Esaïe 52:7-10

Posté par jeanbesset le 30 novembre 2016

7 Qu’ils sont beaux sur les montagnes, Les pieds du messager de bonnes nouvelles, qui publie la paix ! Du messager de très bonnes nouvelles, qui publie le salut ! Qui dit à Sion : Ton Dieu règne ! 8 C’est la voix de tes sentinelles ! Elles élèvent la voix,pieds 3 Elles poussent ensemble des cris de triomphe ; Car de leurs propres yeux elles voient L’Éternel revenir à Sion.9 Éclatez ensemble en cris de triomphe, Ruines de Jérusalem ! Car l’Éternel console son peuple, Il rachète Jérusalem.10 L’Éternel découvre le bras de sa sainteté aux yeux de toutes les nations ; et toutes les extrémités de la terre verront  le salut de notre Dieu

Chacun d’entre nous a au fond de son esprit une idée, ou même une image de Dieu qui lui sert de référence quand le sujet du divin est évoqué devant lui. Cette représentation lui est personnelle et bien souvent il aurait du mal à la décrire si on le lui demandait.  Pourtant, on pourrait croire que l’image à laquelle il se réfère relève de l’éventail classique des représentations que l’on se fait de  Dieu. Pour être sûr de ne pas  égarer leurs interlocuteurs, certains philosophes disent  ne  pas croire en Dieu. Mais en quel Dieu ne croient-ils pas, pourrait-on leur rétorquer  tant les représentions mentales qu’on se fait de lui  sont variées ? Elles vont du « pur esprit »  au « Dieu tout puissant créateur », « du Dieu omniprésent et panthéiste »  au « Dieu secret qui se cache derrière la notion d’amour et nous parle au fond de notre cœur ».  Notre référence à lui reste très privée si bien que quand on parle de lui, à part quelques idées généralement partagées, on ne sait pas vraiment de qui on parle.

 

Et pourtant quand on évoque son nom, on semble se référer à la même réalité, si bien que la conversation que l’on a à son sujet est forcément biaisée parce que sous le même mot se cache une réalité et parfois son contraire. Même si les religions utilisent de nombreux mots pour désigner Dieu, elles se réfèrent croient-elles à la même réalité qui ne se distingue que par quelques nuances  entre les différentes approches   qu’elles font de lui. Selon les uns il est unique, et selon les autres il est trois, selon d’autres encore, derrière son unicité, il cache des quantités de formes divines qui l’apparente au  polythéisme. A la grande surprise de nombreux croyants chrétiens, toutes ces interprétations de la notion de Dieu se retrouvent  dans leur Bible. Un simple exemple suffira à nous éclairer. Dieu est parfois présenté dans les Ecritures sous le mot  pluriel Élohim qui ne correspond pas à la même réalité que Yahvé, et pourtant c’est bien du même  Dieu qu’il s’agit.  pieds 5

Jésus se référait  dans ses discours  à une réalité de Dieu qui était celle du  « Père plein d’amour » qui ne correspondait pas à celle du « Dieu  Juge » de la Loi  sur lequel s’appuyaient les pharisiens. Ainsi en écoutant l’énumération de cette multitude d’approches de Dieu vous vous demandez sans doute où je veux en venir par ce discours déstabilisant.  Vous vous demandez sans doute si je vais vous conseiller de faire le tri et de ne conserver qu’une image qui conviendrait  mieux que les autres, telle celle d’un enfant dans la paille. En fait  pour compliquer un peu plus les choses je vais vous inviter à   constater que notre liturgie du culte dominicale  ainsi que nos cantiques  font référence à plusieurs aspects du même Dieu,  comme si la réalité de Dieu était si complexe que nous avions besoin  de plusieurs  images de lui pour formuler notre foi. Le « Notre Père » s’adresse  à un Père céleste dont nous devons sanctifier la sainteté, alors que  le Dieu auquel nous adressons notre  confession des péchés est toute intériorité et toute intimité. Il est à la fois le Dieu dont nous redoutons le jugement et le Dieu d’amour dans les bras duquel nous nous laissons   consoler.

 Ainsi, nous comprenons que nous ne pouvons nous référer à Dieu  sans utiliser plusieurs images mentales.  Mais toutes ces images relèvent sans doute de la même réalité. Notre expérience personnelle, nous laisse entendre qu’il est bon et qu’il s’intéresse au monde comme à chacun des humains qui habite la terre.  Jésus précise  qu’il se propose de participer à l’établissement de la paix sur terre et qu’il promet  le salut à beaucoup. Il console ceux qui  sont persécutés et s’intéresse à la veuve et à l’orphelin. Tout cela est bel est bon, mais pourquoi n’intervient-il pas avant que nous subissions les effets des catastrophes ? Pourquoi ne gère-t-il pas lui-même ce monde qu’il aime tant ?  Nous donnerions  alors  raison à nos philosophes athées  qui  nient la réalité d’un Dieu qui n’interviendrait pas et ne servirait à rien pour faire avancer les choses ?  Au moment où nous croyons avoir trouvé  une notion de Dieu qui convienne à  tous, voila que ces derniers arguments viennent détruire les  images consensuelles de Dieu que nous avions  réussies à définir.

 C’est alors qu’il faut nous souvenir du texte de la prophétie d’Esaïe que j’avais apparemment négligé jusqu’à maintenant. Voila que surgit à notre mémoire ce verset bizarre que nous connaissons tous, que nous évoquons régulièrement  et qui me pose personnellement un problème : « Qu’ils sont beaux sur les montagnes les pieds de ceux qui apportent de bonnes nouvelles ! » De qui le prophète parle-il ?  Et pourquoi parle-il des pieds et non du visage ?  On a  tant écouté ce verset,  on l’a  tant répété qu’on en a  on oublié ce qu’il a d’incongru.  Ce sont rarement les pieds de ceux qui parlent qui attirent notre attention, c’est plutôt leur visage. Le prophète parle-t-il de lui et par modestie utilise-t-il la partie la moins noble de sa personne ? Parle-t-il de  Dieu ou de celui qui parle en son nom ? 

S’il parle de Dieu, il s’agit d’un Dieu qui a plusieurs visages. Il a tellement de visages qu’on ne sait lequel le caractérise le mieux et le prophète se refuse à trancher entre les différents aspects que peut prendre Dieu, car  il se dissimule derrière chacun de ceux qui sont porteurs de bonne nouvelle. « La bonne nouvelle » est porteuse de paix et de salut pour les nations, « paix » et « salut » sont les deux mots prononcés par le prophète pour caractériser l’authenticité divine du message. Ce sont ces mêmes mots que l’on retrouve dans le message de Noël et dont nous allons développer le sens.

 Lpieds 4a paix selon Dieu, c’est ce qui concerne la plénitude de l’être, elle  désigne l’harmonie dont nous sommes enveloppés quand Dieu agit en nous. Elle fait de nous des êtres parfaits dans lesquels, chaque individu trouve la réalité que Dieu avait prévu pour lui quand il a été conçu et que les vicissitudes de l’existence  ont altérée. Il veut nous récréer à nouveau, c’est pourquoi il prodigue ses interventions auprès de nous. C’est pour cela qu’il prend tous les visages que lui prêtent les circonstances.  Cette paix correspond à l’état de celui qui est sauvé.  Quand la voix de Dieu nous atteint, elle vise à faire de nous ces êtres parfaits dont le destin s’accomplit en Dieu. C’est ce destin qu’il nous promet qui se réalisera si nous nous efforçons de mettre nos pas dans les siens. Dieu donc s’acharne par tous les moyens à nous faire comprendre que tel est notre destin. C’est cette vérité qui se dégage de l’événement de Noël.

 Pour que nous comprenions ce projet qu’il a pour nous, Dieu s’offre à nous sous tous les visages que la situation du moment lui donne de prendre. Ils peuvent être conformes à l’image que nous nous faisons habituellement  de Dieu, mais ils peuvent ressembler au visage qu’affichent  tant d’autres témoins de la bonne nouvelle tel celui de l’enfant de Noël. Il est faible et impuissant mais il porte en lui la réalité de ce Dieu avec lequel nous sommes tous  appelés à assumer notre  destin quoi qu’il arrive et quels que soient les obstacles qui se mettent en travers de notre route.  Tous les moyens  sont bons pour Dieu  pour nous faire parvenir  ce message. Le philosophe athée  découvrira peut être  alors, le visagepieds de Dieu qu’il récuse, mais ce visage prendra le plus souvent  les traits  du visage de Jésus Christ, non pas l’enfant de la crèche, mais celui de l’homme adulte  qui meurt, rejeté par les autres pour avoir prétendu que le but ultime de Dieu était que tous les hommes puissent s’épanouir en Dieu en harmonie avec lui, sans aucune contrainte et en dépit des menaces qui traversent le monde. 

Ainsi, dans une fresque qui nous réjouit, le prophète nous présente-t-il notre Dieu dont il dissimule le visage afin que nous puissions le rencontrer dans toutes les situations où nous nous trouvons C’est pourquoi il parle de ses pieds pour mieux dissimuler  la  multiplicité de visages derrière lesquels il se révèle.

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MMatthieu 1:18-25 naissance de Jésus – naissance du monde 18 décembre 2016

Posté par jeanbesset le 25 novembre 2016

goutte d'eau 2

18 Voici comment arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph ; avant leur union, elle se trouva enceinte par le fait de l’Esprit saint. 19 Joseph, son mari, qui était juste et qui ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la répudier en secret. 20 Comme il y pensait, l’ange du Seigneur lui apparut en rêve et dit : Joseph, fils de David, n’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient de l’Esprit saint ; 21 elle mettra au monde un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. 22 Tout cela arriva afin que s’accomplisse ce que le Seigneur avait dit par l’entremise du prophète :

23 La vierge sera enceinte ; elle mettra au monde un fils

et on l’appellera du nom d’Emmanuel,

ce qui se traduit : Dieu avec nous.24 A son réveil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme chez lui. 25 Mais il n’eut pas de relations avec elle jusqu’à ce qu’elle eût mis au monde un fils, qu’il appela du nom de Jésus.

Il  est des temps hors du temps. Il est une histoire hors de l’histoire. Il est une aventure inaccessible. C’est l’histoire de la goutte d’eau qui pour la première fois se met à vibrer des germes de vie qu’elle contient. Mettez-vous à la place de Dieu et essayez de songer à l’état d’esprit qui se trouvait être le sien. Cette apparition de la vie dans l’univers fut sans doute pour lui un instant d’immense émotion, semblable à celui qu’il éprouva au moment où Jésus vint au monde portant dans ses gènes tout le mystère de l’incarnation. Des milliards d’années avant la naissance de Jésus quelque chose s’était produit quelque part dans les eaux, au cœur de la planète qui n’était pas encore la terre et la vie avait surgi.goutte d'eau 5

C’était une apparence, une chose indéfinissable, une cellule peut être, qui pour la première fois se mit à se diviser de l’intérieur et devint matière vivante. L’événement n’a jamais été raconté et il n’y eut aucun témoin. On sait seulement que ça a eu lieu. On sait qu’après le fracas étourdissant que produisit l’onde de choc qui provoqua la naissance du monde, le Créateur retint son souffle pour que la vibration qui se propagea ne détruise pas ce qu’il avait en tête de voir se réaliser.

C’est ainsi, nous est-il dit, qu’il y eut un soir et qu’il y eut un matin, ce fut le troisième jour, et personne n’était là pour contempler cette merveille, si non Dieu lui-même. Le Créateur qui avait ouvert l’histoire de l’univers par le fracas du big-bang, dont on ne peut pas imaginer la puissance, suspendait son souffle pour contempler une goutte d’eau toute frémissante de la vie qui était en train de se mettre à exister.

Le  même miracle de la vie qui surgit là où cela paraît impossible s’actualise chaque année à cette même époque quand le monde entier suspend le cours de ses activités pour évoquer le mystère de Noël. Une fois encore nous nous redisons les uns aux autres que la réalité fragile qui porte la vie est habitée par Dieu. Nous revivons encore dans un même émerveillement ce moment unique où Dieu mêle sa divinité à l’humanité, comme jadis il avait mêlé son souffle créateur à l’apparition de l’ADN qui de proche en proche avait rempli, la terre de toutes les formes que peut prendre la vie.

A force de science et de patience, les hommes penchés sur leurs instruments et sur leurs ordinateurs, ont retrouvé les traces de l’histoire de la vie jaillie dans une goutte d’eau. Forts de leurs découvertes, au lieu de rendre grâce au Créateur, ils ont pris la grosse tête. Ils ont cru qu’en ayant découvert les secrets de l’origine de la vie, ils étaient devenus maîtres de la vie. Non seulement ils ont continué à en disposer à leur guise, ils ont continué à la supprimer là où elle les gênait. Ils ont aussi cherché à la soumettre à leur volonté, ils s’en sont pris à son mode de transmission et de reproduction. Ils croient pouvoir encore faire évoluer la vie à leur guise sans se soucier de Dieu. Pourtant ils ont des doutes.

Dieu qui contemple tout cela n’en est pas surpris. Il sait que la goutte d’eau qui pour la première fois a porté la vie avait en germe cette prétention de la créature vivante à supplanter son créateur. Le génie humain qui allait se mettre en ébullition au soir du sixième jour de la création était déjà conçu par Dieu pour se révolter contre son Dieu afin de trouver dans l’accomplissement de sa révolte le sens de son destin. En effet dans l’esprit de Dieu tout cela avait du sens et de la cohérence.

S’il  m’a semblé nécessaire aujourd’hui de retourner si loin dans le passé, c’est qu’il fallait rappeler qu’il n’y a pas dans l’histoire du monde d’événement plus important que l’histoire de cette première goutte d’eau et l’histoire de la naissance de Jésus. L’une fait suite à l’autre à des milliards d’années d’intervalle. Le monde mettait en œuvre ce que Dieu avait décidé. Dans un premier temps il s’agissait de provoquer le jaillissement de la vie dans l’univers et dans un deuxième temps il s’agissait pour Dieu de venir s’installer au cœur de l’humanité. Toutes ces choses compliquées, la Bible nous les redit avec la  simpligoutte d'eau 4cité naïve que nous trouvons dans les récits de la nativité.

 -Tout nous est dit sur le projet de Dieu qui vient habiter l’humanité. C’est le récit de la vierge devenue mère qui nous en rend compte.

- Tout nous est dit sur la fragilité de l’existence et sur les menaces de mort qui planent sur la vie à peine éclose. C’est ce que nous découvrons dans le comportement du roi Hérode qui arme ses soldats pour tuer un enfant. Il confirme par son geste l’arrogance de ceux, qui arrivés au faîte du pouvoir le confisquent à leur profit.

- Tout nous est dit des combats que livrent les hommes à Dieu pour lui ravir ses secrets. Nous les repérons en contemplant les savants de Jérusalem qui consultent les Écrits, compulsent la Torah, vérifient les prophéties pour repérer que Dieu a choisi la petite ville de Bethléem pour s’incarner.

- Tout nous est dit de la tranquille assurance avec laquelle Dieu contrôle les puissances hostiles et déjoue les comportements du malin. C’est pour cela que les anges entrent en action, que Joseph écoute et obéit et que tout se passe conformément à ce qui avait été dit.

- Tout nous est dit sur l’espérance offerte à tous les hommes. Mages et bergers, tous sont là pour entendre et rapporter tout ce que l’humanité est en droit d’espérer.

Malgré cela, le monde continue à fonctionner comme si cette histoire n’était qu’une fiction, et comme si le récit de Noël n’était qu’un conte pour enfants. Nous avons du mal à comprendre que Dieu vient au plus intime de la réalité humaine pour la transformer en une réalité divine. Nous n’arrivons pas à croire que Dieu en intervenant dans l’humanité transforme notre destin à tout jamais et nous avons du mal à croire que l’éternité fait désormais partie intégrante de notre avenir. Nous avons du mal à admettre que notre destin n’est pas lié aux promesses d’un progrès humain illimité mais à la certitude que Dieu habite dès aujourd’hui notre vie. Si nous ne savons pas ce que signifie ce mystère nous devons cependant réaliser qu’il est l’aboutissement de la création et que Dieu a prévu que nous soyons concernés. Tout se tient dans ces deux événements où Dieu crée la vie et où ensuite, il vient lui-même habiter la vie.

L’enfant qui naît à Noël n’est que l’enfant d’un jour. Il provoque notre émotion et nous rend conscients de notre vulnérabilité. Nous comprenons au contact de son histoire que si les moutons qui l’entourent dans la bergerie sont inoffensifs, il y a cependant des loups dehors qui tel Hérode cherchent à se nourrir de la vie des autres. Le monde est un monde où les pouvoirs s’affrontent, les vaincus disparaissent et les vainqueurs deviennent plus forts, mais disparaissent à leur tour, vaincus par plus forts qu’eux. C’est la loi du genre. Mais Dieu ne s’y résigne pas.goutte d'eau 3

En  effet, si nous cherchons la vérité il faut la chercher ailleurs que dans les faits marquants de l’histoire des hommes. En se révélant dans un enfant Dieu nous apprend que la vérité reste invisible aux yeux des puissants et que même les savants ne la voient pas. L’enfant a grandi et la vérité sur Dieu est devenue plus pertinente à mesure qu’il se développait et qu’il enseignait.

Nous découvrons dans ce qu’il a dit que Dieu dépose dans tous les hommes,  un ferment d’éternité. Il ne peut se développer que si la sauvegarde de la vie prend le dessus sur toutes les activités humaines. C’est en valorisant la vie de tous  ceux avec qui nous sommes en contact que l’éternité pourra jaillir en nous, par une osmose subtile entre Dieu et nous. L’éternité n’est pas une valeur abstraite sur laquelle nous pouvons disserter sans fondement. Elle fait partie de l’espérance et nous ne pouvons y accéder que si nous la recevons de Dieu quand il nous met en relation avec nos semblables. Pour entrer dans l’éternité, il nous faut donc deux partenaires, Dieu et nos frères en humanité.

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Esaïe 35:1-10 : la terre transformée – dimanche 11 décembre 2016

Posté par jeanbesset le 18 novembre 2016

 Ce sermon a déjà été proposé le 15 décembre 2013


1 Que le désert et la terre manifestent leur joie!

Que le pays sec s’émerveilleConte 1

et se couvre de fleurs,

2 aussi belles que les lis 

Oui, qu’il se couvre de fleurs, et qu’il s’émerveille à grands cris!

Le  Seigneur lui a donné la splendeur des montagnes du Liban

l’éclat du mont Carmel et de la plaine de Saron.

On pourra voir alors la glorieuse présence du Seigneur,

l’éclat de notre Dieu.

3 Rendez force aux bras fatigués,

affermissez les genoux chancelants.

4 Dites à ceux qui perdent courage:

 » Ressaisissez-vous, n’ayez pas peur, voici votre Dieu » 

Il vient vous venger et rendre à vos ennemis

le mal qu’ils vous ont fait, il vient lui-même vous sauver. »

5 Alors les aveugles verront et les sourds entendront.

6 Alors les boiteux bondiront comme des cerfs

et les muets exprimeront leur joie.

Car de l’eau jaillira dans le désert,

des torrents ruisselleront dans le pays sec.

7Le sable brûlant se transformera en étang,

et le pays de la soif en région de sources.

A l’endroit-même où les chacals avaient leur repaires

pousseront des roseaux et des joncs.

8 C’est là qu’il y aura une route

qu’on nommera le « chemin réservé ».

Aucun impur n’y pourra passer, aucun idolâtre n’y rôdera.

Elle sera destinée au peuple du Seigneur

quand il se mettra en marche.

9 Sur cette route, pas de lion;

aucune bête féroce ne pourra y accéder, on n’en trouvera pas.

C’est là que marcheront ceux que le Seigneur aura libérés.

10 C’est là que reviendront ceux qu’il aura délivrés.

Ils arriveront à Sion en criant de bonheur.

Une joie éternelle illuminera leur visage.

Une joie débordante les inondera,

tandis que chagrins et soupirs se seront évanouis.

 

 

Une route s’ouvre dans le désert aride peuplé de bêtes dangereuses devant les immigrants en quête d’une terre d’accueil.  Les broussailles se dressent devant  les pas des voyageurs et leur barrent la route. Elles  les  découragent de s’aventurer plus avant dans ces contrées hostiles. Et pourtant les marcheurs qui n’ont pas d’autres solutions continuent. Il n’y a rien de surprenant dans cette évocation, il s’agit là du paysage habituel du désert si souvent évoqué pour décrire la campagne des pays de la Bible qui était loin de ressembler à un pays où coule le lait et le miel comme l’avait laissé entendre Moïse  aux fugitifs qui l’accompagnaient depuis l’Égypte.

Ils étaient nourris de l’idée qu’ils  allaient prendre possession de ce pays qui allait devenir leur  terre et où une nouvelle vie les attendait en dépit des les déboires de toutes sortes qu’ils allaient rencontrer.  Ces pèlerins audacieux  avaient remplis  leur âme de toutes sortes d’images qui rendent désirable la terre vers laquelle ils orientaient leurs pas.  Tels étaient sans doute les illusions qui permettaient aux  nouveaux venus d’avancer.  D’où venaient-ils ? Le texte ne permet pas vraiment de le savoir.conte 2

Étaient-ils des exilés venus du Royaume du Nord fuyant une première déportation. Étaient-ce  des exilés revenus au pays après la deuxième déportation. Qu’importe. Ils avançaient  vers une terre où ils voyaient s’accomplir leur destin et où ils espéraient bénéficier d’une bénédiction divine. A mesure qu’ils avançaient le ciel se faisait plus doux sur leurs têtes, et leurs pas se faisaient plus fermes sur un  sol moins caillouteux. Les ronces laissaient la place à des herbes moins agressives. Du moins le croyaient-ils. Telle n’est-elle pas l’illusion de tous les exilés qui s’approchent d’une terre qu’ils croient plus accueillante que celle qu’ils ont laissés? Même s’ils ne sont pas dupes, ils ont tous animés par la foi en un avenir meilleur et ils s’efforcent de croire que Dieu habite leur espérance.

Dans leurs pensées la campagne se transforme, les lys se mettent à fleurir, la steppe aride fait place à de verts pâturages où gambadent  les agneaux et les cabris. Les paysans en pleines santé qu’ils croisent sur leur chemin ne sont pas fatigués, toujours joyeux, ils manifestent une éternelle jeunesse. Avec un peu d’imagination nous pourrions nous laisser aller à penser que  le prophète Esaïe qui décrit l’arrivée des exilés en terre d’Israël, se soit inspiré du « conte du Prince charmant » bien que ni les dates ni les lieux ne correspondent. Mais l’idéal du pays enchanteur qui s’ouvre après un parcours hasardeux existe dans toutes les civilisations. Le voyageur qui traverse le désert de la soif n’a-t-il pas à l’esprit  le mirage de l’oasis couverte d’une  palmeraie  accueillante.

Notre récit serait-il la description de cette oasis de bonheur jamais atteinte qu’entreverrait le prophète et qu’il décrirait avec complaisance pour aider son peuple à patienter en attendant un bonheur illusoire qui ne viendra jamais ? On a pris l’habitude de lire ce passage dans le temps de l’Avent, ce moment de l’année où on fait place aux contes et légendes pour mieux dominer la rudesse des temps. On se laisse plus facilement saisir par l’émotion en pensant  que Dieu est descendu du ciel pour se geler dans la paille afin de sauver les hommes. Pourtant, nous le savons bien, Noël n’est pas une illusion et les contes  contiennent eux aussi des vérités qu’il nous faut forcer pour en trouver le sens.Les contes que nous venons d’évoquer contiennent un parcours initiatique qu’il nous faut décrypter si on veut en saisir le sens.

 Sans la clé du texte, nous n’en découvrons pas l’énigme. Ainsi, le Prince charmant doit-il franchir de conte 3nombreux obstacles avant de réveiller la princesse de sa vie qui l’attend depuis cent ans dans un château niché au milieu des bois. Le petit Poucet lui aussi doit suivre un chemin au milieu des bois, mais il connaît la clé de l’énigme et retrouve sa route grâce aux pierres blanches qu’il laisse tomber sur le chemin. Malheur à lui s’il néglige la clé et se croit malin. Il remplace les cailloux par du pain que mange les oiseaux et ce sont les ennuis qui arrivent. Le Petit Chaperon rouge voit deux routes s’ouvrir devant lui. La plus longue contourne la forêt et l’emmène saine et sauve chez sa grand-mère  ainsi que sa galette et son pot de beurre. Elle peut vivre alors sa vie de femme. Malheur à elle si elle fait un mauvais usage de sa clé et si elle brûle les étapes en prenant le chemin qui traverse la forêt. Le loup la devance, mange la grand-mère ainsi que la galette et le pot de beurre et l’enfant par-dessus le  marché.

C’est un chemin semblable qui s’ouvre devant Esaïe, car son récit fonctionne comme un conte de fée. Que l’auditeur ne s’en offusque pas, il sait bien que le récit lui est donné pour qu’il réfléchisse et exerce sa sagacité. Les aveugles ne guérissent pas par simple miracle généralisé, ni les infirmes et l’eau ne jaillit pas en plein désert s’il n’y a pas de source, à moins qu’on l’y amène. Les lions ne disparaissent pas sans qu’on les chasse. Rien ne se fait sur ce chemin du désert si l’homme n’en change le cours des choses.

Et maintenant, où se trouve la clé du texte ? Est-elle dans l’intelligence des hommes et leur bonne volonté ? Le prophète entrevoit-il des jours nouveaux qui se réaliseront quand l’intelligence humaine sera rejointe par la sagesse divine ? L’espèce humaine gagnée par la grâce partagera tous ses talents et chacun échangera son savoir-faire pour le mieux-être de tous. Toute la planète gagnée à l’idéal évangélique deviendra une terre habitable par tous. Ce sera merveilleux, c’est techniquement possible mais ça ne marche  pas ! Et chacun de se poser des tas de questions sans trouver une seule bonne explication.

Les contes évoqués plus haut  pourraient-ils nous ouvrir une autre grille de lecture ?  Même quand on a compris la bonne clé, le conte se poursuit par une incertitude qui est liée à la liberté de chacun et  à laquelle il faut encore apporter une bonne part de hasard. Que sera la suite de la vie de la belle endormie qui se réveille dans les bras de son prince? Nul ne le sait. Quantité de gosses braillards vont-ils hanter le palais au point d’y rendre la vie impossible ? Que chacun imagine la suite. Le peticonte 4t Poucet revient bien à la maison grâce à ses cailloux, mais la famine n’a pas disparu et l’histoire recommencera  jusqu’à son dénouement, bon ou mauvais. Quelle vie attend  le Petit Chaperon rouge qui a fait le grand tour? Il n’a pour s’ouvrir à la vie qu’un pot de beurre et une galette ! Est-ce suffisant ? Et le danger du loup est-il définitivement écarté ?

Face à ces conclusions,  nous pouvons dire que le prophète Esaïe a  cependant raison. Oui, la transformation de l’humanité est possible, oui le partage des ressources est possible, mais il nécessite une prise en main de notre personne par Dieu. Notre conversion est un acte personnel qu’on ne peut imposer à personne. Elle est liée à une relation personnelle que Jésus établit  avec chacun de nous par l’action permanente de son saint Esprit qui plane sur l’humanité et ce que chacun de nous peut  recevoir mais qui ne s’impose  à personne. Liberté oblige.

Il existe encore une clé de compréhension que je n’ai pas mentionnée car je la gardais pour la fin, c’est celle de l’action du péché en nous. Malgré notre conversion et la présence de l’esprit en nous, malgré notre bonne volonté et notre désir de bien faire, le péché  ne  s’est pas écarté de chacun de nous. Il continue à habiter nos bas instincts,  il ne cesse de nous tenter et de plaider le faux  pour le vrai. Chacun de nous est vulnérable et se retient  d’entrer  à corps perdu dans l’altruisme et l’amour inconsidéré du prochain. Le pardon, sans cesse prodigué par Dieu nous permet d’avancer et de rester raisonnables, mais le Royaume promis par Jésus n’est pas encore  accompli. Esaïe en avait l’intuition, Jésus nous a donné les clés pour y arriver,  Dieu nous donne, la foi, l’espérance et la patience pour le construire brique après brique. Il nous donne le pardon, sans cesse renouvelé pour toujours repartir quand nous nous sommes  trompés et que nous avons mal agi. Nous  n’ avons pas toutes les clés en main mais nous en avons beaucoup à notre disposition. Faisons-en bon usage.

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Esaïe 11:1-10 Le monde de demain dimanche 4 décembre 2016

Posté par jeanbesset le 15 novembre 2016

1 Alors un rameau sortira du tronc de Jessé, un rejeton de ses racines sera fécond.2 Le souffle du SEIGNEUR reposera sur lui : souffle de sagesse et d’intelligence, souffle de conseil et de vaillance, souffle de connaissance et de crainte du SEIGNEUR.paradis terrestre 3

3 Il respirera la crainte du SEIGNEUR ; il ne jugera pas sur l’apparence, il n’arbitrera pas sur un ouï-dire. 4 Il jugera les pauvres avec justice, il arbitrera avec droiture en faveur des affligés du pays ; il frappera la terre du sceptre de sa bouche, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. 5 La justice sera la ceinture de ses reins, et la probité, la ceinture de ses hanches.

Le loup séjournera avec le mouton 6 Le loup séjournera avec le mouton, la panthère se couchera avec le chevreau ; le taurillon, le jeune lion et les bêtes grasses seront ensemble, et un petit garçon les conduira. 7 La vache et l’ourse auront un même pâturage, leurs petits une même couche ; le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. 8 Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, et l’enfant sevré mettra sa main dans le trou de l’aspic. 9 Il ne se fera aucun mal, il n’y aura aucune destruction,  dans toute ma montagne sacrée ; car la connaissance du SEIGNEUR remplira la terre comme les eaux recouvrent la mer. Le retour des bannis d’Israël 10  En ce jour-là, la racine de Jessé se tiendra là comme une bannière pour les peuples ; les nations la chercheront, et son lieu de repos sera glorieux.

 Il est des moments où l’imaginaire se croit complice de Dieu et recrée un monde différent de celui où nous sommes. . Cette vision des choses telle que le prophète la prête à Dieu nous entraine sur les rives du rêve et non sur celles de la réalité.   Nous y découvrons le monde de demain  tel que nous pourrions l’imaginer  et non pas tel que Dieu voudrait  que nous l’imaginions. Nous serons, en fin de parcours invités à nous dégager de ce futur  qui ressemble plus à celui de la fée Clochette qu’à celui qu’on pourrait  solidement construire en s’ appuyant sur le respect de la morale et sur la logique scientifique des plus qualifiés de nos chercheurs. Mais ni l’un ni l’autre  de ces mondes imaginaires ne ressemble au projet de Dieu.

 Dans le premier cas nous pensons que le prophète se fourvoie, qu’il invente un monde du futur impossible à réaliser et sur lequel ce n’est pas Dieu qui règnerait mais une absence de Dieu à l’image du monde  de Walt Disney. Dans le deuxième cas, nous  ne pouvons imaginer un futur cohérent  sans prendre leçon  de l’histoire.  Il nous faut alors énumérer tous les échecs  qu’ont connus les sociétés utopiques construites la plupart du temps dans le nouveau monde par des idéalistes fuyant  le Vieux monde à cause de son intolérance  et en réalisant des sociétés encore plus intolérantes. Toutes ont échoué.

 Pourquoi, les prophètes de jadis ont-ils mêlés Dieu à nos rêves les plus fous ?  Pourquoi leur imagination a-t-elle  frisé l’invraisemblable ? Ils nous invitent à imaginer un monde  où les carnassiers deviendraient des ruminants et où les enfants irresponsables  pourraient s’adonner aux exercices  les plus  dangereux sans risquer la mort. En fait, dans l’inconscient collectif, ceux qui se plaisent à évoquer de telles images sont des insatisfaits du monde où nous sommes  et voudraient que Dieu partage leur insatisfaction, c’est pourquoi Ils vont même jusqu’à indiquer à Dieu la procédure à suivre, si bien qu’ils deparadis terrestre 2viennent leur propre Dieu en se séparant  de celui qui opère dans le monde du réel. 

 Esaïe en proposant cette prophétie, ne parle pas d’avenir. Il nous provoque en imaginant que Dieu pourrait  nous proposer un monde futur aseptisé où nous serions privés de toute initiative. Il serait tellement absent de toute violence qu’il deviendrait  impossible d’y vivre. Le mal n’existerait plus, les injustices non plus. Mais ceux qui préconiseraient  un tel monde  oublient que ce sont eux, les hommes, qui en sont les principaux acteurs et que, avant d’en éradiquer la violence, il faut d’abord enlever celle qui est en eux. En effet, si en voulant  faire des loups ou des ours  des créatures fréquentables, totalement différentes de ce qu’elles sont, on  ferait violence à leur nature en  désirant les  transformer selon nos désirs. Cela consisterait en fait, à les faire périr plutôt qu’à les faire évoluer. On voudrait corriger le monde de sa propre violence en lui faisant violence. Ces quelques boutades nous amènent  à constater que la violence dont nous voudrions éradiquer le monde est d’abord en nous avant de la repérer chez les autres.  On pourrait même dire que c’est parce qu’elle est en nous qu’on la repère d’autant mieux chez les autres.

Quand  les prophètes se plaisent  à décrire un monde improbable qui  correspondrait mieux à la volonté du Dieu  qu’ils imaginent, c’est en fait à l’image de Dieu lui-même qu’ils s’en prennent.  En agissant ainsi, c’est  Dieu qu’ils veulent transformer, et non pas les hommes que nous sommes. Nous l’avons compris, c’est pour nous provoquer qu’ils agissent ainsi   Ils veulent nous aider à affronter  la violence du monde  et  celle qui est en nous ainsi que la menace de la mort qui rôde autour de nous sans pour autant la nier.

 Cette prophétie, n’est pas la description d’un avenir enchanteur dans lequel Dieu envisagerait de nous voir évoluer en récompense à notre fidélité  et à nos comportements vertueux.  Ce n’est pas la redécouverte d’un paradis perdu qu’il chercherait à restaurer. Le prophète conteste au contraire notre passivité et notre refus de nous impliquer dans la construction d’un avenir meilleur pour le monde. Ce qu’il dénonce, c’est notre refus d’ agir  et notre désir de voir les choses s’accomplir sans que nous n’ayons  rien à  faire, car  si ce monde doit avoir un avenir meilleur, c’est que nous  sommes impliqués personnellement dans son histoire et que c’est avec nous qu’il se construira. 

Nulle part dans les Ecritures, nous voyons la promesse de voir se créer ’une société passive  où tout se passerait sans que les hommes n’aient à intervenir. Leur bonne conduite, leur religiosité, leur vertu et leur morale sont insuffisantes pour dresser les bases de la société de demain. Il faut aux hommes quelque chose d’autre pour que ce projet réussisse. Ce quelque chose d’autre qui nous est nécessaire, c’est  l’esprit de sagesse et d’intelligence, de conseil et de vaillance, un esprit avec lequel le monde sera géré avec justice.  C’est de cela que parle le prophète au tout début de son intervention et c’est la condition  indispensable de la venue d’un monde meilleur. paradis terrestre 4

Bien évidemment ces qualités particulières nous les avons reconnues dans les vertus du Messie attendu, de Jésus Christ en qui nous reconnaissons le rejeton du tronc d’Isaïe.  Il fut tué par les hommes parce qu’il a cherché à  mettre en place, d’une manière efficace toutes  ces vertus décrites ici.  Il a commencé par préconiser la « justice », c’est-à-dire l’équité à l’égard de tous ceux qui sont en manque d’une manière ou d’une autre. Manque de pain et manque d’espérance,  manque  de foi aussi, santé déficiente  et violence de toute sorte subies par eux. Jésus est venu vers eux au nom de Dieu, il a remédié, dans la mesure de ses faibles forces à leurs manques.

Si Jésus en est mort, c’est parce qu’il s’est senti concerné par celui que les prophètes annonçaient. Il a mis en pratique ce qu’ils disaient, et il  en est mort, mais il n’aurait pas connu un tel destin,  et il ne serait pas mort s’il avait été suivi par tous ceux qui avaient reconnu qu’il agissait au nom de Dieu. Ils auraient alors tout mis en œuvre avec lui pour que la justice divine soit appliquée, pour que les pauvres ne soient pas condamnés à le rester et pour que les petits ne désespèrent plus d’être refoulés au plus bas de l’échelle sociale.

Le monde voulu par Dieu n’était donc pas un monde de rêve où tout serait en contradiction avec les règles de la nature, mais un monde nouveau en contradiction avec les règles de la société que les hommes ont établies à leur profit sans jamais avoir consulté Dieu. Jésus a payé de sa personne pour avoir voulu répondre au désir de Dieu de vouloir changer les choses  mises en place par les hommes.

 Allons-nous maintenant laisser son sacrifice sans suite ?  Il est possible de réaliser  le rêve de Dieu si nous nous mettons à l’œuvre dans le sens où Jésus le souhaite. Il souhaite une forme de justice telle qu’elle s’appuie d’abord sur l’amour du prochain. Il n’est pas question de tergiverser  sur le fait de savoir si cet amour est justifié ou mérité, car en vérité, nous savons qu’il n’est jamais vraiment mérité, et Jésus nous demande d’écarter cette question pour entrer dans l’application de sa vérité selon laquelle nous devons être témoins de son amour injustifié et immérité pour tous les hommes, et de le mettre en pratique là où nous sommes.

 

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Esaïe 2:1-5 Dieu et le destin du monde dimanche 27 novembre 2016

Posté par jeanbesset le 4 novembre 2016

1Paroles d’Esaïe, fils d’Amots, ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem. 2Dans la suite des temps, la montagne de la maison du SEIGNEUR  sera établie au sommet des montagnes ; elle s’élèvera au-dessus des collines, et toutes les nations y afflueront.3Une multitude de peuples s’y rendra ; ils diront : Venez, montons à la montagne du SEIGNEUR, à la maison du Dieu de Jacob ! Il nous enseignera ses voies, et nous suivrons ses sentiers.Car de Sion sortira la loi, de Jérusalem la parole du SEIGNEUR.4Il sera juge entre les nations, il sera l’arbitre d’une multitude de peuples.De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, de leurs lances des serpes : une nation ne lèvera plus l’épée contre une autre, et on n’apprendra plus la guerre.5Maison de Jacob, venez, marchons à la lumière du SEIGNEUR !

Romains  13 /11D’autant que vous savez en quel temps nous sommes : c’est bien l’heure de vous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus proche de nous que lorsque nous sommes venus à la foi. paradis 6

12 La nuit est avancée, le jour s’est approché. Rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière.

13 Comportons-nous convenablement, comme en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauche, sans dispute ni passion jalouse.

 

Les prophètes seraient-ils de doux rêveurs? Les esprits malveillants  pourraient même supposer que pour  ménager leurs effets auprès du public, ils  feraient des promesses merveilleuses qui ne se réalisent pas. Ils emprunteraient  alors  la voix de Dieu pour se donner plus d’autorité, et les peuples  émerveillés  se précipiteraient vers eux.  Une fois leur auditoire captivé, ils changeraient de registre et formuleraient avec la même autorité des prédictions catastrophiques plus en accord avec la couleur du temps. Ainsi ils joueraient  avec les nerfs de ceux qui les écoutent et dans les deux cas se présenteraient  comme porte-paroles de Dieu qu’ils présenteraient comme versatile.  Mais, c’est bien plus compliqué que cela ! Dans leurs prophéties ils expriment d’une part l’enseignement  sur ce  que Dieu espère, et ce serait les prophéties heureuses,  et d’autre part  ils avertissent de ce qui risquerait de se produire si les recommandations de Dieu n’étaient  pas suivies. Le ton de leurs propos serait donc plus  lié à l’opinons changeante des hommes qu’à celle de Dieu.

 Pour le récit qui nous concerne aujourd’hui, nous sommes dans le premier cas de figure. Nous sommes invités à rejoindre le prophète, qui emporté par l’esprit, voit un avenir heureux se profiler à l’horizon. Il voit  l’humanité se rendre en procession  à la convocation du Seigneur pour  assister à sa victoire sur les forces hostiles qui habitent le monde. Joyeusement, les peuples se mettent en marche, sans bousculade et sans fatigue. Ils ont abandonné tout projet belliqueux et ils ont détruit  leurs armes de guerre pour fabriquer des outils agricoles. Paix, prospérité, communion fraternelle, tels sont les slogans qui accompagnent leur marche.

Mais  cette vision qui décrit le bonheur des peuples en marche, en harmonie avec Dieu n’est pas datée dans l’avenir et bien vite elle s’efface pour laisser d’autres visions prendre place, telles celle  d’un nuage de poussière  qui se profile à l’horizon soulevé par des armées en marche qui se préparent à investir tout le pays, à renverser les murailles de la ville sainte et à dévaster le temple de Dieu.  La procession des adorateurs de Dieu tourne alors les talons pour prendre le chemin de l’exil et de la déportation.paradis 8

 On ne pouvait pas plus se tromper ! La paix promise n’était qu’un rêve, pourtant la vision  qui l’annonçait est restée tenace, si bien qu’aujourd’hui encore elle alimente notre espérance. Mais quelle espérance ? Sept siècles après Esaïe, l’apôtre Paul fait à nouveau la même promesse dans le deuxième texte qui accompagnent les lectures de ce jour. Il exhorte à nouveau les croyants à se réveiller pour entrer dans la  longue marche vers le bonheur. C’est pourtant le martyr qui l’attend, ainsi que celui de beaucoup de ces correspondants. Peut-on interpréter aussi mal les promesses de Dieu et se laisser illusionner par un avenir de paix qui sent fort les odeurs des canons, des guerres  et des  persécutions ? Sans doute  les deux auteurs avaient-ils perçu quelque chose de Dieu pour dire des choses  pareilles qui allaient à contrecourant de l’histoire. Est-ce dire alors que nous ne savons pas entendre Dieu quand il nous entraîne sur les chemins de l’avenir.  Est-ce dire enfin  que l’homme ne partage pas avec Dieu la même vision des choses ?

 Faut-il croire  alors ceux qui se payent de bonnes paroles et qui attribuent à  Dieu un vision de l’avenir qui va à contresens de l’évolution du monde ? Sans doute !  Mais cela ne va pas sans risque car le monde n’évolue pas  en fonction d’un avenir déterminé à l’avance par Dieu. C’est le  comportement des humains qui le peuplent qui décident du  destin du monde.   En fait l’action de Dieu, par la bouche des prophètes cherche à  orienter la pensée  et le comportement des hommes de telle manière que leurs actions entraineraient une évolution  heureuse des choses.  Jésus est mort pour avoir voulu affirmer cela et en faire la plus grande partie de son Évangile. Ce n’est pas de la responsabilité de Dieu si les hommes font le contraire. Il ne donne pas des ordres  à respecter pour que les choses aillent bien, mais il propose des comportements.  Il discerne pour le monde une ligne de conduite  susceptible  d’entrainer  l’évolution des choses vers le bienêtre de tous. Dans le cas contraire ce sera la situation telle que   nous  la connaissons qui se produira.

Aujourd’hui, des voix se font de plus en plus éloquentes et reprennent  les avertissements des prophètes de jadis, mais elles se font entendre  comme si les hommes du XXI eme siècle qui les prononcent, découvraient que c’est eux qui inventaient  de nouvelles règles du vivre ensemble, comme si Dieu ne s’était jamais exprimé sur ce sujet depuis l’origine des temps. Les propos d’Esaïe  que l’on s’est empressé d’oublier avaient été considérés comme utopiques, pourtant ils  contenaient les mêmes secrets du vivre ensemble que l’on retrouve aujourd’hui  et selon lesquels l’avenir ne peut se construire que sur la fraternité  et la bonne entente entre tous les hommes, ainsi que l’harmonie avec la nature.  Depuis toujours les prophètes ont dit qu’il n’y avait aucune légitimité qui permettrait aux uns de se dire supérieurs aux autres ou de posséder plus que les autres.

 Ceci est tellement vrai que les livres du Deutéronome et du Lévitique  prévoyait une remise à zéro de toutes les situations tous les 49 ans. Il s’agissait d’annuler les dettes, de libérer les esclaves et de rendre les propriétés à ceux à qui on les avait plus ou moins légalement prise. C’était l’année sabbatique du Jubilée  (Lévitique 25).   L’a-t-on un jour appliquée, je ne sais pas? Mais elle exprimait le désir de Dieu de gérer le monde d’une manière juste qui ne privilégie personne par rapport à quiconque.  Le secret de l’avenir heureux de l’humanité était non pas de dominer les autres mais de détruire tous les moyens de contrainte  inventés pour supplanter les autres. Cette sagesse est toujours la même que  celle dont les plus utopistes d’aujourd’hui se réclament, à cette différence près que ce n’est pas les hommes modernes qui l’ont inventé, mais c’est Dieu qui l’a exprimé  depuis toujours comme étant un élément significatif pour une évolution heureuse de la création.

 Depuis les origines des Ecritures ce sont ces mêmes idées qui constituent le message de Dieu. Elles ont souvent été altérées par le mauvais usage que les hommes en ont fait au nom de leur liberté. Alors que Dieu envisageait une évolution harmonieuse de l’humanité, ce fut le contraire que les hommes ont réalisé. Ils  ont copié à leur profit ce qu’ils voyaient se faire dans la nature, et ils se l’ont appliqué à eux-mêmes. Ils se sont attribué le droit de se dominer les uns sur les autres et  d’accorder au plus fort  des droits sur  le plus faible.

 Face à ce principe inhérent  à la création, ils ont négligé d’entendre ce que Dieu disait à ce sujet. Dieu considérait les hommes comme ses auxiliaire dans le champ du monde pour réguler l’évolution des choses avec sagesse et non de copier à leur profit ce que Dieu leur suggérait  de modifier.  

 Cparadis 9ertes, les hommes avaient tout faux, mais c’était là le prix de leur liberté. Ils s’en sont pris à eux-mêmes et à leurs semblables et c’est l’humanité qui en a souffert ! Combien de millions de leurs  semblables sont restés sur le bord du chemin tandis que ceux qui se prenaient pour l’élite continuaient leur route, se croyant privilégiés aux  yeux de Dieu dont ils ne savaient pas entendre la voix.

 Après leurs semblables, ce fut la terre qui a souffert de ce pouvoir despotique que les hommes, en tout cas ceux qui se croyaient   en situation de domination, se sont attribués.  Ils se sont mis à régenter le domaine animal et ont  détruit à leur profit l’équilibre de tout ce qui porte fruit et  feuilles. Et maintenant, quand il est presque trop tard,  c’est leur propre voix que les plus sages d’entre eux  écoutent, même si la sagesse qu’elle contient est le reflet de la propre voix de Dieu, car ils se croient eux-mêmes les auteurs de ce que Dieu a dit depuis toujours. Pour que ça marche vraiment, il faudra  quand même, en fin de compte, qu’ils reconnaissent  que cette sagesse qu’ils professent leur vient de Dieu. C’est Jésus Christ qui depuis sa venue sur terre  la crie à leurs oreilles  en disant  que la première des choses à faire,  c’est d’aimer et que tout le reste s’imposera par lui-même et que c’est par là qu’il faut commencer.

 C’est ainsi que Jésus a tenté de rendre compte de la sagesse qu’il avait reçue de Dieu pour la partager avec l’humanité toute entière.

Les illustrations sont de Christophe Arellano, peintre Nicaragueyen

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Colossiens 1/12-20 L’harmonie du monde avec Dieu se fait en Christ – dimanche 20 novembre 2016

Posté par jeanbesset le 29 octobre 2016

12 Rendez grâce au Père qui vous a rendus capables d’accéder à la part d’héritage des saints dans la lumière. 13 Il nous a délivrés de l’autorité des ténèbres pour nous transporter dans le royaume de son Fils bien-aimé, 14 en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés. 15 Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute création ; 16  car c’est en lui Harmonieque tout a été créé dans les cieux et sur la terre, le visible et l’invisible, trônes, seigneuries, principats, autorités ; tout a été créé par lui et pour lui ; 17 lui, il est avant tout, et c’est en lui que tout se tient ; 18 lui, il est la tête du corps — qui est l’Eglise. Il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier.19 Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute plénitude 20 et, par lui, de tout réconcilier avec lui-même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix.

 Tout croyant a pour but de participer à la plénitude de Dieu et de vivre avec lui des moments exaltants en partageant la foi  de tous ceux qui l’ont  côtoyé de très près, notamment   Abraham et Moïse qui ont eu le privilège de parler bouche à bouche avec lui pour le premier et de mourir dans ses bras pour le second. Nous aimerions nous trouver aux côtés d’Elie, le plus grand des prophètes qui a eu le privilège de sentir la tiédeur du souffle de Dieu quand il se cacha dans un creux de rocher.  Nous aimerions aussi partager les expériences des apôtres qui ont  vu le Christ ressuscité. Nous envions le privilège de tous ces grands témoins dont les Ecritures nous racontent les moments intimes qu’ils passèrent avec Dieu. Nous sommes frustrés en constatant que de tels moments n’existent plus

 La Bible enjolive les événements du passé pensons-nous, c’est ainsi que par avance nous nous écartons d’une possible intimité plus grande avec Dieu.  Il n’en est rien nous suggère l’apôtre Paul dans ces lignes sur lesquelles nous appuyons ce sermon. Nul, selon lui,  n’est exclu de la possibilité de passer des moments privilégiés ou d’intimité avec Dieu qui toujours reste à portée de notre voix et accessible à notre prière. Cette possibilité nous est donnée grâce au relais incontournable que Dieu nous a donné en Jésus Christ. Encore faut-il faire bon usage de la réalité qui l’habite, car il n’est pas un sous-dieu, ni un substitut de Dieu qui nous parlerait à la place de Dieu et d’une manière plus appropriée qu’il ne  pourrait le faire lui-même.  Jésus est celui qui a su se laisser habiter  par Dieu pour nous le présenter en vérité  tel qu’il cherche à se révéler. Jésus  a su écarter de lui tous les  éléments que les traditions avaient accumulés sur son nom et qui en masquaient la réalité.  Jésus  s’est approché au plus près de lui pour nous révéler à la fois sa proximité et aussi son inaccessibilité.

Si  nous prêtons attention à l’enseignement de Jésus rapporté par les Évangiles, et que nous entreprenons avec lui la construction du Royaume dont il parle, toutes choses deviendront possibles  et nous approcherons de très près le reflet de la volonté divine. A mesure que la construction de ce Royaume voulu par Dieu se précise, c’est la réalité de Dieu qui prend forme. C’est alors qu’il se fait si proche de nous  que nous pouvons partager ce qu’il y a de sublime à son contact.  Mais nous constatons que ce Royaume n’existe pas ! Au contraire nous avons  plus l’impression  de voir la réalité de Dieu s’écarter de nous que de se rapprocher.  Nous  considérons que la construction d’un tel royaume est une fiction et relève d’une utopie irréalisable. Si bien que  la réalité de Dieu n’envahit pas nos pensées, elle s’écarte tellement de nous que nous avonarbredevie 1s peine à imaginer ce qu’elle peut être ?

Paul n’ignorait pas que les hommes avaient tendance à habiller Dieu de tous les oripeaux  que  chacun a tendance à imaginer.   Le Panthéon des images de Dieu produites par les hommes est tellement plein de leurs représentations que les hommes n’y croient plus. C’est pourquoi  Paul nous propose de déclasser toutes ces images de Dieu, non pas pour en créer de nouvelles, mais  pour nous inviter  à réfléchir autrement.   Il nous invite  à emprunter les pas de Jésus et à suivre ses instructions en espérant  qu’à sa suite nous croiserons cette nouvelle réalité de Dieu qu’il appelle son  Père  et qui n’a besoin d’aucune représentation  pour nous faire partager sa divinité.

 Ce n’est pas un visage que Jésus donnait à Dieu, c’est, une qualité qu’il lui attribuait. Elle a la   faculté de changer  la réalité  du  monde si on la pratique : c’est l’amour. Jésus ne l’avait pas découvert  par sa seule réflexion. Jésus avait découvert que cette notion d’amour divin était cachée depuis toujours dans les Ecritures. Les prophètes avaient tenté de la révéler, mais les hommes l’avaient masquée au point de la rendre invisible. Ils avaient préféré  faire de Dieu un être de  colère et de vengeance habité par la jalousie. Ce dieu là, leur ressemblait davantage et  était plus à leur portée. On s’est plu à le dépeindre à la tête des armées célestes pourfendant les infidèles et noyant dans les eaux ceux qui s’opposaient à sa volonté. On nous a rendu sensible  à sa notions de justice, et c’est pour la sauvegarder qu’il aurait fait déborder la mer pour noyer  les populations dans un déluge destructeur ou qu’il aurait contraint le pharaon  à  s’embourber dans la vase de la mer de joncs    puis à se noyer dans les eaux de la Mer Rouge.

 Mais cette violence n’était qu’une apparence, car ce n’est pas sur elle  que semblent insister les Ecritures. C’est en fait sur un  tout autre aspect de Dieu qu’elles suggèrent aux fidèles de porter leur attention. C’est  sur ses gestes de miséricorde qu’elles insistent pour mieux en  nier  l’aspect despotique que l’on prête à Dieu. C’est Caïn qui le premier a bénéficié de sa clémence. Il fut sauvé de la mort méritée, ainsi que Noé et Jonas et bien d’autres.  Jésus    méditant les Ecritures s’est écrié   que Dieu était amour et que c’est en pratiquant l’amour qu’on pouvait le rencontrer. Tout le reste n’est que littérature.  Paul nous invite à retrouver Dieu dans ce principe d’amour dans lequel Jésus nous a transmis la réalité de Dieu. arbredevie 4

Fort de ce principe, Paul nous amène à rejoindre toute la création elle-même pour nous dire que le rôle que Dieu y a joué consiste à  y avoir  injecté le principe  de l’amour comme élément déterminent de son action. Les textes qui nous le transmettent ne s’y trompent pas. Ils nous présentent comment  la grâce et l’harmonie accompagnent la présence de Dieu au moment où se crée le monde.  C’est d’abord la nuit et le jour qui se succèdent, puis les astres qui entreprennent  un immense ballet  cosmique où la lune et le soleil jouent à cache-cache. Puis c’est le tour de la mer  où batifolent les monstres marins d’entrer en scène. Elle baigne la terre qui verdit  en se couvrant d’un gazon nourrissant que broutent les animaux qui le parcourent paisiblement et que le ’hommes créés en même temps qu’eux ont charge de  conduire vers le progrès.

Ce n’est ni la volonté ni la faute de Dieu si les choses ont mal tournées quand les hommes s’en sont mêlés, mais Jésus nous enseigne que  malgré cet échec apparent, toute cette beauté et cette harmonie perdues sont récupérables si les hommes, chargés de leur  maintien et de leur sauvegarde y injectent assez d’amour .

Que la société humaine s’organise selon  les principes que Jésus lui donne, et le monde renouvelé changera et la réalité de Dieu oubliée depuis longtemps redeviendra facteur d’unité. Paul suggère  que telle  est la fonction  de l’Église qui a charge d’organiser la société des croyants.

 Mais cela ne se passe pas comme cela. Le monde est totalement différent de ce que l’on vient de dire ! Cela est vrai, mais il n’empêche que la volonté de Dieu se révèle dans l’enseignement de Jésus. Les hommes n’ont pas d’autre choix  que de se comporter comme Jésus le leur a dit. Si ce n’est pas encore réalisé en ce moment, cela reste de l’ordre du réalisable. Ainsi  la foi qu’il a mis  en nous nous invite à croire que ce qu’il nous a promis pourra se réaliser  si nous croyons vraiment que la volonté de Dieu s’accomplit en lui.

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Malachie 3:19-20 l’espérance pour demain. Dimanche 13 novembre 2016

Posté par jeanbesset le 25 octobre 2016

soleil de justiceespérance 2 

19 Car il arrive, le jour, ardent comme une fournaise. Tous les arrogants et tous ceux qui agissent en méchants seront comme du chaume ; ce jour qui vient les embrasera, dit le SEIGNEUR (YHWH) des Armées, il ne leur laissera ni racine ni rameau. 20  Mais pour vous qui craignez mon nom se lèvera le soleil de la justice, et la guérison sera sous ses ailes ; vous sortirez et vous sauterez  comme des veaux à l’étable.

Que je prie ou que je  ne prie pas, quelle différence ? Si je vais à l’Eglise le dimanche ou si je n’y vais pas, qu’est ce que cela change ? Rien ne se passe vraiment dans ma vie qui ne la rende moins terne et ne  lui donne plus d’éclat. Si des moments plus porteurs d’émotion que d’autres se produisent dans mon existence, ce n’est sans doute pas l’œuvre de Dieu. Ce n’est certainement  pas lui non plus, qui produit les accidents dont je  suis victime, ce n’est pas lui non plus qui est l’auteur de mes succès. Mais puisque Dieu est bon et compatissant selon les Ecritures, et  qu’il est lent à la colère, il est inutile de me tourmenter outre mesure, car je pense quand même qu’il se soucie de moi, même si  je ne le lui demande pas. Les choses ont toujours été ainsi et le resteront encore longtemps.

Ne croyez pas que je cherche à, vous provoquer, je ne parle ni en mon nom, ni au vôtre. Je ne fais qu’émettre les propos que tiennent  beaucoup  de nos contemporains. Ne voyant pas Dieu agir, ils prennent leurs distances par rapport à lui. Ils ne sont pas vraiment incroyants,  mais ils croient en Dieu sans y croire. Ils font partie de cette masse dont Dieu se détournerait volontiers, s’il était comme ils le pensent.  C’est comme ça que les prophètes ont expliqué les grands déboires du peuple d’Israël et qu’ils ont justifié le fait que Dieu  ne soit pas intervenu lors du siège de Jérusalem et de la destruction  du temple. Il se serait détourné d’eux à cause de leur manque de fidélité, si bien qu’il n’aurait  rien fait pour qu’ils n’aillent pas  en  l’exil.

  Pourtant après leur  retour, la leçon n’a pas toujours pas porté ses fruits, ils ont recommencé comme avant. L’histoire se répéterait-elle ? S’ils  ne s’attendaient pas à un châtiment pour leur manque de foi. Ils ne trouvaient plus dans la pratique  du culte la source d’un dynamisme porteur d’avenir.  Aujourd’hui, le peuple désabusé auquel nous appartenons ne pense-t-il pas de même ?  Nous agissons et pensons comme si  Dieu n’éprouvait aucun intérêt à ce que nous soyons son peuple ? N’est-ce pas là l’origine du french baching dont fait état la presse autour de nous ?

Telle pourrait-être la réflexion de l’ange qui nous parle dans ce texte  au nom de Dieu et dont je m’amuse à paraphraser les propos en essayant de les actualiser.  Mais de quel ange parlez-vous se demandent ceux qui ont suivi jusqu’à maintenant? Ils se demandent même si je n’aurais pas l’outrecuidance, en tant que simple prédicateur du jour, de me comparer  à un ange ? Non certes, mais je ne résiste pas au plaisir de faire un peu d’érudition. Il s’agit du prophète Malachie lui-même, dont le nom est construit sur le radical « Malach » qui signifie « ange » en hébreux  et qui en se donnant ce nom ne fait pas preuve de modestie ! Mais  je ne pense pas que vous connaissiez vraiment ce prophète. Il est le dernier des prophètes mentionnés dans la Bible, mais il n’est pas le dernier chronologiquement. Il vivait au moment du retour de l’exil et il portait la parole de Dieu à un peuple blasé qui ne trouvait pas son compte dans  la politique  d’occupation  de son  pays  par les Perses.  

Certes, ils étaient revenus d’exil, mais  leur pays restait un état sous contrôle. Le temple avait été reconstruit  mais il était  moins beau qu’avant. Ils  avaient conservé la liberté de culte, mais la liturgie était moins somptueuse,  la présence des étrangers  sur leurs terres leur compliquait la vie et ils ne savaient que penser de  la présence des juifs au sang mêlé parmi eux. Dieu lui-même semblait victime de leur passivité et  devait se contenter de la médiocrité du culte qu’ils lui rendaient. L’ange Malachie se propose donc  de secouer leur apathie. La morosité était dominante et personne ne voyait vraiment d’avantage à améliorer le quotidien d’une vie  qui était triste comme avant l’exil, sans enthousiasme, comme du temps des rois,  sans vraiment de joie de vivre.  Si vous y voyez une comparaison appuyée avec notre vie actuelle, vous ne vous y trompez pas ! Telle est bien mon intention.

Fallait-il en rester là,  se contenter d’un léger mieux dans leur vie, et remercier Dieu de  cet état de médiocrité auquel  ils étaient soumis ? Ceux qui revenaient d’exil et qui se prenaient pour des gens purs, déploraient le fait qu’on ne leur réserve pas un sort  meilleur que celui auquel ils croyaient avoir  droit. Ils étaient attristés du fait que Dieu ne semblait pas tenir particulièrement compte de leur statut de  victimes de la déportation, leur pratique du culte s’en ressentait. Un chevreau aveugle ou une vache boiteuse étaient bien suffisants pour offrir un sacrifice. Le  prophète avait beau leur dire que Dieu se sentait frustré par de tels comportements, cela ne changeait rien aux choses et la pratique du culte s’affadissait.

Sans qu’on le dise vraiment nous partageons souvent le même ressentiment.  Nous aimerions que la faveur de Dieu  se manifeste plus clairement en réponse à   notre pratique religieuse.  Bien que   nous déclarions que c’est la foi qui sauve et  non  les œuvres,  nous pensons quand même que Dieu pourrait tenir compte de notre manière d’exprimer notre foi. Or il n’en est rien.  Nous pensons pourtant que si un jour nous  nous sommes ouverts à la foi, c’est que Dieu avait  jeté  un regard particulier sur nous  et qu’il avait permis que  nous surmontions tous les obstacles de notre vie pour dépasser les effets du péché. Nous espérons inconsciemment que Dieu tiendra compte  du fait que nous répondons  par la foi aux effets de sa grâce. Sans le dire à personne, nous agissons et pensons comme si Dieu avait créé le monde, les yeux fixés sur nous afin de nous sauver et qu’il l’aurait oublié. 

 Quand nous nous appesantissons sur nous-mêmes et que nous nous interrogeons sur  le sens de notre vie, nous reprochons à Dieu de nous avoir faits comme nous sommes : Pas assez beaux, pas assez intelligents, pas assez grands, pas assez forts, homme plutôt que femme etc. Si Dieu l’avait voulu et nous aimait comme il le prétend, il nous aurait  fait autrement. Nous lui reprochons  ce que nous considérons, en secret et sans le dire vraiment, comme une  injustice. Cela  fait partie de notre désenchantement face à ce monde. Dieu veut-il  qu’il en soit ainsi ? Se met-il en retrait pour nous contraindre à agir ? En fait c’est lui qui a créé les lois de la nature et qu’il les a  soumises au  hasard  de la génétique et de l’hérédité, et  nous en subissons les effets comme le font  toutes les autres créatures. Ce n’est donc pas lui qu’il faut accuser de ce que nous pourrions considérer comme des injustices dans notre vie. Et pourtant, nous le faisons.

 Alors Dieu, joue-t-il quand même un rôle dans tout cela ? Oui, car Dieu ne nous laisse pas nous débattre seuls et sans espoir contre les imperfections de ce monde. Il met en nous la faculté de réagir face à des situations que nous jugeons injustes et il nous rend capables de les surmonter. Il se propose de  rester en relation avec nous grâce aux effets de son esprit qu’il répand sur nous  et c’est par la prière que nous lui adressons  qu’il  devient accessible.  Dieu a voulu qu’un tel message d’espérance soit porté par Jésus qui dispense son esprit en faveur de  tous les hommes, c’est ainsi qu’il éclaire notre  avenir.  Il met en nous un autre regard  que celui de la résignation et de la fatalité. Il nous permet de voir ce qui est beau quand les autres ne le voient pas, il nous permet de voir Dieu à l’action dans le monde là où les autres ne s’en aperçoivent pas. Il nous permet d’inscrire l’espérance dans notre vision des choses.

Le monde ne fonctionne donc pas comme un théâtre de marionnettes dont  Dieu tirerait les ficelles. Nous sommes des produits de l’histoire, nés selon les règles d’un monde encore en voie d’achèvement et Dieu met en nous cet élan dont nous avons besoin pour que notre existence d’hommes évolue le mieux possible vers la perfection à laquelle nous aspirons. Dieu nous a permis de comprendre  cela en aidant Jésus à s’investir totalement dans une vision nouvelle de l’humanité. Il a parachevé le message des prophètes et a  permis aux hommes de comprendre qu’ils étaient totalement immergés  dans la bonté de Dieu et qu’ils étaient invités à la mettre en pratique à leur tour  dans tous leurs comportements.

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Luc 20:27-38 – dimanche 6 novembre 2016

Posté par jeanbesset le 20 octobre 2016

J’avais dit que je proposerai cette années des sermons sur les  autres textes que ceux de l’Evangile, encore faut-il que l’on puisse  écrire un sermon sur les textes proposés. Cette semaine encore ce n’est pas le cas et je vous propose donc, de vous redonner un sermon écrit en 2013 et un autre proposé en 2010 sur Luc 20 : 27-38, le texte de l’Evangile proposé pour le 6 dimanche 2016

 

Luc 20 :27-38 : Une question sur la résurrection. Dimanche 10 novembre 2013

.Anges 6

27 Quelques-uns des sadducéens, qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection, vinrent l’interroger : 28 Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit : Si quelqu’un meurt, ayant une femme, mais pas d’enfant, son frère prendra la femme et suscitera une descendance au défunt. 29 Il y avait donc sept frères. Le premier prit femme et mourut sans enfant. 30 Le deuxième, 31 puis le troisième prirent la femme ; il en fut ainsi des sept, qui moururent sans laisser d’enfants. 32 Après, la femme mourut aussi. 33 A la résurrection, duquel est-elle donc la femme ? Car les sept l’ont eue pour femme ! 34 Jésus leur répondit : Dans ce monde-ci, hommes et femmes se marient, 35 mais ceux qui ont été jugés dignes d’accéder à ce monde-là et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari. 36 Ils ne peuvent pas non plus mourir, parce qu’ils sont semblables à des anges et qu’ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. 37 Que les morts se réveillent, c’est ce que Moïse a signalé à propos du buisson, quand il appelle le Seigneur Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob. 38 Or il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous sont vivants. 39 Quelques-uns des scribes répondirent : Maître, tu as bien parlé. 40 Et ils n’osaient plus lui poser aucune question. .

Pourquoi ne pas aborder les choses franchement et pourquoi biaiser quand il s’agit d’aborder le sujet très controversé  de  la résurrection ? On comprend mal pourquoi les Sadducéens posaient un piège à Jésus  pour aborder cette question qui était un sujet de débat fréquents entre les théologiens de l’époque. Les uns y croyaient  et l’enseignaient,  les autres n’y croyaient pas  enseignaient également à ne pas y croire. Les pharisiens et les Sadducéens, les deux grands courants de la pensée juive à l’époque de Jésus s’opposaient en effet sur cette question.

  Mais quelle que soit la position des uns et des autres, tous n’y mettaient pas le même contenu, même s’ils appartenaient à la même famille de pensée, car tous ne mettaient pas la même chose derrière les mots. En poussant les uns et les autres dans leurs retranchements il apparaissait parfois que certains n’étaient pas aussi éloignés de leurs adversaires qu’ils le laissaient paraître, même si apparemment ils disaient le contraire, tant la question relevait de la sensibilité plus que de l’argumentation théologique.

Il en va de même encore pour aujourd’hui. La résurrection est au centre de la foi chrétienne, mais tous n’y adhèrent pas de la même façon.  La discussion ne porte pas  tant sur la notion de résurrection elle-même  que sur la réalité que ce terme recouvre. Pour les uns il s’agit d’une résurrection physique qui concerne  le corps de l’individu, pour les autres, il s’agit plus d’une réalité spirituelle, pour d’autres encore ce n’est qu’une manière de se référer à l’événement fondateur du christianisme. Entre toutes ces notions, la distance peut être grande, et pourtant, au sein de nos églises, les tenant de l’une ou de l’autre opinion cohabitent et tolèrent  l’opinion des autres sans pour autant  la partager.

 La tradition biblique classique de l’Ancien Testament ne connaît pas la notion de résurrection. Elle  n’apparaît que dans les textes les plus récents et surtout dans les textes deutérocanoniques.  Elle fait une timide apparition  au 2 eme siècle dans le deuxième livre des Maccabées (cf 2 Maccabées 7 ) et envisage la vie des croyants après leur mort auprès du Père. Cette opinion a vu le jour sous l’influence grecque au moment où on a commencé à s’interroger sur l’avenir des croyants  devenus martyrs pour leur foi et  dont la vie trop tôt interrompue  n’avait pas pu s’épanouir. Avant cela, l’opinion classique était que les enjeux de la vie se faisaient du vivant de chaque individu, après quoi, une fois mort, son souvenir s’effaçait doucement dans le Shéol comme un ombre qui lentement disparaît. Telles étaient les deux courants d’idées qui avaient cours du temps de Jésus : Sadducéens, le parti des prêtres,  contre  les Pharisiens, le parti des « intellectuels ».

 Nanges 3aturellement Jésus ne pouvait se tenir hors de la querelle. Ici, elle se fait agressive.  Elle part du parti des Sadducéens qui  cherchent à ridiculiser la résurrection et à mettre Jésus en difficulté. Ils font semblant d’imaginer qu’elle n’est que le recommencement de la vie  après la mort dans une réalité physique semblable à celle du monde des vivants qu’ils viennent de quitter. C’est alors qu’ils rapportent,  par le biais d’une  parabole le cas d’une femme qui  aurait épousé les sept frères de la même famille en vertu de la loi du Lévirat. Cette Loi faisait en effet obligation au frère d’un défunt sans enfant de lui apporter une  descendance en épousant sa veuve. La Bible fait état de cette disposition dans  l’histoire de Ruth et de Booz. La question étant de savoir  duquel à la résurrection  elle sera l’épouse. Le raisonnement est trop simpliste pour être pris au sérieux et suppose beaucoup de sagesse de la part de l’interpelé pour  se tirer d’affaire. Jésus est sage, mais on ne s’attend-on pas à sa réponse.  En fait sa réponse ne prend vraiment de sens que si elle est éclairée par l’événement de sa propre résurrection.

Il faut donc voir dans ce récit  l’état de réflexion où en étaient les chrétiens de la première église quand il leur  fallut étayer théologiquement la question de la résurrection  pour aider les membres de l’Église qui n’avaient pas vécu à l’époque de Jésus à construire raisonnablement leur foi en la résurrection

 Nous avons les reflets de leurs tentatives,  parfois discordantes, sous la plume de Paul  qui modifie sa propre opinion à mesure qu’il mûrit ses réflexions.  Il se voit lui-même tantôt  transfiguré et élevé au ciel, échappant même à la mort physique  (première épître aux Thessaloniciens)  tantôt revêtu d’un corps de gloire qui est devenu spirituel et a perdu toute apparence physique (1 Corinthiens 15/44). La question sur la manière de rendre compte de de la résurrection habitait l’église naissante et Luc ici dans son évangile, écrit  sans doute après les années  70 donne à travers les propos de Jésus une réponse cohérente.

 Luc se sert donc des propos de Jésus pour donner une réponse qui sera celle de l’Église  quarante ans après sa disparition. Jésus insiste sur la notion de vie. Il remonte à Moïse et à l’épisode du buisson ardent pour étayer sa réponse. C’est à partir de cet événement  de la vocation de Moïse que débute réellement l’immense saga qui concerne Dieu et son peuple. Lors de cet événement Dieu avait fait un pacte de vie avec l’humanité par le moyen de la mission qu’il avait confiée à Moïse pour libérer le peuple d’Israël. Ce pacte ne saurait être rompu  sans porter atteinte à la nature de Dieu, ce qui est impossible et absurde. En conséquence ce pacte de vie est inaliénable.

 Dieu y est présenté comme celui qui donne du sens à la vie. Il ne saurait donc y avoir de vie sans Dieu et Dieu se situe dans la durée. Il était au commencement, comme il le sera toujours, dispensant la vie à l’humanité. Si Dieu n’a pas de fin, la vie qu’il dispense aux hommes n’en a pas davantage. Ce raisonnement un peu simpliste devrait nous suffire. Pour entrer dans le projet de résurrection proposé par Jésus, il suffit donc de croire que nous avons  partie liée avec Dieu comme l’avait Jésus. Notre foi en Dieu  nous inscrit inévitablement dans son éternité. Le reste n’est que commentaire.

Sans doute les uns et les autres voudraient aller plus loin. Ils voudraient se forger des images mentales et établir des systèmes rassurants. Jésus ne nous l’interdit pas. Il nous en laisse l’entière liberté. Il nous donne même une piste qui n’est pas  forcément suivie par les théologiens modernes : c’est celle des anges. Mais avant de développer ce point, il nous faut avant tout retenir comme préalable à toute théorie, que nous sommes habités par la vie de Dieu et que la vie en Dieu ne connaît pas la mort.

Quant aux anges que Jésus mentionne à la fin de son propos ils font un peu figure de boutade de sa part  pour répondre à la boutade des sadducéens au sujet de la femme aux sept maris. Ils lui demandent  non sans perversité avec lequel elle partagera sa couche lors de la résurrection. Pour les anges, le raisonnement est subtil mais n’apporte pas d’autre réponse que celle que nous avons déjà donnée.

En fait, il n’y a pas vraiment de théologie des anges dans la Bible. A l’époque de Jésus, comme à la nôtre, certains croyaient fermement à la réalité des anges, notamment celle des anges gardiens. Jésus ne les contredit pas, il y fait même allusion dans Matthieu 18/10. « Les anges, si vous y croyez, dit-il en substance, sont comme Dieu, ils sont revêtus d’éternité et comme eux, vous serez revêtus d’éternité. »anges 4

Les anges ont-ils une réalité physique ? Ont-ils un sexe ?  Amusez-vous à disserter sur cette question, comme les sages théologiens au moment du siège de Constantinople cela vous aidera à passer le temps, mais ne vous apportera aucune réponse. Il faut dire qu’à l’époque de Jésus, la question des anges était d’actualité. On cherchait même à préciser leur nature. Dans le Livre d’Hénoch ( 2 eme siècle avant J.C) on trouve toute une classification des anges qui va du plus simple, au bas de l’échelle,  jusqu’au sommet de la hiérarchie où l’on trouve  les quatre archanges dont les noms nous sont parvenus mais que la Bible n’a pas retenus(1). Le  Nouveau Testament effleure la question en mentionnant seulement l’un d’entre Michel  dans le livre de l’Apocalypse.

La réalité sur la résurrection n’est pas dans nos élucubrations humaines, aussi élaborées soient-elles. Nos théories  n’apportent rien de plus à l’affirmation de la vie qui nous vient de Dieu. Si nous sommes en Dieu notre vie s’absorbe totalement en lui quel que soit notre état.

 

Michel, Raphaël, Uriel, Gabriel

Autre Sermon
 

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Si les théologiens de Constantinople, lors du siège de la ville par les Turcs s’étaient mieux attachés à lire leur Bible, et ce texte en particulier au lieu de spéculer sur le sexe des anges, ils auraient eu la réponse à leurs questions. Ils auraient pu alors concentrer leurs réflexions sur une meilleure stratégie de défense de la ville. Elle n’aurait peut être pas été prise et la face du monde en aurait été changée. Je fais écho ici, à une anecdote sur les préoccupations des théologiens pendant le siège de Constantinople par les Turcs. Ils débattaient sur la nature des anges alors qu’il y avait des questions plus urgentes à se poser concernant leur salut. 

En fait, la question qui est au centre de ce passage est bien celle du salut. Il s’agit de définir le fondement de la foi, et Jésus répond sans ambages que c’est la résurrection. « Si le Christ n’est pas ressuscité, dira Paul dans l’épître aux Corinthiens, notre foi est vaine. » et si notre foi est vaine, nous n’avons aucune espérance, ni dans cette vie, ni dans une autre. Si notre foi ne repose pas sur la résurrection notre message n’a aucune valeur. L’espérance chrétienne repose sur cette certitude et non pas sur des fantaisies comme celles concernant l’existence des anges. Pourtant c’est de cela que semble parler Jéangesus.

Vous l’avez bien compris, Jésus tourne les propos de ses adversaires en dérision. Il n’a pas l’intention de nous entraîner sur des chemins qui mènent à des spéculations sans importance. Ses interlocuteurs en inventant une parabole naïve veulent le faire tomber dans le panneau des contradictions. Comme toujours, Jésus s’en sort en détournant le coup. Il parle des anges pour rester à leur niveau, mais en même temps, comme s’il entrait dans leur jeu il donne une information incontournable, à savoir que celui qui croit n’est plus concerné par la mort. Oublions donc les anges et le paradis et attardons-nous sur la question de la résurrection, car c’est là la vraie question. Jésus, en s’appuyant sur les textes nous dit que la mort n’a plus d’importance. Elle est dépassée, elle est réduite à une illusion et elle n’a aucune emprise sur notre devenir. 

 C’est la question de Dieu qui préoccupe Jésus. Qu’est-ce que Dieu pour toi semble-t-il nous demander ? Dieu joue-t-il un rôle fondamental dans ton existence ? Ce faisant, Il nous montre  d’une façon surprenante dans quelle direction il faut chercher la réponse. Et pour cela il nous fait remonter jusqu’à Moïse en faisant   allusion à cette vieille histoire du buisson qui brûle sans se consumer.

Nous avons tous lu ce récit décrivant la présence de Dieu quand il parle à Moïse au travers d’un buisson(1). Dieu se présente à lui comme le Dieu de tous ceux qui étaient avant lui, le Dieu d’ Abraham, d’ Isaac et de Jacob, le Dieu de ses pères. Il ajoute, mais ce n’est pas dans la citation de Jésus: « Je suis celui qui suis ». C’est cette expression qui a de l’importance. Si elle n’est pas dite, c’est pour que vous notiez son absence afin que vous la remarquiez mieux.

Dieu se présente comme celui qui conjugue sa présence au monde par le verbe exister. Les générations passées se sont confiées en lui, et en lui elles ont continué à exister. Elles ont trouvé en lui le sens de leur vie et la mort n’a pas eu le dernier mot sur elles. Dieu est celui qui donne la vie à tout ce qui est menacé par la mort. C’est parce qu’en lui, la mort disparaît que notre vie prend du sens. Pourtant, depuis que nous sommes en âge de comprendre ou de réfléchir on nous a enseigné comme une évidence que tout ce qui vivait était destiné à mourir.

Dieu se porte en faux  contre une telle facilité de langage. Jésus affirme qu’en  intervenant dans nos vies, Dieu change notre destin et transforme en espérance notre existence qui était inscrite dans un programme de mort. Tout le témoignage des Ecritures va dans ce sens. Elles trouvent leur  fondement dans l’histoire du peuple de Moïse, nous y revenons, qui  menacé de mort certaine, par un dur esclavage  en Égypte se vit promis à une vie nouvelle par l’intervention de Dieu. C’est autour de cet événement que tourne toute la révélation. C’est en l’évoquant que Jésus nous rappelle que la réalité de Dieu est porteuse de vie et qu’elle impose la vie là où la mort est considérée comme l’aboutissement normal de l’existence.

Cette  idée chemine tout au long des Ecritures et prend place dans le témoignage de la plupart des écrivains bibliques. Elle s’achève dans le récit de la passion de Jésus.      Elle décrit sa  mort en termes de victoire sur le néant et d’ouverture sur l’éternité. 

Cette  idée est déjà présente dès les premières pages de la Bible. Au commencement quand le monde incréé n’était encore qu’une masse informe et que le tohu-bohu régentait le chaos primitif, l’intervention de Dieu fut décrite comme l’injection de la vie dans ce qui ne vivait  pas encore. La mort serait donc  à l’origine des êtres, elle n’en serait pas la fin. C’est la mort qui était déjà dans le commencement et c’est la vie qui donne du sens à ce qui va advenir. L’histoire des hommes commencerait  donc par leur mort et s’achèverait dans une vie qui n’a pas de fin.

Il en va de même pour les hommes que nous sommes. Dans une conception normale des choses, dès le premier balbutiement du nouveau-né, son existence s’inscrit dans un programme de mort dans lequel s’achèvera sa vie le plus tard possible. Il est banal  de dire que l’enfant apprend à mourir en même temps qu’il apprend à parler. Car sa vie ne saurait s’achever autrement que par sa disparition. Jésus pour sa part voit les choses autrement et il nous apprend  à nous aussi, à les voir autrement.  Dès son premier pas, l’enfant doit apprendre à marcher vers ce Dieu qui échangera sa mort déjà prévue contre la vie qui lui est donnée.

La  rencontre ou la découverte de Dieu est un moment fondamental de notre existence à partir duquel tous nos comportements prennent une autre valeur puisqu’ avec lui ce qui est irréel devient réel. Ce qui est passager devient éternel. La présence de Dieu rend les choses tellement différentes que l’on ne sait pas comment on pourrait prétendre croire en lui et garder ses distances par rapport à lui.

Tous  n’en sont pas conscients, tous ne savent pas  percevoir le moment  où, surgissant des profondeurs de nous-mêmes, Dieu s’impose à nous et modifie notre manière d’exister. Si l’expérience est offerte à tous, tous ne la vivent pas vraiment. Jésus s’est alors efforcé de nous donner des repères  pour permettre  de discerner la  présence de Dieu. Dieu est présent, toutes les fois que les forces négatives qui nous entraînent vers la mort sont conjurées. Il est présent dans l’espérance qui permet au plus faible d’avancer. Il est présent dans l’audace du juste qui défie la mort alors qu’on le cloue sur le bois. Il est présent quand, malgré l’injustice qui lui est faite l’innocent continue à prier. Jésus nous apprend à découvrir la présence de Dieu, non pas dans ce qui est spectaculaire, mais dans ce qui transforme notre vie intérieure.

Plutôt que de se rendre visible à tous, Dieu tient à être découvert par chacun des humains qui habitent cette terre. Nous discernons alors sa présence dans les tressaillements de notre cœur quand nous sommes épris d’amour pour les autres. Avec confiance, nous entrons   alors    dans une autre conception de la vie..

Il est difficianges 5le de mettre des mots sur cette réalité, car tout cela n’est encore que mystère. Mais ce mystère contient la vie, et la vie ne peut être anéantie. Ce mystère est si profond que nous sommes amenés à  croire que même ceux qui n’y entrent pas ou qui ne le comprennent pas, ont quand même leur part à cette vie que la mort ne peut détruire.

Et  les anges me direz-vous ? Vous avez sans doute compris qu’ils relèvent plus d’une manière de parler que d’une réalité. C’est sans doute décevant car cela manque de merveilleux, mais n’est-il pas plus exaltant de savoir que Dieu, nous intègre depuis  toujours dans un processus de vie qui prévoit notre dépassement continuel.

 

(1) Exode 3: 6Dieu dit : n’approche pas d’ici, ôte tes sandales de tes pieds, car l’endroit sur lequel tu te tiens est une terre sainte. Et il ajouta : C’est moi le Dieu de ton Père, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob Moïse se cacha le visage, car il craignait de diriger ses regards vers Dieu… 13 Mais s’ils me demandent quel est ton nom que leur répondrai-je? Dieu dit à Moïse : je suis celui qui suis…

 


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Luc 19:1-10 Zachée – dimanche 30 octobre 2016

Posté par jeanbesset le 12 octobre 2016

Luc 19 :1-10 Zachée Dimanche 30 octobre 2016 Zachée 2

1Jésus entra dans Jéricho et traversa la ville. 2 Alors un homme du nom de Zachée qui était chef des péagers et qui était riche 3 cherchait à voir qui était Jésus ; mais il ne le pouvait pas, à cause de la foule, car il était de petite taille. 4 Il courut en avant et monta sur un sycomore pour le voir, parce qu’il devait passer par là. 5 Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux et lui dit : Zachée, hâte-toi de descendre; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. 6 Zachée se hâta de descendre et le reçut avec joie. 7 A cette vue, tous murmuraient et disaient : Il est allé loger chez un homme pécheur. 8 Mais Zachée, debout devant le Seigneur, lui dit Voici, Seigneur : Je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. 9 Jésus lui dit : Aujourd’hui le salut est venu pour cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham. 10 Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. 

 L’histoire biblique nous montre que le même homme peut chercher Dieu tout en se cachant de lui. L’homme est un être secret dont on a de la peine à percer les mystères de l’âme. C’est ce que semble nous montrer le récit d’Adam et Eve qui se cachent de Dieu dans le jardin des Ecritures tout en restant à portée de sa voix, comme s’ils voulaient que malgré tout Dieu les trouve quand même. Ce fait n’est pas exceptionnel, il fait partie des expériences que nous faisons très souvent sans en prendre conscience. 

Nous  retrouvons dans l’attitude de Zachée cet aspect secret et mystérieux du comportement humain. Nous commencerons par nous interroger sur la raison qui le pousse à courir au devant de la foule pour monter sur un arbre. Il court sans doute pour ne pas être vu par ceux qui le précèdent. Il veut voir Jésus sans être vu. Le terme voir est utilisé par deux fois, c’est dire la force de son désir. Inconsciemment il joue au  jeu de cache-cache avec Jésus. La foule y prend aussi sa part.Zachée 4

Il ne veut pas être vu de la foule, c’est pourquoi il la devance en courant pour monter dans son arbre afin de n’être vu par personne. Il a conscience du ridicule de sa situation si on le voyait escalader les branches de l’arbre. Il a donc bien préparé  son entrevue avec Jésus. S’il avait été vu par quelqu’un, le texte n’aurait pas manqué de le dire car la scène qui nous amène à imaginer ce petit homme se hissant sur les branches basses de l’arbre aurait quelque chose de cocasse qu’on n’aurait pas pu laisser passer. Il suffit de laisser le champs libre à notre esprit pour imaginer ce petit homme qui ne doit pas être tout jeune et qui à cause de sa fonction de notable a peut être de l’embonpoint. Nous le voyons en train de s’agripper aux branches du sycomore dont la particularité est d’avoir des branches proches du sol, gêné par sa tunique dans la quelle il se prend les pieds tout en perdant ses babouches. Non, il avait bien conscience de l’aspect comique de sa situation, c’est pourquoi il ne voulait pas être vu et il s’y est pris à l’avance.

Mais s’il est à califourchon sur les branches basses de l’arbre, tout le monde peut le remarquer, et Jésus en particulier. C’est là la règle du jeu de cache-cache : se cacher pour être vu. On se dissimule à l’autre, en sachant que l’on sera finalement vu, sans quoi le jeu n’aurait pas d’intérêt.

Il  ne veut pas être vu par la foule, parce qu’il est péager, percepteur des impôts. Il n’était pas aimé par ses concitoyens qui le considéraient comme un traître qui s’était enrichi en pactisant avec l’ennemi. Les péagers, étaient des juifs qui achetaient leur charge aux romains. Ils leur avançaient la somme qui leur était nécessaire pour leur administration, c’était une très grosse somme. Ensuite ils se faisaient rembourser en prélevant sur leurs concitoyens le montant de ce qu’ils avaient avancé à l’occupant. Bien entendu, ils se prélevaient bien davantage que ce qu’ils avaient mis à leur disposition. Il est précisé ici, qu’il était le percepteur en chef. C’est dire qu’il était particulièrement riche et qu’il était particulièrement mal considéré. Cela explique en partie qu’il voulait se cacher de la foule.

Zachée 3
S ‘il n’était pas monté dans son arbre, il aurait eu du mal à voir Jésus parce que la foule était trop compacte pour qu’il puisse l’approcher et en plus, il était de petite taille, nous est-il dit. Mais à mon avis c’est un faux argument, tant il est vrai que l’on plaide souvent le faux pour cacher le vrai. S’il a su contourner la foule pour monter discrètement dans le sycomore, il aurait pu facilement la contourner pour arriver à proximité de Jésus en faisant état de sa personnalité de notable. Rien ne l’empêchait de s’approcher de Jésus, de bousculer ceux qui lui auraient barré le chemin et de se jeter à ses pieds, de baiser le pan de sa robe, et de lui dire qu’il est un misérable pêcheur et qu’il se repent de tout le mal qu’il a fait.

Mais  telle n’était pas son intention, c’est ce que nous verrons dans les propos qu’il échangera plus tard avec Jésus. Son intention était bien de voir Jésus sans être vu par lui. C’est en tout cas ce qu’il a voulu faire, en se dissimulant dans les branchages. Quant à l’argument de sa petite taille, il n’est évoqué que pour mieux cacher la vérité, comme ce fut le cas pour Adam qui avait l’habitude d’être vu nu par Dieu et qui tout à coup a pris ce prétexte pour se cacher de lui. 

Nous  sommes souvent ainsi en face de Dieu. Notre âme est partagée entre le désir qui nous pousse vers lui, et la crainte de perdre notre liberté si nous nous approchons trop près de lui, comme si Dieu pouvait mettre notre liberté en danger ! Nous aimerions pouvoir vivre en amitié avec Dieu, tout en étant libre de dire le contraire. Voilà le mystère dans lequel nous évoluons trop souvent. N’y a-t-il pas au fond de nous une crainte révérencieuse de Dieu qui établirait des distances entre lui et nous comme ce fut le cas pour Adam qui ne savait pas que son geste de désobéissance allait le rendre libre face à Dieu alors que jusqu’alors il lui était aliéné? En nous laissant approcher encore plus près par Dieu n’est-ce pas vers la liberté que nous allons et non vers une aliénation?

Qu’est ce qui produit cette crainte de Dieu ? Je ne sais ! La théologie protestante de la grâce évacue un peu trop vite ce sentiment en affirmant un peu vite que Dieu pardonne tout et nous délivre de tout. En disant cela nous faisons abstraction de cette crainte, que nous n’arrivons pas à formuler vraiment et qui nous met mal à l’aise quand la proximité de Dieu est trop forte. Et pourtant cette crainte est bien réelle.

Zachée avait trouvé la bonne solution ! Il savait qu’il allait être repéré par Jésus. Il le désirait secrètement sans doute, mais sa position élevée dans l’arbre lui permettait de garder les distances.  Jésus ne s’encombre pas de ces arguments. Il va au-delà du souhait secret de Zachée. Plus moyen de se cacher, Jésus s’invite chez lui.  Zachée peut alors se tenir en vérité devant Jésus ! Plus de crainte, plus de dissimulation. 

Zachée ne fait pas une confession de ses péchés comme on aurait pu s’y attendre. Était-ce nécessaire ? Devant Jésus, Zachée se découvre comme il est : un homme bon et généreux, et cela suffit à l’un comme à l’autre. En dépit de ce que pensent les hommes qui en font un homme impur et un ennemi du genre humain, devant Jésus, Zachée apparaît comme un être bien différent. Il porte bien son nom, qui signifie curieusement « le juste ». Il devient pur. Peu lui importe que la synagogue et les gens de son peuple l’aient rejeté. Il s’assume comme il est devant Jésus et Jésus ne le contraint nullement de changer en quoi que ce soit.

Il  voulait voir Jésus sans vouloir le rencontrer. Il avait peur qu’il lui demande de changer, de tout abandonner pour le suivre comme il l’avait dit au jeune riche quelques temps au paravent. Mais sa vie avait déjà changé, car son souci pour autrui était devenu prioritaire dans son comportement. C’est la priorité qu’il donne à l’autre qui est exemplaire, si bien que sa fortune n’est aucunement un handicap à une relation heureuse et intime avec Dieu.

Zachée
Comme  Zachée, beaucoup de gens sont sensibles à l’appel de Dieu, mais ne veulent pas qu’on les remarque. Ils ont peur qu’on leur impose des changements dans leurs comportements, ils n’ont pas envie de rejoindre une église dont ils ne veulent pas partager les choix de société. En fait ce n’est pas de Dieu qu’ils ont peur, mais de l’image que les hommes en donnent.

Cette simple remarque nous plonge dans un abîme de réflexion, car elle nous amène à constater que si Jésus promet le salut à Zachée et le traite de Fils d’Abraham, il ne l’invite pas à le suivre ni à rejoindre la synagogue que lui-même fréquente. Tout cela n’empêche pas Jésus de demeurer chez lui et de partager son quotidien. Pour que cela puisse se produire, il faut que Zachée descende vers Jésus du haut de l’arbre dans lequel il se cache. Zachée ne reçoit aucune consigne particulière de la part de Jésus. Zachée est assez averti dans la foi pour savoir ce qu’il doit faire sans qu’on le lui dise. C’est ainsi que nous devons être devant Dieu : des hommes et des femmes suffisamment responsables pour comprendre sans qu’on le  leur dise, quel est le sens de leur vie pour aller de l’avant.

Le retable de ND des neiges abbaye Charles de Foucault d’où est extraite l’illustration de Zachée

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2 Timothée 4: 6-8 Paul médite sur son sort en prison – dimanche 23 octobre 2016

Posté par jeanbesset le 27 septembre 2016

6 Quant à moi, en effet, je suis déPauljà répandu en libation, et le temps de mon départ est arrivé. 7 J’ai mené le beau combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. 8 Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juge juste, me la donnera en ce jour-là, et non pas seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront aimé sa manifestation.

 A  mesure que les années passent, le regard que nous portons sur nous-mêmes  et sur les autres, change au point que  nous avons  une autre  conception des choses. Ce n’est pas que nous devenions plus sages, mais  c’est que notre pensée mûrie d’expériences plus nombreuses à tendance à relativiser les événements. Notre esprit plus réfléchi et moins entreprenant calme nos ardeurs tandis  que notre corps lui-même est moins spontané à réagir. La foi elle-même prend des teintes nouvelles, si bien que l’on peut se demander si ce Dieu qui, dans un premier temps nous poussait à l’aventure, ne nous invite pas de temps en temps  à  ralentir notre marche en avant et  à faire une pause.  Nous rejoignons ici l’apôtre Paul qui constate qu’il  est arrivé en fin de course et qu’il doit faire le point sur ce qu’à été son parcours. Il reste serein, malgré les épreuves qui l’attendent. Il reste aussi lucide sur lui-même et prêt à affronter  les nouveaux défis de la vie avec foi, même si ce sont les derniers.

 Il repense sans doute aux aventures qu’il a vécues en suivant ce Dieu qui l’a surpris un jour  après une chute de cheval et à la suite duquel il s’est engagé. Ce fut une longue aventure qui commença par une fuite hors des murs de la ville accroupi au fond  d’ un panier dans lequel on l’avait descendu pour le soustraire à ceux qui déjà le persécutaient. Ce fut  ensuite une longue errance dans le désert qu’il consacra à construire sa foi. Parti au service de Jésus, il traversa mers et déserts sans jamais s’arrêter. Contesté par les uns, adulé par les autres, trainé devant les tribunaux, il parla aux grands et aux petits, dressa des communautés de croyants. A peine arrêté, il repartait à nouveau. Telle fut la vie qu’il lui a plu de mener par fidélité à celui  à qui il avait consacré sa vie.

 Au terme de cette lettre à Timothée, il fait le point sur ce qu’il a été et devine le sort que les hommes lui réservent. Apparemment, le voila à nouveau en prison dans les geôles de Néron qui, on le sait ne fut pas tendre avec les chrétiens. Il pressent qu’il fera partie de la prochaine charrette, mais nous n’en savons rien car tout cela n’est que supposition. Ce qui est sûr cependant  c’est sa sérénité et sa lucidité.

 Les chrétiens ont des parcours de foi différents les uns des autres et celui de Paul est exceptionnel, mais tous comme lui sont invités à faire le point sur les différentes étapes de leur vie. Ici, pour Paul c’est sans doute la dernière, c’est aussi le repos forcé,  il ne maîtrise plus rien, mais il est inutile d’être arrivé aux derniers moments de sa vie pour faire le bilan sur ce que l’on a vécu jusqu’à maintenant et pour préciser la nature de sa foi.  Il est bon de se demander si elle s’est affadie ou renforcée et de chercher à distinguer les contours  du visage de Dieu. Il est bon de savoir s’ils  sont devenus plus flous ou plus précis, si nous avons l’impression  de nous être éloigné de lui  ou si c’est lui qui s’est rapproché de nous dans les différents moments que notre vie a traversés.

Il n’est pas  obligatoire d’attendre de se trouver dans des moments de repos forcé pour faire  retour sur nous-mêmes et prendre le temps de la réflexion. Cela relève de notre responsabilité d’interrompre la marche que nous menons au travers de la vie pour mettre un temps d’arrêt et réfléchir au compagnonnage que nous avons mené avec Dieu. Quelle place lui avons-nous concédée et quel rôle a-t-il joué dans notre existence passée ? Mieux encore,  quand le vent de l’adversité a soufflé sur nous et que les sollicitations causées par l’épreuve ont été si intenses que l’on n’a pas pris le temps de songer à Dieu, il est bon de s’interroger sur le rôle qu’il a joué pour que notre foi ne s’effrite pas et que notre espérance ne se liquéfie pas. Il est utile alors  de repérer les traces de sa présence et de considérer quelles empreintes elles ont laissées en nous au moment où on ne pensait pas à lui, car Dieu travaillait en nous et on ne le savait sans doute pas. C’est alors qu’il nous faut prendre le temps de renouer les liens qui nous rapprochent de lui pour que notre vie se continue, éclairée par sa présence active.

 Nous reconnaissons alors, grâce à des détails que nous seuls sommes capables de repérer, que malgré l’oubli où nous l’avons tenu, Dieu  a été d’une fidélité remarquable.  Paul songeant aux événements difficiles qu’il a traversés constate ici qu’il a gardé la foi.  Nous aimerions tous comme lui, pouvoir être aussi affirmatifs, mais  il serait bon de faire le point sur ce que signifie pour nous cette expression. En effet, la foi ne nous appartient pas et nous ne sommes pas responsables de la garder ou de la perdre. Cela laisse sous entendre que pendant les différentes épreuves traversées, Dieu restait  assez vigilent pour que la foi  continue à nous porter, même si nous n’en avons pas été toujours conscients.

 Paul est tellement sûr de lui, alors qu’il fait le point sur sa vie écoulée  qu’il s’attribue à lui-même la responsabilité d’avoir conservé la foi, comme si Dieu n’y avait joué aucun rôle. En fait pour Paul le partenariat avec Dieu était tellement fort que la présence de Dieu en lui  ne lui a jamais fait défaut. Faisant un avec Dieu, corps et âme, il s’attribue à lui-même les conséquences de cette vie qu’il a menée en osmose avec Dieu. En fait, il dit d’une manière un peu rapide qu’il a su, tout au long des épreuves discerner en lui la présence de Dieu qui n’a jamais cessé d’être  présent. La  vigueur de l’esprit l’a amené à ne jamais douter.

C’est en effet, dans la réalité du  doute que se tient le  nœud  du problème. Ici nous ne sommes ni vous ni moi capables, de dire que nous n’avons jamais douté. Le doute se produit quand une nouvelle difficulté se rajoute à une autre et que nous nous trouvons dépassés par une situation que nous ne maîtrisons plus. C’est  le cumul des épreuves qui nous amène à nous demander si Dieu joue un rôle dans notre existence. Y a-t-il un remède ? La distance avec Dieu se creusant encore davantage nous n’avons plus alors de possibilité de recours que dans la prière que nous adressons à celui qui semble-t-il n’intervient plus en nous.  La prière est le seul lien qui existe encore avec ce Dieu qui est devenu sourd et muet pour nous.  Nous ne savons  pas pourquoi il en est ainsi, mais la prière est le seul moyen de garder avec Dieu un lien possible, si bien que lentement le voile opéré par le doute s’estompe. L’épreuve étant dépassée nous pourrons faire le bilan de notre foi en réalisant que la seule force qui nous a permis de ne pas couper avec Dieu a été la prière. Alors, rejoignant Paul nous pouvons dire  que nous avons gardés la foi, en sachant que sans le silence, Dieu n’a jamais cessé d’être présent, même si le doute le rendait inexistant.

Ce genre de victoire nous permet de considérer que la foi est tenace et que Dieu lui permet  de  triompher des moments où nous croyons l’avoir perdue. Ainsi en faisant le bilan de notre foi après que les épreuves subies aient été surmontées, nous pouvons renouveler notre confiance en Dieu, même si nous pressentons que de nouvelles épreuves  doivent survenir. Nous serons d’autant plus forts si régulièrement nous avons fait le point des étapes passées, pour construire une foi, toujours plus purifiée et plus efficace.

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