaine où se couchaient les chacals,

il y aura place pour les roseaux et les joncs.

 

8 Il y aura là un chemin frayé, une voie ;

on l’appellera « Voie sacrée ».

L’impur n’y passera pas ;

elle sera pour ceux qui la suivront,

et les imbéciles ne s’y égareront pas ;

 

9 là il n’y aura pas de lion ;

les animaux voraces n’y viendront pas,

on ne les y trouvera pas ;

là marcheront des gens rédimés ;

 

10 ainsi ceux que le SEIGNEUR a libérés reviendront.

Ils arriveront à Sion avec des cris de joie,

une joie perpétuelle couronnera leur tête ;

la gaieté et la joie viendront à leur rencontre,

le chagrin et les gémissements s’enfuiront.

en marche 2 

Après cinquante ans d’exil, il était temps que les choses changent et  que Dieu accomplisse enfin ses promesses. Les exilés espéraient une justice réparatrice pour leur peuple. Ils espéraient que Dieu les vengeraient de la destruction de leur pays et de leur temple. Ils continuaient à croire en la promesse des prophètes selon laquelle « un reste devait revenir « (Esaïe 10/21) telle semblait être l’opinion la plus répandue parmi les plus religieux d’entre eux. Malgré la dureté de la situation, un certain nombre d’entre eux avaient prospéré et avaient organisé leur existence sans songer au retour. Ils avaient organisé leur vie religieuse d’une autre façon et s’en portaient bien, puisqu’ils avaient établi des  lieux de réflexion de  culture juive d’où naîtra bien plus tard, le Talmud de Babylone.

Ceux qui espéraient un retour possible prêtaient attention aux événements politiques du moment.  Le conflit avec les Perses et la venue au pouvoir de Cyrus, leur permettaient d’espérer l’annonce du retour. Mais avec le temps, les hommes avaient changé. Ils  s’étaient habitué à célébrer leur culte autrement, sans temple ni prêtres. Dieu lui-même avait changé de visage au cours de ces années et les mots que l’on utilisait pour parler de lui n’avaient  parfois plus le même sens. Ce fut notamment le cas du mot vengeance.

La notion de vengeance qui est mentionnée  dans ce texte ne signifiait plus un retour en force dans les lieux jadis occupés par leurs ancêtres. Elle ne signifiait plus l’anéantissement de l’adversaire selon une justice que les textes de Moïse leur avaient enseigné. La vengeance était perçue désormais comme le rétablissement de  la norme de vie pour  tout ce qui n’y entrait pas. Les aveugles se mettraient à y voir clair, les muets retrouveraient la parole et les sourds le sens de l’ouïe. Le désert serait  arrosé et le culte à l’Eternel serait caractérisé par les chants célébrant  la gloire de Dieu.

La description des jours nouveaux ne comprend donc plus de violence contre personne. Dieu lui-même prend un visage différent de ce que la tradition avait retenu de lui. Il se caractérisait désormais par sa volonté  de rendre aux hommes leur dignité perdue et de rendre à la nature sa fonction de terre habitable pour tous, c’est pourquoi le prophète envisage que les bêtes sauvages deviennent dociles et  que les sources jaillissent dans le désert. Dieu se faisait  le partenaire des hommes et de la nature pour un bonheur généralisé.

Certes, tous avaient du mal à accepter ce nouvel aspect de Dieu. Cela n’était sans doute pas nouveau, mais on l’avait jusque-là ignoré. En fait, les prophètes accablés par les malheurs des peuples provoqués par l’exil, cherchaient à se situer  par rapport à Dieu et c’est cet aspect du divin qui prit désormais le dessus, celui qui consiste à accompagner les hommes et  à faire corps avec eux quand les difficultés les assaillaient.

Si Dieu lui-même faisait cause commune avec les hommes en difficultés, il ne pouvait plus être perçu comme le responsable de leurs malheurs et faire peser sur eux un châtiment quelconque. Ce Dieu qui devenait partenaire des hommes et qui créait l’espérance là où elle tendait à faire défaut mettra encore longtemps à s’imposer pour être compris par les hommes. Il faudra attendre  la mort de son plus fidèle défenseur, Jésus le Christ pour que ce nouveau visage de Dieu caché jusqu’alors et s’impose aux hommes. Et même après la mort du Christ combien de croyants chercheront encore en lui le Dieu du jugement qui impose aux hommes la rigueur de sa vengeance.

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Marc 7/1-23 les choix qui coûtent – 2 sepembre 2018

Posté par jeanbesset le 29 août 2018

Marc 7 :1-23: les choix de vie qui coûtent . dimanche  2 septembre 2018

7 1 Les Pharisiens et quelques maîtres de la loi venus de Jérusalem s’assemblèrent autour de Jésus. 2 Ils remarquèrent que certains de ses disciples prenaient leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire sans les avoir lavées selon la coutume. 3 En effet, les Pharisiens et tous les autres Juifs respectent les règles transmises par leurs ancêtres : ils ne mangent pas sans s’être lavé les mains avec soin b 4 et quand ils reviennent du marché, ils ne mangent pas avant de s’être purifiés. Ils respectent beaucoup d’autres règles traditionnelles, telles que la bonne manière de laver les coupes, les pots, les marmites de cuivre [et les lits] c .

5 Les Pharisiens et les maîtres de la loi demandèrent donc à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas les règles transmises par nos ancêtres, mais prennent-ils leur repas avec des mains impures ? » 6 Jésus leur répondit : « Ésaïe avait bien raison lorsqu’il prophétisait à votre sujet ! Vous êtes des hypocrites, ainsi qu’il l’écrivait :

«Ce peuple, dit Dieu, m’honore en paroles, mais de cœur il est loin de moi.
7 Le culte que ces gens me rendent est sans valeur car les doctrines qu’ils enseignent
ne sont que des prescriptions humaines.»

8 Vous laissez de côté les commandements de Dieu, dit Jésus, pour respecter les règles transmises par les hommes. »

9 Puis il ajouta : « Vous savez fort bien rejeter le commandement de Dieu pour vous en tenir à votre propre tradition ! 10 Moïse a dit en effet : «Respecte ton père et ta mère», et aussi «Celui qui maudit son père ou sa mère doit être mis à mort e .» 11 Mais vous, vous enseignez que si un homme déclare à son père ou à sa mère : «Ce que je pourrais te donner pour t’aider est Corban  f » — c’est-à-dire «offrande réservée à Dieu» —, 12 il n’a plus besoin de rien faire pour son père ou sa mère, vous le lui permettez. 13 De cette façon, vous annulez l’exigence de la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables. »

14 Puis Jésus appela de nouveau la foule et dit : « Écoutez-moi, vous tous, et comprenez ceci : 15 Rien de ce qui entre du dehors en l’homme ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui le rend impur.

17 Quand Jésus eut quitté la foule et fut rentré à la maison, ses disciples lui demandèrent le sens de cette image. 18 Et il leur dit : « Êtes-vous donc, vous aussi, sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui entre du dehors en l’homme ne peut le rendre impur, 19 car cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, et sort ensuite de son corps ? » Par ces paroles, Jésus déclarait donc que tous les aliments peuvent être mangés h . 20 Et il dit encore : « C’est ce qui sort de l’homme qui le rend impur. 21 Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que viennent les mauvaises pensées qui le poussent à vivre dans l’immoralité, à voler, tuer, 22 commettre l’adultère, vouloir ce qui est aux autres, agir méchamment, tromper, vivre dans le désordre, être jaloux, dire du mal des autres, être orgueilleux et insensé. 23 Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans de l’homme et le rendent impur. »

 culpabilité 2

 

On nous a élevé dans le sentiment que nous  avons une part de responsabilité  dans  la plupart des maux qui nous accablent, si bien que nous ressentons comme  un sentiment de culpabilité qui pèse sur nous sans que nous en sachions l’origine. Qui pourra aider l’homme à se libérer de cet environnement culpabilisant où il se trouve ? La tradition chrétienne fait remonter ce sentiment  aux origines des Ecritures quand Adam et Eve tentés par le serpent se mirent d’accord pour tromper Dieu et consommer une pomme restée célèbre.  Depuis la tradition en a rajouté, la Réforme en a remis une couche, si bien que cet univers de la faute continue à peser sur nous.

 Devant un incident quel qu’il soit, notre premier réflexe est souvent de dire : «  ce n’est pas moi qui l’ait fait ou ce n’est pas de ma faute ». Le texte  de ce jour nous provoque justement sur cette question, et c’est Jésus qui semble avoir tort. En effet, qui osera dire aujourd’hui à un enfant  de ne pas se laver les mains avant de passer à table ? Les lois de la tradition juive étaient certainement bonnes sur le plan de l’hygiène, mais on en   avait fait des règles de morale selon laquelle, on offensait Dieu si on ne se lavait pas les mains avant de manger. Jésus en essayant de corriger le mauvais usage moral de cet enseignement, nous met mal à l’aise et il affirme  que ce n’est pas un péché que de manquer aux règles élémentaires de l’hygiène. En ce sens il a raison.

Ce qui met Jésus en porte à faux dans cette histoire, c’est que nous savons que les microbes viennent de l’extérieur de nous et font entrer en nous les germes des maladies qui pourraient causer notre mort, si bien que l’on a du mal à entendre cet enseignement  de Jésus  qui affirme que  rien de ce qui vient de l’extérieur ne peut souiller l’homme, et que c’est ce qui est à l’intérieur de lui qui le rend impur.  Il va donc nous  falloir  solliciter notre intelligence pour bien comprendre les choses.

Tout le monde sait  que les microbes s’introduisent en nous par des mains mal lavées et que l’hygiène nous protège contre les maladies. Cela ne peut aujourd’hui être mis en cause par personne. Jésus dans le contexte actuel n’aurait pas pu dire les choses comme il les a dites car il ne pouvait  pas savoir la nocivité des microbes. On ne peut donc pas dire, comme je l’ai fait, que Jésus avait  tort. Pourtant il avait raison de dire que c’est au fond de notre cœur que naissent toutes sortes de sentiments  mauvais tels les sentiments de jalousie et de rivalité. Sur ce point il avait raison. C’est au fond de notre être que l’arrogance et l’instinct de domination prennent naissance. C’est en suivant nos instincts, bien cachés au fond de nous-mêmes que nous pourrissons la vie des autres, et Jésus cherche à nous en préserver.

Nous sommes donc cernés par deux causes de mal : la première c’est celle qui nous vient de la nature et qui fait pénétrer en nous toutes sortes de pollutions. La tradition juive l’avait fort bien repéré, sans en savoir les causes profondes. L’autre cause de mal qui pèse sur nous est portée par  nos sentiments  intérieurs qui décident de nos attitudes hostiles à l’égard d’autrui. Nous n’avons pas évidemment à choisir entre  les deux. Jésus suggère cependant que la source du mal la plus nocive n’est pas celle que l’on croit.

Bien entendu, nous savons que la nature porte en elle toutes sortes de causes qui pourraient entraîner notre mort, pourtant au cours des siècles l’humanité a  su éradiquer la plupart des causes de mort qui avaient la nature pour origine tels la peste, le choléra, la tuberculose. Pour la malaria ont tend à y remédier en en assainissant les marais  et les lieux pollués, mais la tâche est immense. Ces jours-ci on nous  rend attentifs  aux méfaits  qu’entraine la non vaccination de la rougeole. Si les hommes ont une responsabilité dans cette affaire, c’est  la médecine qui se charge de  faire  le reste. La nature serait  donc innocente et la nocivité qui est en elle  est surmontable  et n’a rien à voir avec Dieu. Jésus avait donc raison.

Aujourd’hui, la nature est redevenue nocive. C’est de la pollution d’origine  humaine qu’elle souffre. Elle porte en elle les marques  du péché des hommes. Ce sont la pollution à l’amiante, les  gaz à effet de serre, les  manipulations génétiques  qu’il faut dénoncer et qui sont cause de nouvelles maladies que la cupidité humaine a répandues en abondance.

Ainsi, si  la première cause  de nuisance pour l’homme qui semblait venir de la nature  a été éradiquée et si la nature aujourd’hui est à nouveau cause de nuisance pour l’homme, c’est l’homme lui-même  qui en est responsable. Si  Jésus semblait avoir  tort sur la critique de l’hygiène, la vie moderne lui donne à nouveau tort.  Le cœur de l’homme,  porteur de tant de nuisances a finalement  réussi à s’emparer de  la nature et à  la rendre  nocive pour l’homme sans que l’hygiène soit en cause.

Comment se fait-il que l’homme malgré sa grande intelligence ne se soit pas aperçu du problème et n’ait pas évité de tomber dans son propre piège ? Naturellement  nous trouverons  toujours une réponse qui nous déculpabilisera personnellement  car aucun d’entre nous, n’est directement en cause, ce qui sera une bonne excuse. Si ce n’est pas de notre faute, ce serait donc la faute de la nature  incapable de s’adapter aux conditions que la vie moderne nous impose. La culpabilité en incomberait donc à Dieu  qui aurait créé  les choses ainsi. Nous rejetterions ainsi facilement  notre propre responsabilité sur Dieu. C’est l’argument qu’Adam aurait pu utiliser dans le jardin d’Eden, mais qu’il n’a pas eu  l’outrecuidance de le faire.  Pourtant  c’est bien encore cet argument qu’utilisent les ados par exemple, quand ils reprochent à leurs parents de les avoir fait comme ils sont et de  les avoir éduqués comme cela. «  Ce n’est pas de ma faute ! dira-t-on car je ne suis pas maître des circonstances qui m’ont amenés à faire tel acte. 

Mais ces arguments tiennent mal.  Dieu se refuse à endosser les responsabilités qui sont les nôtres. S’il  a déposé quelque chose en nous, c’est la liberté que nous avons de choisir le bon ou le mauvais chemin  et  d’agir de telle sorte que les hommes profitent du bon côté de nos actions. C’est  donc notre liberté  qui nous amène à choisir  ce qui nous avantage personnellement au détriment de ce qui pourrait être utile à la collectivité et nous sommes les seuls à être responsables de ce déséquilibre injuste.

Il nous faut maintenant entendre la voix de Dieu relayée par l’enseignement de Jésus qui nous dit que la seule manière de participer à une évolution harmonieuse de la société et de la nature c’est d’agir de telle sorte que le mal perde du terrain. Il s’agit de dominer les instincts qui visent à nous favoriser personnellement au détriment des  autres.

C’est simple, et pourtant ça ne marche pas. Pour y arriver, il faut que l’Esprit qui agissait en Jésus nous travaille  de l’intérieur et nous révèle tous les aspects pervers de notre cœur afin que nous changions d’attitude et que l’amour du prochain prenne  lentement le pas sur  notre égoïsme.

Dieu ne nous laisse pas démunis face à cette situation, il met tout en œuvre  pour que nous valorisions ce principe d’altruisme   qui nous permettra de changer le cours des choses. Il a fait de nous des êtres inventifs et intelligents capables de réaliser des  systèmes performants  pour  remédier à toutes  les situations   où l’humanité aurait à souffrir d’événements hostiles. Jésus  savait que cela était possible, c’est ainsi qu’il envisageait   de construire ce qu’il appelait son  Royaume.

Si malgré nos efforts, nous manquons notre objectif, et si le but visé n’est pas atteint, si des éléments que nous ne sommes pas arrivés à contrôler se sont mis en travers et  ont fait échouer nos  projets, c’est que quelque part, nous avons  cédé à la facilité et  que nous nous sommes laissés séduire par les avantages personnels qui nous ont amenés à léser l’intérêt de notre prochain. 

Si nous avons manqué la cible, c’est que nous  avons succombé au péché. Le péché  consiste à manquer notre objectif parce que nous avons regardé ailleurs que le but recherché. La définition même du péché c’est justement  de manquer la cible.

Le but de notre vie, tel que l’intimité avec Dieu nous la fait découvrir  est d’améliorer la vie de nos semblables. Le résultat est atteint  quand  une telle réalité est constatée par ceux qui vivent autour de nous et qui reconnaissent que Dieu nous habite.  Cela devrait leur donner envie de nous imiter  et de mettre toute leur énergie à écouter la voix de Dieu qui résonne aussi en eux pour les inviter à mettre en pratique ce qu’ils entendent de lui.

Culpabilité

Tout cela exige que nous fassions un effort sur nous-mêmes pour que les principes d’altruisme prennent le pas sur les autres. Dieu nous a révélé ces principes, Jésus les a mis en pratique  et il en est mort. S’il nous laisse maintenant son Esprit pour nous stimuler, il ne nous épargne pas les efforts nécessaires pour arriver au succès. Nous trouvons  les encouragements de Dieu dans la prière, elle nous permet d’avancer, mais elle ne nous dispense  pas de l’effort nécessaire pour y arriver.

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Josuué 24/1-18 Quel Dieu voulons-nous suivre? dimanche 26 août 2018

Posté par jeanbesset le 15 août 2018

 

1 Josué rassembla toutes les tribus d’Israël à Sichem ; il convoqua les anciens d’Israël, ses chefs, ses juges et ses secrétaires ; ils se tinrent debout devant Dieu. 2 Josué dit à tout le peuple : Ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu d’Israël : Vos pères, Térah, père d’Abraham et père de Nahor, habitaient autrefois de l’autre côté du Fleuve et ils servaient d’autres dieux. 3 J’ai pris Abraham, votre père, de l’autre côté du Fleuve et je lui ai fait parcourir tout Canaan ; j’ai multiplié sa descendance et je lui ai donné Isaac. 4J’ai donné à Isaac Jacob et Esaü. J’ai donné en possession à Esaü la région montagneuse de Séir, mais Jacob et ses fils sont descendus en Egypte. 5 J’ai envoyé Moïse et Aaron, et j’ai frappé l’Egypte par les fléaux que j’ai produits en son sein ; puis je vous en ai fait sortir. 6 J’ai fait sortir vos pères de l’Egypte, et vous êtes arrivés à la mer. Les Egyptiens ont poursuivi vos pères à la mer des Joncs, avec des chars et leurs attelages. 7 Quand ils ont crié vers le SEIGNEUR, il a mis des ténèbres entre vous et les Egyptiens ; il a ramené sur eux la mer, et elle les a recouverts. Vos yeux ont vu ce que j’ai fait contre l’Egypte. Et vous avez habité longtemps dans le désert. 8 Je vous ai conduits au pays des Amorites qui habitaient en Transjordanie, et ils vous ont fait la guerre. Je vous les ai livrés, vous avez pris possession de leur pays et je les ai détruits devant vous. 9 Balaq, fils de Tsippor, roi de Moab, a fait la guerre à Israël. Il a fait appeler Balaam, fils de Béor, pour vous maudire. 10 Mais je n’ai pas voulu écouter Balaam ; c’est une bénédiction qu’il a prononcée sur vous, et je vous ai délivrés de sa main. 11 Vous avez passé le Jourdain et vous êtes arrivés à Jéricho. Les maîtres de Jéricho vous ont fait la guerre — les Amorites, les Perizzites, les Cananéens, les Hittites, les Guirgashites, les Hivvites et les Jébusites. Je vous les ai livrés 12 et j’ai envoyé en avant de vous les frelons, qui les ont chassés devant vous (ces deux rois des Amorites) . Ce n’était ni par ton épée, ni par ton arc. 13 Je vous ai donné un pays pour lequel vous ne vous étiez pas fatigués, des villes que vous habitez sans les avoir bâties, des vignes et des oliviers dont vous vous nourrissez sans les avoir plantés.  

14 Maintenant, craignez le SEIGNEUR et servez-le avec intégrité et loyauté. Supprimez les dieux qu’ont servis vos pères, de l’autre côté du Fleuve et en Egypte, et servez le SEIGNEUR (YHWH) . 15 Mais s’il ne vous plaît pas de servir le SEIGNEUR (YHWH), choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir : ou les dieux que vos pères servaient de l’autre côté du Fleuve, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et ma maison, nous servirons le SEIGNEUR (YHWH) !  

16 Le peuple répondit : Jamais nous n’abandonnerons le SEIGNEUR (YHWH) pour servir d’autres dieux ! 17 Car le SEIGNEUR (YHWH) est notre Dieu ; c’est lui qui nous a fait monter de l’Egypte, de la maison des esclaves, nous et nos pères ; c’est lui qui a produit sous nos yeux ces grands signes et qui nous a gardés tout au long de la route que nous avons suivie et face à tous les peuples parmi lesquels nous sommes passés. 18 C’est le SEIGNEUR (YHWH) qui a chassé devant nous tous les peuples, les Amorites qui habitaient ce pays. Nous aussi, nous servirons le SEIGNEUR (YHWH), car c’est lui qui est notre Dieu

Sichem

.

Le Livre de Josué est un livre de la Bible particulièrement intéressant car il est aujourd’hui beaucoup critiqué par beaucoup de théologiens et d’historiens. Il est  sans doute celui qui a été le plus malmené par les archéologues car les récits qu’il rapporte ne sont pas confirmés par leurs découvertes.  Heureusement qu’il ne fait pas partie des cinq rouleaux de la Tora qui le précèdent et qui sont considérés comme les livres les plus vénérables de la Bible. On peut donc aborder le livre de Josué avec un peu moins  de scrupule que les autres. Il n’empêche qu’il soulève des énigmes qui ne sont  encore qu’imparfaitement résolues aujourd’hui.   Le simple fait de découvrir que les récits de violence qu’il rapporte ne sont pas fondés historiquement nous rassure sur la nature de ce Dieu qui les aurait ordonnés.

C’est en fait  ce Dieu là qui va maintenant retenir notre attention.  Le récit qui nous intéresse se situe au moment où le peuple ayant achevé son long périple dans le désert se trouve en situation de vérité par rapport à lui, et ce passage  nous interroge sur la nature de ce Dieu qui a accompagné ce peuple à travers les périples de la traversée du désert depuis sa sortie d’Egypte. Nous nous demandons s’il est  vraiment le même que celui auquel nous croyons et que Jésus nous a révélé

La lecture habituelle que nous faisons de ces récits nous donne l’impression que c’est un Dieu omniscient qui prend toutes les décisions, qui entraine  les hommes à sa suite et qui  décide de ce qui est bien et bon pour son peuple à qui il indique le bon chemin à suivre.  Par la bouche de Moïse d’abord, puis par  celle de Josué, ensuite Dieu communiquait ses décisions concernant les routes à suivre et les moments de repos. Mais ce peuple au cou raide avait tendance à se rebeller et Dieu devait sévèrement le remettre  dans le droit chemin. Devant ce manque de confiance qu’on lui opposait, Dieu décidait des châtiments à infliger aux coupables. En fait le peuple devait marcher et obéir sans rechigner. C’était là le prix de sa liberté. L’empreinte de ce Dieu qui sait mieux que nous ce qui est bon pour nous, a laissé des traces durables  dans  notre sensibilité et beaucoup considèrent  encore que c’est là un des aspects de Dieu que nous ne devrions pas ignorer.

Bien que notre connaissance de Dieu se soit affinée depuis  cette époque et malgré le message des prophètes, malgré la fantastique révolution spirituelle apportée par Jésus, qui nous a révélé son amour, cette image de Dieu continue à nous habiter. Nous cherchons encore à  repérer en lui ce qu’il a décidé de bon pour nous et comment il souhaite orienter notre vie et  nous continuons à redouter ses colères. Combien de croyants, oubliant la force du pardon apporté par Jésus Christ considèrent que les  échecs de leur vie portent en eux la trace d’un jugement sévère de Dieu à leur égard. « Qu’ai-je fait au bon Dieu pour qu’il m’arrive  ceci ou cela ? »  s‘interroge-t-on.  Le Dieu sévère et omni scient du temps de Josué n’est donc pas complètement oublié.

Malgré le coup fatal que Jésus a porté à cette image d’un Dieu autoritaire qui déciderait de tout à notre sujet,  cette image subsiste encore. C’est pourtant dans  ce chapitre 24 du livre de Josué que le premier coup  a été  porté à ce Dieu qui ne s’impose plus désormais comme un maître absolu, mais qui se laisse choisir par les hommes qu’il se propose de guider sur le chemin de leur vie.

Dans ce passage, la voix de Dieu se confond avec celle de Josué. Il demande  aux hommes de faire un choix à son sujet.  Une nouvelle tranche de vie s’ouvre devant eux et il leur offre la liberté de choisir qui les accompagnera et comment il les accompagnera si  c’est lui qui doit les accompagner. Il leur  offre alors  un portrait de lui-même  qui ne correspond pas à ce que nous en avons dit jusqu’à maintenant. Il n’est plus le Dieu qui décide, mais qui s’offre à eux. En leur proposant ce choix  il se présente lui-même dans un portrait qui fait contraste avec les autres possibilités qui s’offrent à eux.

Il n’est pas comme les dieux de leurs ancêtres que vénéraient les parents d’Abraham. Ils  présentaient un aspect sécurisant lié à la tradition et aux coutumes de la terre. La vénération qu’on leur rendait  établissait comme un pacte rassurant entre eux et le pays où ils habitaient. A l’opposé,   Lui le Dieu qui s’est révélé à Abraham se présente comme celui qui bouscule les traditions et qui fait de l’aventure le mode de vie qu’il propose aux patriarches. Il a accompagné Abraham et sa tribu au travers du désert sans le laisser  se sédentariser sur une terre. Il a supporté avec lui la malédiction que subissait Sarah à cause de sa stérilité. Il a été à leur côté pour affronter avec eux la fatalité de leur destin et assumer avec eux le poids de leurs erreurs. Le Dieu qui maintenant s’offre à eux ne leur invente pas un avenir  mais, comme il le fit pour Abraham il se propose de les accompagner pour construire avec eux un destin qui sera le leur.

Dans ce long résumé que le texte fait de leur passé  il leur est dit que Dieu a toujours été du côté de l’aventure, ce qui n’est pas forcément très rassurant !  Il les a entraîné à travers les déserts sans eau, et leur a fait traverser le Jourdain vers une terre inconnue que l’on disait habitée par des géants. Mais il a toujours été là à leurs côtés quand Jéricho leur opposait des murs infranchissables. Le Dieu qui s’offre à eux maintenant est le Dieu qui fait vivre. Il n’est pas celui qui crée artificiellement des obstacles pour les en délivrer, mais il est celui qui les remplit de force et d’espérance et qui les pousse vers l’avant.

Si  leur espérance vient à faiblir  et qu’ils redoutent l’avenir, il leur enseigne qu’il est déjà dans l’avenir et que l’avenir se réalisera s’ils le suivent dans l’aventure. Certes, j’ai ici moi-même employé un autre ton pour raconter cette même histoire que celui qui était  dans le texte, mais je ne crois pas avoir modifié les traits que  ce récit voulait donner à Dieu. Il ébauchait  déjà les contours du visage de  ce Dieu que Jésus nous précisera beaucoup plus tard, d’une manière plus distincte et moins confuse, mais qui se profilait déjà à l’origine de la révélation.

Le Dieu qui s’offre à leur choix, et qui s’offre au nôtre ne s’impose pas, car il n’a pas qualité de le faire. Il offre simplement le dynamisme nécessaire et  la volonté de vivre qu’il porte en lui. Nous verrons plus tard que ces qualités  se confondent avec l’amour qu’il nous réserve. Dieu en s’offrant à notre choix nous apprend à découvrir que notre vie ne peut s’accomplir que si nous choisissons l’espérance qu’il nous offre.

Sans doute les hommes mettront-ils beaucoup de temps à découvrir le Dieu qui se donne à eux alors que c’est un autre qu’ils cherchent, mais Dieu est patient et se laisse toujours trouver.

 

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Jean 6:41-51 le pain qui descend du ciel, dimanche 12 août 2018

Posté par jeanbesset le 7 août 2018

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41 Les Juifs maugréaient à son sujet, parce qu’il avait dit : C’est moi qui suis le pain descendu du ciel. 42 Ils disaient : N’est-ce pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous, nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : « Je suis descendu du ciel ! »
43 Jésus leur répondit : Ne maugréez pas entre vous. 44 Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le relèverai au dernier jour. 45 Il est écrit dans les Prophètes : Ils seront tous instruits de Dieu. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. 46 Non pas que quelqu’un ait vu le Père, sinon celui qui est issu de Dieu ; lui a vu le Père.
47 Amen, amen, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle. 48 C’est moi qui suis le pain de la vie. 49 Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. 50 Le pain que voici, c’est celui qui descend du ciel, pour que celui qui en mange ne meure pas. 51 C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours ; et le pain que, moi, je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde.

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Les pauvres du temps de Jésus, comme beaucoup de frustrés de tous les temps ont fondé leur espérance sur le fait qu’une vie meilleure les attend dans l’au-delà où ils auront du pain à satiété .Mais  pourquoi le pain de l’espérance reste-t-il au ciel ? Pourquoi faut-il mourir de faim pour espérer en profiter après sa mort ? Pourquoi ce pain ne pourrait-il pas devenir accessible, à ceux qui le revendiquent, avant que la mort le leur offre généreusement dans un ciel qui reste  encore inaccessible. Peut-on défier Dieu et s’approprier maintenant ce qu’il nous destine pour plus tard ? C’est cette question, bien que non formulée dans  le texte de l’Evangile de Jean qui semble être cependant présente d’une  manière incisive dans la pensée que Jésus exprime ici ?
 
Le monde mal partagé entre riches et pauvres a toujours posé question. Cette question qui n’a jamais été solutionnée nous interroge sur l’existence même de Dieu.  Il y a des gens qui prétendent ne pas croire en Dieu. Il y en a d’autres qui affirment le contraire. Ces deux opinions  contradictoires ne sont pas forcément si éloignées l’une de l’autre, car elles répondent  à des convictions intérieures qui ne sont basées  que sur une simple impression. Certains ont parfois fait des expériences spirituelles qui les confortent dans leur position sur Dieu. Ceux qui prétendent ne pas croire, appuient leur  opinion  sur des expériences négatives où Dieu, selon eux,  n’aurait pas répondu à leur attente. D’autres enfin appuient leur conviction  sur le fait que  l’idée du vide métaphysique leur est insupportable. D’autres enfin ont recours à la logique pour dire que la foi en Dieu n’est pas rationnelle   
Il est vrai que la contemplation de notre monde a quelque chose de déconcertant. Chacun essaye  de se rallier à un raisonnement  qui l’amènerait  à voir de la cohérence  dans sa situation personnelle et d’y inclure la présence de Dieu ou de la rejeter. Celui qui est né sous une bonne étoile dans un milieu favorisé et dans une famille sans problème prétendra  qu’il n’y est pour rien, qu’il bénéficie d’une grâce imméritée  qui ne peut relever que de Dieu ou du hasard.  Il en profite donc avec bonne conscience.  Il  considère qu’il relève de son bon droit  s’il vit agréablement en consommant tout ce que son statut de privilégié lui permet, puisque c’est le hasard, ou la divine providence qui l’ont voulu ainsi.
 A l’opposé celui qui est né sous une mauvaise étoile, dans un milieu défavorisé prétend qu’il est  aussi  dans  son bon droit de se plaindre, de penser que sa situation est injuste  et d’exiger  que la société se réorganise autrement. Il peut même en  appeler à la justice divine pour justifier  ses revendications. Dieu n-a-t-il pas  libéré les Hébreux  à cause de l’injustice qui leur était fait en Egypte.   Pour l’un  comme  pour l’autre il est de son bon droit de justifier le bien-fondé de sa situation : accepter avec reconnaissance pour l’un, protester avec véhémence pour l’autre.  Il range Dieu, s’il croit en lui dans le camp des défenseurs de l’opinion qui est la sienne.  
On peut se demander en quoi Dieu serait en cause  puisque c’est en son nom  que  certains justifient leurs privilèges et en son nom aussi que d’autres se croient invités  à la révolte. En attendant, les famines se poursuivent, les inondations  font des ravages, et la sécheresse continue à tuer le bétail et à faire des victimes parmi les populations assoiffées sans  que ceux qui ne subissent pas un tel sort ne changent  en quoi que ce soit à leur style de vie, à part exception.
Depuis bien longtemps, ceux qui croient tenir de Dieu  leur situation favorable ont élaboré des doctrines  qui  invitent  les moins favorisés  à adhérer à une théologie de l’espérance en vertu de laquelle c’est au ciel, à l’issue de leur parcours terrestre qu’ils trouveront un compensation à leur mauvais sort et que le pain  leur y sera donné en abondance. C’est ainsi, toutes doctrines confondues que  le monde des croyants enfermé dans cette logique implacable  croit devoir  subsister  jusqu’à la consommation des siècles. La doctrine la meilleure serait pour eux celle de la conversion.
Pour les croyants que nous sommes,  Jésus en parlant du pain descendu du ciel avait dans l’idée de nous parler du pain de la sainte Cène. Qui est un pain  spirituel dont Dieu fera profiter dès maintenant ceux qui croient en lui et qui mettent leur espérance dans la parole de Jésus. Mais Jésus  ne se contente pas de lui donner une valeur spirituelle. Il lui donne une valeur matérielle qu’il concrétise dans le dernier repas partagé avec ses disciples. 
Pour le partager à notre tour,  nous nous rassemblons en communauté   où tous partagent à part égale  le pain spirituel qui nous fait vivre l’éternité. La résurrection de Jésus prend alors une dimension matérielle que  nous sommes invités à partager  symboliquement dans un morceau de pain bien concret.  Mais Jésus ne s’arrête pas là, il nous invite à  envisager le partage du pain dans une dimension plus vaste. Ce pain n’est plus alors un simple morceau de pain, mais il devient  toute réalité qui nous fait vivre qui s’  étend   à la dimension de la planète. Il appartiendra alors à tous ceux qui croient de démontrer l’action de Dieu  par le partage de tout ce qui fait vivre.
Quand cela se produit, quand la nécessité du bien commun confond le pain spirituel et le pain matériel, c’est alors que la présence de Dieu se concrétise et qu’elle se fait réelle sur terre. Ainsi le pain eucharistique  prend la dimension  que Jésus avait bien l’intention de lui donner. Il devient la  réalité par laquelle  Dieu prolonge son  œuvre de création  en rendant tous les hommes égaux dans une même réalité de partage
Qui osera dire alors  qu’il ne croit pas en Dieu ou qu’il ne croit plus en Dieu alors que Dieu ne cesse d’agir spirituellement sur nous pour que nous fassions évoluer le monde en le changeant  matériellement  en son nom. Que ceux qui savent voir et réfléchir le fassent et ils verront alors le visage de leur Dieu qui agit en eux et au milieu d’eux.

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Exode 16/1-15 La manne – dimanche 5 août 2015

Posté par jeanbesset le 28 juillet 2018

1Ils partirent d’Elim, et toute la communauté des fils d’Israël arriva au désert de Sîn, entre Elim et le Sinaï, le quinzième jour du deuxième mois après leur sortie du pays d’Egypte.

2 Dans le désert, toute la communauté des fils d’Israël murmura contre Moïse et Aaron.

3 Les fils d’Israël leur dirent : « Ah ! si nous étions morts de la main du SEIGNEUR au pays d’Egypte, quand nous étions assis près du chaudron de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour laisser mourir de faim toute cette assemblée ! »

4 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Du haut du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous. Le peuple sortira pour recueillir chaque jour la ration quotidienne, afin que je le mette à l’épreuve : marchera-t-il ou non selon ma loi ?

5 Le sixième jour, quand ils prépareront ce qu’ils auront rapporté, ils en auront deux fois plus que la récolte de chaque jour. »

6 Moïse et Aaron dirent à tous les fils d’Israël : « Ce soir, vous connaîtrez que c’est le SEIGNEUR qui vous a fait sortir du pays d’Egypte ;

7 le matin, vous verrez la gloire du SEIGNEUR, parce qu’il a entendu vos murmures contre le SEIGNEUR. Nous, que sommes-nous, que vous murmuriez contre nous ? » – 

8 Moïse voulait dire : « Vous la verrez quand le SEIGNEUR vous donnera le soir de la viande à manger, le matin du pain à satiété, parce que le SEIGNEUR a entendu les murmures que vous murmurez contre lui. Nous, que sommes-nous ? Ce n’est pas contre nous que vous murmurez, mais bien contre le SEIGNEUR. »

9 Moïse dit à Aaron : « Dis à toute la communauté des fils d’Israël : Approchez-vous du SEIGNEUR, car il a entendu vos murmures. »

10 Et comme Aaron parlait à toute la communauté des fils d’Israël, ils se tournèrent vers le désert : alors, la gloire du SEIGNEUR apparut dans la nuée.

11 Le SEIGNEUR adressa la parole à Moïse :

12« J’ai entendu les murmures des fils d’Israël. Parle-leur ainsi : Au crépuscule, vous mangerez de la viande ; le matin, vous vous rassasierez de pain et vous connaîtrez que c’est moi le SEIGNEUR, votre Dieu. »

13 Le soir même, les cailles montèrent et elles recouvrirent le camp ; et le matin, une couche de rosée entourait le camp.

14 La couche de rosée se leva. Alors, sur la surface du désert, il y avait quelque chose de fin, de crissant, quelque chose de fin tel du givre, sur la terre.

15  Les fils d’Israël regardèrent et se dirent l’un à l’autre : « Mân hou ? » (« Qu’est-ce que c’est ? »), car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : « C’est le pain que le SEIGNEUR vous donne à manger.( pour une meilleure compréhension du texte, il serait bon de lire tout le chapitre 16)

Manne

Quand Dieu fait son entrée dans notre existence, il se propose de devenir  le partenaire de nos aspirations à un sort meilleur, il s’engage à nos côtés pour  nous aider à agir au mieux de nos possibilités  et en cas de malheur  le cas échéant, il  redoublera d’efforts pour nous aider à nous en sortir. Il ne souhaite  pas que les hommes se résignent à un sort qui les réduirait à être dépendants des forces qui le dominent, que ce soient celles de la nature ou que ce soit celles que d’autres hommes lui feraient subir. Avec un tel partenaire nous pouvons affronter tous les défis que la vie nous propose.

C’est ainsi que Dieu se révèle dans les textes bibliques et qu’il est présenté comme celui qui  se fait le partenaire  des hommes pour affronter leurs oppresseurs à leurs côtés.  C’est dans ce récit célèbre, où il aide Moïse à défier le pharaon pour qu’il libère les Hébreux qu’il retient captifs comme esclaves que nous allons vérifier cela.

Cet exemple nous permet de constater que la libération des Hébreux fait partie d’un projet de Dieu qu’il  prépare de longue date en accompagnant Moïse, sa mère et sa sœur depuis le début de l’histoire. Le deuxième élément, qu’il faut souligner, c’est que Dieu n’intervient pas lui-même mais qu’il provoque la libération.  Elle se réalise grâce  à un libérateur issu des rangs de  ce peuple, comme si, pour ainsi dire le peuple se libérait lui-même, sous la conduite de Dieu.

Dieu est présenté ici sous les traits d’une entité divine qui se soucie du mieux-être des hommes et qui œuvre en leur sein pour les libérer de ce qui les accable. Elle en fait ainsi les acteurs de leur propre libération. Dieu croit en l’homme auprès duquel il intervient et stimule en lui tout ce qui pourra servir à sa propre libération. C’est en cela que réside le miracle de la libération d’Israël dont le livre de l’Exode nous fait un long récit en démontrant que les hommes  ont  en eux la capacité de réaliser leurs désirs si Dieu leur prête main-forte.

Mais il ne suffit pas de le vouloir pour que les choses se fassent et Dieu ne met pas en nous son esprit  qui agirait comme la potion magique d’Agecanonix qui permettrait aux désirs de se réaliser comme par magie. La libération d’Israël ne s’est pas faite toute seule. En dépit de l’action de Moïse, il a fallu aussi que tous y participent. Il a d’abord fallu que Moïse lui-même accepte le défi et qu’il lise dans les événements de sa vie, la volonté de Dieu à son sujet. Elevé au somment de la gloire par les événements, devenu fils de Pharaon,  il a été réduit à n’être qu’un fugitif errant pour comprendre que Dieu avait l’œil sur lui. Malgré son défaut de langage, il a compris que c’est par la parole que Dieu mettait en lui qu’il devait affronter le redoutable souverain pour le convaincre que Dieu n’approuvait pas son attitude vis-à-vis de ses esclaves. Ce n’est seulement que lorsque Moïse accepta de croire en lui, que Dieu, par son intermédiaire donna le coup d’envoi à la libération du peuple.

Mais la libération n’est pas un acte unique, elle doit se répéter au quotidien.  C’est au jour le  jour que l’on doit s’assurer que l’on maîtrise la situation. Les chemins de la liberté ne sont pas une autoroute bien  asphaltée sans péage ni contrôle de vitesse.  Moïse, en tant que chef de guerre n’est pas forcément un intendant.  S’il a pu être l’instrument de la libération  il n’est pas forcément  responsable de l’intendance. L’expérience qui a été celle de la libération est maintenant à recommencer pour produire l’approvisionnement dont les fugitifs  ont maintenant besoin pour ne pas mourir de faim.  Qui se chargera maintenant du gît et du couvert en plein désert ?

C’est alors qu’ils font la terrible expérience de la tentation. C’est précisément le sujet du texte de ce jour. C’est une expérience qui nous guette tous et qui est si fréquente que Jésus l’a mise en exergue dans le Notre Père et en  a fait sa dernière demande en association avec la libération du mal. La tentation du peuple en exil sur le chemin de la libération est de prendre Dieu pour ce qu’il n’est pas.

 Jusqu’alors il est intervenu comme partenaire d’un peuple qui voulait s’en sortir, mais arrivés à ce point de leur aventure les hommes libérés préfèrent voir Dieu sous un autre aspect. Ils voudraient maintenant voir en lui  comme celui qui fait les choses à leur place, celui dont ils désirent dépendre sans avoir à agir ou à réfléchir. La tentation est de faire endosser à Dieu une responsabilité qu’il n’a pas l’intention de prendre. Ici, c’est celle de l’intendance. Ils lui opposent alors les arguments selon lesquels depuis le début, c’est lui qui les a manœuvrés,  et que la libération, c’était son désir à lui parce qu’eux n’avaient rien demandé, car ils étaient pleinement satisfaits  de la  vie qu’ils menaient. Le mensonge apparaît  alors ici comme l’élément majeur de la tentation et ils essayent de prendre Dieu dans leur  piège.

Nous constatons qu’il est ainsi très facile de passer du Dieu qui se révèle au Dieu que les hommes s’inventent pour solutionner leurs problèmes. Ce Dieu là ne correspond en rien au Dieu que les Ecritures révèlent et  dont Jésus se fera le témoin. Seulement ici, le problème se corse, car le Dieu dont les Hébreux attendent l’intervention intervient quand-même. La réponse  attendue est bien donnée  et l’approvisionnement attendu leur tombe du ciel sous forme de cailles et de manne.  Mais s’il s’agit d’un miracle, il ne s’agit pas d’un prodige. Dieu intervient non pas seulement pour les nourrir, mais pour leur donner une leçon.

Le vol  des cailles se produit seulement au bon moment, un moment qu’avec sagesse et patience, ils auraient sans doute pu prévoir. L’apparition de la manne est également un fait naturel que l’expérience aurait pu leur révéler s’ils  avaient eu la sagesse de faire confiance à Dieu et de demeurer  ses partenaires comme ils l’étaient depuis le début.

Le récit ici nous est sans doute rapporté par des prêtres qui donnent  à la suite de l’événement le ton que nécessite  une pratique rigoureuse de la loi. Le récit prend alors une dimension irréelle qui en voile la vraie portée( si vous voulez bien vous donner la peine de le lire). Mais  cette  approche du texte ne nous empêche pas de comprendre qu’avec plus de sagesse et moins de panique, les hommes affamés du désert auraient sans doute eu le même résultat.

Le Dieu auquel ils ont  eu affaire cette fois-là est bien le même que celui à qui Moïse a fait confiance. Ici comme ailleurs la foi aurait dû être première au lieu de faire place à la colère et à la panique. Le miracle que Dieu leur a accordé ici   est bien le même que celui qu’ils auraient pu réaliser eux-mêmes s’ils avaient eu assez de foi en Dieu pour lui offrir leur collaboration. Que chacun sache donc que  le Dieu libérateur n’abandonne jamais les hommes et qu’il les rend capables d’accomplir les prodiges qu’ils lui demandent d’accomplir par manque de foi.

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Marc 6:30-34 Multiplication des pains dimanche 22 juillet 2018

Posté par jeanbesset le 17 juillet 2018

  Ce sermon proposé  en 2012 a  été réécrit et réactualisé pour 2018

 30Rassemblés auprès de Jésus, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. 31Il leur dit : Venez à l’écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car beaucoup venaient et repartaient, et ils n’avaient pas même le temps de manger.

32Ils partirent donc dans le bateau pour aller à l’écart, dans un lieu désert. 33Beaucoup les virent s’en aller et les reconnurent ; de toutes les villes, à pied, on accourut et on les devança.

34Quand il descendit du bateau, il vit une grande foule ; il en fut ému, parce qu’ils étaient comme des moutons qui n’ont pas de berger ; et il se mit à leur enseigner quantité de choses. 

35Comme l’heure était déjà tardive, ses disciples vinrent lui dire : Ce lieu est désert et l’heure est déjà tardive ; 36renvoie-les, pour qu’ils aillent s’acheter de quoi manger dans les hameaux et les villages des environs. 37Mais il leur répondit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Ils lui disent : Irons-nous acheter deux cents deniers de pains pour leur donner à manger ? 38Il leur demande : Combien de pains avez-vous ? Allez voir. Après s’être informés, ils répondent : Cinq, et deux poissons. 39Alors il leur ordonna de les installer tous en groupes sur l’herbe verte, 40et ils s’installèrent par rangées de cent et de cinquante. 41Il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et prononça la bénédiction. Puis il rompit les pains et se mit à les donner à ses disciples, pour qu’ils les distribuent. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. 42Tous mangèrent et furent rassasiés, 43et on emporta douze paniers de morceaux de pain et de poisson. 44Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes..

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 Il est rare que l’on s’approche de Jésus tout ragaillardi, plein d’enthousiasme  et prêt à se mettre à son service sans discuter. Cela arrive, mais ce n’est pas le cas habituel. La plupart du temps nous  nous adressons à Jésus, quand  fatigués et inquiets, nous espérons de sa part, un peu d’écoute et de compassion. C’est le cas de ses disciples ce jour là qui rentrent de leur première expédition missionnaire. Ils sont à la fois excités et en attente de compassion de la part du maître.

 Jésus semble abonder dans leur sens, c’est pourquoi il les emmène en bateau pour prendre un peu de distance par rapport à la tous ceux qui le  sollicitent. Inutile ! La foule plus rapide qu’eux les a rejoints. On se reposera plus tard, on mangera à un autre moment, Jésus leur sacrifie sa disponibilité pour se consacrer à plus démunis qu’eux, car l’autre, le prochain, le solliciteur a toujours priorité pour Jésus.

 Ainsi en est-il de ceux qui ont choisi de mettre leurs  pas dans ceux de Jésus et de répondre à l’appel de Dieu. Ils sont sans doute fatigués, la mission a été rude mais Il leur faut aller de l’avant. Ils ont sans doute besoin  de nourriture matérielle, ils ont besoin de partager leur aventure et de dire leur chagrin à la suite de la mort de Jean Baptiste  que le souverain a lâchement fait exécuter, mais il y a autre chose à faire et Jésus les entraîne dans un nouveau projet.

 

Eux,  ils espéraient de la compassion pour eux  et c’est la foule qui y a droit. Ils s’estimaient privilégiés par rapport à Jésus, mais ce sont les autres qui ont droit à son attention.  Si Jésus s’intéresse la foule,  ce n’est pas pour s’attendrir sur son sort, et ce n’est pas non plus pour les  prendre  tous en charge individuellement. Il ne va pas non plus les mobiliser derrière lui pour en faire une armée de partisans qui s’opposeraient pacifiquement aux soldats  du tétrarque  et prépareraient une ère nouvelle  sur la terre de  Palestine. Le risque serait trop grand, la partie serait loin d’être gagnée, et surtout, ce  n’était pas l’ambition de Jésus.

 Jésus s’intéresse à eux, parce qu’ils sont comme des brebis sans berger. Curieusement, Jésus ne se propose pas d’être leur berger. Au contraire il va les  préparer à retourner chez eux, pour  reprendre leur vie comme au paravent,  mais avec quelques choses qu’ils n’avaient pas en venant : L’espérance. Même  si dans un premier temps il semble jouer le rôle de berger, ce ne sera que provisoirement.  Il va  les aider  à affronter leur destin avec une force nouvelle qui est celle de l’esprit qu’il leur  communique par sa présence et par ses propos..

 Ils doivent cesser de se comporter comme un troupeau à l’abandon.  Des brebis sans berger n’ont pas d’avenir, elles vont dans tous les  sens, ne savent pas où brouter et sont continuellement en danger d’être volées par les brigands ou  mangées par le loup. Avec ou sans berger les brebis restent des animaux dépendants.  Le berger leur permet de vivre. Mais Jésus va leur proposer mieux, même si c’est plus difficile.

 Pour répondre à leur détresse, Jésus les enseigne. Celui qui enseigne n’est pas forcément celui qui prend en charge. On ne sait d’ailleurs pas ce qu’il leur dit, mais on peut le supposer. Il leur dit que s’ils suivent son enseignement, ils n’auront plus besoin de berger, l’enseignement  qu’il leur donne leur suffit pour qu’ils deviennent eux-mêmes leur propre berger.

 Jésus les invite à cesser d’être des moutons imbéciles, qui attendent tout de celui qui veut bien les prendre en charge. Ils n’ont besoin ni de maître ni de gourou. Jésus leur indique la voie qui donne du sens à leur vie. En écoutant Jésus, ils sont remplis du désir de vivre. Ils reprennent goût à la vie, même si la vie qu’ils ont menée jusqu’à présent n’est pas très enviable. C’est aussi le but de l’Evangile pour tous ceux qui l’écoutent, c’est-à-dire nous.

Il leur dit que Dieu vient jusqu’à eux et cela leur donne envie de se mettre debout  et d’aller plus loin. Il provoque en eux le désir de vivre malgré leur détresse, c’est pourquoi il les nourrit miraculeusement. Ici Jésus leur donne un coup de pouce, pour les lancer sur le chemin d’une autre vie. Ce coup de pouce prend alors figure de miracle. Le miracle, bien souvent réside dans le fait que les hommes qui ne peuvent plus avancer se mettent  quand même à le faire. Le miracle ici, comme ailleurs sert à faire jaillir le désir de vie. C’est le coup d’envoi pour eux d’une nouvelle existence que Dieu partage avec eux. Dieu est celui qui provoque le désir et le désir rend inventif.

 Nul ne sait de quoi a été fait ce miracle. Beaucoup de propos ont été tenus et de nombreuses  d’explications  ont été données à ce sujet. On a dit  que  le fait de vouloir nourrir cette grande foule avec quelques pains et quelques poissons a dénoué les consciences et que chacun s’est mis à partager avec les autres le casse croûte qu’il avait emporté.  Quoi qu’il en soit l’espoir de vivre une nouvelle vie s’est transformé en espérance de vie et chacun a été rassasié autant de pain que d’espérance. Ils ont découvert qu’avec rien, on pouvait faire beaucoup.  Ils n’avaient pas  à attendre passivement  qu’on leur donne, mais ils  découvraient  qu’ils avaient en eux la possibilité d’avancer avec rien en poche

 De moutons apeurés sans berger qu’ils sont, il s’est mis à les transformer en humains responsables. C’est pourquoi Jésus sollicite encore ses disciples. Même s’ils  sont fatigués,  il doit encore les mettre à contribution pour provoquer un désir de vivre chez chacun des membres de cette foule. Il les remet donc au travail, car le miracle, réside aussi dans le fait  que les disciples soient  capables de se mettre au service des autres  malgré leur fatigue.

 On a pris l’habitude de considérer que les disciples de Jésus étaient des râleurs qui comprennent toujours trop tard ce que Jésus attend d’eux et qui se font prier pour accomplir les désirs du maître. Nous leur ressemblons  sans doute.  Il n’empêche que malgré leur indisponibilité, c’est quand même par eux que s’accomplit le miracle. Pourtant Jésus ne leur demande pas de faire un effort au-delà de leurs forces. S’ils sont épuisés, Jésus leur a quand même laissé un peu de temps pour se reprendre.

Jésus en effet n’est pas un bourreau de travail pour les autres. Il connaît parfaitement leurs limites et il prend soin de les ménager malgré l’urgence du moment. Ainsi celui qui nous guide sur les sentiers d’une vie nouvelle connaît parfaitement les gens auxquels il s’adresse, il sait jusqu’où ils peuvent aller. Mais il sait aussi quel est le but à atteindre et il fait le nécessaire pour qu’il se réalise.

 Inutile de lui dire qu’il y a urgence. Il le sait. Le soir tombe, la nuit approche. C’est la nuit de l’angoisse et de l’incertitude. Nuit de ce jour qui s’achève, nuit aussi dans leur vie intérieure faite d’angoisses et de questionnements. Il faut que tout soit dit et que tout soit compris avant que les ténèbres ne surprennent tout le monde. Il faut que chacun reparte, animé d’une puissance de vie nouvelle qui lui permettra de franchir les obstacles que l’obscurité lui réserve. Si Jésus  a mis en eux l’espérance d’une autre vie il ne leur a cependant pas donné une potion magique qui déjoue tous  les obstacles. Il leur a donné une autre vision des choses qui les remplit d’énergie, mais les difficultés de la vie subsistent

 Les chemins de la vie où ils s’engagent les mèneront sans doute vers le Royaume, mais chacun devra s’y employer, parfois au-delà de ses forces, comme ce fut le cas pour les disciples fatigués, qui ont donné du sens au miracle par le dépassement qu’ils ont accompli sur eux mêmes

 

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