Marc 6:30-34 Multiplication des pains dimanche 22 juillet 2018

Posté par jeanbesset le 17 juillet 2018

  Ce sermon proposé  en 2012 a  été réécrit et réactualisé pour 2018

 30Rassemblés auprès de Jésus, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. 31Il leur dit : Venez à l’écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car beaucoup venaient et repartaient, et ils n’avaient pas même le temps de manger.

32Ils partirent donc dans le bateau pour aller à l’écart, dans un lieu désert. 33Beaucoup les virent s’en aller et les reconnurent ; de toutes les villes, à pied, on accourut et on les devança.

34Quand il descendit du bateau, il vit une grande foule ; il en fut ému, parce qu’ils étaient comme des moutons qui n’ont pas de berger ; et il se mit à leur enseigner quantité de choses. 

35Comme l’heure était déjà tardive, ses disciples vinrent lui dire : Ce lieu est désert et l’heure est déjà tardive ; 36renvoie-les, pour qu’ils aillent s’acheter de quoi manger dans les hameaux et les villages des environs. 37Mais il leur répondit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Ils lui disent : Irons-nous acheter deux cents deniers de pains pour leur donner à manger ? 38Il leur demande : Combien de pains avez-vous ? Allez voir. Après s’être informés, ils répondent : Cinq, et deux poissons. 39Alors il leur ordonna de les installer tous en groupes sur l’herbe verte, 40et ils s’installèrent par rangées de cent et de cinquante. 41Il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et prononça la bénédiction. Puis il rompit les pains et se mit à les donner à ses disciples, pour qu’ils les distribuent. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. 42Tous mangèrent et furent rassasiés, 43et on emporta douze paniers de morceaux de pain et de poisson. 44Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes..

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 Il est rare que l’on s’approche de Jésus tout ragaillardi, plein d’enthousiasme  et prêt à se mettre à son service sans discuter. Cela arrive, mais ce n’est pas le cas habituel. La plupart du temps nous  nous adressons à Jésus, quand  fatigués et inquiets, nous espérons de sa part, un peu d’écoute et de compassion. C’est le cas de ses disciples ce jour là qui rentrent de leur première expédition missionnaire. Ils sont à la fois excités et en attente de compassion de la part du maître.

 Jésus semble abonder dans leur sens, c’est pourquoi il les emmène en bateau pour prendre un peu de distance par rapport à la tous ceux qui le  sollicitent. Inutile ! La foule plus rapide qu’eux les a rejoints. On se reposera plus tard, on mangera à un autre moment, Jésus leur sacrifie sa disponibilité pour se consacrer à plus démunis qu’eux, car l’autre, le prochain, le solliciteur a toujours priorité pour Jésus.

 Ainsi en est-il de ceux qui ont choisi de mettre leurs  pas dans ceux de Jésus et de répondre à l’appel de Dieu. Ils sont sans doute fatigués, la mission a été rude mais Il leur faut aller de l’avant. Ils ont sans doute besoin  de nourriture matérielle, ils ont besoin de partager leur aventure et de dire leur chagrin à la suite de la mort de Jean Baptiste  que le souverain a lâchement fait exécuter, mais il y a autre chose à faire et Jésus les entraîne dans un nouveau projet.

 

Eux,  ils espéraient de la compassion pour eux  et c’est la foule qui y a droit. Ils s’estimaient privilégiés par rapport à Jésus, mais ce sont les autres qui ont droit à son attention.  Si Jésus s’intéresse la foule,  ce n’est pas pour s’attendrir sur son sort, et ce n’est pas non plus pour les  prendre  tous en charge individuellement. Il ne va pas non plus les mobiliser derrière lui pour en faire une armée de partisans qui s’opposeraient pacifiquement aux soldats  du tétrarque  et prépareraient une ère nouvelle  sur la terre de  Palestine. Le risque serait trop grand, la partie serait loin d’être gagnée, et surtout, ce  n’était pas l’ambition de Jésus.

 Jésus s’intéresse à eux, parce qu’ils sont comme des brebis sans berger. Curieusement, Jésus ne se propose pas d’être leur berger. Au contraire il va les  préparer à retourner chez eux, pour  reprendre leur vie comme au paravent,  mais avec quelques choses qu’ils n’avaient pas en venant : L’espérance. Même  si dans un premier temps il semble jouer le rôle de berger, ce ne sera que provisoirement.  Il va  les aider  à affronter leur destin avec une force nouvelle qui est celle de l’esprit qu’il leur  communique par sa présence et par ses propos..

 Ils doivent cesser de se comporter comme un troupeau à l’abandon.  Des brebis sans berger n’ont pas d’avenir, elles vont dans tous les  sens, ne savent pas où brouter et sont continuellement en danger d’être volées par les brigands ou  mangées par le loup. Avec ou sans berger les brebis restent des animaux dépendants.  Le berger leur permet de vivre. Mais Jésus va leur proposer mieux, même si c’est plus difficile.

 Pour répondre à leur détresse, Jésus les enseigne. Celui qui enseigne n’est pas forcément celui qui prend en charge. On ne sait d’ailleurs pas ce qu’il leur dit, mais on peut le supposer. Il leur dit que s’ils suivent son enseignement, ils n’auront plus besoin de berger, l’enseignement  qu’il leur donne leur suffit pour qu’ils deviennent eux-mêmes leur propre berger.

 Jésus les invite à cesser d’être des moutons imbéciles, qui attendent tout de celui qui veut bien les prendre en charge. Ils n’ont besoin ni de maître ni de gourou. Jésus leur indique la voie qui donne du sens à leur vie. En écoutant Jésus, ils sont remplis du désir de vivre. Ils reprennent goût à la vie, même si la vie qu’ils ont menée jusqu’à présent n’est pas très enviable. C’est aussi le but de l’Evangile pour tous ceux qui l’écoutent, c’est-à-dire nous.

Il leur dit que Dieu vient jusqu’à eux et cela leur donne envie de se mettre debout  et d’aller plus loin. Il provoque en eux le désir de vivre malgré leur détresse, c’est pourquoi il les nourrit miraculeusement. Ici Jésus leur donne un coup de pouce, pour les lancer sur le chemin d’une autre vie. Ce coup de pouce prend alors figure de miracle. Le miracle, bien souvent réside dans le fait que les hommes qui ne peuvent plus avancer se mettent  quand même à le faire. Le miracle ici, comme ailleurs sert à faire jaillir le désir de vie. C’est le coup d’envoi pour eux d’une nouvelle existence que Dieu partage avec eux. Dieu est celui qui provoque le désir et le désir rend inventif.

 Nul ne sait de quoi a été fait ce miracle. Beaucoup de propos ont été tenus et de nombreuses  d’explications  ont été données à ce sujet. On a dit  que  le fait de vouloir nourrir cette grande foule avec quelques pains et quelques poissons a dénoué les consciences et que chacun s’est mis à partager avec les autres le casse croûte qu’il avait emporté.  Quoi qu’il en soit l’espoir de vivre une nouvelle vie s’est transformé en espérance de vie et chacun a été rassasié autant de pain que d’espérance. Ils ont découvert qu’avec rien, on pouvait faire beaucoup.  Ils n’avaient pas  à attendre passivement  qu’on leur donne, mais ils  découvraient  qu’ils avaient en eux la possibilité d’avancer avec rien en poche

 De moutons apeurés sans berger qu’ils sont, il s’est mis à les transformer en humains responsables. C’est pourquoi Jésus sollicite encore ses disciples. Même s’ils  sont fatigués,  il doit encore les mettre à contribution pour provoquer un désir de vivre chez chacun des membres de cette foule. Il les remet donc au travail, car le miracle, réside aussi dans le fait  que les disciples soient  capables de se mettre au service des autres  malgré leur fatigue.

 On a pris l’habitude de considérer que les disciples de Jésus étaient des râleurs qui comprennent toujours trop tard ce que Jésus attend d’eux et qui se font prier pour accomplir les désirs du maître. Nous leur ressemblons  sans doute.  Il n’empêche que malgré leur indisponibilité, c’est quand même par eux que s’accomplit le miracle. Pourtant Jésus ne leur demande pas de faire un effort au-delà de leurs forces. S’ils sont épuisés, Jésus leur a quand même laissé un peu de temps pour se reprendre.

Jésus en effet n’est pas un bourreau de travail pour les autres. Il connaît parfaitement leurs limites et il prend soin de les ménager malgré l’urgence du moment. Ainsi celui qui nous guide sur les sentiers d’une vie nouvelle connaît parfaitement les gens auxquels il s’adresse, il sait jusqu’où ils peuvent aller. Mais il sait aussi quel est le but à atteindre et il fait le nécessaire pour qu’il se réalise.

 Inutile de lui dire qu’il y a urgence. Il le sait. Le soir tombe, la nuit approche. C’est la nuit de l’angoisse et de l’incertitude. Nuit de ce jour qui s’achève, nuit aussi dans leur vie intérieure faite d’angoisses et de questionnements. Il faut que tout soit dit et que tout soit compris avant que les ténèbres ne surprennent tout le monde. Il faut que chacun reparte, animé d’une puissance de vie nouvelle qui lui permettra de franchir les obstacles que l’obscurité lui réserve. Si Jésus  a mis en eux l’espérance d’une autre vie il ne leur a cependant pas donné une potion magique qui déjoue tous  les obstacles. Il leur a donné une autre vision des choses qui les remplit d’énergie, mais les difficultés de la vie subsistent

 Les chemins de la vie où ils s’engagent les mèneront sans doute vers le Royaume, mais chacun devra s’y employer, parfois au-delà de ses forces, comme ce fut le cas pour les disciples fatigués, qui ont donné du sens au miracle par le dépassement qu’ils ont accompli sur eux mêmes

 

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Amos 7:12-15 – Amos prophète du Seigneur – dimanche 15 juillet 2018

Posté par jeanbesset le 7 juillet 2018

Amos 7 :12-15 :

12 Amacya dit alors à Amos : « Va-t’en, voyant ; sauve-toi au pays de Juda : là-bas, tu peux gagner ton pain et prophétiser, là-bas !

13 Mais à Béthel, ne recommence pas à prophétiser, car c’est ici le sanctuaire du roi, le temple royal ! »

14 Amos répondit à Amacya : « Je n’étais pas prophète, je n’étais pas fils de prophète, j’étais bouvier, je traitais les sycomores ;

15 mais le SEIGNEUR m’a pris de derrière le bétail et le SEIGNEUR m’a dit : Va ! prophétise à Israël mon peuple.

 Amos 1

Va prêcher ailleurs ! C’est en ces termes qu’Amos est prié de quitter le Royaume du Nord et d’aller exercer son talent de prophète dans celui du Sud. Ce n’est pas une simple boutade destinée à  se débarrasser d’un prédicateur gênant, cela implique  un principe  théologique que nous allons essayer de découvrir.

 Mais en quoi ce bouvier et ce planteur de sycomores peut-il nous intéresser ?

 Il vivait dans le Nord au pays d’Israël, dans un état qui à l’origine  formait un seul royaume, et  que les aléas de l’histoire avaient divisé en deux états, parfois rivaux, parfois associés. Il y a là quelques ressemblances avec des réalités d’aujourd’hui.

 Que l’état du Nord, Israël intrigue  avec son puissant voisin la Syrie,  au mépris de son petit rival du Sud, n’a que peu d’intérêt pour nous. Celui du Nord, à force de compromis mal gérés finira par être anéanti par son puissant rival, quant à la partie Sud du pays, Juda, trop faible pour le moment, elle échappera pour un temps  à la catastrophe qui anéantit le Nord. Devenu trop puisant à son tour, il disparaîtra deux siècles après dans la tourmente et grâce à cet exil forcé, les victimes de ce nouvel Exode, séparées de leur terre d’origine rédigeront leurs souvenirs, ce qui produira notre Bible, comme quoi ce récit n’est pas sans intérêt.

 Qu’est-ce qui provoqua  ce désastre ? On en trouve les raisons dans les oracles des prophètes, dont Amos ici présent. Une première approche  consiste à  dire que c’est à cause de leur manque de piété que Dieu les a punis  en se servant des armées  païennes pour ramener son peuple dans le droit chemin. La méthode parait un peu radicale. Une telle explication  laisse entendre  que  Dieu aurait usé de son pouvoir discrétionnaire de « souverain tout puissant » pour corriger les mauvais comportements de ceux qui estimaient être son peuple.

 Mais il y a peut-être une lecture plus subtile à laquelle nous allons nous attacher.

 Notre conducteur de bœufs était originaire du Sud, mais pour des raisons qui nous échappent il vivait dans le Nord. S’il  s’était engagé dans la politique de son temps, il était aussi travaillé par les incidences qu’elle pouvait avoir sur la foi. Il n’était donc pas adepte d’une stricte séparation du politique et du religieux.  Il reprochait à ses contemporains de ne pas  tenir compte des impératifs de la foi pour orienter la politique du pays qui se trouvait livré aux mains des plus fortunés  qui laissaient le prolétariat dans la misère.

 Ce n’était pas très original. Le respect de la veuve et de l’orphelin, le partage avec le prochain, très peu pour eux ! C’étaient pourtant des impératifs de la loi de Moïse ! Cependant, s’il était d’usage de respecter la religion, il était mal venu de s’en servir pour critiquer les dirigeants.

 On considérait que le fondement de la religion était basé sur le culte, le respect des rites,  l’organisation des processions et des sacrifices. Pourtant quand le désastre de la défaite dans le conflit avec la Syrie se produira on le justifiera comme étant l’expression du jugement de Dieu  qui n’aurait pas été satisfait de la pratique du culte. En fait, ce n’est pas la pratique du culte qu’Amos  dénonçait  c’est le comportement moral de ses concitoyens. Et c’est ce comportement qu’il  dénoncera comme la cause du désastre.  En fait, il considérait que  la politique de corruption menée par les dirigeants en était la cause. Il ne s’était pas gêné  pour traiter les  bourgeoises de Samarie de grosses vaches. Il disait aux dirigeants   qu’en ignorant le petit peuple, ils pratiquaient une mauvaise politique et  attiraient  sur eux les foudres du Seigneur.

 C’est là que le texte nous lance  un  défi : «  Va prêcher ailleurs, était-il enjoint  à Amos,  par le ministre des cultes».  Il semblerait donc que ce puissant personnage ne contestait pas ses accusations. Il disait simplement que ses sermons n’étaient pas pour eux. «  Va donc prêcher chez les gens du Sud », semblait-il lui dire, comme si Dieu avait établi au Nord un Royaume de privilégiés dont le bon droit était de profiter des bienfaits de la vie et qu’il avait réservé le Sud à une autre catégorie de citoyens.

 Selon cette théologie, que j’appellerai la théologie du « bon droit », il relevait de la volonté de Dieu qu’il y ait une  différence entre les humains. Je me demande si une  telle théologie n’effleurerait pas encore aujourd’hui les conceptions  de certains ? Face à une telle position,  le discours d’Amos  parlait de justice, d’égalité et d’espérance. Il laissait entendre, par ailleurs que l’absence de respect de ces vertus aurait le désastre pour conséquence.

 Dieu aurait-il une double attitude en fonction des humains qui se réclament de lui ? Serait-il un Dieu partial ? Une telle image de Dieu était conforme à l’idée d’un Dieu national telle qu’elle était en vigueur dans la plupart des pays à cette époque. Mais les prophètes tels Amos étaient déjà en train de  révéler une autre image de Dieu.

 Pour justifier une telle théorie d’un Dieu attaché à la sauvegarde de la nation, et pour que la situation subsiste,  on lui offrait un culte très respectueux dans les sanctuaires nombreux du royaume du Nord. En commentant ces belles liturgies, Amos faisait entendre une autre  voix qui révélait un autre aspect de Dieu. (ch 5/v. 22ss) :

 -       Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir.  Vos sacrifices de communion, je ne les regarde pas, Eloigne de moi le bruit de tes cantiques, je n’écoute pas le son de te luths…

Sans doute ces paroles étaient-elles plus ou moins bien reçues,  mais on   considérait  qu’elles  n’étaient pas  pour eux. C’est pourquoi on le priait d’aller dire ces choses ailleurs.

 Certes, quand on lit ces textes un peu vite sans les approfondir  on retient l’image d’un Dieu qui punit son peuple pour lui avoir rendu un culte sans conviction. Mais le problème n’était sans doute pas là, le Dieu dont Amos voulait être le témoin  était un Dieu qui ne faisait pas de distinction entre les humains et qui ne mettait pas sa puissance au service d’une catégorie d’individus. Il se voulait au service de l’humanité sans distinction. Déjà à l’époque  reculée de l’histoire d’Israël à l’époque des deux royaumes, cette idée de l’universalité de Dieu était-elle en train de prendre sa place dans les principes essentiels de la foi. C’est aujourd’hui ce principe connu sous les termes de  « aime ton prochain comme toi-même » qui est l’impératif phare de notre foi  et  que les hommes ont  encore tant de mal à respecter.

 Ce principe a même dépassé les frontières de la religion, il est devenu une revendication  de l’humanité  et relève  aujourd’hui  du principe  au nom duquel se réclament les droits de l’homme  que l’on cherche continuellement à contourner. Comme quoi, dans le monde laïc où  nous prétendons vivre, c’est quand même Dieu qui impose sa loi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Marc 6/1-6 – Jésus et Dieu – dimanche 8 juillet 2018

Posté par jeanbesset le 4 juillet 2018

1Parti de là, il vient dans son pays, et ses disciples le suivent. 2Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Une multitude d’auditeurs, ébahis, se demandaient : D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ? Et comment de tels miracles se font-ils par ses mains ? 3N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Judas et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici, parmi nous ? Il était pour eux une cause de chute. 4Jésus leur disait : On ne refuse pas d’honorer un prophète, sinon dans son pays, parmi les gens de sa parenté et dans sa maison. 5Il ne pouvait faire là aucun miracle, sinon qu’il guérit quelques malades en leur imposant les mains. 6Il s’étonnait de leur manque de foi. Il parcourait les villages d’alentour en enseignant.

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Il est toujours hasardeux d’aborder un texte de l’Évangile dans lequel Jésus est mis en cause. Le lecteur se trouve bien souvent dans le même camp que ceux qui s’en prennent à lui.  Aujourd’hui nous sommes  interpelés à propos de la relation qu’il y a entre Dieu et Jésus. Bien entendu depuis longtemps nous croyons le problème résolu. Nous croyons savoir tout sur Jésus  et encore mieux, nous sommes sûrs de savoir quelle est sa relation avec Dieu. 

 Mais, au fond de nous-mêmes, sommes-nous toujours en accord avec l’enseignement de nos  églises sur ces questions ?  Certes nous affirmons que Jésus est fils de Dieu, mais quelle réalité cela recouvre-t-il ?  En tout cas le problème n’était pas clair pour ses contemporains.  Ils ont eu du mal à accepter qu’il fut un simple homme avec qui Dieu ait décidé de partager ses prérogatives divines. Le seul fait de dire les choses ainsi, jette peut-être déjà le trouble en notre esprit. Nous comprenons vite, que ses contemporains  étaient encore plus troublés que nous.

 Est-ce blasphémer si on dit  que Jésus s’est fait si proche de Dieu qu’on l’a  identifié à lui ? C’est  ce que les Chrétiens des  premières générations ont lentement compris  au cours des premiers siècles et ils l’ont laissé transparaître dans les transcriptions qu’ils en ont faites dans les évangiles, mais les gens de Nazareth aussi bien que les contemporains de Jésus ne l’avaient pas encore compris. Ils contestaient même qu’il puisse y avoir du divin en lui. . En retournant dans son village, Jésus a été mal accueilli, c’est alors qu’une polémique s’est  déclenchée à propos de son rapport à Dieu.  

A partir de ce constat, nous pouvons nous interroger à notre tour pour savoir ce que nous pensons de Dieu ? Comment l’imaginons-nous? Dans nos confessions de foi, nous proclamons sa toute puissance. Nous affirmons qu’il est aussi notre créateur. Mais notre pratique de la lecture biblique nous apprend que Dieu s’il est bon peut aussi  être redoutable et qu’on ne s’approche pas impunément de lui. 

Jésus en venant chez les siens tient un discours qui apparemment les trouble. Il semble être si proche de Dieu  qu’on peut même se demander s’il ne laisse pas entendre qu’il  partage  en partie  sa  puissance divine. Mais est-ce possible, pour un simple homme dont on connaît les attaches familiales, se demandent les gens de Nazareth? Si  tout ce qu’il a fait  ne lui vient pas de Dieu, cela ne peut que lui venir de Satan, l’adversaire de Dieu. Une telle interprétation est suggérée ici. Dans le récit parallèle de Luc, au sujet de  ce même événement, on  nous dit que ses auditeurs ont tenté de le tuer à cette occasion. 

Si Jésus, comme tout un chacun puise son origine dans une famille humaine comme la nôtre, ses contemporains voyaient  mal comment il pouvait faire des choses qui relèvent  de l’autorité divine. Comment Dieu peut-il mêler des éléments qui relèvent de sa toute-puissance à l’action humaine d’un homme ? Telle était  la question  que se posaient les gens de Nazareth et on comprend qu’ils étaient désemparés.  Si Jésus trouvait son origine dans une famille humaine  comme la nôtre se contemporains ne comprenaient pas qu’il pouvait faire des choses  relevant de l’autorité divine. Comment Dieu pouvait-il mêler  sa toute-puissance à l’action  humaine d’un homme?  On comprend que les gens de Nazareth  désemparés,  soupçonnaient un subterfuge. Les questions qui ont perturbé les contemporains de Jésus ont continué à diviser les hommes entre eux jusqu’à ce que se réunissent les grands conciles de Nicée, d’Éphèse et de Calcédoine pour préciser les relations de Jésus avec Dieu. Aujourd’hui, ces questions continuent encore à diviser les croyants entre eux. 

 Il reste inconcevable que Dieu  se soit  fait si proche de la réalité humaine en Jésus Christ au point qu’il ait aboli toute  distance qui le sépare de lui, pas même celle du  péché.  Notre entendement n’y résiste pas et ne le tolère pas. Jésus suggérait pourtant  dans son enseignement que désormais toute relation avec Dieu serait  possible, sans intermédiaire, ni contrainte. C’est pour affirmer cela qu’il s’en prendra un peu  plus tard au temple, car le  temple était  le lieu même  où prenaient corps  les contraintes que la relation avec Dieu imposait aux hommes. C’était le lieu des sacrifices, le lieu des pèlerinages le lieu  où Dieu était caché  derrière le voile infranchissable du Saint des saints.  C’était, malgré les apparences, le lieu  où Dieu était le plus éloigné des hommes. La question qui se pose à nous maintenant est  de savoir quelle distance Jésus a maintenu entre nous et Dieu ?  

Pour mieux poser le problème les compatriotes de Jésus s’en sont  pris à ses  frères et à ses sœurs pour dire que si Jésus a une parenté humaine il ne peut  partager en rien la divinité de Dieu. On  affirme son humanité pour détruire l’éventuelle présence de Dieu en lui, car  s’il est porteur un tant soit peu de la puissance de Dieu,  il met Dieu à notre portée, or la trop grande proximité de Dieu est insupportable à la plupart d’entre nous.   

En effet, il ne nous est pas supportable  de savoir que Dieu puisse faire sa demeure en nous.  Nous ne supportons pas davantage de sentir son regard toujours bienveillant se  poser sur nous. Il ne nous est pas possible, non plus  de faire le bilan de nos erreurs sans envisager un châtiment, même léger de la part de Dieu. Et pourtant Dieu aime sans punir selon Jésus. Est-il possible que son pardon soit plus fort que  nos remords et qu’il nous promette une vie meilleure alors que nous n’arrivons pas à nous pardonner nous-mêmes de nos mauvaises actions? 

Ces questions ne sont pas seulement celles des gens de Nazareth,  et même les conciles ne les ont pas effacées, parce qu’elles font partie de notre propre itinéraire spirituel. Ce sont aussi nos questions à nous car la trop grande proximité de Dieu nous  est intolérable  à  nous aussi. La conscience que nous avons de notre péché maintient une distance entre Dieu et nous, et nous souhaitons la garder.  Nous considérons que la proximité  avec Dieu n’est possible que pour les gens exceptionnels,  pour ceux  dont les péchés seraient insignifiants. Seul Moïse a pu approcher Dieu de près, Abraham ne l’a vu que par l’intermédiaire d’un ange, quant à Élie, il n’a senti que la douceur de son souffle.  Je ne parle pas de nous ! Il nous est difficile d’imaginer que notre contact avec Dieu puisse être plus proche que le leur. Notre péché, le plus ténu soit-il, pèse encore trop lourd, croit-on,  pour ne pas offenser Dieu.

 Jésus connaît fort bien toutes nos réticences, c’est pourquoi une grande partie de son enseignement a consisté à dire que Dieu anéantissait nos péchés, qu’il les détruisait et qu’il en gommait les effets. Pourtant   la réalité du péché nous colle à la peau  tant nous avons du mal à accepter la gratuité de son pardon. 

 Par contre, il est curieux de constater que nous  n’avons aucun problème à affirmer la toute-puissance  de Dieu bien qu’elle ne se voit pas à l’œil nu. Nous considérons, sans discuter qu’il est créateur du ciel et de la terre, mais nous lui contestons la possibilité de détruire nos péchés et de les anéantir. Pourtant, s’il est tout puissant, il est capable de l’un comme de l’autre. Il est capable, tout à la fois, de régner en gloire dans les cieux et de s’incarner dans un homme de notre condition. Et pour que cela soit possible, il gomme les effets de nos exactions. Puisque le péché nous sépare de lui,  il l’anéantit, ainsi  il peut rester tout proche de chacune et de chacun de nous.  

Pourtant, aussi curieux que cela paraisse, si nous refusons que Dieu se fasse homme, par contre, nous concevons fort bien que l’homme  puisse s’élever jusqu’à Dieu, et que par ses propres forces il puisse s’approcher de Dieu.
 

L’enseignement de Jésus affirme qu’il est impossible de s’élever jusqu’à Dieu, mais  que. Dieu se fait homme pour guider l’humanité  sur le chemin de sa propre humanité et non pas pour échapper à son humanité. On  ne peut se rapprocher de Dieu que si on accepte d’être pleinement l’être humain qu’il a créé.  

Celui qui s’éloigne des hommes et se réfugie au désert pour rencontrer Dieu et pour s’élever dans la sainteté  fait fausse route. Quand Jésus s’est  rendu au désert, c’est le tentateur qu’il  a rencontré et pour résister au tentateur il a du  prendre en compte sa propre humanité. Son séjour au désert l’a fortifié dans son humanité et l’a renvoyé vers les hommes ses frères. Saint Antoine au désert ne retrouve pas Dieu, mais la tentation.

L’erreur serait de croire qu’on pourrait rester au désert sans revenir vers les hommes et passer directement de la fuite au désert à la contemplation de Dieu. Ce serait manquer sa vocation d’homme et rater son accomplissement en Dieu. C’est exactement  cela le péché  qui étymologiquement désigne le fait  pour un tireur de  manquer sa cible  

C’est là que réside le scandale. Il est dit dans l’Evangile que nous avons lu, « qu’il  était pour eux une occasion de chute » le texte  en grec est plus violent il dit qu’il les scandalisait. Le scandale c’est  le fait de refuser de croire que Dieu puisse s’approcher de l’homme au point d’établir une relation d’amour avec lui. Le scandale c’est finalement  le fait de contester à Dieu la capacité de  faire de nous des hommes  authentiques, car tel est le but de notre vie.

 

L’attitude de Jésus scandalisait les siens parce qu’ils ne comprenaient pas que Dieu avait décidé par amour pour eux de descendre jusqu’à eux pour  qu’ils ne s’égarent pas en cherchant à s’élever jusqu’à lui. L’homme qui accomplit pleinement son humanité rend gloire à son Seigneur qui l’a conçu  ainsi,  afin de partager avec son lui l’éternité qu’il a créée pour leur commune rencontre.

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Marc 5:21-43 Jésus rend la vie à trois femmes – dimanche 1 juillet 2018

Posté par jeanbesset le 27 juin 2018

Marc  5/ 21-43

 21Jésus regagna l’autre rive en bateau, et une grande foule se rassembla auprès de lui. Il était au bord de la mer. 22 Un des chefs de la synagogue, nommé Jaïros, arrive ; le voyant, il tombe à ses pieds 23 et le supplie instamment : Ma fille est sur le point de mourir ; viens, impose-lui les mains, afin qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. 24 Il s’en alla avec lui. Une grande foule le suivait et le pressait de toutes parts.

 25 Or il y avait là une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans. 26 Elle avait beaucoup souffert du fait de nombreux médecins, et elle avait dépensé tout ce qu’elle possédait sans en tirer aucun avantage ; au contraire, son état avait plutôt empiré. 27 Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la foule, par-derrière, et toucha son vêtement. 28 Car elle disait : Si je touche ne serait-ce que ses vêtements, je serai sauvée ! 29 Aussitôt sa perte de sang s’arrêta, et elle sut, dans son corps, qu’elle était guérie de son mal.

 30 Jésus sut aussitôt, en lui-même, qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule et se mit à dire : Qui a touché mes vêtements ? 31 Ses disciples lui disaient : Tu vois la foule qui te presse de toutes parts, et tu dis : « Qui m’a touché ? » 32 Mais il regardait autour de lui pour voir celle qui avait fait cela. 33 Sachant ce qui lui était arrivé, la femme, tremblant de peur, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. 34 Mais il lui dit : Ma fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton mal 

. fille de Jaïrus 1

 35 Il parlait encore lorsque arrivent de chez le chef de la synagogue des gens qui disent : Ta fille est morte ; pourquoi importuner encore le maître ? 36 Mais Jésus, qui avait surpris ces paroles, dit au chef de la synagogue : N’aie pas peur, crois seulement. 37 Et il ne laissa personne l’accompagner, si ce n’est Pierre, Jacques et Jean, frère de Jacques. 38 Ils arrivent chez le chef de la synagogue ; là il voit de l’agitation, des gens qui pleurent et qui poussent de grands cris. 39 Il entre et leur dit : Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. 40 Eux se moquaient de lui. Mais lui les chasse tous, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, ainsi que ceux qui l’accompagnaient, et il entre là où se trouvait l’enfant. 41 Il saisit l’enfant par la main et lui dit : Talitha koum, ce qui se traduit : Jeune fille, je te le dis, réveille-toi ! 42 Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher — en effet, elle avait douze ans. Ils furent saisis d’une grande stupéfaction. 43 Il leur fit de sévères recommandations pour que personne ne le sache, et il dit de lui donner à manger.

 

 Deux miracles coup sur coup. Voilà de quoi émerveiller les foules, voilà de quoi alimenter les prédications de beaucoup de pasteurs pour nous inviter à nous émerveiller et à croire que Jésus joue un rôle  vital dans l’existence de ceux  qui sont en manque d’espérance.

 Voilà en quels termes pourrait commencer le sermon que je ne vais pas faire. Je vais chercher ailleurs  que dans le merveilleux, d’autres aspects de ce texte à côté desquels je ne voudrais pas passer. Car  en  lisant attentivement ce récit on y découvre des aspects auxquels on ne s’attend pas.  Aucun des acteurs n’agit comme on aurait pu le supposer. Ils donnent  tous dans le faux, mais malgré tout leur démarche aboutit. Nous avons là l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire en présence de Jésus et pourtant la démarche qu’ils entreprennent donne le résultat espéré.  Ce texte fonctionne  comme si on nous donnait l’exemple de la prière qu’il ne faut pas faire et de constater que malgré tout, elle  est exaucée. Jésus ne tiendrait aucun compte de nos démarches maladroites ni de nos démarches de foi mal fondées  ou de nos  attitudes théologiques bancales pour venir à notre aide et nous  porter  une attention  réconfortante. Telle serait pour lui la règle de la vie.

  Nous pensons en faisant ce constat à toutes ces différences théologiques qui opposent les églises entre elles depuis parfois des millénaires et qui continuent à les diviser  au point de s’interdire tout  geste de communion entre elles alors que  Jésus les considéreraient comme des points de détails qui mériteraient  à peine qu’on s’y arrête.

 Le récit, nous l’avons noté,  est fait de  deux récits imbriqués l’un dans l’autre. Il y est question d’une femme guérie en pleine rue,  aux sus et aux vues de  tout le monde sans même que Jésus s’en mêle vraiment.  Dans l’autre récit, il est question d’une autre femme -  une fillette dit le texte, mais est-elle une fillette ? – qui meurt avant que Jésus intervienne et qu’il rend à la vie  dans le plus grand secret familial.

Pourquoi l’une est-elle guérie en public alors que pour l’autre Jésus, s’enferme avec elle et ses proches pour la réveiller ?  Sans doute  fallait-il, pour que la femme puisse retrouver pleinement  la jouissance de sa vie, que sa guérison  signifie aussi sa réintégration dans la vie sociale puisque sa maladie la rendait inapte à la vie avec les autres à cause de l’impureté qu’elle subissait  du fait des pertes de sang dont elle souffrait. Quant à la jeune femme, son retour à la vie signifiait aussi une guérison de la cellule familiale. Cela relevait alors de l’ordre du privé et n’avait besoin de n’être connu de personne.

 Douze ans séparent ces deux femmes. La maladie de la plus vieille a commencé au moment de la naissance de la plus jeune. C’est comme si  la plus vieille  endossait le rôle de la mère de l’enfant  qui n’occupe aucune place ici et qu’on pourrait considérer comme morte si Jésus, au dernier moment,  ne l’exhumait  du néant où elle semblait être enfermée. La mort plane  sur la vie de ces trois femmes dans un non-dit  qu’il nous faut maintenant décrypter. Au moment où la plus vieille retrouve une vie normale, la plus jeune  renaît à la vie, et la mère est rendue à l’existence.   Jésus se charge ainsi aussi bien des morts secrètes que des morts réelles pour répandre la vie  de partout où il est reconnu.

 Revenons à chacun des personnages de ce texte. Nous l’avons dit, aucun d’ entre eux  ne fait ce qu’il doit faire. Le récit est présenté de telle sorte qu’il suggère que les croyants font rarement ce que Dieu attend d’eux.  Sous couvert d’une démarche de foi, ils agissent, comme la femme  par superstition, où comme le Père  qui espère la réponse de Dieu en manipulant en manipulant Jésus.  Et pourquoi Jésus se laisse-t-il faire ?

 L’attitude de la femme malade correspond au type de la démarche superstitieuse. Elle n’en peut plus. Elle est épuisée physiquement par sa  perte de sang qui affaiblit son organisme et par toutes les vaines tentatives qu’elle a entreprises auprès des médecins et des guérisseurs.  En outre, la culture de son pays lui interdit tout contact  avec les autres à cause de son impureté permanente.  Ne la blâmons pas si elle pense qu’elle peut s’approprier clandestinement  un peu de l’énergie vitale que Dieu a mise en Jésus.  Jésus ne la blâme par pour son geste, mais pour le secret  avec lequel elle a opéré.  «  Pas besoin de se cacher pour espérer » semble-t-il lui dire. La puissance de vie dont dispose Jésus est pour tous. Par Jésus  Dieu donne à tous  la capacité de vivre, même malade  et même mort. Douze ans de vie et de souffrances viennent de voler en éclat par le seul contact discret, avec Jésus et les effets de  cette  puissance de vie vont  rejaillir sur la jeune fille de l’histoire suivante.

 Le Père de la jeune fille ne fait pas à son tour ce qu’il devrait faire.  Françoise Dolto a analysé  son cas avec attention.  Elle a montré qu’il a agi à tort envers Jésus  en lui ordonnant de faire ce qu’il doit faire à cause sans doute d’un complexe de supériorité mal assumé. Mais il a aussi   mal agi envers sa fille depuis sa plus tendre enfance dont il s’est totalement emparé au point que la mère ne joue plus aucun rôle auprès d’elle. Il parle de sa fille comme d’une petite fille alors qu’elle a douze ans. En orient, en ce temps là, elle était  à l’aube de devenir femme et se trouvait  déjà  en état d’être bonne à marier. Françoise Dolto estime que cette enfant est  étouffée et privée de possibilité d’entrer dans sa  vie de femme par un Père abusif et possessif.

 Devant le drame de sa fille il somme Jésus d’obtempérer avec condescendance et autorité. Cette attitude pleine de contradictions révèle  le mal être qui est en lui.  Il demande  à Jésus de lui imposer les mains comme s’il voulait régénérer la vie de son enfant en manipulant Jésus et par extension Dieu lui-même. Jésus évidemment ne se soumet pas, mais il reprend l’autorité à son compte. C’est lui, maintenant qui dit ce qu’il faut faire. Il rétablit l’unité familiale totalement rompue par la faute du Père en les réunissant avec lui et avec la mère dans la chambre de l’enfant. La jeune fille devient alors capable de vivre à nouveau et de sortir du sommeil léthargique où l’avait  enfermé l’attitude abusive du Père. La seule chose dont la jeune fille a besoin maintenant c’est de manger et de reprendre des forces. Le retour à la vie de l’enfant montre que Jésus avait vu juste. C’est son entourage qui la rendait inapte à la vie. En remettant chacun à sa place, la vie pouvait renaître.

 Toute action de Jésus est porteuse de vie. Elle relève simplement de l’évidence selon laquelle, notre foi en Dieu consiste avant tout à reconnaître qu’il est pourvoyeur de vie. Le miracle permanent en nous découle simplement de ce que nous reconnaissons cet état de fait. Ici on l’a vu, il s’agit non seulement de guérison de maladie, mais de guérison de la vie sociale. La malade est réintégrée dans la société, la jeune fille est rendue à la vie, mais elle est aussi guérie des abus que son père a pu lui faire subir et la mère  reprend pied dans la vie familiale.

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Luc 1/57-80 Naissance de Jean Baptiste dimanche 24 juin 2018

Posté par jeanbesset le 22 juin 2018

Jean Baptiste

   Construire l’avenir  -  dimanche  24 juin 2018

Luc 1:57-80
  –
57Le temps où Elisabeth devait accoucher arriva, et elle mit au monde un fils. 58Ses voisins et les gens de sa parenté apprirent que le Seigneur avait fait preuve envers elle d’une grande compassion, et ils se réjouirent avec elle.
59Le huitième jour, ils vinrent circoncire l’enfant, et ils allaient lui donner le nom de son père, Zacharie. 60Mais sa mère dit : Non, il sera appelé Jean. 61Ils lui dirent : Il n’y a dans ta parenté personne qui porte ce nom. 62Et ils faisaient des signes à son père pour savoir comment il voulait l’appeler. 63Zacharie demanda une tablette et il écrivit : Son nom est Jean. Et tous s’étonnèrent. 64A l’instant même, sa bouche s’ouvrit et sa langue se délia ; il se mit à parler et à bénir Dieu. 65Tous les habitants des alentours furent saisis de crainte et, dans toute la région montagneuse de la Judée, on discutait de tous ces événements.66Tous ceux qui en entendaient parler se mirent à réfléchir. Ils se demandaient : Que sera donc cet enfant ? Car la main du Seigneur était avec lui.
L’hymne de Zacharie
67Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit saint et se mit à parler en prophète, en disant :
68Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
d’être intervenu en faveur de son peuple, d’avoir assuré sa rédemption
69et de nous avoir suscité une corne de salut
dans la maison de David, son serviteur,
70— comme il en a parlé par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois —
71un salut qui nous délivre de nos ennemis et de tous ceux qui nous détestent.
72C’est ainsi qu’il montre sa compassion envers nos pères
et qu’il se souvient de son alliance sacrée,
73selon le serment qu’il a juré à Abraham, notre père ;
ainsi nous accorde-t-il,
74après avoir été délivrés des ennemis, de pouvoir sans crainte
lui rendre un culte
75dans la sainteté et la justice,
devant lui, tout au long de nos jours.
76Et toi, mon enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ;
car tu iras devant le Seigneur pour préparer ses chemins,
77pour donner à son peuple la connaissance du salut
par le pardon de ses péchés,
78grâce à la tendre compassion de notre Dieu.
C’est par elle que le soleil levant brillera sur nous d’en haut
79pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort
et pour diriger nos pas vers le chemin de la paix.
La jeunesse de Jean le Baptiseur
80Or l’enfant grandissait et devenait fort par l’Esprit. Il demeurait dans les déserts, jusqu’au jour où il se présenta devant Israël. 

Luc 1/58-80

 

Dans notre Eglise, comme dans beaucoup d’autres, des projets nouveaux se mettent en place. Ce fut d’abord, le projet d’union de notre Eglise avec l’Eglise Luthérienne pour créer, l’Eglise Unie  Depuis quelques temps, c’est le projet d’Eglise Verte qui interroge nos paroisses sur l’avenir de la planète, et qui les interpellent pour qu’elles s’ouvrent à des projets responsables qui permettraient d’envisager l’avenir plus sereinement. Ce projet œcuménique  a fait bouger les frontières entre les communautés chrétiennes.  Il y a fort à parier que ces mouvements de rapprochement vont très vite mettre en chantier de nouveaux  projets qui donneront un sang nouveau à nos vieilles assemblées fatiguées d’avoir trop longtemps vécues. 

Bien entendu les critiques ne se font pas attendre pour dire que malgré tout, rien ne changera,  et que tous ces projets ne remplaceront pas l’affadissement spirituel que subissent la plupart des églises face aux mouvements de sécularisation du moment. 

Regardons le texte qui nous est proposé aujourd’hui. Il nous aidera à réfléchir à la question  car il propose sans doute des  ouvertures aux questions que l’on se pose aujourd’hui. Certes ces deux vieillards impliqués dans une situation à laquelle ils ne s’attendaient  pas conçoivent la situation comme un cadeau de Dieu, mais savent-ils s’ils auront assez de forces pour l’assumer ? 

La première solution qui leur est proposée leur vient  du groupe de femmes qui entourent Elisabeth. Elles ont très vite enfermé l’enfant  dans la tradition séculaire  des prêtres. Il sera  prêtre  comme son Père, puisque c’est la tradition de sa famille. Il portera le même nom que lui, il apprendra un métier  pour vivre  et consacrera toute sa vie à l’œuvre de Dieu. Elles estiment  que  c’est le Seigneur  qui a voulu cette situation et c’est lui qui leur donnera la force de l’accomplir. 

Pourtant, si le Seigneur est à l’origine  de cette situation,  il est à prévoir qu’il souhaite un autre projet. Il ne veut sans doute pas que cet enfant reste enfermé dans le courant de la tradition. Il faut qu’il entre dans un autre projet  qui s’inscrira dans un ordre nouveau. Et c’est ce qui se passera. Pour aller de l’avant, il faut accepter les défis que Dieu propose. 

C’est ce genre de défi qui provoque   régulièrement les communautés de croyants quand elles arrivent à un tournent de leur histoire. Elles savent bien qu’elles ne peuvent nourrir l’espérance en répétant simplement les traditions du passé. Ce genre de question  devient pertinent quand  les mœurs et la société évoluent à grande vitesse comme c’est le cas en ce moment. Faut-il s’adapter, faut-il innover, faut-il inventer  pour rester fidèle  aux promesses de Dieu ?

A l’époque où se situait l’événement de la naissance de Jean Baptiste, on sentait monter des espérances nouvelles. On espérait  un Messie qui bouterait les Romains hors les murs et libérerait le peuple  des Hébreux. Mais une chape de plomb  s’était abattue sur la société. Tout mouvement de résistance était violemment réprimé. Il était impensable que les hommes puissent mener à bien une révolution quelconque. Toutes les tentatives avaient jusqu’alors lamentablement échouées. Seule une révolution menée par Dieu aurait une chance de réussir. Mais pour réussir, il fallait le soutien d’un peuple bien préparé, il fallait une dynamique bien rodée, il fallait croire que Dieu habitait déjà l’avenir, encore fallait-il lire correctement les projets de Dieu et écouter ce qu’il avait à dire. 

Ceux qui ont des connaissances sur l’histoire du premier siècle de notre ère savent bien que l’avenir a été catastrophique  pour les habitants de la Judée. Des prophètes se sont levés, mais aucun n’était vraiment porteur  d’un projet de Dieu. Sans doute avait-on voulu faire de Dieu un chef de guerre et non un prince de paix. C’est pour cela qu’ils se sont  trompé sur toute la ligne qu’ils n’ont pas compris le message  porté  par Jean Baptiste ou Jésus. Personne n’a vraiment réalisé ce que signifiait la paix, le shalom voulu par Dieu. 

Avez-vous remarqué, en revenant à notre texte qu’il nous parle d’une parole prophétique  qui a été donnée ici  à un vieillard muet ? Il faut  y voir comme une provocation à l’égard  de ceux qui ne croient plus que la sagesse des anciens puisse éclairer l’avenir et que pour faire du nouveau il faut gommer le passé, car on  considère qu’il faut faire jeune pour avoir  raison. Ici la parole est donnée à un vieillard, mais  passage porte  en plus une autre provocation.  Le témoin  est muet !  Ainsi la parole qui nous est proposée aujourd’hui  est-elle portée, par un homme doublement incapable d’avoir une parole intelligible : trop vieux et muet, à nous de comprendre. 

On aurait donc tendance, à considérer que le vieux Zacharie représente la tradition dépassée qui n’a plus rien à dire aux générations nouvelles, c’est pourquoi il serait devenu muet. Certains pourraient même dire, et on l’a dit, que l’Ancien Testament est dépassé, vive le nouveau !  Mais, ce serait aller trop vite en besogne.   Cela  peut aussi vouloir dire que les générations nouvelles ne sont plus  capables d’entendre  ce qui est porteur d’avenir dans les messages de la tradition. Le vieux prêtre, dont la fonction n’était pas de parler, mais de célébrer, parle de délivrance, de connaissance du salut et de chemin de paix. Voici en trois mots le résumé de la bénédiction qu’il prononce sur le petit enfant. Délivrance, Salut et Paix. Ces mots prennent alors une valeur prophétique et disent exactement ce que nous avons besoin d’entendre, c’est ce qui avait été dit jadis par les prophètes et ce que Jean Baptiste et Jésus ont dit après eux.  C’est cela qui motivera notre  construction de l’avenir. 

Au cours des siècles, les hommes se sont avérés incapables de donner une valeur par eux-mêmes à ces trois notions.  Elles  ne peuvent se réaliser que si Dieu nous prête main-forte pour les mettre en œuvre. Dieu allume ainsi en  nous le désir  de vivre autrement et il   fait la promesse qu’on peut y arriver. Si on sait écouter la tradition de l’Ecriture  et qu’on ne fasse pas comme si Dieu était muet alors nous serons à bonne école pour construire l’avenir. Avec la promesse, Dieu nous donne aussi le moyen de la réaliser.

L’Evangile consiste à croire que  l’amour de Dieu  nous invite  à  donner  priorité aux autres dans toutes nos actions.  Il nous invite à travailler dans ce monde pour le mieux-être de tous, à commencer par les plus faibles. C’est alors qu’un jour nouveau sans haine et sans violence est en train de se lever  sur la société  des hommes. 

C’est impossible  a-t-on dit jusqu’à ce jour ! Mais l’Esprit de Dieu est tenace  et nous demande de lui faire confiance pour que tout cela s’accomplisse pour ce temps nouveau qui commence.

 

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Matthieu 6/13 Ne nous laisse pas tomber en tentation. Dimanche 17 juin

Posté par jeanbesset le 15 juin 2018

3 juin 2018

Matthieu 6/13 Ne nous laisse-pas tomber en tentation . Dimanche 17 juin 2018

Dans la plupart des paroisses on a parlé de la nouvelle traduction du Notre Père. Je dérogerai à la règle pour ce dimanche 17 juin  qui consiste à prendre le texte du jour et je vous proposerai une méditation sur le texte concerné:  la sixième demande du Notre Père la Tentation :

Matthieu 6/13 Ne nous laisse pas tomber en tentation. Dimanche 17 juin images
C’est  donc de tentation que nous allons nous entretenir aujourd’hui, et à  peine avons-nous évoqué le thème de la tentation qui s’inscrit  à la fin du Notre Père, que celle-ci tente de nous saisir, car nous nous prêtons facilement à son charme. C’est sur  ce sujet, que nous sommes tentés d’avoir raison sur les autres dans les discussions que nous avons au sujet des propositions d’interprétation qui nous sont offertes par les instances religieuses qui espèrent réformer la traduction liturgique de la prière.  « Ne nous soumets pas à la tentation » disent les uns », mais les autres de répondre que  « Dieu ne tente personne », preuves scripturaires à l’appui. « Ne nous laisse pas tomber en tentation ou succomber à la tentation en proposent d’autres ». Mais s’agit-il vraiment de la tentation ? Ne s’agit-il pas de l’épreuve ? Le débat se prolonge indéfiniment et la tentation d’avoir raison de s’imposer à tous.
Chacun de croire que son interprétation ou son appréciation est la meilleure et que sa traduction est la plus fidèle. Chacun essaye de prendre le pas sur l’autre ! La tentation alors pointe toujours son nez car, l’enjeu du débat, n’est-il pas  de se valoriser soi-même au travers des arguments que l’on développe. En fait, qui sommes-nous pour avoir raison face à tous ces érudits qui depuis des siècles rivalisent entre eux pour nous donner le sens exact de cette demande ? Et moi-même ne suis-je pas tenté à mon tour d’user de mon privilège de prédicateur pour vous imposer ma manière de voir les choses et d’en tirer vanité ?
En fait, peu importe le mot, car derrière tout cela il s’agit de ne pas dévaloriser l’autre, celui avec qui on discute et contre qui on aimerait avoir raison. La tentation n’est-elle pas alors de supplanter l’autre quel qu’il soit en faveur de nous-mêmes, même si aucune agression ne s’exprime et que l’on garde son opinion pour soi ? Le défi de cette prière n’est-il pas d’être tenté de refuser à l’autre la place qui lui est due, c’est-à-dire une place qui lui concèderait une valeur supérieure à la nôtre ? N’est-ce pas là une proposition que l’on a du mal à accepter, même si elle nous vient de Paul qui prétend qu’il faut  considérer  l’autre  comme étend au-dessus de nous-mêmes. (Philippiens 2/3)
Voici que le tentateur est en train de frapper à notre porte et  qu’il emprunte mes propos pour mieux vous écraser sous ses gros sabots. Les sabots du tentateur ne sont bien évidemment qu’une image. Il  n’a pas de pieds pour y mettre des chaussures, ni des bras ni des mains, car il fait son apparition dans les Ecritures sous la forme d’un serpent. Les écrivains bibliques en ont fait un portrait particulièrement judicieux, il n’a aucune forme, il est visqueux et son un corps est insaisissable, mais il est capable de donner la mort à qui le défie. Il agit par la parole, privilège de Dieu derrière lequel il se cache et cherche à nous provoquer en se faisant passer pour lui. C’est ainsi qu’il agit sur nous pour nous conduire toujours dans la mauvaise direction au détriment de notre prochain. Car l’enjeu de la tentation est toujours la place que l’on réserve à l’autre.
Notre fidélité à Dieu va nous aider à ne pas profiter des autres pour  accaparer des avantages à leur détriment. C’est une telle conclusion que Jésus aspire à nous faire accepter c’est pourquoi il en fait la conclusion de la prière du Notre  Père, qui dès sa première ligne nous a invités à entrer dans l’univers de Dieu, où nous avons notre place et où tout est parfait. Il nous invite à dire « Notre Père qui est aux cieux », et d’emblée  nous le rejoignons  dans la plénitude de ce monde idéale où nous avons notre place avec lui et où nous l’imaginons avec ravissement. Ensuite, lentement, il nous entraîne à quitter ce monde divin et il nous  accompagne dans le nôtre où le pain quotidien, sous toutes ses formes fait partie de nos préoccupations journalières. La recherche du pain de chaque jour nous entraîne cependant, à utiliser les autres à notre profit et à profiter des avantages que nous pourrions retirer de leur présence. Inconsciemment  en les utilisant à notre profit, nous risquons de les offenser: « pardonne-nous nos offenses ». C’est  dans cette suite logique  de l’homme qui se cherche devant Dieu  que le tentateur  montre enfin le visage derrière lequel il se cachait. Il travaillait déjà en nous alors que nous n’étions pas conscients de profiter des autres  à leur insu.
Cet itinéraire de Dieu qui descend de son ciel jusqu’à l’homme pour constater ses mauvais comportements vis-à-vis de ses semblables et chercher à y remédier n’est pas nouveau. On le retrouve ailleurs dans la Bible car Dieu est toujours soucieux de nous rejoindre dans ce qui peut être corrigé au fond de nous. Un jour nous est-il raconté, Dieu descendit des hauteurs du ciel pour voir ce que les hommes trafiquaient sur terre. On nous laisse entendre qu’ils avaient entrepris une œuvre collective en construisant une ville et une tour pour assouvir leur esprit de domination et qu’une apparente harmonie régnait entre eux. Dieu prit ombrage de cette belle entente, envisagea les conséquences que tout cela pourrait avoir par la suite et pour  sauver l’avenir, confondit leurs langues pour rendre difficile toute collaboration entre eux.
La logique d’un tel récit ne s’installe pas cependant aussi facilement dans notre esprit. Notre première réaction est encore une tentation, elle consiste à culpabiliser Dieu en pensant par devers nous qu’il  est jaloux de la belle entreprise humaine, et qu’en intervenant, il réagit par dépit pour protéger sa souveraineté  et  qu’il se mêle de ce qui ne le regarde pas, car apparemment tout se passait bien avant qu’il intervienne. Partant de là,  nous avons tendance à penser qu’il y a sans doute du positif dans la domination des uns par les autres. La tentation  nous entraîne alors à croire que l’autoritarisme de Dieu interfère dans la liberté des hommes et trouble la bonne ordonnance du monde.
De telles pensées  modifient notre regard sur Dieu  au risque  de ne pas voir que la tentation nous guette de le rendre responsable de tout ce qui arrive. En particulier ce qui nous arrive de mal. Ceux qui tiennent de tels propos lui  reprochent  de déséquilibrer le monde  par le biais des religions qui se réclament de lui. On prétend alors que les religions sont à l’origine des dissensions entre les hommes et provoquent les guerres dans le monde.
  En fait la tentation est grande pour les peuples de se servir de Dieu, pour se croire choisis par lui et les religions le disent parfois. Ils éprouvent alors l’illusion de croire que leurs positions géographiques, les héritages de l’histoire,  les brillants intellectuels qui président aux destinées de leurs universités, leur donne le droit de mettre les autres sous leur dépendances. Ce serait même  de leur part un acte de considération à leur égard, voir même d’amour  parce qu’ils considéreraient que Dieu leur confie les autres pour les aider à évoluer.
 Mais ces arguments tiennent mal de nos jours et les philosophes ont  tôt fait de démontrer  que de tels principes ne justifient pas une influence quelconque de Dieu sur les hommes, si bien  que la tentation s’est faite de ne plus mêler Dieu aux problèmes des hommes et de ne plus croire en lui. Les professionnels de l’économie ont alors  inventé d’autres arguments pour justifier la domination des uns sur les autres, car c’est une tentation constante de l’humanité  que de toujours chercher à dominer ses voisins. C’est ce travers des hommes que Dieu dénonce quand il prête sa voix à Jésus  pour définir l’amour qu’il devrait y avoir entre les humains.
Mais ce propos ne nous libère pas pour autant de la tentation  qui nous guette de faire jouer à Dieu un rôle que Jésus ne lui reconnaît pas et de le faire entrer dans une attitude qu’il récuse. C’est alors que nous sommes tenté de dire que Dieu s’est fait homme pour partager avec lui son génie créateur et pour  organiser la planète  que Dieu lui aurait confiée.  Il se propose alors de l’organiser  de telle sorte  qu’il  élimine tout ce qui entrave sa propre domination sur les êtres, les choses  les animaux, et  les végétaux ainsi que les humains  qui ont la malchance d’occuper la mauvaise place. Ce faisant, il y a fort à penser qu’en s’en prenant à tout ce qui vit, les hommes se font les partenaires du mal et les adversaires de Dieu. «  Seigneur, délivre-nous du mal qui est en nous. »

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Marc 14/12-26 LLe cas de Judas dimanche 3 juin 2018

Posté par jeanbesset le 31 mai 2018

Judas 5

 

 Le premier jour des Pains sans levain, le jour où l’on sacrifiait la Pâque, ses disciples lui disent : Où veux-tu que nous allions te préparer le repas de la Pâque ? 13 Il envoie deux de ses disciples et leur dit : Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre ; suivez-le, 14 et là où il entrera, dites au maître de maison : Le maître dit : Où est la salle où je mangerai la Pâque avec mes disciples ? 15 Il vous montrera une grande chambre à l’étage, aménagée et toute prête : c’est là que vous ferez pour nous les préparatifs. 16 Les disciples partirent, arrivèrent à la ville, trouvèrent les choses comme il leur avait dit et préparèrent la Pâque.  

17 Le soir venu, il arrive avec les Douze. 18Pendant qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : Amen, je vous le dis, l’un de vous, qui mange avec moi, me livrera. 19 Attristés, ils se mirent à lui dire l’un après l’autre : Est-ce moi ? 20 Il leur répondit : C’est l’un des Douze, celui qui met avec moi la main dans le plat. 21 Le Fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais quel malheur pour cet homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux vaudrait pour cet homme ne pas être né.  

22 Pendant qu’ils mangeaient, il prit du pain ; après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit et le leur donna en disant : Prenez ; c’est mon corps. 23 Il prit ensuite une coupe ; après avoir rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. 24 Il leur dit alors : C’est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour une multitude. 25 Amen, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu.  

26 Après avoir chanté, ils sortirent vers le mont des Oliviers. 27Jésus leur dit : Il y aura pour vous tous une cause de chute, car il est écrit :

Je frapperai le berger,

 Le personnage de Judas : Une énigme policière non résolue Marc 14 :17-21

Le personnage de Judas est fascinant, non pas tellement à cause de ce que l’on a écrit à son sujet, mais à cause des questions qu’il nous pose sur  les autres apôtres et surtout sur Jésus lui-même. Depuis toujours il a été confiné dans la peau du traître avec toutes les variantes qu’on a pu y apporter.

.Au cours des siècles cependant son personnage s’est humanisé. On a même écrit que s’il a trahi Jésus en échange d’une somme d’argent c’est pour soigner sa femme malade.  Il aurait livré Jésus pour lui forcer la main à se déclarer comme le Messie d’Israël. Son erreur l’aurait alors amené à se suicider  par désespoir. «L’Evangile de Judas », apocryphe récemment révélé au grand public le range parmi les héros, et le considère comme  l’inspirateur  de Jésus. N. Kazantzakis en a fait  son compagnon le plus fidèle et le plus sûr. 

Les Evangiles ne sont pas toujours d’accord à son sujet. Ainsi l’Évangile de Jean l’accuse sans preuve d’être un fourbe et un voleur  et, par voie de conséquence fait  passer Jésus pour un  naïf qui lui aurait confié la bourse du groupe. Lors de l’onction de Béthanie, Matthieu ne partage pas le jugement de l’évangéliste Jean      ( Mt 26/8). Sans doute aucun des apôtres ne se doutait  du projet en cours de livrer Jésus. Jésus-lui-même s’en doutait-il ?  Quand il envoie Judas faire ce qu’il doit faire, ( Jn/ 13) tous pensent qu’il va faire une aumône et non pas le trahir. Or Jésus l’a désigné comme le  traître en lui donnant le morceau de pain,  (Jn 13/27) mais aucun ne se saisit de son arme pour lui barrer la route car selon l’inventaire de Luc, ils étaient armés et aucun n’avait discerné ce qui se tramait. (Lc, 22/38). Y a-t-il eu  prescience de Jésus dans sa recommandation  à Judas ou complicité de Jésus avec  lui ? De la réponse à cette question  va dépendre  toute notre  manière de concevoir le personnage de Jésus. 

Selon les sentiments que l’on éprouve pour Judas  ou selon les lectures que l’on a pu faire à son sujet, le regard que nous allons porter sur Jésus sera sans doute différent.  La  version classique du récit, telle que nous la retenons habituellement est inacceptable bien que conforme  aux évangiles. Si Jésus n’avait pas l’intention d’être arrêté, pourquoi a-t-il laissé sortir le traître en sachant ses intentions ? A supposer qu’il ait saisit l’occasion pour se laisser arrêter et condamner à mort, si tel était son projet, pourquoi a-t-il laissé Judas encourir les feux de l’enfer ? Si Dieu l’avait prédestiné à cette action, l’argument enlèverait  toute crédibilité à la théologie de  la  grâce.

 Le seul argument qui tienne vraiment semble être celui qui suppose une   connivence entre Jésus et Judas. Jésus aurait eu besoin d’un homme sûr pour l’aider à réaliser  le projet de le livrer aux autorités et être mis à mort dans le contexte de la Pâques.  Le défi relevé par Judas aurait été non pas d’encourir la damnation éternelle mais la malédiction que la tradition fera peser à tout jamais sur lui. Judas ne se serait pas suicidé pour se repentir, mais se serait suicidé à cause du rejet des autres qui  saliront sa personne pour l’enfermer dans le rôle ignoble  où l’a tenu  la tradition.

 Si Jésus avait une telle confiance en lui, c’est que Judas était le plus solide et le plus fidèle de ses  disciples. Il était  plus à même de tenir le rôle que les évangiles accordent à Pierre qui lui aussi a trahi. Si Judas  n’est pas un traître, c’est le collège des apôtres qui prend une autre composition.  A-t-il été évincé au profit de Pierre par ceux qui après sa mort  ont chargé son personnage ? S’il ne s’est pas suicidé en se pendant (Mt 27/3-10) est-il tombé sous les coups d’un mystérieux assassin qui l’aurait tué à la manière des sicaires  à partir d’un coup de poignard caché sous son manteau ?( Ac. 1 /18-20) Et pourquoi ?  Encore une énigme policière non résolue !

 Malgré tout on voit bien que si le récit traditionnel n’est pas satisfaisant, celui de la complicité avec Jésus ne l’est pas davantage. Efforçons nous maintenant de quitter le rôle d’enquêteur de police pour reprendre notre rôle de théologien et efforçons-nous d’ approfondir le personnage à partir de ce qu’en disent les textes, et avec un peu d’attention nous allons découvrir d’autres énigmes qui ne sont pas moins surprenantes que les précédentes. (1)

 Le premier constat c’est que les quatre évangélistes  expriment un avis  essentiellement négatif sur l’homme. Tout se passe comme s’ils s’étaient tous mis d’accord pour le charger de tous les péchés possibles. Il serait avare, cupide, attaché à l’argent et finalement  traître. Il est présenté sous les traits  d’un personnage dont on se demande pourquoi Jésus l’a pris dans son entourage. Il est en plus affublé du même nom,  à peu de choses près, que cet autre Juda, fils de Jacob qui se proposa de vendre son frère Joseph contre une somme d’argent.( Genèse 37) 

On peut alors se demander, comme le font si souvent les Evangélistes qui ont recours à la tradition vétérotestamentaire pour expliquer les choses, si  Judas  n’est pas  un personnage fictif inspiré par ce fils de Jacob.  A partir de ce personnage, les narrateurs des évangiles auraient campé un individu irréel sur lequel on pouvait faire peser le poids de toutes les trahisons possibles, et en particulier celles de ses apôtres eux-mêmes. Judas rassemblerait sur lui, tous les manques de discernements et toutes les erreurs commises par les proches de Jésus sans qu’aucune culpabilité ne puisse être retenue contre eux.

 Si psychologiquement  l’explication d’avoir créé un personnage chargé de tous  les torts tient la route.  Il y a bien entendu d’autres arguments qui plaident  en faveur de cette thèse. Le premier c’est qu’on ne sait pas comment il est mort et qu’on lui a inventé deux morts que l’on a du mal à harmoniser : crime ou suicide ?  Nous trouverons un autre argument chez Paul qui, par ses écrits est le plus ancien écrivain  du Nouveau Testament et qui ne retient pas le nom de Judas quand il rappelle qu’au moment de la cène, Jésus fut livré ( 1 Cor 11).

 Personnage énigmatique, Judas nous aide à assumer nos propres contradictions d’autant plus aisément qu’il serait le produit de l’invention de la tradition qui l’aurait suscité pour le faire apparaitre  deux générations après l’événement ( date de la rédaction des évangiles)  et ainsi  sauver la réputation des  apôtres, déjà morts  qui auraient peut-être pu avoir joué un rôle ambigu dans les événements qui ont conduit Jésus à la mort.

 Cette approche détruit à tout jamais l’explication insupportable selon laquelle Judas aurait été le fils de perdition,  prédestiné à entrer dans ce rôle de traître et condamné de toute éternité à la damnation éternelle. Cette dernière explication est-elle la bonne ? Nul ne le sait, mais elle permet à chacun d’accepter le pardon  qui lui est offert  sans se demander si le pardon est possible pour tous.

 

 1 . Voir: Jésus pour le XXI e siècle de John Shelby  Spong  édition Karthala page  61

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Jean 15/26-27 et 16/ 12-15 Pentecôte 2018

Posté par jeanbesset le 16 mai 2018

Jean 15 :26« Celui qui doit vous venir en aide viendra : c’est l’Esprit de vérité qui vient du Père. Je vous l’enverrai de la part du Père et il me rendra témoignage. 27Et vous aussi, vous me rendrez témoignage, parce que vous avez été avec moi depuis le commencement. 

Jean 16 :12« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pourriez pas les supporter maintenant. 13Quand viendra l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité. Il ne parlera pas en son propre nom, mais il dira tout ce qu’il aura entendu et vous annoncera ce qui doit arriver. 14Il révélera ma gloire, car il recevra de ce qui est à moi et vous l’annoncera. 15Tout ce que le Père possède est aussi à moi. C’est pourquoi j’ai dit que l’Esprit recevra de ce qui est à moi et vous l’annoncera. »Saint Esprit 2

« Je suis maître de moi, comme de l’univers, je le suis, je veux l’être » disait  l’empereur Auguste sous la plume de Pierre Corneille dans Cinna. De tels vers ont accompagné  la jeunesse des plus anciens parmi nous, à l époque où on apprenait par cœur les vers célèbres de la poésie classique. A force de les réciter sans faute sous peine de recevoir de mauvaises notes, les jeunes élèves ont été imprégnés d’une philosophie qui a sans doute  durablement marqué leur vie. Ils ont été ainsi préparés à ouvrir leur existence à un avenir glorieux, tel que semblait l’annoncer le théâtre classique.

C’était l’époque des trente glorieuses a-t-on dit,  la prospérité caressait l’avenir d’un monde moderne après  de longues années de troubles et d’agitation. Les guerres coloniales s’apaisaient et  la tourmente de la dernière guerre mondiale était oubliée. L’homme civilisé partait  à la conquête d’un avenir heureux et prospère. A quoi bon alors s’encombrer de problèmes spirituels puisque la  science et la technique devaient  maîtriser toutes les difficultés qui auraient pu surgir. Dieu avait-il encore sa place dans un univers que l’intelligence humaine devait désormais maîtriser ?  On  envisageait  la conquête des  astres après avoir pour la première fois mis les pieds sur la lune.

Aveuglé par sa réussite dont il trouvait les origines dans la littérature, l’homme moderne prenait lentement la place de Dieu. Une telle attitude relève bien évidemment de la tentation de l’homme qui ne trouve aucune limite à son ambition quand tout va bien, mais  quand les choses se mettent à mal tourner, c’est une autre histoire ! Naturellement cette euphorie n’a pas durée, mais la foi en Dieu est-elle revenue ?

On ne se  retourne pas tout naturellement vers Dieu,  quand on l’a abandonné. Quand  les événements se retournent contre nous, on se replie plutôt sur soi-même en se culpabilisant, comme si on avait mal agi et que la cause de notre échec était liée à une erreur  d’appréciation. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’intelligence de l’homme, c’est son comportement qui l’est  et qui a déséquilibré tout le système pense-ton. Ce n’est pas faux !

Mais si on se culpabilise en s’accusant de ce qui ne va pas, on croit aussi trouver la réponse dans le mauvais comportement des autres. On considère que la cause de notre désenchantement est dans la perte de notre confiance  dans les hommes  qui avaient pour charge la responsabilité de gérer les nations. On se retourne contre ceux qui avaient le pouvoir et qui tenaient  en main l’avenir de notre société. Les groupes humains s’accusent  alors  mutuellement d’être la cause du dysfonctionnement général.

C’est à nouveau  dans la littérature que l’on trouve l’illustration de ce phénomène. Jean de La Fontaine nous raconte dans « les animaux malades de la pestes »  le désarroi du petit peuple des animaux  en proie à une épidémie et qui croit trouver son salut en sacrifiant un pauvre âne qui avait brouté quelques brins d’herbe dans le champ d’un autre.

C’est maintenant que nous rejoint le texte de l’Évangile :       « Quand sera venu l’Esprit de vérité, dit Jésus, il vous conduira dans toute la vérité ».  Un peu plus haut dans l’Évangile on nous décrit l’Esprit saint comme étant un          « consolateur » ou mieux, comme un « avocat ». Jésus n’a pas besoin d’emprunter  ce long détour  par la littérature classique, comme je l’ai fait, pour pointer du doigt les causes  de notre désenchantement. Jésus sait fort bien notre propension à nous défausser sur les autres des erreurs  entraînées par  nos mauvais  comportements. Depuis Abel assassiné par son frère qui l’accusait d’ avoir accaparé les faveurs de Dieu, les accusations n’ont fait que se répéter au cours des siècles. Dieu sait nos penchants à l’esquive, c’est pourquoi il  nous  montre qu’on ne peut pas s’en sortir sans son aide.

Un avocat nous est promis pour arranger les choses. On comprend tout naturellement que les hommes  s’étant écartés de Dieu pour mener leurs affaires à leur guise ont besoin d’un avocat pour se réconcilier avec lui. Si on a mis Dieu à l’écart,  il est nécessaire  qu’on nous aide à retrouver un chemin d’entente avec lui. En fait il n’en est rien. Avant de se réconcilier avec Dieu, il faut avant tout se réconcilier avec les hommes, car si nous   accusons  certains d’avoir rompu l’équilibre qui nous menait à la prospérité, il faut aussi se réconcilier avec ceux qui nous accusent à notre tour d’avoir contribué à ce même déséquilibre. Cette double accusation est incompatible avec une bonne entente avec Dieu.  C’est pourquoi il s’en mêle.

Mais si Dieu s’en mêle, son action n’est pas forcément visible immédiatement. Il ne cherche pas à faire de miracle en s’immisçant dans nos affaires. Il ne cherche pas à   négocier notre retour vers lui  en échange d’un progrès technique retrouvé. Si Dieu intervient, c’est en secret, dans l’intimité de chacun de  nous. Il nous demande de faire une démarche vers lui. Si Dieu nous donne rendez-vous au fond de notre  cœur où il nous attend, il désire cependant que nous fassions un pas vers lui.

Certes, il arrive à tout un chacun de faire une pause dans sa vie et de réfléchir à tout ce qui se passe en lui et autour de lui. Ce moment est perçu par Dieu comme un moment favorable à une rencontre avec lui. Mais ce n’est pas pour autant que le dialogue s’installe entre lui et nous. Il nécessite un effort sur nous-mêmes pour repenser notre vie en sa présence, car Dieu est porteur de vie.  

 A son contact nous devons nous laisser saisir par un dynamisme qui nous vient de lui et qui pourrait provoquer en nous des sentiments qui nous désorientent. Nous ressentons à la fois le poids de nos fautes et la chaleur du pardon. Nous sentons aussi la colère monter dans notre fort intérieur contre les autres et contre  nous-mêmes et en même temps nous ressentons une paix immense et une sérénité qui s’installent  en nous. Ce bouleversement radical  remet en cause notre manière de penser et notre relation aux autres. C’est ainsi que  le saint Esprit  se manifeste en  nous. La suite dépend de nous.

Ce ne sera  peut être qu’une bonne expérience spirituelle, en attendant la suivante, et cela n’aura pas changé les choses   en profondeur dans notre sentiment vis-à-vis de Dieu.  Il  est  à parier que Dieu souhaitait autre chose de notre part car  il a tout fait  pour que nous entamions un vrai dialogue avec lui. Si c’est lui qui a  provoqué cette émotion,   il attendait une suite qui ne dépend plus que de nous. C’est alors que la relation qui  pourrait s’établir avec lui  devrait transfigure notre existence  et nous permettre de voir l’avenir autrement. Ce dialogue  qui s’est établit avec Dieu se fait désormais dansSaint esprit 3 la durée et provoque en nous un bouleversements  radical dans notre vision des choses.  Chacune, des actions que nous entreprenons  se fera désormais sous couvert  de  dialogue avec l’Esprit, qui  blotti au fond de nous-mêmes,nous aide à voir les choses du même regard que Dieu . Ce faisant nous devenons des  êtres  nouveaux, disponibles pour agir  sur des routes nouvelles.

Quiconque se laisse interpeler par Dieu et accepte le dialogue avec lui risque de se sentir investi par lui  et peut se  sentir  appelé pour faire des choses qu’il ne soupçonnait même pas. C’est ainsi que le Saint esprit agit en nous.

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Jean 17/11-19 la prière sacerdotal – dimanche 13 mai 2018

Posté par jeanbesset le 4 mai 2018

Jean 17/11-19 ( Pour éclairer ce propos: lire aussi Ecclésiaste 1/12-18)

  11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens à toi. Père saint, garde-les en ton nom, ce nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous. 12 Lorsque j’étais avec eux, moi, je les gardais en ton nom, ce nom que tu m’as donné. Je les ai préservés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon celui qui est voué à la perdition, pour que l’Écriture soit accomplie. 13 Maintenant, je viens à toi, et je parle ainsi dans le monde pour qu’ils aient en eux ma joie, complète. 14 Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a détestés, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde. 15 Je ne te demande pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. 16 Ils ne sont pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde. 17 Consacre-les par la vérité : c’est ta parole qui est la vérité. 18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. 19 Et moi, je me consacre moi-même pour eux, pour qu’eux aussi soient consacrés par la vérité.prière sacerdotale 1

Curieusement, alors que les temps sont accomplis, que la mort le guette et que son supplice  se prépare, Jésus va prononcer ces dernières paroles qui vont enfin donner du sens à ce monde où nous vivons depuis l’aube des temps historiques. Or, il faut bien le dire, ce monde n’a guère de sens car les plus modestes semblent y être nés pour la peine et les plus favorisés n’y ont fait que  naître dans des conditions plus favorables. Mais tous finissent par disparaître sans laisser aucune trace. Telle est la méditation à laquelle se livre l’Ecclésiaste (1/12ss).  Il fut le plus grand roi d’Israël, et blasé, il considère que  sa puissance et sa fortune ne lui ont servi  de rien, car tout est vanité dit-il. Il était donc temps que la sagesse des plus sages soit dépassée et que Dieu prenne part à ce débat. C’est ce qu’il  fait par la voix de Jésus qui nous invite à entrer dans la joie de Dieu, car   le monde n’arrivera pas à son terme sans y participer.

 Pour que le monde prenne du sens et devienne un concept crédible, pour que le monde soit gagnant, il ne faut pas tout attendre de Dieu. Il ne suffit pas que Jésus meurt en prononçant des paroles vertueuses pour que le monde devienne intelligible. Il y a bien longtemps que les propos  de saint  Anselme sur la théologie du rachat  sont dépassés. La théorie du péché originel sur laquelle il s’appuie ne trouve plus d’adeptes.  Pour que les choses prennent du sens, il faut que nous mettions notre intelligence à contribution, car Dieu a prévu notre collaboration pour que  le monde s’harmonise avec lui. Il n’est d’ailleurs nullement évident que nous seront  gagnants et  que les choses tourneront à notre avantage.

 En effet, être gagnant, dans notre vocabulaire d’aujourd’hui  signifie que nous espérons être de ceux qui bénéficieront de l’évolution favorable des choses. Or  Jésus veut nous inviter à croire que Dieu ne veut pas  que le monde soit réparti entre chanceux et mal chanceux.

 C’est une autre conception du monde qu’il propose. Jésus utilise  ici plusieurs fois  cette  notion  de monde. Le monde est présenté ici   comme une alternative à Dieu. Pourtant Dieu l’aime au point de donner son fils pour le sauver, est-il dit ailleurs dans ce même évangile. Mais en dépit de cet amour que Dieu  éprouve pour lui, le monde suit des voies qui s’écartent de celles que Dieu souhaite.

 En fait, le monde est  cet espace où Dieu exerce son art de créateur.  Depuis  l’origine des choses, le monde résiste à l’action de l’amour  par lequel  Dieu tente  de le transformer. Ce qui domine sur le monde c’est l’individualisme de chacun,  sa tendance à tout ramener à lui-même et à tout  accaparer en faveur de ce qui viserait à le maintenir  en situation de dominants. Or l’amour dont Jésus fait état devrait avoir justement un effet  contraire,  si bien que la partie du monde sur laquelle Dieu n’a pas encore d’emprise a tendance à haïr tout ce qui tenterait d’aller dans le sens où Dieu le souhaite.

 Ce texte qui a trouvé sa forme définitive après que Jésus l’ait prononcé,  a fait planer l’ombre du « mauvais »  comme la cause de tout ce qui s’oppose à Dieu. Il a laissé entrevoir même dans  le personnage de Judas,  comme incarnation du malin  qui trouve bien évidemment sa place, ici,  dans le contexte de la passion. Mais ce serait aller bien vite en besogne que de lui faire porter un rôle quelconque dans la dérive du monde en  faisant de lui l’incarnation du rival de Dieu qui contrecarrerait ses projets. Il serait plus correcte de penser que le « mauvais » ferait plutôt partie de nous-mêmes et qu’il serait lié à cet élément  qui, en nous,  ferait barrage à l’amour de Dieu et qu’il serait plus conforme d’en faire l’émanation de notre égoïsme ou de  notre instinct de domination que nous seuls pourrions combattre et vaincre avec l’aide de Dieu.

 Jésus affirme que le projet de transformation du monde est possible et que le monde pourrait aller dans le sens où Dieu le désire, mais il faudrait que chacun y mette du sien  et commence par accepter la haine des autres à leur égard, car ils  répondent par la haine  aux propos de Jésus selon lesquels,  Dieu ne projetterait pas de faire évoluer le monde en réservant une place de choix aux plus favorisés.prière sacerdotale 4

 Il semblerait qu’en méditant  ces paroles de Jésus comme nous le  faisons, nous devrions bouleverser notre manière de célébrer le culte  dominical et que nous devrions plutôt le commencer par la prière d’intercession au lieu de terminer par elle. En effet, dans cette prière, nous faisons état de tout ce qui va mal autour de nous et où nous supplions Dieu d’agir de toute urgence pour le mieux être du monde.

 C’est la partie prophétique de tout notre culte, c’est le moment où devant Dieu et avec lui nous  traçons les  contours d’un monde qui pourrait devenir celui que Dieu désire si on le prenait au sérieux et si nous faisions ce qu’il souhaite que nous fassions. En faisant état de tout ce qui va mal, nous sommes bien conscients du fait qu’un autre monde serait possible.  En concevant les choses ainsi, nous allons dans le sens de la prière de Jésus et nous nous plaçons dans les conditions souhaitées par le Seigneur pour que sa volonté soit faite et que son règne arrive.

Nous entrons alors dans l’ultime souhait de Jésus, afin d’être  dans la joie. Elle deviendra parfaite quand elle rejoindra celle de Dieu et que nous aiderons le monde à évoluer selon sa volonté. Ainsi les hommes pourront  entrer joyeusement en harmonie avec Dieu dans la vision d’un monde appelé à se transformer par nos efforts conjugués avec lui. Le monde s’ouvrira  alors à un devenir dont la réalisation est  de l’ordre du bonheur possible.

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Jean 15/1-8 parabole de la vigne et des sarments 29 avril 2018 repris er corrigé du 6 mai 2012

Posté par jeanbesset le 21 avril 2018

C’est moi qui suis la vraie vigne, et c’est mon Père qui est le vigneron. 2Tout sarment qui, en moi, ne porte pas de fruit, il l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il porte encore plus de fruit. 3Vous, vous êtes déjà purs, à cause de la parole que je vous ai dite. 4Demeurez en moi, comme moi en vous. Tout comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure dans la vigne, vous non plus, si vous ne demeurez en moi. 5C’est moi qui suis la vigne ; vous, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; hors de moi, en effet, vous ne pouvez rien faire. 6Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on ramasse les sarments, on les jette au feu et ils brûlent. 7Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et cela vous arrivera. 8Mon Père est glorifié en ceci : que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez mes disciples.  van-gogh

Avez-vous déjà vu une vigne avant et après qu’elle ait été taillée, cela mérite le déplacement.  Il n’y a pas besoin d’aller bien loin pour  contempler le spectacle. Celui qui y assiste en promeneur  en a pour les yeux et pour les oreilles. Le pied de vigne qui tend ses branches dénudées vers le ciel gris du mois de mars se trouve  en très peu de temps réduit à très peu de choses : un moignon de bois tordu qui est le cep et quelques tiges de sarments mutilés qui porteront à l’automne les fruits dont on pressera le vin, signes de la vie que le Christ partage avec le monde. Les claquements secs et discrets du sécateur déchirent le silence comme autant  de petits cris de souffrance. Les sarments coupés devenus inutiles sont rassemblés en petits tas  qu’une flamme claire réduits en cendres. Dans l’air encore frais du printemps qui commence à peine s’entremêlent curieusement la vie qui va naître et la vie qui s’en va. Les sarments qui ne servent plus à rien disparaissent et la future récolte n’est encore qu’à l’état de promesses.

Nous avons là une image de l’Église. Elle n’est sans doute pas attractive, mais elle est porteuse de promesses. Le cep qui représente son corps n’a d’intérêt que parce que le Christ l’habite. Il ressemble à un vulgaire morceau de bois fiché en terre. Son aspect insignifiant n’a d’intérêt que pour le vigneron qui sous l’écorce racornie perçoit déjà la sève qui murmure. Les quelques rameaux graciles, judicieusement taillés figurent les membres de l’Église et portent en eux l’espérance de la récolte. A première vue, l’aspect de la vigne n’est guère engageant et n’offre rien d’attrayant. Telle est l’image que Jésus utilise pour exhorter toutes les églises qui vont naître au cours des siècles. Elles sont averties du fait que leur fidélité dépendra d’une taille appropriée pour que leurs fruits produisent le meilleur vin qui annoncera le royaume qui vient.  On croirait à évoquer cette image  entendre la voix de  Jean Calvin déclarant  que l’Église réformée est toujours à réformer, comme le vigneron qui chaque année doit tailler sa vigne pour la rendre féconde. Il la réduit pour la faire grandir.

Jésus nous a habitués à d’autres images pour dynamiser son Église. Il nous l’a décrite comme une graine qui pousse toute seule et  qui d’un seul coup se recouvre de feuillage tellement épais que les oiseaux peuvent s’abriter sous son ombre. Elle peut prendre l’aspect fragile d’une coque de noix livrée à la furie des flots que Jésus calme avec autorité et qui arrive sereinement au  port. Paul a utilisé l’image du sportif dans le stade qui court pour recevoir la palme du vainqueur. Par contre ici, c’est la seule fois dans l’Évangile qu’on  nous décrit  l’Église comme une plante que l’on mutile pour la rendre plus productive. Les coups de sécateurs sont perçus comme autant de souffrances nécessaires que le Seigneur nous imposerait pour obtenir le triomphe de son Église. Nous ne comprenons pas pourquoi Dieu lui imposerait régulièrement   une telle épreuve, comme s’il voulait par avance justifier les souffrances que le sort nous réserve d’une manière inexplicable.

Détrompez-vous, il n’y a pas ici une esquisse de la doctrine de la rédemption par la souffrance comme certains le souhaiteraient. Il nous faut revenir au texte et repérer comment Dieu s’y prend pour tailler la vigne.  En effet, il ne prend pas de sécateur et il ne la fait pas souffrir. C’est sa Parole qui produit les effets souhaités et c’est par elle  que les rameaux que nous sommes sont taillés.   C’est par le moyen de la Parole à laquelle nous avons cru que Dieu agit.  C’est grâce à elle que nous avons décidé de nous attacher au Christ. C’est elle qui guide les étapes de notre vie chrétienne, et si quelque chose est à retrancher ou à enlever de nos vies, c’est par elle que nous le repérons  et c’est librement que nous décidons de l’ enleVan Gogh 2ver. Ce n’est donc pas Dieu qui opère des  ablations douloureuses, mais c’est chacun de nous qui régule sa vie selon que la parole le pousse dans un sens ou dans un autre. C’est par fidélité à sa parole que  nous faisons les choix qui donnent du sens à notre vie. La Parole de Dieu est l’élément régulateur dont nous  devons nous servir pour purifier notre vie et rester fidèlement attachés au cep qui est le corps principal de l’Église et sous l’écorce duquel se dissimule le Christ lui-même.

 Je me suis plu à dépeindre le cep comme un morceau de bois sans grand intérêt. On ne le remarquerait pas si ses sarments ne se couvraient de feuilles, de vrilles et de pampres prometteurs de fruit et de joie. Le cep n’a de raison d’être que dans ses branches qui lui donnent la récompense de ses efforts. Ses efforts consistent à acheminer la sève jusqu’au plus lointain de ses rameaux. Il ne peut vivre sans les rameaux qui ne peuvent vivre sans lui. Le Christ ne peut être vraiment porteur de vie que si les fidèles sont porteurs de vie à leur tour.

 Chacun des fidèles que nous sommes est ici interrogé au sujet de lui-même et du témoignage que sa propre vie rend au Christ. Nous, sommes mis en face de nos responsabilités car c’est aux fruits que nous produisons que l’on reconnaîtra le Seigneur qui nous anime et que le Seigneur sera glorifié, et si le Seigneur est glorifié il le sera dans la joie. Notre existence n’a pas d’autre but que de mettre le Seigneur dans la joie, et il est comblé quand  l’ensemble de sa création évolue avec harmonie.

 .Nous avons compris que le Seigneur nous rend efficaces par l’esprit qu’il dépose en nous. C’est la sève qui monte du cep vers les sarments qui permet aux fruits de se gorger de vie avant de devenir le vin nouveau qui abreuve le monde. Si le fruit n’est pas bon et que le vin tourne à la piquette, que se passe-t-il ? Cela vient-il de ce que le cep est trop vieux et qu’il faut le changer, ou cela vient-il du fait que les sarments ont été mal taillés, sucent la sève et ne donnent pas de bon fruit ? D’une manière générale, de nos jours, on a tendance à croire que les idées forces qui animent la vie sur terre depuis 2 000 ans sont dépassées, que le cep est trop vieux et qu’il faut le changer. On prétend que le Christianisme a fait son temps  et  qu’ il doit faire place à de nouvelles spiritualités.

Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage, qui veut refuser l’Évangile prétend qu’il est illisible, qui voit la paille dans l’œil des autres ne perçoit sans doute pas la poutre qui est dans le sien. Comment donner du sens à sa vie si on est incapable de s’orienter soi-même ?van-gogh 3

L’Évangile que nous reconnaissons comme étant Parole de Dieu a été mis à notre disposition pour nous aider à nous remettre en cause, pour rejeter ce qui est nocif, pour refuser ce qui n’est pas porteur d’espérance. C’est ainsi qu’il nous est suggéré de trouver dans l’Écriture ce qui est pourvoyeur de fruit et de rejeter le reste. Si quelque chose ne va pas, c’est en nous qu’il faut le chercher et non pas dans le cep qui nous abreuve de sève

Le fruit que nous sommes sensés produire, le vin nouveau  qui abreuve le monde, c’est l’amour que nous avons en nous-mêmes et qui doit motiver toutes nos relations avec les autres. Si le monde manque d’amour aujourd’hui, et il manque d’amour, ce n’est pas la faute de Dieu qui nous prodigue aujourd’hui comme toujours le même évangile.

Si les choses vont mal c’est que les hommes ne savent plus aimer et quand les hommes ne sont plus capables de s’aimer les uns les autres, ils s’oppriment entre eux, ils violentent les plus faibles et les dépossèdent de leurs biens. C’est à cause du manque d’amour que la moitié du monde vit au détriment de l’autre moitié. C’est à cause du manque d’amour que ceux qui ne sont pas esclaves s’arrogent le droit d’opprimer les autres et de les rendre dépendants. Ce qu’il y a de consternant c’est que ceux-là ne s’aperçoivent même pas  de ce qu’ils font et sont portés à croire que le monde entier leur ressemble. Curieusement, l’Évangile a été prêché jusqu’aux extrémités du monde et l’amour n’a pas suivi. S’il faut à nouveau tailler la vigne, il faudra savoir quels rameaux doivent être taillés et à quelle hauteur ils doivent l’être. « Heureux ceux qui écoutent ma parole et qui la gardent dit le Seigneur. »

 

Illustrations :vignes vues par Van Gogh

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