MMathieu 16:13-20 Tu es le Christ,le Fils du Dieu vivant. dimanche 27 août 2017 reprise du 21 août 2011

Posté par jeanbesset le 18 août 2017

Texte : Matthieu 16/13-20

Jésus posa cette question à ses disciples : Au dire des gens qui suis-je, moi le fils de l’homme ? Ils répondirent : Les uns disent Jean Baptiste ; d’autres, Elie ; d’autres Jérémie, ou l’un des prophètes. Mais vous, leur dit-il, qui dites-vous : Simon Pierre répondit

 : tu es le Christ, le fils . du Dieu vivant

Jésus reprit la parole et lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux Et moi, je te dis que tu es Pierre et que sur cette pierre, je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. la Bible 3

La Bible est la seule autorité qui nous sert de référence .

Qui dites-vous que je suis ?

Ce n’est qu’une simple question posée par Jésus à Pierre et aux autres. Depuis des siècles elle provoque chicanes et contestations entre les différentes fractions du monde chrétien. Les Églises n’arrivent pas à tomber d’accord sur la signification profonde du dialogue qui s’est amorcé entre les deux interlocuteurs. Ce faisant, nous passons certainement à côté de ce qui est important. Ce qui est important ici, c’est que Pierre donne une bonne réponse, en tout cas une réponse qui convienne à Jésus. « Qui dites-vous que Je suis? Tu es le Christ le Fils du Dieu vivant »

C’est à cause de cette bonne réponse que Jésus tire des conclusions qui troublent les églises depuis lors. « Tu es Roc et sur cette roche je bâtirai mon Eglise, et les puissances de la mort n’auront point de force contre elle. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux et tout ce que tu lieras sur terre sera lié au ciel… »

Les conclusions que Jésus tire de la bonne réponse de Pierre, sont les conséquences de cette réponse et ne s’adressent pas tellement à Pierre en tant que personnage distinct, mais s’adressent à quiconque fera la même bonne réponse que lui. Ce sera le cas des 12 apôtres présents ce jour là autour de Jésus, et ce sera le cas de quiconque après eux fera la même réponse, vous ou moi ou bien d’autres.

Il serait donc un peu rapide de dire, dans le contexte de cet évangile, que Pierre est mis à part d’une manière spéciale. La suite le montre puisque Jésus, dans les quelques lignes qui suivent l’identifie à Satan. Les paroles de Jésus concernent quiconque fera sienne la bonne réponse de Pierre. « Tu es le Christ »! Il s’agit donc pour nous d’inscrire Jésus dans notre relation à Dieu avec ce titre de Christ.

Mais quand nous affirmons que Jésus est le Christ, savons-nous vraiment à quoi nous nous engageons? Nous avons tellement l’habitude d’entendre cette expression qu’elle est devenue comme un automatisme, une réponse toute faite dont nous pesons mal la signification. Pourtant elle est lourde de sens.

En attribuant à Jésus le titre de Christ, nous lui conférons tous les pouvoirs, des pouvoirs semblables à ceux accordés jadis à l’empereur romain. C’est à dire que nous lui reconnaissons le droit de vie et de mort sur nous. Le droit  d’orienter  notre existence. Nous lui reconnaissons le droit de disposer de notre personne.

Au point où nous en sommes dans notre réflexion, il faut que nous nous interrogions pour savoir si notre vie est bien mise à la disposition de ce Christ que nous confessons et si nos choix de vie sont bien en accord avec lui. S’il est pour nous le Christ, c’est que nous lui donnons la possibilité de s’immiscer dans les recoins les plus intimes et les plus secrets de notre âme, c’est que nous accordons à l’Évangile autorité sur nos décisions.  La Bible 1

Cette dernière affirmation peut bien sûr provoquer des réactions de protestation en nous. Ainsi présenté, l’Évangile nous apparaît comme contraignant, puisque c’est en nous référant à lui que nous décidons des choix de notre vie, alors que nous nous plaisons à dire qu’il est libérateur. Nous affirmons habituellement qu’il est un moyen de référence mais qu’il n’est nullement une nouvelle loi que nous ajouterions à l’ancienne. Nous nous reconnaissons la liberté d’interpréter l’Évangile. Personne ne dit le contraire, pourtant Pierre va plus loin dans sa réponse il n’affirme pas seulement que Jésus est le Christ, il ajoute : « tu es le fils du Dieu vivant. » Pierre ne se situe plus au niveau des idées, il entre dans une relation vivante avec son Seigneur.

En parlant de relation vivante avec Jésus, Pierre exprime la nécessité de dépasser l’Evangile. Cela veut dire qu’il affirme non seulement que Dieu est vivant mais que notre vie se déroule en relation avec lui, c’est à dire qu’il a une action concrète sur nous. Cela veut dire aussi que son action est porteuse de vie . Cela veut dire que le Dieu auquel nous nous référons se lie à nous par un contrat de vie. Il se lie à nous dans un processus de vie dont Jésus est la seule référence. C’est en ce sens que Jésus est fils de Dieu. Le Fils, c’est celui qui manifeste la réalité du Père. Si nous faisons nôtres les paroles de Pierre, nous affirmons que par l’action de Jésus en nous, Dieu se permet d’intervenir continuellement dans nos vies.

Mais une telle affirmation est-elle rassurante pour autant? Elle rend la présence de Dieu si proche que nous en ressentons quelque chose d’inquiétant. A cause même d’une si grande proximité nous éprouvons le besoin de prendre un peu de recul. Mais peut-on reculer quand Dieu nous introduit aussi personnellement dans ses projets?

En fait, Dieu sait très bien qui nous sommes, et Pierre qui nous a introduit dans cette réflexion nous aide, à son corps défendant. Après avoir fait cette très belle confession de foi que nous faisons nôtre : « tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », il va lui même se laisser aller à des initiatives personnelles à propos des quelles Jésus le rappellera à l’ordre durement en lui disant « arrière de moi, Satan.» Par cette intervention, nous découvrons que nous ne pouvons entrer dans le projet de Dieu que si Dieu lui-même nous y aide et en assume la responsabilité avec nous.

Il n’est pas en notre pouvoir de répondre par nos propres forces à l’exigence de la proximité de Dieu. C’est Dieu qui la veut et c’est Dieu qui l’accomplit avec nous et en nous. En effet, dès que Pierre va revenir à la réalité de ce monde, dès qu’il va se mettre à agir et à réagir, il va prendre l’initiative de contrecarrer les projets de Dieu au nom de sa logique humaine. Jésus réagit promptement. Pierre n’a pas encore compris que ses initiatives personnelles ne peuvent se faire que sous l’inspiration de Dieu. C’est lui qui lui donne force et énergie par son esprit. Ce qui est valable pour Pierre l’est à plus forte raison pour chacun de nous. La vie que Dieu met en nous ne se vit vraiment que si Dieu la vit avec nous.

Dieu nous demande donc cet élan du cœur qui fait que nous lui faisons entière confiance pour prendre en charge nos propres vies. Ces vies, inspirées par Dieu ne sont pas pour autant passives. Pour être vraiment vivantes elles sont faites de réflexions, de décisions et d’actions, et chacune de ces étapes doit être le reflet de Dieu qui vit en nous. C’est dire alors la place que doit prendre la prière dans nos relations avec Dieu. C’est lui qui accompagne nos projets de vie, il est présent dans les choix que nos faisons il est de partout dans ce que nous vivons.

Est-il besoin de dire qu’entre notre volonté de nous laisser envahir par lui et la réalité de notre existence il y a un immense fossé qui ne peut être comblé que par une accumulation de pardons qui consolident toujours les liens de vie qui nous unissent à Dieu. Le ciment qui rendra notre vie féconde sera fait de pardons donnés et de pardons reçus, et par voie de conséquence d’amour qui nous vient de Dieu mais qui ne prend de réalité que si nous le partageons en le donnant aux autres. la Bible 4

Les conséquences de tout cela, résident dans cette vocation qui nous est faite d’entraîner les hommes à notre suite vers le Royaume du Seigneur par une action constructive au jour le jour. Il s’agit alors de créer avec les hommes des liens qui visent à les rapprocher de Dieu. C’est sur la fidélité à notre foi que s’édifiera l’Église, et que l’Église deviendra un rempart contre les œuvres de mort. Jésus confie l’Église à Pierre qui confesse sa foi, comme il l’a dit dit, mais aussi, il confie son Église  à chacun de ceux qui confessent leur foi comme Pierre dans les mêmes termes que lui. Pierre n’est donc pas un homme qui est mis à part pour devenir l’unique chef  de toute l’Église, c’est un exemple qui est donné ici par Jésus, afin qu’on le répète à des millions, voire à des milliards d’exemplaires.

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Matthieu 15/21-28 la foi d’une cananéenne dimanche 20 août 2017 reprise du 14 août 2011

Posté par jeanbesset le 10 août 2017

Matthieu /15-21 La foi d’une Cananéenne

21 Jésus partit de là et se retira vers la région de Tyr et de Sidon. 22 Une Cananéenne venue de ce territoire se mit à crier : Aie compassion de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par un démon. 23 Il ne lui répondit pas un mot ; ses disciples vinrent lui demander : Renvoie-la, car elle crie derrière nous. 24 Il répondit : Je n’ai été envoyé qu’aux moutons perdus de la maison d’Israël. 25 Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : Seigneur, viens à mon secours ! 26 Il répondit : Ce n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens. 27— C’est vrai, Seigneur, dit-elle ; d’ailleurs les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres… 28 Alors Jésus lui dit : O femme, grande est ta foi ; qu’il t’advienne ce que tu veux. Et dès ce moment même sa fille fut guérie.Cananéenne 1

Heureux celui ou celle qui sait que le Seigneur reste le maître des mystères de sa vie, car notre vie est pleine de mystères dont nous ne savons pas les origines et cela nous trouble. Quelles que soient les circonstances et quelles que soient ses origines le croyant sait qu’il y a indépendamment de lui des forces qui n’obéissent pas aux règles des hommes et qui donnent du sens à son existence. C’est Dieu qui se révèle ainsi. Cela relève de la foi, et cela devrait lui suffire. Mais ce n’est pas le cas.

Pour beaucoup, il apparaît comme un fait établi que Dieu aurait réglé les mystères de la vie selon des critères qui lui appartiennent, mais les hommes se croient suffisamment intelligents pour les découvrir et s’en emparer à son insu. A l‘opposé, d’autres vont jusqu’à penser que certains individus ou même certains peuples ont priorité sur les autres et détiennent dans leurs cultures les secrets de la vie. Comme cela semble apparemment être le cas du peuple juif.

On est en droit de penser que Jésus en tant que juif partage cette opinion qui le rend réticent pour écouter les doléances de cette femme. Cela peut sans doute nous choquer, mais Jésus est un homme de son temps, issu de la culture de son temps et il réagit avec les réserves des hommes de son temps. Mais tout cela n’est ici qu’une entrée en matière dont l’issue nous rapprochera de la vérité.

Même s’il reconnaît qu’il est venu pour donner priorité aux brebis perdues d’Israël, il ne dit pas qui sont ces brebis perdues. S’agit-il des Israélites qui ne reconnaissent pas en lui le messager de Dieu ? S’agit-il des non juifs qui n’ont aucune connaissance de Dieu ? Dans ce cas il s’agit d’une grande multitude de gens ! Alors grand est le nombre des brebis perdues de la maison d’Israël, même les petits chiens cananéens qui mendient les miettes en font partie.

En fait de miettes, il ne me paraît pas que la foi puisse se mesurer. Ici il s’agit de miettes, ailleurs il s’agit de grains de moutarde, il n’y a pas de mesure pour codifier les degrés de la foi. La foi est avant tout une certitude et un savoir. Elle relève d’un état et non d’un dosage. Elle repose sur une vérité que nous ressentons au fond de nous-mêmes selon laquelle notre vie ne nous appartient pas. Elle appartient à une réalité qui nous nous vient d’ailleurs et qui s’intègre en nous pour faire partie de nous-mêmes. Ce n’est ni la sagesse des hommes, ni la science que l’on pourrait avoir des Ecritures qui fait que notre vie a du sens ou qu’elle n’en a pas, c’est une vérité qui vient d’au de là de nous-mêmes.

En dépit de cela, depuis toujours les hommes ont cru pouvoir arracher les secrets de la vie à qui les possède : Dame nature dont nous faisons partie ou Dieu quand on y croit. Les savants ont tenté toutes sortes d’aventures pour parvenir à cette fin. Ils sont descendus jusqu’aux aux racines des continents dans les gouffres marins, ils sont montés plus haut que les cieux pour rejoindre les étoiles, mais leur avidité de connaissance ne leur a rien révélé sur notre âme.

Astrologues, sorciers, enchanteurs, mages et gourous ont aussi essayé d’arracher ces mêmes secrets à la matière dont nous sommes faits, mais l’élixir de vie, l’eau de jouvence ou la pierre philosophale n’ont jamais été trouvés et ne le seront sans doute jamais car les secrets de notre existence ne sont pas à notre portée.Cananeenne 2

Pour y arriver, il faudrait franchir les portes de la mort et perdre alors notre consistance physique pour découvrir qu’au delà de la mort il y a peut être un savoir sur la vie qui nous concerne, mais cette étape franchie  tout retour vers un état antérieur nous serait interdit. Notre découverte ne nous serait alors d’aucune utilité. Face à toutes ces espérances déçues, une pauvre femme dont on ne connaît pas le nom nous donne la seule leçon qui nous permette d’avancer.

Face au mystère de la vie, Dieu ne nous a pas laissés sans réponse. Face au questionnement universel des hommes, il y a une réponse que cette femme a trouvée en toute naïveté. Apparemment si cette femme a compris ce grand mystère qui est celui de la foi. Nous en serons, sans doute capables, nous aussi. Dieu nous a donné des miettes suffisantes pour apaiser notre faim de curiosité elles ne relèvent ni de la compétence des savants ni de celle des gourous. Ces miettes qui échappent à la sagesse des plus futés sont cependant à la portée de chacun.

Pour ce faire il nous faut suivre l’exemple de cette femme qui a déjà fait le point sur sa propre existence. Comme elle, nous n’avons sans doute pas plus d’importance que des petits chiens et nous espérons cependant que des miettes de la sagesse divine vont tomber jusqu’à nous. Cette sagesse qui va nourrir notre foi c’est l’espérance.

Cette femme espère. Elle ne sait sans doute pas quoi, mais elle est poussée par une force qui lui donne de l’audace. L’espérance est cette force qui nous habite et qui met en nous une soif de vie qui nous pousse à commettre des actes audacieux. Ces audaces dont nous sommes capables ne correspondent ni à une science ni à un savoir elles jaillissent du tréfonds de nous-mêmes et agissent comme un moteur de vie qui tire notre existence vers le haut. On pourrait les appeler en terme profane l’instinct de survie.

Cet appétit de la vie nous pousse à entreprendre des choses parfois irrationnelles ou insensées. Il ne porte pas toujours les fruits espérés, il échoue parfois lamentablement, mais il provoque en nous un dynamisme dont l’origine mystérieuse est en nous, mais ne vient pas de nous.

La femme cananéenne de ce récit a compris cela, elle n’a sans doute pas fait d’études avancées mais elle comprend que les pulsions de vie qui l’habitent viennent d’ailleurs que d’elle-même. Au contact de Jésus, ces pulsions de vie se sont mises en mouvement et elle comprend que c’est le Dieu dont Jésus parle qui en est à l’origine. Elle sait que c’est Dieu, qui en dépit des circonstances et des conventions sociales lui donne l’audace d’attirer l’attention de Jésus. Puisque Dieu provoque en elle cette espérance de vie, elle a alors raison d’insister.

Elle n’a pas eu besoincananeenne 3 qu’on l’enseigne pour découvrir que l’espérance qui l’habite lui vient de ce Dieu qui a mis en elle un désir de vie. Il en va de même pour chacun de nous. Ce mystère ne nous appartient pas. On ne le trouvera ni en faisant des expériences élaborées ni en s’adonnant à des calculs compliqués, mais en constatant qu’il y a en nous une force de vie qui nous pousse à espérer.

Le miracle de la femme cananéenne ne réside pas tellement dans le fait que sa demande ait abouti, mais plutôt dans le fait qu’elle ait compris que l’audace qu’elle a eu d’importuner le maître pour quémander la vie, ne lui venait pas d’elle-même mais lui venait justement de celui qui donne la vie et qui la prend en charge, elle et sa fille.

L’espérance est donc cette force que Dieu a mis en nous depuis nos origines et qui nous pousse à toutes les audaces. Jésus s’est donné pour tâche de nous aider à identifier cette force et de lui donner un nom. Il reconnaît en elle le Seigneur dont il est le Fils. Il nous prend en charge comme le ferait un Père, il nous enveloppe d’amour comme le ferait une mère. Il nous ouvre un avenir de vie sans fin comme le ferait notre Dieu. C’est grâce à l’Esprit que Jésus souffle sur nous que nous arrivons à cette connaissance.

Lui seul a su aller jusque au bout de l’espérance. Même dans la mort, son espérance a pris la dimension de l’éternité qui est la seule réalité qui contienne toutes les dimensions de Dieu, c’est-à-dire l’amour, l’espérance et la vie. Ainsi croire en Jésus Christ consiste à avoir l’audace suprême de savoir que la vie ne peut pas nous abandonner car elle vient d’ailleurs, elle appartient à Dieu et Dieu a décidé de nous la donner en totalité.

Images Codex Egbert

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1 Rois 19/9-13 Elie dans la caverne dimanche 13 août 2017

Posté par jeanbesset le 27 juillet 2017

1 Achab raconta à Jézabel tout ce qu’avait fait Elie, et comment il avait tué par l’épée tous les prophètes.

2 Jézabel envoya un messager à Elie, pour lui dire : Que les dieux fassent ceci et qu’ils y ajoutent cela, si demain, à cette heure-ci, je ne fais de ta vie ce que tu as fait de la vie de chacun d’eux !

3 Elie, voyant cela, s’en alla pour sauver sa vie. Il arriva à Bersabée, qui appartient à Juda, et il laissa là son serviteur.

4 Quant à lui, il alla dans le désert, à une journée de marche ; il s’assit sous un genêt et demanda la mort en disant : Cela suffit ! Maintenant, SEIGNEUR, prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères.

5 Il se coucha et s’endormit sous un genêt. Soudain, un messager le toucha et lui dit : Lève-toi, mange !

6 Il regarda : il y avait à côté de lui une galette cuite sur des pierres chaudes et une cruche d’eau. Il mangea et but, puis se recoucha.

7 Le messager du SEIGNEUR vint une seconde fois, le toucha et dit : Lève-toi, mange, car le chemin serait trop long pour toi.

8 Il se leva, mangea et but ; avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb.

9 Là-bas, il entra dans la grotte et y passa la nuit. Soudain la parole du SEIGNEUR lui parvint, qui lui disait : Que fais-tu ici, Elie ?

10 Il répondit : J’ai montré une passion jalouse pour le SEIGNEUR, le Dieu des Armées ; car les Israélites ont abandonné ton alliance, ils ont rasé tes autels, ils ont tué tes prophètes par l’épée ; moi, je suis resté, seul, et ils cherchent à me prendre la vie !

11 Il reprit : Sors et tiens-toi dans la montagne, devant le SEIGNEUR. Or le SEIGNEUR passait. Un grand vent, violent, arrachait les montagnes et brisait les rochers devant le SEIGNEUR : le SEIGNEUR n’était pas dans le vent. Après le vent, ce fut un tremblement de terre : le SEIGNEUR n’était pas dans le tremblement de terre.

12 Après le tremblement de terre, un feu : le SEIGNEUR n’était pas dans le feu. Enfin, après le feu, un calme, une voix ténue.

13 Quand Elie l’entendit, il s’enveloppa le visage de son manteau, sortit et se tint à l’entrée de la grotte. Soudain une voix lui dit : Que fais-tu ici, Elie ?

14 Il répondit : J’ai montré une passion jalouse pour le SEIGNEUR, le Dieu des Armées ; car les Israélites ont abandonné ton alliance, ils ont rasé tes autels, ils ont tué tes prophètes par l’épée ; moi, je suis resté, seul, et ils cherchent à me prendre la vie !

15 Le SEIGNEUR lui dit : Va, reprends ton chemin par le désert jusqu’à Damas ; quand tu seras arrivé, tu conféreras l’onction à Hazaël pour qu’il soit roi sur Aram.

16 Tu conféreras l’onction à Jéhu, fils de Nimshi, pour qu’il soit roi sur Israël ; et tu conféreras l’onction à Elisée, fils de Shaphath, d’Abel-Mehola, pour qu’il soit prophète à ta place.

 Elie 3

Nous sommes dans un siècle où les hommes construisent des télescopes puissants tournés vers le cosmos pour capter les chants de l’univers.  Les plus audacieux des souhaits des hommes qui consistent  à arracher au mystère des cieux le sens même de l’univers sont en train de se réaliser.  Il est évident qu’ils n’auront pas  la chance d’entendre la voix même de Dieu, car Dieu  ne se prête pas à ce jeu là.   C’est cependant avec ces réflexions hautement  futuristes que nous  rejoignons Élie dans sa méditation solitaire au seuil de sa caverne pour constater  que les réflexions qu’il menait  sur  le sens de la présence de Dieu dans le monde conservent leur actualité.

Enfermé dans sa grotte, replié sur lui-même comme un sage qui médite, ou plus tôt, comme un homme égaré sur le chemin de sa vie, Élie était  à la recherche de ce Dieu auquel il avait voué sa vie et qui lui restait  inaccessible. Perdu sur les chemins du monde, un ange lui était  apparu pour  lui indiquer la route à suivre car,  menacé de mort, il fuyait le courroux de la reine Jézabel. Il croyait avoir fait une action d’éclat en tuant les prophètes de Baal mais  le sort se retournait contre lui. Pourtant il avait cru bien faire pour contenter Dieu ! Mais qui lui avait demandé d’agir ainsi ? Il n’avait même pas consulté Dieu et la mort de ses adversaires ne lui avait apporté aucune satisfaction.  Il avait  donné la mort à des prophètes païens, la reine cherchait  le faire périr et  en plein désespoir, il  espérait s’en sortir en demandant que la mort vienne sur lui.  La mort planait sous toutes ses formes et semblait devoir avoir raison de lui.

Maintenant  l’angoisse le tenaillait et  la perspective de sa propre mort, semblait faire écho au silence apparent de Dieu. L’idée même de Dieu semblait s’associer à celle de la mort ! Dieu lui-même serait-il mort ou même n’avait-il jamais existé ? Serait-il une illusion accessible seulement dans ses rêves ? Nous reconnaissons dans ces pensées que nous prêtons à Élie celles qui peuvent un jour se poser à n’importe quel humain pris dans l’angoisse d’une situation qu’il ne comprend pas et qui lui semble injuste. L’angoisse se fait pesante et le silence de Dieu épais.

Élie, le prince des prophètes, celui qui ne connut pas la mort et que Dieu emporta avec lui dans un char de feu  n’est pas encore au terme de  sa méditation et il ne reconnait toujours pas Dieu comme celui qui donnera à sa vie une issue enviable. Pour l’instant ses méditations  l’entraînent vers d’autres voies. Il méditait  sur l’ironie de sa propre réalité  et même de la réalité de Dieu.  Il devait encore faire l’expérience de la rencontre avec  Dieu  pour comprendre le sens de son destin, mais cette rencontre, il ne l’avait pas encore  vraiment faite.

 Au point où il en était, Il était loin de ressembler aux premiers patriarches, ceux   qui l’avaient précédé  et dont la  Bible parle comme des amis de Dieu. Sa méditation n’avait rien à voir  avec  celle d’Abraham qui, assis sur le seuil de sa tente  comprenait  en contemplant le champ  des étoiles les volontés de Dieu. Tel Hérodote, il croyait entendre la voix du tout puissant qui se mêlait à l’harmonie des sphères. C’est alors qu’il  entendit   Dieu. Il  l’invitait  à donner du  sens à sa vie en entamant une longue marche avec  lui, une marche  qui jamais ne s’achèverait.

 Il n’était pas comme Noé non plus,  qui, au sortir de l’arche, quand la pluie eut cessée contempla à son tour  la voute céleste où l’arc en ciel scellait  avec lui et toute l’humanité une alliance éternelle  dans laquelle Dieu  lui promettait vie et éternité.

Il se sentait sans doute plus proche de Jonas qui avait sciemment tourné le dos à la vocation que Dieu lui donnait et qui malgré son refus  fut délivré de la fureur des eaux qui menaçaient de l’engloutir dans  la mort. Miraculeusement ramené à la vie il accepta à contre cœur d’accomplir la mission qui lui était  demandée d’aller  annoncer à Ninive  qu’un  désastre la menaçait à moins d’un repentir collectif.  Tous firent acte de contrition, la catastrophe ne se produisit pas. Jonas se sentit frustré du spectacle de  destruction auquel il s’était préparé  bien à l’abri sous son ricin. C’est le ricin qui mourut et Jonas indigné contre Dieu  ne comprenait pas encore  sa clémence. Car Dieu prend plus de plaisir  à la miséricorde qu’au châtiment. Jonas n’avait pas encore compris que pour Dieu la puissance de vie était plus forte que celle de la mort.Elie 2

 Sans doute, toutes ces situations vécues par ses devanciers n’ont pas échappées à la réflexion de notre héro alors que dans sa caverne il attendait la manifestation de son Dieu. Aucune manifestation de violence ne se produisit, il n’y eut  ni vent ni tempête, ni tremblement  de terre  car Dieu n’est pas dans ce qui fait violence aux hommes et les terrorise, mais il est dans ce  dans ce qui les fait vivre. Ce fut un souffle qu’Élie ressentit  comme un son  harmonieux.  Ce fut un souffle comme celui  qui nous apaise quand nous sommes agités et qui pousse doucement notre embarcation vers le port, un souffle qui met en nous de l’énergie et qui nous rend capables de relever la tête, un souffle  qui nous donne conscience  de la présence de Dieu.

 La présence de Dieu le mettait en même temps en lien avec tout ce qui concerne les mouvements de ce monde. Ainsi il comprit  que les rois n’était pas destinés à agir sans le regard de Dieu qui pèse sur eux  c’est pourquoi Dieu   chargea Élie d’introniser certains d’entre eux. Ce fut  aussi bien  Jéhu, le roi d’Israël que  Hazaël  un roi païen qui régnait en Syrie. La voute des cieux qu’avait contemplé Abraham aussi bien que l’arc qui s’inscrivit dans la nue au lendemain du déluge étaient bien les révélateurs de ce Dieu qui ne voulait pas être indifférent à ce qui se passe dans le vaste monde où sont les hommes. Rien de  ce qui se passe dans le monde n’échappe à son contrôle, si bien que Dieu, l’homme et la nature sont prévus pour fonctionner en harmonie.  Il me plait de penser  à ce moment de mon développement que Dieu maintient le monde en équilibre et qu’il s’y manifeste comme par une musique subtile qui témoigne de sa volonté  que tout soit en accord avec lui et conserve son empreinte. A nous d’écouter et d’entendre..

Voila donc Élie, investi d’une sagesse immense qui lui permet de concevoir l’univers sous le regard de Dieu! Mais s’il  perçoit comment tout cela marche, s’il est lui-même impliqué dans l’harmonie des choses, il ne reçoit aucun mission qui ferait de lui un homme supérieur parmi les hommes ou un sage supérieur parmi les sages. Il ne reçoit aucune mission durable sur terre pour agir efficacement. Il doit seulement introniser son successeur. Un autre après lui, d’autres après lui auront cette charge de devenir  guide et lumière pour les hommes en les éclairant de la sagesse divine.

Il a sans doute compris que la volonté de Dieu était d’agir par  l’action de ceux qui sont chargés de porter sa parole pour que la vie s’empare du monde et que son respect en soit le seul but.

Cette sagesse que les Ecritures nous révèlent en Élie devra attendre que Jésus s’en empare à son tour  et la rende manifeste au monde comme seule volonté de Dieu. Il confirmera ainsi que Dieu, depuis les origines de sa révélation n’a pas d’autre but que de faire vivre les hommes en harmonie avec lui et le monde.

 

 

 

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Matthieu 17/1-9 la transfiguration – dimanche 6 août 2017 reprise 16 mars 2014

Posté par jeanbesset le 27 juillet 2017

 

1 Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne. 2 Il fut transfiguré devant eux : Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. 3 Moïse et Élie leur apparurent, ils s’entretenaient avec lui. 4 Pierre prit la parole et dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. 5 Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les enveloppa. Et voici qu’une voix sortit de la nuée qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Écoutez-le ! 6 Lorsqu’ils entendirent (cela), les disciples tombèrent la face contre terre, saisis d’une crainte violente. 7 Mais Jésus s’approcha, les toucha et dit : Levez-vous, soyez sans crainte ! 8 Ils levèrent les yeux et ne virent que Jésus seul.

9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez à personne de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité des morts. 10 Les disciples lui posèrent cette question : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’Élie doit venir d’abord ? 11 Il répondit : Il est vrai qu’Élie vient rétablir toutes choses. 12 Mais je vous dis qu’Élie est déjà venu, et qu’ils ne l’ont pas reconnu et qu’ils l’ont traité comme ils l’ont voulu. De même le Fils de l’homme va souffrir de leur part.

transfiguration 7


Beaucoup d’entre nous ont sans doute entendu parler du discours prononcé par Martin Luther King à Washington le 28 août 1963 au cours duquel il évoqua son rêve d’un peuple américain libre et uni. Il l’exprima en décrivant la vision qu’il avait d’une Amérique nouvelle : « I have a dream : j’ai la vision » avait-il commencé à dire depuis les marches du monument de Lincoln où il haranguait une foule de deux cent mille manifestants noirs. Ses propos laissaient entendre qu’il devinait déjà les signes d’une vie nouvelle qui attendait le peuple noir la bas au-delà des collines de l’Alabama.

Chacun de ses auditeurs, pétri des récits de la Bible, reconnaissait certainement en l’entendant la vision de Moïse sur la montagne contemplant la Terre Promise. Grâce à l’espérance que Jésus avait déposée en lui, Martin Luther King put entrevoir la promesse d’un peuple noir et d’un peuple blanc réconciliés formant une seule nation. 

Jésus nous enseigne à l’imiter. Il nous apprend à rechercher la compagnie des hommes et des femmes de la Bible pour être enseignés par eux. A la lumière de l’Evangile leur message prend une valeur éternelle et parle à chaque génération d’une manière durable.

Bien que Jésus ait affirmé que Dieu aime les hommes d’un amour incommensurable, ceux-ci ne s’en rendent pas vraiment compte. Ils sont plus revendicateurs des grâces de Dieu, que témoins de son amour. Ils se comportent comme si Dieu leur devait aide et assistance pour prix de leur foi en lui.

La seule manière de nous rendre compte de l’action de Dieu au milieu des hommes c’est de voir comment il a agi envers ceux qui nous ont précédés dans la foi. C’est en les rencontrant, que nous comprendrons comment les femmes et les hommes de la Bible ont rendu compte de l’amour de Dieu. Dieu les a aimés du même amour que celui dont il nous aime aujourd’hui. S’il a mis en eux sa sagesse, il n’a cependant pas voulu que les épreuves leur soient enlevées, mais il n’a jamais cessé de les accompagner quand celles-ci surgissaient. Grâce à la foi qui était en eux, ils ont su les surmonter et ils ont pu, chacun avec sa sensibilité témoigner de la manière dont Dieu s’est intéressé à eux.


Cette expérience de la vie en Dieu telle que je suis en train de l’évoquer n’est pas réservée aux intimes de Jésus, mais elle est offerte à chaque lecteur de la Bible qui y trouve des compagnons de route dont l’expérience enrichit sa compréhension des choses. L’Esprit saint habitait déjà en eux et c’est grâce à lui qu’ils étaient en contact étroit avec Dieu. Ce même Esprit habite aussi en nous. C’est grâce à lui que nous pouvons retirer un enseignement de leur témoignage. C’est ainsi que notre route peut être encore aujourd’hui éclairée par les expériences de vie de ceux qui ont vécu au contact de Dieu avant nous. L’Esprit saint qui préside à cet échange porte en lui le mystère de Dieu, selon lequel il veut sauver tous les hommes.

C’est par lui qu’il nous communique encore aujourd’hui la puissance de vie qui était déjà en Jésus et qui l’a poussé hors du tombeau. Cette même puissance de vie était déjà présente dans l’existence de tous les témoins de Dieu bien avant la venue du Christ. C’est ainsi qu’ils ont pu témoigner de lui bien avant qu’il vienne sur terre. En eux habitait déjà cette espérance qui grâce à eux nous mobilise à la suite de Jésus.

Cette vision que Pierre, Jacques et Jean reçoivent sur la montagne remplit cette fonction. Par elle ils comprennent que Jésus a assumé dans son œuvre tout ce à quoi Moïse et Elie aspiraient. Bien qu’il ne se passe apparemment rien au cours de cette vision, les trois apôtres ont été amenés à comprendre qu’il y avait un lien étroit entre Moïse Elie et Jésus. C’est le Saint Esprit qui depuis toujours a constitué ce lien.

Tous ces témoins de Dieu qui ont précédés la venue de Jésus, tels Moïse et d’Elie, ont eu leurs faiblesses. Dieu les a choisi non pas parce qu’ils étaient meilleurs que les autres, mais parce qu’ils étaient comme les autres. Ils avaient les mêmes contraintes que nous, les mêmes ambitions, les mêmes péchés aussi. Ils ont connu le désespoir et la foi leur a parfois manqué. Ils ont porté en eux des culpabilités avouées ou ignorées. Ils étaient semblables en nous en tout point. Mais si Jésus nous les désigne comme compagnons de route, c’est que leur histoire peut éclairer la nôtre. L’Esprit d’entreprendre qui les animait est le même que celui qui habitait en Jésus et qui a donné du sens à son action.

Mais prenons y garde, s’il nous est donné de croiser Moïse, Elie et les autres, comme il est raconté dans ce passage des Ecritures, il n’est pas question que nous nous réfugions avec eux dans leur passé pour le reproduire aujourd’hui dans notre temps. Leur temps est révolu et nous devons rester dans notre temps et vivre dans notre temps, enrichis par leur expérience. Il nous appartient maintenant de vivre notre propre histoire et de devenir à notre tour un chaînon dans la longue chaîne des témoins de ceux qui nous ont précédés et qui nous suivront.

Riches de leur expérience nous devons habiter cette terre que Dieu nous demande de mettre en valeur pour sa plus grande gloire. Depuis l’origine des temps, son esprit d’amour a soufflé sur elle et depuis toujours des voix se sont fait entendre pour dire le pardon et l’espérance. Le même Esprit a suscité leur message, le même Esprit a révélé que Dieu habitait en Christ pour le réconcilier avec les hommes, le même Esprit aujourd’hui nous envoie dans ce monde, chargés d’une mission de réconciliation et d’amour.

Les hommes d’aujourd’hui auraient-ils le cou plus raide que ceux de jadis car ils semblent manquer d’espérance ? Le monde moderne est rebelle à Dieu dit-on, parce que l’existence d’aujourd’hui ne fait aucune place à la spiritualité. L’égoïsme gagne du terrain et tous sont trop avides de consommer plutôt que de faire une place à Dieu.

Pourtant, si nous fréquentons ceux qui étaient avant nous, si nous prenons pour compagnons les plus illustres témoins de la Bible, nous réaliserons bien vite que de tout temps, les hommes ont résisté à Dieu. Elie qui dans le passage d’aujourd’hui se tient aux côté de Jésus n’a-t-il pas eu, seul contre tous, à s’opposer à tout un peuple gagné au paganisme et n’a-t-il pas douté du chemin à suivre ? Il avait contre lui le roi et la reine qui avaient mis sa tête à prix. Il s’est alors enfui, terrassé par le doute et le désespoir. Quant à Moïse, n’a-t-il pas cassé les tables de la loi parce qu’il était exaspéré à cause du manque de foi de son peuple?

Si vous allez à la rencontre de tous ces témoins que l’Ecriture vous donne comme compagnons de route, vous découvrirez que votre tâche n’est pas plus lourde que la leur, Dieu leur a donné l’espérance et la foi, et c’est avec elles qu’ils ont eu à marcher. Pensez à Elie qui fuyait devant les spires de la reine Jézabel quand un ange lui apparut dans la tourmente. Pour le réconforter il lui donna une cruche d’eau et une galette de pain et cela dut lui suffire pour survivre pendant les 40 jours de marches qu’il lui fallut faire en plein désert pour atteindre le mont Horeb. 

Les croyants d’aujourd’hui doivent se souvenir qu’ils ont un gros avantage sur les témoins qui les ont précédés, c’est qu’ils ont la certitude que la réponse à toutes leurs questions se trouve en Jésus, alors que les autres espéraient seulement que cette réponse leur serait donnée par le Messie qu’ils espéraient. Ils espéraient en la venue d’un messager de Dieu qui ferait toute chose nouvelle, pour nous ce messager est venu et nous l’avons reconnu en Jésus. Ce que l’Esprit saint leur donnait d’espérer, il l’a réalisé en Christ qui nous accompagne parce qu’il reste vivant au milieu de nous pour l’Eternité.

 

 Illustrations de Rubens

 

 

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1 Rois 3/5-12 le destin du roi Salomon – dimanche 30 juillet 2017

Posté par jeanbesset le 17 juillet 2017

Salomon 11 Rois 3/5-12  Le destin du roi Salomon

5 A Gabaon, pendant la nuit, le SEIGNEUR apparut en rêve à Salomon. Dieu lui dit : Demande ce que tu veux, je te le donnerai.

6 Salomon répondit : Tu as agi avec une grande fidélité envers ton serviteur David, mon père, parce qu’il marchait devant toi en suivant la voie de la loyauté, de la justice et de la droiture de cœur envers toi ; tu as gardé envers lui cette grande fidélité et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône — voilà pourquoi il en est ainsi en ce jour.

7 Maintenant, SEIGNEUR, mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; je ne suis qu’un petit garçon, je ne sais rien faire.

8 Je suis au milieu de ton peuple, celui que tu as choisi, peuple nombreux, qui ne peut être ni évalué ni compté, à cause de son grand nombre.

9 Donne-moi un cœur attentif pour gouverner ton peuple, pour discerner le bon du mauvais ! Qui donc pourrait gouverner ton peuple, ce peuple si important ?

10 Cette demande de Salomon plut au Seigneur.

11 Alors Dieu lui dit : Puisque c’est là ce que tu demandes, puisque tu ne demandes pas pour toi une longue vie, que tu ne demandes pas pour toi la richesse, que tu ne demandes pas la mort de tes ennemis, puisque tu demandes pour toi de l’intelligence afin d’être attentif à l’équité,

12 j’agirai selon ta parole. Je te donnerai un cœur sage et intelligent, de telle sorte qu’il n’y aura jamais eu avant toi et qu’il ne se lèvera jamais plus après toi personne de semblable à toi.

13 Je te donnerai, en outre, ce que tu n’as pas demandé, aussi bien la richesse que la gloire, de telle sorte qu’il n’y aura pendant tous tes jours aucun homme parmi les rois qui soit semblable à toi.

14 Et si tu suis mes voies, en observant mes prescriptions et mes commandements.

N’est-il pas beau ce jeune homme, à peine sorti de l’adolescence  qui nous est présenté ici, ainsi qu’à son peuple. Il vient d’échapper à une révolution de palais au cours de laquelle son propre frère avait tenté de lui ravir la couronne, contrairement à la volonté de son Père le prestigieux roi David, le fondateur de la dynastie. Il se tient là modestement, face à ses pairs en ce haut lieu de Gabaon pour prendre en charge le poids de la couronne royale. 

L’histoire garde de Salomon  l’image du plus prestigieux des rois d’Israël. Il est aussi considéré comme le plus sage et le plus riche.  On lui a attribué la rédaction de plusieurs livres de sagesse et  il est considéré comme le constructeur du Temple de Dieu à Jérusalem.  Il fut à la tête d’un immense empire  et ses  vassaux, en signe de soumission  remplirent son harem de plus de sept cents  épouses sans compter les concubines. La prestigieuse reine de Saba lui rendit même visite. Elle conçut même de lui un héritier dont les descendants régnèrent sur l’Ethiopie jusqu’à la fin du vingtième siècle. 

Sans doute la légende enjoliva-t-elle le prestige de ce grand monarque car on ne prête qu’aux riches, et à part l’allusion à la dynastie qui régna sur  l’Éthiopie pendant de si longues années, tous les autres faits évoqués ici sont mentionnés dans la Bible.  On est alors en droit de se demander si  la Bible a cautionné des  événements légendaires car on a du mal à considérer comme vérités historiques  ces faits qui firent de Salomon un si grand roi en su peu de temps et que la littérature de ses grands voisins tels que l’ Égypte ne relate pas. On a également du mal à considérer que ce grand empire s’est effondré si vite,  comme château de carte pour laisser la place à deux petits royaumes rivaux que les puissances voisines ne tarderont pas à éliminer de la carte des nations.Salomon 2

 La Bible s’appuierait-elle sur des éléments historiquement contestables pour accréditer ses plus belles pages de la littérature sapientiale  et pour énoncer, comme dans le texte d’aujourd’hui des éléments aussi importants pour la construction de la foi d’Israël ?  En fait la Bible n’a pas fait que glorifier le grand roi. Elle a pris soin de nous présenter les faits contestables de ce personnage. Si elle retient qu’il fut un maître de sagesse,  elle a retenu aussi que celui qui est présenté  ici comme un favori de Dieu l’a  aussi profondément déçu.  Il a aussi toléré et même favorisé les cultes consacrés à des divinités étrangères, vénérées par différentes de ses épouses, il s’est écarté de Dieu par opportunisme et à étayé son empire sur des accords fallacieux  qui saperont son autorité et prépareront l’effondrement de sa puissance. 

Les  rédacteurs du livre des rois, plusieurs siècles après les événements relatés n’avaient aucune archive sûre, mais seulement des  récits de traditions édifiées sur la légende glorifiant le plus grand roi du passé. Même le Temple prestigieux qu’il aurait construit n’existait plus à l’époque de la mise par écrit de ces textes. Cependant  l’évocation d’un passé glorieux donnait du lustre à l’histoire passée d’Israël et confirmait que ce peuple avait bénéficié jadis des faveurs de Dieu. Le  retour  à la grandeur du  passé était donc  toujours possible, si chacun savait respecter le volonté de Dieu. 

Des récits hostiles au grand roi apportaient la critique nécessaire pour montrer ses erreurs et justifier la défaveur de Dieu. La confirmation de  toutes ces légendes par des archives historiques était impossible puisque aucun autre prince, autre que lui n’avait parlé de  ses exploits. Mais le but des rédacteurs n’était pas d’authentifier  une vérité historique, mais d’affirmer la fidélité de Dieu. Il était important d’insister sur la fidélité de Dieu à son peuple, car c’est ainsi que ceux qui ont rédigé la geste du passé espéraient  relever l’espoir des Hébreux et les aider ainsi à se reconstruire en tant que peuple. 

C’est donc  les  règles concernant les rapports avec Dieu qu’il faut découvrir afin de les respecter à notre tour et de comprendre, comment, même à travers des récits légendaires  une vérité sur la fidélité de Dieu a pu être établie et peut  encore aujourd’hui nous aider à construire notre foi. 

Les textes s’appuient sur une vérité qui reste déterminante.   C’est la  fidélité à l’Alliance avec Dieu qui  prévaut  dans   tous les éléments de notre vie ! Mais il nous faut prendre garde au fait que le péché sommeille en nous et tente à nous détourner de notre relation avec Dieu. Le péché prend bien des aspects, c’est pourquoi il réussit souvent à nous séduire  et à nous laisser croire que nous agissons dans le camp de Dieu alors que nous agissons contre lui. La vanité, la concupiscence, la lâcheté et même la peur, voila des éléments qui  agiront sur le roi et le détourneront de  Dieu. 

Dans le passage que nous avons lu pour ce jour, on discerne aisément quels sont les éléments qui  permettront au roi de comprendre ce qui est  incontournable dans l’Alliance avec Dieu et qui lui permettra d’édifier sa sagesse. C’est la fidélité à Dieu qui lui permettra de distinguer le bien du mal et d’agir de telle sorte que le plus modeste y trouve son compte, ainsi règnera-t-il avec sagesse. Peu importe  que  l’élément rapporté ici ce soit passé comme il est dit, ce qui est important c’est que les éléments qui constituent  l’alliance avec Dieu soient clairement énoncés. La richesse et la puissance qu’il recevra par ailleurs ne seront que secondaires par rapport au respect de la volonté de Dieu qu’il saura comprendre avec sagesse. 

Ce n’est donc pas réellSALOMON 3ement à un récit historique que nous avons à faire ici, mais à l’affirmation d’une vérité fondamentale sur Dieu et c’est cette vérité qui compte pour nous aussi bien que pour le roi, fut-il le plus grand d’entre tous les rois. Nul n’échappe à l’œil aguerri de Dieu qui sait voir en nous  l’authenticité de nos comportements. La fidélité à Dieu implique donc un oubli de soi par rapport aux autres.  Il s’agit comme le dira la Bible plus loin de  se mettre en priorité au service de la veuve et de l’orphelin. C’est évidemment un peu court comme prescription mais c’est suffisant pour orienter tous le reste de sa vie dans le sens où Dieu le souhaite. Nous avons ici le début de ce que les prophètes ont développé et qui sera plus tard, la base même de l’Évangile.

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Matthieu 13/24-43 le bien ou le mal ? dimanche 23 juillet 2017

Posté par jeanbesset le 11 juillet 2017

La parabole de la mauvaise herbe

24 Il leur proposa cette autre parabole : Il en va du règne des cieux comme d’un homme qui avait semé de la bonne semence dans son champ. 25 Pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de la mauvaise herbe au milieu du blé et s’en alla. 26 Lorsque l’herbe eut poussé et produit du fruit, la mauvaise herbe parut aussi. 27 Les esclaves du maître de maison vinrent lui dire : Seigneur, n’as-tu pas semé dele bien et le mal 1 la bonne semence dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y ait de la mauvaise herbe ? 28 Il leur répondit : C’est un ennemi qui a fait cela. Les esclaves lui dirent : Veux-tu que nous allions l’arracher ? 29 Non, dit-il, de peur qu’en arrachant la mauvaise herbe, vous ne déraciniez le blé en même temps. 30 Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson ; au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d’abord la mauvaise herbe et liez-la en gerbes pour la brûler, puis recueillez le blé dans ma grange.

La parabole de la graine de moutarde

31 Il leur proposa cette autre parabole : Voici à quoi le règne des cieux est semblable : une graine de moutarde qu’un homme a prise et semée dans son champ. 32C’est la plus petite de toutes les semences ; mais, quand elle a poussé, elle est plus grande que les plantes potagères et elle devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches. La parabole du levain33 Il leur dit cette autre parabole : Voici à quoi le règne des cieux est semblable : du levain qu’une femme a pris et introduit dans trois séas de farine, jusqu’à ce que tout ait levé. L’enseignement par les paraboles34 Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles ; il ne leur disait rien sans parabole, 35 afin que s’accomplisse ce qui avait été dit par l’entremise du prophète : Je prendrai la parole pour dire des paraboles, je proclamerai des choses cachées depuis la fondation du monde.

Jésus explique la parabole de la mauvaise herbe

36 Alors il laissa les foules et entra dans la maison. Ses disciples vinrent lui dire : Explique-nous la parabole de la mauvaise herbe dans le champ. 37 Il leur répondit : Celui qui sème la bonne semence, c’est le Fils de l’homme ; 38 le champ, c’est le monde, la bonne semence, ce sont les fils du Royaume ; la mauvaise herbe, ce sont les fils du Mauvais ; 39 l’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. 40 Ainsi, tout comme on arrache la mauvaise herbe pour la jeter au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde. 41 Le Fils de l’homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal, 42 et ils les jetteront dans la fournaise ardente ; c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents. 43 Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles entende !

La parabole du trésor caché

44 Voici à quoi le règne des cieux est semblable : un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a trouvé le cache et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a pour acheter ce champ-là.

 

Comment ne pas se sentir frustré quand on voit tout ce mal autour de nous et qu’on se sent incapable d’agir pour améliorer les choses. A force de regarder le monde au travers des médias habituels, nous avons nettement l’impression que le mal gagne du terrain et qu’il occupe tout l’espace. Prudemment les sociétés modernes ayant observé le phénomène ont cherché à se prémunir contre ce danger qui va croissant Elles ont inventé un indicateur de tendance qui leur permet de repérer les lieux où les nuages annonciateurs d’un surcroît de mal et de violence s’amoncellent.

Cela s’appelle les « Droits de l’homme ». A côté de cet indicateurs, on a mis en place des organismes, officiels ou non, qui réagissent au danger et signalent à l’opinion public ceux qui contreviennent aux règles édictées. C’est Amnesty International et l’A.C.A.T., ce sont les O.N.G., c’est l’ONU. Ces organismes préviennent, tentent de guérir les maux et se précipitent au secourir les victimes. Ainsi l’homme moderne se croit à l’ abri des provocations du mal que les nations ou les dirigeants peuvent faire aux individus.

Quand le mal a pour origine la nature et qu’il provoque les hommes dans leur santé, ceux-ci se retournent vers les hommes de science dont ils ont observé les progrès spectaculaires, mais les derniers événements les rendent très méfiants et on ne leur accorde plus beaucoup de crédit. On ne croit plus aux solutions que proposent les spécialistes pour venir à bout des fléaux naturels, ni même pour éradiquer les maladies que l’on dit encore incurables.

Malheur à l’homme qui se confie en l’homme avertissait Jérémie. Il ne faut pas être fin prophète pour observer que le mal sous forme de corruption s’insinue dans les sociétés les plus respectables et pollue ainsi nos refuges de sagesse et d’espoir. Nous découvrons que les critères d’appréciation du bien et du mal changent selon que l’on est d’un côté ou de l’autre d’une frontière. Curieusement, la morale des pays nantis se rit de celle des pays pauvres et veut leur donner des leçons, si bien que les pays riches continuent à s’enrichir malgré leur générosité apparente érigée au rang de doctrine, et les pays pauvres restent pauvres malgré les vertus de leurs habitants.

Ce simple survol de la situation de nos sociétés modernes nous amène à constater que le bien et le mal sont deux compagnons inséparables qui bien qu’ennemis semblent ne pas pouvoir se passer l’un de l’autre. La parabole qui sert de support à mon propos nous montre que les racines de l’ivraie sont étroitement emmêlées dans celles du froment. Jésus avait une vision réaliste du monde, mais cette vision ainsi décrite est plutôt démoralisante, puisqu’elle ne nous donne aucune solution. Si on veut éradiquer le mal on risque du même coup d’entraîner la disparition du bien et de faire un mal plus grand encore.

Faut-il alors baisser les bras, fuir ce monde et nous enfermer dans la piété et la prière comme certains le préconisent? Peut-on pieusement regarder le monde s’effondrer dans une tourmente effroyable que le cinéma d’avant garde nous décrit avec réalisme et attendre que ça se passe pour partager le salut éternel avec les élus? Non nous dit le Seigneur. Et il y a une bonne raison à cela. Nous sommes imprégnés nous aussi par le mal. S’il est solidement enraciné dans le monde, il est aussi solidement enraciné en nous. Un ennemi l’y a mis. Et Dieu ne peut pas nous laisser croire que nous pouvons nous attaquer à cet ennemi et le vaincre, puisqu’il est aussi en nous. Mais qui donc est-il?

 

Certains croient parfois que Dieu a fait la part des choses et qu’il a fini par s’accommoder de cet ennemi dont il se servirait pour provoquer les hommes et les ramener à la raison : « Il est un mal que le ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la terre: la peste puisqu’il faut l’appeler par son nom… ». Ainsi philosophait Jean de La Fontaine et avec lui beaucoup pensent que du bien peut sortir du mal. Certains sont enclins à croire que Dieu utiliserait le mal, comme le font les éducateurs qui se servent du martinet ou de la fessée. Pourtant l’Écriture se porte en faux contre tout cela. Le mal y est clairement décrit comme un ennemi de Dieu. Dieu ne pactise pas avec lui. Dieu ne mange pas avec le diable, même avec une grande cuillère, il en fait son adversaire personnel et ne confie à personne d’autre que lui-même le soin de le combattre.

Ce que l’on constate, dès la première page de la Bible, c’est que Dieu lui même semble en être victime. Il est conscient du fait que le mal ou le diable ou quel que soit son nom s’est emparé d’une partie du monde et des hommes. C’est pour remédier à cela que Dieu décide de passer avec les humains un contrat de collaboration et faire triompher la vie là où le mal propose la mort. Dieu n’attaque pas pour autant le mal de front et ne nous demande pas de le faire. Au contraire il demande à l’homme de se mettre au service de Dieu en faisant le bien. Dieu sait que le bien triomphera du mal, car le mal porte en lui sa propre défaite et le bien porte en lui sa propre victoire.

Nous utilisons nos propres critères de justice, pour organiser le monde, sans vraiment savoir si nous sommes vraiment capables de reconnaître ce qui est « bien » ou ce qui est mal, car le mal et le bien sont étroitement imbriqués l’un dans l’autre. Ce qui est bien sous un aspect peut devenir mauvais vu sous un autre angle. Le mal semble dépendant du bien de la même façon que l’ombre est dépendante de la lumière et en est la conséquence. Nous prenons donc conscience qu’il y a aussi du mal en nous et que notre foi en Dieu ne peut l’éradiquer.

Il est bon alors de se tourner vers l’Écriture et d’entendre Jésus nous dire de ne pas nous attaquer au mal, car c’est le travail de Dieu! Quant au bien, puisqu’il nous est impossible à coup sûr de faire le bon choix Il nous propose de nous y prendre autrement.

Dieu en se révélant aux hommes passe avec eux un contrat de vie. Dieu se révèle à nous comme celui qui fait vivre, même quand la mort semble avoir anéanti tout espoir. Il fait vivre même ce qui a perdu l’illusion d’exister. Ce contrat de vie que nous passons avec lui, est lié à la résurrection de Jésus. Il consiste à faire vivre ou à aider à vivre tout ce qui à vocation à vivre. Il consiste donc à faire des actes qui portent la vie en eux. Nous n’avons pas alors à nous poser la question de savoir si c’est bien ou si c’est mal. Jésus semble dire que tout ce qui provoque la vie est bon, même si celui pour lequel on agit nous paraît mauvais ou perdu, même si nos critères de morale le condamnent. Il nous est alors demandé d’imiter Dieu et d’être porteur de vie. C’est à partir de ce raisonnement simple que sont appelé à agir les aumôniers de prison, par exemple. Comment être présent auprès de ceux que le société réprouve si nous ne sommes pas persuadés que Dieu a pour eux des projets de vie. Nous ne trahirons jamais Dieu si par notre action, nous favorisons tout ce qui fait vivre.le bien et le mal

Certes, la morale des hommes ou la morale sociale verra d’un mauvais œil un tel enseignement, car en donnant des gages de vie au méchant, nous semblons compromettre l’avenir de la société. Est-ce aussi sûr? Il est clair pourtant que Dieu nous demande d’agir de telle sorte que la vie se dégage de nos actions et que le mieux être des hommes doit être l’aboutissement de ce que nous faisons, quels que soient les hommes, même si ceux qui sont « sages » ou plus savants que nous ou mieux informés que nous ou mieux placés que nous pensent le contraire.

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Matthieu 13: 1-23 dimanche 16 juillet 2017

Posté par jeanbesset le 4 juillet 2017

Reprise du 13 juillet 2014

 Semeur 4

Matthieu 13/1-23

Ce jour là, Jésus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer. De si grandes foules s’assemblèrent auprès de lui qu’il monta s’asseoir dans une barque. Toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur parla longuement en paraboles, il leur disait :

 Le semeur sortit pour semer. Comme il semait, quelques grains tombèrent le long du chemin ; les oiseaux vinrent et les mangèrent. D’autres tombèrent dans des endroits pierreux, où il n’y avait pas beaucoup de terre. Ils levèrent aussitôt parce qu’ils ne trouvèrent pas une terre profonde ; mais quand le soleil se leva ils furent  brûlés et séchèrent faute de racines. D’autres tombèrent parmi les épines, les épines montèrent et les étouffèrent. D’autres tombèrent dans de la bonne terre : ils formèrent du fruit, un grain cent,  un autre soixante, un autre trente. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

 Les disciples s’approchèrent et lui dirent pourquoi  leur parles-tu en paraboles ? Jésus leur répondit : Parce qu’il vous a été donné de connaître le Royaume des cieux, et qu’a eux cela n’a pas été donné. Car on donnera à celui qui a et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient pas et qu’en entendant ils n’entendent ni ne comprennent. Et pour eux s’accomplit cette prophétie d’Esaïe : Vous entendrez bien et vous ne comprendrez point, car le cœur ce  peuple est devenu insensible ; ils se sont bouché les oreilles et ont fermé les yeux, de peur de voir de leurs yeux et d’entendre de leurs oreilles, de comprendre de leurs cœurs  et de se convertir en sorte que je les guérisse .

Mais heureux sont vos yeux parce qu’ils voient et vos oreilles parce qu’elles entendent. En vérité, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous regardez et ne l’ont pas vu entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu.

Voyez donc ce que signifie la parabole du semeur. Lorsqu’un homme écoute la  parole du royaume et ne la comprend pas, le malin vient et enlève ce qui a été semé dans son cœur, c’est celui qui a reçu la semence le long du chemin. Celui qui a reçu la semence dans les endroits pierreux, c’est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie, mais il n’a pas de racines en lui-même, il est l’homme d’un moment et dès que survient une tribulation ou une persécution, à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute. Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c’est celui qui entend la parole mais en qui les soucis du monde et la séduction des richesses étouffent la parole et la rendent  infructueuse. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la parole et la comprend ; il porte du fruit : un grain en donne cent, un autre soixante et un autre trente

 

 

 

On a tout dit sur cette parabole tant elle est connue et le prédicateur aura du  mal à intéresser quelqu’un à son sujet. On a dit que ce semeur était d’une générosité incomparable, prodiguant sa semence sur toute la terre, même la plus ingrate. On a dit aussi qu’il était incompétent et qu’aucun homme  de métier ne s’y prendrait  comme lui sans se ruiner. Mais avant tout n’’oublions pas que  ce semeur  n’est pas un homme, mais qu’il est Dieu. Derrière son attitude, il y a un enseignement que nous ne comprenons pas toujours, et peut être aujourd’hui moins que jadis, car nous sommes  devenus des étrangers par rapport aux travaux de la terre. Semeur 5

Mais ce ne sont pas les qualités ou les défauts de ce semeur qui m’intéressent, je m’arrêterai sur le fait que Jésus explique qu’il est normal que certains ne les comprennent pas, car pour les comprendre, il faut avoir saisi ce que signifiait le mystère du Royaume des cieux. Notre but est donc d’essayer de comprendre  ce que représente pour Jésus ce  mystérieux Royaume.

Le semeur moderne doit rester perplexe en face de  ce texte, car on  décrit ici un  semeur qui jette sa semence de partout, sans tenir compte de la nature des terrains, que ce soit chemins pierreux, bonne terre ou broussailles. Quand par hasard, sa semence se met à produire elle, manifeste une productivité fantaisiste. Certains épis donnent  100 pour 1, un autre 60 et un autre 30. Autrement dit le semeur sème n’importe comment et ça pousse n’importe comment ! Ce n’est donc ni dans la manière de semer, ni dans la qualité de la récolte que réside l’enseignement de cette parabole. Ce n’est pas non plus dans l’insouciance et le désordre, mais ce serait plutôt dans la générosité et la gratuité. Le semeur jette tout ce qu’il a et le répand sans discrimination, de partout, et il ne se préoccupe pas de la quantité de ce qu’il récolte. Ce qui l’intéresse c’est qu’il y ait une récolte, et peu importe, semble-t-il qu’il ramasse moins qu’il ait semé. Ainsi, les règles de rentabilité du Royaume des cieux n’ont rien à voir avec les nôtres. Cela nous permet de constater qu’il y a un profond décalage entre  Dieu et nous, entre le ciel et la terre.

Il est bien évident que la manière d’agir du semeur ne concerne pas le travail de la terre mais qu’il concerne plutôt le travail des âmes. Il n’empêche qu’il doit forcément y avoir un point commun entre ce que Jésus nous enseigne et ce que nous faisons. Nous sommes invités à imiter le semeur dans certains de nos comportements. Mais lesquels ?

 Sans doute devons-nous tenir compte du caractère désintéressé de nos motivations,  en sachant que ce qui devrait nous animer en premier chef ne devrait  pas être l’intérêt mais la générosité.  Économiquement ce principe  est parfaitement incompatible avec la vie d’aujourd’hui, pourtant, où que nous soyons, nous devons nous présenter comme les témoins de notre foi selon laquelle nous croyons que c’est Dieu qui gère le monde et non les hommes.

Nous devons vivre notre foi  là où nous sommes et peu importe si le lieu où nous sommes  est propice  à sa manifestation.   Le semeur de la parabole commence son activité  par le chemin, et il continue par les pierres, puis  par les épines et enfin par la  bonne terre où le rendement est très variable. Voici donc une parabole adressée à chacun de nous pour qu’il ne se décourage pas si sa foi n’est pas prise au sérieux. Cela s’applique également à l’Eglise  pour qu’elle ne cherche  pas tant à être efficace qu’à  être fidèle. Il ne faut pas oublier que les œuvres  de la foi ne sont pas forcément celles qui se voient. Une Église trop visible qui aurait la faveur des foules n’est pas forcément fidèle.  Qu’elle cherche donc à donner toute sa mesure à sa générosité en vue du Royaume et peu importe si cela ne produit que de maigres fruits ou pas de fruit du tout. Le but de l’opération n’est pas l’efficacité, mais la manifestation du Royaume. Mais savons-nous bien encore ce qu’est le Royaume?

 Tout le monde serait bien évidemment d’accord pour dire que le Royaume  concerne Dieu mais que dire de plus ? Les sages de notre pays ont été interrogés sur cette question, bien involontairement, il va s’en dire, et ils n’ont pas su répondre. En parlant de « sages » je veux faire allusion à une histoire assez ancienne où des magistrats ont fait figure de sages. Il y a  déjà longtemps, certains pasteurs frondeurs s’étaient avisés de traîner devant les tribunaux les autorités nationales de notre Eglise qui avaient enfreint, selon eux, les règles du code du travail. Les magistrats, peu enclins à faire de la théologie ont pris les plaignants à leur propre piège. Ils se sont saisis de la déclaration de foi de l’Eglise Réformée qui existait encore et dans laquelle on peut lire que  « l’Eglise travaille au réveil des âmes… et qu’elle prépare les chemins du Seigneur jusqu’à ce que vienne par le triomphe de son chef, le Royaume de Dieu et sa justice ».  Ils ont conclut que « travailler à la venue du Royaume de Dieu » n’était pas un travail de la même nature que ce que l’on entend habituellement par cette expression, et ils les ont renvoyés  les plaignants à leurs chères  paroisses, ainsi avaient-ils échappé au piège qui consisemeur 6stait  à définir le Royaume de Dieu en termes  adaptés au monde extérieur à l’Église..

 Pour beaucoup le Royaume de Dieu se confond avec la fin des temps et ils rejettent ainsi dans un avenir lointain la réponse aux urgences du moment. Il me semble que c’est parce que nous nous maintenons dans cette perspective que nos contemporains ne se sentent pas très concernés par notre message puisqu’il envisage une fin des temps qui se confond avec un futur lointain et problématique. Dans une telle vision des choses nous négligeons le court terme. Or c’est dans le court terme que se posent les urgences du moment. Les témoins de Jéhovah en supprimant le long terme et en déclarant que la fin du monde est toute proche, réduisent les distances du temps et répondent donc à leur manière aux urgences de notre époque, puisque pour eux le couvercle de la marmite va bientôt sauter. Leur réponse est sans doute mauvaise pensons-nous. Mais ils en ont une !  Le succès des sectes vient du fait qu’elles proposent une réponse dans le court terme. Qu’en est-il de nous ?

Si nous sommes maladroits pour donner des réponses, l’Évangile cependant en donne une, mais cela nécessite de notre part un comportement différent de celui des autres. Peut-être sommes-nous trop maladroits, trop égoïstes, pour savoir manifester la réponse de l’Évangile.  Il est clair pour lui, que le Royaume de Dieu  relève d’une autre sagesse que celle qui a cours dans la société d’aujourd’hui. Dieu est rendu présent par la spontanéité, la générosité, l’abnégation de ceux qui savent que c’est Jésus Christ qui les habite et qui motive leurs attitudes. C’est par eux que Jésus est présent dans ce monde et qu’il répond à  ses questions.

Pour tout Chrétien conséquent Dieu se tient continuellement à ses côtés, quand il prie, quand il agit ou quand il dort. Le Royaume de Dieu devient une réalité pour nous, toutes les fois que nous prenons conscience que la présence de Dieu en nous, sollicite des attitudes  nouvelles qui sont en décalage par rapport à l’attitude que prendraient les autres dans des conditions semblables.

Il est donc nécessaire maintenant que nous nous interrogions sur notre propre spiritualité et notre  vie intérieure,  car le Royaume de Dieu est en nous. Il est l’expression de la présence de Dieu dans votre âme, autrement dit de votre intimité avec Dieu.  Certes ma question est indiscrète et n’appelle pas de réponse. Mais elle nous invite à un questionnement sur nous-mêmes.

Nous existons parce que le Christ vit et agit en nous, et nous devons nous en émerveiller chaque matin et en rendre grâce à Dieu chaque soir. Et  quand nous le ferons tous, ce sermon n’aura plus de raison d’être.

semeur 10

Illustrations : Le semeur de Van Gogh

 

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Romains 8:9-13 : On ne démontre pas Dieu, on l’entend – dimanche 8 juillet 2017

Posté par jeanbesset le 1 juillet 2017

Romains 8

9 Quant à vous, vous n’êtes pas sous l’empire de la chair, mais sous celui de l’Esprit, s’il est vrai que l’Esprit de Dieu habite en vous. Et si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ, il ne lui appartient pas.

10 Or si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l’Esprit est vie à cause de la justice.

11 Et si l’Esprit de celui qui a réveillé Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a réveillé le Christ d’entre les morts fera aussi vivre vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

12 Ainsi donc, mes frères, nous sommes bien débiteurs, mais non pas envers la chair — pas pour vivre selon la chair.

13 En effet, si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les agissements du corps, vous vivrez.

 

Celui qui croit en Dieu, aussi bien que celui qui n’y croit pas cherche Dieu, car il est sous l’emprise de la chair et  il ne s’est pas encore placé sous l’influence de l’esprit de Dieu qui agit en lui de telle sorte que toute chose devient différente car Dieu ne se démontre pas, il s’entend. Le premier, celui qui cherche Dieu, le fait pour se prouver à lui-même, comme aux autres la réalité de Dieu.  Le deuxième, celui qui ne croit pas en Dieu, le  cherche quand même pour se prouver à lui-même et aux autres, que Dieu n’existe pas. Mais quel intérêt peut avoir un tel exercice ?

En fait l’homme se cherche lui-même et aimerait se situer dans l’univers où il se sent perdu. S’il arrive  par des arguments à se convaincre lui-même de l’une ou l’autre réalité, il se sortira grandit de cette exercice puisque par sa propre réflexion il aura réussit, soit à s’élever au niveau du divin au cas où il serait arrivé à se convaincre de l’existence de Dieu, soit dans le cas de la non existence de Dieu il aurait réussi à se convaincre qu’il n’y a rien au dessus de lui-même. 

Vanité que tout cela constate l’Ecclésiaste, de telles élucubrations ne résistent pas à l’emprise d’un vent contraire. Il n’empêche que ce double exercice auquel nous venons de nous livrer mobilise les hommes depuis que le monde existe et que les hommes se sont entretués au nom de principes qui n’émanent que de leurs élucubrations personnelles sans vraiment  qu’aucune preuve logique ne soit fournie.Gandhi

 Certes, ceux qui prétendent avoir trouvé Dieu le font au nom d’expériences indémontrables. Ils cherchent leurs preuves dans les forces de la nature qu’ils utilisent comme arguments incontournables et qui ont toutes été éliminées à mesure des progrès de la  science. Ils se sont aussi appuyés sur des affirmations philosophiques sur les quelles ils ont étayé leurs théories. La logique pensent-ils veut qu’il y ait  un inventeur  à cette prodigieuse machine qui est l’univers et qu’il y ait un mécanicien pour la faire fonctionner.  Il faut en même temps un concepteur fort habile pour inventer les merveilles qui font que  tout se meut avec harmonie sur cette terre !

Mais de tels arguments sont bien vite dénoncés par ceux qui prétendent le contraire et qui affirment que les malheurs qui accablent le monde, les inégalités entre les espèces et la mort elle-même sont à l’évidence la preuve de la non-existence de Dieu.

On pourrait épiloguer longuement  sur cette question si elle ne cachait pas une profonde angoisse  qui se niche au cœur de l’humanité.  La présence ou l’absence de Dieu ne servent qu’à alimenter des arguments qui  les rassurent, car l’homme a peur en face d’un univers qu’il ne maîtrise pas et que les découvertes apportées par sa propre science ne font que rendre de moins en moins accessibles. Il faut désormais compter en millions d’années lumières pour discerner  dans l’univers la présence d’êtres pensants susceptibles de nous ressembler. Pascal se disait effrayé par l’immensité des espaces infinis.  En fait  en cherchant une logique dans la présence ou l’absence de Dieu, c’est une clé universelle  que nous cherchons, elle qui nous ouvrirait à une meilleure compréhension du monde, mais nous semblons loin d’y arriver. Mmartin Luther King

Malgré  la diversité des  opinions  et des croyances qui nous éloignent  d’une réponse  cohérente concernant le sens  de l’univers,  c’est peut être le Dalaï Lama qui nous ouvre une porte. Dans une interview récente publiée dans la presse religieuse il laisse entendre  que des hommes tels Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela (1)  entraineraient l’humanité  vers une solution qui donnerait du sens à notre existence. En s’engageant résolument sur le chemin de la non violence ils offrent  à notre réflexion une ouverture vers une voie possible.

S’il n’y avait plus de rivalité entre les hommes, le monde ne serait-il pas plus compréhensible ?  En s’écartant  de la problématique de la recherche  du savoir sur l’existence de Dieu, les trois penseurs cités  ne rejoignent-ils pas l’enseignement de Jésus sur Dieu ? En cherchant à ouvrir ses contemporains à la compréhension de Dieu ne disait-il pas que Dieu est amour,  c’est-à-dire  que la vérité sur Dieu selon Jésus nous amène d’abord à un changement de comportement vis-à-vis des hommes, c’est alors qu’ils comprendront Dieu et qu’ils saisiront quel rôle il joue dans l’univers.  Si à force de le chercher  et si nous espérons le trouver c’est en essayant  d’appliquer l’altruisme dans toutes nos relations avec autrui que la connaissance de Dieu se fera en nous.Mandela

 Nous n’arrivons pas à la connaissance de Dieu en cherchant sa manifestation dans  toutes sortes de prodiges et nous ne nions pas la réalité de Dieu en contestant sa  présence dans  les merveilles de la nature. Nous ne démontrerons pas sa non- existence en  niant  les effets de sa présence dans les mouvements de la nature. Dieu n’agit en aucune manière pour se faire connaître des hommes, mais il vient à leur rencontre dans cet espace  réservé à chacun d’eux dans  le secret  et  l’intimité de leur cœur.  Il s’agit pour nous d’aller à la rencontre de ces voies intérieures qui nous habitent et que Dieu utilise pour nous parler.

C’est ainsi que l’esprit de Dieu agit en nous et vient lui-même à la rencontre de notre propre esprit à condition que nous fassions l’effort de l’écouter.  Selon l’enseignement de Jésus l’esprit de Dieu parle en nous par les intuitions d’amour que nous ressentons au fond de nous et qui nous poussent à agir de telle sorte que tous les hommes se portent mieux. C’est en écoutant la voix de son esprit qui parle en nous que Dieu se fait présent en nous et que nous aurons  la certitude de son existence. Dieu ne se démontre pas, il s’entend. Nous aurons la certitude de sa présence quand nous aurons compris son injonction à aller vers les autre, pour construire un monde plus juste et plus fraternel.

 

(1)  Le monde des religions, N° 84 page 69

 

 

 

 

 

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Ecclesia Reformata

Posté par jeanbesset le 21 juin 2017

Ecclésia Reformata : Jean 15/12-17 : une spiritualité de l’autocritique –

 

Fatigués par la répétition des idées du passé, on aimerait que les choses changent en matière spirituelle.  On voudrait innover afin que la pensée au sujet de Dieu se modernise.  Mais, en même temps, on aspire aussi à plus de stabilité. Nous sommes en pleine contradiction intérieure ! On voudrait qu’en matière de foi les choses évoluent et aussi qu’elles restent immuables ! 

 Mais tout cela n’est que fiction ! 

Les idées rassurantes sur Dieu que nous croyions avoir bercé les générations qui nous ont précédées ne l’étaient pas. Le péché pesait d’un poids énorme sur les consciences et vouait à l’enfer quiconque se croyait coupable. La menace était telle qu’on a dû inventer l’existence du purgatoire afin de mettre un peu d’espoir dans la vie des croyants. 

 On avait alors procédé, comme si on pouvait disposer à sa guise de la volonté même de Dieu et dessiner selon la fantaisie des penseurs du moment  les frontières du paradis.  Ainsi se laisse-t-on trop souvent aller à imaginer l’existence d’un Dieu  dont la réalité reste imprécise à notre esprit  et dont on se plait à modifier l’aspect, suivant les idées en vogue. La Réforme avait-elle été le produit  d’une nouvelle mode ?  S’était-elle appuyée sur ce principe quand  elle a défini l’Eglise comme étant une réalité qui devait être réformée et toujours à réformer  afin de proposer aux hommes un Dieu acceptable? 

Si je me suis permis de tels questionnements, c’est que nous ne sommes pas au clair sur la notion de Dieu. Qu’on le veuille ou non, nous avons seulement conscience  qu’il relève d’  une réalité qui nous dépasse. On cherche parfois  à s’en libérer en s’appuyant sur les philosophes du moment, d’autant plus  qu’ayant hérité des idées sur Dieu de nos pères,  il  nous parait opportun de nous en séparer  ou de  les faire  évoluer à notre guise pour nous sentir libres par rapport  au passé.. 

 En fait la question de Dieu ne nous laisse pas indifférents. Qu’on  l’accepte ou qu’on le rejette on  aimerait  que cette intuition sur lui s’accorde avec nos idées modernes. On aimerait que les églises nous y aident en se réformant radicalement.  Cela  ne parait pourtant pas être le cas et nous nous sentons bien seuls face à nos questions spirituelles, car il y a des moments où « ça parle en nous » et pour essayer de capter ces voix intérieures  et les comprendre, nous ne pouvons que nous appuyer  sur ce que nous avons appris des autres. 

Mais qui est ce Dieu, cet Être suprême, ce Tout autre,  celui qui vient ainsi bousculer nos pensées et parler en nous ? Et pourquoi le fait-il ? L’affaire est trop personnelle pour en parler à ceux qui nous entourent,  surtout par les temps qui courent où toute question sur Dieu parait obsolète voire même suspecte.  A qui confier nos inquiétudes, si non à Jésus ? C’est lui qui nous semble le plus à même pour nous aider à percer le mystère de ce Dieu qui vient par moment habiter nos pensées. 

Jésus partait du principe selon lequel  les ancêtres du judaïsme avaient perçu de Dieu,  qu’il était bon.  Cette idée se trouvait dans  les Ecritures qui parlaient  de la générosité d’un Dieu créateur qui accompagnait ses enfants  dans leur histoire. Mais tout cela n’était pas gratuit et tous ne pouvaient se reconnaitre comme ses enfants. Seuls ceux qui se revendiquaient comme appartenant à son peuple le pouvaient et lui  devaient une obéissance absolue.  Cela impliquait donc que  l’on devait rejeter et détester les autres qui n’étaient pas ses enfants, si bien que dans leurs pensées,  l’amour  que l’on devait  à  ses  semblables  était aussi fort que la haine avec laquelle on devait regarder  ses   ennemis. Ces idées avaient  acquis force de loi et impliquaient que l’on devait rejeter quiconque ne partageait pas cette pensée. Tel était le monde dans lequel Jésus a commencé son ministère ! 

L’intimité de Jésus avec  Dieu lui fit entendre une autre  voix. Il comprit que Dieu avait une valeur universelle et  que l’amour pour lui n’impliquait pas le rejet des autres mais impliquait  qu’on devait les aimer  eux aussi. Moïse avait enseigné à séparer  le bon du mauvais  et considérait que quiconque n’était pas avec Dieu  était  son ennemi. Etait-il possible d’entendre Dieu autrement que Moïse l’avait fait ? 

La notion  de blasphème s’imposa alors dans le discours des adversaires de Jésus, on entreprit lentement d’équarrir le bois de sa croix et de forger les clous de son supplice.  La suite donna cependant raison à Jésus. Même si beaucoup de ceux qui se réclament de lui pensent encore le contraire, sans oser le dire, un fait semble  désormais acquis, c’est celui, selon lequel la connaissance  de Dieu peut se transmettre par étapes  et que les acquis de la pensée  à son sujet peuvent toujours s’enrichir. 

Il fallut  bien admettre que la pensée de Jésus était le reflet de la pensée de Dieu et que l’amour  de Dieu pour les hommes impliquait l’amour des hommes pour tous les hommes.  Le péché prit alors une autre coloration et concerna désormais plus  l’offense aux hommes que l’offense à Dieu. C’est encore dur à admettre aujourd’hui !  Sans le dire explicitement, Jésus avait posé un principe  nouveau selon lequel  l’écoute attentive de la parole de Dieu  impliquait  le fait qu’il  était nécessaire de réformer  périodiquement  la manière de dire Dieu en fonction des progrès que faisait la connaissance des hommes à son sujet.   

Héritier de ce nouveau principe sur Dieu l’Eglise était désormais équipée pour la conquête du monde.  Une longue histoire allait commencer. Mais on a plus retenu les persécutions qu’elle subit au cours des premiers siècles  que de la lente acquisition du pouvoir dont l’Eglise s’empara progressivement.  C’est là que le bât blesse. C’est l’empereur Constantin  qui modifia les choses en se donnant  pour  dépositaire de la volonté de Dieu. 

 Au moment de sa conversion, en mettant  le signe de Jésus sur ses étendards, « in hoc signo vinces, » il  imposa la religion chrétienne  comme seule religion de l’empire. La légende  devint vérité et il fut admis  que c’est sous l’effet d’une  vision divine  que le souverain reçut la faveur de Dieu. Cette  vérité s’imposa  au même titre que l’Evangile  et sous couvert des conciles, l’empereur décida de la foi de chacun.

 Il  expulsa les évêques récalcitrants, condamna les hérétiques, et refusa même à Dieu une autre autorité que celle du pouvoir temporel. 

 Evidemment Dieu ne cautionnait pas une telle doctrine, mais on avait réussi à étouffer sa voix ! Et l’Eglise, tout au moins celle qui avait droit de cité, fut bien aise de partager le pouvoir avec le souverain. Les choses furent engagées ainsi pour longtemps. 

Il est bien évident que Dieu ne restait pas silencieux pour autant. Des hommes et des femmes entendaient sa voix mais ceux qui en rendirent témoignage furent  éliminés, exécutés, brûlés. Une chape de silence tomba sur l’Eglise et pendant des siècles, on décida que telle était la volonté  de Dieu !  Puis, les siècles passants,   le cours de l’histoire s’inversa. Le pouvoir changea de camp, la vérité  sur Dieu prit une autre allure. Enfin, sa voix fut à nouveau audible. 

 Il fut alors admis que la volonté de Dieu ne s’imposerait plus  par la force. Le vent de la Réforme contenu jusqu’à présent put enfin souffler et la voix de Dieu à nouveau  se fit entendre. Pierre Valdo,  Jean Huss, Luther et les autres tentèrent une parole à leur corps défendant. Un nouveau principe commença  à s’imposer comme l’expression de ce souffle qui venait de Dieu : Ecclesia reformata, sed ecclesia reformanda. La Réforme naissante découvrait un principe inhérent à la révélation elle-même et sur lequel  Jésus s’était déjà appuyé. 

Elle   s’appropria, sans s’en apercevoir, un principe  qui remontait à Jésus lui-même. Il s’agissait d’affirmer  l’idée selon laquelle aucune  vérité ne pouvait s’imposer  sans être éclairée par une parole de Dieu  qui s’adaptait  au cours du temps. Ni l’église ni personne n’était  propriétaire d’une vérité immuable sur Dieu. L’Eglise désormais devait rendre témoignage d’une pensée capable d’évoluer et qui devait s’adapter  au cours de l’histoire. 

Il fallait désormais que les églises (on passe du singulier au pluriel) cherchent à écouter fidèlement la parole de Dieu et la mettent en pratique. Comment alors écouter, et surtout, comment entendre ? Devait-on tout transformer ou modifier quelques aspects  seulement ? Qui allait s’arroger l’autorité pour interpréter correctement une parole venue de Dieu et la dire aux peuples ? 

Une  assemblée de croyants serait sans doute plus à même  de percevoir cette vérité qu’un seul individu, c’est pourquoi la Réforme adopta le régime des assemblées à tous les niveaux. Mais était-ce normatif ?  Dieu pouvait-il se faire entendre quand des voix venues du monde se confondaient avec la sienne ? Ainsi les  grands problèmes sociaux  bousculèrent-ils les églises au titre même de la fidélité à Dieu. 

 Le problème de la guerre et de la paix, aussi bien que celui des pauvres et des esclaves, celui de la justice sociale, celui du rôle des femmes,  de l’accueil des étrangers, des couples de même sexe de l’écologie n’ont pas cessé de bousculer les consciences dans des églises  toujours en quête d’une parole de Dieu sur toutes les questions qui se posaient à elle.

  La voix de Dieu pouvait-elle être  occultée  par d’autres voix que la sienne  ou se confondre avec elle ?  Les églises ont toujours eu beaucoup  de mal à l’entendre et à réformer leurs institutions pour les adapter aux sollicitations du temps. Mais qu’elles le veillent ou non il leur faut le courage d’écouter,  d’entendre et de réagir. 

Et maintenant, la question posée au début réclame un éclairage qui aidera chacun à savoir  comment interpréter ses  propres voix intérieures. 

De quel Dieu, ces voix  nous parlent-elles ? Qui a autorité pour nous imposer une opinion plutôt qu’une autre ? C’est d’amour plus fort que la mort qu’elles nous parlent. C’est cette vérité, cueillie sur les lèvres de Jésus qui nous  invite à la méditation intérieure  et  qui avoisine à la prière, à la patience aussi, car la vérité a toujours  besoin de temps pour s’imposer. 

 Dieu, qui parle en nous par son esprit aura toujours assez d’amour et de patience pour nous amener  à comprendre quel est le chemin le mieux adapté pour construire notre vie et accomplir avec nous les projets qu’il formule pour tous. Il nous invite alors à nous prendre par la main et  à entrer avec son Eglise dans ce mouvement de réforme permanente  dont dépend notre avenir à tous.

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2 Rois 4/8-16 Il faut prendre Dieu au sérieux – dimanche 2 juillet 2017

Posté par jeanbesset le 21 juin 2017

 2 Rois 4 :8-16

On prendra tout le récit  2 Rois  4/8-37

8 Un jour Élisée passait par Shounem. Il y avait là une femme de haut rang, qui le pressa d’accepter à manger. Dès lors, toutes les fois qu’il passait, il se retirait chez elle pour manger.

9 Elle dit à son mari : Je sais que cet homme qui passe constamment chez nous est un saint homme de Dieu.

10 Je t’en prie, faisons une petite chambre en dur à l’étage, et mettons-y pour lui un lit, une table, un siège et un porte-lampes. Quand il viendra chez nous, il pourra s’y retirer.

11 Le jour où Élisée revint, il se retira dans la chambre à l’étage et s’y coucha.

12 Il dit à Guéhazi, son serviteur : Appelle cette Shounamite. Guéhazi l’appela, et elle se présenta devant lui.

13 Élisée dit à Guéhazi : Dis-lui, je te prie : Tu as fait beaucoup de choses pour nous ; que peut-on faire pour toi ? Faut-il parler pour toi au roi ou au chef de l’armée ? Elle répondit : J’habite au milieu de mon peuple.

14 Il dit alors : Que faire pour elle ? Guéhazi répondit : Hélas, elle n’a pas de fils, et son mari est vieux.

15 Elisée dit : Appelle-la. Guéhazi l’appela ; elle se présenta à la porte.

16  Élisée lui dit : A cette époque-ci, l’année prochaine, tu auras un fils dans tes bras. Elle dit alors : Non, mon seigneur, homme de Dieu ! Ne me mens pas, à moi, ta servante !

17 Cette femme fut enceinte ; elle mit au monde un fils à la même époque, l’année suivante, comme Elisée le lui avait dit.

Mort du fils de la Shounamite

18 L’enfant grandit. Un jour qu’il était sorti vers son père, auprès des moissonneurs,

19 il dit à son père : Ma tête ! ma tête ! Le père dit à son serviteur : Porte-le à sa mère.

20 Il l’emporta et l’amena à sa mère ; l’enfant resta sur les genoux de sa mère jusqu’à midi, puis il mourut.

21 Elle monta, le coucha sur le lit de l’homme de Dieu, ferma la porte sur lui et sortit.

22 Elle appela son mari et lui dit : Envoie-moi, je te prie, un des serviteurs et une des ânesses ; je cours trouver l’homme de Dieu et je reviens.

23 Il dit : Pourquoi vas-tu le voir aujourd’hui ? Ce n’est ni nouvelle lune ni sabbat. Elle répondit : Tout va bien.

24 Puis elle fit seller l’ânesse et dit à son serviteur : Conduis-la et marche ; ne m’arrête pas en route sans que je te le dise.

25 Elle partit donc trouver l’homme de Dieu au mont Carmel. Quand l’homme de Dieu l’aperçut de loin, il dit à Guéhazi, son serviteur : C’est cette Shounamite !

26 Maintenant, cours à sa rencontre, je te prie, et dis-lui : Vas-tu bien ? Ton mari va-t-il bien ? L’enfant va-t-il bien ? Elle répondit : Tout va bien.

27 Dès qu’elle fut arrivée auprès de l’homme de Dieu dans la montagne, elle lui saisit les pieds. Guéhazi s’approcha pour la repousser, mais l’homme de Dieu dit : Laisse-la, car elle est amère ; le SEIGNEUR me l’a caché, il ne m’en a pas informé.

28 Alors elle dit : T’ai-je demandé un fils, mon seigneur ? N’ai-je pas dit : Ne me trompe pas !

29 Élisée dit à Guéhazi : Passe une ceinture à tes reins, prends mon bâton et va. Si tu rencontres quelqu’un, ne le bénis pas ; et si quelqu’un te bénit, ne lui réponds pas. Tu mettras mon bâton sur le visage du garçon.

30 La mère du garçon dit : Par la vie du SEIGNEUR et par ta propre vie, je ne te quitterai pas ! Alors il se leva et la suivit.

31 Guéhazi les avait devancés et il avait mis le bâton sur le visage du garçon ; mais il n’y eut ni voix ni signe d’attention. Il revint à la rencontre d’Élisée et le mit au courant en disant : Le garçon ne s’est pas réveillé.

Élisée rend la vie à l’enfant

32 Lorsque Élisée entra dans la maison, le garçon était mort, couché sur son lit.

33 Elisée entra et ferma la porte sur eux deux pour prier le SEIGNEUR.

34 Il monta et se coucha sur l’enfant ; il mit sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux, ses mains sur ses mains. Il resta courbé sur lui, et la chair de l’enfant se réchauffa.

35 Élisée revint dans la maison et se mit à marcher de long en large ; puis il remonta et se courba sur l’enfant ; alors le garçon éternua sept fois et ouvrit les yeux.

36 Élisée appela Guéhazi et lui dit : Appelle cette Shounamite. Guéhazi l’appela, et elle vint vers Élisée qui dit : Prends ton fils.

37 Elle vint et tomba à ses pieds, prosternée jusqu’à terre ; puis elle prit son fils et sortit.

 Elisée

Il y a des moments où l’actualité de notre foi se trouve enrichie par l’évocation du passé, si bien que la sécheresse spirituelle qui semble traverser nos communautés aujourd’hui se trouve dynamisée par la glorieuse histoire de nos Pères fondateurs. Tout cela se produit en ces temps ci,  quand nos communautés   éprouvent le besoin d’un nouveau souffle.  A n’en pas  douter, vous avez compris que j’évoque  la  modeste réalité  de nos églises d’aujourd’hui, face à l’ampleur de l’événement  que prend  l’évocation  des cinq cents ans  de la naissance du protestantisme.  Nos églises y puisent avec espoir un renouveau qu’elles espèrent revitalisant. Ce n’est pas la première fois que la sècheresse de l’actualité se trouve irriguée par l’évocation du passé.

 

Que retiendront les Églises de cette page d’histoire ? Vont-elles vivre un renouveau ou vont-elles se replonger dans la nostalgie ambiante de ce  XXI eme siècle qui se cherche et qui ne trouve plus dans l’Évangile le carburant nécessaire pour alimenter le moteur de leur  foi ? L’histoire nous le dira.

Nous nous servirons de cet épisode de la geste d’Élisée pour nous aider à comprendre notre propre situation. Mais qui aujourd’hui connait l’histoire d’Élisée et  sait qu’il est compté parmi les grands prophètes de l’histoire d’Israël ?  Aucun livre de la Bible  ne lui est  consacré. On trouve  le récit de son épopée  dans  quelques chapitres du deuxième livre des Rois. Il nous est raconté qu’il reçut avec le manteau d’Élie le double de sa sagesse. Élie, quant à lui, est perçu par la tradition comme le prince des prophètes. Il ne connut pas la mort et fut enlevé vers le ciel par un char de feu, son disciple Élisée vaut le maître.

Élisée qui prit sa suite ne fut  pas le moindre des prophètes. Ce faiseur de roi est connu pour l’abondance de ses miracles. Homme de graElisée 2nde autorité,  il  ne badinait pas avec la morale. Il arriva qu’on l’insultât et  il ordonna aux ours de tuer  ses provocateurs. Ce héro de la foi vivait dans le Royaume du Nord vers l’an –800, à l’époque de la double monarchie. Farouche défenseur du monothéisme de Yahvé, on le trouve à l’œuvre sur tous les plans.

Son histoire fut rédigée beaucoup plus tard après le retour de l’exil, comme la plupart des textes bibliques,  à une époque  où malgré l’activisme des scribes et autres clercs,  on cherchait  à construire  la foi au vrai Dieu.  Le peuple était revenu en Israël après cinquante ans d’exil.  Il  n’y avait plus de roi et si le temple avait été reconstruit, il n’avait pas la splendeur de celui de Salomon. L’ambiance donnait dans le marasme.

Les scribes s’affairaient  en plusieurs écoles à rédiger  les textes de la Bible. Ils étaient sans doute à la recherche de héros dont l’histoire pourrait stimuler la foi. Élisée faisait sans doute partie de ces personnages dont  l’histoire haute en couleur  permettrait de donner du courage à un peuple en manque d’espérance.  C’est apparemment le but de l’épisode que nous étudions dans ce passage. Mais prêtez attention au texte, il agit comme une vraie leçon de théologie, c’est pourquoi   il dit peut être le contraire de ce qu’il raconte  car  la leçon qu’il cherche à donner est ailleurs que dans le récit lui-même.

Nous allons faire une paraphrase de ce texte en insistant sur les éléments clé de ce qu’il raconte. Élisée, trouva grâce auprès d’une femme riche et pieuse qui pourvoyait à ses besoins pendant ses séjours à Sumène, village dont on ne sait rien. Comment la remercier de sa générosité ? Constatant son manque d’enfant et la vieillesse de son mari, le prophète lui promet une naissance prochaine. De quoi se mêle-t-il ?  Une telle promesse aurait mérité un peu plus  de tact et de la délicatesse. Ne se prenait-il pas pour l’ange  qui annonça la future naissance d’Isaac à Abraham ? Mais  il n’était   pas mandaté par Dieu pour cela.

Cette promesse qu’il fit à la femme ne fut pas perçue comme une bonne nouvelle : «  Non, non, mon Seigneur, homme de Dieu ne déçoit pas ta servante » !  Sa protestation  montre peut être qu’elle est porteuse d’un secret que le prophète, malgré son intention de bien faire n’a pas perçu.  Il n’a pas été capable de discernement et il n’a pas compris qu’il s’aventurait dans un domaine où son intrusion n’était pas souhaitée. En cela  il  manquait de la délicatesse dont  il aurait eu besoin  pour  porter un message  de la part de son Dieu qu’il n’a pas consulté, si bien que ses paroles généreuses ne sont pas fondées.

Un enfant  naquit cependant. L’intuition du prophète  avait-elle été bonne ? Mais quand on est homme de Dieu, on ne parle pas par intuition, on parle parce qu’on est chargé d’un message par Dieu, mais Dieu n’avait pas été consulté. Le prophète avait agit  comme s’il savait mieux que Dieu ce qui était bon pour elle.

Puis l’enfant meurt sous le regard assez indifférent de son père. C’est comme si le père blasé s’y attendait,Elisée 3 c’est comme s’il s’attendait à l’événement. C’est comme si cette femme mettait au monde des enfants qui ne peuvent pas vivre longtemps. Ce n’était sans  doute pas sa première expérience dans ce sens.  Était-ce une maladie génétique qui atteignait tous les enfants qu’elle portait, on ne sait ?  Quoi qu’il en soit  Élisée ne comprend toujours pas le double langage de la femme. En la voyant venir à lui, un jour  où il n’y avait pas de raison qu’elle vienne, il aurait du comprendre. Elle lui fit dire que tout va bien alors que tout va mal.  C’est en fait de Dieu qu’elle attend quelque chose  et pas de lui. Mais il met du temps à comprendre son  désarroi.

S’il envoie son serviteur  en toute hâte pour opérer un geste qui semble magique, lui Élisée ne se presse pas. Il espère peut être que son bâton opérera le miracle sans que lui intervienne, comme l’avait fait jadis le bâton de Moïse. Mais ni le bâton de Moïse, ni le sien ne sont magiques. En fait  c’est Moïse qui tenait le bâton et c’est lui,  et non pas le bâton qui accomplit le miracle.  Ici ce n’est pas Élisée qui tient le bâton, et il n’y a pas de miracle. C’est  n’est que sur l’insistance de la femme,  qu’Élisée se déplace, et c’est elle qui invoque l’Éternel et non lui. C’est alors qu’il se permet de faire le même geste qu’Élie avait fait dans une circonstance semblable et qu’il avait réveillé un enfant. Mais à la différence d’Élie, il doit s’y prendre à deux fois, comme si  l’Éternel ne reconnaissait pas sa compétence, mais qu’en fin de compte, par égard pour cette femme il acceptait que l’enfant vive.

On pourrait s’arrêter là, la suite se passe de commentaire. Ce n’est pas parce qu’un homme est célèbre et dont la foi est reconnue que les actes qu’il faits sont le reflet de la volonté de Dieu. Les historiens de la Réforme n’ont pas manqué de souligner les faiblesses des Réformateurs et nous  invitent à en tenir compte. Ici le Livre des Rois nous invite à voir avec sagesse comment, même un prophète prestigieux peut se fourvoyer quand il fait l’économie de la foi dans l’exercice de son ministère. La foi, c’est cette sagesse qui nous vient de Dieu quand on sait avec modestie le mettre au centre de nos préoccupations.

Dans les moments de sécheresse spirituelle, quand on a l’impression que le monde se détourne de Dieu, ce n’est pas l’évocation glorieuse du passé qui redonne du lustre à L’Église, c’est l’humble fidélité de chacun de ses membres à l’écoute de la parole par laquelle L’Église comprendra quelle est la volonté de Dieu dans ce temps précis où nous vivons.

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