Sophonie 2/3 et 3/12-13 dimanche 29 janvierhttp://jeanbesset.unblog.fr/files/2017/01/lion.jpg

Posté par jeanbesset le 13 janvier 2017

Sophonie 2/3 et 3/12-13

2/3 Recherchez le SEIGNEUR, vous tous les humbles de la terre ,qui mettez en pratique le droit qu’il a établi ;recherchez la justice, recherchez l’humilité, Peut-être serez-vous à l’abri au jour de la colère du SEIGNEUR.

3/12Je maiSophonie 2ntiendrai au milieu de toi un reste de gens humbles et pauvres ; ils chercheront refuge dans le nom du SEIGNEUR.13 Le reste d’Israël ne commettra plus d’iniquité ; ils ne diront plus de mensonges, on ne surprendra plus dans leur bouche de langage trompeur ; mais ils pourront paître et se reposeront sans personne pour les faire trembler.

  L’histoire du monde ne s’écrit pas d’une manière linéaire si bien que les hommes ont du mal à en saisir le sens et ils ont l’impression de ne pas maîtriser leur destin. Tout se passe comme s’ils étaient emportés par le hasard et qu’ils étaient incapables  de contrôler les événements. Une seule règle semble devoir s’imposer au déroulement de l’histoire, c’est celle selon laquelle  la raison du plus fort est toujours la meilleure. C’est elle qui décide momentanément de la marche des choses. Pourtant  un élément  impondérable vient casser cette belle ordonnance  et empêche que l’on puisse prévoir l’avenir. Tout à coup, sans crier gare,  le plus fort cesse de l’être.  Cela s’explique sans doute, mais après coup et  cela ne se prévoit pas. La  roue de l’histoire se met tout à coup à tourner dans l’autre sens et défavorise celui qui se croyait supérieur aux autres

Comment Alexandre le grand, Gengis Khan ou Napoléon sont-ils devenus les maîtres de monde sans que rien ne le laisse prévoir ? D’autres qu’eux sans doute avaient les mêmes qualités et n’ ont pas fait les mêmes choses. Le mystère reste entier. Pourquoi la puissante Ninive  a-t-elle été vaincue par la puissante Babylone devenue plus puissante qu’elle ? Une grande partie de l’histoire biblique repose sur  cette énigme. Mais face à ces blocs qui se sont affrontés, le petit royaume d’Israël n’a jamais fait le poids et a été balayé par la tourmente provoquée par l’empire de Ninive en mal de puissance. Le faible Royaume de Juda ne lui a survécu qu’un siècle et  demi grâce à son insignifiance et a finalement été balayé à son tour, par la puissance de Babylone  cette fois,  quand ce petit royaume a voulu relever la tête. Cela ne l’a pas empêché de plus tard espérer un renversement  de l’histoire en sa faveur, grâce à un nouveau maître qui venait de s’imposer au monde : Cyrus. C’est là encore une énigme !  Mais peu importe si on se perd dans ces  entrelacs difficiles de l’histoire car  c’est en répondant  à cette énigme que l’on verra comment le doigt de Dieu intervient  dans l’histoire. C’est à cette question que répond aujourd’hui le prophète Sophonie.

Dieu joue-t-il un rôle dans la rivalité entre les puissances  et prend-il part dans leurs conflits pour orienter l’histoire en faveur des petits comme le dit le prophète?  Il faut aussi se poser la question subsidiaire: Si Dieu  prend  en considération le sort des petits, pourquoi le fait-il si discrètement ? Personne n’a vraiment autorité pour éclairer ce mystère, mais les prophètes d’Israël, s’y sont risqués. Ils ont fait des efforts pour écouter Dieu afin de saisir le font de sa pensée. C’est là où nous en sommes.

Sophonie,  pris au cœur de la tourmente n’a pas pu se taire et il a laissé entendre que tout cela pouvait avoir du sens. Apparemment Dieu se mêlerait à l’histoire en  promettant de  toujours maintenir  un petit reste de croyants,  fidèles à sa parole qui changeraient  par leurs  actions le cours de l’histoire malgré leur petits nombre, car Dieu ne veut pas que l’histoire  s’écrive sans lui.

  Dieu interviendrait  auprès des hommes, par sa parole. Ce serait le rôle des prophètes de la décrypter.  Jésus après eux y a consacré tout son ministère et  a révélé  la volonté profonde de Dieu pour le monde. Ainsi Dieu fait-il le pari qu’il y aurait toujours un minimum  d’hommes, pour comprendre sa parole, pour l’interpréter en fonction du moment et pour faire évoluer l’histoire dans le sens  que Dieu voudrait lui donner.

Dieu construit donc son projet pour le monde sur un défit et une promesse. Le défit est celui que la vie  sera toujours la plus forte, la promesse, c’est que toujours quelqu’un sera capable de relever le défit, fut-il un homme tout seul,  aussi insignifiant  que personne ne le remarquera.  Ainsi va l’histoire !

  Laissons-nous maintenant  emporter par la pensée à l’époque d’Astérix le gaulois alors que   l’histoire du monde s’écrivait par la violence des légions  romaines  qui renversaient   les trônes,  annexaient les états et usurpaient de partout le pouvoir. La paix romaine imposait  sa loi au monde antique. Qui a fait attention à ce mouvement  là,  à cet incident produit dans une lointaine province d’Orient, quand  une fête locale s’acheva par l’exécution sommaire d’une homme qui avait osé défier les autorités religieuses du lieu.

Il avait osé prétendre  avoir décrypté  à sa façon les Ecritures sacrées de son peuple. Elles l’enjoignaient selon lui à n’agir que par amour,  à parler d’égalité et  de partage et à se comporter comme si tous les hommes étaient des frères. Qui a pensé  que l’on était en train de mettre à mort le plus farouche adversaire des puissants et que sa voix de mourant  était en train d’ébranler jusque dans ses fondements, l’empire qui dominait le monde ? Qui a compris qu’une autre idée de Dieu  était en train de  s’exprimer par lui et allait faire école, et qu’une autre conception des relations entre les hommes  allait s’emparer des sociétés ?.

L’idée n’était même pas originale en soi. La Tora, le livre sacré des juifs prodiguait déjà de telles idées, et au-delà des frontières de l’empire d’autres philosophes avaient émis des idées semblables. Cependant, il était évident qu’une telle utopie généreuse n’avait aucune chance de s’imposer.  Il était évident   qu’on ne pouvait s’opposer aux lois de la nature qui avait instauré la rivalité entre les espèces et l’inégalité entre les races. Le  pouvoir resterait toujours aux mains des plus forts. Le lion serait toujours supérieur au rat même si les fables d’Ésope disaient le contraire (1). Mais qui avLionait lu Ésope ? Des hommes en armes prendraient  toujours le pas  sur des va-nu-pieds sans défense avides de philosopher.

Certes les prophètes savaient confusément  qu’en prêchant l’espérance à des peuples vaincus et humiliés, ils disaient une vérité qui leur venaient de Dieu. Mais savaient-ils qu’ils allumaient    le flambeau d’une parole qui par l’entremise de Jésus allaient embraser le monde entier. De proches en proches, de victimes en victimes, l’étincelle de l’espérance attendait  que ces idées prennent feu.   Une poignée d’illuminés disaient à qui voulait l’ entendre que la parole de Dieu avait incarné son espérance dans un homme trop humble en son temps pour qu’on  prenne garde à lui, trop fragile pour qu’on le croit dangereux, trop faible pour qu’on redoute sa puissance. Pourtant sa force de conviction s’est emparée du monde.

Malheureusement, si  elle a contribué à modifier le monde romain de fonds en comble, la parole de Dieu n’a rien changé vraiment, car en s’universalisant elle  s’est dévoyée. Elle a changé de camp et elle est  passée dans celui des puissants. Elle a alors  perdu sa force  de conviction en devenant l’instrument des gens de pouvoir. Son fondement basé sur la fraternité et le partage a été oublié, si bien que Dieu est à nouveau redevenu inaudible. A  nouveau   tout  était à refaire. On s’est plu à croire, pour mieux noyer le poisson, que  ce qui devait se produire  sur terre  se réaliserait  au ciel. On a mis ainsi   dans l’esprit des croyants  qu’il y aurait  un paradis pour plus tard dans un autre monde  pour ceux  qui auraient su plaire à Dieu.

Mais ce serait une profonde erreur de croire que les choses pourraient finir ainsi.  Le message des prophètes,  incarné dans la parole de Dieu en Jésus Christ continue encore aujourd’hui à transmettre l’espérance. Il s’appuie sur cette promesse de Dieu selon laquelle il y aura toujours un petit reste fidèle à la parole de Dieu telle que Jésus l’a enseignée. Elle contient un formidable message d’amour capable de défier tous les tyrans. C’est par ceux qui ont compris cela que Dieu continue à orienter l’histoire et c’est par eux qu’il s’oppose aux puissances nuisibles. Cette espérance de vie que Dieu met en nous aura  toujours la capacité d’entrainer le monde jusque dans l’éternité de Dieu telle qu’il l’a conçue au commencement.

(1) Le lion et la souris chez Esope, le Lion et le rat chez La Fontaine

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Esaïe 8/23-9/3 : les ténèbres ne règneront pas toujours sur la terre – dimanche 22 janvier 2017

Posté par jeanbesset le 6 janvier 2017

Esaïe 8 :23

Mais les ténèbres ne régneront pas toujours sur la terre où il y a maintenant des angoisses : Si un premier temps a rendu négligeables  le pays de Zabulon et le pays de Nephthali, le temps à venir donnera de la gloire  à la route de la mer, au-delà du Jourdain, Au territoire des nations. navigation sur ce site, vous

Chapitre 9bonheur 1

1 Le peuple qui marche dans les ténèbres voit une grande lumière ; sur ceux qui habitent le pays de l’ombre de la mort  une lumière resplendit.  2  Tu rends la nation nombreuse, Tu lui dispenses la joie  .Elle se réjouit devant toi de la joie des moissons, Comme on pousse des cris d’allégresse au partage du butin. 3  Car le joug qui pesait sur elle, Le bâton qui frappait son dos, La massue de celui qui l’opprime, Tu les brises comme à la journée de Madian.

Il  est d’usage d’échanger en cette période de l’année des  vœux de bonheur, de bonne année et de prospérité. Même si on n’y croit pas forcément aux vœux que l’on souhaite, cette pratique a le privilège de nous faire rêver et d’envisager l’avenir sous des jours bien meilleurs que ceux qui semblent se profiler à l’horizon.  Si les hommes se permettent d’envisager l’avenir comme  une période plus heureuse que la présente, pourquoi Dieu n’en ferait-il pas autant ? Mais à la différence des humains, Dieu ne peut pas se permettre des paroles conventionnelles. Il nous doit la vérité, et s’il ne le peut pas qu’il se taise ! C’est d’ailleurs l’impression qu’il nous donne en cette occasion. Nul  homme parlant au nom de Dieu, fut-il grand prophète, ne courrait le risque  de promettre des choses au nom de Dieu s’il ne le croyait pas capable de les réaliser.  Pourtant la prophétie que nous lisons aujourd’hui semble bien enfreindre la loi du silence où l’on enferme Dieu en cette période de l’année. Et pourtant, Dieu n’aurait-il pas des projets de bonheur et de prospérité à nous offrir ?

 

En fait les choses ne  se passent pas comme les humains le pensent généralement. Dieu ne se présente pas comme un acteur du futur, car le futur fait déjà partie de l’ordre des choses de la création telle qu’il l’a conçue.  Dieu a déjà créé un projet pour l’avenir des hommes et ce projet est  fait de bonheur et de progrès pour eux. Par contre, ce sont les hommes en agissant comme ils le font,  qui contrarient  les plans de Dieu,  brouillent les cartes et font apparaître l’avenir comme incertain. Il est clair que ce n’est pas Dieu qui provoque les guerres, même  s’il accepte d’accompagner  les hommes dans leurs conflits entre eux. Il ne provoque pas davantage les crashs des avions et les épidémies même s’ils se produisent , cela se fait  malgré lui.

 

Beaucoup d’humains pensent que Dieu peut intervenir miraculeusement quand les choses se présentent mal. Mais si les choses se présentent mal, c’est bien  à cause de la responsabilité  des hommes qui ont déclenché  les  conflits armés ou provoqué dérèglements climatiques causés par l’industrie. Dieu ne les a pas voulus, mais il ne reste cependant pas inactif. Il inspire par son  Esprit les  chercheurs, les savants ou les historiens dont les compétences sont capables de discerner quelles pourraient être les conséquences des actions humaines et  comment y remédier. Mais l’égoïsme humain   rend  bien souvent ceux qui sont responsables de ces événements sourds à la menace,. Les textes qui nous viennent des prophètes de la Bible pourraient se résumer à  un long cri d’alarme prévenant les hommes qu’ils font fausse route. Non Dieu ne se  tait pas face aux malheurs que nous provoquons, mais il n’intervient pas pour autant.  Dieu se révèle à nous  comme celui qui parle afin que nous l’écoutions et que  les choses se fassent, Il n’est pas celui qui agit car il nous confie le soin et le moyen de le faire.

 

Nous devons maintenant de nous interroger  sur l’origine des phénomènes quand les hommes n’en sont apparemment  pas responsables tels les tremblements de terre.  Si les hommes  n’en sont pas responsables, ils ont appris à tenir compte de leur éventualité pour se prémunir contre eux. Là aussi Dieu ne reste pas inactif. Il inspire les ingénieurs et les architectes qui apprennent à trouver des modes de construction anti  sismiques et  évitent de construire en zone dangereuse. Mais il n’empêche que Dieu  porte  une lourde responsabilité en la matière aux yeux des hommes.

 

Comment alors nous situer face à un Dieu qui ne crée que par sa parole et  qui n’agit pas  quand   les hommes qu’il aime tant  sont victimes d’une création qui les met à mal et compromet leur vie ? Inévitablement, dans de telles conditions nous cherchons  à qui  incombe la responsabilité.  Nous pensons cependant  que  si Dieu n’agit pas, il n’est cependant pas dans  son projet est de  laisser faire.  Face à une telle situation nous  pourrions  envisager  comme seule réponse à nos questions  que le mystère de Dieu est inaccessible à l’homme et que son questionnement  sur Dieu  n’a pas de fin. Nous pouvons aussi adopter la solution de facilité et décider de ne plus croire en lui comme beaucoup d’humain le font  puisque leur intelligence ne leur permet pas d’accéder à ce mystère.  Mais cette solution en fermant le débat ne laisse pas à notre intelligence le loisir de progresser.

 bonheur 3

Nos propos sont   en train de prendre  une curieuse orientation, car nous étions partis sur l’idée que   Dieu voulait le bonheur des hommes, et nous avons conclu que ce sont les actions humaines  qui contrariaient ses projets. Mais  nous avons aussi constaté  que l’évolution de la création apportait, sans que nul n’y puissent rien, des perturbations qui contrariaient à leur tour les projets de  bonheur formulés par Dieu pour l’humanité. 

 

Nous nous sentons  tout à coup consternés devant  notre incapacité à mieux comprendre les réalités d’un monde qui nous  dépasse. Nous nous découvrons impuissants à résoudre des problèmes dont Dieu ne nous a pas confiés les secrets et que la science humaine s’avoue incapable de résoudre pour le moment. L’homme n’est donc pas un apprenti sorcier et doit se résigner à accepter son impuissance. Dieu  garde ses secrets pour lui et n’obéit pas à la  volonté  des hommes.

 

 L’homme reste un roseau pensant, capable de grandes choses, mais il reste seulement un roseau  vulnérable qui doit se courber par grand vent  et s’incliner devant l’incompréhensible sous peine d’en périr. L’homme n’a donc pas accès à tous les mystères et si l’avenir  ne se construit pas sans lui, selon les projets de Dieu, ce n’est pas lui qui en a la maîtrise.  Il n’a donc pas à se culpabiliser de ne pas être autre chose que ce qu’il est.

 

Avez-vous remarqués qu’arrivés à ce point de notre réflexion,  nous avons atteint le nœud de l’enseignement de Jésus ? Jésus nous enseigne que nous ne remplirons pas notre destin d’humain si nous ne nous débarrassons pas de notre culpabilité car c’est souvent ce sentiment qui retient notre action. Quand nous prenons conscience de notre responsabilité dans ce qui nous arrive, Jésus nous dit que nous ne  nous en sortirons pas sans  accepter le pardon. Le pardon face à notre culpabilité  fait  partie de l’action créatrice de la parole de Dieu en nous  telle que Jésus nous la rapporte. Le fait d’accepter son pardon est notre seule manière de nous impliquer dans la construction d’un avenir serein pour nous et pour tous.

 

 Quant aux événements dont nous ne sommes pas responsables et qui relèvent  des lois de la nature, ne pensez pas que Dieu se dérobe à ses responsabilités, même s’il ne remédie pas à leurs effets. Il pend à son compte le fait  que la création  en état d’évolution compromet  parfois le déroulement de l’existence des hommes sur terre. La Bible nous explique, dans le récit du déluge  par exemple, comment Dieu assume à son tour sa propre responsabilité. Dieu y fait peser sur lui-même une responsabilité plus grande  que péché des hommes. Ce sont là les effets de son amour pour eux. Dieu n’intervient pas contre les éléments de la nature en mouvement, mais il agit sur les âmes de ceux qui sont impliqués dans les événements pour qu’ils organisent leur résistance.

 bonheur 2

Si  Dieu accepte de prendre sur lui la responsabilité de ce que nous ne comprenons pas, c’est pour nous permettre d’avancer sur le chemin de l’avenir, d’inventer et de créer à notre tour. Nous ne pouvons pas être des êtres de projets et d’espérance si Dieu par sa propre présence ne nous libérait de toutes nos culpabilités qu’il partage avec nous.

 

Le regard que Dieu porte sur le monde est celui du créateur qui voudrait que les hommes le construisent selon son désir afin que rien ne les empêche d’aller de l’avant, pas même l’irresponsabilité de Dieu qu’il assume volontiers pour que nous allions mieux. Ainsi Dieu peut-il parler d’un avenir heureux  pour  l’humanité  et formuler pour  nous tous des vœux de bonheur.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Esaïe 49:3-6 L’histoire ne s’écrit pas sans Dieu dimanche 15 janvier 2017

Posté par jeanbesset le 21 décembre 2016

Esaïe 49 : 3-6

 1 Iles, écoutez-moi ! Peuples lointains, prêtez attention ! Le SEIGNEUR m’a appelé depuis le ventre maternel, il a évoqué mon nom depuis les entrailles de ma mère.

2  Il a rendu ma bouche semblable à une épée acérée, il m’a couvert de l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche aiguë, il m’a caché dans son carquois.

 L'homme 3

3 Et il m’a dit : Tu es mon serviteur, Israël, c’est en toi que je montre ma splendeur.

4 Mais moi, j’ai dit : C’est pour rien que je me suis fatigué, c’est pour le chaos, la futilité, que j’ai épuisé ma force ; assurément, mon droit est auprès du SEIGNEUR et ma récompense auprès de mon Dieu.

5 Maintenant le SEIGNEUR parle, lui qui me façonne depuis le ventre de ma mère pour que je sois son serviteur, pour ramener à lui Jacob, pour qu’Israël soit rassemblé auprès de lui ; je suis glorifié aux yeux du SEIGNEUR, car mon Dieu a été ma force.

6 Il a dit : C’est peu de chose que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et pour ramener les restes d’Israël : j’ai fait de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne  jusqu’aux extrémités de la terre.

 Esaïe est un personnage impressionnant dont la  voix a porté jusqu’à nous, tout à la fois  des imprécations redoutables contre son peuple et des paroles apaisantes  pour nous, évoquant une vision paradisiaque d’un monde futur. On devine en lui une fore de caractère hors du commun et une foi qui résiste à tous les doutes. Il est difficile de situer ce prophète aux multiples visages qui selon les savants modernes correspond au moins  à trois personnages différents.

 Le premier, celui qui a donné son nom à l’ensemble du Livre  vivait à cette époque troublée où le Royaume du Nord allait être dévasté par les armées de Ninive et sa population déportée. Les rescapés qui ont pu s’exiler se sont réfugiés  dans le Royaume du Sud, la terre de Juda, qui fut  enrichie du  talent des nouveaux arrivants. La parole du prophète aura une influence certaine dans le monde politique,  si bien qu’on  situe aisément son ministère  dans l’entourage des souverains dont il fut au service de quatre d’entre eux.

 Après les 40 premiers chapitres, c’est un autre personnage qui occupe la place, il vit au moment de l’exil du Royaume de Juda, quelques cent ans plus tard. Porteur de paroles d’espérance, il prépare les exilés à un retour vers la terre de  leurs ancêtres.  Enfin les  10 derniers chapitres sont attribués à un troisième personnage qui  vivait lui, au retour de l’exil. Tous trois ont eu une parole forte qui nous stimule encore aujourd’hui. Mais  en considération du texte qui nous intéresse, c’est sur le deuxième personnage que nous concentrerons notre attention.

 Nous avons constaté qu’il fait une longue digression sur sa vocation prophétique  dont le message  a marqué le comportement de ceux qui partageaient avec lui l’exil à Babylone. Le  regard qu’il porte sur lui-même n’est pas sans susciter notre étonnement tant il est sûr d’être né pour être prophète et que Dieu a formulé des projets pour lui bien avant sa naissance.  Mais les choses se passent rarement comme prévu, il est plus ou moins écouté par ceux qui partagent sa situation et qui ne croient pas forcément en la valeur prophétique de ses propos. Il a l’impression de prêcher dans le désert, mais jamais il ne remet en cause sa vocation face à l’adversité.

 Bien peu d’hommes  à part Paul partagent une telle certitude, même parmi les  plus remarquables. La plupart éprouveront le doute face à l’échec et mettront en cause leur propre vocation, certains même iront jusqu’à renoncer à elle, tel Jonas qui préféra courir le risque de périr en mer plutôt que d’affronter les dangers du désert que Dieu lui  demandait de traverser pour proclamer sa parole à Ninive.

 La certitude du prophète nous apparaît comme de l’arrogance et de la prétention ! En effet, comment peut-on être si sûr de soi quand les événements nous contredisent  et ne semblent pas forcément  aller dans le sens où Dieu voudrait que s’écrive l’histoire. Les chants sur le serviteur souffrant semblent attester du fait qu’on s’en soit  pris à sa personne et que peut être il n’est pas passé très loin du lynchage et de la mort : 

«  j’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe  et je n’ai pas dérobé mon visage aux outrages et aux tracas  50/6» L'homme 4

 Il est bien conscient d’adresser ses messages à un peuple au cou raide qui accepte mal le tournent que Dieu veut donner à l’histoire. Il entrevoit l’avenir en faisant confiance au nouvel envahisseur de Babylone, un roi païen, Cyrus qu’il espère voir organiser le retour dans leur ancienne partie.  Il est certain que  ses propos ne sont pas accueillis favorablement  par tous  et que la plupart ne se réjouissent pas à l’idée d’un retour éventuel dans un pays en ruine.

 On a sans doute déjà porté la main sur lui, nous venons de le voir,  et bien peu  de ses compagnons d’exil s’enthousiasment  à l’idée  d’un retour possible. C’est donc dans ce contexte que le prophète exprime sa foi en sa vocation  avec une certitude inébranlable. Il sait que Dieu ne cesse d’échafauder des projets de salut, et il le dit, même quand les éléments sont contraires. Il n’hésite pas  à profiter du contexte politique fragile pour  y introduire l’espérance qu’il reçoit de Dieu. L’histoire lui donnera raison.

 L’homme a beau paraître arrogant, il est cependant sûr que la confiance qu’il a mise en Dieu est bien placée. Nous devons prendre leçon du message. S’il est prétentieux de croire que le prophète se croit destiné dès le sein maternel à se mettre au service de Dieu, rien ne nous dit qu’il est le seul dans ce cas là  et que tel n’est pas  le sort que Dieu nous réserve à tous. Chaque croyant  ne devrait-il pas se retrouver lui-même dans ces propos? Il  il  doit être tenu pour acquis  que Dieu jette un œil bienveillant  sur chacun de nous dès notre premier balbutiement. Dieu donnera sa force et son énergie à quiconque acceptera de faire de la cause de Dieu sa propre cause.

 Cela n’est pourtant pas une garantie de  succès  et la promesse que le doute ne nous visitera pas. Cela ne veut pas dire que nous ne connaîtrons pas les échecs,  et que nous épargnera une mort cruelle, mais cela veut dire que Dieu sera toujours fidèle malgré nos infidélités. La vie dans laquelle nous entrons dès notre premier cri de bébé lui est précieuse, et compte tenu du moment, il lui donnera toutes les chances de s’épanouir.

 Mais le dynamisme que Dieu met en nous se heurte aussi à des éléments contraires qui peuvent mettre en cause notre vie et notre foi. Dieu veut être celui qui inspire et oriente les hommes tout au cours de l’histoire, mais il n’est pas celui qui fait l’histoire. Il y participe si les hommes le suivent,  mais  ils lui attribuent souvent un autre rôle : celui de les épargner du mal en contrepartie de leur fidélité. C’est de là que nait la confusion et la doute. Bien que ce soit Dieu qui inspire, ce sont les hommes qui agissent. Trop souvent les hommes agissent sans avoir pris soin de consulter Dieu, c’est alors que l’histoire dérape et prend une autre tournure que celle que Dieu avait prévue.

 Quand cinq cents ans plus tard le  tour de Jésus arrivera, il prendra la suite du prophète. Il était bien conscient de tout le contenu de ce passé tourmenté et agité. Il savait qu’il portait le projet de Dieu mais que les hommes se mettraient en travers. Esaïe avait été son précurseur et son histoire personnelle avait été prophétique de ce qui allait se passer au sujet de Jésus. Jésus pour sa part, n’a pas tenu compte de l’hostilité des hommes au projet de Dieu. Il s’est jeté dans l’aventure  sans se soucier  du barrage que lui opposeraient les notables  et les dignitaires du peuple. Il accepta d’affronter la mort pour que l’humanité trouve le sens que Dieu voulait donner à l’existence humaine. Dieu donnait ainsi son sens définitif à l’histoire en invitant les homL'homme 6mes à agir désormais par des actes suscités uniquement  par l’amour.

 Ainsi, aujourd’hui il nous est proposé de découvrir que les tournants de l’histoire, ne sont pas provoqués par les  exploits des hommes mais par les gestes d’amour, d’altruisme et  de négation de soi que les hommes ont accompli au nom d’une vérité plus grande qu’eux et qui les dépasse. En effet,  qu’est-ce que l’histoire retiendra, des conquêtes de Gengis Kan ou de celles de Napoléon, dont il ne reste plus rien, alors que  la déclaration des droits de l’homme  régit encore aujourd’hui nos comportements ? Attachez-vous à faire ce constat sur bien d’autres points de l’histoire pour constater que ça marche. Les moments déterminants de l’histoire ne sont pas ceux qui retiennent l’attention, mais ceux dans lesquels l’amour a laissé une empreinte.  C’est en observant ce phénomène que les historiens doivent sans doute rendre compte de l’action de Dieu dans  l’histoire du monde.

Images de Marc Chagall

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Esaïe 60:1-6 Dieu construit avecnous un avenir heureux – dimanche 8 janvier 2017

Posté par jeanbesset le 15 décembre 2016

 

1 Lève-toi, brille : ta lumière arrive, la gloire du SEIGNEUR se lève sur toi.

2 Certes, les ténèbres couvrent la terre et une obscurité épaisse recouvre les peuples ; mais sur toi le SEIGNEUR se lève, sur toi sa gloire apparaît.

3 Des nations marcheront à ta lumière et des rois à la clarté de ton aurore.

Jérusalem attire tous les peuples du monde

4 Lève les yeux et regarde tout autour : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils arrivent de loin, tes filles sont portées sur la hanche.

5 Lorsque tu le verras, tu seras radieuse, ton cœur bondira, il sera au large, quand l’abondance de la mer se tournera vers toi, quand les ressources des nations viendront vers toi.

6 Tu seras couverte d’une foule de chameaux, de dromadaires de Madiân et d’Epha ; ils viendront tous de Saba ; ils porteront de l’or et de l’encens et annonceront, comme une bonne nouvelle, les louanges du SEIGNEUR.

7Les troupeaux de Qédar se rassembleront tous chez toi ; les béliers de Nebayoth seront pour ton office ; ils seront offerts en holocauste sur mon autel et seront agréés, et je ferai resplendir la maison de ma splendeur.

8 Qui sont ceux-là qui volent comme un nuage, comme des colombes vers les fenêtres de leur colombier ?

9 Car les îles mettent leur espérance en moi, et les bateaux de Tarsis sont en tête, pour ramener de loin tes fils, avec leur argent et leur or, à cause du nom du SEIGNEUR, ton Dieu, du Saint d’Israël, qui te donne de la splendeur.

10 Des étrangers rebâtiront tes murailles, leurs rois te serviront ; car si, dans mon irritation, je t’ai frappée, dans ma faveur j’ai compassion de toi.

11 Tes portes seront constamment ouvertes, elles ne seront fermées ni le jour ni la nuit, afin de laisser entrer chez toiles ressources des nations, leurs rois avec leur suite.

Il est permis d’espérer que le  monde évoluera  vers des jours meilleurs, les lendemains qui chantent sont inscrits dans l’avenir qui attend nos sociétés. Il nous appartient de le vouloir et de le réaliser.  Dieu s’engage à nous accompagner sur cette voie.

ll n’est donc  pas dit qu’une mauvaise nouvelle devrait être suivie par une autre mauvaise nouvelle ni qu’une  guerre   ferait suite à une autre guerre. Il n’est pas écrit non plus que la peste sera suivie du choléra. Arrêtons d’imaginer que le monde est géré par une fatalité qui voudrait que chaque jour nous réserve de nouveaux déboires et que les temps de bonheur ne sont que passagers et aléatoires.  Il y a des bonnes nouvelles annonçant prospérité et jours de liesse, la Bible en est pleine et le prophète Esaïe nous en réserve toute une collection.  Elles ne sont pas adressées à d’autres qu’à nous-mêmes, elles ne concernent pas les temps futurs. Elles nous sont destinées et elles éclairent notre temps.

Avec le prophète Esaïe, nous avons quelqu’un qui se lève pour nous dire que l’histoire ne s’écrit pas seulement avec une plume trempée dans l’encre de l’amertume et de la culpabilité. Nous ne sommes pas enfermés à toujours dans un cycle de violences et de malentendus qui réserverait le succès et la fortune à quelques privilégiés et qui donnerait aux masses laborieuses l’amertume des fausses  espérances.

Celui qui annonce un avenir heureux, est donc Esaïe. Ses prophéties ont été  retenues, bien longtemps après lui comme annonciatrices de la venue du Christ. On a lu à travers elles la volonté de Dieu de sauver tous les hommes ce qui en a fait  le prophète de l’espérance. Les quarante premiers chapitres du  livre qui lui est attribué nous le montre en présence de 4 souverains successifs auxquels il apprendra à lire les promesses de Dieu malgré  les événements  tragiques de leur règne et ils s’en sont plutôt bien portés.

 Ce n’est pas que la vie fut moins dramatique de son temps, mais il savait  dire comment faire évoluer l’histoire en s’appuyant  sur Dieu. Dieu ne transformait pas les situations tragiques d’une manière miraculeuse, mais c’était  le souverain qui était transformé  par sa confiance  en Dieu. Il était de ce  fait amené à faire les bons choix. Ce fut le roi Ézéchias, qui fut un grand roi qui a sans doute le mieux retenu son enseignement.

Plus tard, deux ou trois générations après, la Bible  nous rapporte qu’un   prophète du même nom qu’Ésaïe  interviendra de la même façon au milieu du peuple vaincu jeté sur les routes de l’exil et de la déportation par le roi de Babylone qui  décida de la destruction de Jérusalem. Ses  écrits sont conservés dans le même livre d’Esaïe et y sont consignés aux chapitres 40 et suivants. Il fera à son tour  la même lecture des événements pour préserver la confiance de son peuple abattu et  lui donner le courage de préparer des jours meilleurs.

Plus tard encore quand la fin de la déportation devint une réalité, c‘est encore la même voix qui fera entendre les mêmes paroles d’espérance et qui transformera en énergie la consternation des déportés contemplant le  champ de ruines qu’ils étaient venus   relever.

C’est dans ce contexte que nous venons de décrire  que la prophétie que nous avons lue tout à l’heure a pris forme. Non seulement le découragement  avait saisi les exilés à leur retour, mais les querelles internes  avaient rendu les choses encore plus difficiles. Il a fallu la foi, le génie et la confiance du prophète  pour mobiliser ce peuple qui se croyait trompé par ceux caravane 3qui les avaient entraînés sur les routes du retour.

Ceux qui portaient la responsabilité de cette aventure étaient connus de tous. Deux d’entre eux  ont donné leur nom à deux livres de la  Bible,  Esdras et Néhémie. Les prophètes Aggée et Zacharie racontent aussi cette aventure, mais c’est encore sous la plume d ’Esaïe que nous trouvons les plus fortes  paroles d’espérance. Ce prophète, à la voix forte et puissante, est resté anonyme et ses écrits nous sont parvenus dans les derniers chapitres du prophète Esaïe avec une force telle qu’elle nous inspire encore  aujourd’hui. Il  nous donne envie de   prendre en main  notre destin pour  ne pas subir les évènements qui nous démobilisent.

Par la voix du prophète, la caravane qui les avait ramenés avec leurs maigres bagages  s’est  transformée en une opulente cohorte prometteuse d’abondance et de prospérité pour ce temps nouveau qui commençait.

Le prophète les aurait-il manipulés ? Les aurait-il  poussés à lâcher la proie pour l’ombre ?  Non. Il n’y avait pas de tromperie dans ce discours. Le prophète leur apprenait à lire dans les événements qui se produisaient un avenir  que chacun pouvait imaginer en fonction de l’énergie qu’il se proposait de déployer. C’est Dieu qui venait stimuler  l’énergie  dans leurs membres fatigués et cette énergie était d’autant plus efficace que l’espérance avait pris le relais de la déception.

 

Le prophète témoignait simplement de la foi inébranlable qu’il avait en ce Dieu qui malgré son découragement invitait ce peuple à  écrire une nouvelle page de son  histoire. Il ne promettait aucun miracle, car le miracle était en eux-mêmes. Il  était dans la capacité que Dieu leur donnait de croire en eux-mêmes. Cette promesse que nous entendons aujourd’hui, adressés à des gens désorientés par les événements qu’ils vivaient  il y a deux mille cinq cents ans, est valable pour nous aussi. Notre histoire n’est pas la même, les événements que nous traversons sont différents, mais la capacité que nous avons de croire  en nous-mêmes  est intacte. C’est Dieu qui nous l’inspire  parce qu’il nous a créés ainsi, capables  de  voir notre avenir s’inscrire dans une autre réalité que celle qui paraît évidente aux yeux de ceux qui ne croient pas.

Sans doute le lecteur à l’esprit critique s’attachera à ce qu’il y a d’irréaliste dans ce passage. Jamais Israël n’a connu la prospérité suggérée par ce convoi continu de caravanes  apportant dans la ville sainte toutes ces richesses, mais la vérité est au-delà de l’image qui est suggérée ici.

L’image suggère ici la confiance en l’avenir, elle parle de joie elle parle d’une réalité qui sera possible si chacun se mobilise au service de la construction de l’avenir. Le prophète invite chaque membre du peuple à se lever comme un seul homme pour rejoindre la caravane, car la bénédiction ne peut venir sur eux sans leur participation. Nous comprenons ici que Dieu ne donne pas ses faveurs à un peuple inactif qui se contenterait de ne rien faire et d’attendre en maugréant. Au contraire, les choses ne pourront se faire que si chacun devient actif sur la route que Dieu lui trace.

Quand, sous l’impulsion de Dieu un peuple se lève et se met en marche, tout devient possible, l’avenir s’ouvre et l’espérance renait. Certes, la nuit est encore épaisse  et voile  la lumière qui cherche à poindre. En nous parlant  de la lumière qui cherche encore sa voie au travers des ténèbres, le prophète suggère que la création est à nouveau en train de se faire  toutes les fois que des hommes se lèvent, et se mettent en route sous l’impulsion de leur Dieu.

Pour tous ceux qui espèrent en Dieu, un jour nouveau est toujours en train de se préparer, et c’est en compagnie de Dieu que cela se produit. Ce jour nouveau nul ne le connaît encore, car l’avenir n’est pas prédéterminé, il n’est pas déjà tracé à l’avance. L’avenir se réalise dans un double mouvement.

 Le premier consiste à chercher à écouter Dieu avec confiance car il nous aide à voir la lumière quand tout est encore opaque autour de nous. Cette lumière se fait  d’autant plus brillante que c’est Dieu qui nous l’envoie et qu’elle éclaire ainsi notre foi.

Le deuxième mouvement  consiste à se mettre à l’œuvre  en usant des outils que la foi met à notre disposition. La foi charge notre regard de charité pour les autres, d’égalité dans l’adversité et de fraternité pour tous. La foi ne consiste pas à attendre que les événements se fassent malgré nous, car les événements attendent que ce soient nous nous agissions pour qu’ils se fassent.

En fait, les bénédictions promises se réaliseront si nous nous attachons à prendre Dieu au sérieux,  Jésus dans son évangile a redit cela à sa manière en nous recommandant d’aimer Dieu de tout notre cœur et nos prochains comme nous-mêmes. Jésus ne citait pas le prophète, il rappelait seulement les éléments essentiels de la loi de Moïse, et pourtant il faisait aussi écho à ces anciennes prophéties qui promettaient  une ère de bénédiction pour ceux qui avaient à cœur de  manifester leur foi en Dieu en collaborant avec lui. Toute l’Écriture, de la Loi de Moïse aux Écrits des prophètes, nous rappelle que l’avenir ne se construira d’une manière heureuse  qu’en collaboration étroite avec notre Dieu.

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Galates 4:4-7 – Vous êtes tous fils de Dieu – dimanche 1 janvier 2017

Posté par jeanbesset le 14 décembre 2016

4 mais lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et sous la loi, 5 afin de racheter ceux qui étaient sous la loi, pour que nous recevions l’adoption filiale. 6 Et parce que vous êtes des fils, Dieu a envoyé dans notre cœur l’Esprit de son Fils, qui crie : « Abba ! Père ! » 7Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier, du fait de Dieu.

Bousculant les tabous millénaires, notre époque qui se plait à ignorer la réalité de Dieu, agit pourtant, comme si nous étions tous, sans la savoir, des enfants de Dieu. Déjà vous qui écoutez ces propos,  vous ne retenez pas votre sourire,  car il parait inconvenant dans notre pays de parler de Dieu et de  dire que beaucoup de nos contemporains, qui ne croient plus en lui, se comportent comme s’ils étaient ses enfants. S’il arrive que son nom soit prononcé dans un lieu public, notre pensée qui est bien formatée, provoque dans notre cerveau l’apparition automatique de mots tels que : «  incongru, illuminé ou intégriste ». Ces mots servent habituellement à  qualifier les marginaux provocants  que l’on cherche à écarter le plus rapidement possible de la sphère publique.  Ces réactions nous laissent comprendre que Dieu devrait se sentir en exil dans notre société où on ne peut évoquer son nom que dans des lieux réservés à cela.

Ceux qui fréquentent les lieux où il est convenable de parler de Dieu se trouvent bien souvent en plein désert. Pour ne pas donner l’illusion que ces lieux sont complètement vides on a recours à des regroupements de fidèles lors des  célébrations. Les ministres du culte, jadis  repérables à leur costume ont pris un habit civil et pour ne pas détruire les églises désertées souvent classées, on les transforme en musées, salles de concerts ou salles des fêtes. Il semblerait  donc que Dieu soit en totale perte de vitesse dans ce monde de l’Europe occidentale, et cela n’est sans doute pas sans effet sur le psychisme de ceux qui se sont écartés de lui par la force des choses.

Pourtant la réalité n’est pas conforme aux apparences. Les législateurs, aussi bien que de nombreuses associations se sont emparés de l’une des caractéristiques qui relève des attributs de Dieu et en ont fait la promotion. Il s’agit de l’amour, de la possibilité de s’aimer et du droit à le faire. Ce fut une des conquêtes de la  deuxième moitié du vingtième siècle. Le slogan de l’époque était «  faites l’amour et pas la guerre » Certains ont pensé qu’une telle attitude était offensante.  Elle l’était pour la morale en vigueur à l’époque, mais l’était-elle pour Dieu ? Certainement il y eu des  excès  et tout n’était pas bon, mais on redécouvrait le fondement d’une vérité biblique  à savoir que « Dieu est amour » et que tout ce qui concerne l’amour le concerne. amour A

L’idée a fait son chemin, et aujourd’hui il n’est pas outrecuidant de parler d’amour et de le revendiquer pour tous ceux que la société écarte du droit de s’aimer ou en a écartés. On  présente le fait de s’aimer comme un droit face aux sociétés où cela est contesté. On voudrait que les mariages arrangées ne le soient plus on manifeste pour que la mutilation sexuelle des femmes soit interdites et que ceux qui la pratiquent ou la préconisent soient  jugés et condamnés. On revendique le droit à s’aimer pour les gens de même sexe. Ainsi sans le savoir la société civile  s’empare-t-elle de ce qui devrait être le fondement de la foi en Dieu pour construire une société nouvelle plus juste et plus épanouie.

Ce qui est surprenant, c’est que la réaction contre ces idées est menée par des gens qui se réclament de principes qui défendent le droit de Dieu qui serait bafoué par cette banalisation de l’amour, comme si en voulant permettre aux humains de s’aimer mieux, on offensait Dieu, quel que soit le nom qu’on lui donne.

Sans crier gare, Dieu s’est donc introduit dans une société  d’où on l’avait  exclu. Le principe qui le caractérise  a été utilisé comme cheval de bataille pour défendre des droits  qui permettraient le progrès de l’humanité, même si le mot amour a parfois été utilisé  au profit de causes qui lui étaient  étrangères et même hostiles.

Après avoir émis  ces quelques réflexions, j’entends Paul dire dans le texte qui sert de support à ces propos, des choses tout aussi provocantes  que les idées que je viens d’émettre. Il prétend qu’il n’y a  plus   aucune barrière pour distinguer les enfants de Dieu de ceux qui ne le sont pas, car tous sont enfants de Dieu et tous sont au bénéfice de son Esprit. C’est par l’Esprit de Dieu qui repose sur tous les individus qu’ils ont tous accès au privilège d’être ses fils et ses filles. Il n’y a plus de lieu réservé à Dieu où il puisse se manifester  car  il lui est possible de le faire en tous lieux. Il est sorti des espaces où on le tenait enfermé pour se répandre et en  toute liberté sur les hommes avides de connaître leur Dieu et de lui rendre un culte en esprit.

Mais l’histoire serait trop belle si elle s’arrêtait là. Certes, Dieu est amour, et les hommes devenus enfants de Dieu sont invités à  le partager. L’Esprit de Dieu témoigne dans  ce sens. Mais il dit aussi que pour  exprimer la volonté de Dieu, l’amour doit respecter un certain nombre de critères sur lesquels  les Ecritures se sont exprimés depuis longtemps et sur le respect desquels Jésus a concentré tout le poids de son Évangile.  Fautes de les respecter, l’amour perdrait son droit à l’être, le nom de Dieu serait bafoué et l’humanité évoluerait dans le mauvais sens, car il est assez facile de passer de l’amour du prochain à l’exploitation bienveillante du prochain.  Il est toujours facile de tirer profit de l’autre au nom de l’amour quamour A 3e l’on est sensé lui porter.

Ainsi l’amour doit il nous inviter à nous intéresser à ceux que nous n’aimons pas, à ceux qui ne pensent pas comme nous. L’amour réclame de celui qui veut  le promouvoir qu’il soit son serviteur. Ainsi « le moi d’abord » qui est le principe actuel d’évolution de la société doit-il disparaître de notre mode de penser. Tout cela  laisse entendre qu’on n’est pas encore arrivé au bout du chemin car le principe d’altruisme qui se dégage de la notion d’amour est encore fortement altéré par l’égoïsme qui habite la plupart des humains.

On n’a pas besoin de prononcer le nom de Dieu, ni de croire en lui pour aimer les autres, car les réserves que nous venons de faire relèvent d’un principe général,  mais il semble que sans le secours de Dieu lui-même et de son esprit, les humains auront tendance à laisser  leur  intérêt personnel prendre le dessus sur tout autre principe. En fait l’amour étant l’expression même du mouvement de Dieu vers les hommes, il sera difficile de le pratiquer lucidement sans un retour à Dieu lui-même qui l’inspire.

Si notre société  est en train de réhabiliter la notion d’amour  elle n’a  fait que la moitié du chemin car seul semble-t-il un  libre retour vers Dieu la libérera de son égoïsme et de son instinct de domination. Nous en verrons peut-être les signes quand un jour il sera possible de prononcer le nom de Dieu sans qu’une telle chose soit considérée comme suspecte.

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Esaïe 52:7-10

Posté par jeanbesset le 30 novembre 2016

7 Qu’ils sont beaux sur les montagnes, Les pieds du messager de bonnes nouvelles, qui publie la paix ! Du messager de très bonnes nouvelles, qui publie le salut ! Qui dit à Sion : Ton Dieu règne ! 8 C’est la voix de tes sentinelles ! Elles élèvent la voix,pieds 3 Elles poussent ensemble des cris de triomphe ; Car de leurs propres yeux elles voient L’Éternel revenir à Sion.9 Éclatez ensemble en cris de triomphe, Ruines de Jérusalem ! Car l’Éternel console son peuple, Il rachète Jérusalem.10 L’Éternel découvre le bras de sa sainteté aux yeux de toutes les nations ; et toutes les extrémités de la terre verront  le salut de notre Dieu

Chacun d’entre nous a au fond de son esprit une idée, ou même une image de Dieu qui lui sert de référence quand le sujet du divin est évoqué devant lui. Cette représentation lui est personnelle et bien souvent il aurait du mal à la décrire si on le lui demandait.  Pourtant, on pourrait croire que l’image à laquelle il se réfère relève de l’éventail classique des représentations que l’on se fait de  Dieu. Pour être sûr de ne pas  égarer leurs interlocuteurs, certains philosophes disent  ne  pas croire en Dieu. Mais en quel Dieu ne croient-ils pas, pourrait-on leur rétorquer  tant les représentions mentales qu’on se fait de lui  sont variées ? Elles vont du « pur esprit »  au « Dieu tout puissant créateur », « du Dieu omniprésent et panthéiste »  au « Dieu secret qui se cache derrière la notion d’amour et nous parle au fond de notre cœur ».  Notre référence à lui reste très privée si bien que quand on parle de lui, à part quelques idées généralement partagées, on ne sait pas vraiment de qui on parle.

 

Et pourtant quand on évoque son nom, on semble se référer à la même réalité, si bien que la conversation que l’on a à son sujet est forcément biaisée parce que sous le même mot se cache une réalité et parfois son contraire. Même si les religions utilisent de nombreux mots pour désigner Dieu, elles se réfèrent croient-elles à la même réalité qui ne se distingue que par quelques nuances  entre les différentes approches   qu’elles font de lui. Selon les uns il est unique, et selon les autres il est trois, selon d’autres encore, derrière son unicité, il cache des quantités de formes divines qui l’apparente au  polythéisme. A la grande surprise de nombreux croyants chrétiens, toutes ces interprétations de la notion de Dieu se retrouvent  dans leur Bible. Un simple exemple suffira à nous éclairer. Dieu est parfois présenté dans les Ecritures sous le mot  pluriel Élohim qui ne correspond pas à la même réalité que Yahvé, et pourtant c’est bien du même  Dieu qu’il s’agit.  pieds 5

Jésus se référait  dans ses discours  à une réalité de Dieu qui était celle du  « Père plein d’amour » qui ne correspondait pas à celle du « Dieu  Juge » de la Loi  sur lequel s’appuyaient les pharisiens. Ainsi en écoutant l’énumération de cette multitude d’approches de Dieu vous vous demandez sans doute où je veux en venir par ce discours déstabilisant.  Vous vous demandez sans doute si je vais vous conseiller de faire le tri et de ne conserver qu’une image qui conviendrait  mieux que les autres, telle celle d’un enfant dans la paille. En fait  pour compliquer un peu plus les choses je vais vous inviter à   constater que notre liturgie du culte dominicale  ainsi que nos cantiques  font référence à plusieurs aspects du même Dieu,  comme si la réalité de Dieu était si complexe que nous avions besoin  de plusieurs  images de lui pour formuler notre foi. Le « Notre Père » s’adresse  à un Père céleste dont nous devons sanctifier la sainteté, alors que  le Dieu auquel nous adressons notre  confession des péchés est toute intériorité et toute intimité. Il est à la fois le Dieu dont nous redoutons le jugement et le Dieu d’amour dans les bras duquel nous nous laissons   consoler.

 Ainsi, nous comprenons que nous ne pouvons nous référer à Dieu  sans utiliser plusieurs images mentales.  Mais toutes ces images relèvent sans doute de la même réalité. Notre expérience personnelle, nous laisse entendre qu’il est bon et qu’il s’intéresse au monde comme à chacun des humains qui habite la terre.  Jésus précise  qu’il se propose de participer à l’établissement de la paix sur terre et qu’il promet  le salut à beaucoup. Il console ceux qui  sont persécutés et s’intéresse à la veuve et à l’orphelin. Tout cela est bel est bon, mais pourquoi n’intervient-il pas avant que nous subissions les effets des catastrophes ? Pourquoi ne gère-t-il pas lui-même ce monde qu’il aime tant ?  Nous donnerions  alors  raison à nos philosophes athées  qui  nient la réalité d’un Dieu qui n’interviendrait pas et ne servirait à rien pour faire avancer les choses ?  Au moment où nous croyons avoir trouvé  une notion de Dieu qui convienne à  tous, voila que ces derniers arguments viennent détruire les  images consensuelles de Dieu que nous avions  réussies à définir.

 C’est alors qu’il faut nous souvenir du texte de la prophétie d’Esaïe que j’avais apparemment négligé jusqu’à maintenant. Voila que surgit à notre mémoire ce verset bizarre que nous connaissons tous, que nous évoquons régulièrement  et qui me pose personnellement un problème : « Qu’ils sont beaux sur les montagnes les pieds de ceux qui apportent de bonnes nouvelles ! » De qui le prophète parle-il ?  Et pourquoi parle-il des pieds et non du visage ?  On a  tant écouté ce verset,  on l’a  tant répété qu’on en a  on oublié ce qu’il a d’incongru.  Ce sont rarement les pieds de ceux qui parlent qui attirent notre attention, c’est plutôt leur visage. Le prophète parle-t-il de lui et par modestie utilise-t-il la partie la moins noble de sa personne ? Parle-t-il de  Dieu ou de celui qui parle en son nom ? 

S’il parle de Dieu, il s’agit d’un Dieu qui a plusieurs visages. Il a tellement de visages qu’on ne sait lequel le caractérise le mieux et le prophète se refuse à trancher entre les différents aspects que peut prendre Dieu, car  il se dissimule derrière chacun de ceux qui sont porteurs de bonne nouvelle. « La bonne nouvelle » est porteuse de paix et de salut pour les nations, « paix » et « salut » sont les deux mots prononcés par le prophète pour caractériser l’authenticité divine du message. Ce sont ces mêmes mots que l’on retrouve dans le message de Noël et dont nous allons développer le sens.

 Lpieds 4a paix selon Dieu, c’est ce qui concerne la plénitude de l’être, elle  désigne l’harmonie dont nous sommes enveloppés quand Dieu agit en nous. Elle fait de nous des êtres parfaits dans lesquels, chaque individu trouve la réalité que Dieu avait prévu pour lui quand il a été conçu et que les vicissitudes de l’existence  ont altérée. Il veut nous récréer à nouveau, c’est pourquoi il prodigue ses interventions auprès de nous. C’est pour cela qu’il prend tous les visages que lui prêtent les circonstances.  Cette paix correspond à l’état de celui qui est sauvé.  Quand la voix de Dieu nous atteint, elle vise à faire de nous ces êtres parfaits dont le destin s’accomplit en Dieu. C’est ce destin qu’il nous promet qui se réalisera si nous nous efforçons de mettre nos pas dans les siens. Dieu donc s’acharne par tous les moyens à nous faire comprendre que tel est notre destin. C’est cette vérité qui se dégage de l’événement de Noël.

 Pour que nous comprenions ce projet qu’il a pour nous, Dieu s’offre à nous sous tous les visages que la situation du moment lui donne de prendre. Ils peuvent être conformes à l’image que nous nous faisons habituellement  de Dieu, mais ils peuvent ressembler au visage qu’affichent  tant d’autres témoins de la bonne nouvelle tel celui de l’enfant de Noël. Il est faible et impuissant mais il porte en lui la réalité de ce Dieu avec lequel nous sommes tous  appelés à assumer notre  destin quoi qu’il arrive et quels que soient les obstacles qui se mettent en travers de notre route.  Tous les moyens  sont bons pour Dieu  pour nous faire parvenir  ce message. Le philosophe athée  découvrira peut être  alors, le visagepieds de Dieu qu’il récuse, mais ce visage prendra le plus souvent  les traits  du visage de Jésus Christ, non pas l’enfant de la crèche, mais celui de l’homme adulte  qui meurt, rejeté par les autres pour avoir prétendu que le but ultime de Dieu était que tous les hommes puissent s’épanouir en Dieu en harmonie avec lui, sans aucune contrainte et en dépit des menaces qui traversent le monde. 

Ainsi, dans une fresque qui nous réjouit, le prophète nous présente-t-il notre Dieu dont il dissimule le visage afin que nous puissions le rencontrer dans toutes les situations où nous nous trouvons C’est pourquoi il parle de ses pieds pour mieux dissimuler  la  multiplicité de visages derrière lesquels il se révèle.

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MMatthieu 1:18-25 naissance de Jésus – naissance du monde 18 décembre 2016

Posté par jeanbesset le 25 novembre 2016

goutte d'eau 2

18 Voici comment arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph ; avant leur union, elle se trouva enceinte par le fait de l’Esprit saint. 19 Joseph, son mari, qui était juste et qui ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la répudier en secret. 20 Comme il y pensait, l’ange du Seigneur lui apparut en rêve et dit : Joseph, fils de David, n’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient de l’Esprit saint ; 21 elle mettra au monde un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. 22 Tout cela arriva afin que s’accomplisse ce que le Seigneur avait dit par l’entremise du prophète :

23 La vierge sera enceinte ; elle mettra au monde un fils

et on l’appellera du nom d’Emmanuel,

ce qui se traduit : Dieu avec nous.24 A son réveil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme chez lui. 25 Mais il n’eut pas de relations avec elle jusqu’à ce qu’elle eût mis au monde un fils, qu’il appela du nom de Jésus.

Il  est des temps hors du temps. Il est une histoire hors de l’histoire. Il est une aventure inaccessible. C’est l’histoire de la goutte d’eau qui pour la première fois se met à vibrer des germes de vie qu’elle contient. Mettez-vous à la place de Dieu et essayez de songer à l’état d’esprit qui se trouvait être le sien. Cette apparition de la vie dans l’univers fut sans doute pour lui un instant d’immense émotion, semblable à celui qu’il éprouva au moment où Jésus vint au monde portant dans ses gènes tout le mystère de l’incarnation. Des milliards d’années avant la naissance de Jésus quelque chose s’était produit quelque part dans les eaux, au cœur de la planète qui n’était pas encore la terre et la vie avait surgi.goutte d'eau 5

C’était une apparence, une chose indéfinissable, une cellule peut être, qui pour la première fois se mit à se diviser de l’intérieur et devint matière vivante. L’événement n’a jamais été raconté et il n’y eut aucun témoin. On sait seulement que ça a eu lieu. On sait qu’après le fracas étourdissant que produisit l’onde de choc qui provoqua la naissance du monde, le Créateur retint son souffle pour que la vibration qui se propagea ne détruise pas ce qu’il avait en tête de voir se réaliser.

C’est ainsi, nous est-il dit, qu’il y eut un soir et qu’il y eut un matin, ce fut le troisième jour, et personne n’était là pour contempler cette merveille, si non Dieu lui-même. Le Créateur qui avait ouvert l’histoire de l’univers par le fracas du big-bang, dont on ne peut pas imaginer la puissance, suspendait son souffle pour contempler une goutte d’eau toute frémissante de la vie qui était en train de se mettre à exister.

Le  même miracle de la vie qui surgit là où cela paraît impossible s’actualise chaque année à cette même époque quand le monde entier suspend le cours de ses activités pour évoquer le mystère de Noël. Une fois encore nous nous redisons les uns aux autres que la réalité fragile qui porte la vie est habitée par Dieu. Nous revivons encore dans un même émerveillement ce moment unique où Dieu mêle sa divinité à l’humanité, comme jadis il avait mêlé son souffle créateur à l’apparition de l’ADN qui de proche en proche avait rempli, la terre de toutes les formes que peut prendre la vie.

A force de science et de patience, les hommes penchés sur leurs instruments et sur leurs ordinateurs, ont retrouvé les traces de l’histoire de la vie jaillie dans une goutte d’eau. Forts de leurs découvertes, au lieu de rendre grâce au Créateur, ils ont pris la grosse tête. Ils ont cru qu’en ayant découvert les secrets de l’origine de la vie, ils étaient devenus maîtres de la vie. Non seulement ils ont continué à en disposer à leur guise, ils ont continué à la supprimer là où elle les gênait. Ils ont aussi cherché à la soumettre à leur volonté, ils s’en sont pris à son mode de transmission et de reproduction. Ils croient pouvoir encore faire évoluer la vie à leur guise sans se soucier de Dieu. Pourtant ils ont des doutes.

Dieu qui contemple tout cela n’en est pas surpris. Il sait que la goutte d’eau qui pour la première fois a porté la vie avait en germe cette prétention de la créature vivante à supplanter son créateur. Le génie humain qui allait se mettre en ébullition au soir du sixième jour de la création était déjà conçu par Dieu pour se révolter contre son Dieu afin de trouver dans l’accomplissement de sa révolte le sens de son destin. En effet dans l’esprit de Dieu tout cela avait du sens et de la cohérence.

S’il  m’a semblé nécessaire aujourd’hui de retourner si loin dans le passé, c’est qu’il fallait rappeler qu’il n’y a pas dans l’histoire du monde d’événement plus important que l’histoire de cette première goutte d’eau et l’histoire de la naissance de Jésus. L’une fait suite à l’autre à des milliards d’années d’intervalle. Le monde mettait en œuvre ce que Dieu avait décidé. Dans un premier temps il s’agissait de provoquer le jaillissement de la vie dans l’univers et dans un deuxième temps il s’agissait pour Dieu de venir s’installer au cœur de l’humanité. Toutes ces choses compliquées, la Bible nous les redit avec la  simpligoutte d'eau 4cité naïve que nous trouvons dans les récits de la nativité.

 -Tout nous est dit sur le projet de Dieu qui vient habiter l’humanité. C’est le récit de la vierge devenue mère qui nous en rend compte.

- Tout nous est dit sur la fragilité de l’existence et sur les menaces de mort qui planent sur la vie à peine éclose. C’est ce que nous découvrons dans le comportement du roi Hérode qui arme ses soldats pour tuer un enfant. Il confirme par son geste l’arrogance de ceux, qui arrivés au faîte du pouvoir le confisquent à leur profit.

- Tout nous est dit des combats que livrent les hommes à Dieu pour lui ravir ses secrets. Nous les repérons en contemplant les savants de Jérusalem qui consultent les Écrits, compulsent la Torah, vérifient les prophéties pour repérer que Dieu a choisi la petite ville de Bethléem pour s’incarner.

- Tout nous est dit de la tranquille assurance avec laquelle Dieu contrôle les puissances hostiles et déjoue les comportements du malin. C’est pour cela que les anges entrent en action, que Joseph écoute et obéit et que tout se passe conformément à ce qui avait été dit.

- Tout nous est dit sur l’espérance offerte à tous les hommes. Mages et bergers, tous sont là pour entendre et rapporter tout ce que l’humanité est en droit d’espérer.

Malgré cela, le monde continue à fonctionner comme si cette histoire n’était qu’une fiction, et comme si le récit de Noël n’était qu’un conte pour enfants. Nous avons du mal à comprendre que Dieu vient au plus intime de la réalité humaine pour la transformer en une réalité divine. Nous n’arrivons pas à croire que Dieu en intervenant dans l’humanité transforme notre destin à tout jamais et nous avons du mal à croire que l’éternité fait désormais partie intégrante de notre avenir. Nous avons du mal à admettre que notre destin n’est pas lié aux promesses d’un progrès humain illimité mais à la certitude que Dieu habite dès aujourd’hui notre vie. Si nous ne savons pas ce que signifie ce mystère nous devons cependant réaliser qu’il est l’aboutissement de la création et que Dieu a prévu que nous soyons concernés. Tout se tient dans ces deux événements où Dieu crée la vie et où ensuite, il vient lui-même habiter la vie.

L’enfant qui naît à Noël n’est que l’enfant d’un jour. Il provoque notre émotion et nous rend conscients de notre vulnérabilité. Nous comprenons au contact de son histoire que si les moutons qui l’entourent dans la bergerie sont inoffensifs, il y a cependant des loups dehors qui tel Hérode cherchent à se nourrir de la vie des autres. Le monde est un monde où les pouvoirs s’affrontent, les vaincus disparaissent et les vainqueurs deviennent plus forts, mais disparaissent à leur tour, vaincus par plus forts qu’eux. C’est la loi du genre. Mais Dieu ne s’y résigne pas.goutte d'eau 3

En  effet, si nous cherchons la vérité il faut la chercher ailleurs que dans les faits marquants de l’histoire des hommes. En se révélant dans un enfant Dieu nous apprend que la vérité reste invisible aux yeux des puissants et que même les savants ne la voient pas. L’enfant a grandi et la vérité sur Dieu est devenue plus pertinente à mesure qu’il se développait et qu’il enseignait.

Nous découvrons dans ce qu’il a dit que Dieu dépose dans tous les hommes,  un ferment d’éternité. Il ne peut se développer que si la sauvegarde de la vie prend le dessus sur toutes les activités humaines. C’est en valorisant la vie de tous  ceux avec qui nous sommes en contact que l’éternité pourra jaillir en nous, par une osmose subtile entre Dieu et nous. L’éternité n’est pas une valeur abstraite sur laquelle nous pouvons disserter sans fondement. Elle fait partie de l’espérance et nous ne pouvons y accéder que si nous la recevons de Dieu quand il nous met en relation avec nos semblables. Pour entrer dans l’éternité, il nous faut donc deux partenaires, Dieu et nos frères en humanité.

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Esaïe 35:1-10 : la terre transformée – dimanche 11 décembre 2016

Posté par jeanbesset le 18 novembre 2016

 Ce sermon a déjà été proposé le 15 décembre 2013


1 Que le désert et la terre manifestent leur joie!

Que le pays sec s’émerveilleConte 1

et se couvre de fleurs,

2 aussi belles que les lis 

Oui, qu’il se couvre de fleurs, et qu’il s’émerveille à grands cris!

Le  Seigneur lui a donné la splendeur des montagnes du Liban

l’éclat du mont Carmel et de la plaine de Saron.

On pourra voir alors la glorieuse présence du Seigneur,

l’éclat de notre Dieu.

3 Rendez force aux bras fatigués,

affermissez les genoux chancelants.

4 Dites à ceux qui perdent courage:

 » Ressaisissez-vous, n’ayez pas peur, voici votre Dieu » 

Il vient vous venger et rendre à vos ennemis

le mal qu’ils vous ont fait, il vient lui-même vous sauver. »

5 Alors les aveugles verront et les sourds entendront.

6 Alors les boiteux bondiront comme des cerfs

et les muets exprimeront leur joie.

Car de l’eau jaillira dans le désert,

des torrents ruisselleront dans le pays sec.

7Le sable brûlant se transformera en étang,

et le pays de la soif en région de sources.

A l’endroit-même où les chacals avaient leur repaires

pousseront des roseaux et des joncs.

8 C’est là qu’il y aura une route

qu’on nommera le « chemin réservé ».

Aucun impur n’y pourra passer, aucun idolâtre n’y rôdera.

Elle sera destinée au peuple du Seigneur

quand il se mettra en marche.

9 Sur cette route, pas de lion;

aucune bête féroce ne pourra y accéder, on n’en trouvera pas.

C’est là que marcheront ceux que le Seigneur aura libérés.

10 C’est là que reviendront ceux qu’il aura délivrés.

Ils arriveront à Sion en criant de bonheur.

Une joie éternelle illuminera leur visage.

Une joie débordante les inondera,

tandis que chagrins et soupirs se seront évanouis.

 

 

Une route s’ouvre dans le désert aride peuplé de bêtes dangereuses devant les immigrants en quête d’une terre d’accueil.  Les broussailles se dressent devant  les pas des voyageurs et leur barrent la route. Elles  les  découragent de s’aventurer plus avant dans ces contrées hostiles. Et pourtant les marcheurs qui n’ont pas d’autres solutions continuent. Il n’y a rien de surprenant dans cette évocation, il s’agit là du paysage habituel du désert si souvent évoqué pour décrire la campagne des pays de la Bible qui était loin de ressembler à un pays où coule le lait et le miel comme l’avait laissé entendre Moïse  aux fugitifs qui l’accompagnaient depuis l’Égypte.

Ils étaient nourris de l’idée qu’ils  allaient prendre possession de ce pays qui allait devenir leur  terre et où une nouvelle vie les attendait en dépit des les déboires de toutes sortes qu’ils allaient rencontrer.  Ces pèlerins audacieux  avaient remplis  leur âme de toutes sortes d’images qui rendent désirable la terre vers laquelle ils orientaient leurs pas.  Tels étaient sans doute les illusions qui permettaient aux  nouveaux venus d’avancer.  D’où venaient-ils ? Le texte ne permet pas vraiment de le savoir.conte 2

Étaient-ils des exilés venus du Royaume du Nord fuyant une première déportation. Étaient-ce  des exilés revenus au pays après la deuxième déportation. Qu’importe. Ils avançaient  vers une terre où ils voyaient s’accomplir leur destin et où ils espéraient bénéficier d’une bénédiction divine. A mesure qu’ils avançaient le ciel se faisait plus doux sur leurs têtes, et leurs pas se faisaient plus fermes sur un  sol moins caillouteux. Les ronces laissaient la place à des herbes moins agressives. Du moins le croyaient-ils. Telle n’est-elle pas l’illusion de tous les exilés qui s’approchent d’une terre qu’ils croient plus accueillante que celle qu’ils ont laissés? Même s’ils ne sont pas dupes, ils ont tous animés par la foi en un avenir meilleur et ils s’efforcent de croire que Dieu habite leur espérance.

Dans leurs pensées la campagne se transforme, les lys se mettent à fleurir, la steppe aride fait place à de verts pâturages où gambadent  les agneaux et les cabris. Les paysans en pleines santé qu’ils croisent sur leur chemin ne sont pas fatigués, toujours joyeux, ils manifestent une éternelle jeunesse. Avec un peu d’imagination nous pourrions nous laisser aller à penser que  le prophète Esaïe qui décrit l’arrivée des exilés en terre d’Israël, se soit inspiré du « conte du Prince charmant » bien que ni les dates ni les lieux ne correspondent. Mais l’idéal du pays enchanteur qui s’ouvre après un parcours hasardeux existe dans toutes les civilisations. Le voyageur qui traverse le désert de la soif n’a-t-il pas à l’esprit  le mirage de l’oasis couverte d’une  palmeraie  accueillante.

Notre récit serait-il la description de cette oasis de bonheur jamais atteinte qu’entreverrait le prophète et qu’il décrirait avec complaisance pour aider son peuple à patienter en attendant un bonheur illusoire qui ne viendra jamais ? On a pris l’habitude de lire ce passage dans le temps de l’Avent, ce moment de l’année où on fait place aux contes et légendes pour mieux dominer la rudesse des temps. On se laisse plus facilement saisir par l’émotion en pensant  que Dieu est descendu du ciel pour se geler dans la paille afin de sauver les hommes. Pourtant, nous le savons bien, Noël n’est pas une illusion et les contes  contiennent eux aussi des vérités qu’il nous faut forcer pour en trouver le sens.Les contes que nous venons d’évoquer contiennent un parcours initiatique qu’il nous faut décrypter si on veut en saisir le sens.

 Sans la clé du texte, nous n’en découvrons pas l’énigme. Ainsi, le Prince charmant doit-il franchir de conte 3nombreux obstacles avant de réveiller la princesse de sa vie qui l’attend depuis cent ans dans un château niché au milieu des bois. Le petit Poucet lui aussi doit suivre un chemin au milieu des bois, mais il connaît la clé de l’énigme et retrouve sa route grâce aux pierres blanches qu’il laisse tomber sur le chemin. Malheur à lui s’il néglige la clé et se croit malin. Il remplace les cailloux par du pain que mange les oiseaux et ce sont les ennuis qui arrivent. Le Petit Chaperon rouge voit deux routes s’ouvrir devant lui. La plus longue contourne la forêt et l’emmène saine et sauve chez sa grand-mère  ainsi que sa galette et son pot de beurre. Elle peut vivre alors sa vie de femme. Malheur à elle si elle fait un mauvais usage de sa clé et si elle brûle les étapes en prenant le chemin qui traverse la forêt. Le loup la devance, mange la grand-mère ainsi que la galette et le pot de beurre et l’enfant par-dessus le  marché.

C’est un chemin semblable qui s’ouvre devant Esaïe, car son récit fonctionne comme un conte de fée. Que l’auditeur ne s’en offusque pas, il sait bien que le récit lui est donné pour qu’il réfléchisse et exerce sa sagacité. Les aveugles ne guérissent pas par simple miracle généralisé, ni les infirmes et l’eau ne jaillit pas en plein désert s’il n’y a pas de source, à moins qu’on l’y amène. Les lions ne disparaissent pas sans qu’on les chasse. Rien ne se fait sur ce chemin du désert si l’homme n’en change le cours des choses.

Et maintenant, où se trouve la clé du texte ? Est-elle dans l’intelligence des hommes et leur bonne volonté ? Le prophète entrevoit-il des jours nouveaux qui se réaliseront quand l’intelligence humaine sera rejointe par la sagesse divine ? L’espèce humaine gagnée par la grâce partagera tous ses talents et chacun échangera son savoir-faire pour le mieux-être de tous. Toute la planète gagnée à l’idéal évangélique deviendra une terre habitable par tous. Ce sera merveilleux, c’est techniquement possible mais ça ne marche  pas ! Et chacun de se poser des tas de questions sans trouver une seule bonne explication.

Les contes évoqués plus haut  pourraient-ils nous ouvrir une autre grille de lecture ?  Même quand on a compris la bonne clé, le conte se poursuit par une incertitude qui est liée à la liberté de chacun et  à laquelle il faut encore apporter une bonne part de hasard. Que sera la suite de la vie de la belle endormie qui se réveille dans les bras de son prince? Nul ne le sait. Quantité de gosses braillards vont-ils hanter le palais au point d’y rendre la vie impossible ? Que chacun imagine la suite. Le peticonte 4t Poucet revient bien à la maison grâce à ses cailloux, mais la famine n’a pas disparu et l’histoire recommencera  jusqu’à son dénouement, bon ou mauvais. Quelle vie attend  le Petit Chaperon rouge qui a fait le grand tour? Il n’a pour s’ouvrir à la vie qu’un pot de beurre et une galette ! Est-ce suffisant ? Et le danger du loup est-il définitivement écarté ?

Face à ces conclusions,  nous pouvons dire que le prophète Esaïe a  cependant raison. Oui, la transformation de l’humanité est possible, oui le partage des ressources est possible, mais il nécessite une prise en main de notre personne par Dieu. Notre conversion est un acte personnel qu’on ne peut imposer à personne. Elle est liée à une relation personnelle que Jésus établit  avec chacun de nous par l’action permanente de son saint Esprit qui plane sur l’humanité et ce que chacun de nous peut  recevoir mais qui ne s’impose  à personne. Liberté oblige.

Il existe encore une clé de compréhension que je n’ai pas mentionnée car je la gardais pour la fin, c’est celle de l’action du péché en nous. Malgré notre conversion et la présence de l’esprit en nous, malgré notre bonne volonté et notre désir de bien faire, le péché  ne  s’est pas écarté de chacun de nous. Il continue à habiter nos bas instincts,  il ne cesse de nous tenter et de plaider le faux  pour le vrai. Chacun de nous est vulnérable et se retient  d’entrer  à corps perdu dans l’altruisme et l’amour inconsidéré du prochain. Le pardon, sans cesse prodigué par Dieu nous permet d’avancer et de rester raisonnables, mais le Royaume promis par Jésus n’est pas encore  accompli. Esaïe en avait l’intuition, Jésus nous a donné les clés pour y arriver,  Dieu nous donne, la foi, l’espérance et la patience pour le construire brique après brique. Il nous donne le pardon, sans cesse renouvelé pour toujours repartir quand nous nous sommes  trompés et que nous avons mal agi. Nous  n’ avons pas toutes les clés en main mais nous en avons beaucoup à notre disposition. Faisons-en bon usage.

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Esaïe 11:1-10 Le monde de demain dimanche 4 décembre 2016

Posté par jeanbesset le 15 novembre 2016

1 Alors un rameau sortira du tronc de Jessé, un rejeton de ses racines sera fécond.2 Le souffle du SEIGNEUR reposera sur lui : souffle de sagesse et d’intelligence, souffle de conseil et de vaillance, souffle de connaissance et de crainte du SEIGNEUR.paradis terrestre 3

3 Il respirera la crainte du SEIGNEUR ; il ne jugera pas sur l’apparence, il n’arbitrera pas sur un ouï-dire. 4 Il jugera les pauvres avec justice, il arbitrera avec droiture en faveur des affligés du pays ; il frappera la terre du sceptre de sa bouche, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. 5 La justice sera la ceinture de ses reins, et la probité, la ceinture de ses hanches.

Le loup séjournera avec le mouton 6 Le loup séjournera avec le mouton, la panthère se couchera avec le chevreau ; le taurillon, le jeune lion et les bêtes grasses seront ensemble, et un petit garçon les conduira. 7 La vache et l’ourse auront un même pâturage, leurs petits une même couche ; le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. 8 Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, et l’enfant sevré mettra sa main dans le trou de l’aspic. 9 Il ne se fera aucun mal, il n’y aura aucune destruction,  dans toute ma montagne sacrée ; car la connaissance du SEIGNEUR remplira la terre comme les eaux recouvrent la mer. Le retour des bannis d’Israël 10  En ce jour-là, la racine de Jessé se tiendra là comme une bannière pour les peuples ; les nations la chercheront, et son lieu de repos sera glorieux.

 Il est des moments où l’imaginaire se croit complice de Dieu et recrée un monde différent de celui où nous sommes. . Cette vision des choses telle que le prophète la prête à Dieu nous entraine sur les rives du rêve et non sur celles de la réalité.   Nous y découvrons le monde de demain  tel que nous pourrions l’imaginer  et non pas tel que Dieu voudrait  que nous l’imaginions. Nous serons, en fin de parcours invités à nous dégager de ce futur  qui ressemble plus à celui de la fée Clochette qu’à celui qu’on pourrait  solidement construire en s’ appuyant sur le respect de la morale et sur la logique scientifique des plus qualifiés de nos chercheurs. Mais ni l’un ni l’autre  de ces mondes imaginaires ne ressemble au projet de Dieu.

 Dans le premier cas nous pensons que le prophète se fourvoie, qu’il invente un monde du futur impossible à réaliser et sur lequel ce n’est pas Dieu qui règnerait mais une absence de Dieu à l’image du monde  de Walt Disney. Dans le deuxième cas, nous  ne pouvons imaginer un futur cohérent  sans prendre leçon  de l’histoire.  Il nous faut alors énumérer tous les échecs  qu’ont connus les sociétés utopiques construites la plupart du temps dans le nouveau monde par des idéalistes fuyant  le Vieux monde à cause de son intolérance  et en réalisant des sociétés encore plus intolérantes. Toutes ont échoué.

 Pourquoi, les prophètes de jadis ont-ils mêlés Dieu à nos rêves les plus fous ?  Pourquoi leur imagination a-t-elle  frisé l’invraisemblable ? Ils nous invitent à imaginer un monde  où les carnassiers deviendraient des ruminants et où les enfants irresponsables  pourraient s’adonner aux exercices  les plus  dangereux sans risquer la mort. En fait, dans l’inconscient collectif, ceux qui se plaisent à évoquer de telles images sont des insatisfaits du monde où nous sommes  et voudraient que Dieu partage leur insatisfaction, c’est pourquoi Ils vont même jusqu’à indiquer à Dieu la procédure à suivre, si bien qu’ils deparadis terrestre 2viennent leur propre Dieu en se séparant  de celui qui opère dans le monde du réel. 

 Esaïe en proposant cette prophétie, ne parle pas d’avenir. Il nous provoque en imaginant que Dieu pourrait  nous proposer un monde futur aseptisé où nous serions privés de toute initiative. Il serait tellement absent de toute violence qu’il deviendrait  impossible d’y vivre. Le mal n’existerait plus, les injustices non plus. Mais ceux qui préconiseraient  un tel monde  oublient que ce sont eux, les hommes, qui en sont les principaux acteurs et que, avant d’en éradiquer la violence, il faut d’abord enlever celle qui est en eux. En effet, si en voulant  faire des loups ou des ours  des créatures fréquentables, totalement différentes de ce qu’elles sont, on  ferait violence à leur nature en  désirant les  transformer selon nos désirs. Cela consisterait en fait, à les faire périr plutôt qu’à les faire évoluer. On voudrait corriger le monde de sa propre violence en lui faisant violence. Ces quelques boutades nous amènent  à constater que la violence dont nous voudrions éradiquer le monde est d’abord en nous avant de la repérer chez les autres.  On pourrait même dire que c’est parce qu’elle est en nous qu’on la repère d’autant mieux chez les autres.

Quand  les prophètes se plaisent  à décrire un monde improbable qui  correspondrait mieux à la volonté du Dieu  qu’ils imaginent, c’est en fait à l’image de Dieu lui-même qu’ils s’en prennent.  En agissant ainsi, c’est  Dieu qu’ils veulent transformer, et non pas les hommes que nous sommes. Nous l’avons compris, c’est pour nous provoquer qu’ils agissent ainsi   Ils veulent nous aider à affronter  la violence du monde  et  celle qui est en nous ainsi que la menace de la mort qui rôde autour de nous sans pour autant la nier.

 Cette prophétie, n’est pas la description d’un avenir enchanteur dans lequel Dieu envisagerait de nous voir évoluer en récompense à notre fidélité  et à nos comportements vertueux.  Ce n’est pas la redécouverte d’un paradis perdu qu’il chercherait à restaurer. Le prophète conteste au contraire notre passivité et notre refus de nous impliquer dans la construction d’un avenir meilleur pour le monde. Ce qu’il dénonce, c’est notre refus d’ agir  et notre désir de voir les choses s’accomplir sans que nous n’ayons  rien à  faire, car  si ce monde doit avoir un avenir meilleur, c’est que nous  sommes impliqués personnellement dans son histoire et que c’est avec nous qu’il se construira. 

Nulle part dans les Ecritures, nous voyons la promesse de voir se créer ’une société passive  où tout se passerait sans que les hommes n’aient à intervenir. Leur bonne conduite, leur religiosité, leur vertu et leur morale sont insuffisantes pour dresser les bases de la société de demain. Il faut aux hommes quelque chose d’autre pour que ce projet réussisse. Ce quelque chose d’autre qui nous est nécessaire, c’est  l’esprit de sagesse et d’intelligence, de conseil et de vaillance, un esprit avec lequel le monde sera géré avec justice.  C’est de cela que parle le prophète au tout début de son intervention et c’est la condition  indispensable de la venue d’un monde meilleur. paradis terrestre 4

Bien évidemment ces qualités particulières nous les avons reconnues dans les vertus du Messie attendu, de Jésus Christ en qui nous reconnaissons le rejeton du tronc d’Isaïe.  Il fut tué par les hommes parce qu’il a cherché à  mettre en place, d’une manière efficace toutes  ces vertus décrites ici.  Il a commencé par préconiser la « justice », c’est-à-dire l’équité à l’égard de tous ceux qui sont en manque d’une manière ou d’une autre. Manque de pain et manque d’espérance,  manque  de foi aussi, santé déficiente  et violence de toute sorte subies par eux. Jésus est venu vers eux au nom de Dieu, il a remédié, dans la mesure de ses faibles forces à leurs manques.

Si Jésus en est mort, c’est parce qu’il s’est senti concerné par celui que les prophètes annonçaient. Il a mis en pratique ce qu’ils disaient, et il  en est mort, mais il n’aurait pas connu un tel destin,  et il ne serait pas mort s’il avait été suivi par tous ceux qui avaient reconnu qu’il agissait au nom de Dieu. Ils auraient alors tout mis en œuvre avec lui pour que la justice divine soit appliquée, pour que les pauvres ne soient pas condamnés à le rester et pour que les petits ne désespèrent plus d’être refoulés au plus bas de l’échelle sociale.

Le monde voulu par Dieu n’était donc pas un monde de rêve où tout serait en contradiction avec les règles de la nature, mais un monde nouveau en contradiction avec les règles de la société que les hommes ont établies à leur profit sans jamais avoir consulté Dieu. Jésus a payé de sa personne pour avoir voulu répondre au désir de Dieu de vouloir changer les choses  mises en place par les hommes.

 Allons-nous maintenant laisser son sacrifice sans suite ?  Il est possible de réaliser  le rêve de Dieu si nous nous mettons à l’œuvre dans le sens où Jésus le souhaite. Il souhaite une forme de justice telle qu’elle s’appuie d’abord sur l’amour du prochain. Il n’est pas question de tergiverser  sur le fait de savoir si cet amour est justifié ou mérité, car en vérité, nous savons qu’il n’est jamais vraiment mérité, et Jésus nous demande d’écarter cette question pour entrer dans l’application de sa vérité selon laquelle nous devons être témoins de son amour injustifié et immérité pour tous les hommes, et de le mettre en pratique là où nous sommes.

 

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Esaïe 2:1-5 Dieu et le destin du monde dimanche 27 novembre 2016

Posté par jeanbesset le 4 novembre 2016

1Paroles d’Esaïe, fils d’Amots, ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem. 2Dans la suite des temps, la montagne de la maison du SEIGNEUR  sera établie au sommet des montagnes ; elle s’élèvera au-dessus des collines, et toutes les nations y afflueront.3Une multitude de peuples s’y rendra ; ils diront : Venez, montons à la montagne du SEIGNEUR, à la maison du Dieu de Jacob ! Il nous enseignera ses voies, et nous suivrons ses sentiers.Car de Sion sortira la loi, de Jérusalem la parole du SEIGNEUR.4Il sera juge entre les nations, il sera l’arbitre d’une multitude de peuples.De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, de leurs lances des serpes : une nation ne lèvera plus l’épée contre une autre, et on n’apprendra plus la guerre.5Maison de Jacob, venez, marchons à la lumière du SEIGNEUR !

Romains  13 /11D’autant que vous savez en quel temps nous sommes : c’est bien l’heure de vous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus proche de nous que lorsque nous sommes venus à la foi. paradis 6

12 La nuit est avancée, le jour s’est approché. Rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière.

13 Comportons-nous convenablement, comme en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauche, sans dispute ni passion jalouse.

 

Les prophètes seraient-ils de doux rêveurs? Les esprits malveillants  pourraient même supposer que pour  ménager leurs effets auprès du public, ils  feraient des promesses merveilleuses qui ne se réalisent pas. Ils emprunteraient  alors  la voix de Dieu pour se donner plus d’autorité, et les peuples  émerveillés  se précipiteraient vers eux.  Une fois leur auditoire captivé, ils changeraient de registre et formuleraient avec la même autorité des prédictions catastrophiques plus en accord avec la couleur du temps. Ainsi ils joueraient  avec les nerfs de ceux qui les écoutent et dans les deux cas se présenteraient  comme porte-paroles de Dieu qu’ils présenteraient comme versatile.  Mais, c’est bien plus compliqué que cela ! Dans leurs prophéties ils expriment d’une part l’enseignement  sur ce  que Dieu espère, et ce serait les prophéties heureuses,  et d’autre part  ils avertissent de ce qui risquerait de se produire si les recommandations de Dieu n’étaient  pas suivies. Le ton de leurs propos serait donc plus  lié à l’opinons changeante des hommes qu’à celle de Dieu.

 Pour le récit qui nous concerne aujourd’hui, nous sommes dans le premier cas de figure. Nous sommes invités à rejoindre le prophète, qui emporté par l’esprit, voit un avenir heureux se profiler à l’horizon. Il voit  l’humanité se rendre en procession  à la convocation du Seigneur pour  assister à sa victoire sur les forces hostiles qui habitent le monde. Joyeusement, les peuples se mettent en marche, sans bousculade et sans fatigue. Ils ont abandonné tout projet belliqueux et ils ont détruit  leurs armes de guerre pour fabriquer des outils agricoles. Paix, prospérité, communion fraternelle, tels sont les slogans qui accompagnent leur marche.

Mais  cette vision qui décrit le bonheur des peuples en marche, en harmonie avec Dieu n’est pas datée dans l’avenir et bien vite elle s’efface pour laisser d’autres visions prendre place, telles celle  d’un nuage de poussière  qui se profile à l’horizon soulevé par des armées en marche qui se préparent à investir tout le pays, à renverser les murailles de la ville sainte et à dévaster le temple de Dieu.  La procession des adorateurs de Dieu tourne alors les talons pour prendre le chemin de l’exil et de la déportation.paradis 8

 On ne pouvait pas plus se tromper ! La paix promise n’était qu’un rêve, pourtant la vision  qui l’annonçait est restée tenace, si bien qu’aujourd’hui encore elle alimente notre espérance. Mais quelle espérance ? Sept siècles après Esaïe, l’apôtre Paul fait à nouveau la même promesse dans le deuxième texte qui accompagnent les lectures de ce jour. Il exhorte à nouveau les croyants à se réveiller pour entrer dans la  longue marche vers le bonheur. C’est pourtant le martyr qui l’attend, ainsi que celui de beaucoup de ces correspondants. Peut-on interpréter aussi mal les promesses de Dieu et se laisser illusionner par un avenir de paix qui sent fort les odeurs des canons, des guerres  et des  persécutions ? Sans doute  les deux auteurs avaient-ils perçu quelque chose de Dieu pour dire des choses  pareilles qui allaient à contrecourant de l’histoire. Est-ce dire alors que nous ne savons pas entendre Dieu quand il nous entraîne sur les chemins de l’avenir.  Est-ce dire enfin  que l’homme ne partage pas avec Dieu la même vision des choses ?

 Faut-il croire  alors ceux qui se payent de bonnes paroles et qui attribuent à  Dieu un vision de l’avenir qui va à contresens de l’évolution du monde ? Sans doute !  Mais cela ne va pas sans risque car le monde n’évolue pas  en fonction d’un avenir déterminé à l’avance par Dieu. C’est le  comportement des humains qui le peuplent qui décident du  destin du monde.   En fait l’action de Dieu, par la bouche des prophètes cherche à  orienter la pensée  et le comportement des hommes de telle manière que leurs actions entraineraient une évolution  heureuse des choses.  Jésus est mort pour avoir voulu affirmer cela et en faire la plus grande partie de son Évangile. Ce n’est pas de la responsabilité de Dieu si les hommes font le contraire. Il ne donne pas des ordres  à respecter pour que les choses aillent bien, mais il propose des comportements.  Il discerne pour le monde une ligne de conduite  susceptible  d’entrainer  l’évolution des choses vers le bienêtre de tous. Dans le cas contraire ce sera la situation telle que   nous  la connaissons qui se produira.

Aujourd’hui, des voix se font de plus en plus éloquentes et reprennent  les avertissements des prophètes de jadis, mais elles se font entendre  comme si les hommes du XXI eme siècle qui les prononcent, découvraient que c’est eux qui inventaient  de nouvelles règles du vivre ensemble, comme si Dieu ne s’était jamais exprimé sur ce sujet depuis l’origine des temps. Les propos d’Esaïe  que l’on s’est empressé d’oublier avaient été considérés comme utopiques, pourtant ils  contenaient les mêmes secrets du vivre ensemble que l’on retrouve aujourd’hui  et selon lesquels l’avenir ne peut se construire que sur la fraternité  et la bonne entente entre tous les hommes, ainsi que l’harmonie avec la nature.  Depuis toujours les prophètes ont dit qu’il n’y avait aucune légitimité qui permettrait aux uns de se dire supérieurs aux autres ou de posséder plus que les autres.

 Ceci est tellement vrai que les livres du Deutéronome et du Lévitique  prévoyait une remise à zéro de toutes les situations tous les 49 ans. Il s’agissait d’annuler les dettes, de libérer les esclaves et de rendre les propriétés à ceux à qui on les avait plus ou moins légalement prise. C’était l’année sabbatique du Jubilée  (Lévitique 25).   L’a-t-on un jour appliquée, je ne sais pas? Mais elle exprimait le désir de Dieu de gérer le monde d’une manière juste qui ne privilégie personne par rapport à quiconque.  Le secret de l’avenir heureux de l’humanité était non pas de dominer les autres mais de détruire tous les moyens de contrainte  inventés pour supplanter les autres. Cette sagesse est toujours la même que  celle dont les plus utopistes d’aujourd’hui se réclament, à cette différence près que ce n’est pas les hommes modernes qui l’ont inventé, mais c’est Dieu qui l’a exprimé  depuis toujours comme étant un élément significatif pour une évolution heureuse de la création.

 Depuis les origines des Ecritures ce sont ces mêmes idées qui constituent le message de Dieu. Elles ont souvent été altérées par le mauvais usage que les hommes en ont fait au nom de leur liberté. Alors que Dieu envisageait une évolution harmonieuse de l’humanité, ce fut le contraire que les hommes ont réalisé. Ils  ont copié à leur profit ce qu’ils voyaient se faire dans la nature, et ils se l’ont appliqué à eux-mêmes. Ils se sont attribué le droit de se dominer les uns sur les autres et  d’accorder au plus fort  des droits sur  le plus faible.

 Face à ce principe inhérent  à la création, ils ont négligé d’entendre ce que Dieu disait à ce sujet. Dieu considérait les hommes comme ses auxiliaire dans le champ du monde pour réguler l’évolution des choses avec sagesse et non de copier à leur profit ce que Dieu leur suggérait  de modifier.  

 Cparadis 9ertes, les hommes avaient tout faux, mais c’était là le prix de leur liberté. Ils s’en sont pris à eux-mêmes et à leurs semblables et c’est l’humanité qui en a souffert ! Combien de millions de leurs  semblables sont restés sur le bord du chemin tandis que ceux qui se prenaient pour l’élite continuaient leur route, se croyant privilégiés aux  yeux de Dieu dont ils ne savaient pas entendre la voix.

 Après leurs semblables, ce fut la terre qui a souffert de ce pouvoir despotique que les hommes, en tout cas ceux qui se croyaient   en situation de domination, se sont attribués.  Ils se sont mis à régenter le domaine animal et ont  détruit à leur profit l’équilibre de tout ce qui porte fruit et  feuilles. Et maintenant, quand il est presque trop tard,  c’est leur propre voix que les plus sages d’entre eux  écoutent, même si la sagesse qu’elle contient est le reflet de la propre voix de Dieu, car ils se croient eux-mêmes les auteurs de ce que Dieu a dit depuis toujours. Pour que ça marche vraiment, il faudra  quand même, en fin de compte, qu’ils reconnaissent  que cette sagesse qu’ils professent leur vient de Dieu. C’est Jésus Christ qui depuis sa venue sur terre  la crie à leurs oreilles  en disant  que la première des choses à faire,  c’est d’aimer et que tout le reste s’imposera par lui-même et que c’est par là qu’il faut commencer.

 C’est ainsi que Jésus a tenté de rendre compte de la sagesse qu’il avait reçue de Dieu pour la partager avec l’humanité toute entière.

Les illustrations sont de Christophe Arellano, peintre Nicaragueyen

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