Samuel 16/1-3 Dieu intervient-il dans l’histoire – dimanche 26 mars 2016

Posté par jeanbesset le 18 mars 2017


1Le SEIGNEUR dit à Samuel : Jusqu’à quand pleureras-tu sur Saül ? Moi, je l’ai rejeté : il ne sera plus roi sur Israël. Remplis ta corne d’huile et va. Je t’envoie chez Jessé, le Bethléhémite, car j’ai vu mon roi parmi ses fils.

2Samuel dit : Comment irais-je ? Saül l’apprendra et il me tuera. Le SEIGNEUR dit : Tu emmèneras avec toi une génisse et tu diras : « Je viens offrir un sacrifice au SEIGNEUR. »

3Tu inviteras Jessé au sacrifice ; je te ferai savoir moi-même ce que tu dois faire, et tu conféreras pour moi l’onction à qui je te dirai.

4Samuel fit ce que le SEIGNEUR avait dit ; il se rendit à Beth-Léhem. Les anciens de la ville vinrent en tremblant à sa rencontre et lui dirent : Bienvenue !

5Il répondit : Bonjour ! Je viens pour offrir un sacrifice au SEIGNEUR. Consacrez-vous et venez avec moi au sacrifice. Il consacra aussi Jessé et ses fils et les invita au sacrifice.

6Lorsqu’ils arrivèrent, il se dit, en voyant Eliab : A coup sûr, le SEIGNEUR a devant lui l’homme de son onction !

7Mais le SEIGNEUR dit à Samuel : Ne prête pas attention à son apparence et à sa haute taille, car je l’ai rejeté. Il ne s’agit pas de ce que l’homme voit ; l’homme voit ce qui frappe les yeux, mais le SEIGNEUR voit au cœur.

8Jessé appela Abinadab et le fit passer devant Samuel. Samuel dit : Le SEIGNEUR n’a pas non plus choisi celui-ci.

9Jessé fit passer Shamma, et Samuel dit : Le SEIGNEUR n’a pas non plus choisi celui-ci.

10Jessé fit passer sept de ses fils devant Samuel, et Samuel dit à Jessé : Le SEIGNEUR n’a choisi aucun d’eux.

11Puis Samuel dit à Jessé : N’y a-t-il plus d’autres jeunes gens ? Et il répondit : Il reste encore le petit, mais il fait paître le troupeau. Alors Samuel dit à Jessé : Envoie quelqu’un le chercher, car nous ne nous installerons pas avant qu’il soit arrivé ici.

12Jessé l’envoya chercher. Or il était roux, il avait de beaux yeux et une belle apparence. Le SEIGNEUR dit à Samuel : Confère-lui l’onction, c’est lui !

13Samuel prit la corne d’huile et lui conféra l’onction parmi ses frères. A partir de ce jour-là, le souffle du SEIGNEUR s’empara de David. Quant à Samuel, il s’en alla à Rama. Samuel 2

 

Dieu intervient-il dans le cours de l’histoire ? A-t-il une influence sur  les acteurs de ce monde et oriente-t-il leurs plans ? Intervient-il pour modifier le cours des choses quand elles ne vont pas dans le sens où il le souhaite ? Toutes ces questions sont posées dans ce chapitre 16 du premier  livre de Samuel. Elles fournissent  même une réponse à celui qui sait poser les bonnes questions. Un survol rapide de ce récit laisserait entendre que Dieu agit à sa guise et qu’il utilise les hommes, comme il l’entend  pour orienter  les événements.  A vrai dire, ce n’est pas si simple, car les hommes ne sont pas des jouets dans ses mains et les événements n’obéissent pas à sa volonté  comme par automatisme.

Ici, Dieu discerne dans les qualités d’un enfant sa capacité à diriger correctement le  pays. Même si cela n’est pas clairement dit, il faudra que cet enfant assume lui-même les responsabilités qui lui incombent pour accomplir son destin. Si Samuel discerne en lui les capacités qui sont les siennes pour devenir roi, ce sera à lui d’agir de telle sorte que son destin se réalise selon  la volonté de Dieu.   Mais avant de  voir  comment  David va assumer sa tâche, il va falloir que nous prenions en compte le fait  que  le soutient que Dieu  semble lui accorder repose  sur une injustice qui est révélée par ces quelques questions : Pourquoi lui et pas un autre ? Pourquoi Saül est-il rejeté et pourquoi David est-il favorisé ? Pour comprendre ce qui se cache derrière ces questions,  il va nous falloir remonter  légèrement en arrière dans le cours du récit.

Le récit oppose le roi Saül qui subit la défaveur de Dieu au futur roi David qui bénéficie de la faveur de ce même Dieu.  Saül avait autant de qualités pour être roi que David. Comme lui il était issu d’un milieu rural. Il était berger et  s’occupait  des ânes de son Père. Comme lui il avait une belle prestance. Que fit-il pour que son règne soit perçu comme un échec ?  Il déplu à Dieu en n’exécutant pas à la lettre les ordres qui lui avaient été transmis par Samuel.  Il offrit le sacrifice à la place de Samuel retardé,  il ne fit pas respecter à la lettre l’interdit. A la suite de chacune de ses erreurs, somme toute assez minimes en considération de celles que commit David plus tard,  il se repentit et demanda à Dieu de lui accorder son pardon, ce qui lui fut refusé.  Ses crises de folies furent  interprétées par les auteurs du texte comme des signes de la réprobation  divine  et   une  prise de possession de son âme par un esprit  mauvais. Et jamais il ne put en être délivré ni par Samuel, ni par Dieu.

A l’opposé, les erreurs de David furent  nombreuses, et finirent toujours par être pardonnées, même les plus graves. En fait, les auteurs expliquent les revers de l’un et les succès de l’autre  comme le résultat du regard que Dieu portait sur eux. Si tel est le sentiment que laissent transparaître le récit, il apparaitrait alors que Dieu interviendrait dans le cours de l’histoire d’une manière injuste et arbitraire.

Après ces réflexions nous pouvons reprendre le petit récit sur l’onction de David qui laisse entendre que la raison du plus fort n’est pas la meilleure. Il ne faut pas se fier aux apparences, c’est pourquoi les sept ainés sont écartés. Mais une question reste cependant en suspens. Pourquoi la famille de Jessée (Isaïe) a-t-elle été choisie ? La question reste sans réponse. Pour  y comprendre quelque chose, il faut considérer que l’histoire  a été rapportée  bien longtemps après les événements par les historiographes de David qui ont voulu montrer,  en  présentant  les choses ainsi, que  la dynastie  de David avait eu  les faveurs de Dieu dès les origines.  Malgré la volonté des auteurs d’orienter le récit en faveur de David, ils donnent cependant à Dieu une  apparence d’impartialité. Sa faveur va vers celui qui a le moins de chance. Il est encore un  jeune berger  et il n’est pas encore perverti par l’ambition. Il a donc toutes les chances d’être un bon roi s’il laisse parler son cœur. C’est le défit que pose le texte à l’avenir.  Mais tout cela repose sur l’arbitraire de Dieu puisqu’on ne sait rien des autres frères, si non que Dieu les a rejetés à l’avance. Dieu en  fait serait-il injuste ?

Nous nous sommes appliqués  à rendre compte du  malaise que fait naître dans  l’esprit de tout lecteur le fait qu’on ait montré que Dieu malgré une liberté que personne ne lui reproche se comportait d’une manière  injuste et partiale dans ces décisions et ses affections. A moins qu’il faille lire le texte autrement 

 On s’attachera alors  à comprendre que  l’action de Dieu  auprès du nouveau roi n’est pas liée à la faveur qu’il sera sensé lui accorder, mais à la manière dont le roi saura  écouter Dieu cœur à cœur.  Le projet de Dieu se réalisera dans la mesure où Dieu  sera entendu par le roi.  Pour David, comme pour tout homme qui se réfère à Dieu, la volonté de celui-ci se réalise dans la mesure où Dieu sera écouté et entendu. Dieu ne se propose pas d’intervenir dans  le cours des armes, mais il se propose d’agir sur la conscience des individus. Ce texte est écrit pour glorifier les actions de David, sans aucun doute, c’est pourquoi il a accablé Saül,  et la défaveur de Saül n’est donc pas à impliqué à Dieu, mais  doit être attribuée à la partialité des narrateurs.

Reste encore à déterminer comment Dieu inspire  celui qui a la charge de diriger le peuple. Certes, il est dans l’esprit de ceux qui ont rédigé ce récit de démontrer qu’Israël et le roi David  doivent être donnés en  exemple. Les nations doivent prendre leçon de leur comportement pour comprendre l’action de Dieu à travers le roi et son peuple. C’est la  bonne conduite du roi  et de son peupleSamuel 1  qui est garante de l’honneur de Dieu à la face du monde.

Mais comment le roi fera-t-il pour comprendre la volonté de Dieu ?    Celle-ci ne se manifeste pas seulement dans les intuitions intimes du monarque.  Il trouvera l’expression de la volonté de Dieu dans les textes fondateurs tels  le livre de l’Exode par exemple qui  en donne un aperçu clair et précis dans les dix commandements.  On la trouve aussi dans les textes  des livres des  prophètes   qui trouvèrent leur formulation  définitive à l’époque où les textes  relatant l’histoire des rois furent écrits. Ils insistent sur le respect  que l’on doit à  la veuve et  à l’orphelin, sur l’accueil de l’étranger et de l’immigré, sur la libération nécessaire des esclaves. Si le roi s’appuie sur de telles recommandations, son action sera conforme à la volonté de Dieu. 

On trouvera donc dans ce récit de l’enfant  innocent, gardien de troupeaux, promis à la royauté,  le texte fondateur de la dynastie royale.  Elle laisse entendre que Dieu intervient dans l’histoire non pas, par des actes remarquables mais par la mise en œuvre de sa volonté par ceux qui se mettent à son écoute alors qu’ils ont la charge de gouverner le pays. Mais ce texte correspond plus à un souhait concernant le monarque qu’à la réalité. Si Dieu a cherché à inspirer les rois, ceux-ci n’en ont pas moins fait selon leur fantaisie.

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Exode 17:3-7 – Moïse et le rocher – 19 mars 2017

Posté par jeanbesset le 11 mars 2017

Exode 17:3-7 Moïse et le rocher Dimanche  19 mars 2017

 3 Là, le peuple avait soif, le peuple maugréait contre Moïse. Il disait : Pourquoi donc nous as-tu fait monter d’Égypte, si tu nous fais mourir de soif, moi, mes fils et mes troupeaux ? 4 Moïse cria vers le SEIGNEUR : Que dois-je faire pour ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ! 5 Le SEIGNEUR dit à Moïse : Passe devant le peuple et prends avec toi des anciens d’Israël ; prends aussi ton bâton, avec lequel tu as frappé le Nil, et tu t’avanceras. 6 Quant à moi, je me tiens là, devant toi, sur le rocher, en Horeb ; tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira. Moïse fit ainsi, sous les yeux des anciens d’Israël. 7 Il appela ce lieu du nom de Massa (« Provocation ») et Meriba (« Querelle »), parce que les Israélites avaient cherché querelle, et parce qu’ils avaient provoqué le SEIGNEUR, en disant : Le SEIGNEUR est-il parmi nous ou non ?Exode 17 A

Ce peuple harassé par sa marche, en pleine asthénie à cause de la soif manque-il vraiment de foi vis-à-vis de Dieu qui a fait naître en lui le désir de liberté par l’entremise de Moïse ? Dieu serait-il un dieu pervers qui attendrait des actes de foi prodigieux pour stimuler les hommes qui se réclament de lui en les culpabilisant ? C’est ce que suscite en nous une lecture trop superficielle de ce texte, et tout être raisonnable serait donc amené  à se détourner d’une telle divinité. Mais ce n’est pas ainsi que nos ancêtres huguenots  ont compris ce texte. C’est pourtant au nom de ce Dieu que beaucoup d’entre eux ont risqué leur vie, se sont fait prendre par les dragons du roi et sont allés mourir aux galères. Dieu ne leur a pas envoyé ces épreuves pour tester leur foi, mais il a donné, à ceux qui n’ont pas succombé sous les coups la force de vivre et d’avancer vers la liberté et nul n’aurait osé dire qu’ils avaient manqué de foi.

C’est avec cette image des peuples avides de liberté et qui n’ont pas forcément réussi à la concrétiser que nous aborderons ce texte aujourd’hui.

On a retenu de cet événement que Dieu, après avoir compris le poids de la détresse et de l’oppression d’un peuple réduit en esclavage a décidé de s’attacher à lui et d’organiser sa délivrance à son corps défendant. L’histoire a fait de cette histoire  le signe même  de l’action de Dieu au milieu des hommes. Elle a servie de motivation aux esclaves  américains,  aux Huguenots en France et  de justificatif à la théologie de la libération. C’est ainsi que pour  pousser ce peuple   dans  l’aventure. Dieu a donné à Moïse vocation de provoquer en lui le désir de liberté, et c’est lui  qui l’ a accompagné ce sur les routes du désert dans l’attente de voir se réaliser son rêve de s’installer  sur  une terre où coule le lait et le miel. Pourtant, c’est une longue période d’errance et de déception qui s’ouvrira  sous  les pas de  ce peuple gonflé d’espérance avant qu’il atteigne son but.

Une telle histoire  aussi exaltante n’a cessée de se reproduire depuis des siècles dans toutes les  sociétés avides de changement. Les itinéraires  n’étaient  pas les mêmes, mais les enjeux sont restés les mêmes. Le désert qu’il fallait traverser à dos de chameaux est devenu de nos jours une mer,  qu’il faut affronter sur de précaires coquilles de noix. La terre d’accueil où les demandeurs de mieux être, espèrent partager l’abondance des pays nantis, devient un mirage et s’éloigne de ceux qui espèrent. Les lieux de refuge deviennent plus inhumains que  la terre de départ. Croyant fuir l’esclavage, ils tombent dans la misère et comme sur la terre qu’ils ont quittée, ils restent des  peuples exploités.

Il n’est pas difficile de faire un parallèle entre la situation des réfugiés actuels et la situation des Hébreux qui se sentaient abandonnés par  ce Dieu qui avait provoqué leur libération. Cette histoire, malgré tout banale, en comparaison des drames que vivent les réfugiés modernes, semble mettre Dieu en accusation.  Certes le peuple libéré de l’esclavage n’avait pas demandé qu’il agisse en leur faveur. Trop exploités, ils n’avaient pas les moyens de redresser la tête ni d’imaginer une délivrance quelconque. Un peuple sans espérance n’a pas les moyens de se révolter. Depuis des siècles il subissait son  sort sans  broncher. Exode 17 B

Pourtant l’espérance qui semblait impossible s’est quand même  produite. Les intrigues de cour du moment ont provoqué une rivalité entre princes. La libération de ce peuple opprimé devint l’enjeu du défi qu’ils se jetèrent l’un à l’autre. Ce fut le début de l’histoire : «  Laisse partir mon peuple, Let my  people go. » Ce n’est pas pour s’approprier le pouvoir que le prince qui défendait les esclaves s’opposait au prince régnant,  c’est pour une question de philosophie : le droit à la liberté.

Voila qui est nouveau. Le droit à la liberté n’est pas une invention des philosophes du dix huitième siècle, c’est un principe qui remonte à la nuit des temps et dont l’origine serait en Dieu, c’est en tout cas ce qui ressort de ce texte.  Les théologiens et les historiens se battent entre eux  pour dater l’origine de ce récit. Qu’importe la date ! Il est clair qu’au cinquième siècle avant Jésus Christ, date de rédaction de ce texte, l’affaire était pliée. Ainsi la première action attribuée à  Dieu  dans l’histoire, le fait apparaître comme un pourvoyeur de liberté. On l’oubliera par la suite.

La notion de liberté et la notion de vie sont toutes proches l’une de l’autre. C’est en vertu de ce principe que  l’enfant expulsé de la prison du ventre de sa mère en sort pour affronter la vie. Le poussin enfermé lui aussi dans son œuf doit casser la coquille qui le retient à l’intérieur pour en sortir et  se préparer à vivre. Le peuple hébreu, séduit par ce prince qui ne revendiquait pas le pouvoir pour lui-même mais qui risquait sa vie pour réclamer le droit à la liberté, fut conquis par son  enthousiasme. Cet enthousiasme lui donna la force  de bousculer le joug qui l’opprimait.  Tels des  poussins brisant leur coquille, ils trouvèrent leur raison de vivre et d’espérer  en Moïse dont ils adoptèrent  le Dieu comme libérateur.

Sur le plan théologique et sur le plan spirituel, tout cela prend du sens et vient alimenter notre foi. Mais on ne peut pas s’en tenir là et se satisfaire de ces principes sans poser la question : pourquoi, cela ne marche-t-il pas, ou pourquoi cela ne marche-t-il que rarement?  C’est en formulant cette question  que nous retrouvons les Hébreux en plein désert, crevant de soif. La dureté du moment a asséché leur espérance. Moïse qui les conduisait n’avait pas vraiment de solution de rechange. Etait-ce la fin de l’expérience ? Etait-ce l’échec de l’entreprise ? Moïse s’était-il  fourvoyé, le Dieu qui était à l’origine de tout cela n’était-il que du vent  sans  pouvoir ? Cette question  revient  d’une façon lancinante.  Pourquoi Dieu qui est à l’origine de tout cela attendit-il si longtemps  pour répondre à leur nécessité immédiate ?  La seule bonne réponse était-elle celle d’un miracle  en dernier recours ?

L’auteur du texte suggère sans le dire (1) qu’ils avaient manqué de foi, qu’ils étaient ingrats et toujours revendicateurs, qu’ils étaient un peuple insatisfait  qui fatiguait  ceux qui leur voulaient leur  bien, à commencer par Dieu. Mais l’espérance en Dieu, face à l’échec apparent ne finit-elle pas par mourir ?  En effet, l’espérance est quelque chose qui vit en nous et pour  qu’elle vive quand plus rien ne nous retient dans la vie,  il faudrait un miracle. L’auteur a compris  que sans l’intervention de Dieu l’histoire allait  tourner court et s’arrêter là, c’est pourquoi sous la plume du narrateur, il a suffi d’un coup de baguette pour que se produise le miracle.  L’histoire repartit  alors et le peuple fut accusé de manquer de foi ! Mais c’était trop facile. Et c’est désespérant pour tous ceux qui ont échoué.

Dans les histoires modernes,  Dieu dispose rarement de  baguettes pour faire évoluer les situations de manière heureuse et surtout il ne dispose pas forcément de mains fermes, telles celles de Moïse pour manier la baguette pourvoyeuse de solutions propices.

Bien qu’audacieux et entreprenant au départ, le dynamisme des peuples en marche perd son énergie à mesure que se succèdent les échecs. Ils perdent l’audace qui les fait avancer.  Si la bonne solution  réside  dans le miracle qui regonflera leur dynamisme, il faut se demander qui aura la force de saisir la baguette que Dieu tend aux hommes pour apporter la solution souhaitée ? La réponse est dans la question ! elle se trouve dans le cœur de celui qui se sent concerné pour faire le geste que Dieu attend des hommes pour réaliser le miracle. Déjà Jésus qui a passé sa vie  à nous motiver, tend le doigt dans notre direction et espère une réponse de ceux qui ont compris son Évangile. Exode 17 C

Il lui faut des mains capables de  tenir la baguette et désireuses de collaborer avec Dieu à l’amélioration du monde. Jésus appelle tous les hommes en aussi grand nombre que nécessaire pour que, autant de miracles que possibles,  se produisent. Ce ne sont pas de  grands miracles qui sont souvent demandés. Ici, ce ne sont  que quelques gouttes d’eau pour assouvir la soif qui rendront  l’espérance et permettront  à ceux qui sont en manque d’avancer, car Dieu a besoin des hommes, de tous ces croyants que nous sommes, pour qu’un avenir meilleur s’ouvre devant les pas de  ceux qui espèrent en lui.  

 (1)  Voir aussi le texte parallèle de  Nb 20 :13

(2)   Illustrations: Eglise Notre Dame de Beaulieu Briatexte  – Nicolaï Grechny

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Genèse 12/1-4 la longue marche des croyants – dimanche 12 mars 2017

Posté par jeanbesset le 27 février 2017

Abraham 2 

1 Le SEIGNEUR dit à Abram :

« Pars de ton pays, de ta famille et de la maison de ton père vers le pays que je te ferai voir.2 Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai.Je rendrai grand ton nom. Sois en bénédiction.

3 Je bénirai ceux qui te béniront,qui te bafouera je le maudirai ;en toi seront bénies toutes les familles de la terre. »

4 Abram partit comme le SEIGNEUR le lui avait dit, et Loth partit avec lui. Abram avait soixante-quinze ans quand il quitta Harrân.

5 Il prit sa femme Saraï, son neveu Loth, tous les biens qu’ils avaient acquis et les êtres qu’ils entretenaient à Harrân. Ils partirent pour le pays de Canaan.

 

Un jour, à l’origine de l’humanité,  quelques humains décidèrent de partir vers un ailleurs au-delà de leurs forêts natales nichée au cœur de l’Afrique en direction de terres jusqu’alors inconnues. C’est ainsi que les historiens imaginent la progression  de l’espèce humains à travers les continents depuis ses origines africaines L’histoire humaine a commencé selon eux par une marche irréversible entreprise par quelques individus vers  des terres  jusqu’alors ignorées capables de les accueillir.  Le départ était donné.  Cette marche des hommes vers l’inconnu  ne s’arrêtera jamais.

A l’autre bout de l’histoire les derniers descendants de ces premiers voyageurs poursuivent les mêmes rêves vers d’autres terres, toutes aussi inconnues, capables de les accueillir sur d’autres planètes. Rien ne semble devoir  limiter ce mouvement irréversible qui pousse les humains à aller voir plus loin.Abraham4

Entre le départ des premiers  explorateurs vers des terres autres que les leurs et la mise en œuvre du  désir de leurs derniers  descendants de quitter leur planète, des milliers d’humains habités par ce même projets de départ  ont suivi les étoiles, guidés par leur intuition pour découvrir de nouvelles terres propres à les recevoir. Parmi eux,  Marco Polo et Christophe Colomb furent les plus célèbres, mais  ne furent pas les seuls.

Si ce désir d’aller voir ailleurs est inhérent à l’homme, il serait surprenant qu’il ne trouve pas son origine en Dieu, car l’homme est fait  à son image selon les Ecritures. Curieusement, la Bible s’est attachée à suivre les pas d’un de ces voyageurs fameux : «  Pars,   lui avait dit une voix, coupe les racines qui te rattachent à la maison de ton père ». C’est Dieu lui-même qui donnait le coup d’envoi d’une  aventure prodigieuse qu’il inscrivait dans une longue tradition  de l’humanité. Abraham partit avec sa femme,  ses troupeaux et le rêve de se faire un nom parmi les nations.

 Ainsi semble-t-il, Dieu a mis dans  nos gènes  un dynamisme qui pousse les plus aventureux à aller  voir plus loin, là où personne n’est encore allé. Ils   à rompent avec la tradition  selon laquelle l’avenir  de chacun consisterait à mettre ses pas dans ceux de son père et de refaire  après lui la même chose que lui. L’homme poussé par Dieu est un curieux de nature. Ce ne sont même pas  seulement des terres nouvelles qu’il cherche à s’approprier, mais des idées nouvelles et une autre forme de pensée.  Dans cette longue entreprise qui s’ouvre devant lui, c’est un autre visage de Dieu qu’Abraham découvrira et qui s’affinera à mesure de ses déplacements.

Il  multipliera les étapes, commettra des erreurs, changera la direction de ses pas. Seule la mort l’arrêtera. Son fils Isaac s’appropriera la nouvelle terre enfin acquise. L’entreprise de son père semblait donc avoir  pris fin avec lui. Mais Dieu allait-il fixer  à tout jamais, sur ce morceau de désert où Abraham avait posé son campement, ceux qui allaient devenir « son peuple » ? Le voyage n’était cependant pas fini ! S’arrêterait-il un jour  d’ailleurs? Jacob, le petit fils fut habité de la même frénésie que le grand père et c’est en Egypte qu’il tentera de stabiliser la tribu. Elle dut en partir quelques générations plus tard, en considérant ce nouveau départ comme une bénédiction divine. Les Ecritures  interprètent  tous ces déplacements   comme l’expression de la volonté  divine.

Si aujourd’hui  le tourisme nous met  dans des situations semblables à celle d’Abraham et nous invite à l’aventure, le but n’est  cependant pas le même. Le touriste a généralement  l’intention de revenir à son point de départ. Par contre, Dieu quand il nous pousse à partir ne prévoit pas qu’on puisse revenir. La vie que nous menons sous sa conduite ne prévoit si de marche en arrière, ni de point de retour. C’est une continuelle marche en avant.

 Beaucoup plus tard, cette même fièvre de déplacement s’empara  des apôtres de Jésus qui selon la tradition se mettront à  parcourir les mers en tous sens et tous les continents connus, pour obéir aux ordres du Christ qui en fit des agents itinérants pour proclamer son Evangile.

Abraham avait mis sa foi en une promesse qu’il avait cru entendre de la bouche même de Dieu. Il s’agissait de lui assurer une descendance qui donnerait du sens à sa vie. Sa femme étant stérile, il devait faire confiance à Dieu pour que son projet d’enfant  aboutisse, à moins  d’adopter son neveu dont il avait la charge ou d’utiliser les services d’une autre femme que la sienne.  Cette double possibilité qu’il expérimenta  ne donna pas satisfaction. Elle mit  cependant sa confiance à l’épreuve, car c’est de Dieu et de Dieu seul que devait venir la solution qui donnerait du sens à sa vie.

LaAbraham 5  difficulté  que rencontra  Abraham, et  qui est aussi bien la nôtre, c’est de faire confiance à Dieu quand le doute s’empare de nous et que le projet de vie formulé avec lui cesse d’être nette. La foi n’est pas aveugle,  elle ne s’appuie pas sur une promesse aléatoire, elle doit laisser place à une certitude. Comment alors être certain de la mission que Dieu nous confie  quand  on ne le voit pas et qu’il  ne se fait entendre que par nos  voix intérieure ? Comment  être sûr de notre discernement quand il s’agit d’une question de vie ?

Il nous faut aiguiser notre discernement.  Le discernement consiste à savoir quand c’est Dieu qui nous parle et que ce n’est pas la cupidité qui nous anime. A chaque étape de son voyage Abraham se trouva face à des  choix qui provoquèrent  sa sagacité. Il dut  dominer ses sentiments personnels qui  pouvaient orienter de ses choix et décider, à la place de Dieu quelle chose il fallait faire.  Il fut provoqué par la peur et par  sa cupidité,  ou par  la logique humaine qui érige en défi  ce qui ne l’était pas. Ainsi,   par exemple la question de son âge le tourmenta :  était-il raisonnable  d’entreprendre ce qu’il faisait   à  l’âge qui était le sien ? Il réalisa que pour entendre Dieu il devait  donner priorité à tout ce qui était  porteur de vie.  Il devra  alors lutter contre lui-même pour découvrir que la vie d’Isaac était plus précieuse  que l’obéissance aveugle à une voix qu’il croyait être celle de Dieu et qui  lui ordonnait  de sacrifier son enfant. Il fut alors  tourmenté  par sa propre réflexion jusqu’à ce qu’il comprenne que le sacrifice de l’enfant ne signifiait  pas sa mise à mort. Il s’agissait seulement  de le lui consacrer.

 Sur le chemin de l’aventure, c’est sa foi qui devait  le guider dans ses choix, mais son intelligence éclairée par l’esprit de Dieu devait constamment être tenue en éveil pour saisir correctement la volonté de Dieu afin de toujours  faire passer l’intérêt des autres avant le sien. C’est à cette condition que l’écho de  la voix de Dieu  serait vraiment audible.

 Ainsi Dieu met-il du mouvement dans notre vie et nous entraîne-il dans une aventure toujours surprenanteAbraham 6. Il nous fait confiance pour que nous discernions, grâce à l’esprit qu’il met en nous, les bons tournants que nous devons donner à notre existence. Ils consistent à donner priorité à toutes les vies qui nous sont confiées par  les hasards de  notre histoire. C’est le chemin d’une telle  aventure que Jésus a suivi. Il a su discerner  les priorités qui devaient guider ses choix et il a découvert les  choix de Dieu. Étrangement il est allé vers  la mort quand elle s’est présentée à lui, comme le choix nécessaire pour que les autres puissent vivre.

L’aventure d’Abraham est une expérience  superbe   que Dieu lui a offerte et qu’il a su gérer sagement  en suivant les intuitions de sa foi.  Une telle expérience nous est offerte, à nous aussi  si nous apprenons à découvrir les vraies priorités que la foi en Dieu nous demande de mettre en œuvre.

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Romains 5:12-19 Le péché et la Loi dimanche 5 mars 2017

Posté par jeanbesset le 15 février 2017

12 C’est pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, de même la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché.

13 En effet, avant que la loi ne soit donnée, le péché était déjà dans le monde. Or, le péché n’est pas pris en compte quand il n’y a pas de loi.

14 Pourtant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam, qui est l’image de celui qui devait venir.

15 Mais il y a une différence entre le don gratuit et la faute. En effet, si beaucoup sont morts par la faute d’un seul, la grâce de Dieu et le don de la grâce qui vient d’un seul homme, Jésus-Christ, ont bien plus abondamment été déversés sur beaucoup.
16 Et il y a une différence entre ce don et les conséquences du péché d’un seul. En effet, c’est après un seul péché que le jugement a entraîné la condamnation, tandis que le don gratuit entraîne l’acquittement après un grand nombre de fautes.
17 Si par un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a régné, ceux qui reçoivent avec abondance la grâce et le don de la justice régneront à bien plus forte raison dans la vie par Jésus-Christ lui seul

.18 Ainsi donc, de même que par une seule faute la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte d’acquittement la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes.

19 En effet, tout comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, beaucoup seront rendus justes par l’obéissance d’un seul.Eden 1

 Pourquoi, quand je crois faire quelque chose de bien, il arrive que cette action tourne court et revête des conséquences négatives chez autrui, si bien que je ne suis jamais sûr du bien fondé de l’action que j’ai l’intention de faire ! Cela m’oblige à la modestie, mais cela fait aussi planer un sentiment de culpabilité dont j’aimerais bien me passer.  Ainsi par exemple,  en voulant aider une personne handicapée à traverser la rue, je m’aperçois parfois à sa réaction qu’en croyant l’aider, je l’ai en fait humilié en l’empêchant de faire quelque chose qu’elle pouvait parfaitement faire toute seule. Certes, j’ai manqué de tact et de discernement et je me suis  comporté sans suffisamment de ménagement en  faisant preuve d’un manque de discernement évident.   Si l’indifférence est préjudiciable à l’harmonie  des comportements  entre les humains, l’altruisme n’est pas  un comportement  évident qui nécessiterait  seulement un élan du cœur.  Il faut aller plus loin et en faire davantage.

 Nous découvrons  assez facilement que ce que nous croyions  relever d’une  bonne action relève  parfois d’un sentiment plus superficiel qui viserait  d’abord à nous valoriser à nos propres yeux sans faire vraiment du bien aux autres. Nous découvrons que ce que nous croyons être bien revêt, tout à coup un aspect négatif. Le mal auquel nous ne pensons pas s’impose tout à coup dans des gestes anodins et nous pourrit la vie. L’apôtre Paul n’a pas cessé de s’interroger à ce sujet. Il se tourne vers Dieu en espérant une explication : pourquoi  fait-on le mal que l’on n’a pas projeté et ne fait-on pas le bien que l’on souhaite faire ?

Bien avant lui la Bible a cherché une explication en campant dans une histoire bien connue un étrange personnage qui vient perturber le cours d’un récit.  L’histoire qui  a  bien commencé   tourne à  la catastrophe. Le récit est trop connu pour qu’on le racEden 2nte. Il s’agit du  serpent qui jette le doute  dans l’esprit de l’homme et de la femme qui jusqu’ici  passent leur temps à folâtrer sur les pelouses d’un jardin imaginaire. Le serpent dissimulé dans les branches intervient, il est insaisissable tant sa peau est lice. Il est, sans poils ni plumes, il est sans pattes ne possède aucun membres apparents et  se repaît de la poussière  semblable à celle à la quelle la mort  nous réduira.

 Ses caractéristiques  en font un être suspect  dont le comportement semble brouiller les cartes et son apparition à laquelle on ne s’attend pas fausse tout comportement harmonieux sur le chemin  de l’existence des deux humains trop occupé à s’aimer. Du fait de  sa présence  à peine apparente aux côté des humains  et des questions sournoises et insidieuses qu’il pose, leur vie  n’est plus comme elle était.  Pourquoi les choses deviennent-elles ainsi, on ne sait pas ? On constate seulement que les choses ne se passent plus  comme elles auraient du  le faire.  Ainsi, du seul fait de cette présence du serpent, ce petit texte rend bien compte de l’inconfort que ressent l’homme dans le monde où il se trouve.  Par ailleurs, le récit ne nous laisse rien apparaître du comportement de Dieu qui ne fait pas un geste pour se saisir du serpent  et le détourner  de la présence des humains.    Pourtant on aimerait en savoir plus sur Dieu ?

Il ne nous a pas échappé cependant  que  nous éprouvons  des sentiments qui nous entraînent  à nuire aux autres, tels la jalousie, la cupidité, l’orgueil, la vanité, l’égoïsme, la paresse que sais-je encore. Par la prière et le travail sur soi il devrait-être possible de les dominer et d’apprendre à  se comporter de telle sorte qu’ils n’aient plus d’emprise sur  nous. C’est sans doute logiquement possible, bien que très utopique ;  mais comment pourrions-nous dominer le mal que l’on fait sans en être conscients ? Comment éviter de faire le mal que nous n’avons pas l’intention de faire   et que nous ne voulons pas faire ?  Comment ne pas souffrir des mauvaises actions qui alimentent nos remords et que nous avons faites au détriment de notre prochain. Ce n’est pas seulement un sentiment de culpabilité qui nous assaille, c’est aussi un sentiment d’incompréhension qui s’empare de nous. Nous comprenons vite  que c’est notre relation à Dieu qui en pâtit.  Des esprits simples et aussi  peu aguerris aux raisonnements que le mien,  ont du mal à suivre Paul  quand il cherche à nous donner  des  explications. 

Nous sentons bien que Jésus joue un rôle pour nous aider à gérer  tout cela, mais notre manière de penser d’aujourd’hui ne nous permet pas vraiment d’entrer  dans cette histoire de péché originel rapportée dans cette histoire de serpent. En fait  cette histoire nous rapporte que la motivation  de  nos comportements vis-à-vis des autres est aussi insaisissable que le serpent lui-même. Seul l’approche que nous en donne Jésus nous permet de nous en sortir car il est le seul à rendre accessible l’image de Dieu. Comme dans l’histoire du serpent, nous comprenons que Dieu n’y est pour rien dans  nos difficultés  et qu’il n’a aucune intention de nous faire tomber dans un piège. Son intention  est tout au contraire de nous aider à  nous en sortir car Dieu en Jésus Christ se définit comme étant   « amour » et ce n’est  qu’à partir de cette notion d’amour que nous pourrons peut être comprendre que  Dieu cherche d’abord à nous aider et espère que nous l’aimerons en retour.

 Si nous ne comprenons ni pourquoi, ni comment les choses se passent, il nous faut commencer par admettre que Dieu ne nous veut aucun mal,  qu’il ne cherche nullement à nous enfoncer dans nos péchés mais qu’il nous aide à nous en sortir. Il est avant tout une force d’amour qui met tout en œuvre pour nous faire vivre. Le comportement de Jésus en est le meilleur révélateur puisqu’il n’hésite pas à affronter la mort pour rendre compte de l’amour de Dieu. Mais cela ne nous donne  aucune explication  sur le mal  qui s’applique à déjouer tous nos projets.

Nous ne recevons  aucune explication sur la raison qui fait  que nous faisons du mal aux autres. Le fait que la nature soit parfois prise de folie destructrice ne trouve pas non plus d’explications. Comme pour le serpent dans le jardin nous n’avons aucune emprise sur la nature quand elle  s’égare et nous entraîne à la mort. Il ne nous est pas dit non plus que Dieu aurait pu se saisir du serpent pour le jeter loin du jardin. Ainsi Dieu ne s’attaque pas frontalement aux forces hostiles, mais nous assure de sa présence aimante pour nous aider à les dominer. Eden 3

Quand les effets nocifs et incompréhensibles du monde déferlent sur nous, Jésus nous enseigne que c’est  en affrontant les forces hostiles  et en s’appuyant sur Dieu qu’on peut les dominer et que nous ne devons pas les fuir sans résister. Il affrontera lui-même la mort, la souffrance, l’incompréhension  et la trahison et c’est le regard d’amour que Dieu portera sur lui, qui lui donnera la vie. Ainsi, Dieu n’agit pas par des actions spectaculaires mais l’amour qui émane de lui rend le monde accessible et ouvre à l’espérance.

Bien sûr, il faudrait encore s’attarder sur le péché, ce mal dont les hommes sont responsables et qui contrarie les projets de Dieu, son amour est portant capable de le dominer  et de le transformer car Dieu le  manifeste  aux hommes sous la forme  du pardon qui est l’aspect le  plus accompli de son amour. Il ouvre alors  l’avenir sans tenir compte des barrages  que provoquent les hommes à son action et   qui continuellement contrarient    ses projets.

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Esaïe 49:14-15 : Dieu peut-il nous oublier – dimanche 26 février 2017

Posté par jeanbesset le 10 février 2017

14Sion disait : Le SEIGNEUR m’a abandonnée, le Seigneur m’a oubliée !

15Une femme oublie-t-elle son nourrisson ? N’a-t-elle pas compassion du fils qui est sorti de son ventre ? Quand elle l’oublierait, moi je ne t’oublierais pas.

 

16Je t’ai gravée sur mes mains ; tes murs sont constamment devant moi.

17Tes fils accourent ; ceux qui t’ont rasée et réduite en ruines sortiront de toi.

18Lève les yeux et regarde tout autour : tous se rassemblent, ils viennent vers toi. Par ma vie, — déclaration du SEIGNEUR —tu les revêtiras tous comme une parure. Tu les attacheras à toi, à la manière d’une mariée.

19Oui, tes ruines, tes lieux dévastés, cette terre de décombres, tes habitants y seront désormais à l’étroit ; et ceux qui te dévoraient s’éloigneront.

20Ils te le répéteront, ces fils dont tu avais été privée : L’espace est trop étroit pour moi ; fais-moi de la place, pour que je puisse m’installer.

 Dans nos moments d’émotion intense, quand nous essayons de faire le point, sur notre vie, et que  nous voudrions être présentables devant Dieu, nous aimerions qu’il oublie certains épisodes  peu glorieux de notre  existence passée, mieux , nous aimerions qu’il nous aide à les oublier, car le fait même qu’ils se soient produits nous pourrit la vie. Le souvenir et l’oubli, voila un thème qui habite notre existence et que nous aimerions apprendre à réguler.  Ce thème est au cœur même de notre vie secrète,  et nous perturbe d’autant plus  qu’il nous est difficile d’en faire état autour de nous.

 On comprend aisément que  des Églises  se sentent motivées pour aider à régler  ce genre de conflits intérieurs car ils concernent notre relation à Dieu.  Elles visent donc à se faire les agents de Dieu auprès de leurs fidèles. C’est sans doute  là une des raisons pour laquelle la « confession » continue à avoir droit de citer dans certaines communautés et qu’elles offrent la compétence de leurs clercs pour faciliter «l’absolution » que Dieu serait enclin  à accorder. Mais cette pratique, si elle vise à apaiser les âmes, réussit-elle vraiment à leur  apporter l’oubli  des actes dont le souvenir continue  quand même à habiter la conscience de ceux qui les ont commis ?

 Dans notre société moderne, moins cléricalisée que par le passé, psychologues et psychiatres ont pris le relève, car même si Dieu n’est pas directement concerné,  il est vrai que nous aimerions oublier  les souvenirs dont nous voudrions refouler les souvenir loin de nous.  Ainsi le passé nous habite continuellement et faute de pouvoir faire marche arrière, nous ne pouvons avancer  librement.

 Ceux qui considèrent que Dieu est concerné par ce qui relève de leur vie intérieure cherchent auprès de lui comment être soulagés, car lui seul pourrait par son pardon apaiser leur âme tourmentée, c’est le but de la confession  évoquée tout à l’heure. C’est aussi le résultat que nous espérons de la grâce divine qui  opère ne nous. Avec l’auteur du psaume 113/3 nous disons : « si tu gardais le souvenir de nos fautes, Seigneur qui pourrait subsister ? » Dieu seul semble-t-il peut nous aider à affronter de tels dilemmes en créant en nous la faculté de l’oubli dont il se porte garant par le pardon qu’il nous donne.

  Ce n’est pas pour autant que les actes dont nous sommes redevables seront effacés et qu’ils n’auront plus de conséquences pour nous. Nous savons bien  que ça ne se passe pas vraiment comme cela, mais nous savons cependant  que la grâce de Dieu nous aidera à assumer les conséquences de nos actes, si bien que les fautes que nous lui confions perdent leur aspect dramatique et que Dieu nous assiste pour trouver les solutions qui rendront  les faits plus acceptables et que des issues raisonnables pourront  être mises en place par sa médiation.

 Quand Caïn,  après avoir tué son frère Abel prit la fuite, c’est auprès de Dieu qu’il trouva  la capacité de vivre malgré sa faute et  qu’il entra dans le processus de vie qui le fit échapper à la mort à laquelle il était promis, et Dieu lui-même à qui le texte donne la parole, même s’il prononça des paroles sévères n’envisagea à aucun instant de lui donner la mort.

 Cependant,  nous vivons dans l’ambivalence  par rapport à Dieu. En effet, si nous souhaitons qu’il oublie nos fautes et qu’il nous aide à les oublier nous-mêmes, nous redoutons en sens inverse qu’il nous oublie nous-mêmes et que notre vie puisse se dérouler en dehors de sa présence et de son souvenir. C’est cette hypothèse que nous formulons quand les événements de notre existence deviennent incompréhensibles et que tout se passe comme si Dieu nous avait oubliés. Notre vie n’aurait alors plus de sens et s’inscrirait dans un processus d’échec. C’est une telle pensée qu’Esaïe écarte, dans le texte que nous avons reçu ce matin. C’est également à démentir une telle possibilité que Jésus a consacré toute sa vie et qu’il a été jusqu’à défier la mort.

 Si nous vivions à l’époque d’Esaïe et  que nous cherchions à le comprendre, il nous serait facile d’imaginer que Dieu  ait été tenté d’oublier son peuple tant les reproches qui lui étaient fait étaient graves. Pour ce qui concerne notre époque, il serait  inutile d’énumérer toutes les raisons que  Dieu pourrait avoir d’oublier l’humanité  et de  l’abandonner à  son triste sort alors qu’il lui a révélé  par Jésus Christ  tous les mystères de l’amour par lesquels les hommes pourraient donner  une autre saveur à la vie sur terre. Comment Dieu pourrait-il ne pas se rendre compte de l’injustice  avec laquelle la moitié de l’humanité méprise l’autre moitié ? Comment ne pourrait-il  pas s’apercevoir du sort des veuves et des orphelins réduits à la misère ?  Pourrait-il ignorer ceux, qui réduisent en esclavage les étrangers qui sollicitent leur pitié. Dieu ne devrait-il pas se désolidariser de tout cela et oublier  cette humanité perverse ? Mais, Dieu serait-t-il capable d’oublier les hommes malgré les griefs nombreux qu’il pourrait leur reprocher ?

 Cependant il ne faut pas faire  pas faire d’anthropomorphisme ! Dieu n’est pas  fait à l’image d’un homme amélioré, ses vertus ne sont pas de la même nature que celles  des hommes. Dieu est tout autre, il a une capacité  d’agir envers  les hommes qui ne peut se comparer en aucune mesure avec ce qu’ils sont capables de faire.  Il n’intervient pas dans le cours des événements de la  même manière que les hommes le feraient. Mais il laisse dégager de lui une atmosphère d’amour  qui en imprégnant les  individus qui se réclament de lui change leurs comportements  et les entraîne à commettre des actes  qui dépassent l’entendement de toute sagesse humaine. Ce  serait alors de la part des hommes,  faire  faux procès à Dieu s’ils  osaient l’accuser d’oubli car ils mettraient en cause sa capacité d’amour. Or selon l’Évangile de Jean Dieu est amour et c’est la seule définition que l’on peut faire de lui..Compassion William Bouguereau

 Que se rassurent donc ceux qui se croient oubliés de lui. Ils ne le sont pas. Dieu les inscrit dans une relation d’amour avec lui  et celai devrait permettre une évolution harmonieuse du monde. Mais Dieu n’agit pas à la place des hommes, son esprit diffuse sur eux les vertus qu’il leur inspire mais ne les contraint pas à agir conformément  à ses désirs, si bien qu’il arrive que bien souvent ceux qui se sentent rejetés par les hommes se croient aussi rejetés par Dieu alors que c’est le comportement des hommes qui étouffe en eux la voix de Dieu.

 Jésus a parcouru la Palestine pendant trois ans pour dénoncer  les agissements erronés des hommes qui voyaient en Dieu celui qui pouvait corriger leurs mauvaises actions en intervenant miraculeusement dans le cours des choses.  Il a poussé  sa logique jusqu’au bout  et l’issue de ce comportement lui fut fatale. Il a lui aussi éprouvé ce sentiment d’abandon et d’impuissance que beaucoup éprouvent parfois Les évangiles nous ont raconté son désarroi quand il s’est senti acculé à la mort, oublié par ses amis et accablé par ses ennemis. Mais arrivé à ce point extrême de sa vie, son agonie nous laisse comprendre que Dieu ne se dérobait pas pour imposer sa vérité. Il a confié à son esprit le soin de travailler au cœur de l’humanité.

 Ceux qui ont continué à croire en lui ont alors compris que Dieu ne se désolidarisait pas de ceux  qui affirmaient que malgré les apparences Dieu est toujours capable de changer le cœur des hommes en vue du changement du monde. Après sa mort, les amis de Jésus ont reconnu dans sa  résurrection la vérité de ses dires et se son engagés après lui sur la même voie qu’il avait suivie, dussent-ils en mourir à leur tour.

 C’est donc par son esprit que Dieu agit sur nous, nous en voyons les effets dans les actions qu’il nous pousse à initier. La seule réponse que nous ayons de lui,  c’est  que l’esprit de Dieu veille sur le monde et qu’il est assez efficace pour que  les  croyants se maintiennent en alerte et  nous rappelle que jamais Dieu ne nous oublie.

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Matthieu 5/38-48 oeil pour oeil dent pour dent. Reprise de février 2011 – dimanche 19 février 2017

Posté par jeanbesset le 2 février 2017

Chagall 4 

Matthieu 5/38-48

38 Vous avez entendu qu’il a été dit : Oeil pour œil, et dent pour dent.

39 Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. 40 Si quelqu’un veut te traîner en justice, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. 41 Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. 42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.

43 Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. 44 Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent], et priez pour ceux [qui vous maltraitent et] qui vous persécutent. 45 Alors vous serez fils de votre Père qui est dans les cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. 46 En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les péagers aussi n’en font-ils pas autant ? 47 Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens aussi, eux-mêmes, n’en font-ils pas autant ? 48 Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

En dépit de la loi d’amour que nous connaissons trop bien et que nous n’appliquons que très mal, L’Évangile contiendrait-il aussi une série de préceptes plus rigides, plus sévères même que les préceptes de la loi de Moïse décriés ailleurs par Jésus  qui en d’autre temps a fait de l’amour le point central de son enseignement?  Mais tous ces préceptes qui relèvent de la morale n’ont sans aucun doute aucun sens si on n’a pas intégré la pensée profonde de Jésus qui relève non de la loi mais de  la foi. Ici il durcit la Loi, pour mieux la dépasser  pour nous inviter à entrer dans la foi

C’est la foi qui nous permet de comprendre ce que Jésus veut signifier ici. Et c’est par la foi seulement que nous pouvons vivre en harmonie avec Dieu. Le Dieu auquel Jésus nous demande de nous rallier, n’est pas un Dieu redoutable qu’il nous faudrait craindre. Il n’est pas l’auteur des maux qui nous accablent. Si Jésus en rajoute, c’est pour affirmer que par la foi,  le regard que l’on porte sur la loi  prend une tonalité  entièrement différente. Par la foi, nous croyons qu’il est le compagnon fidèle et discret de notre vie au quotidien et nous croyons qu’il est capable de redonner au dernier jour une force de vie extraordinaire à notre corps trop fatigué pour vivre encore.Chagall 1

Si nous croyons cela c’est que Dieu s’est révélé comme une réalité qui donne priorité en tout temps à l’amour pour les autres dans la personne de Jésus Christ. Nous découvrons en lui un amour tellement grand, tellement désintéressé, tellement impensable que rien ne peut  exprimer en termes cohérents la réalité qu’il représente . Jésus nous a enseigné à voir Dieu de cette façon, de telle sorte que nous devrions éprouver un bonheur immense à être en relation avec lui. C’est pour cela que nous devrions par amour pour Dieu faire joyeusement des choses désintéressées en faveur des autres, voire même impensables  pour ceux au milieu desquels nous nous trouvons. Nous allons bien au-delà des exigences de la loi, quand c’est par amour que  nous agissons en faveur des autres.  L’amour qui est en Dieu devrait tout naturellement envahir notre personne et se manifester  de telle sorte que chacun de nos gestes devrait en être le reflet. Ainsi au lieu de nous choquer les préceptes de ce passage de l’évangile devraient nous paraître tout naturels.

Or, il est peu vraisemblable, dans les temps actuels, de réussir à mettre tout cela en pratique, car le monde où nous sommes nous entraîne à avoir d’autres comportements, c’est pourquoi, nous nous inquiétons. Nous sommes inquiets parce que nous sommes habités par le doute et les soucis de ce monde. Nous sommes inquiets parce que nous voudrions qu’il n’y ait pas distorsion entre ce que nous aimerions faire et  ce que la société contemporaine nous invite à faire. Nous vivons dans un monde où le regard de l’autre est perçu comme une mise en cause continuelle de nous-mêmes.

Nous n’aimons pas être différents des autres, nous n’aimons pas que nos attitudes soient interprétées comme des gestes provocants. Au fond de nous-mêmes, nous restons profondément attachés aux comportements de ce monde qui nous poussent à donner priorité à nos intérêts personnels au lieu de donner priorité aux intérêts de ceux qui sont moins favorisés que nous. Pourtant Jésus nous invite à vivre en sa compagnie, comme s ‘il était vivant en nous  et  qu’il nous invitait en même temps à faire taire notre raison, car Dieu parle à notre cœur et non à notre raison.Chagall 2

Les comportements dictés par l’amour ne sont pas l’effet d’une loi mais ils sont l’effet d’un sentiment qui est d’autant plus sensible que c’est par lui que Dieu agit en nous. En intégrant l’amour de Dieu dans nos comportements quotidiens, nous agissons conformément à sa volonté. C’est ainsi, qu’au regard de Jésus nous devenons  des humains normaux !

C’est quand cela ne se passe pas ou se passe mal que nous sommes anormaux. Il n’y a rien de surprenant à cela nous dit Jésus. Quand nous agissons conformément à ses préceptes, nous ne faisons rien de remarquable nous nous comportons seulement comme des hommes et des femmes ordinaires. C’est en effet comme cela, nous est-il dit dans les Ecritures, qu’au commencement, Dieu a voulu que nous nous comportions, puisqu’il a souhaité que nous que nous soyons conformes à son image. En nous laissant guider seulement par l’amour, nous devenons les vis à vis de Dieu, tels que cela a été prévu au premier jour

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Nous ne pouvons donc être réellement humains que si Dieu nous rend humains, et nous ne le devenons vraiment que le jour où nous réalisons que c’est lui qui provoque en nous les sentiments altruistes que nous éprouvons et qui les transforme en gestes d’amour.

Nous n’avons donc pas à être fatalistes dans notre vision du monde en disant que le Royaume de Dieu se réalisera quand Dieu le voudra, et que cela se fera comme il le voudra. L’avenir heureux de l’humanité ne se fera pas quand Dieu le voudra mais quand les hommes y mettrons du leur. C’est alors que nous accepterons de faire avancer les choses par l’amour que nous mettrons dans nos comportements. Il en ira ainsi pour toutes les questions qui concernent l’évolution harmonieuse de nos sociétés et du monde.

Nous deviendrons alors la lumière du monde, non pas une lumière aveuglante et étincelante dont nos rues sont remplies à la nuit tombée, non pas cette lumière crue, accompagnée de musique trop forte  qui se reflète dans des boules qui tournent comme dans les boîtes de nuit, mais une lumière diffuse qui atténue les contours et donne un joli teint aux visages. Chacun de nous est appelé à être individuellement une lumière de telle sorte que ce sera l’ensemble de nos luminosités qui mises à côté les unes des autres donneront du sens au monde. Ce n’est donc pas par des actes spectaculaires, bouleversants, visibles par tous, que nous répondrons à notre vocation, mais c’est en étant nous-mêmes travaillés de l’intérieur par notre Dieu et inspirés par lui.

Si, nous trouvons que nos gestes guidés par l’amour des autres sont irrationnels et que ceux-ci ne font pas de nous des êtres capables d’opérer un seul miracle qui révèlerait la puissance de Dieu, ne nous alarmons pas car c’est  ainsi que Dieu attend que nous nous comportions. Il ne veut pas que nous fassions des prodiges qui feraient de nous des êtres supérieurs, il veut simplement que par notre comportement normal, les hommes voient à travers nos actions et nos gestes  les projets que Dieu a pour le monde. 

Tout au long de l’Écriture, nous avons rencontré un Dieu qui cherche les hommes et qui s’adaptent à eux. Malgré ses imperfections, il essaye de faire entrer l’humanité dans ses projets. Il n’hésite pas à se mettre lui-même en cause pour atteindre notre cœur d’ hommes. C’est ainsi qu’il se repentit d’avoir voulu détruire la terre au moment du déluge et il nous est raconté comment il entreprit de sauver Noé. 

Il n’hésita pas à faire confiance à toute une série d’hommes peu fiables tels que Jacob et David pour que s’accomplissent par des hommes ordinaires les mystères de sa révélation. Et quand il vint partager la vie des hommes en Jésus Christ, il lui associa 12 compagnons, qui tous le trahirent. Pourtant, jamais il ne s’en plaindra, jamais il ne les rejettera, c’est avec eux qu’il jettera les première bases de son Église qui faute de pouvoir être unique deviendra plurielle. 

C’est elle qu’il chargera d’agir de telle sorte que le monde croit et découvre à travers elles les dimensions du salut que Dieu a prévu pour le monde, car le monde ne demande qu’à changer pour peu qu’il se sache aimé. Et il ne se sentira aimé que si nous savons y mettons du nôtre. Tout évoluera dans le bon sens si, en imitant Dieu, nous répondons à sa confiance par la fidélité.

Nous entrons alors dans ce courant d’amour qui est la force de vie que Dieu a mis en œuvre pour gérer le monde et en agissant ainsi nous rejoindrons Dieu dans sa perfection

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Deutéronome 30 : 15-20 : j’ai placé la vie devant toi… dimanche 12 février

Posté par jeanbesset le 28 janvier 2017

15 Regarde, j’ai placé aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur.

16 Ce que je t’ordonne aujourd’hui, c’est d’aimer le SEIGNEUR, ton Dieu, de suivre ses voies et d’observer ses commandements, ses prescriptions et ses règles, afin que tu vives et que tu te multiplies, et que le SEIGNEUR, ton Dieu, te bénisse dans le pays où tu entres pour en prendre possession. 17 Mais si ton cœur se détourne, si tu n’écoutes pas et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir, 18 je vous le dis aujourd’hui, vous disparaîtrez ; vous ne prolongerez pas vos jours sur la terre où tu entres pour en prendre possession en passant le Jourdain. 19 J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance, 20  en aimant le SEIGNEUR, ton Dieu, en l’écoutant et en t’attachant à lui : c’est lui qui est ta vie, la longueur de tes jours, pour que tu habites sur la terre que le SEIGNEUR a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.foule en marche 1

Si on veut bien se mettre en concordance avec l’opinion qui court dans ce  pays, tout enfant qui vient au monde doit avoir la possibilité de parcourir normalement  les 62 ou les 65  années de vie qui suivent  sa naissance avant d’avoir droit à une retraite qui lui permettra d’arrêter de travailler et de couler ses vieux jours sans trop de désagréments.  Mais les aléas de l’histoire et l’activité des robots dont ont dit qu’ils lui prendront son travail  lui permettront-ils d’atteindre ce but ? C’est la tête toute pleine de  ces affirmations  qui ont cours ces temps-ci dans l’existence  de nos contemporains que je reçois l’exhortation de ce texte. : « Je mets devant toi la vie et le bien, la mort et le mal ».

Ici c’est Dieu qui nous place devant un choix d’existence que les politologues contemporains ne semblent pas envisager. Il s’agit du libre choix de la vie que nous voulons mener en fonction  de l’action que Dieu mène en nous. En effet,  les propos qui motivent aujourd’hui tous nos choix sont d’une autre nature. On nous dit que notre avenir est conditionné  par notre niveau d’éducation, par nos diplômes, par les écoles que nous avons fréquentées et accessoirement par nos talents personnels. Le niveau de vie de nos parents  est  aussi à prendre en compte. Mais nulle part il est question du regard de Dieu sur tout cela.

Cette parole de Dieu est prononcée par Moïse  au terme d’une longue marche de  40 ans dans le désert pour un peuple  qui en a plein les jambes de ce déplacement incessant vers un terre promise dont l’horizon ne s’approche que lentement. Les paroles que leur adresse le vieux prophète semblent leur dire que ce n’est pas fini.  Derrière eux  c’est le désert avec la soif et la faim,  et les scorpions en supplément ;  devant eux se profilent les contours d’un pays neuf dont il faudra faire la conquête et traverser les eaux d’un fleuve qui coule en travers du chemin. C’est là le prix de la vie que Dieu leur promet. Ils ne savent pas encore, que la fin du vieux chef qui les exhorte est déjà programmée et qu’il va les laisser seuls face à l’inconnu. Tel est le défit qui s’offre à eux, tel est le défit qui s’offre aussi à nous  ou au bébé qui vint de naître avec tous les impoFoule en marche 3ndérables que nous connaissons.

C’est quand même la situation personnelle de Moïse qui nous interpelle. Il parle d’un projet de vie pour tous, alors que sa propre mort est déjà programmée. Cela signifie donc que la mort qui l’attend fait partie du programme de vie que Dieu met en place pour tous.  Cela veut  donc dire  que la mort, quand elle entre dans le projet de Dieu perd son aspect  dramatique,  c’est la mort sans Dieu qui est dramatique. La mort en Dieu  n’est qu’un des aspects de la vie. Elle  porte en elle sa part de bénédiction comme cela nous est décrit dans la mort du patriarche.  Sa tâche accomplie le souffle de Moïse est absorbé dans le souffle de  Dieu qui l’emporte  avec lui pour le conserver dans son secret  (Deutéronome 34).  Mais face à cette sérénité apparente de Dieu, c’est l’impression de lassitude de son peuple que nous discernons, pourtant,  il ne pourra avancer que s’il entre dans un projet de vie que Dieu prépare pour lui, sans quoi il n’aura d’autre  issue que la mort sans Dieu.

Il semblerait donc que nous, ne sommes jamais sur la même longueur d’onde que Dieu  car si Dieu  entrevoit un avenir sans fin où vie et espérance se confondent, les hommes au contraire, quand  ils  font des projets commencent d’abord  par  voir leur avantage  immédiat  qui  cessera le plus tard possible.  Dieu  pour  sa part n’envisage pas de fin aux projets où il nous entraîne, cependant il n’exclut ni les obstacles ni les contretemps, ni les difficultés. Dieu inscrit les hommes qui le suivent  dans des  programmes  que rien ne saurait interrompre, car si la vie a un terme, elle ne se termine pas pour Dieu par la mort.

Ce texte a pour but de nous rendre sensibles au fait que nous devons envisager les  projets de vie que nous formulons,  d’une autre manière que celle que nous  envisageons  d’habitude. C’est la  qualité de vie qui résultera  de ces projets qui a  de l’importance aux yeux de Dieu, non pas pour nous en particulier, mais pour tous ceux qui entrent avec nous dans le même concept de vie. La vie selon Dieu dépasse l’existence particulière des individus mais concerne tout ce  qui respire sur terre.

Quand ce même Moïse, par la voix duquel Dieu nous exhorte ce matin, rencontre Dieu pour la première fois, c’est dans un buisson qui brûle sans s’éteindre qu’il le rencontre, c’est par une flamme qui ne détruit pas ce qui la fait vivre que Dieu se manifeste. Pour rendre compte du phénomène, Dieu fait entendre sa voix et se présente comme « celui qui est ». Il se  définit comme un présent qui ne finit pas. Ce buisson qui brûle sans s’éteindre et cette parole qui définit Dieu sont les  seuls éléments qui sont donnés à Moïse pour concevoir la vie dans laquelle Dieu veut engager  les hommes à sa suite à la sortie du désert. Une autre définition de la vie en Dieu,  pour compléter celle-ci sera donnée bien plus tard par Jésus, c’est celle de la résurrection en vertu de laquelle, Jésus lui-même qui bien que mort, continue à vivre en Dieu et au milieu des hommes.

Quiconque se place sous le regard de Dieu pour  entrer dans un projet quel qu’il soit est donc invité  à l’inscrire dans la perspective de vie que Dieu lui donne. Il reçoit alors de lui l’énergie nécessaire pour avancer, le désir de réussir  et l’espérance que Dieu lui donne pour continuer son parcours dont Dieu ne sera jamais absent à ses côtés. Bien évidemment, tous les projets dans lesquels nous entrons   avec Dieu pour témoin  font partie de ce programme de vie par lequel Dieu se rend présent au monde.

On a pris l’habitude d utiliser  ce passage des Ecritures lors des cultes de Confirmation et à s’en servir pour adresser un message aux jeunes pour les exhorter  sur le chemin de la vie. Mais si on remet ce texte dans son contexte, nous découvrons  ici qu’il ne  s’agit pas ici de débutants qui  s’ouvrent à la vie. Il s’agit d’un peuple rompu aux expériences de la route, et fatigué de toujours avancer sans voir le terme de son parcours. C’est à des gens  en marche que Dieu s’adresse pour leur dire que la route en compagnie de Dieu ne s’arrête jamais et que les choix de vie se font continuellement , car Dieu qui nous accompagne ne cesse jamais de nous accompagner, jeunes ou vieux sur la route qui donne du sens à l’humanité. foule en marche 4

Dans les temps que nous vivons, nous nous aventurons    sur les chemins de l’existence dans un contexte où les choix semblent nous être imposés par les hasards de l’existence. Nous n’avons pas l’impression que Dieu y soit pour quelque chose et nous  décidons de   nos orientations en fonctions de critères où Dieu n’est pas concerné. C’est donc avec le poids de ces incertitudes que nous ne pouvons éviter de nous tourner vers Dieu pour lui dire la charge que nous portons afin qu’il donne du sens à ce que nous faisons. En effet, quelques  soient les circonstances qui motivent nos choix, le seul critère  qui doit  déterminer les autres c’est  de demander à Dieu de jeter un œil sur ce que nous entreprenons et de nous aider à le faire en fonction de l’éclairage  que lui seul peut nous donner.

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Esaïe 58:8-10 Dieu se rend visible au coeur des hommes – dimanche 5 février 2017

Posté par jeanbesset le 23 janvier 2017

Esaïe 58 : 8-10

8 Alors ta lumière poindra comme l’aurore,
et ton rétablissement s’opérera très vite.
Ta justice marchera devant toi
et la gloire du SEIGNEUR sera ton arrière-garde.

9 Alors tu appelleras et le SEIGNEUR répondra,
tu héleras et il dira : « Me voici ! »
Si tu élimines de chez toi le joug,
le doigt accusateur, la parole malfaisante,

10 si tu cèdes à l’affamé ta propre bouchée
et si tu rassasies le gosier de l’humilié,
ta lumière se lèvera dans les ténèbres,
ton obscurité sera comme un midi.

Dieu invisible 1

Tous ces mouvements qui en ce moment se bousculent sur notre planète mettent Dieu à rude épreuve, et on le ressent dans ces paroles prononcées par le prophète Esaïe que nous venons de citer. Si  les émigrés,  et les étrangers en recherche d’asile sont au centre des débats, les soins qu’on leur accorde restent encore dérisoires.  Les camps de réfugiés continuent à se remplir, la guerre à tuer, le froid vient rajouter sa part de difficultés et les intégristes de tous poils diffusent la haine là où il leur plait d’effrayer les populations.  Nous sommes  loin par nos comportements de pouvoir faire écho aux exhortations  des prophètes. Pourtant par leurs messages, Dieu essaye de nous faire comprendre qu’il nous donne une mission d’amour les uns pour les autres, sans quoi le monde ne sera pas capable d’évoluer correctement.  nous n’en voyons cependant  pas les effets et le sens de l’histoire nous échappe.

Pourtant nous comprenons que Dieu a une vision de l’avenir du monde dans laquelle l’amour des hommes  pour  leurs  semblables tient une grande place. L’équilibre du monde en dépend. Les prophètes d’Israël ont répété régulièrement de telles affirmations, mais leurs propos furent mal reçus. Ils ont cependant  laissé entendre qu’un jour viendrait où ces mêmes choses seraient encore une fois exprimées par un envoyé de Dieu plus grand que tous ses devanciers et  qui transmettrait ces mêmes choses avec autorité.

Ils n’ont pas exclus que cet envoyé pourrait ne pas être écouté voire même être persécuté, mais  ils ont assuré que son message  apporterait une telle nouveauté que le monde en serait changé car l’amour serait  le ciment avec lequel pourrait se construire l’avenir.

Tel fut l’héritage que reçut Jésus, telles furent les paroles que nous avons retenues de lui et son sort fut le même que celui des prophètes qui avaient  été avant lui. Nous avons retenu de lui qu’il avait défié la mort et qu’il nous proposait de partager sa vie dans un Royaume dont il serait le maître.  Mais apparemment  le cours de l’histoire n’a pas changé depuis sa venue, eDiieu invisiblle 3t  les plus fidèles de ceux qui croient en lui finissent par se résigner  en pensant que  l’histoire du monde ne peut se construire sans que les hommes persécutent  les messagers de paix et d’amour  qui viennent périodiquement rependre ces idées. C’est pourtant grâce à eux que  l’espérance  que Dieu réserve  au monde continue  son chemin.  

La partie aurait pu être gagnée si l’Eglise  qui s’est établie dans les premiers siècles avait continué à mettre l’amour au centre de son message. Mais elle n’a pas résisté à l’appel des puissants et sous prétexte  de les éclairer elle a lié son sort aux siens. Elle a même accepté de  participer  à la division entre les riches et  les pauvres, entre les dominants et les assistés  et elle a choisi son camp. Les plus privilégiés ont reçu sa caution  et se faisant se sont crus investis par Dieu de leurs privilèges. Dieu s’était-il trompé  dans le message qu’il avait confié aux prophètes et repris par Jésus? Où était l’erreur ? Fallait-il croire que ce Royaume de justice et de paix annoncé ne se réaliserait que dans un autre monde où on ne  pourrait accéder qu’après un long parcours dans une  vie chaotique sur terre ?

Où serait alors la  nouveauté ?  Les autres religions ne disent-elles pas la même chose à quelques nuances près ? Odin, Vishnou et le Grand Esprit qui habitait   les vastes prairies, s’accordent  pour dire la même chose. Le Père de Jésus Christ tient-il le même langage  qu’eux ? Qui pourrait répondre  si non Jésus, dont il  nous faut décrypter les propos avec attention pour ne pas nous y perdre.

 Nous nous arrêterons sur une anecdote que l’on trouve dans l’Évangile de Marc et reprise par celui de Luc. Elle  n’occupe que quelques versets, autant l’incident qu’elle relate semble peu important.( Marc 12/41-44) Un jour donc,  Jésus remarqua une pauvre veuve, sans doute faisait-elle  partie de ces gens devant lesquels on passe sans les remarquer à cause de leur insignifiance.  Sans doute n’avait-elle plus rien à espérer de la vie. Elle déposa quelques maigres monnaies dans un tronc destiné à  recueillir les offrandes des pèlerins dans un des péristyles du Temple. Savait-elle quel usage on en serait fait ? L’histoire ne le dit pas. Jésus ne lui adressa même pas la parole. Il ne lui dit rien et la désigna seulement à l’attention de ses disciples. L’histoire s’arrête là. Sans doute au-delà des apparences, Jésus savait-il lire dans les cœurs, sans doute avait-il vu en elle quelque chose que seuls ceux qui portent Dieu en eux peuvent voir et qui décida de son geste. Jésus avait vu en elle Dieu qui l’habitait, il avait vu en elle cette lumière invisible qui transforme les êtres comme celle qui brilla à Pentecôte. Comme Moïse, Jésus avait vu cette flamme qui brûlait le buisson sans le consumer.  Il avait aussi sentit   ce même souffle léger, qui caressa la joue d’Elie dans le creux du rocher sur la montagne. Il avait vu en elle un de ces nombreux  porteurs d’espérance, témoin muets d’un Dieu  discret qui déjà édifie sur terre sont Royaume dans le cœur de ceux qui le portent en eux

Il y a ainsi sur terre des hommes et des femmes porteurs de Dieu  Ils ne  le savent peut-être pas eux-mêmes, mais la réalité divine  habitent en eux, ils la communiquent à ceux qui les croisent. Ils sont beaux d’une beauté qui ne se voit pas, elle ne relève pas des canons  humains mais des canons de Dieu.  C’est par eux que Dieu vient habiter  ce monde et qu’il participe à des actions qui le transforment  radicalement dans ses fondements.  Seule la foi permet de  contempler cette œuvre qui s’accomplit  pour diffuser  la vie  que Dieu nous donne à l’insu  d’un monde incrédule,  qui se croit maître de tout ce qui se voit, alors qu’il  n’est maître de rien. traces_dans_le_sable

Jésus a repris le message des prophètes. Il en est mort à cause de son contenu et  en ressuscitant il l’a fait triompher pour le transformer en espérance de vie. Il a  ainsi mis la vie de Dieu dans l’âme de ceux qui le reconnaissent et c’est cette réalité là qui transforme le monde. Cette transformation est invisible à l’œil nu elle n’est visible que par ceux qui portent déjà Dieu en eux, c’est-à-dire par ceux qui savent capter sans comprendre que l’amour est à l’œuvre parmi nous et qu’il est porteur de vie.  Tout cela ne s’exprime en aucune philosophie, aucune théorie ne s’y accroche. L’invisibilité de Dieu transcende le monde et cela ne se voit que par ceux qui sont habités de Dieu. Le monde est donc en marche. Prions Dieu pour qu’il nous donne assez de foi pour que nous puissions le voir.

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Sophonie 2/3 et 3/12-13 dimanche 29 janvierhttp://jeanbesset.unblog.fr/files/2017/01/lion.jpg

Posté par jeanbesset le 13 janvier 2017

Sophonie 2/3 et 3/12-13

2/3 Recherchez le SEIGNEUR, vous tous les humbles de la terre ,qui mettez en pratique le droit qu’il a établi ;recherchez la justice, recherchez l’humilité, Peut-être serez-vous à l’abri au jour de la colère du SEIGNEUR.

3/12Je maiSophonie 2ntiendrai au milieu de toi un reste de gens humbles et pauvres ; ils chercheront refuge dans le nom du SEIGNEUR.13 Le reste d’Israël ne commettra plus d’iniquité ; ils ne diront plus de mensonges, on ne surprendra plus dans leur bouche de langage trompeur ; mais ils pourront paître et se reposeront sans personne pour les faire trembler.

  L’histoire du monde ne s’écrit pas d’une manière linéaire si bien que les hommes ont du mal à en saisir le sens et ils ont l’impression de ne pas maîtriser leur destin. Tout se passe comme s’ils étaient emportés par le hasard et qu’ils étaient incapables  de contrôler les événements. Une seule règle semble devoir s’imposer au déroulement de l’histoire, c’est celle selon laquelle  la raison du plus fort est toujours la meilleure. C’est elle qui décide momentanément de la marche des choses. Pourtant  un élément  impondérable vient casser cette belle ordonnance  et empêche que l’on puisse prévoir l’avenir. Tout à coup, sans crier gare,  le plus fort cesse de l’être.  Cela s’explique sans doute, mais après coup et  cela ne se prévoit pas. La  roue de l’histoire se met tout à coup à tourner dans l’autre sens et défavorise celui qui se croyait supérieur aux autres

Comment Alexandre le grand, Gengis Khan ou Napoléon sont-ils devenus les maîtres de monde sans que rien ne le laisse prévoir ? D’autres qu’eux sans doute avaient les mêmes qualités et n’ ont pas fait les mêmes choses. Le mystère reste entier. Pourquoi la puissante Ninive  a-t-elle été vaincue par la puissante Babylone devenue plus puissante qu’elle ? Une grande partie de l’histoire biblique repose sur  cette énigme. Mais face à ces blocs qui se sont affrontés, le petit royaume d’Israël n’a jamais fait le poids et a été balayé par la tourmente provoquée par l’empire de Ninive en mal de puissance. Le faible Royaume de Juda ne lui a survécu qu’un siècle et  demi grâce à son insignifiance et a finalement été balayé à son tour, par la puissance de Babylone  cette fois,  quand ce petit royaume a voulu relever la tête. Cela ne l’a pas empêché de plus tard espérer un renversement  de l’histoire en sa faveur, grâce à un nouveau maître qui venait de s’imposer au monde : Cyrus. C’est là encore une énigme !  Mais peu importe si on se perd dans ces  entrelacs difficiles de l’histoire car  c’est en répondant  à cette énigme que l’on verra comment le doigt de Dieu intervient  dans l’histoire. C’est à cette question que répond aujourd’hui le prophète Sophonie.

Dieu joue-t-il un rôle dans la rivalité entre les puissances  et prend-il part dans leurs conflits pour orienter l’histoire en faveur des petits comme le dit le prophète?  Il faut aussi se poser la question subsidiaire: Si Dieu  prend  en considération le sort des petits, pourquoi le fait-il si discrètement ? Personne n’a vraiment autorité pour éclairer ce mystère, mais les prophètes d’Israël, s’y sont risqués. Ils ont fait des efforts pour écouter Dieu afin de saisir le font de sa pensée. C’est là où nous en sommes.

Sophonie,  pris au cœur de la tourmente n’a pas pu se taire et il a laissé entendre que tout cela pouvait avoir du sens. Apparemment Dieu se mêlerait à l’histoire en  promettant de  toujours maintenir  un petit reste de croyants,  fidèles à sa parole qui changeraient  par leurs  actions le cours de l’histoire malgré leur petits nombre, car Dieu ne veut pas que l’histoire  s’écrive sans lui.

  Dieu interviendrait  auprès des hommes, par sa parole. Ce serait le rôle des prophètes de la décrypter.  Jésus après eux y a consacré tout son ministère et  a révélé  la volonté profonde de Dieu pour le monde. Ainsi Dieu fait-il le pari qu’il y aurait toujours un minimum  d’hommes, pour comprendre sa parole, pour l’interpréter en fonction du moment et pour faire évoluer l’histoire dans le sens  que Dieu voudrait lui donner.

Dieu construit donc son projet pour le monde sur un défit et une promesse. Le défit est celui que la vie  sera toujours la plus forte, la promesse, c’est que toujours quelqu’un sera capable de relever le défit, fut-il un homme tout seul,  aussi insignifiant  que personne ne le remarquera.  Ainsi va l’histoire !

  Laissons-nous maintenant  emporter par la pensée à l’époque d’Astérix le gaulois alors que   l’histoire du monde s’écrivait par la violence des légions  romaines  qui renversaient   les trônes,  annexaient les états et usurpaient de partout le pouvoir. La paix romaine imposait  sa loi au monde antique. Qui a fait attention à ce mouvement  là,  à cet incident produit dans une lointaine province d’Orient, quand  une fête locale s’acheva par l’exécution sommaire d’une homme qui avait osé défier les autorités religieuses du lieu.

Il avait osé prétendre  avoir décrypté  à sa façon les Ecritures sacrées de son peuple. Elles l’enjoignaient selon lui à n’agir que par amour,  à parler d’égalité et  de partage et à se comporter comme si tous les hommes étaient des frères. Qui a pensé  que l’on était en train de mettre à mort le plus farouche adversaire des puissants et que sa voix de mourant  était en train d’ébranler jusque dans ses fondements, l’empire qui dominait le monde ? Qui a compris qu’une autre idée de Dieu  était en train de  s’exprimer par lui et allait faire école, et qu’une autre conception des relations entre les hommes  allait s’emparer des sociétés ?.

L’idée n’était même pas originale en soi. La Tora, le livre sacré des juifs prodiguait déjà de telles idées, et au-delà des frontières de l’empire d’autres philosophes avaient émis des idées semblables. Cependant, il était évident qu’une telle utopie généreuse n’avait aucune chance de s’imposer.  Il était évident   qu’on ne pouvait s’opposer aux lois de la nature qui avait instauré la rivalité entre les espèces et l’inégalité entre les races. Le  pouvoir resterait toujours aux mains des plus forts. Le lion serait toujours supérieur au rat même si les fables d’Ésope disaient le contraire (1). Mais qui avLionait lu Ésope ? Des hommes en armes prendraient  toujours le pas  sur des va-nu-pieds sans défense avides de philosopher.

Certes les prophètes savaient confusément  qu’en prêchant l’espérance à des peuples vaincus et humiliés, ils disaient une vérité qui leur venaient de Dieu. Mais savaient-ils qu’ils allumaient    le flambeau d’une parole qui par l’entremise de Jésus allaient embraser le monde entier. De proches en proches, de victimes en victimes, l’étincelle de l’espérance attendait  que ces idées prennent feu.   Une poignée d’illuminés disaient à qui voulait l’ entendre que la parole de Dieu avait incarné son espérance dans un homme trop humble en son temps pour qu’on  prenne garde à lui, trop fragile pour qu’on le croit dangereux, trop faible pour qu’on redoute sa puissance. Pourtant sa force de conviction s’est emparée du monde.

Malheureusement, si  elle a contribué à modifier le monde romain de fonds en comble, la parole de Dieu n’a rien changé vraiment, car en s’universalisant elle  s’est dévoyée. Elle a changé de camp et elle est  passée dans celui des puissants. Elle a alors  perdu sa force  de conviction en devenant l’instrument des gens de pouvoir. Son fondement basé sur la fraternité et le partage a été oublié, si bien que Dieu est à nouveau redevenu inaudible. A  nouveau   tout  était à refaire. On s’est plu à croire, pour mieux noyer le poisson, que  ce qui devait se produire  sur terre  se réaliserait  au ciel. On a mis ainsi   dans l’esprit des croyants  qu’il y aurait  un paradis pour plus tard dans un autre monde  pour ceux  qui auraient su plaire à Dieu.

Mais ce serait une profonde erreur de croire que les choses pourraient finir ainsi.  Le message des prophètes,  incarné dans la parole de Dieu en Jésus Christ continue encore aujourd’hui à transmettre l’espérance. Il s’appuie sur cette promesse de Dieu selon laquelle il y aura toujours un petit reste fidèle à la parole de Dieu telle que Jésus l’a enseignée. Elle contient un formidable message d’amour capable de défier tous les tyrans. C’est par ceux qui ont compris cela que Dieu continue à orienter l’histoire et c’est par eux qu’il s’oppose aux puissances nuisibles. Cette espérance de vie que Dieu met en nous aura  toujours la capacité d’entrainer le monde jusque dans l’éternité de Dieu telle qu’il l’a conçue au commencement.

(1) Le lion et la souris chez Esope, le Lion et le rat chez La Fontaine

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Esaïe 8/23-9/3 : les ténèbres ne règneront pas toujours sur la terre – dimanche 22 janvier 2017

Posté par jeanbesset le 6 janvier 2017

Esaïe 8 :23

Mais les ténèbres ne régneront pas toujours sur la terre où il y a maintenant des angoisses : Si un premier temps a rendu négligeables  le pays de Zabulon et le pays de Nephthali, le temps à venir donnera de la gloire  à la route de la mer, au-delà du Jourdain, Au territoire des nations. navigation sur ce site, vous

Chapitre 9bonheur 1

1 Le peuple qui marche dans les ténèbres voit une grande lumière ; sur ceux qui habitent le pays de l’ombre de la mort  une lumière resplendit.  2  Tu rends la nation nombreuse, Tu lui dispenses la joie  .Elle se réjouit devant toi de la joie des moissons, Comme on pousse des cris d’allégresse au partage du butin. 3  Car le joug qui pesait sur elle, Le bâton qui frappait son dos, La massue de celui qui l’opprime, Tu les brises comme à la journée de Madian.

Il  est d’usage d’échanger en cette période de l’année des  vœux de bonheur, de bonne année et de prospérité. Même si on n’y croit pas forcément aux vœux que l’on souhaite, cette pratique a le privilège de nous faire rêver et d’envisager l’avenir sous des jours bien meilleurs que ceux qui semblent se profiler à l’horizon.  Si les hommes se permettent d’envisager l’avenir comme  une période plus heureuse que la présente, pourquoi Dieu n’en ferait-il pas autant ? Mais à la différence des humains, Dieu ne peut pas se permettre des paroles conventionnelles. Il nous doit la vérité, et s’il ne le peut pas qu’il se taise ! C’est d’ailleurs l’impression qu’il nous donne en cette occasion. Nul  homme parlant au nom de Dieu, fut-il grand prophète, ne courrait le risque  de promettre des choses au nom de Dieu s’il ne le croyait pas capable de les réaliser.  Pourtant la prophétie que nous lisons aujourd’hui semble bien enfreindre la loi du silence où l’on enferme Dieu en cette période de l’année. Et pourtant, Dieu n’aurait-il pas des projets de bonheur et de prospérité à nous offrir ?

 

En fait les choses ne  se passent pas comme les humains le pensent généralement. Dieu ne se présente pas comme un acteur du futur, car le futur fait déjà partie de l’ordre des choses de la création telle qu’il l’a conçue.  Dieu a déjà créé un projet pour l’avenir des hommes et ce projet est  fait de bonheur et de progrès pour eux. Par contre, ce sont les hommes en agissant comme ils le font,  qui contrarient  les plans de Dieu,  brouillent les cartes et font apparaître l’avenir comme incertain. Il est clair que ce n’est pas Dieu qui provoque les guerres, même  s’il accepte d’accompagner  les hommes dans leurs conflits entre eux. Il ne provoque pas davantage les crashs des avions et les épidémies même s’ils se produisent , cela se fait  malgré lui.

 

Beaucoup d’humains pensent que Dieu peut intervenir miraculeusement quand les choses se présentent mal. Mais si les choses se présentent mal, c’est bien  à cause de la responsabilité  des hommes qui ont déclenché  les  conflits armés ou provoqué dérèglements climatiques causés par l’industrie. Dieu ne les a pas voulus, mais il ne reste cependant pas inactif. Il inspire par son  Esprit les  chercheurs, les savants ou les historiens dont les compétences sont capables de discerner quelles pourraient être les conséquences des actions humaines et  comment y remédier. Mais l’égoïsme humain   rend  bien souvent ceux qui sont responsables de ces événements sourds à la menace,. Les textes qui nous viennent des prophètes de la Bible pourraient se résumer à  un long cri d’alarme prévenant les hommes qu’ils font fausse route. Non Dieu ne se  tait pas face aux malheurs que nous provoquons, mais il n’intervient pas pour autant.  Dieu se révèle à nous  comme celui qui parle afin que nous l’écoutions et que  les choses se fassent, Il n’est pas celui qui agit car il nous confie le soin et le moyen de le faire.

 

Nous devons maintenant de nous interroger  sur l’origine des phénomènes quand les hommes n’en sont apparemment  pas responsables tels les tremblements de terre.  Si les hommes  n’en sont pas responsables, ils ont appris à tenir compte de leur éventualité pour se prémunir contre eux. Là aussi Dieu ne reste pas inactif. Il inspire les ingénieurs et les architectes qui apprennent à trouver des modes de construction anti  sismiques et  évitent de construire en zone dangereuse. Mais il n’empêche que Dieu  porte  une lourde responsabilité en la matière aux yeux des hommes.

 

Comment alors nous situer face à un Dieu qui ne crée que par sa parole et  qui n’agit pas  quand   les hommes qu’il aime tant  sont victimes d’une création qui les met à mal et compromet leur vie ? Inévitablement, dans de telles conditions nous cherchons  à qui  incombe la responsabilité.  Nous pensons cependant  que  si Dieu n’agit pas, il n’est cependant pas dans  son projet est de  laisser faire.  Face à une telle situation nous  pourrions  envisager  comme seule réponse à nos questions  que le mystère de Dieu est inaccessible à l’homme et que son questionnement  sur Dieu  n’a pas de fin. Nous pouvons aussi adopter la solution de facilité et décider de ne plus croire en lui comme beaucoup d’humain le font  puisque leur intelligence ne leur permet pas d’accéder à ce mystère.  Mais cette solution en fermant le débat ne laisse pas à notre intelligence le loisir de progresser.

 bonheur 3

Nos propos sont   en train de prendre  une curieuse orientation, car nous étions partis sur l’idée que   Dieu voulait le bonheur des hommes, et nous avons conclu que ce sont les actions humaines  qui contrariaient ses projets. Mais  nous avons aussi constaté  que l’évolution de la création apportait, sans que nul n’y puissent rien, des perturbations qui contrariaient à leur tour les projets de  bonheur formulés par Dieu pour l’humanité. 

 

Nous nous sentons  tout à coup consternés devant  notre incapacité à mieux comprendre les réalités d’un monde qui nous  dépasse. Nous nous découvrons impuissants à résoudre des problèmes dont Dieu ne nous a pas confiés les secrets et que la science humaine s’avoue incapable de résoudre pour le moment. L’homme n’est donc pas un apprenti sorcier et doit se résigner à accepter son impuissance. Dieu  garde ses secrets pour lui et n’obéit pas à la  volonté  des hommes.

 

 L’homme reste un roseau pensant, capable de grandes choses, mais il reste seulement un roseau  vulnérable qui doit se courber par grand vent  et s’incliner devant l’incompréhensible sous peine d’en périr. L’homme n’a donc pas accès à tous les mystères et si l’avenir  ne se construit pas sans lui, selon les projets de Dieu, ce n’est pas lui qui en a la maîtrise.  Il n’a donc pas à se culpabiliser de ne pas être autre chose que ce qu’il est.

 

Avez-vous remarqués qu’arrivés à ce point de notre réflexion,  nous avons atteint le nœud de l’enseignement de Jésus ? Jésus nous enseigne que nous ne remplirons pas notre destin d’humain si nous ne nous débarrassons pas de notre culpabilité car c’est souvent ce sentiment qui retient notre action. Quand nous prenons conscience de notre responsabilité dans ce qui nous arrive, Jésus nous dit que nous ne  nous en sortirons pas sans  accepter le pardon. Le pardon face à notre culpabilité  fait  partie de l’action créatrice de la parole de Dieu en nous  telle que Jésus nous la rapporte. Le fait d’accepter son pardon est notre seule manière de nous impliquer dans la construction d’un avenir serein pour nous et pour tous.

 

 Quant aux événements dont nous ne sommes pas responsables et qui relèvent  des lois de la nature, ne pensez pas que Dieu se dérobe à ses responsabilités, même s’il ne remédie pas à leurs effets. Il pend à son compte le fait  que la création  en état d’évolution compromet  parfois le déroulement de l’existence des hommes sur terre. La Bible nous explique, dans le récit du déluge  par exemple, comment Dieu assume à son tour sa propre responsabilité. Dieu y fait peser sur lui-même une responsabilité plus grande  que péché des hommes. Ce sont là les effets de son amour pour eux. Dieu n’intervient pas contre les éléments de la nature en mouvement, mais il agit sur les âmes de ceux qui sont impliqués dans les événements pour qu’ils organisent leur résistance.

 bonheur 2

Si  Dieu accepte de prendre sur lui la responsabilité de ce que nous ne comprenons pas, c’est pour nous permettre d’avancer sur le chemin de l’avenir, d’inventer et de créer à notre tour. Nous ne pouvons pas être des êtres de projets et d’espérance si Dieu par sa propre présence ne nous libérait de toutes nos culpabilités qu’il partage avec nous.

 

Le regard que Dieu porte sur le monde est celui du créateur qui voudrait que les hommes le construisent selon son désir afin que rien ne les empêche d’aller de l’avant, pas même l’irresponsabilité de Dieu qu’il assume volontiers pour que nous allions mieux. Ainsi Dieu peut-il parler d’un avenir heureux  pour  l’humanité  et formuler pour  nous tous des vœux de bonheur.

 

 

 

 

 

 

 

 

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