Matthieu 21/28-32 Parabole des deux fils – dimanche 3 octobre 2017

Posté par jeanbesset le 18 septembre 2017

 

28 Qu’en pensez-vous ? Un homme avait deux fils ; il s’adressa au premier et dit : Mon enfant, va travailler dans la vigne aujourd’hui.

29 Celui-ci répondit : « Je ne veux pas. » Plus tard, il fut pris de remords, et il y alla.

30 L’homme s’adressa alors au second et lui dit la même chose. Celui-ci répondit : « Bien sûr, maître. » Mais il n’y alla pas.

31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils répondirent : Le premier. Jésus leur dit : Amen, je vous le dis, les collecteurs des taxes et les prostituées vous devancent dans le royaume de Dieu.

32 Car Jean est venu à vous par la voie de la justice, et vous ne l’avez pas cru. Ce sont les collecteurs des taxes et les prostituées qui l’ont cru, et vous qui avez vu cela, vous n’avez pas eu de remords par la suite : vous ne l’avez pas cru davantage.

 Les  deux fils

La vie des humains est bien compliquée  et leurs comportements ne répondent pas  à une logique de valeur universelle.  L’histoire racontée ici par Jésus nous pose un défi en face duquel nous avons du mal à nous situer.   Nous n’avons pas toujours la même réaction, les uns et les autres face aux problèmes que nous pose la vie. Ici deux frères réagissent totalement différemment  face à la même situation. On ne sait pas pourquoi ils ont réagi comme ils l’ont fait.  Nous ne savons rien de l’un ou de l’autre ni de leur relation au père.  Celui-ci pourrait-être un brave homme soucieux de  gérer correctement son domaine, il pouvait être aussi un tyran domestique dont chaque fils aurait essayé de contourner les sautes d’humeur. L’un des garçons est  peut être infirme, malade ou trop jeunes pour  faire un tel travail tandis que l’autre  serait peut être un fieffé paresseux soucieux de ses intérêts. Je laisse à chacun de vous le soin de trouver des excuses pour  les déculpabiliser ou au contraire pour les enfoncer dans leur mensonge, car tous deux ont menti.

En fait, le problème n’est pas là et Jésus pointe ici du doigt la complexité de notre nature humaine car nous ne réagissons pas spontanément aux propositions de la vie.  Nous avons besoin de réfléchir  avant de répondre à une interpellation du destin et de décider la bonne attitude à  suivre.  Notre perception immédiate d’une proposition  n’est pas forcément celle que nous retiendrons par la suite, et c’est le cas des deux garçons dont la spontanéité est suspecte.

 Si tel  est notre comportement dans les affaires de la vie, qu’en est-il alors de notre relation à Dieu, car il semble que ce soit là le propos sous-jacent de cette petite histoire. Nous nous en servirons de prétexte pour nous interroger sur la manière dont nous communiquons avec Dieu.

 En fait Dieu ne semble pas nous parler en termes  clairs et précis  comme le suggère généralement  la Bible. En effet, tout au long des récits que nous rencontrons dans l’Écriture nous lisons cette formule : «  Dieu dit » et la personne concernée réagit  en fonction d’un ordre précis. Si Jonas décide de ne pas obéir  et de prendre un autre chemin que celui sur lequel Dieu l’envoie o si  Abraham au contraire suit son injonction à partir suivi de  sa femme et ses troupeaux, c’est que l’un et l’autre, sans que cela soit dit, ont forcément réfléchi avant de prendre une décision. Pourtant, le lecteur que nous sommes se sent perplexe et regrette naïvement , semble-t-il,cette époque bien heureuse où Dieu parlait bouche à bouche et cœur à cœur avec les hommes. Bien que nous pension que les grands témoins de Dieu  avaient un contact immédiat avec lui et savaient entendre sa parole sans questionnement, il n’en était pas ainsi !

 Reprenez donc les textes avec un peu d’attention et vous verrez dans le comportement des patriarches ou des prophètes, même les plus grands que leur vie a été marquée par des moments d’incompréhension où ils n’ont pas compris ce que Dieu leur demandait,  comme ce fut le cas pour Abraham par exemple qui ne comprit pas que Dieu ne lui demandait pas de tuer son fils, mais de le lui consacrer. Le livre de Jérémie est rempli de remarques du prophète faisant état de son désarroi et de son incompréhension en face de ce qu’il comprenait de la volonté de Dieu.

 Par commodité, ceux  qui ont transmis les textes de la Bible ont évité de rapporter les états d’âme de ceux à qui Dieu parlait, ils n’ont pas rapporté la totalité de leurs réflexions  ou de leurs atermoiements, ils ont dit simplement : « Dieu leur parla ». Mais ce raccourci ne les dispensait pas  de tout le débat intérieur qu’ils ont eu pour comprendre ce que Dieu leur demandait.les deux fils 1 

 Quand Dieu parle, c’est d’abord un dialogue qui s’établit entre lui et nous. C’est par la voix d’un autre humain qu’il nous interpelle, c’est par un événement qui provoque une réaction en nous que nous croyons entendre un écho de  sa voix et nous y répondons par un questionnement  intérieur par lequel nous cherchons la bonne voix de Dieu. C’est par ce dialogue entre Dieu et nous, sans qu’aucune parole ne soit vraiment prononcée  que se fait la perception de la volonté divine. C’est par le dialogue avec les autres qu’il se prolonge, c’est par un éclairage avec les Ecritures qu’il se poursuit.

 Ainsi, quand Dieu parle, il fait appel à l’intelligence humaine pour se faire comprendre, et c’est par ce moyen qu’agit le Saint Esprit. En face de chaque situation nouvelle, notre intelligence se met en mouvement. Elle, pèse le pour et le contre et s’appuie sur l’expérience millénaire des nombreux témoins de Dieu que la Bible nous a transmise et dont Jésus a porté témoignage.  Leur foi en Dieu  nous a appris que Dieu agissait toujours par amour et  qu’il ne voulait que le mieux être des hommes. Son seul but est donc de vivre en harmonie avec eux. Toute nos intuitions intérieures qui n’iraient pas dans ce sens ne viendraient  donc  pas de Dieu et ne seraient pas le reflet de sa parole.

 Nous avons en effet, tendance à enfermer Dieu dans des schémas préétablis  en dehors desquels nous nous refusons généralement  à l’entendre. Les contemporains de Jésus étaient tellement   engoncés dans ces concepts qu’ils n’ont pas su reconnaître la parole de Dieu dans les propos de Jean Baptiste qui dénonçaient l’archaïsme de leurs pensées. En s’opposant à lui, ils   affirmaient  que Dieu ne pouvaient pas accueillir les pécheurs si bien que les incroyants, les gens sans éducation qui ne nourrissaient en eux aucun préjugé culturel étaient plus aptes que les croyants et les vrais pratiquants à entendre la parole de Dieu par sa bouche, à la comprendre et à la transmettre.

 Il est curieux de constater que c’est encore le cas dans les débats de société quand on oppose la parole de Dieu  aux propositions que suggèrent  les problèmes éthiques actuels, si bien que l’Église se faisant, risque de fermer ses portes à des hommes et  des femmes, non pas à cause de la parole de Dieu mais à cause de leur non-conformité à des traditions anciennes et respectables, mais  trop rigides pour accepter que Dieu adapte la bonne nouvelle de l’Évangile à l’évolutionLes deux fils 2 des mœurs.

 Dans son commentaire de la parabole qu’il a raconté sur les deux fils  Jésus a   dénoncé notre manière de penser selon laquelle les projets de Dieu seraient établis à l’avance d’une façon immuable et que ses décisions seraient arrêtée de toute éternité. Il nous apprend que Dieu actualise sa parole en fonction de chaque situation nouvelle que nous vivons. A chaque situation nouvelle il nous demande d’exercer notre sagacité pour que sa parole y prenne corps parfois en opposition avec les traditions si bien qu’il met  Moïse en porte à faux par rapport à Jean Baptiste

 Dieu œuvre toujours en fonction du bien des hommes, même  si les situations présentes ont évoluée par rapport au passé et que le mieux être des hommes prend un aspect nouveau. L’attitude des  deux frères de la parabole relève de cette problématique. Ils contestent par leur comportement l’ordre que leur donne leur père, et ils s’en  sortent, l’un et l’autre  par une dérobade qui les amène à confondre le oui et le non. Ils s’avèrent donc incapables d’être cohérents avec eux-mêmes. Le cas échéant, ni l’un ni l’autre ne pourrait se trouver en état d’entendre la voix de Dieu et d’y répondre car ils ont utilisé le mensonge pour se tirer d’affaire si bien que Dieu ne pourrait trouver son compte.   En masquant leur réponse,  ils  portent atteinte à leur père, aussi injuste soit-il  et ne peuvent  pas  dans ces conditions se trouver en accord avec Dieu ni avec les hommes..

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Matthieu 20/1-16 les ouvriers de la dernière heure – Dimanche 24 septembre 2017

Posté par jeanbesset le 15 septembre 2017

1 Voici en effet à quoi le règne des cieux est semblable : un maître de maison qui était sorti de bon matin embaucher des ouvriers pour sa vigne. 2 Il se mit d’accord avec les ouvriers pour un denier par jour et les envoya dans sa vigne. 3 Il sortit vers la troisième heure, en vit d’autres qui étaient sur la place sans rien faire 4 et leur dit : « Allez dans la vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste. » 5 Ils y allèrent.

Il  sortit encore vers la sixième, puis vers la neuvième heure, et il fit de même. 6 Vers la onzième heure il sortit encore, en trouva d’autres qui se tenaient là et leur dit : « Pourquoi êtes-vous restés ici toute la journée sans rien faire ? » 7 Ils lui répondirent : « C’est que personne ne nous a embauchés. — Allez dans la vigne, vous aussi », leur dit-il.

 8 Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Appelle les ouvriers et paie-leur leur salaire, en allant des derniers aux premiers. » 9 Ceux de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier. 10 Les premiers vinrent ensuite, pensant recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier. 11 En le recevant, ils se mirent à maugréer contre le maître de maison 12 et dirent : « Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons supporté le poids du jour et la chaleur ! »

13  Il répondit à l’un d’eux : « Mon ami, je ne te fais pas de tort ; ne t’es-tu pas mis d’accord avec moi pour un denier ? » 14 Prends ce qui est à toi et va-t’en. Je veux donner à celui qui est le dernier autant qu’à toi. 15 Ne m’est-il pas permis de faire de mes biens ce que je veux ? Ou bien verrais-tu d’un mauvais œil que je sois bon ? » 16 C’est ainsi que les derniers seront premiers et les premiers derniers.vigne rouge 2

On pourrait faire une boutade de mauvais goût en disant que Jésus préconise la formule selon laquelle dans le Royaume qu’il veut instaurer, le but à atteindre est de « travailler moins pour gagner plus » ! En fait, ce n’est pas cela que Jésus essaye de faire comprendre, mais c’est pourtant ainsi que ceux qui ont travaillé toute la journée sous le soleil comprendront l’attitude de Jésus vis à vis des ouvriers qui n’ont travaillé qu’une heure. Avec un tel patron, tous viendront le lendemain, en fin d’après midi pour ne travailler qu’ une heure dans l’espoir de gagner le salaire d’une journée. Évidemment avec une telle méthode l’entreprise ira droit à sa perte.

Mais trêve de plaisanteries, revenons au texte. Seule une petite partie des ouvriers de la parabole ont reçu le salaire qui correspondait vraiment à une journée complète de travail. Ceux qui ont travaillé le plus sont ceux qui ont été embauchés les premiers, ce sont sans aucun doute les plus grands physiquement, les plus forts, les plus qualifiés, les plus compétents, ceux qui sont en meilleure santé. Dans les heures qui suivent, ce sont ceux qui ont de moins en moins de capacité qu’on a du embaucher au fil des heures.

Dans la logique de ce récit se sont les ouvriers les moins compétents, qui ont le moins travaillé qui ont gagné le plus en fonction de leur travail. Mais nous l’avons compris, ils n’ont pas été payés en fonction de leur travail mais de leurs besoins. En effet, le salaire versé dans cette histoire est celui qui correspond à la somme nécessaire pour nourrir une famille pendant une journée.

Une  telle conception provoque en nous, consciemment ou pas, le sentiment d’une injustice profonde, à savoir que le travail doit servir à nourrir la famille. Si le travail est insuffisant c’est la famille qui en pâtit. C’est inadmissible, mais ce n’est que « justice », sans quoi la société deviendrait ingérable. Pourtant on conçoit aisément que l’enfant du travailleur n’a pas à être privé de nourriture à cause de  la faiblesse de son Père. Seule une  société idéale constituée de gens sans aucun esprit de rivalité peut imaginer un tel principe 

Mais  le sort réservé à ceux qui ont le plus travaillé nous parait aussi vraiment injuste. Dieu serait-il injuste? La justice divine serait-elle en contradiction avec la justice humaine? Nous allons essayer d’y répondre. Pour le moment contentons-nous de constater que si cette situation nous parait injuste ici bas, sur terre, Jésus la propose pour nous dire qu’elle se rapproche au mieux de la justice qui serait de règle dans le Royaume. Ce qui paraît inapplicable ici bas, dans ce monde-ci, le serait plus tard, dans le monde futur. En attendant d’y être, il nous faudra réfléchir sur la conception du travail telle que l’Écriture nous la propose. Mais le Royaume dont Jésus parle concerne-t-il le futur ou est-il déjà une utopie à réaliser dès aujourd’hui?

Il nous faut d’abord tenir compte du fait que la Bible a été écrite sur une durée de mille ans d’histoire. En un millénaire d’histoire le peuple d’Israël est passé de l’état nomade, qui est perçu par les prophètes comme une période idéale, à un état sédentaire géré d’une manière féodale qui prendra diverses formes. C’était encore le cas à l’époque de Jésus où l’économie était aux mains des grands propriétaires qui possédaient la quasi-totalité de tout et  avaient à leur service des journaliers, c’est le cas de notre histoire.

A cela il faut encore ajouter une minorité de petits artisans, de petits commerçants et de pêcheurs qui formaient un groupe plus aisé. Nous sommes très loin d’une société comparable à la nôtre. Pourtant, c’est pour l’édification spirituelle de ce peuple, vivant d’une profonde injustice sociale que Jésus a donné son Évangile.

L’Écriture présente l’homme comme l’être le plus achevé de la Création. Il est destiné à y travailler pour faire progresser la nature afin qu’elle soit belle et qu’elle révèle la gloire de Dieu. Elle est aussi destinée à nourrir les hommes qui l’entretiennent. Dieu nous est-il dit « mit l’homme dans le jardin des origines pour qu’il l’entretienne et qu’il y travaille ». Le travail est donc lié à la mise en valeur de la création dont l’homme tirera sa subsistance, sa nourriture sera le produit de son travail et de la grâce de Dieu.

Ce travail de l’homme n’est pas limité dans la durée, ni à une période quelconque de la vie de l’homme. Pas question de vacances ou de retraite, qui l’une et l’autre pourraient être considérées comme une période de travail d’une autre manière. Le travail est lié à la vocation de l’homme devant Dieu. Il est semble-t-il, contre nature de priver l’homme de travail. Il est donc contraire à l’esprit de la création de contraindre l’homme à ne pas travailler. De même qu’il sera contraire à l’ordre de la création de contraindre l’homme à travailler dans un but qui n’est pas celui d’entretenir la création mais d’entretenir les privilèges d’une minorité.

Il est donc contraire à l’ordre de la création de contraindre l’homme à ne pas travailler puisque sa vie matérielle et sa subsistance en dépendent et que c’est ainsi que Dieu semble avoir prévu l’ordre des choses dans l’esprit de la création. Cette situation apparemment idyllique dans le jardin d’Éden n’a jamais existé. Elle est proposée comme un idéal à atteindre mais reste quand même irréalisable.

Après que l’homme et la femme se soient émancipés de la tutelle paternelle de Dieu et qu’ils aient été contraints  de quitter le jardin d’Éden, ils découvriront que le travail existe toujours, mais qu’il devient pénible et contraignant. La vocation de l’homme à travailler reste la règle. Le travail subsiste comme vocation du couple humain mais les textes insistent alors sur sa pénibilité. « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Telle sera désormais la règle. Ce sont la peine et la fatigue qui sont perçues comme une malédiction et non pas le travail. C’est la peine et la fatigue qui sont aliénantes, mais pas le travail qui lui, reste lié à la fonction première de l’homme.

Ainsi la parabole, loin d’instaurer une injustice nous rappelle que le droit à la vie est lié au travail. Ainsi ce bref sondage dans les textes connus de l’ Écriture nous a rappelé que le travail est constitutif de la vocation de l’homme devant Dieu et de sa dignité. Celui qui ne peut pas travailler ne peut accomplir sa vocation d’homme. Celui qui disait que le chômage devait être déclaré hors la loi n’avait pas tort. En faisant cela, sans s’en rendre compte il retrouvait les fondements de la théologie biblique sur l’homme.

Mais en disant cela on se rend bien compte que sont aussi mises en cause toutes les aides allouées aux personnes qui ne travaillent pas, car le travail doit prendre le pas sur la charité. Les choses ne sont pas prévues par Dieu pour être autrement. Il ne semble pas bibliquement convenable que l’on puisse organiser une société où des catégories d’individus seraient prévues comme étant dispenséevigne rouge 3s de travail ou interdits de travail, car le travail est lié à la vie. Mais tout cela  cache une injustice.

Cette injustice est liée à l’interrogation finale sur laquelle s’achève la parabole : « ou vois-tu de mauvais œil que je sois bon ?» L’action du maître est perçue comme une injustice parce qu’il est « bon ». La bonté ne consiste pas à exercer la charité ni à être altruiste. C’est beaucoup plus profond que cela, c’est l’art de rétablir les hommes dans leur dignité de créature de Dieu. Ce qui est « bon », c’est donc ce qui est conforme à la volonté de Dieu.

Ce qui est vrai pour le travail est vrai aussi pour toutes les situations où l’homme perd sa dignité. Celui que les vicissitudes de la vie a privé de toit, celui qui est frustré, de quelle que manière que ce soit, même s’il est responsable de son mauvais sort, celui qui est  en prison, tous ceux qui sont privés de leur dignité ont donc priorité dans tout ce que nous entreprenons pour les aider à répondre  à leur vocation d’homme.

Illustrations: la vigne rouge de Vincent

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Matthieu 18/23-35 – le serviteur impitoyable – dimanche 17 septembre 2017 (reprise 2011)

Posté par jeanbesset le 9 septembre 2017

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Matthieu 18 :23-35 La parabole de l’esclave impitoyable: 23 C’est pourquoi il en va du règne des cieux comme d’un roi qui voulait faire rendre compte à ses esclaves. 24 Quand il commença à le faire, on lui en amena un qui devait dix mille talents. 25 Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’on le vende, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu’il avait, afin de payer sa dette. 26 L’esclave tomba à ses pieds et se prosterna devant lui en disant : « Prends patience envers moi, et je te paierai tout ! » 27 Emu, le maître de cet esclave le laissa aller et lui remit la dette.


28 En sortant, cet esclave trouva un de ses compagnons d’esclavage qui lui devait cent deniers. Il le saisit et se mit à le serrer à la gorge en disant : « Paie ce que tu dois ! » 29 Son compagnon, tombé à ses pieds, le suppliait : « Prends patience envers moi, et je te paierai ! » 30 Mais lui ne voulait pas ; il alla le faire jeter en prison, jusqu’à ce qu’il ait payé ce qu’il devait. 31En voyant ce qui arrivait, ses compagnons furent profondément attristés ; ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.


32 Alors le maître le fit appeler et lui dit : « Mauvais esclave, je t’avais remis toute ta dette, parce que tu m’en avais supplié ; 33 ne devais-tu pas avoir compassion de ton compagnon comme j’ai eu compassion de toi ? » 34 Et son maître, en colère, le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait. 35 C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. serviteur impitoyable

Il nous arrive parfois de vivre dans un mode tellement injuste que nous avons l’impression que Dieu l’a oublié, ou pire même qu’il participe aux injustices dont nous sommes victimes. Cette parabole nous en donne une image réaliste. Il y est question d’un roi bienveillant qui pourrait bien être Dieu, cependant son comportement à la fin du récit  nous met singulièrement mal à l’aise.

Ce roi est bon, mais il est versatile.   Par contre, il intervient dans le cours d’une affaire qui ne le concerne pas directement et dans laquelle il n’est apparemment pas lésé, même s’il est conscient que le comportement de celui à qui il a fait du bien est décevant. En colère, il  donne  à personne aucune chance  de s’en sortir ni à celui dont le  comportement est  moralement contestable ni à celui qui en est victime. Il utilise son pouvoir pour imposer sa propre morale au détriment de l’élan de bonté qu’il a manifesté au début.

Ce qui nous dérange aussi, c’est le décalage qu’il y a entre les deux  dettes. La somme d’argent que le premier doit à son maître est 16 millions de fois supérieure à la somme qui est due par le deuxième personnage au premier (1). On a l’impression de se trouver dans le même rapport de force que le modeste citoyen que nous sommes quand il  n’arrive pas à  payer ses impôts  en comparaison à la dette de l’état face à  ses débiteurs.

A nos yeux, les responsables de la dette de l’état ne semblent pas inquiétés alors que le citoyen, lui ne peut échapper à l’impôt, sous peine d’une sanction passible de prison. Notre vie quotidienne ne nous laisse donc pas étrangers à la situation ici décrite par Jésus qui n’y voyait sans doute pas une telle actualisation.

Bien évidemment nous nous sentons très proches du  personnage qui doit une très faible somme par rapport à la somme demandée pour l’autre débiteur. On espère que le roi de la parabole va rétablir la situation et faire pencher le fléau de la balance de la justice au profit du  personnage qui a une faible dette. Mais il n’en est rien, ni dans la parabole, ni dans la réalité.

Quant à la réalité, sous savons que le modeste contribuable n’a aucune chance de s’en sortir sans payer au fisc tout ce qu’il lui doit. Il ne peut souhaiter l’intervention d’aucun roi, aussi puissant soit-il. Par contre le puissant débiteur semble devoir toujours s’en sortir. C’est ce qui contredit la parabole, à notre grande satisfaction. Cette discordance de situation nous amène à nous interroger sur la nature de ce roi.

serviteur impitoyable 4
Il fait preuve d’une immense bonté. Il sursoit à une dette monumentale que les théologiens nous ont habitué à reconnaître comme étant la nôtre. Nous nous plaisons à reconnaître que l’être humain que nous sommes, quel qu’il soit est passible de peine de mort à cause du poids de ses péchés. Il mériterait de périr dans les feux de l’enfer, si Dieu ne lui faisait grâce. Pécheurs sans excuse nous mériterions la mort éternelle si Dieu n’intervenait pas dans le cours des choses par un décret qui n’est explicable que par sa seule bonté.

Telle est l’explication que la théologie habituelle donne à notre situation de pécheur devant Dieu, toujours soucieux de nous manifester sa miséricorde. Par ailleurs nous pensons que non seulement Dieu est bon mais aussi qu’il est juste. Nous pensons qu’il ne laissera aucune injustice criante se produire sans qu’il n’intervienne. La première partie de la parabole va bien dans ce sens. Il punit à notre grande satisfaction le coupable qui s’est moqué de lui. Mais procède d’ une justice à deux vitesses. S’il accomplit une justice qui correspond à ce que nous souhaitons, malgré les réserves que nous avons déjà faites, nous nous demandons pourquoi il ne va pas plus loin.

S’il juge sévèrement celui qui ne mérite pas sa grâce, il n’intervient pas dans l’histoire du pauvre bougre victime du créancier sans scrupule. Pourquoi le roi suspend-il ici les effets de sa justice  et ne manifeste-t-il pas les effets de sa grâce?

Où nous entraîne donc cette histoire ? Comment la comprendre et qu’est-ce qu’elle veut dire ? Ne nous décrit-elle pas une situation insupportable dans laquelle les plus modestes sont enfermés dans une réalité inextricable d’où personne ne les secourt ? Bien que la perversité du puissant indélicat soit sanctionnée, le plus modeste reste soumis à sa dépendance, sans que rien ne vienne modifier le cours d’une telle fatalité. Cela n’a pas de sens et ne correspond pas à la réalité car nous constatons que les puissants échappent bien souvent aux sanctions et ne sont pas inquiétés à cause de leurs malversations, alors que le petit est sanctionné sans que rien ne viennent suspendre le cours des événements. C’est en tout cas l’impression qu’on en a.

En fait l’image du roi de la parabole correspond à une image de Dieu qui serait conforme à celle nous imaginons : un Dieu bon et juste qui interviendrait dans le cours de l’histoire du monde pour  corriger des dérives dangereuses. Grâce à son intervention, les projets pervers échoueraient et le monde deviendrait acceptable. Dieu laisserait cependant aux hommes la responsabilité  de gérer au mieux les affaires ordinaires. C’est pour cela que le roi n’intervient pas dans le sort du petit débiteur. Dieu veillerait au grain seulement en cas de dépassement des limites tolérables. Une telle vision des choses correspond tout à fait avec ce qui nous est dit dans cette parabole.

C’est bien dans ce sens que va notre foi. Nous pensons que Dieu n’intervient qu’en cas de nécessité urgente, quand les hommes n’y peuvent plus rien. C’est parce que nous voyons les choses ainsi que nous formulons nos prières d’intercession à la fin du culte. Nous demandons à Dieu d’intervenir là où nous ne pouvons plus rien. Mais ce n’est pas cette image que Jésus a voulu nous donner de Dieu, c’est pourquoi il nous a proposé  cette parabole.

Si Dieu est bon, comme nous le croyons, c’est parce qu’il ne nous prive pas du souffle de son esprit qu’il répand sur nous tous, que nous soyons puissants ou misérables. Cependant, il ne se reconnaît pas le droit de s’immiscer à notre place dans le cours des choses. Il se refuse à forcer l’histoire à aller dans le sens où il le désire. C’est à cela que nous devons être attentifs. 

En fait si Dieu est bien à l’image du Dieu de miséricorde que nous voyons dans  la première partie de la parabole,  il cesse de l’être quand il devient conforme à la justice telle que nous la souhaitons. C’est nous-mêmes qui nous nous substituons à lui quand il punit le coupable, c’est alors que  le processus d’injustice s’empare de la situation et que le dernier personnage, petit débiteur  de l’autre, subit l’injustice de plein fouet. Mais cette injustice est en fait la nôtre, elle découle du fait que nous ne supportons pas  la justice du roi qui pardonne sans réserve. Le dernier personnage n’est donc pas victime de la colère et de l’injustice du roi, mais il est victime  notre propre injustice  parce que nous se supportons pas l’idée d’un pardon sans  rétribution.serviteur impitoyable 3

Pour bien comprendre, nous projetons sur Dieu  notre propre justice parce que nous refusons la sienne. C’est pour cela que l’attitude du roi devient incompréhensible. Il cesse d’être l’image du Dieu que Jésus voudrait nous transmettre quand nous ne supportons plus les effets de sa bonté sur les autres.

C’est ce qui se passe dans le monde où nous vivons quand nous  refusons de mettre en pratique les effets de la bonté de Dieu dans notre vie quotidienne. Le dernier personnage de la parabole n’est donc pas victime de la colère de Dieu, mais du refus que nous avons de sa trop grande bonté.

Pardon si ce propos vous choque mais il est dans la droite ligne de le logique de cette parabole qui nous oblige à tirer les conclusions, comme nous venons de le faire : Soi Dieu intervient toujours  en mêlant étroitement bonté et justice, soi il faut que nous révisions notre manière de voir les choses à son sujet et que nous considérions que sa bonté et sa justice ont des limites.

 Nous devons considérer que Dieu fait de nous des êtres responsables, qui sont sensés intervenir dans l’histoire des hommes  comme il est sensé le faire ici dans la première partie de la parabole en appliquant une justice conforme à la sienne et en parfait décalage avec la conception habituelle des hommes.

L’Esprit de Dieu agit en nous comme le feraient les phares qui guident les bateaux vers le port. Le pilote peut suivre les indications qu’ils lui donnent. Il peut aussi manœuvrer autrement si bon lui semble. Le résultat de sa manœuvre est placé sous sa responsabilité. Bien heureux celui qui sait faire une pause pour écouter la voix de Dieu qui l’habite, car Dieu ne laisse agir personne sans lui faire parvenir la voix de la sagesse.

Cette sagesse lui sera nécessaire pour se comporter avec ses frères et surmonter les situations d’injustice où ils se trouvent en donnant priorité au pardon car telle est la voix de la sagesse divine. C’est sur cette remarque que s’achève ce sermon, alors que c’est par là qu’il aurait du commencer. Comprenne qui pourra.

(1) J’ai fait approximativement le calcul

Les illustrations proviennent de l’évangéliaire de Reichnau XI eme siècle

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Matthieu 18/15-20 le pardon dimanche 10 septembre rediffusion du dimanche 7 septembre 2014

Posté par jeanbesset le 4 septembre 2017

Matthieu 18 :15-20/  21-22

 15 Si ton frère a péché contre toi, va et reprends-le seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. 16 Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute affaire se règle sur la parole de deux ou trois témoins. 17 S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Eglise, qu’il soit pour toi comme un non-Juif et un collecteur des taxes. 18 Amen, je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. La prière en commun

19 Amen, je vous dis encore que si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit, cela leur sera donné par mon Père qui est dans les cieux. 20 Car là où deux ou trois sont rassemblés pour mon nom, je suis au milieu d’eux.

21 Alors Pierre vint lui demander : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Jusqu’à sept fois ? 22 Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.

 pardon 1

Il aurait été surprenant que Jésus donnât une réponse chiffrée à la demande de Pierre sur le nombre de fois qu’il devrait pardonner à son frère. Le nombre de sept fois, suggéré par Pierre devait déjà lui paraître anormalement élevé. Quoi qu’il en soit, le problème du pardon reste récurent, et doit habiter la conscience de beaucoup de monde. En suggérant de pardonner jusqu’à sept fois, Pierre se donne le beau rôle, puisqu’il s’est situé d’emblée dans le camp de l’offensé. C’est lui qui s’est placé dans la position de celui qui pardonne, il ne s’est pas mis dans la situation de celui qui demande le pardon, pourtant le problème se pose dans les deux sens. Pour autant qu’on le sache, c’est Pierre qui devra surtout être pardonné par Jésus pour pouvoir se mettre à sa suite. 

Tout le cours de notre vie est jalonné par des demandes de pardon refusées et des demandes de pardon non formulées. Il y a des blessures tellement profondes qu’une simple parole de regret n’arrive pas à apaiser  à moins que l’offensé obtienne un châtiment à la hauteur de l’offense car  seul un châtiment peut assouvir la peine, mais est-ce un pardon qui se produira, ce sera plutôt une  vengeance ?  Il y a des meurtrissures qui résistent au pardon. ,Il y a des pardons donnés du bout des lèvres qui n’en sont pas. Il y a aussi tous ces pardons que nous nous refusons à nous-mêmes, car le souvenir du tort fait à autrui est tellement secret ou tellement lourd que nous nous refusons à l’évoquer tant nous nous sentons coupables de fautes impardonnables, à tel point qu’on n’ose même pas le confier à Dieu.  

Dieu en effet joue un rôle important dans notre relation aux autres. Une mauvaise relation avec les autres entraîne de facto une mauvaise relation avec Dieu. On peut alors se demander si la défection religieuse qui frappe en ce moment  l’occident et qui entraîne la désertion de nos églises n’est pas liée à un problème de mauvaises relations entre les hommes. Cet état de fait aurait pour origine des pardons ignorés ou refusés et des pardons bafoués ou extorqués.  pardon 2

Jésus a centré tout son évangile autour du thème du pardon, c’est pourquoi, après lui, par fidélité à son message, les hommes ont élaboré des systèmes religieux centrés sur le pardon. Ils considèrent que pour vivre en harmonie avec Dieu les hommes doivent sans cesse chercher à recevoir son pardon. Pour certains, ce pardon ne peut s’obtenir qu’en menant une vie exemplaire consacrée au service des autres. C’est la vision catholique de la chose. Pour d’autres, à l’inverse, s’appuyant sur la bonté de Dieu, ils prétendent que Dieu leur fait grâce sans qu’ils ne méritent aucunement son pardon. Les œuvres généreuses qu’ils font pour le mieux être des autres seraient alors perçues par eux comme les effets du pardon en eux. C’est la vision protestante. 

Mais quelque soit la vision, ce pessimisme qui ferait de l’être humain un éternel coupable à l’égard des hommes ou à l’égard de Dieu est assez mal accepté par nos contemporains. Ils ont du mal à se sentir liés à Dieu par un sentiment de culpabilité qui appellerait le pardon afin de se sentir en harmonie avec lui. Ce sentiment de culpabilité serait si pesant que beaucoup d’hommes se détourneraient de Dieu. 

Peut-on voir les choses autrement ? C’est difficile car, un simple regard sur le monde nous suffit pour constater que les choses vont mal et qu’une partie du monde bénéficie des bienfaits de la planète sans les mériter tandis qu’une autre partie souffre de ne même pas être capable de survivre. Pourtant, aucune des deux parties ne se sent ni coupable ni responsable de son sort, qu’il soit bon ou mauvais. Beaucoup pensent que c’est le hasard qui a voulu que les choses soient ainsi. Si les mieux nantis proposent d’améliorer les choses en puisant dans leur trop plein de réserves pour secourir les mal lotis, ils pensent alors que c’est le fait de leur générosité naturelle et que Dieu n’y joue pas grand rôle.

C’est à cause de ce constat qui apparaît comme une évidence aux yeux de nos contemporains qu’il est peut être nécessaire de mettre les choses au point et de les regarder sous un autre angle. En effet, nous savons qu’il nous arrive de commettre des erreurs. Or les erreurs que nous commettons ne nous laissent rarement indifférents, elles nous font même souffrir. Quand nous avons fait dPardon 9u tort à quelqu’un, nous en éprouvons non seulement du regret, mais aussi de la souffrance. C’est comme si la blessure commise aux autres rejaillissait sur nous pour que nous ne l’oublions pas.  

N’est-il pas curieux de constater, jusqu’à preuve du contraire que les animaux, dans des situations identiques n’en éprouvent pas les mêmes effets. Quand deux mâles de la même espèce se battent, et s’entretuent parfois, pour obtenir la suprématie sur la harde ou sur le troupeau, ils n’éprouvent aucun sentiment de regret même si pour évincer leur rival ils doivent l’encorner au risque de le tuer. L’observateur humain que nous sommes prétend qu’ils agissent selon les lois de l’espèce ou selon les lois de la nature. Pourquoi cela ne marche-t-il pas chez les humains ? 

Tout se passe comme s’il y avait en nous, depuis toujours, un sentiment d’altérité en fonction duquel on éprouverait de la souffrance quand on porte atteinte à l’autre et qu’on ressentirait comme un besoin de remédier à sa souffrance, en fonction d’un autre sentiment qu’on pourrait appeler l’amour. 

Chose curieuse, c’est ce sentiment que Jésus utilise pour définir Dieu. « Dieu est amour » dit-il dans l’Évangile de Jean. Bien sûr, certains humains sont très peu sensibles au sort des autres, ils ne souffrent pas forcément du tort qu’ils leur font. Les campagnes électorales semblent rendre les choses évidentes. L’histoire et la littérature fourmillent d’exemple attestant de l’insensibilité de beaucoup d’individus. Dirai-je que ceux qui se comportent de la sorte se rapprochent de l’animalité ? Je dirai plutôt qu’ils se séparent de Dieu qui nous a doté d’une sensibilité semblable à la sienne et qui trouve son paroxysme dans le sentiment d’’amour. 

Il semble donc qu’il y ait en nous, comme un sentiment régulateur qui permettrait aux hommes de vivre en harmonie les uns envers les autres. Il serait même capable de rétablir cette harmonie quand elle est rompue. Il me plait d’y voir la marque du divin en nous. Ce sentiment pourrait bien activer chez les hommes la notion  du pardon. Il nécessite que l’on s’approche des autres dans une attitude d’humilité et de compassion. Un tel comportement permet à la société des hommes d’aller mieux. 

Le Judaïsme dont les Chrétiens sont les héritiers l’a particulièrement bien compris puisqu’il en a faitPardon 8 la clé de voûte de la plus grande de ses célébrations qui ouvre la nouvelle année qui commence par le Grand Pardon qui permettrait à Dieu d’effacer toutes les erreurs commises dans l’année écoulée et d’ouvrir pour l’humanité une nouvelle année libérée du poids et de la souffrance des fautes passées. La plupart des églises chrétiennes quant à elles, ouvrent leur culte par la célébration liturgique de la confession des péchés et l’annonce du pardon de Dieu. Elles montrent par là qu’il ne peut y avoir de culte rendu à Dieu, si le pardon n’y prend pas une place essentielle.

Ainsi, nous l’avons bien compris, le pardon est bien un don de Dieu qui rend la vie possible dans le monde des humains. Ceux qui s’en écartent se laissent prendre par le tourbillon de la haine et de la mort et se séparent de Dieu. Ceux qui s’en rapprochent par contre, se trouvent en harmonie avec Jésus et sont invités à construire le Royaume de Dieu à la préparation duquel, il a consacré toute sa vie et dont il nous demande de poursuivre la construction. Les deux instruments de cette entreprise sont l’amour et le pardon. C’est alors que les chiffres nécessaires à quantifier le pardon changent, ils passent de sept à septante sept fois sept fois, c’est à dire à un nombre infini

Illustrations de Pierre-Jean  Braecke et de E. Dubois.

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Jérémie 20:7-9 : la pratique de l’amour fait partie de cette révolte que Dieu met en nous pour changer le monde – dimanche 3 septembre 2017

Posté par jeanbesset le 22 août 2017

 

La pratique de l’amour, fait partie de cette  révolte que Dieu met en nous pour changer le monde :

 

( Une réflexion pour accompagner une méditation sur Jérémie 20/7

« Tu m’as séduit Éternel et je me suis laissé séduire

Tu m’as saisi et tu as vaincu. Je suis chaque jour en dérision et

Tout le monde se moque de moi. »)

 Révolte 4

Tout individu qui réfléchit à la réalité des  choses, finit invariablement par se dire que Dieu ne peut faire cause commune avec ce monde.  Il y a incompatibilité entre  lui, que nous supposons  en phase avec l’univers et la société des humains qui  se complaisent à multiplier les rivalités et les inégalités. Toute forme d’harmonie entre les êtres devient  alors impossible.  Ceux qui voudraient  faire entrer la notion de Dieu dans une telle réflexion pourraient  seulement dire que le Dieu qui conviendrait  aux humains ne pourrait être qu’un Dieu injuste et  sectaire  qui n’affermirait sa toute puissance qu’en cautionnant  les rivalités et les injustices. Mais si c’était le cas,  le monde à la destiné duquel il préside aurait disparu depuis longtemps. A l’inverse, c’est le  Dieu  de l’harmonie auquel nous aspirons secrètement qui n’aurait que  peu de chances d’exister.  Dans le meilleur des cas c’est le Dieu qui se confond avec la nature qui aurait l’heur  de nous plaire, mais  il  n’aurait aucune incidence sur le devenir des hommes.

Voila le raisonnement qu’aurait pu tenir Jérémie s’il avait prolongé plus loin  la pensée qu’il développe dans le passage que nous avons cité en exergue.  Il en  serait sans doute arrivé à conclure  qu’il y a inadéquation entre le Dieu dont les hommes se réclament généralement et la réalité du Dieu qu’il perçoit.  Mais malgré tout, il ne peut concevoir un autre Dieu que celui-là. Bien évidemment   quand il développe de telles idées en contradiction les unes avec les autres,  les hommes se moquent de lui. Non seulement il en souffre, mais il remet aussi en cause l’idée qu’il a de Dieu. Qui le délivrera de  ce raisonnement absurde dans lequel il s’enferme ? Qui nous éclairera si nous avons l’audace de le suivre sur cette voie là ?

 La  sagesse ne  consisterait-elle pas pour lui à cesser de se poser tant de questions, à accepter de vivre dans ce monde où il est et de profiter du temps qui passe en rendant grâce à Dieu de ce qu’il y a de bien dans son existence  sans soulever des problèmes auxquels  personne ne saurait répondre ? Ce n’est pas à lui de porter sur ses frêles épaules  toutes les inégalités de ce monde !   Dieu ne le lui demande pas !  Tels pourraient-être les arguments que lui opposeraient ses meilleurs amis s’il en avait comme ce fut le cas de Job. Evidemment, il ne  pense pas comme eux !  Si le Dieu auquel il croit  est cohérent avec ce qu’il lui inspire,  sa protestation contre ses semblables  qui ne l’écoutent pas, est justifiée.  S’il y a de la cohérence dans le Dieu auquel il croit, il doit se jeter  à corps perdu dans la bagarre, dut-il y laisser  sa vie.

 Il se doit de contester le bien fondé de cette société de privilégiés où il se trouve et de polémiquer contre ses semblables,  contre les prêtres et même contre son roi.  Il ne peut pas tout garder en lui sans le dire, l’esprit qui l’anime lui suggère  de le faire, c’est pourquoi, il se refuse à taire cette vérité qui  lui fait si mal  et à la  garder pour lui. En même temps, tout en se reconnaissant comme trop faible pour  agir efficacement  il reproche à Dieu de ne pas lui en donner les moyens.

 Voila ce que pense Jérémie. Il  est à la foi en accord avec son Dieu qui lui inspire ses protestations et  il lui reproche en même temps de ne pas lui donner la force, ni le pouvoir d’agir efficacement. Il le laisse s’enferrer dans une révolte de façade  qui ne lui attire  que des désagréments.

Pourtant, en protestant comme il le faisait, Jérémie donnait la parole à tous ceux qui n’étaient pas satisfaits des injustices dans lesquelles ils se trouvaient et contre lesquels les ils se sentaient seuls.  Il justifiait ainsi, tous les contestataires qui se réclament de Dieu pour dire leur insatisfaction.  Ils entendent  au fond d’eux-mêmes une autre voix que la leur, qui leur vient de Dieu et qui leur dit que la priorité pour eux n’est pas dans  la pratique de la religion, mais dans la justice et le refus des inégalités : « Vos holocaustes ne me plaisent pas, dira-t-il au nom de Dieu en  6/20, vos sacrifices ne me sont pas agréables ». Il ouvrait ainsi la voie  à tous les chercheurs de Dieu qui le trouvaient ailleurs que dans la rigueur du culte et les portiques du temple mais dans une vaste protestation contre l’injustice.

Il est banal de refuser aujourd’hui  Dieu tel que les religions le représentent, les lois nous autorisent à le faire sans que nous risquions d’en payer lourdement les conséquences. On a le droit de dire son désaccord  et même de rejeter Dieu sans aucune conséquence apparente, mais c’est Dieu qui n’y trouve pas son compte !  Car, quand on rejette jusqu’au principe même de Dieu,  on ferme son  propre esprit  à toutes ces voix qui viennent d’ailleurs et qui sont parfois la sienne, qui vibrent à l’intérieur de chaque individu et qui lui disent  ce que Dieu dit aux hommes.

En effet, si Dieu est présent au monde, il est aussi présent aux hommes et il a la possibilité de se faire comprendre d’eux, sans  fréquenter les chemins  sur les quels on s’attend à le rencontrer. Il ne s’encombre pas des conventions imposées par les hommes pour se faire comprendre, car c’est sur le chemin de la révolte que  Dieu lui apparaît.Révolte 3

Ce n’est pas cette voie qu’ on s’attend à rencontrer Dieu.  Jérémie a bien compris que Dieu ne l’invite pas à se satisfaire d’une situation établie et qu’il ne cautionne pas la société  injuste qui se réclame de lui.  Ce n’est pas dans les actes de piétés qu’il entend l’appel de Dieu, ce n’est pas dans les cérémonies du temple, ni dans la beauté des processions ou dans la musique liturgique qui élève son âme, c’est dans le vent  de révolte contre l’ordre établi qu’il entend la voix de son Dieu. Ce vent le pousse bien malgré lui sur un chemin où personne ne veut l’accompagner.

Mais en tant qu’homme de Dieu il sait aussi qu’il doit être un sage. La sagesse ne consiste pas à donner libre cours  à la révolte, à descendre dans la rue et à mobiliser au nom de Dieu contre le pouvoir en place, tous  les mécontents. La sagesse, alors que la révolte gronde en lui, est de chercher  à entendre Dieu et à rester en harmonie avec lui. Plus il est méprisé, plus il se sent rejeté, plus il sent la proximité de Dieu qui lui donne la sérénité pour avancer et l’espérance malgré les contraintes. La révolte ne signifie pas la violence, mais correspond à un état d’esprit que nous découvrons à son contact comme faisait partie de l’esprit de Dieu.

Dieu ainsi avait préparé depuis longtemps le message  dont Jésus s’emparera bien plus tard, quand il fera de l’amour du prochain la règle absolue  que l’humanité devra adopter si elle veut être en accord  avec ce qu’il nous est donné de connaître de Dieu. Dieu n’est pas seulement celui qui a mis en branle tout l’univers et qui règle le parcours des étoiles dans le ciel. Il n’est pas seulement celui qui donne du sens aux choses et aux individus, mais il est avant tout celui qui conduit les hommes vers leurs semblables pour qu’ils s’aiment entre eux. Il  propose aux hommes de renoncer à toute forme de rivalités pour vivre en harmonie avec leurs semblables. Ainsi ils construiront un monde  qui sera en accord avec  la manière dont Dieu veut concevoir  l’univers et agir  en osmose avec lui. La pratique de l’amour prend alors l’aspect de la révolte que Dieu met en nous pour changer le monde.

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MMathieu 16:13-20 Tu es le Christ,le Fils du Dieu vivant. dimanche 27 août 2017 reprise du 21 août 2011

Posté par jeanbesset le 18 août 2017

Texte : Matthieu 16/13-20

Jésus posa cette question à ses disciples : Au dire des gens qui suis-je, moi le fils de l’homme ? Ils répondirent : Les uns disent Jean Baptiste ; d’autres, Elie ; d’autres Jérémie, ou l’un des prophètes. Mais vous, leur dit-il, qui dites-vous : Simon Pierre répondit

 : tu es le Christ, le fils . du Dieu vivant

Jésus reprit la parole et lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux Et moi, je te dis que tu es Pierre et que sur cette pierre, je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. la Bible 3

La Bible est la seule autorité qui nous sert de référence .

Qui dites-vous que je suis ?

Ce n’est qu’une simple question posée par Jésus à Pierre et aux autres. Depuis des siècles elle provoque chicanes et contestations entre les différentes fractions du monde chrétien. Les Églises n’arrivent pas à tomber d’accord sur la signification profonde du dialogue qui s’est amorcé entre les deux interlocuteurs. Ce faisant, nous passons certainement à côté de ce qui est important. Ce qui est important ici, c’est que Pierre donne une bonne réponse, en tout cas une réponse qui convienne à Jésus. « Qui dites-vous que Je suis? Tu es le Christ le Fils du Dieu vivant »

C’est à cause de cette bonne réponse que Jésus tire des conclusions qui troublent les églises depuis lors. « Tu es Roc et sur cette roche je bâtirai mon Eglise, et les puissances de la mort n’auront point de force contre elle. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux et tout ce que tu lieras sur terre sera lié au ciel… »

Les conclusions que Jésus tire de la bonne réponse de Pierre, sont les conséquences de cette réponse et ne s’adressent pas tellement à Pierre en tant que personnage distinct, mais s’adressent à quiconque fera la même bonne réponse que lui. Ce sera le cas des 12 apôtres présents ce jour là autour de Jésus, et ce sera le cas de quiconque après eux fera la même réponse, vous ou moi ou bien d’autres.

Il serait donc un peu rapide de dire, dans le contexte de cet évangile, que Pierre est mis à part d’une manière spéciale. La suite le montre puisque Jésus, dans les quelques lignes qui suivent l’identifie à Satan. Les paroles de Jésus concernent quiconque fera sienne la bonne réponse de Pierre. « Tu es le Christ »! Il s’agit donc pour nous d’inscrire Jésus dans notre relation à Dieu avec ce titre de Christ.

Mais quand nous affirmons que Jésus est le Christ, savons-nous vraiment à quoi nous nous engageons? Nous avons tellement l’habitude d’entendre cette expression qu’elle est devenue comme un automatisme, une réponse toute faite dont nous pesons mal la signification. Pourtant elle est lourde de sens.

En attribuant à Jésus le titre de Christ, nous lui conférons tous les pouvoirs, des pouvoirs semblables à ceux accordés jadis à l’empereur romain. C’est à dire que nous lui reconnaissons le droit de vie et de mort sur nous. Le droit  d’orienter  notre existence. Nous lui reconnaissons le droit de disposer de notre personne.

Au point où nous en sommes dans notre réflexion, il faut que nous nous interrogions pour savoir si notre vie est bien mise à la disposition de ce Christ que nous confessons et si nos choix de vie sont bien en accord avec lui. S’il est pour nous le Christ, c’est que nous lui donnons la possibilité de s’immiscer dans les recoins les plus intimes et les plus secrets de notre âme, c’est que nous accordons à l’Évangile autorité sur nos décisions.  La Bible 1

Cette dernière affirmation peut bien sûr provoquer des réactions de protestation en nous. Ainsi présenté, l’Évangile nous apparaît comme contraignant, puisque c’est en nous référant à lui que nous décidons des choix de notre vie, alors que nous nous plaisons à dire qu’il est libérateur. Nous affirmons habituellement qu’il est un moyen de référence mais qu’il n’est nullement une nouvelle loi que nous ajouterions à l’ancienne. Nous nous reconnaissons la liberté d’interpréter l’Évangile. Personne ne dit le contraire, pourtant Pierre va plus loin dans sa réponse il n’affirme pas seulement que Jésus est le Christ, il ajoute : « tu es le fils du Dieu vivant. » Pierre ne se situe plus au niveau des idées, il entre dans une relation vivante avec son Seigneur.

En parlant de relation vivante avec Jésus, Pierre exprime la nécessité de dépasser l’Evangile. Cela veut dire qu’il affirme non seulement que Dieu est vivant mais que notre vie se déroule en relation avec lui, c’est à dire qu’il a une action concrète sur nous. Cela veut dire aussi que son action est porteuse de vie . Cela veut dire que le Dieu auquel nous nous référons se lie à nous par un contrat de vie. Il se lie à nous dans un processus de vie dont Jésus est la seule référence. C’est en ce sens que Jésus est fils de Dieu. Le Fils, c’est celui qui manifeste la réalité du Père. Si nous faisons nôtres les paroles de Pierre, nous affirmons que par l’action de Jésus en nous, Dieu se permet d’intervenir continuellement dans nos vies.

Mais une telle affirmation est-elle rassurante pour autant? Elle rend la présence de Dieu si proche que nous en ressentons quelque chose d’inquiétant. A cause même d’une si grande proximité nous éprouvons le besoin de prendre un peu de recul. Mais peut-on reculer quand Dieu nous introduit aussi personnellement dans ses projets?

En fait, Dieu sait très bien qui nous sommes, et Pierre qui nous a introduit dans cette réflexion nous aide, à son corps défendant. Après avoir fait cette très belle confession de foi que nous faisons nôtre : « tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », il va lui même se laisser aller à des initiatives personnelles à propos des quelles Jésus le rappellera à l’ordre durement en lui disant « arrière de moi, Satan.» Par cette intervention, nous découvrons que nous ne pouvons entrer dans le projet de Dieu que si Dieu lui-même nous y aide et en assume la responsabilité avec nous.

Il n’est pas en notre pouvoir de répondre par nos propres forces à l’exigence de la proximité de Dieu. C’est Dieu qui la veut et c’est Dieu qui l’accomplit avec nous et en nous. En effet, dès que Pierre va revenir à la réalité de ce monde, dès qu’il va se mettre à agir et à réagir, il va prendre l’initiative de contrecarrer les projets de Dieu au nom de sa logique humaine. Jésus réagit promptement. Pierre n’a pas encore compris que ses initiatives personnelles ne peuvent se faire que sous l’inspiration de Dieu. C’est lui qui lui donne force et énergie par son esprit. Ce qui est valable pour Pierre l’est à plus forte raison pour chacun de nous. La vie que Dieu met en nous ne se vit vraiment que si Dieu la vit avec nous.

Dieu nous demande donc cet élan du cœur qui fait que nous lui faisons entière confiance pour prendre en charge nos propres vies. Ces vies, inspirées par Dieu ne sont pas pour autant passives. Pour être vraiment vivantes elles sont faites de réflexions, de décisions et d’actions, et chacune de ces étapes doit être le reflet de Dieu qui vit en nous. C’est dire alors la place que doit prendre la prière dans nos relations avec Dieu. C’est lui qui accompagne nos projets de vie, il est présent dans les choix que nos faisons il est de partout dans ce que nous vivons.

Est-il besoin de dire qu’entre notre volonté de nous laisser envahir par lui et la réalité de notre existence il y a un immense fossé qui ne peut être comblé que par une accumulation de pardons qui consolident toujours les liens de vie qui nous unissent à Dieu. Le ciment qui rendra notre vie féconde sera fait de pardons donnés et de pardons reçus, et par voie de conséquence d’amour qui nous vient de Dieu mais qui ne prend de réalité que si nous le partageons en le donnant aux autres. la Bible 4

Les conséquences de tout cela, résident dans cette vocation qui nous est faite d’entraîner les hommes à notre suite vers le Royaume du Seigneur par une action constructive au jour le jour. Il s’agit alors de créer avec les hommes des liens qui visent à les rapprocher de Dieu. C’est sur la fidélité à notre foi que s’édifiera l’Église, et que l’Église deviendra un rempart contre les œuvres de mort. Jésus confie l’Église à Pierre qui confesse sa foi, comme il l’a dit dit, mais aussi, il confie son Église  à chacun de ceux qui confessent leur foi comme Pierre dans les mêmes termes que lui. Pierre n’est donc pas un homme qui est mis à part pour devenir l’unique chef  de toute l’Église, c’est un exemple qui est donné ici par Jésus, afin qu’on le répète à des millions, voire à des milliards d’exemplaires.

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Matthieu 15/21-28 la foi d’une cananéenne dimanche 20 août 2017 reprise du 14 août 2011

Posté par jeanbesset le 10 août 2017

Matthieu /15-21 La foi d’une Cananéenne

21 Jésus partit de là et se retira vers la région de Tyr et de Sidon. 22 Une Cananéenne venue de ce territoire se mit à crier : Aie compassion de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par un démon. 23 Il ne lui répondit pas un mot ; ses disciples vinrent lui demander : Renvoie-la, car elle crie derrière nous. 24 Il répondit : Je n’ai été envoyé qu’aux moutons perdus de la maison d’Israël. 25 Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : Seigneur, viens à mon secours ! 26 Il répondit : Ce n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens. 27— C’est vrai, Seigneur, dit-elle ; d’ailleurs les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres… 28 Alors Jésus lui dit : O femme, grande est ta foi ; qu’il t’advienne ce que tu veux. Et dès ce moment même sa fille fut guérie.Cananéenne 1

Heureux celui ou celle qui sait que le Seigneur reste le maître des mystères de sa vie, car notre vie est pleine de mystères dont nous ne savons pas les origines et cela nous trouble. Quelles que soient les circonstances et quelles que soient ses origines le croyant sait qu’il y a indépendamment de lui des forces qui n’obéissent pas aux règles des hommes et qui donnent du sens à son existence. C’est Dieu qui se révèle ainsi. Cela relève de la foi, et cela devrait lui suffire. Mais ce n’est pas le cas.

Pour beaucoup, il apparaît comme un fait établi que Dieu aurait réglé les mystères de la vie selon des critères qui lui appartiennent, mais les hommes se croient suffisamment intelligents pour les découvrir et s’en emparer à son insu. A l‘opposé, d’autres vont jusqu’à penser que certains individus ou même certains peuples ont priorité sur les autres et détiennent dans leurs cultures les secrets de la vie. Comme cela semble apparemment être le cas du peuple juif.

On est en droit de penser que Jésus en tant que juif partage cette opinion qui le rend réticent pour écouter les doléances de cette femme. Cela peut sans doute nous choquer, mais Jésus est un homme de son temps, issu de la culture de son temps et il réagit avec les réserves des hommes de son temps. Mais tout cela n’est ici qu’une entrée en matière dont l’issue nous rapprochera de la vérité.

Même s’il reconnaît qu’il est venu pour donner priorité aux brebis perdues d’Israël, il ne dit pas qui sont ces brebis perdues. S’agit-il des Israélites qui ne reconnaissent pas en lui le messager de Dieu ? S’agit-il des non juifs qui n’ont aucune connaissance de Dieu ? Dans ce cas il s’agit d’une grande multitude de gens ! Alors grand est le nombre des brebis perdues de la maison d’Israël, même les petits chiens cananéens qui mendient les miettes en font partie.

En fait de miettes, il ne me paraît pas que la foi puisse se mesurer. Ici il s’agit de miettes, ailleurs il s’agit de grains de moutarde, il n’y a pas de mesure pour codifier les degrés de la foi. La foi est avant tout une certitude et un savoir. Elle relève d’un état et non d’un dosage. Elle repose sur une vérité que nous ressentons au fond de nous-mêmes selon laquelle notre vie ne nous appartient pas. Elle appartient à une réalité qui nous nous vient d’ailleurs et qui s’intègre en nous pour faire partie de nous-mêmes. Ce n’est ni la sagesse des hommes, ni la science que l’on pourrait avoir des Ecritures qui fait que notre vie a du sens ou qu’elle n’en a pas, c’est une vérité qui vient d’au de là de nous-mêmes.

En dépit de cela, depuis toujours les hommes ont cru pouvoir arracher les secrets de la vie à qui les possède : Dame nature dont nous faisons partie ou Dieu quand on y croit. Les savants ont tenté toutes sortes d’aventures pour parvenir à cette fin. Ils sont descendus jusqu’aux aux racines des continents dans les gouffres marins, ils sont montés plus haut que les cieux pour rejoindre les étoiles, mais leur avidité de connaissance ne leur a rien révélé sur notre âme.

Astrologues, sorciers, enchanteurs, mages et gourous ont aussi essayé d’arracher ces mêmes secrets à la matière dont nous sommes faits, mais l’élixir de vie, l’eau de jouvence ou la pierre philosophale n’ont jamais été trouvés et ne le seront sans doute jamais car les secrets de notre existence ne sont pas à notre portée.Cananeenne 2

Pour y arriver, il faudrait franchir les portes de la mort et perdre alors notre consistance physique pour découvrir qu’au delà de la mort il y a peut être un savoir sur la vie qui nous concerne, mais cette étape franchie  tout retour vers un état antérieur nous serait interdit. Notre découverte ne nous serait alors d’aucune utilité. Face à toutes ces espérances déçues, une pauvre femme dont on ne connaît pas le nom nous donne la seule leçon qui nous permette d’avancer.

Face au mystère de la vie, Dieu ne nous a pas laissés sans réponse. Face au questionnement universel des hommes, il y a une réponse que cette femme a trouvée en toute naïveté. Apparemment si cette femme a compris ce grand mystère qui est celui de la foi. Nous en serons, sans doute capables, nous aussi. Dieu nous a donné des miettes suffisantes pour apaiser notre faim de curiosité elles ne relèvent ni de la compétence des savants ni de celle des gourous. Ces miettes qui échappent à la sagesse des plus futés sont cependant à la portée de chacun.

Pour ce faire il nous faut suivre l’exemple de cette femme qui a déjà fait le point sur sa propre existence. Comme elle, nous n’avons sans doute pas plus d’importance que des petits chiens et nous espérons cependant que des miettes de la sagesse divine vont tomber jusqu’à nous. Cette sagesse qui va nourrir notre foi c’est l’espérance.

Cette femme espère. Elle ne sait sans doute pas quoi, mais elle est poussée par une force qui lui donne de l’audace. L’espérance est cette force qui nous habite et qui met en nous une soif de vie qui nous pousse à commettre des actes audacieux. Ces audaces dont nous sommes capables ne correspondent ni à une science ni à un savoir elles jaillissent du tréfonds de nous-mêmes et agissent comme un moteur de vie qui tire notre existence vers le haut. On pourrait les appeler en terme profane l’instinct de survie.

Cet appétit de la vie nous pousse à entreprendre des choses parfois irrationnelles ou insensées. Il ne porte pas toujours les fruits espérés, il échoue parfois lamentablement, mais il provoque en nous un dynamisme dont l’origine mystérieuse est en nous, mais ne vient pas de nous.

La femme cananéenne de ce récit a compris cela, elle n’a sans doute pas fait d’études avancées mais elle comprend que les pulsions de vie qui l’habitent viennent d’ailleurs que d’elle-même. Au contact de Jésus, ces pulsions de vie se sont mises en mouvement et elle comprend que c’est le Dieu dont Jésus parle qui en est à l’origine. Elle sait que c’est Dieu, qui en dépit des circonstances et des conventions sociales lui donne l’audace d’attirer l’attention de Jésus. Puisque Dieu provoque en elle cette espérance de vie, elle a alors raison d’insister.

Elle n’a pas eu besoincananeenne 3 qu’on l’enseigne pour découvrir que l’espérance qui l’habite lui vient de ce Dieu qui a mis en elle un désir de vie. Il en va de même pour chacun de nous. Ce mystère ne nous appartient pas. On ne le trouvera ni en faisant des expériences élaborées ni en s’adonnant à des calculs compliqués, mais en constatant qu’il y a en nous une force de vie qui nous pousse à espérer.

Le miracle de la femme cananéenne ne réside pas tellement dans le fait que sa demande ait abouti, mais plutôt dans le fait qu’elle ait compris que l’audace qu’elle a eu d’importuner le maître pour quémander la vie, ne lui venait pas d’elle-même mais lui venait justement de celui qui donne la vie et qui la prend en charge, elle et sa fille.

L’espérance est donc cette force que Dieu a mis en nous depuis nos origines et qui nous pousse à toutes les audaces. Jésus s’est donné pour tâche de nous aider à identifier cette force et de lui donner un nom. Il reconnaît en elle le Seigneur dont il est le Fils. Il nous prend en charge comme le ferait un Père, il nous enveloppe d’amour comme le ferait une mère. Il nous ouvre un avenir de vie sans fin comme le ferait notre Dieu. C’est grâce à l’Esprit que Jésus souffle sur nous que nous arrivons à cette connaissance.

Lui seul a su aller jusque au bout de l’espérance. Même dans la mort, son espérance a pris la dimension de l’éternité qui est la seule réalité qui contienne toutes les dimensions de Dieu, c’est-à-dire l’amour, l’espérance et la vie. Ainsi croire en Jésus Christ consiste à avoir l’audace suprême de savoir que la vie ne peut pas nous abandonner car elle vient d’ailleurs, elle appartient à Dieu et Dieu a décidé de nous la donner en totalité.

Images Codex Egbert

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1 Rois 19/9-13 Elie dans la caverne dimanche 13 août 2017

Posté par jeanbesset le 27 juillet 2017

1 Achab raconta à Jézabel tout ce qu’avait fait Elie, et comment il avait tué par l’épée tous les prophètes.

2 Jézabel envoya un messager à Elie, pour lui dire : Que les dieux fassent ceci et qu’ils y ajoutent cela, si demain, à cette heure-ci, je ne fais de ta vie ce que tu as fait de la vie de chacun d’eux !

3 Elie, voyant cela, s’en alla pour sauver sa vie. Il arriva à Bersabée, qui appartient à Juda, et il laissa là son serviteur.

4 Quant à lui, il alla dans le désert, à une journée de marche ; il s’assit sous un genêt et demanda la mort en disant : Cela suffit ! Maintenant, SEIGNEUR, prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères.

5 Il se coucha et s’endormit sous un genêt. Soudain, un messager le toucha et lui dit : Lève-toi, mange !

6 Il regarda : il y avait à côté de lui une galette cuite sur des pierres chaudes et une cruche d’eau. Il mangea et but, puis se recoucha.

7 Le messager du SEIGNEUR vint une seconde fois, le toucha et dit : Lève-toi, mange, car le chemin serait trop long pour toi.

8 Il se leva, mangea et but ; avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb.

9 Là-bas, il entra dans la grotte et y passa la nuit. Soudain la parole du SEIGNEUR lui parvint, qui lui disait : Que fais-tu ici, Elie ?

10 Il répondit : J’ai montré une passion jalouse pour le SEIGNEUR, le Dieu des Armées ; car les Israélites ont abandonné ton alliance, ils ont rasé tes autels, ils ont tué tes prophètes par l’épée ; moi, je suis resté, seul, et ils cherchent à me prendre la vie !

11 Il reprit : Sors et tiens-toi dans la montagne, devant le SEIGNEUR. Or le SEIGNEUR passait. Un grand vent, violent, arrachait les montagnes et brisait les rochers devant le SEIGNEUR : le SEIGNEUR n’était pas dans le vent. Après le vent, ce fut un tremblement de terre : le SEIGNEUR n’était pas dans le tremblement de terre.

12 Après le tremblement de terre, un feu : le SEIGNEUR n’était pas dans le feu. Enfin, après le feu, un calme, une voix ténue.

13 Quand Elie l’entendit, il s’enveloppa le visage de son manteau, sortit et se tint à l’entrée de la grotte. Soudain une voix lui dit : Que fais-tu ici, Elie ?

14 Il répondit : J’ai montré une passion jalouse pour le SEIGNEUR, le Dieu des Armées ; car les Israélites ont abandonné ton alliance, ils ont rasé tes autels, ils ont tué tes prophètes par l’épée ; moi, je suis resté, seul, et ils cherchent à me prendre la vie !

15 Le SEIGNEUR lui dit : Va, reprends ton chemin par le désert jusqu’à Damas ; quand tu seras arrivé, tu conféreras l’onction à Hazaël pour qu’il soit roi sur Aram.

16 Tu conféreras l’onction à Jéhu, fils de Nimshi, pour qu’il soit roi sur Israël ; et tu conféreras l’onction à Elisée, fils de Shaphath, d’Abel-Mehola, pour qu’il soit prophète à ta place.

 Elie 3

Nous sommes dans un siècle où les hommes construisent des télescopes puissants tournés vers le cosmos pour capter les chants de l’univers.  Les plus audacieux des souhaits des hommes qui consistent  à arracher au mystère des cieux le sens même de l’univers sont en train de se réaliser.  Il est évident qu’ils n’auront pas  la chance d’entendre la voix même de Dieu, car Dieu  ne se prête pas à ce jeu là.   C’est cependant avec ces réflexions hautement  futuristes que nous  rejoignons Élie dans sa méditation solitaire au seuil de sa caverne pour constater  que les réflexions qu’il menait  sur  le sens de la présence de Dieu dans le monde conservent leur actualité.

Enfermé dans sa grotte, replié sur lui-même comme un sage qui médite, ou plus tôt, comme un homme égaré sur le chemin de sa vie, Élie était  à la recherche de ce Dieu auquel il avait voué sa vie et qui lui restait  inaccessible. Perdu sur les chemins du monde, un ange lui était  apparu pour  lui indiquer la route à suivre car,  menacé de mort, il fuyait le courroux de la reine Jézabel. Il croyait avoir fait une action d’éclat en tuant les prophètes de Baal mais  le sort se retournait contre lui. Pourtant il avait cru bien faire pour contenter Dieu ! Mais qui lui avait demandé d’agir ainsi ? Il n’avait même pas consulté Dieu et la mort de ses adversaires ne lui avait apporté aucune satisfaction.  Il avait  donné la mort à des prophètes païens, la reine cherchait  le faire périr et  en plein désespoir, il  espérait s’en sortir en demandant que la mort vienne sur lui.  La mort planait sous toutes ses formes et semblait devoir avoir raison de lui.

Maintenant  l’angoisse le tenaillait et  la perspective de sa propre mort, semblait faire écho au silence apparent de Dieu. L’idée même de Dieu semblait s’associer à celle de la mort ! Dieu lui-même serait-il mort ou même n’avait-il jamais existé ? Serait-il une illusion accessible seulement dans ses rêves ? Nous reconnaissons dans ces pensées que nous prêtons à Élie celles qui peuvent un jour se poser à n’importe quel humain pris dans l’angoisse d’une situation qu’il ne comprend pas et qui lui semble injuste. L’angoisse se fait pesante et le silence de Dieu épais.

Élie, le prince des prophètes, celui qui ne connut pas la mort et que Dieu emporta avec lui dans un char de feu  n’est pas encore au terme de  sa méditation et il ne reconnait toujours pas Dieu comme celui qui donnera à sa vie une issue enviable. Pour l’instant ses méditations  l’entraînent vers d’autres voies. Il méditait  sur l’ironie de sa propre réalité  et même de la réalité de Dieu.  Il devait encore faire l’expérience de la rencontre avec  Dieu  pour comprendre le sens de son destin, mais cette rencontre, il ne l’avait pas encore  vraiment faite.

 Au point où il en était, Il était loin de ressembler aux premiers patriarches, ceux   qui l’avaient précédé  et dont la  Bible parle comme des amis de Dieu. Sa méditation n’avait rien à voir  avec  celle d’Abraham qui, assis sur le seuil de sa tente  comprenait  en contemplant le champ  des étoiles les volontés de Dieu. Tel Hérodote, il croyait entendre la voix du tout puissant qui se mêlait à l’harmonie des sphères. C’est alors qu’il  entendit   Dieu. Il  l’invitait  à donner du  sens à sa vie en entamant une longue marche avec  lui, une marche  qui jamais ne s’achèverait.

 Il n’était pas comme Noé non plus,  qui, au sortir de l’arche, quand la pluie eut cessée contempla à son tour  la voute céleste où l’arc en ciel scellait  avec lui et toute l’humanité une alliance éternelle  dans laquelle Dieu  lui promettait vie et éternité.

Il se sentait sans doute plus proche de Jonas qui avait sciemment tourné le dos à la vocation que Dieu lui donnait et qui malgré son refus  fut délivré de la fureur des eaux qui menaçaient de l’engloutir dans  la mort. Miraculeusement ramené à la vie il accepta à contre cœur d’accomplir la mission qui lui était  demandée d’aller  annoncer à Ninive  qu’un  désastre la menaçait à moins d’un repentir collectif.  Tous firent acte de contrition, la catastrophe ne se produisit pas. Jonas se sentit frustré du spectacle de  destruction auquel il s’était préparé  bien à l’abri sous son ricin. C’est le ricin qui mourut et Jonas indigné contre Dieu  ne comprenait pas encore  sa clémence. Car Dieu prend plus de plaisir  à la miséricorde qu’au châtiment. Jonas n’avait pas encore compris que pour Dieu la puissance de vie était plus forte que celle de la mort.Elie 2

 Sans doute, toutes ces situations vécues par ses devanciers n’ont pas échappées à la réflexion de notre héro alors que dans sa caverne il attendait la manifestation de son Dieu. Aucune manifestation de violence ne se produisit, il n’y eut  ni vent ni tempête, ni tremblement  de terre  car Dieu n’est pas dans ce qui fait violence aux hommes et les terrorise, mais il est dans ce  dans ce qui les fait vivre. Ce fut un souffle qu’Élie ressentit  comme un son  harmonieux.  Ce fut un souffle comme celui  qui nous apaise quand nous sommes agités et qui pousse doucement notre embarcation vers le port, un souffle qui met en nous de l’énergie et qui nous rend capables de relever la tête, un souffle  qui nous donne conscience  de la présence de Dieu.

 La présence de Dieu le mettait en même temps en lien avec tout ce qui concerne les mouvements de ce monde. Ainsi il comprit  que les rois n’était pas destinés à agir sans le regard de Dieu qui pèse sur eux  c’est pourquoi Dieu   chargea Élie d’introniser certains d’entre eux. Ce fut  aussi bien  Jéhu, le roi d’Israël que  Hazaël  un roi païen qui régnait en Syrie. La voute des cieux qu’avait contemplé Abraham aussi bien que l’arc qui s’inscrivit dans la nue au lendemain du déluge étaient bien les révélateurs de ce Dieu qui ne voulait pas être indifférent à ce qui se passe dans le vaste monde où sont les hommes. Rien de  ce qui se passe dans le monde n’échappe à son contrôle, si bien que Dieu, l’homme et la nature sont prévus pour fonctionner en harmonie.  Il me plait de penser  à ce moment de mon développement que Dieu maintient le monde en équilibre et qu’il s’y manifeste comme par une musique subtile qui témoigne de sa volonté  que tout soit en accord avec lui et conserve son empreinte. A nous d’écouter et d’entendre..

Voila donc Élie, investi d’une sagesse immense qui lui permet de concevoir l’univers sous le regard de Dieu! Mais s’il  perçoit comment tout cela marche, s’il est lui-même impliqué dans l’harmonie des choses, il ne reçoit aucun mission qui ferait de lui un homme supérieur parmi les hommes ou un sage supérieur parmi les sages. Il ne reçoit aucune mission durable sur terre pour agir efficacement. Il doit seulement introniser son successeur. Un autre après lui, d’autres après lui auront cette charge de devenir  guide et lumière pour les hommes en les éclairant de la sagesse divine.

Il a sans doute compris que la volonté de Dieu était d’agir par  l’action de ceux qui sont chargés de porter sa parole pour que la vie s’empare du monde et que son respect en soit le seul but.

Cette sagesse que les Ecritures nous révèlent en Élie devra attendre que Jésus s’en empare à son tour  et la rende manifeste au monde comme seule volonté de Dieu. Il confirmera ainsi que Dieu, depuis les origines de sa révélation n’a pas d’autre but que de faire vivre les hommes en harmonie avec lui et le monde.

 

 

 

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Matthieu 17/1-9 la transfiguration – dimanche 6 août 2017 reprise 16 mars 2014

Posté par jeanbesset le 27 juillet 2017

 

1 Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne. 2 Il fut transfiguré devant eux : Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. 3 Moïse et Élie leur apparurent, ils s’entretenaient avec lui. 4 Pierre prit la parole et dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. 5 Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les enveloppa. Et voici qu’une voix sortit de la nuée qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Écoutez-le ! 6 Lorsqu’ils entendirent (cela), les disciples tombèrent la face contre terre, saisis d’une crainte violente. 7 Mais Jésus s’approcha, les toucha et dit : Levez-vous, soyez sans crainte ! 8 Ils levèrent les yeux et ne virent que Jésus seul.

9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez à personne de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité des morts. 10 Les disciples lui posèrent cette question : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’Élie doit venir d’abord ? 11 Il répondit : Il est vrai qu’Élie vient rétablir toutes choses. 12 Mais je vous dis qu’Élie est déjà venu, et qu’ils ne l’ont pas reconnu et qu’ils l’ont traité comme ils l’ont voulu. De même le Fils de l’homme va souffrir de leur part.

transfiguration 7


Beaucoup d’entre nous ont sans doute entendu parler du discours prononcé par Martin Luther King à Washington le 28 août 1963 au cours duquel il évoqua son rêve d’un peuple américain libre et uni. Il l’exprima en décrivant la vision qu’il avait d’une Amérique nouvelle : « I have a dream : j’ai la vision » avait-il commencé à dire depuis les marches du monument de Lincoln où il haranguait une foule de deux cent mille manifestants noirs. Ses propos laissaient entendre qu’il devinait déjà les signes d’une vie nouvelle qui attendait le peuple noir la bas au-delà des collines de l’Alabama.

Chacun de ses auditeurs, pétri des récits de la Bible, reconnaissait certainement en l’entendant la vision de Moïse sur la montagne contemplant la Terre Promise. Grâce à l’espérance que Jésus avait déposée en lui, Martin Luther King put entrevoir la promesse d’un peuple noir et d’un peuple blanc réconciliés formant une seule nation. 

Jésus nous enseigne à l’imiter. Il nous apprend à rechercher la compagnie des hommes et des femmes de la Bible pour être enseignés par eux. A la lumière de l’Evangile leur message prend une valeur éternelle et parle à chaque génération d’une manière durable.

Bien que Jésus ait affirmé que Dieu aime les hommes d’un amour incommensurable, ceux-ci ne s’en rendent pas vraiment compte. Ils sont plus revendicateurs des grâces de Dieu, que témoins de son amour. Ils se comportent comme si Dieu leur devait aide et assistance pour prix de leur foi en lui.

La seule manière de nous rendre compte de l’action de Dieu au milieu des hommes c’est de voir comment il a agi envers ceux qui nous ont précédés dans la foi. C’est en les rencontrant, que nous comprendrons comment les femmes et les hommes de la Bible ont rendu compte de l’amour de Dieu. Dieu les a aimés du même amour que celui dont il nous aime aujourd’hui. S’il a mis en eux sa sagesse, il n’a cependant pas voulu que les épreuves leur soient enlevées, mais il n’a jamais cessé de les accompagner quand celles-ci surgissaient. Grâce à la foi qui était en eux, ils ont su les surmonter et ils ont pu, chacun avec sa sensibilité témoigner de la manière dont Dieu s’est intéressé à eux.


Cette expérience de la vie en Dieu telle que je suis en train de l’évoquer n’est pas réservée aux intimes de Jésus, mais elle est offerte à chaque lecteur de la Bible qui y trouve des compagnons de route dont l’expérience enrichit sa compréhension des choses. L’Esprit saint habitait déjà en eux et c’est grâce à lui qu’ils étaient en contact étroit avec Dieu. Ce même Esprit habite aussi en nous. C’est grâce à lui que nous pouvons retirer un enseignement de leur témoignage. C’est ainsi que notre route peut être encore aujourd’hui éclairée par les expériences de vie de ceux qui ont vécu au contact de Dieu avant nous. L’Esprit saint qui préside à cet échange porte en lui le mystère de Dieu, selon lequel il veut sauver tous les hommes.

C’est par lui qu’il nous communique encore aujourd’hui la puissance de vie qui était déjà en Jésus et qui l’a poussé hors du tombeau. Cette même puissance de vie était déjà présente dans l’existence de tous les témoins de Dieu bien avant la venue du Christ. C’est ainsi qu’ils ont pu témoigner de lui bien avant qu’il vienne sur terre. En eux habitait déjà cette espérance qui grâce à eux nous mobilise à la suite de Jésus.

Cette vision que Pierre, Jacques et Jean reçoivent sur la montagne remplit cette fonction. Par elle ils comprennent que Jésus a assumé dans son œuvre tout ce à quoi Moïse et Elie aspiraient. Bien qu’il ne se passe apparemment rien au cours de cette vision, les trois apôtres ont été amenés à comprendre qu’il y avait un lien étroit entre Moïse Elie et Jésus. C’est le Saint Esprit qui depuis toujours a constitué ce lien.

Tous ces témoins de Dieu qui ont précédés la venue de Jésus, tels Moïse et d’Elie, ont eu leurs faiblesses. Dieu les a choisi non pas parce qu’ils étaient meilleurs que les autres, mais parce qu’ils étaient comme les autres. Ils avaient les mêmes contraintes que nous, les mêmes ambitions, les mêmes péchés aussi. Ils ont connu le désespoir et la foi leur a parfois manqué. Ils ont porté en eux des culpabilités avouées ou ignorées. Ils étaient semblables en nous en tout point. Mais si Jésus nous les désigne comme compagnons de route, c’est que leur histoire peut éclairer la nôtre. L’Esprit d’entreprendre qui les animait est le même que celui qui habitait en Jésus et qui a donné du sens à son action.

Mais prenons y garde, s’il nous est donné de croiser Moïse, Elie et les autres, comme il est raconté dans ce passage des Ecritures, il n’est pas question que nous nous réfugions avec eux dans leur passé pour le reproduire aujourd’hui dans notre temps. Leur temps est révolu et nous devons rester dans notre temps et vivre dans notre temps, enrichis par leur expérience. Il nous appartient maintenant de vivre notre propre histoire et de devenir à notre tour un chaînon dans la longue chaîne des témoins de ceux qui nous ont précédés et qui nous suivront.

Riches de leur expérience nous devons habiter cette terre que Dieu nous demande de mettre en valeur pour sa plus grande gloire. Depuis l’origine des temps, son esprit d’amour a soufflé sur elle et depuis toujours des voix se sont fait entendre pour dire le pardon et l’espérance. Le même Esprit a suscité leur message, le même Esprit a révélé que Dieu habitait en Christ pour le réconcilier avec les hommes, le même Esprit aujourd’hui nous envoie dans ce monde, chargés d’une mission de réconciliation et d’amour.

Les hommes d’aujourd’hui auraient-ils le cou plus raide que ceux de jadis car ils semblent manquer d’espérance ? Le monde moderne est rebelle à Dieu dit-on, parce que l’existence d’aujourd’hui ne fait aucune place à la spiritualité. L’égoïsme gagne du terrain et tous sont trop avides de consommer plutôt que de faire une place à Dieu.

Pourtant, si nous fréquentons ceux qui étaient avant nous, si nous prenons pour compagnons les plus illustres témoins de la Bible, nous réaliserons bien vite que de tout temps, les hommes ont résisté à Dieu. Elie qui dans le passage d’aujourd’hui se tient aux côté de Jésus n’a-t-il pas eu, seul contre tous, à s’opposer à tout un peuple gagné au paganisme et n’a-t-il pas douté du chemin à suivre ? Il avait contre lui le roi et la reine qui avaient mis sa tête à prix. Il s’est alors enfui, terrassé par le doute et le désespoir. Quant à Moïse, n’a-t-il pas cassé les tables de la loi parce qu’il était exaspéré à cause du manque de foi de son peuple?

Si vous allez à la rencontre de tous ces témoins que l’Ecriture vous donne comme compagnons de route, vous découvrirez que votre tâche n’est pas plus lourde que la leur, Dieu leur a donné l’espérance et la foi, et c’est avec elles qu’ils ont eu à marcher. Pensez à Elie qui fuyait devant les spires de la reine Jézabel quand un ange lui apparut dans la tourmente. Pour le réconforter il lui donna une cruche d’eau et une galette de pain et cela dut lui suffire pour survivre pendant les 40 jours de marches qu’il lui fallut faire en plein désert pour atteindre le mont Horeb. 

Les croyants d’aujourd’hui doivent se souvenir qu’ils ont un gros avantage sur les témoins qui les ont précédés, c’est qu’ils ont la certitude que la réponse à toutes leurs questions se trouve en Jésus, alors que les autres espéraient seulement que cette réponse leur serait donnée par le Messie qu’ils espéraient. Ils espéraient en la venue d’un messager de Dieu qui ferait toute chose nouvelle, pour nous ce messager est venu et nous l’avons reconnu en Jésus. Ce que l’Esprit saint leur donnait d’espérer, il l’a réalisé en Christ qui nous accompagne parce qu’il reste vivant au milieu de nous pour l’Eternité.

 

 Illustrations de Rubens

 

 

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1 Rois 3/5-12 le destin du roi Salomon – dimanche 30 juillet 2017

Posté par jeanbesset le 17 juillet 2017

Salomon 11 Rois 3/5-12  Le destin du roi Salomon

5 A Gabaon, pendant la nuit, le SEIGNEUR apparut en rêve à Salomon. Dieu lui dit : Demande ce que tu veux, je te le donnerai.

6 Salomon répondit : Tu as agi avec une grande fidélité envers ton serviteur David, mon père, parce qu’il marchait devant toi en suivant la voie de la loyauté, de la justice et de la droiture de cœur envers toi ; tu as gardé envers lui cette grande fidélité et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône — voilà pourquoi il en est ainsi en ce jour.

7 Maintenant, SEIGNEUR, mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; je ne suis qu’un petit garçon, je ne sais rien faire.

8 Je suis au milieu de ton peuple, celui que tu as choisi, peuple nombreux, qui ne peut être ni évalué ni compté, à cause de son grand nombre.

9 Donne-moi un cœur attentif pour gouverner ton peuple, pour discerner le bon du mauvais ! Qui donc pourrait gouverner ton peuple, ce peuple si important ?

10 Cette demande de Salomon plut au Seigneur.

11 Alors Dieu lui dit : Puisque c’est là ce que tu demandes, puisque tu ne demandes pas pour toi une longue vie, que tu ne demandes pas pour toi la richesse, que tu ne demandes pas la mort de tes ennemis, puisque tu demandes pour toi de l’intelligence afin d’être attentif à l’équité,

12 j’agirai selon ta parole. Je te donnerai un cœur sage et intelligent, de telle sorte qu’il n’y aura jamais eu avant toi et qu’il ne se lèvera jamais plus après toi personne de semblable à toi.

13 Je te donnerai, en outre, ce que tu n’as pas demandé, aussi bien la richesse que la gloire, de telle sorte qu’il n’y aura pendant tous tes jours aucun homme parmi les rois qui soit semblable à toi.

14 Et si tu suis mes voies, en observant mes prescriptions et mes commandements.

N’est-il pas beau ce jeune homme, à peine sorti de l’adolescence  qui nous est présenté ici, ainsi qu’à son peuple. Il vient d’échapper à une révolution de palais au cours de laquelle son propre frère avait tenté de lui ravir la couronne, contrairement à la volonté de son Père le prestigieux roi David, le fondateur de la dynastie. Il se tient là modestement, face à ses pairs en ce haut lieu de Gabaon pour prendre en charge le poids de la couronne royale. 

L’histoire garde de Salomon  l’image du plus prestigieux des rois d’Israël. Il est aussi considéré comme le plus sage et le plus riche.  On lui a attribué la rédaction de plusieurs livres de sagesse et  il est considéré comme le constructeur du Temple de Dieu à Jérusalem.  Il fut à la tête d’un immense empire  et ses  vassaux, en signe de soumission  remplirent son harem de plus de sept cents  épouses sans compter les concubines. La prestigieuse reine de Saba lui rendit même visite. Elle conçut même de lui un héritier dont les descendants régnèrent sur l’Ethiopie jusqu’à la fin du vingtième siècle. 

Sans doute la légende enjoliva-t-elle le prestige de ce grand monarque car on ne prête qu’aux riches, et à part l’allusion à la dynastie qui régna sur  l’Éthiopie pendant de si longues années, tous les autres faits évoqués ici sont mentionnés dans la Bible.  On est alors en droit de se demander si  la Bible a cautionné des  événements légendaires car on a du mal à considérer comme vérités historiques  ces faits qui firent de Salomon un si grand roi en su peu de temps et que la littérature de ses grands voisins tels que l’ Égypte ne relate pas. On a également du mal à considérer que ce grand empire s’est effondré si vite,  comme château de carte pour laisser la place à deux petits royaumes rivaux que les puissances voisines ne tarderont pas à éliminer de la carte des nations.Salomon 2

 La Bible s’appuierait-elle sur des éléments historiquement contestables pour accréditer ses plus belles pages de la littérature sapientiale  et pour énoncer, comme dans le texte d’aujourd’hui des éléments aussi importants pour la construction de la foi d’Israël ?  En fait la Bible n’a pas fait que glorifier le grand roi. Elle a pris soin de nous présenter les faits contestables de ce personnage. Si elle retient qu’il fut un maître de sagesse,  elle a retenu aussi que celui qui est présenté  ici comme un favori de Dieu l’a  aussi profondément déçu.  Il a aussi toléré et même favorisé les cultes consacrés à des divinités étrangères, vénérées par différentes de ses épouses, il s’est écarté de Dieu par opportunisme et à étayé son empire sur des accords fallacieux  qui saperont son autorité et prépareront l’effondrement de sa puissance. 

Les  rédacteurs du livre des rois, plusieurs siècles après les événements relatés n’avaient aucune archive sûre, mais seulement des  récits de traditions édifiées sur la légende glorifiant le plus grand roi du passé. Même le Temple prestigieux qu’il aurait construit n’existait plus à l’époque de la mise par écrit de ces textes. Cependant  l’évocation d’un passé glorieux donnait du lustre à l’histoire passée d’Israël et confirmait que ce peuple avait bénéficié jadis des faveurs de Dieu. Le  retour  à la grandeur du  passé était donc  toujours possible, si chacun savait respecter le volonté de Dieu. 

Des récits hostiles au grand roi apportaient la critique nécessaire pour montrer ses erreurs et justifier la défaveur de Dieu. La confirmation de  toutes ces légendes par des archives historiques était impossible puisque aucun autre prince, autre que lui n’avait parlé de  ses exploits. Mais le but des rédacteurs n’était pas d’authentifier  une vérité historique, mais d’affirmer la fidélité de Dieu. Il était important d’insister sur la fidélité de Dieu à son peuple, car c’est ainsi que ceux qui ont rédigé la geste du passé espéraient  relever l’espoir des Hébreux et les aider ainsi à se reconstruire en tant que peuple. 

C’est donc  les  règles concernant les rapports avec Dieu qu’il faut découvrir afin de les respecter à notre tour et de comprendre, comment, même à travers des récits légendaires  une vérité sur la fidélité de Dieu a pu être établie et peut  encore aujourd’hui nous aider à construire notre foi. 

Les textes s’appuient sur une vérité qui reste déterminante.   C’est la  fidélité à l’Alliance avec Dieu qui  prévaut  dans   tous les éléments de notre vie ! Mais il nous faut prendre garde au fait que le péché sommeille en nous et tente à nous détourner de notre relation avec Dieu. Le péché prend bien des aspects, c’est pourquoi il réussit souvent à nous séduire  et à nous laisser croire que nous agissons dans le camp de Dieu alors que nous agissons contre lui. La vanité, la concupiscence, la lâcheté et même la peur, voila des éléments qui  agiront sur le roi et le détourneront de  Dieu. 

Dans le passage que nous avons lu pour ce jour, on discerne aisément quels sont les éléments qui  permettront au roi de comprendre ce qui est  incontournable dans l’Alliance avec Dieu et qui lui permettra d’édifier sa sagesse. C’est la fidélité à Dieu qui lui permettra de distinguer le bien du mal et d’agir de telle sorte que le plus modeste y trouve son compte, ainsi règnera-t-il avec sagesse. Peu importe  que  l’élément rapporté ici ce soit passé comme il est dit, ce qui est important c’est que les éléments qui constituent  l’alliance avec Dieu soient clairement énoncés. La richesse et la puissance qu’il recevra par ailleurs ne seront que secondaires par rapport au respect de la volonté de Dieu qu’il saura comprendre avec sagesse. 

Ce n’est donc pas réellSALOMON 3ement à un récit historique que nous avons à faire ici, mais à l’affirmation d’une vérité fondamentale sur Dieu et c’est cette vérité qui compte pour nous aussi bien que pour le roi, fut-il le plus grand d’entre tous les rois. Nul n’échappe à l’œil aguerri de Dieu qui sait voir en nous  l’authenticité de nos comportements. La fidélité à Dieu implique donc un oubli de soi par rapport aux autres.  Il s’agit comme le dira la Bible plus loin de  se mettre en priorité au service de la veuve et de l’orphelin. C’est évidemment un peu court comme prescription mais c’est suffisant pour orienter tous le reste de sa vie dans le sens où Dieu le souhaite. Nous avons ici le début de ce que les prophètes ont développé et qui sera plus tard, la base même de l’Évangile.

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