Jean 10:1-10 La parabole du bon berger – dimanche 7 mai 2017

Posté par jeanbesset le 25 avril 2017

1 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre point par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par un autre côté, celui-là est un voleur et un brigand. 2 Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. 3 Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent et les mène dehors. 4 Lorsqu’il a fait sortir toutes celles qui lui appartiennent, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. 5 Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers.

6 Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.Bon berger 1

7 Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, moi, je suis la porte des brebis. 8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. 9 Moi, je suis la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira et trouvera des pâturages. 10 Le voleur ne vient que pour voler et tuer et détruire ; moi, je suis venu, afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance.

 11 Moi, je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. 12 Mais le mercenaire, qui n’est pas berger et à qui les brebis n’appartiennent pas, voit venir le loup, abandonne les brebis et s’enfuit. Et le loup s’en empare et les disperse. 13 C’est qu’il est mercenaire et qu’il ne se met pas en peine des brebis. Moi, je suis le bon berger. 14 Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, 15 comme le Père me connaît, et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis

Nous rajouterons au textes prévu pour ce jour les versets 11 à 15qui font partie du même contexte;

Nous sommes tellement habitués à cette image du bon berger qui donne sa vie pour ses brebis que nous ne faisons pas attention à tout ce qu’il y a derrière ce texte. Nous oublions la plupart du temps que le métier de berger était dans l’antiquité juive, un métier méprisé et qu’il était réservé aux plus modestes. Leur sort était parfois moins enviable que celui d’un esclave. Quant aux moutons, ils ne font pas partie de la catégorie animale la mieux perçue. Ils sont à juste titre considérés comme des animaux peu doués. On ne les élève que pour la viande et accessoirement pour la laine. Ils sont tous destinés à finir sous le couteau du sacrificateur ou du boucher. On a cependant une tendresse particulière pour les agneaux, quand ils sont tout petits. Mais cette tendresse est purement sentimentale et elle décroît à mesure que l’animal vieillit

Nous apprécions cette histoire en fonction de l’intérêt que nous y trouvons en tant qu’humain. Je vous propose cependant de la regarder du côté des moutons. Nous nous demanderons alors en quoi le sort des moutons est modifié s’ils périssent sous les dents du loup plutôt que sous le couteau du sacrificateur ? Violence et cruauté, mort et souffrance sont au même rendez-vous et l’issue de l’entreprise reste la même : la mort. Si le loup est mis en fuite, le berger du troupeau sauve son capital. Il y trouve son compte,  c’est donc  pour une raison économique qu’il peut envisager d’exposer sa vie pour que le troupeau qui lui appartient ne soit pas anéanti. Le mercenaire n’en a cure, il sauve sa vie sans affronter le loup. Il est dit alors que le « bon berger » donne sa vie pour ses brebis ! La belle affaire, elles seront de toute façon sacrifiées et mangées et ne trouveront aucun intérêt dans cette nouvelle situation.Vergilius Romanus

Pourtant, Jésus a bien pris soin d’attirer notre attention sur un autre aspect des choses. Il nous dit qu’il est le « bon berger » pour que ses brebis aient la vie en abondance. Plus question de mort ou de sacrifice, plus question de transformer les brebis en viande,   plus question de voir le côté utilitaire des choses. Avec Jésus les choses prennent une autre couleur, Il nous entraîne sur un chemin irréaliste qui consiste à octroyer aux moutons un autre destin que celui que nous leurs connaissons. Avec Jésus, les brebis auront un autre avenir que celui de servir de nourriture aux hommes.

Il est bien évident que pour nous approprier quelque chose de ce passage il faut que chacun de nous, à son tour se substitue aux moutons de ce texte et comprenne que chacun d’entre nous fait d’abord partie de cette masse humaine qui recouvre la planète comme un troupeau de moutons qui remplirait l’enclos où il est parqué.

Qui sommes-nous si non un individu parmi les milliards qui s’agitent sur la surface de la terre, malmenés par le hasard, bousculés par les éléments et parfois maltraités par les dirigeants ? A vue humaine Il semble que nous soyons tous destinés à disparaître sans ne laisser aucune trace, à part exception rarissime.

A la lecture de ce récit, les choses changent. Chacun d’entre nous, bien qu’il fasse partie de la masse des 7 milliards d’individus que l’on côtoie sur cette planète prend un visage distinct. Nous découvrons que notre existence prend une autre valeur aux yeux de Dieu que celle de se trouver mêlés à la masse de tous les humains qui peuplent cette terre. Notre existence ne consiste plus à être en survie parmi tous ceux qui nous entourent, mais nous sommes destinés à jouir d’ « une super vie » qui s’individualise sous l’influence de Dieu qui nous prend en charge, chacune et chacun à notre tour.

C’est alors que nous devons prendre conscience des loups qui nous menacent. Les loups vont s’en prendre à l’aspect grégaire de notre personnalité, ils vont chercher à faire que nous nous comportions comme des moutons sans berger en détruisant en nous ce qui nous distingue des autres. Ils vont nous faire perdre toute spécificité et feront dBon berger 3e nous des consommateurs qu’il faut séduire pour mieux les utiliser et les amalgamer au troupeau. Ils vont nous pousser à croire que pour le prix d’une jouissance immédiate, nous devons consacrer toute notre existence à la sacrifier aux lois du marché et de la mode afin de ressembler le plus possible aux modèles qu’on nous propose d’imiter. Ces loups qui dévorent notre autonomie et notre indépendance sont les alliés de tous les mercenaires qui se donnent des allures de bergers.

Ces mercenaires, ce sont tous ceux qui à coup d’arguments nous assurent que le succès de notre société n’a pas d’autres issue que de vendre son âme à la consommation et à la pensée unique. Ils prétendent que le bonheur est dans la jouissance immédiate. Suivant les époques, leurs discours se sont colorés différemment, mais ils ont toujours visés à engloutir la masse des humains dans des projets globalisants où chacun suivrait le même chemin que son voisin et redouterait d’être différent de lui au risque d’être rejeté.

Les faux bergers se cachent aussi derrières les idées du moment. Elles aussi empruntent le même chemin que la mode. Suivant les époques, et les intérêts de ceux qui influent sur nous, elles nous poussent à devenir des va-t-en guerre ou des va-t-en paix et nous entraînent à discriminer les uns pour valoriser les autres si bien que cbon berger 4hacun est invité à faire chorus avec la foule. Chacun s’habille comme tout le monde pour finir par penser comme tout le monde. En tant que minoritaires protestants nous sommes avantagés sur les autres car nous devons résister aux idées du moment pour conserver notre spécificité.

Grâce à Dieu le « bon berger » est là au milieu du troupeau pour faire de nous autres chose que des brebis qui suivent sans retenue celui qui les entraîne. Il est dit qu’il donne sa vie pour nous, c’est à dire qu’il offre son exemple, son évangile, sa manière de penser comme solution alternative aux pressions extérieures qui pèsent sur nous. Il propose le temps et l’éternité là où les valeurs ambiantes proposent l’urgence et les utopies provisoires.

.Il nous propose de trouver en nous-mêmes du sens à notre existence qui ne soit dicté ni par les médias ni par la mode du moment. Il nous apprend que nous ne sommes pas des individus dont la vie est destinée à ressembler à celle de la masse. Il se propose d’enrichir et valoriser notre vie pour qu’elle devienne une super vie. Le bon berger se propose donc de donner de la valeur à notre individu. Il est capable d’aller jusqu’au fond même du cœur de chacun d’entre nous pour y injecter un supplément de vie dont lui seul est dépositaire.

Le « bon berger » ne conçoit nos existences que si lui même  les partage pour y introduire le divin qui est en lui. Ainsi il se propose de nous apporter une originalité qui nous soit propre. Cette originalité consiste à savoir qu’il nous prend lui-même en main et nous propose de vivre selon notre nature profonde qui est marquée du doigt de Dieu depuis les origines de l’humanité. En faisant de nous des individus autonomes et responsables il pèsera sur l’évolution du monde qui s’orientera de ce fait dans le sens où il souhaite qu’il évolue.

Nous n’avons pas vocation à être une goutte d’eau parmi les autres gouttes d’eau, nous avons vocation a devenir des individus distincts des autres au service des autres pour que chacun puisse jouir ici bas d’une vie qui le dépasse. Pour cela il est nécessaire que nous soyons attentifs à la voix du berger et non à celle des mercenaires.

Les illustrations proviennent du Codex Vergilius Romanus

 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Luc 24: 13-34 les disciples d’Emmaüs – dimanche 30 avril 2017

Posté par jeanbesset le 14 avril 2017

 

13 Or, ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un village du nom d’Emmaüs, à soixante stades de Jérusalem,

14 et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé.

15 Pendant qu’ils s’entretenaient et débattaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux.

16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

17 Il leur dit : Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? Ils s’arrêtèrent, l’air sombre.

18 L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : Es-tu le seul qui, tout en séjournant à Jérusalem, ne sache pas ce qui s’y est produit ces jours-ci ?

19— Quoi ? leur dit-il. Ils lui répondirent : Ce qui concerne Jésus le Nazaréen, qui était un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple,

20 comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour qu’il soit condamné à mort et l’ont crucifié.

21 Nous espérions que ce serait lui qui apporterait la rédemption à Israël, mais avec tout cela, c’est aujourd’hui le troisième jour depuis que ces événements se sont produits.

22 Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont stupéfiés ; elles se sont rendues de bon matin au tombeau et,

23 n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire qu’elles avaient eu une vision d’anges qui le disaient vivant.

24 Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses tout comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu.

25 Alors il leur dit : Que vous êtes stupides ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes !

26 Le Christ ne devait-il pas souffrir de la sorte pour entrer dans sa gloire ?

27 Et, commençant par Moïse et par tous les Prophètes, il leur fit l’interprétation de ce qui, dans toutes les Ecritures, le concernait.

28 Lorsqu’ils approchèrent du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin.

29 Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche, le jour est déjà sur son déclin. Il entra, pour demeurer avec eux.

30 Une fois installé à table avec eux, il prit le pain et prononça la bénédiction ; puis il le rompit et le leur donna.

31 Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux.

32 Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre cœur ne brûlait-il pas en nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait le sens des Ecritures ?

33 Ils se levèrent à ce moment même, retournèrent à Jérusalem et trouvèrent assemblés les Onze et ceux qui étaient avec eux,

34 qui leur dirent : Le Seigneur s’est réellement réveillé, et il est apparu à Simon !

35 Ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment il s’était fait reconnaître d’eux en rompant le pain.

Emmaüs 2

 L’événement  qui a marqué  l’épisode vécu  sur la route d’Emmaüs  par deux disciples avait du être vraiment marquant pour qu’on s’en souvienne aussi longtemps après qu’il ait eu lieu. C’est un des récits  que Luc  relate dans le dossier qu’il a constitué  pour écrire son Évangile, 20 ou 30 ans après  les événements. Il a sélectionné cet épisode parmi les cinq cents  récits concernant  les apparitions de Jésus après sa résurrection, si l’on en croit les dires de Paul  qui affirme que plus de cinq cent frères ont bénéficié du  privilège d’avoir une histoire avec  Jésus ressuscité ( 1 Cor 15/6). Il a donc fallu que le récit de Cléopas pèse d’un certain poids  parmi tous les témoignages reçus  car il n’est pas sans intérêt  qu’il soit  revenu en pleine nuit après une journée de marche  pour raconter ce qu’il avait vécu avec Jésus ressuscité.

 Au matin  du dimanche qui suivit l’exécution de Jésus, chacun  était toujours profondément  perturbé par  sa propre lâcheté.  Le remord de chacun  plombait l’atmosphère  du lieu où ils se trouvaient encore.  Chacun  répondait à son impulsion du moment. Les femmes  décidaient  d’accomplir leur devoir en allant rendre au défunt les derniers devoirs requis par la religion.  En effet, après l’exécution, quelques uns des amis de Jésus  avaient surmonté la panique qui les avait dispersés et ils étaient allé réclamer le corps du supplicié pour lui offrir une sépulture décente, mais faite à la hâte. 

 A leur retour  les femmes  racontèrent  qu’elles n’avaient pas retrouvé le corps au petit matin. S’étaient-elles trompées de lieu de sépulture ? Elles  croyaient avoir vu   des anges, elles  avaient même parlé de résurrection usant des mêmes propos que Jésus  avait tenus devant elles de son vivant. De telles assertions leur permettaient peut-être de se sentir moins coupables de l’avoir laissé aller seul au procès puis au supplice. Certains des compagnons de Jésus,  séduits par ces propos  étaient allés vérifier la véracité de ces dires, d’autres, plus réalistes tels les deux amis dont le récit nous intéresse décidèrent de fuir cette hystérie collective qui s’étaient emparée de ceux  qui étaient encore présents à Jérusalem et  pour tourner définitivement une page qui leur rappelait le mauvais rôle que tous avaient joué, ils avaient  donc décidé de partir..

C’est leur retour, tard le soir qui constitue l’événement remarquable de  ce récit.  Ils avaient marché toute la journée en ressassant les événements que nous venons d’évoquer.  Le souvenir  de ces trois jours passés ne cessait de tarauder leur esprit. Le sentiment de leur  culpabilité ne cédait pas de terrain. Alors qu’ils parlaient de lui en marchant , ils avaient l’impression qu’il était encore avec eux. En évoquant les événements  ils avaient l’impression d’entendre le son de sa voix. Les propos  qu’il avait tenus vivant avec eux prenaient le ton d’une vérité étrange, car il leur avait dit tout ce qui allait se passer. Il leur avait parlé de la puissance  de Dieu ! Il avait-même dit que les morts se relèveraient d’entre les morts et les choses  prenaient du sens alors qu’ils les évoquaient. C’était comme s’il était là, mais peut-être était-il là. En tout cas, il s’était emparé de leur esprit et ne le quittait plus. Tout ce qu’ils évoquaient à son sujet semblait  être vrai. Il semblait leur tenir compagnie  comme un marcheur invisible à leurs côtés.

 Une auberge ! Autant se restaurer et méditer puisque les choses semblaient prendre une autre tournure. Il était toujours là tel un compagnon anonyme qui savait tout sur lui. Cette impression d’une présence à  côté d’eux  était-elle une présence physique, ou était-elle une vue de leur esprit ? Ils ne le savaient pas, mais il était sous l’emprise de la puissance de Dieu qui rendait possible pour chacun d’eux la réalité qu’ils n’avaient cessée de nier depuis le matin alors qu’ils fuyaient leurs amis, leur remord et leur passé.

 C’est la bénédiction du pain, telle qu’elle avait lieu lors de chaque repas qui fut l’acte déclenchant, qui ouvrit leurs yeux. Ils  comprirent  alors que celui qu’ils avaient cru mort avait pris corps dans leur  esprit et qu’il les avait intégrés dans la réalité où il était désormais. En refaisant le geste qu’ils avaient l’habitude de faire avec lui, sa présence à leurs côtés devenait bien réelle. Ils n’avaient plus besoin de sa présence physique, plus besoin de le voir  pour savoir qu’il était là et qu’il avait cheminé avec eux tout au long de leur   parcours. Le maître bien aimé continuait à vivre en eux par la force de Dieu qu’il leur avait révélé, malgré le supplice et la mort qu’il avait supportés quelques jours auparavant.

 Tout ce qu’il leur avait dit sur la mort prenait du sens, tout son enseignement sur la vie éternelle prenait du sens. L’autorité que Dieu avait sur la vie devenait réalité, la résurrection était autre chose qu’un simple retour à la vie, elle devenait une réalité nouvelle, jusque là inimaginable en vertu de la quelle la mort ne pouvait reprendre la vie nouvelle que Dieu nous donne, quand on se met à croire à la réalité de Dieu, telle que Jésus en a parlé.

 Il leur fallait donc partager cette vérité avec les autres, c’est pourquoi ils reprennent la route de nuit, ils retournent vers les autres bravant tous les dangers car c’est avec eux qu’ils doivent partager ce qu’ils viennent de comprendre, et qui vient de jaillir en eux comme une lumière. Cependant, jusque là, ils  ne s’en rendaient pas compte. Entre temps, les autres feront  des expériences personnelles de rencontre avec le ressuscité  différentes de la leur  mais tout aussi instructives.

 L’histoire vécue par Cléopas et  son compagnon a été tellement saisissante qu’elle est devenue par la suite la norme de toutes les expériences de rencontre avec le ressuscité pour les membres de la première église. La présence du ressuscité s’impose à celui qui médite sur sa propre vie en évoquant le supplice et la mort de Jésus, si bien que celui qui médite ne sait plus où se situe la réalité. Est-ce dans son esprit ou est-ce dans la réalité du moment? Qu’importe ! Ce qui se passe en lui se manifeste  avec une telle intensité qu’il n’a pas besoin d’en savoir plus.

 Où avaient-ils l’intention d’aller  ces deux compagnons  quand ils sont partis ce matin là ? Ils allaient vers un village nommé Emmaüs qui ne se trouve sur aucune carte, car le lieu où l’on va quand on ne sait  rien de la vie avec Dieu n’a aucune importance. Dès que Dieu s’impose à nous, la direction de notre vie s’impose différemment, car c’est la résurrection que Dieu nous donne qui impose désormais les orientations de notre vie.  Le souffle qui se dégage de ce récit donne à chaque lecteur le désir de vivre  cette expérience avec la même intensité que Cléopas et son compagnon.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Actes 2:42-47 La première Eglise dimanche 23 avril 2017

Posté par jeanbesset le 14 avril 2017

La première communauté chrétienne

42Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, au partage du pain et aux prières.
43La crainte s’emparait de chacun, et beaucoup de prodiges et de signes se produisaient par l’entremise des apôtres.
44Tous les croyants étaient ensemble et avaient tout en commun.
45Ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun.
46Chaque jour, ils étaient assidus au temple, d’un commun accord, ils rompaient le pain dans les maisons et ils prenaient Eglise 3leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur ;

47ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à la communauté ceux qu’il sauvait.

Quand l’Esprit souffle sur l’Église, c’est une atmosphère de paix et de sérénité qui s’en dégage, c’est en tout cas ce que tente de dire ce texte qui en trouve les origines dans l’évocation de la première église qu’il nous décrit ici. Elle doit son épanouissement à la méditation des textes rapportés par les Apôtres, à la prière, à la vie en commun, au partage du pain,  à la mise en commun des biens et à  une joie profonde qui se dégage de  l’existence de cette  église qui s’ouvre à la vie. C’est comme si ses quelques membres étaient transportés dans un  autre monde, le monde du futur, le Royaume annoncé. Et pourtant tous ont bien  les pieds sur terre.  Sous l’impulsion de l’esprit, l’Église s’était  mise à croître à un tel rythme que le nombre des nouveaux adeptes  qui étaient  venus  gonfler les rangs des premiers croyants avaient crû d’une manière extraordinaire.  Si cela avait continué, l’église aujourd’hui compterait plus de membres que la  totalité des habitants du  monde. Mais il n’en est rien. Quelques chose a dysfonctionné depuis  cette évocation de l’origine de l’Église.

La suite du récit, dans ce Livre même des Actes  montre que le phénomène n’a pas duré.  Les rivalités à l’intérieur du groupe n’ont pas tardé à naître et la défaveur  des observateurs de l’extérieur s’est vite retourné contre l’Église naissante, s’est   transformée en haine et a pris le ton de la persécution. Un peu plus tard, c’est sur l’enseignement même des apôtres que les membres de l’Église seront en désaccord affirmera Paul autour des années 50 dans la première épître aux Corinthiens ( 1 Cor 1/12) « J’entends que chacun de vous dit : Moi je suis de Paul, et moi de Céphas et moi de Christ… ».  Nous sommes à peine 20 ans  après l’événement rapporté ici.  Dans les pages suivantes, nous verrons la communauté se déliter. Le partage des biens sera accompagné de mensonge, et même le partage du pain de la Sainte Cène donnera lieu à des attitudes critiquables et  même scandaleuses de la part des  membres de l’Église de Corinthe en particulier. Du côté du baptême, ce ne fut pas mieux,  on cherchait à se faire valoir par le prestige personnel  du baptiseur si bien que Paul se félicitera de n’avoir baptisé  que très peu de personnes de la communauté de Corinthe.  Que s’était-il donc passé dans l’Église pour qu’en moins d’une génération on en soit arrivé là ?

Le problème de la première église sont les mêmes que ceux de celle d’aujourd’hui. Tout se passe comme si nous n’arrivions pas à instaurer dans nos rangs une  société de fidèles  dont  la foi serait  assez forte pour que  les croyants puissent se libérer  des  mêmes contraintes que celles  auxquelles sont  soumis les gens de ce   monde.  Quand, à d’autres moments de l’histoire, on a cru pouvoir y arriver, comme dans le Genève de Calvin par exemple,  on n’a fait  que créer des comportements sectaires intolérants  qui ont rendu la vie impossible aux habitants de la ville, tant  la pratique de l’espionnage des uns  par les autres devenait insupportable ainsi que les sanctions qui s’en suivaient.  Ce genre de phénomène se produit  toujours   quand on  essaye de faire fit du péché,  c’est-à-dire de tous les comportements qui opposent les hommes entre eux. Ce sont la convoitise, l’arrogance, l’orgueil  qui ne disparaissent pas d’un seul coup du moment que l’on s’est converti au  message de Dieu et qu’on a accepté son salut. On a beau savoir  que la bonne nouvelle de la résurrection  a changé notre relation à Dieu  et au monde, elle n’a pas changé notre nature profonde.  Il faut que Dieu lui-même nous entraîne à faire un pas de plus.

Nous comprenons alors que l’auteur de  ces lignes éprouve un certain agacement au contact  de l’Église  où il se trouve quelques 30 ans après la résurrection de Jésus. La  société  de l’Église n’a pas changé autant qu’on aurait pu l’espérer. C’est pour cela qu’il ne peut  s’empêcher de décrire l’Église,  non pas telle qu’elle était, mais telle qu’elle aurait du être : il idéalise la première église comme une société  parfaite, capable par  ses propres vertus et  d’abnégation de soi d’attirer tous les hommes à elle.

 Mais en écrivant cela, il mettait le doigt sur un défaut  permanent qui est le nôtre, celui de croire que les hommes par leurs actions, leurs vertus ou leur morale peuvent changer quelque chose au monde si Dieu  n’agit pas à leurs côtés. C’est par l’action de Dieu sur les hommes que ceux-ci  pourront changer quelque chose à la situation existante. Si Dieu, quant à lui, ne veut pas directement intervenir dans  le monde et le faire évoluer dans  le sens où la vie de chacun s’améliorerait et où  le mieux être prendrait le dessus,  ce n’est pas non plus les hommes, indépendamment de lui qui y arriveront.  Il faut que  par leurs actions conjuguées, à savoir : celle de  Dieu qui agit pour que la transformation intérieure des individus  s’opère et celle des hommes qui agissent selon sa volonté pour que  « le mieux » prenne le dessus sur le mauvais. L’homme ne peut agir que par l’action de Dieu qui se révèle en lui et qui le transforme de fond en comble

Seul Dieu, en agissant  sur nous peut changer les choses en profondeur,  mais cela n’est jamais acquis pour toujours. Seule sa présence constante en nous  peut modifier nos comportements. Pour cela  il faut que chacun reste fidèle à ce que Dieu lui a révélé. Il faut qu’il  se convertisse à nouveau chaque jour et laisse Dieu agir en lui.  Ainsi il s’appliquera à lui-même, avant de l’appliquer à l’Église cet acquis de la Réforme selon lequel l’Église et nous-mêmes  doivent se réformer  et ne jamais cesser de le faire.

Par quoi  faut-il alors commencer ? Le premier de ces fondamentaux  qu’il doit mettre en valeur et dont  tous les autres découlent est la foi.  La foi devrait-être un sujet de joie, de sérénité et  de satisfaction pour nous. Mais elle est devenue dans nos sociétés d’église un sujet de rivalité entre les croyants, déjà dénoncé par Paul, mais qui n’a fait que s’aggraver depuis.   La  foi  est devenue  un sujet d’exclusion des uns par les autres, de refus de dialogue à tel point que l’on oublie d’abord que la foi est un don de Dieu, liée à l’irruption de la réalité qu’il représente  dans notre vie. Nous ne nous mettons à croire vraiment que si Dieu lui-même s’est saisi de notre vie et qu’il inspire nos pensées par son esprit qu’il répand sur nous et dont aucun humain ne peut assurer le contrôle pour nous. La foi établit un lien étroit entre nous et Jésus qui mystérieusement partage notre vie et nous ouvre les portes d’un au-delà qui nous était fermé jusque là. La vie en Église est basée sur le partage de cette certitude, sur  la mise en commun de nos expériences et la prière avec Dieu.

C’est alors que le péché que nous croyions  aboli par notre conversion à Dieu risque de prendre sournoisement le dessus. Il consiste à donner priorité  à la pensée humaine et à prétendre que les croyants peuvent prendre le pas sur la volonté de Dieu. Il nous amène à croire que notre propre personne doit être au centre de notre  pensée  et qu’elle nécessite plus d’attention que les autres. Pour  combattre cette tendance mortifère que nous cultivons à plaisir, Jésus nous a donné pour  seul précepte  celui d’aimer les autres comme nous-mêmes,  c’est en faisant cela que nous manifesterons notre amour pour Dieu. Mais sans l’esprit de Dieu qui nous stimule, nous n’y arriverons jamais par nous-mêmes. Chacun se prenant pour le centre de ses propres préoccupations  croit  que Dieu obéit aux mêmes impératifs et  place les  civilisations chrétiennes au dessus des autres, si bien que  celles-ci devraient  s’imposer aux autres.

 Nous comprenons alors que si nous ne nous appuyons pas sur ce qui est  fondamental  dans  la foi, c’est-à-dire l’amour du prochain qui rend tous les hommes égaux devant Dieu, nous passerons à côté  de la vision qu’il a  pour le monde et nous le trahirons en croyant le servir. L’avenir de l’Église et du monde passe  donc  par une conversion de nous-mêmes, de l’Église et des autres, c’est alors  que le monde  sera sauvé

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Actes 10: 34-43 Plus d’angoisse dimanche 16 avril 2017

Posté par jeanbesset le 6 avril 2017

34 Alors Pierre prit la parole : En vérité, dit-il, je comprends que Dieu n’est pas partial, 35 mais qu’en toute nation celui qui le craint et pratique la justice est agréé de lui. 36 Il a envoyé la Parole aux Israélites, en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus-Christ : c’est lui qui est le Seigneur de tous. 37 Vous, vous savez ce qui est arrivé dans toute la Judée, après avoir commencé en Galilée, à la suite du baptême que Jean a proclamé : 38 comment Dieu a conféré une onction d’Esprit saint et de puissance à Jésus de Nazareth qui, là où il passait, faisait du bien et guérissait tous ceux qui étaient opprimés par le diable ; car Dieu était avec lui. 39 Nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le pendant au bois, 40 Dieu l’a réveillé le troisième jour ; il lui a donné de se manifester, 41 non à tout le peuple, mais aux témoins désignés d’avance par Dieu, à nous qui avons mangé et bu avec lui après qu’il s’est relevé d’entre les morts. 42 Et il nous a enjoint de proclamer au peuple et d’attester que c’est lui que Dieu a institué juge des vivants et des morts. 43 Tous les prophètes lui rendent ce témoignage : quiconque met sa foi en lui reçoit par son nom le pardon des péchés.van-gogh-moisson

Nous devrions être des gens heureux et épanouis dans le monde où nous sommes.  Certes tous  n’ont pas le même sort et nous ne  devrions pas  négliger  les injustices qui sont faites au mal chanceux dans notre pays et dans les autres.  Mais si on se permet de jeter  un regard sur le passé, nous constaterons que  le sort de ceux qui vivaient,  ne serait-ce que deux générations plus tôt,  ne souffre pas la comparaison avec la nôtre.   Malgré  les insatisfactions  dont on ne cesse de faire état, nous sommes bien forcés d’admettre que  les techniques de progrès ne cessent de battre des records d’ingéniosité et nous espérons qu’en  dépit de la surpopulation de la planète, le génie humain réussira à nourrir tout le monde et à gommer les dernières difficultés qui font encore de l’ombre au tableau de notre insatisfaction.

Certains de la capacité humaine à surmonter les obstacles, il est  évident semble-t-il que  nous nous avançons vers un avenir serein et sans nuage puisque les désastres   causés par les guerres sont  définitivement relégués au magasin des choses dépassées.   Pourtant un tel discours  est perçu  comme relevant d’une utopie ridicule. Et on  se gausse à l’idée que quelques illuminés  pourraient tenir un tel langage.  Face  à un tel discours, chacun s’empresse d’énumérer les causes d’insatisfaction qui contrediraient les propos qui viennent d’être suggérés.  Il faut donc se résigner au constat selon lequel l’homme, au faîte  de sa réussite technique et à la veille de mettre en place des prouesses médicales inespérées ne réussit pas à rendre ses peuples heureux. Que leur manque-il donc ? S’ils le savaient ils sauraient dans quel sens orienter leurs recherches, mais ils ne le savent pas.

En fait l’insatisfaction que tous ressentent ne se formule pas de la même manière chez les uns et chez les autres.  De ce constat nous comprenons  que l’homme qui  se comporte comme un champion de la découverte et  s’affiche  comme un prince de l’invention, qui est également  un génie de la technique est en fait insatisfait de lui-même. Son insatisfaction  et sa morosité ne viennent pas de l’extérieur de lui, mais lui sont intérieurs.  Ce phénomène sévit à tous  les niveaux de la société et n’épargne personne  parce qu’on ne peut retourner ses griefs contre personne.  On ne peut même pas accuser les autres  car chacun fait partie des autres  et partage la morosité collective.

Jadis, les hommes savaient donner des noms à ce  qui les perturbait  et ils savaient la cause de leurs inquiétudes. Ils accusaient les mauvais génies  qui peuplaient les forêts et qui se faisaient la guerre entre eux au détriment  des hommes.  Ils pensaient aussi que les dieux dans les lieux où ils se trouvaient se jouaient des humains et éprouvaient un malin plaisir  à leur rendre la vie rude. Quand le génie humain (encore lui) a  compris que les esprits de la forêt  étaient inoffensifs parce qu’inexistants et que le  Panthéon  ou l’Olympe étaient sans locataires parce qu’il n’y avait qu’un seul Dieu pour régenter l’univers,  les humains  n’en sont pas moins restés  inquiets.  Leur angoisse a seulement  changé d’aspect.  Bien évidemment cela ne s’est pas fait d’un seul coup,  mais c’est  dans ce sens là que s’est fait l’évolution de la pensée, par un transfert et une modification des angoisses, et c’est Dieu lui-même qui en  fut le sujet.

Les humains ont  alors  pensé  que leurs malheurs et leurs inquiétudes  avaient  pour origine leur mauvaise relation avec ce Dieu tout puissant qui, pour régner en maître, était jaloux de ses prérogatives et faisait subir des sévisses à l’humanité insoumise et désobéissante.  C’est au  moment  où cette crise s’est faite insupportable qu’est née la Réforme comme une forme de révolte contre ce Dieu  insupportable, comme si Jésus Christ n’avait rien changé auparavant au   cours des choses.  Apparemment  son action n’avait pas suffi et la crainte n’avait pas disparu. Tous les hommes n’en avaient pas été libérés. Il y avait donc, encore  d’autres comportements à dénoncer.   Pourtant depuis des siècles  Jésus avait fait tout le travail, mais on n’avait pas  vraiment compris ce qu’il était venu apporter.

Si  dans les temps modernes que nous traversons les croyances  en Dieu se sont atténuées et  ont rendu  Dieu inoffensif, croit-on,  les angoisses ont subsisté cependant. Ce n’est pas en s’écartant de Dieu que les choses allaient changer pour ceux qui ne  croyaient plus en lui. Ils auraient mieux fait  d’écouter ce que Jésus  avait  dit à son sujet   jadis, et d’essayer de comprendre quelles solutions il avait tenté d’apporter à leurs peurs. Un retour aux sources s’impose donc. On découvrira alors   que Jésus demandait aux siens d’inverser les valeurs pour que tout change et que les peurs se transforment en espérance.

Souvenez-vous  des propos de Jésus quand il parlait  de Dieu, c’est à un Père bien veillant et miséricordieux qu’il nous adressait et il donnait des tas d’exemples où ce Père était en décalage complet avec l’image qu’on se faisait traditionnellement de Dieu. Il accueillait son fils débauché sans repentir, absolvait une femme adultère sans aucune  réserve, promettait le salut à des païens aussi bien qu’à des samaritains ou à des juifs. Avant tout  le  Dieu dont il parlait était infiniment bon,  et préférait faire aveu de faiblesse plutôt que de faire violence contre qui que ce soit. Appelez le donc Papa, et vous verrez que ça changera vos relations avec lui.Van Gogh

Ne pensez pas non plus que ce Dieu voulait punir les hommes  en leur envoyant toutes sortes de maladies, mais  c’est plutôt lui qui cherchait à les guérir quand ils étaient en souffrance. Jésus mêlant le geste à la parole imposait les mains aux malades et ils étaient guéris. Si vous croyez encore que Dieu voulait  imposer sa toute puissance  aux hommes  en  menaçant   de les punir de leurs péchés par  les effets  destructeurs des  éléments déchaînés, tournez les regards vers Jésus qui apaisait la tempête pour sécuriser ses amis inquiets. Jésus était habité par l’esprit de Dieu qui refusait d’agir contre les hommes pour les contraindre à l’obéissance.  Au contraire, il  leur communiquait l’énergie de son esprit qui les rendait capables de voir  les choses  autrement  et d’agir autrement.

C’est en tenant  des propos semblables que Pierre s’est adressé aux païens stupéfaits. Ce discours nouveau les a étonné et les a séduits. C’est alors qu’ils ont senti l’esprit les pénétrer  et qu’ils se sont  mis  à croire à ce Dieu qui se présentait d’une manière toute nouvelle, qui les déculpabilisait et qui colorait l’avenir d’espérance.

Il y a cependant  un pas de plus à faire. Il ne suffit pas  seulement de croire. Il faut  encore donner du sens  à sa vie  en se laissant guider par cet  esprit qui s’impose à nous de la part de Dieu et donne du sens à notre ’avenir.

Mais l’avenir, c’est quoi ? 

Si l’esprit de Dieu nous habite tout entier, il habite notre présent  et  aussi notre avenir si bien que  la mort qui nous attend prend  un tout autre aspect. Elle devient certes la fin de quelque chose, mais elle devient aussi le début d’autre chose si bien que la mention de la résurrection arrive ici comme une cerise sur le gâteau  pour apporter une conclusion positive à notre propos. 

 Jésus a été le témoin de ce Dieu qui nous invite à voir les choses autrement.  Il a manifesté que le mot « divinité » se confondait avec celui de  « bonté »  et aussi avec celui de « vie », c’est pourquoi  le pardon des péchés a pris une si grande place dans ses propos. Il est  désormais important pour nous  que  nous orientions  notre vie pour que tout cela devienne vérité en nous. C’est alors que l’espérance qui se manifestera  au travers de nos dires et de nos faires sera le meilleur témoignage que  nous pourrons rendre à ce Dieu qui domine nos craintes, anéantit nos peurs et nous ouvre à une vie véritable. 

Ces quelques illustrations de van Gogh me semblent aptes à illustrer ce qui vient d’être écrit

rophètes lui rendent ce témoignage : quiconque met sa foi en lui reçoit par son nom le pardon des péchés.

Nous devrions être des gens heureux et épanouis dans le monde où nous sommes.  Certes tous  n’ont pas le même sort et nous ne  devrions pas  négliger  les injustices qui sont faites au mal chanceux dans notre pays et dans les autres.  Mais si on se permet de jeter  un regard sur le passé, nous constaterons que  le sort de ceux qui vivaient,  ne serait-ce que deux générations plus tôt,  ne souffre pas la comparaison avec la nôtre.   Malgré  les insatisfactions  dont on ne cesse de faire état, nous sommes bien forcés d’admettre que  les techniques de progrès ne cessent de battre des records d’ingéniosité et nous espérons qu’en  dépit de la surpopulation de la planète, le génie humain réussira à nourrir tout le monde et à gommer les dernières difficultés qui font encore de l’ombre au tableau de notre insatisfaction.

Certains de la capacité humaine à surmonter les obstacles, il est  évident semble-t-il que  nous nous avançons vers un avenir serein et sans nuage puisque les désastres   causés par les guerres sont  définitivement relégués au magasin des choses dépassées.   Pourtant un tel discours  est perçu  comme relevant d’une utopie ridicule. Et on  se gausse à l’idée que quelques illuminés  pourraient tenir un tel langage.  Face  à un tel discours, chacun s’empresse d’énumérer les causes d’insatisfaction qui contrediraient les propos qui viennent d’être suggérés.  Il faut donc se résigner au constat selon lequel l’homme, au faîte  de sa réussite technique et à la veille de mettre en place des prouesses médicales inespérées ne réussit pas à rendre ses peuples heureux. Que leur manque-il donc ? S’ils le savaient ils sauraient dans quel sens orienter leurs recherches, mais ils ne le savent pas.

En fait l’insatisfaction que tous ressentent ne se formule pas de la même manière chez les uns et chez les autres.  De ce constat nous comprenons  que l’homme qui  se comporte comme un champion de la découverte et  s’affiche  comme un prince de l’invention, qui est également  un génie de la technique est en fait insatisfait de lui-même. Son insatisfaction  et sa morosité ne viennent pas de l’extérieur de lui, mais lui sont intérieurs.  Ce phénomène sévit à tous  les niveaux de la société et n’épargne personne  parce qu’on ne peut retourner ses griefs contre personne.  On ne peut même pas accuser les autres  car chacun fait partie des autres  et partage la morosité collective.

Jadis, les hommes savaient donner des noms à ce  qui les perturbait  et ils savaient la cause de leurs inquiétudes. Ils accusaient les mauvais génies  qui peuplaient les forêts et qui se faisaient la guerre entre eux au détriment  des hommes.  Ils pensaient aussi que les dieux dans les lieux où ils se trouvaient se jouaient des humains et éprouvaient un malin plaisir  à leur rendre la vie rude. Quand le génie humain (encore lui) a  compris que les esprits de la forêt  étaient inoffensifs parce qu’inexistants et que le  Panthéon  ou l’Olympe étaient sans locataires parce qu’il n’y avait qu’un seul Dieu pour régenter l’univers,  les humains  n’en sont pas moins restés  inquiets.  Leur angoisse a seulement  changé d’aspect.  Bien évidemment cela ne s’est pas fait d’un seul coup,  mais c’est  dans ce sens là que s’est fait l’évolution de la pensée, par un transfert et une modification des angoisses, et c’est Dieu lui-même qui en  fut le sujet.

Les humains ont  alors  pensé  que leurs malheurs et leurs inquiétudes  avaient  pour origine leur mauvaise relation avec ce Dieu tout puissant qui, pour régner en maître, était jaloux de ses prérogatives et faisait subir des sévisses à l’humanité insoumise et désobéissante.  C’est au  moment  où cette crise s’est faite insupportable qu’est née la Réforme comme une forme de révolte contre ce Dieu  insupportable, comme si Jésus Christ n’avait rien changé auparavant au   cours des choses.  Apparemment  son action n’avait pas suffi et la crainte n’avait pas disparu. Tous les hommes n’en avaient pas été libérés. Il y avait donc, encore  d’autres comportements à dénoncer.   Pourtant depuis des siècles  Jésus avait fait tout le travail, mais on n’avait pas  vraiment compris ce qu’il était venu apporter.

Si  dans les temps modernes que nous traversons les croyances  en Dieu se sont atténuées et  ont rendu  Dieu inoffensif, croit-on,  les angoisses ont subsisté cependant. Ce n’est pas en s’écartant de Dieu que les choses allaient changer pour ceux qui ne  croyaient plus en lui. Ils auraient mieux fait  d’écouter ce que Jésus  avait  dit à son sujet   jadis, et d’essayer de comprendre quelles solutions il avait tenté d’apporter à leurs peurs. Un retour aux sources s’impose donc. On découvrira alors   que Jésus demandait aux siens d’inverser les valeurs pour que tout change et que les peurs se transforment en espérance.

Souvenez-vous  des propos de Jésus quand il parlait  de Dieu, c’est à un Père bien veillant et miséricordieux qu’il nous adressait et il donnait des tas d’exemples où ce Père était en décalage complet avec l’image qu’on se faisait traditionnellement de Dieu. Il accueillait son fils débauché sans repentir, absolvait une femme adultère sans aucune  réserve, promettait le salut à des païens aussi bien qu’à des samaritains ou à des juifs. Avant tout  le  Dieu dont il parlait était infiniment bon,  et préférait faire aveu de faiblesse plutôt que de faire violence contre qui que ce soit. Appelez le donc Papa, et vous verrez que ça changera vos relations avec lui.

Ne pensez pas non plus que ce Dieu voulait punir les hommes  en leur envoyant toutes sortes de maladies, mais  c’est plutôt lui qui cherchait à les guérir quand ils étaient en souffrance. Jésus mêlant le geste à la parole imposait les mains aux malades et ils étaient guéris. Si vous croyez encore que Dieu voulait  imposer sa toute puissance  aux hommes  en  menaçant   de les punir de leurs péchés par  les effets  destructeurs des  éléments déchaînés, tournez les regards vers Jésus qui apaisait la tempête pour sécuriser ses amis inquiets. Jésus était habité par l’esprit de Dieu qui refusait d’agir contre les hommes pour les contraindre à l’obéissance.  Au contraire, il  leur communiquait l’énergie de son esprit qui les rendait capables de voir  les choses  autrement  et d’agir autrement.

C’est en tenant  des propos semblables que Pierre s’est adressé aux païens stupéfaits. Ce discours nouveau les a étonné et les a séduits. C’est alors qu’ils ont senti l’esprit les pénétrer  et qu’ils se sont  mis  à croire à ce Dieu qui se présentait d’une manière toute nouvelle, qui les déculpabilisait et qui colorait l’avenir d’espérance.

Il yVan Gogh 2 a cependant  un pas de plus à faire. Il ne suffit pas  seulement de croire. Il faut  encore donner du sens  à sa vie  en se laissant guider par cet  esprit qui s’impose à nous de la part de Dieu et donne du sens à notre ’avenir.

Mais l’avenir, c’est quoi ? 

Si l’esprit de Dieu nous habite tout entier, il habite notre présent  et  aussi notre avenir si bien que  la mort qui nous attend prend  un tout autre aspect. Elle devient certes la fin de quelque chose, mais elle devient aussi le début d’autre chose si bien que la mention de la résurrection arrive ici comme une cerise sur le gâteau  pour apporter une conclusion positive à notre propos. 

 Jésus a été le témoin de ce Dieu qui nous invite à voir les choses autrement.  Il a manifesté que le mot « divinité » se confondait avec celui de  « bonté »  et aussi avec celui de « vie », c’est pourquoi  le pardon des péchés a pris une si grande place dans ses propos. Il est  désormais important pour nous  que  nous orientions  notre vie pour que tout cela devienne vérité en nous. C’est alors que l’espérance qui se manifestera  au travers de nos dires et de nos faires sera le meilleur témoignage que  nous pourrons rendre à ce Dieu qui domine nos craintes, anéantit nos peurs et nous ouvre à une vie véritable. 

Ces quelques illustrations de van Gogh me semblent aptes à illustrer ce qui vient d’être écrit

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Esaïe 50:4-7 Dimanche 9 avril 2017

Posté par jeanbesset le 5 avril 2017

 

4Le Seigneur DIEU m’a donné le langage des disciples, pour que je sache soutenir par une parole celui qui est épuisé ; chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille, pour que j’écoute à la manière des disciples.

5Le Seigneur DIEU m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas rebellé et je ne me suis pas dérobé.

6J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je ne me suis pas détourné des insultes et des crachats.

7Mais le Seigneur DIEU m’a secouru ; c’est pourquoi je n’ai pas été confus, c’est pourquoi j’ai rendu mon visage semblable à du granit, sachant que je n’aurais pas honte. Rameaux B

Depuis des siècles, nous ouvrons la semaine sainte en écoutant le martellement des sabots d’un petit âne sur les pavés de la vieille ville de Jérusalem. Il emprunte à peu de choses près le même chemin que Salomon avait suivi, juché sur l’ânesse de son père pour être intronisé roi à sa suite. Il s’agissait d’une révolution de palais qui consistait à imposer Salomon sur le trône de David à la place de son ainé. L’affaire fut chaude. Il y a donc fort peu de similitude entre les deux événements si non le lieu et la monture. Pourtant il s’agit bien aussi pour Jésus d’une révolution, mais elle est d’un autre ordre.

Jésus ne cherche pas à renverser le pouvoir. Il ne bouscule pas les valeurs sociales, comme on l’imagine parfois. Il n’institue pas le règne des pauvres. Il ne suggère pas avant l’heure, une forme de dictature du prolétariat. Le mouvement qui anime Jésus puise ses racines dans les origines prophétiques du judaïsme. Il trouve son inspiration dans la longue complainte du « Serviteur souffrant » à la quelle le prophète Esaïe a prêté sa plume et sa voix. Son histoire trouve son épilogue dans l’agonie de Jésus, au moment où sur la croix il s’écrie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » C’est là le dernier élément qui concerne la création, car c’est bien de la création qu’il s’agit, comme on le verra plus loin.

Nous le connaissons bien ce serviteur torturé du second Esaïe. On lui arrache la barbe sans qu’il se révolte, on le mène au supplice comme un agneau à la boucherie sans qu’il proteste. Les chants du « Serviteur souffrant » servent  de toile de fond à de nombreuses liturgies de la semaine sainte. Sa plainte trouve son accomplissement dans la mort de Jésus comme l’affirmation de la présence de Dieu au sein de la souffrance. Six siècles séparent les deux événements. L’Évangile donne dans la mort de Jésus une réponse aux questions que se posait déjà Esaïe au sujet de toutes les injustices et toutes les souffrances que subissent les humains. Dieu les prend en charge dans l’agonie de Jésus et transforme en espérance de vie tout ce qui était marqué par la mort. Rameaux C

Jadis le prophète Esaïe a osé dire qu’il n’y avait pas de rapport de cause à effet entre la souffrance des hommes et la volonté de Dieu. Il parlait d’un homme juste, persécuté par se semblables et il affirmait que ses souffrances n’avaient pas vraiment de cause.  On le persécutait  et Dieu semblait laisser faire. Il était torturé et Dieu n’intervenait pas. Le prophète savait bien, en disant cela qu’il  était témoin d’un des temps forts de la révélation et que la qualité de notre foi dépendait de la réponse qui sera donnée à toutes les questions qui surgissent sur ce sujet. Comment se fait-il que l’innocent puisse être considéré comme un coupable  sans que Dieu intervienne ? Est-il vraiment possible que l’on souffre sans raison apparente et que le seul baume qui soit efficace ne le soit que quand la mort aura fait son œuvre en nous ?

Dans la révolution instaurée dans les idées du moment par Esaïe, le prophète se propose de dire délibérément dans quel camp Dieu se situe.  Si Dieu participe à la révolte de celui qui souffre et le soutient dans son épreuve, il ne peut être en même temps dans le camp de celui qui inflige sa peine. Qu’on se le dise ! La  révolution que  le prophète Esaïe inaugure avec les chants du serviteur et que Jésus reprend à son compte signifie  que Dieu a  délibérément pris position en faveur de celui qui souffre. Ce n’est pas l’avis de ceux qui considèrent qu’il faut accepter son sort sans protester comme un acte de foi et  qu’il faut accepter que Dieu nous impose la souffrance comme une épreuve de notre foi.

Nous nous demandons alors comment Dieu peut-il correspondre au Père aimant en qui Jésus  trouve sa joie ?  Le prophète Esaïe qui nous rapporte ces faits est le deuxième du nom. Il vivait à l’époque de l’exil à Babylone.  Il a vu s’effondrer l’état d’Israël et il a partagé le sort de ses compatriotes en exil. Les savants se demandent encore qui est ce serviteur souffrant dont il parle ?  Est-ce le peuple d’Israël ? Est-ce le prophète lui-même dont un autre raconte les souffrances ? Dans ces textes provocants,  le prophète essaye de trouver de la cohérence dans ce qui est incohérent et de l’ordre dans le désordre. C’est  dans ces questions que nous rejoignons les interrogations sur la création que nous posions au début de notre propos.

Plus l’humanité évolue, plus elle se trouve engoncée dans ce qui n’a pas de sens. Plus l’humanité  tend à s’organiser, plus surgissent en son sein les causes les de rivalité et de désespoir. Plus la médecine évolue, plus les moyens de destruction augmentent. Nous sommes encore dans la même situation de chaos tel qu’il est décrit au début des Ecritures. A l’origine nous est-il dit, « L’esprit de Dieu se mouvait au dessus de l’immensité qui n’était qu’un Tohu Bohu  informe et vide. Cette description du début des temps, correspondrait-elle encore à la réalité  d’aujourd’hui ?

Dieu est-il encore en train de se battre contre le désordre qu’il essaye de réguler depuis toujours? Est-il encore en train de bousculer les forces hostiles pour que la terre s’épanouisse ? Est-il encore en train de diviser le firmament pour maintenir le jour en équilibre et  pour que l’ensemble de la planète évolue sans que la terre tremble et les océans ne se révoltent ?  Est-il toujours en train de pousser les hommes à agir au milieu de cette agitation pour que la cohérence prenne le dessus ? Tout se passe Rameaux Dcomme si toutes les étapes de la création étaient mêlées les unes aux autres et non pas classées en six jour distincts. C’est à ce demander si le  poète qui nous a transmis ce récit merveilleux de la Création n’a pas séparé les époques pour mieux les décrire, alors que dans le réalité elles étaient toutes imbriquées les unes dans les autres ? S’il en est ainsi, c’est que Dieu est encore aujourd’hui en train de s’efforcer de créer un monde à l’image de son désir et invite l’homme à l’y rejoindre. Alors que l’opération est en cours, Dieu  patiemment attend le septième jour qui n’est pas encore accompli et continue à se colleter avec le Tohu Bohu. Il s’efforce en même temps de projeter en chaque humain le désir d’ordre qui est en lui. Dieu a confiance en l’homme qu’il a créé et il cherche à s’en faire un partenaire, c’est pourquoi il a besoin de partager son désir avec lui pour l’aider à organiser le monde dans une évolution cohérente.

Il est dans la nature du monde de résister au talent organisateur de Dieu. Cette résistance prend toutes les formes possibles et contamine l’homme lui-même. Celui-ci, avant de se soumettre à Dieu reste le pur produit de ce monde rebelle. N’est-il pas selon les textes, issu de cette terre qui résiste à Dieu alors que Dieu essaye de la dompter pour la créer.

Dans la nature, toujours insoumise, les lions et les insectes ainsi que toutes les autres bêtes dites dangereuses tels les virus et les microbes se font la guerre entre eux et n’épargnent pas les humains. Ils les combattent jusqu’à ce que mort  s’en suive.  Y a-t-il encore du sens à tout cela ? Rameaux E

Tout cela a du sens si chacun entre dans le projet créateur de Dieu. Dieu quant à lui se refuse à se laisser dominer par un monde sans loi. Au contraire, il essaye de créer des lois  d’équilibre dont le seul secret est l’amour, c’est par lui qu’il agit sur les hommes pour qu’ils se tournent vers Dieu et adoptent son projet d’avenir. L’harmonie deviendra la règle et le mal vaincu s’estompera au point de disparaître. Dieu espère que grâce à sa prodigieuse intelligence, l’homme se mettra au service de ce monde nouveau qu’il espère. Il met  alors tout en œuvre pour que l’amour devienne la règle de l’évolution.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Esaïe 50:4-7 Dimanche 9 avril 2017

Posté par jeanbesset le 5 avril 2017

4Le Seigneur DIEU m’a donné le langage des disciples, pour que je sache soutenir par une parole celui qui est épuisé ; chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille, pour que j’écoute à la manière des disciples.

5Le Seigneur DIEU m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas rebellé et je ne me suis pas dérobé.

6J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je ne me suis pas détourné des insultes et des crachats.

7Mais le Seigneur DIEU m’a secouru ; c’est pourquoi je n’ai pas été confus, c’est pourquoi j’ai rendu mon visage semblable à du granit, sachant que je n’aurais pas honte.

Depuis des siècles, nous ouvrons la semaine sainte en écoutant le martellement des sabots d’un petit âne sur les pavés de la vieille ville de Jérusalem. Il emprunte à peu de choses près le même chemin que Salomon avait suivi, juché sur l’ânesse de son père pour être intronisé roi à sa suite. Il s’agissait d’une révolution de palais qui consistait à imposer Salomon sur le trône de David à la place de son ainé. L’affaire fut chaude. Il y a donc fort peu de similitude entre les deux événements si non le lieu et la monture. Pourtant il s’agit bien aussi pour Jésus d’une révolution, mais elle est d’un autre ordre. 

Jésus ne cherche pas à renverser le pouvoir. Il ne bouscule pas les valeurs sociales, comme on l’imagine parfois. Il n’institue pas le règne des pauvres. Il ne suggère pas avant l’heure, une forme de dictature du prolétariat. Le mouvement qui anime Jésus puise ses racines dans les origines prophétiques du judaïsme. Il trouve son inspiration dans la longue complainte du « Serviteur souffrant » à la quelle le prophète Esaïe a prêté sa plume et sa voix. Son histoire trouve son épilogue dans l’agonie de Jésus, au moment où sur la croix il s’écrie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » C’est là le dernier élément qui concerne la création, car c’est bien de la création qu’il s’agit, comme on le verra plus loin. 

Nous le connaissons bien ce serviteur torturé du second Esaïe. On lui arrache la barbe sans qu’il se révolte, on le mène au supplice comme un agneau à la boucherie sans qu’il proteste. Les chants du « Serviteur souffrant » servent  de toile de fond à de nombreuses liturgies de la semaine sainte. Sa plainte trouve son accomplissement dans la mort de Jésus comme l’affirmation de la présence de Dieu au sein de la souffrance. Six siècles séparent les deux événements. L’Evangile donne dans la mort de Jésus une réponse aux questions que se posait déjà Esaïe au sujet de toutes les injustices et toutes les souffrances que subissent les humains. Dieu les prend en charge dans l’agonie de Jésus et transforme en espérance de vie tout ce qui était marqué par la mort. 

Jadis le prophète Esaïe a osé dire qu’il n’y avait pas de rapport de cause à effet entre la souffrance des hommes et la volonté de Dieu. Il parlait d’un homme juste, persécuté par se semblables et il affirmait que ses souffrances n’avaient pas vraiment de cause.  On le persécutait  et Dieu semblait laisser faire. Il était torturé et Dieu n’intervenait pas. Le prophète savait bien, en disant cela qu’il  était témoin d’un des temps forts de la révélation et que la qualité de notre foi dépendait de la réponse qui sera donnée à toutes les questions qui surgissent sur ce sujet. Comment se fait-il que l’innocent puisse être considéré comme un coupable  sans que Dieu intervienne ? Est-il vraiment possible que l’on souffre sans raison apparente et que le seul baume qui soit efficace ne le soit que quand la mort aura fait son œuvre en nous ? 

Dans la révolution instaurée dans les idées du moment par Esaïe, le prophète se propose de dire délibérément dans quel camp Dieu se situe.  Si Dieu participe à la révolte de celui qui souffre et le soutient dans son épreuve, il ne peut être en même temps dans le camp de celui qui inflige sa peine. Qu’on se le dise ! La  révolution que  le prophète Esaïe inaugure avec les chants du serviteur et que Jésus reprend à son compte signifie  que Dieu a  délibérément pris position en faveur de celui qui souffre. Ce n’est pas l’avis de ceux qui considèrent qu’il faut accepter son sort sans protester comme un acte de foi et  qu’il faut accepter que Dieu nous impose la souffrance comme une épreuve de notre foi.  

Nous nous demandons alors comment Dieu peut-il correspondre au Père aimant en qui Jésus  trouve sa joie ?  Le prophète Esaïe qui nous rapporte ces faits est le deuxième du nom. Il vivait à l’époque de l’exil à Babylone.  Il a vu s’effondrer l’état d’Israël et il a partagé le sort de ses compatriotes en exil. Les savants se demandent encore qui est ce serviteur souffrant dont il parle ?  Est-ce le peuple d’Israël ? Est-ce le prophète lui-même dont un autre raconte les souffrances ? Dans ces textes provocants,  le prophète essaye de trouver de la cohérence dans ce qui est incohérent et de l’ordre dans le désordre. C’est  dans ces questions que nous rejoignons les interrogations sur la création que nous posions au début de notre propos. 

Plus l’humanité évolue, plus elle se trouve engoncée dans ce qui n’a pas de sens. Plus l’humanité  tend à s’organiser, plus surgissent en son sein les causes les de rivalité et de désespoir. Plus la médecine évolue, plus les moyens de destruction augmentent. Nous sommes encore dans la même situation de chaos tel qu’il est décrit au début des Ecritures. A l’origine nous est-il dit, « L’esprit de Dieu se mouvait au dessus de l’immensité qui n’était qu’un Tohu Bohu  informe et vide. Cette description du début des temps, correspondrait-elle encore à la réalité  d’aujourd’hui ? 

Dieu est-il encore en train de se battre contre le désordre qu’il essaye de réguler depuis toujours? Est-il encore en train de bousculer les forces hostiles pour que la terre s’épanouisse ? Est-il encore en train de diviser le firmament pour maintenir le jour en équilibre et  pour que l’ensemble de la planète évolue sans que la terre tremble et les océans ne se révoltent ?  Est-il toujours en train de pousser les hommes à agir au milieu de cette agitation pour que la cohérence prenne le dessus ? Tout se passe comme si toutes les étapes de la création étaient mêlées les unes aux autres et non pas classées en six jour distincts. C’est à ce demander si le  poète qui nous a transmis ce récit merveilleux de la Création n’a pas séparé les époques pour mieux les décrire, alors que dans le réalité elles étaient toutes imbriquées les unes dans les autres ? S’il en est ainsi, c’est que Dieu est encore aujourd’hui en train de s’efforcer de créer un monde à l’image de son désir et invite l’homme à l’y rejoindre. Alors que l’opération est en cours, Dieu  patiemment attend le septième jour qui n’est pas encore accompli et continue à se colleter avec le Tohu Bohu. Il s’efforce en même temps de projeter en chaque humain le désir d’ordre qui est en lui. Dieu a confiance en l’homme qu’il a créé et il cherche à s’en faire un partenaire, c’est pourquoi il a besoin de partager son désir avec lui pour l’aider à organiser le monde dans une évolution cohérente. 

Il est dans la nature du monde de résister au talent organisateur de Dieu. Cette résistance prend toutes les formes possibles et contamine l’homme lui-même. Celui-ci, avant de se soumettre à Dieu reste le pur produit de ce monde rebelle. N’est-il pas selon les textes, issu de cette terre qui résiste à Dieu alors que Dieu essaye de la dompter pour la créer.  

Dans la nature, toujours insoumise, les lions et les insectes ainsi que toutes les autres bêtes dites dangereuses tels les virus et les microbes se font la guerre entre eux et n’épargnent pas les humains. Ils les combattent jusqu’à ce que mort  s’en suive.  Y a-t-il encore du sens à tout cela ? 

Tout cela a du sens si chacun entre dans le projet créateur de Dieu. Dieu quant à lui se refuse à se laisser dominer par un monde sans loi. Au contraire, il essaye de créer des lois  d’équilibre dont le seul secret est l’amour, c’est par lui qu’il agit sur les hommes pour qu’ils se tournent vers Dieu et adoptent son projet d’avenir. L’harmonie deviendra la règle et le mal vaincu s’estompera au point de disparaître. Dieu espère que grâce à sa prodigieuse intelligence, l’homme se mettra au service de ce monde nouveau qu’il espère. Il met  alors tout en œuvre pour que l’amour devienne la règle de l’évolution.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Jean 11:1-45 Résurrction de Lazare 2 avril 2017

Posté par jeanbesset le 29 mars 2017

Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur. 2 Marie était celle qui oignit de parfum le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c’était son frère Lazare qui était malade. 3Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade. 4 Après avoir entendu cela Jésus dit : Cette maladie n’est pas pour la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.

5 Or Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare. 6 Quand il eut appris que celui-ci était malade, il resta encore deux jours à l’endroit où il était ; 7 puis il dit aux disciples : Retournons en Judée. 8 Les disciples lui dirent : Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu y retournes ! 9 Jésus répondit : N’y a-t-il pas douze heures dans le jour ? Si quelqu’un marche pendant le jour, il ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; 10mais si quelqu’un marche pendant la nuit, il trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. 11 Après ces paroles, il leur dit : Lazare, notre ami, s’est endormi, mais je pars pour le réveiller. 12 Les disciples lui dirent : Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. 13 Jésus avait parlé de sa mort, mais eux pensèrent qu’il parlait de l’assoupissement du sommeil. 14 Alors, Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort. 15 Et, pour vous, je me réjouis de n’avoir pas été là, afin que vous croyiez. Mais allons vers lui. 16 Sur ce, Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : Allons, nous aussi, afin de mourir avec lui.7 A son arrivée, Jésus trouva que Lazare était déjà, depuis quatre jours, dans le tombeau. 18 Or, Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ. 19Beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie pour les consoler au sujet de leur frère.

20 Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. 21 Marthe dit à Jésus : Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. 22 Mais maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera. 23 Jésus lui dit : Ton frère ressuscitera. 24 Je sais, lui répondit Marthe, qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. 25 Jésus lui dit : Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; 26et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? 27 Elle lui dit : Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.

28  Après avoir dit cela, elle s’en alla. Puis elle appela Marie, sa sœur, et lui dit secrètement : Le Maître est ici, et il t’appelle. 29 Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement et se rendit vers lui ; 30 car Jésus n’était pas encore entré dans le village, mais il était à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. 31 Les Juifs qui étaient dans la maison avec Marie et qui la consolaient, la virent se lever promptement et sortir ; ils la suivirent, pensant qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.32  Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus et qu’elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit : Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. 33 Quand Jésus vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, il frémit en son esprit et fut troublé. 34 Il dit : Où l’avez-vous mis ? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois.

35 Jésus pleura. 36 Les Juifs dirent donc : Voyez comme il l’aimait ! 37 Et quelques-uns d’entre eux dirent : Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne meure pas ? 

38 Jésus, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au tombeau. C’était une grotte, et une pierre était placée devant. 39 Jésus dit : Ôtez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car c’est le quatrième jour. 40 Jésus lui dit : Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? 41 Ils ôtèrent donc la pierre. Jésus leva les yeux en haut et dit : Père, je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé. 42Pour moi, je savais que tu m’exauces toujours, mais j’ai parlé à cause de la foule de ceux qui se tiennent ici, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. 43 Après avoir dit cela, il cria d’une voix forte : Lazare, sors ! 44 Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et le visage enveloppé d’un linge. Jésus

 45  Plusieurs des Juifs venus chez Marie, qui avaient vu ce qu’il avait fait, crurent en lui.Lazare A

Pourquoi la tristesse et la stupeur pèsent-elles aussi lourdement sur ce passage qui anticipe la résurrection glorieuse de Jésus? Nous aurions pu espérer de la part de l’Évangile un récit qui serait comme une avant première de la résurrection finale telle que Paul nous la décrit avec beaucoup de brio dans la première épître aux Thessaloniciens. Il envisage l’ouverture des tombeaux au son de la trompette de l’archange, et il imagine les vivants, ceux qui ne sont pas encore morts, qui s’élèvent dans les nuées à la rencontre du Seigneur ! L’évocation est sans doute un peu pompeuse, elle donne dans le genre de Cécile B. de Milles. Mais pourquoi tant de tristesse dans le récit de l’Évangile. Pourquoi la résignation de Thomas et pourquoi les larmes de Jésus ?

Nous allons découvrir que ce texte ne nous parle pas tellement de la résurrection des morts, mais de la résurrection des vivants. Il va plus s’agir de la résurrection de Marthe qui est encore vivante que de celle de Lazare qui est déjà mort. Nous allons découvrir que pour Jésus la frontière entre la vie et la mort ne se situe pas là où nous la mettons habituellement.

Il est vrai que Paul et Jésus ne se situent pas sur le même plan et qu’ils ne sont pas dans la même situation. Paul fait un exercice de style et il imagine, compte tenu de sa propre foi ce que sera la résurrection finale. Jésus se trouve confronté avec la mort d’un ami qui lui est cher et dans ce contexte le chagrin et la tristesse ont force de loi. Même Jésus n’échappe pas à l’émotion. Il pleure. Ce qu’il a à dire et ce qu’il va faire n’auront aucune valeur s’il ne partage pas d’abord les émotions de ses amis. Plutôt que de donner des indications sur les merveilles de l’au-delà, Jésus rejoint ses amies dans leur désarroi qu’il partage avec elles.

Pour les secourir Jésus entre en communion avec elles. La présence de Jésus se manifeste d’abord par le partage et l’écoute. Il partage le chagrin de ses amies sans pourtant se laisser dominer par lui. C’est ainsi Jésus entre dans nos propres vies, et qu’il partage nos soucis. Il souffre de nos souffrances et pleure de notre chagrin pour pouvoir les faire évoluer afin qu’ils prennent une autre dimension. Ici, il va s’agir de faire sortir ses amies du chagrin de la mort pour entrer dans l’éblouissement de la résurrection sans pourtant heurter leurs sensibilités blessées par la rupture qu’a créée cette mort brutale.

Observez avec quelle délicatesse, Jésus entre dans le chagrin de ses amies sans se laisser prendre par la mort. Les deux femmes sont cloîtrées dans leur deuil et dans le respect de leurs traditions. Bien que vivantes encore, elles sont comme enfermées dans leur maison et dans leur chagrin comme dans la mort. Les seuls signes qui manifestent qu’elles vivent encore, ce sont les signes du chagrin, mais à ce niveau là, vivent-elles encore? Jésus arrive discrètement, mais il arrive trop tard.

Pourquoi  le consolateur semble-t-il arriver toujours trop tard , ou en tout cas au mauvais moment ? C’est bien souvent ce qui se passe quand nous sommes amenés à participer au deuil d’une famille et que nous essayons de dire une parole de réconfort. Nos paroles semblent vaines, nos propos sur la résurrection  insolites, nos versets bibliques, mal venus. L’espérance que l’on voudrait communiquer prend la saveur du désespoir, nos paroles semblent en porte à faux avec la situation, il aurait fallu les dire plus tôt, mais nous n’en avons pas eu l’occasion.

Jésus sait tout cela, c’est pourquoi il n’entre pas dans ce lieu de mort, il reste à l’extérieur du village, là où peut être il y a encore de la vie et de l’espoir. Il ne parle pas, il attend. Marthe sort de la maison, elle sort de son deuil pour venir à lui, elle se met en mouvement, et déjà elle entre dans un processus de vie. Elle sort du lieu de la mort pour aller vers l’espérance. Elle va vers Jésus et quelque chose se passe.

Il est sans doute impossible de décrire ce qui se passe avec des mots normaux, car ce n’est pas dans les mots que ça se passe. Ils échangent des paroles de convention sur la mort et la résurrection, mais parce que Marthe est sortie de chez elle, parce qu’elle a suivi le mouvement de son désir, les paroles échangées avec Jésus se revêtent d’une force nouvelle. Elle découvre que la résurrection n’est pas pour un futur lointain. La résurrection est là où se situe Jésus. Et parce que Jésus est là, Dieu est présent et elle n’a pas besoin d’autre chose. La puissance de vie qui émane de Jésus l’envahit et la mort physique de son frère ne semble plus avoir d’incidence sur elle. C’est vers sa sœur qu’elle se tourne pour qu’elles partagent ensemble cette nouvelle forme de vie qui dépasse la mort.

C’est une Marthe transformée qui court vers Marie. Elle devient missionnaire de la bonne nouvelle qui est en elle et qu’elle ne sait pas décrire encore. Marie, au seul nom de Jésus sort aussitôt de sa réserve et de son deuil et s’offre à Jésus pour être transformée comme sa sœur. Jésus a fait un magnifique travail auprès des deux femmes. Il est venu vers elles avec la compassion nécessaire et il a attendu que l’élan de leur cœur et l’amour qu’elles ont pour lui éveillent en elles un désir tel qu’elles s’extraient elles-mêmes de la situation de mort où elles sont enfermées. C’est alors qu’avec tendresse, Jésus peut les revêtir de résurrection. Elles changent alors de manière de penser et d’agir, parce que Jésus par sa seule présence a peLazare Brmis que s’accomplisse en elles le vrai miracle de la résurrection.

Ce vrai miracle est celui que Jésus réserve à chacune et à chacun de nous. Il nous apprend que sans doute nous nous croyons vivants mais qu’en fait nous sommes déjà morts. Pour chacune et chacun de ceux qui croient, Jésus se tient avec tendresse dans l’espace de leur vie et pour chacun d’eux il a les mots qui conviennent quand ils se décident à aller vers lui. Y a-t-il en nous ce désir qui nous pousse à aller au delà de nous-mêmes vers celui qui fait vivre ?

 Même ceux qui croient ont du mal à penser que la résurrection commence maintenant. Nous avons vu que cette transformation dans la pensée des deux femmes est le résultat d’un lent processus. Patiemment Jésus a attendu que ces deux femmes découvrent dans ses paroles et sa personne une dimension nouvelle de la vie. Il a attendu que surgisse en elles le désir de vivre autrement. Il en est de même pour nous. Nous devons trouver en nous la force de faire les premiers pas pour goûter dès maintenant de la vie nouvelle que Jésus donne. Mais cela ne nous évite pas les moments de chagrin et de deuil. Ils sont même nécessaires pour qu’après le deuil, tous les deuils, le désir de vivre s’empare de nous et la conviction de la résurrection prenne enfin sa place. Jésus sait tout cela et c’est cela qu’il pratique avec ses deux amies.

Mais  le récit ne s’arrête pas là, il va encore plus loin, la bonne nouvelle de la résurrection est aussi pour ceux qui sont morts. Elle est pour ceux qui semblent définitivement murés dans leur tombeau. Jésus ne fait pas de différence entre les morts et les vivants. Il s’occupe de Lazare de la même manière qu’il l’a fait pour Marthe et Marie, comme si la mort n’était pas un obstacle à son action.

Quelque soit le tombeau où nous sommes enfermés, quels que soit la situation de mort qui nous opprime, Jésus est là pour donner à notre vie une dimension nouvelle qui anticipe la résurrection quand elle viendra au dernier jour. Jésus a une bonne nouvelle pour tous ceux qui se sentent enfermés. Il nous donne, à nous les ressuscités une mission : comme Marthe a du courir pour chercher Marie et l’amener à la vie, de même les témoins que Jésus met au bénéfice de la même expérience doivent aider les morts à se libérer. C’est pour signifier cela qu’il demande aux témoins d’aider Lazare, à se défaire des bandelettes qui le retiennent dans la mort. « Déliez-le, dit Jésus et laissez-le aller ». Lazare C

Qu’est ceà dire ? Si non que les candidats à la résurrection que vous êtes sont invités à délier les liens qui retiennent tous ceux qui sont dans une situation de mort. Jésus fera le reste. Il n’y a pas de frontières pour Jésus entre ce monde-ci et celui de ceux qui ne sont plus, ce n’est qu’une question d’appréciation. Il y a possibilité de résurrection pour tous et nous devons donc être des instruments de libération pour tous. Nous nous souviendrons que le Consolateur est toujours attendu et qu’il ne vient jamais trop tard car il y a toujours de la place pour l’espérance. 

 

 

Les  illustrations sont de Gérard de Saint Jean (Geertgen-1465-1495) Primitif Flamand Musée du louvre

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Samuel 16/1-3 Dieu intervient-il dans l’histoire – dimanche 26 mars 2016

Posté par jeanbesset le 18 mars 2017


1Le SEIGNEUR dit à Samuel : Jusqu’à quand pleureras-tu sur Saül ? Moi, je l’ai rejeté : il ne sera plus roi sur Israël. Remplis ta corne d’huile et va. Je t’envoie chez Jessé, le Bethléhémite, car j’ai vu mon roi parmi ses fils.

2Samuel dit : Comment irais-je ? Saül l’apprendra et il me tuera. Le SEIGNEUR dit : Tu emmèneras avec toi une génisse et tu diras : « Je viens offrir un sacrifice au SEIGNEUR. »

3Tu inviteras Jessé au sacrifice ; je te ferai savoir moi-même ce que tu dois faire, et tu conféreras pour moi l’onction à qui je te dirai.

4Samuel fit ce que le SEIGNEUR avait dit ; il se rendit à Beth-Léhem. Les anciens de la ville vinrent en tremblant à sa rencontre et lui dirent : Bienvenue !

5Il répondit : Bonjour ! Je viens pour offrir un sacrifice au SEIGNEUR. Consacrez-vous et venez avec moi au sacrifice. Il consacra aussi Jessé et ses fils et les invita au sacrifice.

6Lorsqu’ils arrivèrent, il se dit, en voyant Eliab : A coup sûr, le SEIGNEUR a devant lui l’homme de son onction !

7Mais le SEIGNEUR dit à Samuel : Ne prête pas attention à son apparence et à sa haute taille, car je l’ai rejeté. Il ne s’agit pas de ce que l’homme voit ; l’homme voit ce qui frappe les yeux, mais le SEIGNEUR voit au cœur.

8Jessé appela Abinadab et le fit passer devant Samuel. Samuel dit : Le SEIGNEUR n’a pas non plus choisi celui-ci.

9Jessé fit passer Shamma, et Samuel dit : Le SEIGNEUR n’a pas non plus choisi celui-ci.

10Jessé fit passer sept de ses fils devant Samuel, et Samuel dit à Jessé : Le SEIGNEUR n’a choisi aucun d’eux.

11Puis Samuel dit à Jessé : N’y a-t-il plus d’autres jeunes gens ? Et il répondit : Il reste encore le petit, mais il fait paître le troupeau. Alors Samuel dit à Jessé : Envoie quelqu’un le chercher, car nous ne nous installerons pas avant qu’il soit arrivé ici.

12Jessé l’envoya chercher. Or il était roux, il avait de beaux yeux et une belle apparence. Le SEIGNEUR dit à Samuel : Confère-lui l’onction, c’est lui !

13Samuel prit la corne d’huile et lui conféra l’onction parmi ses frères. A partir de ce jour-là, le souffle du SEIGNEUR s’empara de David. Quant à Samuel, il s’en alla à Rama. Samuel 2

 

Dieu intervient-il dans le cours de l’histoire ? A-t-il une influence sur  les acteurs de ce monde et oriente-t-il leurs plans ? Intervient-il pour modifier le cours des choses quand elles ne vont pas dans le sens où il le souhaite ? Toutes ces questions sont posées dans ce chapitre 16 du premier  livre de Samuel. Elles fournissent  même une réponse à celui qui sait poser les bonnes questions. Un survol rapide de ce récit laisserait entendre que Dieu agit à sa guise et qu’il utilise les hommes, comme il l’entend  pour orienter  les événements.  A vrai dire, ce n’est pas si simple, car les hommes ne sont pas des jouets dans ses mains et les événements n’obéissent pas à sa volonté  comme par automatisme.

Ici, Dieu discerne dans les qualités d’un enfant sa capacité à diriger correctement le  pays. Même si cela n’est pas clairement dit, il faudra que cet enfant assume lui-même les responsabilités qui lui incombent pour accomplir son destin. Si Samuel discerne en lui les capacités qui sont les siennes pour devenir roi, ce sera à lui d’agir de telle sorte que son destin se réalise selon  la volonté de Dieu.   Mais avant de  voir  comment  David va assumer sa tâche, il va falloir que nous prenions en compte le fait  que  le soutient que Dieu  semble lui accorder repose  sur une injustice qui est révélée par ces quelques questions : Pourquoi lui et pas un autre ? Pourquoi Saül est-il rejeté et pourquoi David est-il favorisé ? Pour comprendre ce qui se cache derrière ces questions,  il va nous falloir remonter  légèrement en arrière dans le cours du récit.

Le récit oppose le roi Saül qui subit la défaveur de Dieu au futur roi David qui bénéficie de la faveur de ce même Dieu.  Saül avait autant de qualités pour être roi que David. Comme lui il était issu d’un milieu rural. Il était berger et  s’occupait  des ânes de son Père. Comme lui il avait une belle prestance. Que fit-il pour que son règne soit perçu comme un échec ?  Il déplu à Dieu en n’exécutant pas à la lettre les ordres qui lui avaient été transmis par Samuel.  Il offrit le sacrifice à la place de Samuel retardé,  il ne fit pas respecter à la lettre l’interdit. A la suite de chacune de ses erreurs, somme toute assez minimes en considération de celles que commit David plus tard,  il se repentit et demanda à Dieu de lui accorder son pardon, ce qui lui fut refusé.  Ses crises de folies furent  interprétées par les auteurs du texte comme des signes de la réprobation  divine  et   une  prise de possession de son âme par un esprit  mauvais. Et jamais il ne put en être délivré ni par Samuel, ni par Dieu.

A l’opposé, les erreurs de David furent  nombreuses, et finirent toujours par être pardonnées, même les plus graves. En fait, les auteurs expliquent les revers de l’un et les succès de l’autre  comme le résultat du regard que Dieu portait sur eux. Si tel est le sentiment que laissent transparaître le récit, il apparaitrait alors que Dieu interviendrait dans le cours de l’histoire d’une manière injuste et arbitraire.

Après ces réflexions nous pouvons reprendre le petit récit sur l’onction de David qui laisse entendre que la raison du plus fort n’est pas la meilleure. Il ne faut pas se fier aux apparences, c’est pourquoi les sept ainés sont écartés. Mais une question reste cependant en suspens. Pourquoi la famille de Jessée (Isaïe) a-t-elle été choisie ? La question reste sans réponse. Pour  y comprendre quelque chose, il faut considérer que l’histoire  a été rapportée  bien longtemps après les événements par les historiographes de David qui ont voulu montrer,  en  présentant  les choses ainsi, que  la dynastie  de David avait eu  les faveurs de Dieu dès les origines.  Malgré la volonté des auteurs d’orienter le récit en faveur de David, ils donnent cependant à Dieu une  apparence d’impartialité. Sa faveur va vers celui qui a le moins de chance. Il est encore un  jeune berger  et il n’est pas encore perverti par l’ambition. Il a donc toutes les chances d’être un bon roi s’il laisse parler son cœur. C’est le défit que pose le texte à l’avenir.  Mais tout cela repose sur l’arbitraire de Dieu puisqu’on ne sait rien des autres frères, si non que Dieu les a rejetés à l’avance. Dieu en  fait serait-il injuste ?

Nous nous sommes appliqués  à rendre compte du  malaise que fait naître dans  l’esprit de tout lecteur le fait qu’on ait montré que Dieu malgré une liberté que personne ne lui reproche se comportait d’une manière  injuste et partiale dans ces décisions et ses affections. A moins qu’il faille lire le texte autrement 

 On s’attachera alors  à comprendre que  l’action de Dieu  auprès du nouveau roi n’est pas liée à la faveur qu’il sera sensé lui accorder, mais à la manière dont le roi saura  écouter Dieu cœur à cœur.  Le projet de Dieu se réalisera dans la mesure où Dieu  sera entendu par le roi.  Pour David, comme pour tout homme qui se réfère à Dieu, la volonté de celui-ci se réalise dans la mesure où Dieu sera écouté et entendu. Dieu ne se propose pas d’intervenir dans  le cours des armes, mais il se propose d’agir sur la conscience des individus. Ce texte est écrit pour glorifier les actions de David, sans aucun doute, c’est pourquoi il a accablé Saül,  et la défaveur de Saül n’est donc pas à impliqué à Dieu, mais  doit être attribuée à la partialité des narrateurs.

Reste encore à déterminer comment Dieu inspire  celui qui a la charge de diriger le peuple. Certes, il est dans l’esprit de ceux qui ont rédigé ce récit de démontrer qu’Israël et le roi David  doivent être donnés en  exemple. Les nations doivent prendre leçon de leur comportement pour comprendre l’action de Dieu à travers le roi et son peuple. C’est la  bonne conduite du roi  et de son peupleSamuel 1  qui est garante de l’honneur de Dieu à la face du monde.

Mais comment le roi fera-t-il pour comprendre la volonté de Dieu ?    Celle-ci ne se manifeste pas seulement dans les intuitions intimes du monarque.  Il trouvera l’expression de la volonté de Dieu dans les textes fondateurs tels  le livre de l’Exode par exemple qui  en donne un aperçu clair et précis dans les dix commandements.  On la trouve aussi dans les textes  des livres des  prophètes   qui trouvèrent leur formulation  définitive à l’époque où les textes  relatant l’histoire des rois furent écrits. Ils insistent sur le respect  que l’on doit à  la veuve et  à l’orphelin, sur l’accueil de l’étranger et de l’immigré, sur la libération nécessaire des esclaves. Si le roi s’appuie sur de telles recommandations, son action sera conforme à la volonté de Dieu. 

On trouvera donc dans ce récit de l’enfant  innocent, gardien de troupeaux, promis à la royauté,  le texte fondateur de la dynastie royale.  Elle laisse entendre que Dieu intervient dans l’histoire non pas, par des actes remarquables mais par la mise en œuvre de sa volonté par ceux qui se mettent à son écoute alors qu’ils ont la charge de gouverner le pays. Mais ce texte correspond plus à un souhait concernant le monarque qu’à la réalité. Si Dieu a cherché à inspirer les rois, ceux-ci n’en ont pas moins fait selon leur fantaisie.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Exode 17:3-7 – Moïse et le rocher – 19 mars 2017

Posté par jeanbesset le 11 mars 2017

Exode 17:3-7 Moïse et le rocher Dimanche  19 mars 2017

 3 Là, le peuple avait soif, le peuple maugréait contre Moïse. Il disait : Pourquoi donc nous as-tu fait monter d’Égypte, si tu nous fais mourir de soif, moi, mes fils et mes troupeaux ? 4 Moïse cria vers le SEIGNEUR : Que dois-je faire pour ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ! 5 Le SEIGNEUR dit à Moïse : Passe devant le peuple et prends avec toi des anciens d’Israël ; prends aussi ton bâton, avec lequel tu as frappé le Nil, et tu t’avanceras. 6 Quant à moi, je me tiens là, devant toi, sur le rocher, en Horeb ; tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira. Moïse fit ainsi, sous les yeux des anciens d’Israël. 7 Il appela ce lieu du nom de Massa (« Provocation ») et Meriba (« Querelle »), parce que les Israélites avaient cherché querelle, et parce qu’ils avaient provoqué le SEIGNEUR, en disant : Le SEIGNEUR est-il parmi nous ou non ?Exode 17 A

Ce peuple harassé par sa marche, en pleine asthénie à cause de la soif manque-il vraiment de foi vis-à-vis de Dieu qui a fait naître en lui le désir de liberté par l’entremise de Moïse ? Dieu serait-il un dieu pervers qui attendrait des actes de foi prodigieux pour stimuler les hommes qui se réclament de lui en les culpabilisant ? C’est ce que suscite en nous une lecture trop superficielle de ce texte, et tout être raisonnable serait donc amené  à se détourner d’une telle divinité. Mais ce n’est pas ainsi que nos ancêtres huguenots  ont compris ce texte. C’est pourtant au nom de ce Dieu que beaucoup d’entre eux ont risqué leur vie, se sont fait prendre par les dragons du roi et sont allés mourir aux galères. Dieu ne leur a pas envoyé ces épreuves pour tester leur foi, mais il a donné, à ceux qui n’ont pas succombé sous les coups la force de vivre et d’avancer vers la liberté et nul n’aurait osé dire qu’ils avaient manqué de foi.

C’est avec cette image des peuples avides de liberté et qui n’ont pas forcément réussi à la concrétiser que nous aborderons ce texte aujourd’hui.

On a retenu de cet événement que Dieu, après avoir compris le poids de la détresse et de l’oppression d’un peuple réduit en esclavage a décidé de s’attacher à lui et d’organiser sa délivrance à son corps défendant. L’histoire a fait de cette histoire  le signe même  de l’action de Dieu au milieu des hommes. Elle a servie de motivation aux esclaves  américains,  aux Huguenots en France et  de justificatif à la théologie de la libération. C’est ainsi que pour  pousser ce peuple   dans  l’aventure. Dieu a donné à Moïse vocation de provoquer en lui le désir de liberté, et c’est lui  qui l’ a accompagné ce sur les routes du désert dans l’attente de voir se réaliser son rêve de s’installer  sur  une terre où coule le lait et le miel. Pourtant, c’est une longue période d’errance et de déception qui s’ouvrira  sous  les pas de  ce peuple gonflé d’espérance avant qu’il atteigne son but.

Une telle histoire  aussi exaltante n’a cessée de se reproduire depuis des siècles dans toutes les  sociétés avides de changement. Les itinéraires  n’étaient  pas les mêmes, mais les enjeux sont restés les mêmes. Le désert qu’il fallait traverser à dos de chameaux est devenu de nos jours une mer,  qu’il faut affronter sur de précaires coquilles de noix. La terre d’accueil où les demandeurs de mieux être, espèrent partager l’abondance des pays nantis, devient un mirage et s’éloigne de ceux qui espèrent. Les lieux de refuge deviennent plus inhumains que  la terre de départ. Croyant fuir l’esclavage, ils tombent dans la misère et comme sur la terre qu’ils ont quittée, ils restent des  peuples exploités.

Il n’est pas difficile de faire un parallèle entre la situation des réfugiés actuels et la situation des Hébreux qui se sentaient abandonnés par  ce Dieu qui avait provoqué leur libération. Cette histoire, malgré tout banale, en comparaison des drames que vivent les réfugiés modernes, semble mettre Dieu en accusation.  Certes le peuple libéré de l’esclavage n’avait pas demandé qu’il agisse en leur faveur. Trop exploités, ils n’avaient pas les moyens de redresser la tête ni d’imaginer une délivrance quelconque. Un peuple sans espérance n’a pas les moyens de se révolter. Depuis des siècles il subissait son  sort sans  broncher. Exode 17 B

Pourtant l’espérance qui semblait impossible s’est quand même  produite. Les intrigues de cour du moment ont provoqué une rivalité entre princes. La libération de ce peuple opprimé devint l’enjeu du défi qu’ils se jetèrent l’un à l’autre. Ce fut le début de l’histoire : «  Laisse partir mon peuple, Let my  people go. » Ce n’est pas pour s’approprier le pouvoir que le prince qui défendait les esclaves s’opposait au prince régnant,  c’est pour une question de philosophie : le droit à la liberté.

Voila qui est nouveau. Le droit à la liberté n’est pas une invention des philosophes du dix huitième siècle, c’est un principe qui remonte à la nuit des temps et dont l’origine serait en Dieu, c’est en tout cas ce qui ressort de ce texte.  Les théologiens et les historiens se battent entre eux  pour dater l’origine de ce récit. Qu’importe la date ! Il est clair qu’au cinquième siècle avant Jésus Christ, date de rédaction de ce texte, l’affaire était pliée. Ainsi la première action attribuée à  Dieu  dans l’histoire, le fait apparaître comme un pourvoyeur de liberté. On l’oubliera par la suite.

La notion de liberté et la notion de vie sont toutes proches l’une de l’autre. C’est en vertu de ce principe que  l’enfant expulsé de la prison du ventre de sa mère en sort pour affronter la vie. Le poussin enfermé lui aussi dans son œuf doit casser la coquille qui le retient à l’intérieur pour en sortir et  se préparer à vivre. Le peuple hébreu, séduit par ce prince qui ne revendiquait pas le pouvoir pour lui-même mais qui risquait sa vie pour réclamer le droit à la liberté, fut conquis par son  enthousiasme. Cet enthousiasme lui donna la force  de bousculer le joug qui l’opprimait.  Tels des  poussins brisant leur coquille, ils trouvèrent leur raison de vivre et d’espérer  en Moïse dont ils adoptèrent  le Dieu comme libérateur.

Sur le plan théologique et sur le plan spirituel, tout cela prend du sens et vient alimenter notre foi. Mais on ne peut pas s’en tenir là et se satisfaire de ces principes sans poser la question : pourquoi, cela ne marche-t-il pas, ou pourquoi cela ne marche-t-il que rarement?  C’est en formulant cette question  que nous retrouvons les Hébreux en plein désert, crevant de soif. La dureté du moment a asséché leur espérance. Moïse qui les conduisait n’avait pas vraiment de solution de rechange. Etait-ce la fin de l’expérience ? Etait-ce l’échec de l’entreprise ? Moïse s’était-il  fourvoyé, le Dieu qui était à l’origine de tout cela n’était-il que du vent  sans  pouvoir ? Cette question  revient  d’une façon lancinante.  Pourquoi Dieu qui est à l’origine de tout cela attendit-il si longtemps  pour répondre à leur nécessité immédiate ?  La seule bonne réponse était-elle celle d’un miracle  en dernier recours ?

L’auteur du texte suggère sans le dire (1) qu’ils avaient manqué de foi, qu’ils étaient ingrats et toujours revendicateurs, qu’ils étaient un peuple insatisfait  qui fatiguait  ceux qui leur voulaient leur  bien, à commencer par Dieu. Mais l’espérance en Dieu, face à l’échec apparent ne finit-elle pas par mourir ?  En effet, l’espérance est quelque chose qui vit en nous et pour  qu’elle vive quand plus rien ne nous retient dans la vie,  il faudrait un miracle. L’auteur a compris  que sans l’intervention de Dieu l’histoire allait  tourner court et s’arrêter là, c’est pourquoi sous la plume du narrateur, il a suffi d’un coup de baguette pour que se produise le miracle.  L’histoire repartit  alors et le peuple fut accusé de manquer de foi ! Mais c’était trop facile. Et c’est désespérant pour tous ceux qui ont échoué.

Dans les histoires modernes,  Dieu dispose rarement de  baguettes pour faire évoluer les situations de manière heureuse et surtout il ne dispose pas forcément de mains fermes, telles celles de Moïse pour manier la baguette pourvoyeuse de solutions propices.

Bien qu’audacieux et entreprenant au départ, le dynamisme des peuples en marche perd son énergie à mesure que se succèdent les échecs. Ils perdent l’audace qui les fait avancer.  Si la bonne solution  réside  dans le miracle qui regonflera leur dynamisme, il faut se demander qui aura la force de saisir la baguette que Dieu tend aux hommes pour apporter la solution souhaitée ? La réponse est dans la question ! elle se trouve dans le cœur de celui qui se sent concerné pour faire le geste que Dieu attend des hommes pour réaliser le miracle. Déjà Jésus qui a passé sa vie  à nous motiver, tend le doigt dans notre direction et espère une réponse de ceux qui ont compris son Évangile. Exode 17 C

Il lui faut des mains capables de  tenir la baguette et désireuses de collaborer avec Dieu à l’amélioration du monde. Jésus appelle tous les hommes en aussi grand nombre que nécessaire pour que, autant de miracles que possibles,  se produisent. Ce ne sont pas de  grands miracles qui sont souvent demandés. Ici, ce ne sont  que quelques gouttes d’eau pour assouvir la soif qui rendront  l’espérance et permettront  à ceux qui sont en manque d’avancer, car Dieu a besoin des hommes, de tous ces croyants que nous sommes, pour qu’un avenir meilleur s’ouvre devant les pas de  ceux qui espèrent en lui.  

 (1)  Voir aussi le texte parallèle de  Nb 20 :13

(2)   Illustrations: Eglise Notre Dame de Beaulieu Briatexte  – Nicolaï Grechny

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Genèse 12/1-4 la longue marche des croyants – dimanche 12 mars 2017

Posté par jeanbesset le 27 février 2017

Abraham 2 

1 Le SEIGNEUR dit à Abram :

« Pars de ton pays, de ta famille et de la maison de ton père vers le pays que je te ferai voir.2 Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai.Je rendrai grand ton nom. Sois en bénédiction.

3 Je bénirai ceux qui te béniront,qui te bafouera je le maudirai ;en toi seront bénies toutes les familles de la terre. »

4 Abram partit comme le SEIGNEUR le lui avait dit, et Loth partit avec lui. Abram avait soixante-quinze ans quand il quitta Harrân.

5 Il prit sa femme Saraï, son neveu Loth, tous les biens qu’ils avaient acquis et les êtres qu’ils entretenaient à Harrân. Ils partirent pour le pays de Canaan.

 

Un jour, à l’origine de l’humanité,  quelques humains décidèrent de partir vers un ailleurs au-delà de leurs forêts natales nichée au cœur de l’Afrique en direction de terres jusqu’alors inconnues. C’est ainsi que les historiens imaginent la progression  de l’espèce humains à travers les continents depuis ses origines africaines L’histoire humaine a commencé selon eux par une marche irréversible entreprise par quelques individus vers  des terres  jusqu’alors ignorées capables de les accueillir.  Le départ était donné.  Cette marche des hommes vers l’inconnu  ne s’arrêtera jamais.

A l’autre bout de l’histoire les derniers descendants de ces premiers voyageurs poursuivent les mêmes rêves vers d’autres terres, toutes aussi inconnues, capables de les accueillir sur d’autres planètes. Rien ne semble devoir  limiter ce mouvement irréversible qui pousse les humains à aller voir plus loin.Abraham4

Entre le départ des premiers  explorateurs vers des terres autres que les leurs et la mise en œuvre du  désir de leurs derniers  descendants de quitter leur planète, des milliers d’humains habités par ce même projets de départ  ont suivi les étoiles, guidés par leur intuition pour découvrir de nouvelles terres propres à les recevoir. Parmi eux,  Marco Polo et Christophe Colomb furent les plus célèbres, mais  ne furent pas les seuls.

Si ce désir d’aller voir ailleurs est inhérent à l’homme, il serait surprenant qu’il ne trouve pas son origine en Dieu, car l’homme est fait  à son image selon les Ecritures. Curieusement, la Bible s’est attachée à suivre les pas d’un de ces voyageurs fameux : «  Pars,   lui avait dit une voix, coupe les racines qui te rattachent à la maison de ton père ». C’est Dieu lui-même qui donnait le coup d’envoi d’une  aventure prodigieuse qu’il inscrivait dans une longue tradition  de l’humanité. Abraham partit avec sa femme,  ses troupeaux et le rêve de se faire un nom parmi les nations.

 Ainsi semble-t-il, Dieu a mis dans  nos gènes  un dynamisme qui pousse les plus aventureux à aller  voir plus loin, là où personne n’est encore allé. Ils   à rompent avec la tradition  selon laquelle l’avenir  de chacun consisterait à mettre ses pas dans ceux de son père et de refaire  après lui la même chose que lui. L’homme poussé par Dieu est un curieux de nature. Ce ne sont même pas  seulement des terres nouvelles qu’il cherche à s’approprier, mais des idées nouvelles et une autre forme de pensée.  Dans cette longue entreprise qui s’ouvre devant lui, c’est un autre visage de Dieu qu’Abraham découvrira et qui s’affinera à mesure de ses déplacements.

Il  multipliera les étapes, commettra des erreurs, changera la direction de ses pas. Seule la mort l’arrêtera. Son fils Isaac s’appropriera la nouvelle terre enfin acquise. L’entreprise de son père semblait donc avoir  pris fin avec lui. Mais Dieu allait-il fixer  à tout jamais, sur ce morceau de désert où Abraham avait posé son campement, ceux qui allaient devenir « son peuple » ? Le voyage n’était cependant pas fini ! S’arrêterait-il un jour  d’ailleurs? Jacob, le petit fils fut habité de la même frénésie que le grand père et c’est en Egypte qu’il tentera de stabiliser la tribu. Elle dut en partir quelques générations plus tard, en considérant ce nouveau départ comme une bénédiction divine. Les Ecritures  interprètent  tous ces déplacements   comme l’expression de la volonté  divine.

Si aujourd’hui  le tourisme nous met  dans des situations semblables à celle d’Abraham et nous invite à l’aventure, le but n’est  cependant pas le même. Le touriste a généralement  l’intention de revenir à son point de départ. Par contre, Dieu quand il nous pousse à partir ne prévoit pas qu’on puisse revenir. La vie que nous menons sous sa conduite ne prévoit si de marche en arrière, ni de point de retour. C’est une continuelle marche en avant.

 Beaucoup plus tard, cette même fièvre de déplacement s’empara  des apôtres de Jésus qui selon la tradition se mettront à  parcourir les mers en tous sens et tous les continents connus, pour obéir aux ordres du Christ qui en fit des agents itinérants pour proclamer son Evangile.

Abraham avait mis sa foi en une promesse qu’il avait cru entendre de la bouche même de Dieu. Il s’agissait de lui assurer une descendance qui donnerait du sens à sa vie. Sa femme étant stérile, il devait faire confiance à Dieu pour que son projet d’enfant  aboutisse, à moins  d’adopter son neveu dont il avait la charge ou d’utiliser les services d’une autre femme que la sienne.  Cette double possibilité qu’il expérimenta  ne donna pas satisfaction. Elle mit  cependant sa confiance à l’épreuve, car c’est de Dieu et de Dieu seul que devait venir la solution qui donnerait du sens à sa vie.

LaAbraham 5  difficulté  que rencontra  Abraham, et  qui est aussi bien la nôtre, c’est de faire confiance à Dieu quand le doute s’empare de nous et que le projet de vie formulé avec lui cesse d’être nette. La foi n’est pas aveugle,  elle ne s’appuie pas sur une promesse aléatoire, elle doit laisser place à une certitude. Comment alors être certain de la mission que Dieu nous confie  quand  on ne le voit pas et qu’il  ne se fait entendre que par nos  voix intérieure ? Comment  être sûr de notre discernement quand il s’agit d’une question de vie ?

Il nous faut aiguiser notre discernement.  Le discernement consiste à savoir quand c’est Dieu qui nous parle et que ce n’est pas la cupidité qui nous anime. A chaque étape de son voyage Abraham se trouva face à des  choix qui provoquèrent  sa sagacité. Il dut  dominer ses sentiments personnels qui  pouvaient orienter de ses choix et décider, à la place de Dieu quelle chose il fallait faire.  Il fut provoqué par la peur et par  sa cupidité,  ou par  la logique humaine qui érige en défi  ce qui ne l’était pas. Ainsi,   par exemple la question de son âge le tourmenta :  était-il raisonnable  d’entreprendre ce qu’il faisait   à  l’âge qui était le sien ? Il réalisa que pour entendre Dieu il devait  donner priorité à tout ce qui était  porteur de vie.  Il devra  alors lutter contre lui-même pour découvrir que la vie d’Isaac était plus précieuse  que l’obéissance aveugle à une voix qu’il croyait être celle de Dieu et qui  lui ordonnait  de sacrifier son enfant. Il fut alors  tourmenté  par sa propre réflexion jusqu’à ce qu’il comprenne que le sacrifice de l’enfant ne signifiait  pas sa mise à mort. Il s’agissait seulement  de le lui consacrer.

 Sur le chemin de l’aventure, c’est sa foi qui devait  le guider dans ses choix, mais son intelligence éclairée par l’esprit de Dieu devait constamment être tenue en éveil pour saisir correctement la volonté de Dieu afin de toujours  faire passer l’intérêt des autres avant le sien. C’est à cette condition que l’écho de  la voix de Dieu  serait vraiment audible.

 Ainsi Dieu met-il du mouvement dans notre vie et nous entraîne-il dans une aventure toujours surprenanteAbraham 6. Il nous fait confiance pour que nous discernions, grâce à l’esprit qu’il met en nous, les bons tournants que nous devons donner à notre existence. Ils consistent à donner priorité à toutes les vies qui nous sont confiées par  les hasards de  notre histoire. C’est le chemin d’une telle  aventure que Jésus a suivi. Il a su discerner  les priorités qui devaient guider ses choix et il a découvert les  choix de Dieu. Étrangement il est allé vers  la mort quand elle s’est présentée à lui, comme le choix nécessaire pour que les autres puissent vivre.

L’aventure d’Abraham est une expérience  superbe   que Dieu lui a offerte et qu’il a su gérer sagement  en suivant les intuitions de sa foi.  Une telle expérience nous est offerte, à nous aussi  si nous apprenons à découvrir les vraies priorités que la foi en Dieu nous demande de mettre en œuvre.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

12345...52
 

AEP Gresivaudan 4ieme 2007-08 |
Une Paroisse virtuelle en F... |
VIENS ECOUTE ET VOIS |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | A TOI DE VOIR ...
| la pagina di San Paolo Apos...
| De Heilige Koran ... makkel...